DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?

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Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
méditations eucharistiques pour l'adoration
Titre de la page:
Le Roi d'amour
Nom de l'auteur:
Mgr-Victor-Lault

 

 
 

                                                                                  
                                                                          Royauté-véritable

I

Adoration

Vous êtes Roi, ô Jésus, et les titres sur lesquels se fondent vos pouvoirs royaux sont certains et inébranlables : ils jettent leurs racines dans les profondeurs mêmes de la Divinité, et par là votre royauté est mieux établie que celle du monarque le plus puissant de ce monde.

Elle est aussi plus parfaite que celle d'aucun roi d'ici-bas, et elle possède des caractères qui la placent bien au-dessus de toute royauté terrestre.

Le premier de ces caractères est celui que vous manifestiez vous-même à vos apôtres au moment où, remontant au ciel, vous leur donniez la mission de prêcher l'Evangile à tous les peuples : «Data est mihi omnis potestas in ecelo, et .in terra : Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre » (Matth., xxvm, 18).

Parole sublime qui, dans la bouche d'un potentat de la terre, si orgueilleux, si puissant qu'on le conçoive, serait simplement une folie, mais qui, sur vos lèvres, est l'expression de la plus stricte vérité... Je crois donc, ô Jésus, que toute puissance vous a été donnée au ciel et sur la terre : tous les pouvoirs qui peuvent convenir à un roi, vous les avez, vous les possédez en plénitude... Oh ! quels durent être les sentiments des apôtres en entendant ces mots ! Ils furent sans doute saisis d'un souverain respect, d'un profond esprit de soumission : aujourd'hui encore, et tout le long des siècles, vous répétez cette affirmation : puissé-je en comprendre la portée, en reconnaître l'immense étendue!

Et puisque toute puissance vous a été donnée, ô Jésus, il est juste que je reconnaisse cette puissance en faisant acte de soumission totale à votre pouvoir souvrain. Le pouvoir royal, considéré en lui-même, abstraction faite des amoindrissements qu'il a subis dans nos modernes sociétés, comprend l'autorité d'édicter des lois, celle d'en régler et d'en surveiller l'application, celle enfin de punir les transgresseurs en leur infligeant les pei­nes méritées par leur désobéissance. Ces trois actes qui, de nos jours, sont généralement confiés à des organismes distincts, se trouvent réunis, ô Jésus, en votre seule personne, et vous en revendiquez pour vous l'exercice plein et indépendant. Et cela non pas en vertu d'un privilège qui vous aurait été octroyé par le libre choix des hommes, ou même par un don de la bienveillance divine à votre égard, mais par suite de votre nature même d'Homme-Dieu, ainsi que le rappelle le Souverain Pontife dans l'Encyclique sur le Christ-Roi.

II suit de là, ô Jésus, Homme-Dieu, que vous devez être non seulement adoré par les anges et par les hommes, mais encore que tous les hommes et les anges eux- mêmes sont soumis à votre empire. L'antiquité païenne a connu certains tyrans qui exigeaient des hommages, évidemment exagérés lorsqu'ils s'adressent à une simple créature... Mais vous méritez, ô Jésus, infiniment plus d'honneur que tous les plus puissants monarques...

Je me soumets donc à toutes les lois que vous avez édictées pour notre bonheur... ; j'accepte avec reconnaissance toutes les déterminations que vous prenez et que vous prendrez à mon sujet... ; je reconnais en vous le juge infaillible et sans appel, qui doit un jour m'examiner sur la manière dont j'ai observé ses com­mandements...

Lorsqu'il s'agit d'une royauté terrestre, l'apparat extérieur doit, au moins dans une certaine mesure, correspondre au pouvoir lui-même dont il est le signe : les sentiments du coeur tendent naturellement à se manifester au dehors, et c'est là tout le fondement des marques de révérence que l'on donne au prince, comme du culte lui-même que l'on rend à Dieu. Mais quel est donc, ô Jésus, le signe extérieur, l'apparat de votre royauté suprême ?... Pendant votre vie terrestre, je ne le vois pas si ce n'est au sommet de cette croix à laquelle les Juifs vous ont attaché. Mais je le vois encore moins aujourd'hui dans le Sacrement où pourtant vous êtes présent, dans toute la réalité de votre nature et toute la plénitude de vos droits.

Or, moins vous faites montre de votre royauté à l'extérieur, plus je veux la reconnaître et la proclamer. O petite Hostie, je le sais, sous vos apparences réside le Christ-Roi à qui tout pouvoir a été donné au ciel et sur la terre : de même qu'au ciel les anges sont toujours prêts, ô Jésus, à exécuter vos ordres, de même il faut que sur terre les hommes obéissent à vos commandements. Combien cette obéissance nous serait plus facile, si nous pensions que celui qui ordonne, c'est le Dieu avec nous, le Dieu qui s'est fait notre compagnon de route!...


II
Action de grâce

Aux sentiments d'adoration et de déférente soumission qu'appelle la proclamation de vos droits : Data est mihi omnis potestas, doit s'unir, dans mon âme, une pensée de gratitude, un sentiment de bonheur.

C'est à Jésus, à l'Homme-Dieu, à notre Sauveur et Bienfaiteur, à l'Auteur et Dis­tributeur de la grâce qu'a été donnée toute puissance...

Comme cela me rassure! Nous savons par expérience combien nous est pénible l'appréhension des lois qu'on peut promulguer et qui iront plus ou moins contre nos désirs ou nos aspirations; mais qu'est-ce donc, lorsqu'une loi désavantageuse pôur nos propres intérêts est portée ?... Or, nous n'avons rien de tout cela à craindre de la part de Jésus, notre Législateur : tout ce qu'il ordonne est juste, tout ce qu'il veut est pour notre bien : nous en sommes certains... Le joug de sa loi est donc plein de douceur, et léger est le fardeau dont ses préceptes chargent nos faibles épaules : Jugum enim meum suave est et onus meum leve (Match., xi, 3o).

Nous ne sommes pas sous la domination de l'un de ces tyrans, antiques ou modernes, qui n'ont d'autre règle de conduite que leurs caprices, d'autres principes de commandement que la satisfaction de leurs intérêts ou de leurs passions. Toutes les lois que vous édictez, ô Jésus, je tiens à le reconnaître et à le proclamer, sont justes et saintes : Virga directionis, virga regni tui : propterea populi confitebuntur tibi in aeternum, et in saeculum saeculi. (Office du Christ-Roi,' ant. de Matines.)

Il n'est pas jusqu'à son pouvoir judiciaire qui ne doive être pour nous un motif de reconnaissance. Grande et terrible est la responsabilité du juge qui doit déclarer si les actes posés par l'un de ses semblables sont conformes à la loi, et dans le cas où cette conformité n 'existe pas, se voit obligé d'appliquer la peine méritée par le coupable!

Il faut que le juge soit savant pour connaître la loi, clairvoyant pour discerner les actes des inculpés, intègre pour ne pas se laisser influencer par des considérations personnelles, mais en même temps, bon et miséricordieux pour savoir faire la part des circonstances atténuantes et apprécier à leur juste valeur les faits concrets sur lesquels il doit se prononcer.

Toutes ces qualités, je les trouve en vous, ô Jésus, et à un degré éminent; je n'ai donc qu'à me réjouir de savoir que toute puissance vous a été donnée... Avec un juge comme vous, je n'ai pas peur d'être injustement jugé...

Le pouvoir exécutif, lui aussi, a été placé entre vos mains : omnis potestas; et de cela encore, je me réjouis, ô Jésus; car je sais que, connaissant parfaitement notre infirmité et nos faiblesses, vous n'exigerez pas de moi des choses qui sont au-dessus de mes forces.

Mais surtout je sais qu'en même temps que vous faites exécuter la loi, vous donnez le moyen de l'accomplir : vous êtes toujours prêt à nous offrir la grâce aux moments difficiles, à l'heure de l'épreuve...

Je vous remercie de cette grâce, ô Jésus... Je vous remercie des secours reçus en ces moments pénibles où le ciel semble se fermer sur nos têtes, pendant que les assauts du démon se font plus nombreux et plus violents... Je vous remercie surtout de vouloir bien venir en mon âme pour m'aider à accomplir votre loi, et me préserver ainsi d'un jugement de condamnation...

Toute puissance vous a été donnée : c'est donc à vous seul que je suis soumis, et je n'ai aucun autre maître que vous à servir : Si ergo vos Filius liberaverit, vere liberi eritis (Joan., vm, 36) . Mais par ailleurs : Servire Deo regnare est : être sous la dépendance d'un Roi tel que Jésus-Christ, c'est en vérité un honneur et un bonheur...


III
Réparation

La royauté de Notre-Seigneur Jésus- Christ n'est donc pas une royauté purement nominale, une royauté d'honneur, une royauté plus ou moins diminuée... Non, c'est une royauté effective, une royauté pleine et entière, une royauté comprenant tous les pouvoirs qui conviennent à un roi véritable qui ne règne pas seulement, mais règne et gouverne.

Nous ne saurions en douter, ô Jésus...

Et pourtant, si nous voulons prêter l'oreille aux discours des mondains, nous entendrons retentir de partout, et à toutes les époques de l'histoire, l'insulte dont parle le Sauveur lui-même dans une de ses paraboles : « Nolumus hune regnare super nos : Nous ne voulons pas de lui pour roi » (Luc, xix, ILL); insulte qui s'exprima, au moment de la Passion du Sauveur, en cette exclamation insensée, proférée par les Juifs : « Non habemus regem nisi Caesarem : Nous n'avons pas d'autre roi que César » (Joan., xix, i5), ce souverain de la Rome païenne qui nous a dépouillés de notre liberté et de nos droits.

Le monde impie et sensuel peut bien crier qu'il ne veut pas de vous pour Roi : cela ne vous empêchera pas, ô Jésus, de régner définitivement, et, un jour, vous prononcerez contre les coupables cette parole terrible : « Inimicos meos illos, qui noluerunt me regnare super se, adducite hue : et interficite ante me (Luc, xix, 27) : Ceux qui n'ont pas voulu de moi comme roi, jetez-les en enfer, dans la mort éternelle... » Tel sera le sort de ces malheureux, s'ils ne reviennent à de meilleurs sentiments.

Mais en attendant que votre règne soit ainsi établi, le seul fait de repousser votre royauté est une injure qu'on vous fait, Jésus, et qui demande réparation.

Je vous fais donc amende honorable en ce moment, ô divin Roi, pour tant de malheureux qui ne cessent de répéter le cri des Juifs : Nous n'avons d'autre roi que César, nous ne reconnaissons d'autre autorité que celle des hommes... Puisse ma réparation s'étendre aussi loin et monter aussi haut que l'insulte elle- même...

Le motif qui, d'ordinaire, pousse ainsi les mondains à rejeter votre royauté, c'est, ô Jésus, que les lois promulguées par vous sont contraires à l'orgueil, à la cupidité et à la sensualité par lesquels ces âmes se laissent généralement conduire.

On ne veut pas de vous comme Roi, parce qu'il faudrait renoncer à satisfaire les passions mauvaises, parce qu'il fau­drait combattre la nature; on ne peut obéir à deux lois contraires : la loi de l'esprit, qui est la loi de Dieu, de Jésus, et la loi des membres, qui est la loi du démon : Video aliam legem in membris meis, repugnantem legi mentis meae (Rom., VII, 23).

Ah! qu'il est grand le nombre de ceux qui abandonnent la loi de Jésus, pour suivre la loi de son ennemi!... Chaque fois que l'on commet le péché, on se soustrait à la loi de Jésus : et combien de fois, ô Christ-Roi, je me suis rendu cou­pable de cette désertion I...

Toute puissance vous a été donnée à vous, ô Jésus, qui êtes caché sous cette faible Hostie, sous ces apparences dépourvues non seulement de puissance visible, mais de la vie elle-même...

Je ne puis pourtant en douter. C'est là, dans le Saint-Sacrement aussi bien qu'au ciel, que vous êtes le Roi tout-puissant, auquel tout pouvoir a été remis... Oh! si l'on y pensait... Mais en réalité comment les hommes se conduisent-ils envers vous ? Trop souvent on vous traite non comme le Roi de toute majesté, mais un peu à la manière d'une chose sainte... Qui oserait se comporter ainsi envers un monarque ?

Je répare donc, ô Jésus, pour tant d'oublis que l'on commet contre vous; pour la désinvolture avec laquelle on vous traite dans l'Eucharistie, oubliant que vous êtes le Roi à qui a été conférée toute puissance par Dieu lui-même. Je vous fais amende honorable pour tous mes manquements, ainsi que pour toutes les fautes commises, sur ce point, par les hommes.


IV
Prière

Il est évident que puisque Jésus a reçu toute puissance au ciel et sur la terre, nous n'avons pas à prier pour que le pouvoir royal lui soit accordé; mais nous devons prier pour qu'il lui soit donné d'exercer réellement ses pouvoirs royaux, et pour que sa puissance souveraine soit effectivement reconnue et honorée...

C'est donc, ô Christ-Roi, le souhait que je forme en ce moment, à la fin de cette adoration : Que votre royauté, avec tous les pouvoirs qui lui sont inhérents, soit reconnue par tous! Que les hommes reconnaissent, du fond du coeur et sincèrement, que vous avez toute puissance pour gouverner les individus et les sociétés.

Pour cela il faut que vos lois, vos commandements, vos conseils arrivent à pénétrer les esprits et les législations humaines...

A la prière, je joindrai l'action : je veux donc travailler à réformer ma vie de telle sorte qu'elle soit en parfaite harmonie avec les lois fondamentales de votre royaume...

Que ma conduite devienne telle qu'on y aperçoive l'influence royale du Christ- Jésus... et que pour moi se réalise la parole : « Oportet ilium regnare... ut sit Deus omnia in omnibus... Il faut qu'il règne... afin que Dieu soit tout en tous » (I Cor., xv, 25, 28).

Dans ce but, je me propose telle ou telle chose que je détermine en ce moment à vos pieds, ô Jésus...

Faire reconnaître et adorer dans le Christ caché de l'Hostie le Roi tout-puissant, auquel sont soumis les anges et les hommes, sera aussi l'objet de mon zèle et de mon apostolat... Je chercherai à lui amener les âmes sur lesquelles je puis avoir quelque influence, de façon qu'il en prenne possession et y règne.


V
Pratique

Étudier l'Évangile, en se rappelant qu'il est le Code promulgué par Jésus, notre Roi tout-puissant.


VI
Aspiration

Il faut qu'Il règne, afin que Dieu soit tout en tous (I Cor., xv, 25, 28).

Royauté-véritable

Vous êtes, ô Jésus, le Roi de gloire, le Roi du ciel et le Seigneur tout-puissant : Tu Rex gloriae, Christe; je vous adore tenant avec votre Père et l'Esprit-Saint les rênes du gouvernement des mondes...

Vous êtes aussi, ô Jésus fait homme pour nous, le Roi vainqueur de vos ennemis, qui sont également les nôtres, et obtenant par cette victoire le droit de régner sur les hommes sauvés par vous : Regnavit a ligno Deus...

Mais vous voulez être notre Roi, ô Jé­sus, à un autre titre encore : au titre de l'élection volontaire et personnelle que chacun de nous fera de vous, comme le Roi d'amour auquel il se consacre de tout son coeur.

Vous reconnaître comme le Fils de Dieu, c'est notre devoir; saluer en vous notre Rédempteur, c'est un témoignage de reconnaissance dont nous ne pouvons nous dispenser... Vous choisir et vous moclamer comme le Roi de notre coeur, puis agir en conséquence, ce sera la meilleure preuve de l'affection, de l'amour que nous avons pour vous...

C'est cette preuve d'amour que je viens maintenant vous offrir, ô Jésus... Je proclame que vous êtes mon Roi, et quand' bien même vous ne posséderiez pas cette dignité par ailleurs, je déclare que je voudrais vous reconnaître comme tel, ainsi que je le fais en cet instant.

« Ce n'est ni par des conquêtes meurtrières, ni par la force, ni par la crainte, chante l'Église, que le Christ a soumis les nations à son empire; mais c'est bien lorsque, élevé sur la croix, il a tout attiré à lui par l'amour « (Hymne de Laudes de l'office du Christ-Roi). C'est pourquoi vous êtes justement appelé, ô Jésus, le roi et le centre de tous les coeurs...

Roi des coeurs, Roi d'amour, c'est là le trait caractéristique de votre royauté. Qui dit roi, dit autorité, c'est-à-dire le pouvoir de faire des lois et d'en poursuivre l'application en punissant les délinquants. Le coeur, au contraire, c'est l'amour, c'est l'affection... Vous êtes donc, ô Jésus, le roi des coeurs en ce sens que votre amour s'impose à notre coeur, que votre amour a conquis nos coeurs, s'en est emparé, lui dicte ses lois, et que, dès lors, notre vie s'inspire, dans tous ses actes, de cet amour...

« Ne voyez-vous pas, s'écriaient triste­ment vos ennemis, au moment de votre entrée triomphale à Jérusalem, ne voyez- vous pas que nous n'avançons à rien à nous opposer à lui : voilà que tout le monde court après lui » (Joan., XII, 19).

Eux, les Pharisiens, étaient désolés de ce succès ; les Pharisiens ont passé et leur haine avec eux.

Pour moi, je me réjouis et me réjouirai toujours de voir les coeurs s'attacher à vous, vous aimer et vous manifester leur amour...

Ces coeurs, sans doute, ils vous appartiennent déjà, car c'est de vous que nous tenons tous nos biens. Mais dans votre bonté infinie et dans votre immense miséricorde, vous ne refusez pas d'agréer ce que nous vous offrons comme si cela nous appartenait : vous voulez par là nous laisser tout le mérite du don que nous vous faisons.

En vous choisissant donc pour notre Roi, quoique vous le soyez déjà, nous accomplissons un acte qui vous est très agréable, en ce qu'il vous démontre les bonnes dispositions de notre volonté...

Bien plus, cet acte, ô Jésus, vous le désirez... Vous voulez que chacune de vos créatures raisonnables se consacre spon-tanément à vous, témoignant ainsi qu'elle connaît vos droits, qu'elle les estime, et qu'elle agit en conséquence...

Soyez donc, ô Jésus, mon Roi souverain : Roi de mon intelligence, de mon coeur et de ma volonté, Roi de toute ma vie...

Soyez aussi, de la même manière, Roi de tous les hommes : vous avez droit de régner sur tous, et puissiez-vous, en réalité, régner sur le coeur de tous vos enfants...

Ce titre de Roi, que n'avez-vous pas fait, ô Jésus, pour le mériter ? Que de grâces je vous dois, quel amour vous me portez!...

C'est principalement dans le don de la sainte communion que vous me témoignez cette charité : elle est l'oeuvre d'un amour royal, et elle appelle, par conséquent, de notre part, un amour royal, c'est-à-dire l'amour qu'un sujet comblé de faveurs par son souverain doit avoir pour celui-ci.

Ah ! que le fruit de la sainte commu­nion, si fréquemment reçue par moi, soit donc d'établir enfin en moi le règne de votre amour... afin que, de cette manière, tous vos droits souverains, ô Jésus, soient pleinement reconnus par moi...


II
Action de grâce

Si Jésus en tant que Rédempteur mérite notre reconnaissance pour les bienfaits qu'il nous accorde, il n'y a pas un droit moins grand pour ceux qu'il nous prodigue en tant que Roi d'amour...

Il possède, en effet, des trésors infinis de grâces : il est riche, et en lui, comme parle l'Apôtre, sont tous les trésors de la sagesse et de la science, tous les trésors de la Divinité...

Or, ces trésors, il nous les dispense avec la plus grande libéralité : dat omnibus affluenter et non improperat (Jac., I, 5).

On a vu des rois de la terre réussir à s'attacher inébranlablement le coeur de leurs peuples en se montrant généreux dans les dons et les distributions qu'ils leur faisaient... Vos dons, ô Jésus, les distributions que vous faites de vos bienfaits sont infiniment au-dessus des largesses des plus grands monarques : cela ne sera- t-il pas capable de vous attacher définitivement les coeurs des hommes ?...

Mon coeur, du moins, je vous le donne, ô Jésus, pour reconnaître vos bienfaits; et je proclame, dans toute la sincérité de mon âme, que vous êtes le Roi de mon coeur...

Je sais d'ailleurs qu'en vous choisissant ainsi comme mon Roi et en me mettant à votre service, je me place sous la dépendance du meilleur des souverains...

L'avare est esclave du tyran qui s'appelle l'argent; le voluptueux se met sous la domination du maître impitoyable que sont les sens ; l'orgueilleux devient le jouet de l'opinion, fantôme de roi qu'il est impossible de contenter longtemps. Mais celui qui se range sous les drapeaux du Roi Jésus acquiert la vraie liberté; il entre en possession de la pleine indépendance selon Dieu et selon la

Ah! certes, qu'il est bon pour l'homme de devenir votre sujet, ô Jésus, car « vous servir, c'est régner : cui servire regnare est ». Ce bonheur est le mien; puissé-je l'apprécier, m'en montrer reconnaissant envers Jésus-Christ et ne jamais le perdre !...

Bien plus, ces bienfaits, ces avantages sont d'autant plus nombreux et plus grands que l'âme s'applique à faire ré­gner plus entièrement Jésus en elle... A chaque effort qu'elle accomplit pour accroître son amour envers son Roi Jésus, correspond une effusion plus grande des bienfaits divins dont ce Roi possède les trésors, et qu'il distribue à ceux qui l'aiment.

C'est ainsi, ô Jésus, qu'à ceux qui vous reçoivent dans la sainte communion avec de meilleures dispositions, vous apportez plus de grâces...


III
Réparation

Il est certain que Jésus étant Fils de Dieu, et de plus le Rédempteur de tous les hommes, il a un droit absolu à être traité et honoré comme Roi par tous ses sujets, par tous ses rachetés...

Mais ces titres, s'ils établissent par eux- mêmes, sans conteste possible, les droits de sa royauté, n'empêchent pas les hommes de méconnaître celle-ci, de lui refuser les honneurs et l'obéissance qu'ils lui doivent, bien plus, de la nier même...

Et de ce crime, beaucoup, hélas ! se rendent coupables. Vous avez, ô Jésus, bien peu de sujets qui vous soient vrai­ment fidèles et entièrement dévoués...

Or ne vous êtes-vous pas montré assez généreux, pour mériter de vous attacher les coeurs de tous les hommes ? N'avez-vous pas fait, pour démontrer aux hommes votre immense charité, tout ce qu'il était possible de faire ?...

Vous êtes donc, ô Jésus, Roi d'amour, payé d'ingratitude par vos sujets. Je comprends, divin Sauveur, combien cette conduite des hommes à votre égard mérite notre réprobation : je veux du moins, pour ce qui me concerne, m'appliquer d'autant plus à proclamer votre Royauté, que je vois les hommes l'oublier, la mépriser...

Je veux réparer pour mes frères, sans doute; mais je dois d'abord commencer par réparer et faire amende honorable pour moi-même... Un roi a droit de commander, et il est obéi... Est-ce que, trop souvent, ô Jésus, mon Roi, je n'ai pas transgressé vos commandements ? En agissant ainsi, loin de reconnaître votre royauté, je la niais en pratique, je me détachais de vous; si vous êtes mon Roi, ô Jésus, je vous dois et je m'appliquerai à vous conserver la plus entière fidélité...

Lorsqu'un souverain exprime non pas seulement un ordre, mais même un simple désir, avec quel empressement les courtisans, les serviteurs, tous, s'efforcent de s'y conformer, de prévenir même les volontés, le bon plaisir du prince. Vous ne commandez pas toujours, ô Jésus, mais parfois vous vous contentez de nous montrer ce que vous souhaitez de nous : vous êtes en effet roi des coeurs, et vous savez que l'amour ne se commande pas, mais doit naître spontanément comme un beau fruit sur un arbre cultivé avec soin. Voici, dites-vous, que je me tiens à la porte de votre coeur et que je frappe; je ne veux pas forcer l'entrée, je souhaite qu'on m'ouvre... O vous qui vous glorifiez, qui vous réjouissez d'être mon serviteur, mon ami, voici un sacrifice à faire pour mon amour, une vertu à pratiquer; le voulez-vous ?...

Mais sous prétexte que votre invitation n'oblige pas, ne lie pas la conscience, nous en prenons à notre aise, nous hésitons, nous différons, pour arriver trop souvent à un refus... Combien de fois cela m'est-il arrivé ? Est-ce ainsi que vous êtes le Roi de mon cœur ? Pardon, ô Jésus, de toutes mes lâchetés, de mes indélicatesses à votre égard...

Un roi encore dirige les affaires de son royaume comme il lui semble plus utile au bien commun, et pourvoit de son mieux aux intérêts de chacun des citoyens, autant du moins que cela est possible. Vous nous conduisez toujours, ô Jésus, selon ce qu'il y a de mieux pour nous ; et pourtant que de fois je serais porté à me récrier contre les dispositions de votre Providence, oubliant que vous êtes mon Roi et que je suis votre sujet, tout entier consacré à vous... Pardonnez-moi ces révoltes contre votre Providence d'amour...

Chaque jour peut-être, du moins fréquemment, ô Jésus, Roi d'amour, je vous . reçois en mon coeur. Ce don que vous renouvelez si souvent m'oblige d'une manière de plus en plus étroite à me consacrer, à me donner à vous seul, et sans réserve...

Pourquoi n'en est-il pas ainsi ?... Pourquoi ne suis-je pas tout entier à vous... Pourquoi ne pouvez-vous pas exercer sur moi, aussi librement que vous le voudriez, les droits de votre royauté ?...

Ah! que votre charité si grande, si visible dans ce Sacrement, prenne enfin mon coeur et fasse que je vous reconnaisse en réalité pour mon Roi souverain...

Il est certain que Jésus étant Fils de Dieu, et de plus le Rédempteur de tous les hommes, il a un droit absolu à être traité et honoré comme Roi par tous ses sujets, par tous ses rachetés...

Mais ces titres, s'ils établissent par eux- mêmes, sans conteste possible, les droits de sa royauté, n'empêchent pas les hommes de méconnaître celle-ci, de lui refuser les honneurs et l'obéissance qu'ils lui doivent, bien plus, de la nier même...

Et de ce crime, beaucoup, hélas ! se rendent coupables. Vous avez, ô Jésus, bien peu de sujets qui vous soient vrai­ment fidèles et entièrement dévoués...

Or ne vous êtes-vous pas montré assez généreux, pour mériter de vous attacher les coeurs de tous les hommes ? N'avez-vous pas fait, pour démontrer aux hommes votre immense charité, tout ce qu'il était possible de faire ?...

Vous êtes donc, ô Jésus, Roi d'amour, payé d'ingratitude par vos sujets. Je comprends, divin Sauveur, combien cette conduite des hommes à votre égard mérite notre réprobation : je veux du moins, pour ce qui me concerne, m'appliquer d'autant plus à proclamer votre Royauté, que je vois les hommes l'oublier, la mépriser...

Je veux réparer pour mes frères, sans doute; mais je dois d'abord commencer par réparer et faire amende honorable pour moi-même... Un roi a droit de commander, et il est obéi... Est-ce que, trop souvent, ô Jésus, mon Roi, je n'ai pas transgressé vos commandements ? En agissant ainsi, loin de reconnaître votre royauté, je la niais en pratique, je me détachais de vous; si vous êtes mon Roi, ô Jésus, je vous dois et je m'appliquerai à vous conserver la plus entière fidélité...

Lorsqu'un souverain exprime non pas seulement un ordre, mais même un simple désir, avec quel empressement les courtisans, les serviteurs, tous, s'efforcent de s'y conformer, de prévenir même les volontés, le bon plaisir du prince. Vous ne commandez pas toujours, ô Jésus, mais parfois vous vous contentez de nous montrer ce que vous souhaitez de nous : vous êtes en effet roi des coeurs, et vous savez que l'amour ne se commande pas, mais doit naître spontanément comme un beau fruit sur un arbre cultivé avec soin. Voici, dites-vous, que je me tiens à la porte de votre coeur et que je frappe; je ne veux pas forcer l'entrée, je souhaite qu'on m'ouvre... O vous qui vous glorifiez, qui vous réjouissez d'être mon serviteur, mon ami, voici un sacrifice à faire pour mon amour, une vertu à pratiquer; le voulez-vous ?...

Mais sous prétexte que votre invitation n'oblige pas, ne lie pas la conscience, nous en prenons à notre aise, nous hésitons, nous différons, pour arriver trop souvent à un refus... Combien de fois cela m'est-il arrivé ? Est-ce ainsi que vous êtes le Roi de mon cœur ? Pardon, ô Jésus, de toutes mes lâchetés, de mes indélicatesses à votre égard...

Un roi encore dirige les affaires de son royaume comme il lui semble plus utile au bien commun, et pourvoit de son mieux aux intérêts de chacun des citoyens, autant du moins que cela est possible. Vous nous conduisez toujours, ô Jésus, selon ce qu'il y a de mieux pour nous ; et pourtant que de fois je serais porté à me récrier contre les dispositions de votre Providence, oubliant que vous êtes mon Roi et que je suis votre sujet, tout entier consacré à vous... Pardonnez-moi ces révoltes contre votre Providence d'amour...

Chaque jour peut-être, du moins fréquemment, ô Jésus, Roi d'amour, je vous . reçois en mon coeur. Ce don que vous renouvelez si souvent m'oblige d'une manière de plus en plus étroite à me consacrer, à me donner à vous seul, et sans réserve...

Pourquoi n'en est-il pas ainsi ?... Pourquoi ne suis-je pas tout entier à vous... Pourquoi ne pouvez-vous pas exercer sur moi, aussi librement que vous le voudriez, les droits de votre royauté ?...

Ah! que votre charité si grande, si visible dans ce Sacrement, prenne enfin mon coeur et fasse que je vous reconnaisse en réalité pour mon Roi souverain...

IV
Prière

Christus vincit, Christus regnat, Chris­tus imperat : O Jésus, Fils de Dieu, vous avez triomphé de vos ennemis, régnez donc, et commandez sur les peuples que vous avez rachetés...

Vous êtes Roi; mais cela ne suffit point : il faut que votre titre de Roi soit effectivement reconnu et proclamé par tous les hommes...

Par les chrétiens d'abord, par ceux qui se disent vos enfants fidèles : que leur volonté vous soit consacrée, que leur coeur vous soit donné...

Par ceux qui se sont séparés de vous : qu'ils reconnaissent de nouveau vos droits et se soumettent à vos lois, à toutes vos lois : « O Jésus, vous qui avez apporté la paix au monde, vous le prince de la paix, soumettez à votre empire les coeurs qui vous ont été jusqu'ici rebelles, et ceux qui s'égaraient dans les chemins de l'erreur, ramenez-les dans votre bercail, en dardant sur eux les rayons de votre amour » (Hymne des Vêpres).

Soyez aussi, ô Jésus, reconnu et proclamé Roi par ceux qui sont encore enveloppés dans les ténèbres de l'idolâtrie ou de l'islamisme; ou qui se trouvent attathés au judaïsme : révélez-leur vos bon­tés, vos amabilités, donnez-leur votre grâce, afin qu'ils viennent à vous et, se jetant à vos pieds, adorent en vous le Roi de leur cœur...

Mais pour que vous soyez plus parfaitement, ô Jésus, le Roi de tous les coeurs, révélez à ceux qui ne le soupçonnent pas, et faites mieux connaître à ceux qui le connaissent déjà, le Don par excellence de votre amour, la sainte Eucharistie...

Ah! donnez-nous, ô Jésus, de comprendre le désir que vous avez d'être honoré et aimé des hommes dans ce Sacrement, de devenir ainsi le Roi des coeurs ; car l'honneur et l'amour sont les deux principaux témoignages qu'un sujet doit à son roi...

Mais surtout, ô Jésus, que votre Royauté soit reconnue effectivement par moi- même qui trop souvent jusqu 'ici vous ai été infidèle et me suis montré lâche dans votre service.

Puissé-je désormais, ô mon divin Roi, vous aimer et travailler à vous faire aimer dans votre divin Sacrement : que mon coeur approfondisse l'amour que vous nous y manifestez, qu'il en soit vivement saisi, afin que je puisse le communiquer à mes frères et réaliser ainsi le désir que vous avez de régner en fait sur tous les coeurs.


V
Pratique

Offrir nos actions à Jésus notre Roi comme des actes d'hommage et d'amour que nous lui devons.

VI
Aspiration

Voici que votre Roi vient à vous plein de bonté. Ecce Rex tuus venit titi man­suetus (Matth., xxi, 5).

Roi et le Prêtre

I

Adoration

Il est certain que la royauté de Jésus-Christ se distingue par des caractères spéciaux de toutes les royautés terrestres. Elle s'en distingue tout d'abord par sa nature même : sa royauté, en effet, est une royauté sacerdotale : Sacerdotem aeternum et universorurn Regem, chante l'É­glise dans la Préface de la Messe du Christ-Roi.

En cette qualité de royauté sacerdotale, votre royauté, ô Jésus, a pour mission de fixer les règles du salut, de la perfection, de la sainteté à laquelle doivent tendre tous ceux qui sont vos sujets : c'est l'objet principal, pour ne pas dire unique, de votre pouvoir législatif : à d'autres le souci de procurer par leurs ordonnances le bien-être matériel des peuples; votre champ d'action à vous s'étend au delà de intérêts humains et terrestres, il est d'ordre spirituel et éternel...

Quant à votre pouvoir exécutif, il consiste à assurer à vos sujets les secours surnaturels qui les aideront à arriver à la sainteté, à la possession de Dieu...

Enfin le pouvoir judiciaire, inhérent à toute vraie souveraineté, vous le possédez, ô Jésus, et il est, lui aussi, d'ordre divin : c'est sur l'observance des préceptes de vertu et de perfection promulgués par vous, c'est sur le profit que nous aurons retiré de vos grâces et de vos secours, que vous nous jugerez, prononçant en toute autorité la sentence qui fixera notre sort pour l'éternité.

Votre royaume est donc, ô Jésus, comme le proclame l'Église, « un royaume de vérité et de vie spirituelle, un royaume de sainteté et de grâce, un royaume de justice, d'amour et de paix » (Préface du Christ-Roi).

C'est un royaume tout céleste : céleste par son principe, céleste par le caractère de son Roi, céleste par la fin qu'il poursuit... Ah! c'est pour le ciel, c'est pour arriver au royaume du ciel que je veux vivre et travailler, sous la conduite de Jésus, mon Roi et mon souverain Sanctificateur...

L'oeuvre de la Rédemption, par laquelle vous avez acheté nos âmes et acquis la possession de votre royauté, ô Jésus, demandait, en effet, à être assurée et continuée en chacun de nous... Cette continuation qui, dans le même temps, en parachève les bienfaisants effets, s'opère par le moyen de la grâce. Celle-ci nous est absolument nécessaire pour marcher dans la voie du salut, dans la voie de la sainteté qui est, ô Jésus, la loi fondamentale de votre royaume.

Oui, votre grâce m'est indispensable pour éviter le mal et accomplir le bien : car nous sommes si faibles qu'il nous est impossible de nous maintenir dans la voie où vous nous avez fait entrer, ô divin Rédempteur, si vous ne venez à notre secours... Vous l'avez dit : « Sine me nihil potestis facere : Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Joan., xv, 5).

Je vous reconnais donc, ô divin Sauveur, et vous proclame comme mon Roi, duquel je dépends pour tout le bien que je veux faire ou que je m'efforce de réaliser : « Deus est enim qui operatur in nobis et velle, et perficere pro bona voluntate : C'est Dieu qui opère en nous le vouloir et le faire selon son bon plaisir » (Philip., H, 13).

Le Pharaon, en investissant Joseph de la dignité de premier ministre, avait établi que personne, dans toute l'Égypte, n'agirait sans son ordre ou son consentement.

Il en est de même pour moi à votre égard, ô Jésus : je ne puis, sans la motion et l'aide de votre grâce, accomplir aucune bonne œuvre surnaturelle et mé­ritoire pour le ciel, ne s'agît-il même que de prononcer votre nom... Le bien que je réalise, je ne puis donc me l'attribuer à moi-même, m'en glorifier comme s'il venait de moi : c'est vous, ô Jésus, qui par le secours de votre grâce en êtes la première cause, et c'est par là que votre pouvoir royal sur nous est essentiellement un pouvoir sacerdotal, un pouvoir de sanctification spirituelle...

Mon devoir est d'être attentif à cet appel divin, et, après avoir entendu votre voix, d'exécuter avec promptitude et générosité ce que vous me demandez...

Aidez-moi, divin Sauveur, à me soumettre ainsi pleinement, sans compter et avec joie, à votre royale et sainte direction.


II
Action de grâce

Le sceptre du divin Roi Jésus, sous lequel nous avons le bonheur de vivre, nous conduit avec sûreté dans la voie du salut. Le psalmiste,méditant cette pensée, exultait de joie et tressaillait de reconnaissance; je m'unis, ô Jésus, à sa sainte allégresse : « Dominus regit me, et nihil mihi deerit : C'est le Seigneur qui me conduit, et rien ne pourra me manquer » (Ps. xxu, j).

Je ne puis en douter, ô Jésus, vous me dirigez, vous me guidez, vous prenez soin de mes plus chers intérêts comme s'ils étaient les vôtres.

Le gouvernement des princes de ce monde est tout extérieur : ils parlent, ils publient des ordres, ils édictent des prescriptions, et chacun doit se soumettre. Mais pour vous, ô Jésus mon Roi, le moyen dont vous vous servez pour régir vos sujets est surtout spirituel : c'est votre grâce...

Votre grâce, ô Jésus, nous laisse sans aucun doute la liberté; mais comme elle nous appelle, comme elle nous incline, avec force et dans le même temps avec suavité, vers la perfection! C'est à cela qu'on reconnaît la sage administration d'un monarque, lorsque chacun de ses sujets est placé et dirigé de la manière qui lui permet d'atteindre avec plus de sûreté ses intérêts personnels, en même temps que de travailler au bien commun

Or, en nous donnant sa grâce, notre Roi Jésus n'a d'autre but que de nous diriger vers le ciel, où se trouve tout ce que nous pouvons désirer, et où nous aurons le bonheur...

Sachons reconnaître la bonté de notre divin Roi qui met ainsi son secours à notre disposition...

Sujets rachetés d'un Roi qui a donné sa vie même pour nous délivrer de l'esclavage, nous ne sommes pas pour cela en sûreté; notre ancien tyran, auquel nous avons été arrachés, n'a pas abandonné à jamais tout espoir d'étendre de nouveau sur nous sa domination. Mais Jésus notre Roi Sauveur, Jésus, pontife placé entre Dieu et nous pour présenter au Seigneur nos prières et attirer sur nous les bénédictions divines, nous arme pour le combat, il nous protège dans la lutte.

J'en ai fait, ô Jésus, maintes fois l'expérience : vous m'avez soutenu et fortifié dans les tentations, dans les difficultés ; vous avez, par des secours opportuns, ranimé mon ardeur, comme un roi, par des récompenses, par des encouragements excite ses soldats à bien combattre.

Et je suis assuré que cette grâce sera toujours à ma portée, si je veux la demander avec humilité, m'en servir avec constance et fidélité.

Cette grâce divine, qui est le principe de toute la vie spirituelle, le moyen par lequel vous animez, régissez et conduisez souverainement les âmes, vous nous la donnez, ô Jésus, avec la plus grande libéralité. Vous avez ouvert, dans votre Église, plusieurs sources auxquelles nous pouvons venir la puiser, entre autres la prière et les sacrements.

Et parmi ces sacrements, dont chacun a une action appropriée à un besoin spécial de nos âmes, comme les différentes sources thermales ont des vertus curatives diverses, il en est un qui possède une efficacité générale : c'est celui où se trouve la source de toutes les grâces, celui qui vous contient vous-même, ô Jésus, et dont l'Église chante qu'en le recevant l'âme se trouve remplie de la grâce : mens impletur gratta (office du S. Sacrement); la sainte Communion ne nous donne pas un filet plus ou moins abondant de grâce, elle nous livre l'auteur même de la grâce.

En venant en nos coeurs, vous en prenez donc possession, ô Jésus, vous y établissez votre trône royal... Soyez-en toujours le Roi, Roi unique et souverain : que le fruit de la sainte Communion, si fréquemment reçue par moi, soit donc d'établir en moi le règne de votre grâce...


III
Réparation

Jésus-Christ désire, par sa grâce, nous diriger et nous conduire vers notre vrai bien, le royaume éternel; mais il ne veut point le faire sans notre consentement : il faut que nous coopérions au secours qu'il nous accorde...

Et c'est là que, trop souvent, hélas ! vient se briser sa puissance...

Il y a des rebelles à l'autorité du Christ- Roi, comme, dans l'ordre civil, il y a des rebelles à l'autorité nationale... Les premiers sont même plus nombreux, semble-t-il, que les seconds.

Les uns refusent même d'entendre la voix de leur divin Roi qui leur crie au fond du coeur de réformer leur vie, de quitter le péché; et refusant ainsi de reconnaître l'appel de Jésus, ils rejettent, en réalité, sa royauté : car agir ainsi, c'est proclamer qu'on n'admet pas le droit que possède le Christ-Roi de commander à ses sujets, ce qui équivaut à lui enlever son titre de Roi...

Je vous demande pardon, ô Jésus, de cette offense que vous font un trop grand nombre de vos sujets rebelles...

Je dois malheureusement reconnaître que je n'ai pas toujours été assez généreux pour dire oui à l'appel de votre grâce qui m'invitait à une plus grande perfection, qui me demandait d'accomplir un acte de vertu...

D'autres, qui vous reconnaissent extérieurement comme Roi et proclament même très haut votre royauté, en parolesdu moins, ne semblent pas avoir de cette royauté une idée bien juste...

Vous voulez, sans doute, ô Jésus, que votre titre, vos droits soient publiquement et extérieurement reconnus ; mais cela ne suffit pas, et il nous faut joindre à ces manifestations extérieures la reconnaissance, la soumission intérieure : Regnuin Dei intra vos est, le royaume de Dieu est au dedans de vous, avez-vous dit.

Si vous êtes Roi, ô Jésus, vous avez le droit de nous diriger, et nous avons le devoir de nous soumettre totalement à vos directions : directions qui ne s'exercent pas seulement par des préceptes extérieurs, mais encore, puisque votre royauté est sacerdotale, dans les coeurs par les appels de votre grâce.

Pour vous montrer, ô Jésus, que je veux bien réellement vous reconnaître comme mon Roi, je m'appliquerai avec plus de soin à vous faire régner en moi, dans mon esprit, dans mon coeur, dans ma volonté...

Souvent, et même chaque jour peut- être, ô Jésus, je vous reçois comme le pain de vie, comme l'aliment et le soutien, comme le principe par conséquent, et le Roi de ma vie surnaturelle...

Or, êtes-vous bien réellement mon Roi, le Roi absolu et unique de mon âme? Cette âme n'est-elle pas plus ou moins soumise à d'autres souverains : l'orgueil, la sensualité, l'attachement aux biens terrestres ?...

Il est nécessaire que je me décide à rompre ces liens et que je me mette défi­nitivement au service unique de Jésus mon Roi...


IV
Prière

Lorsqu'il s'agit d'un souverain de cette terre, ses sujets peuvent se contenter de se conformer extérieurement aux lois et ordonnances qu'il promulgue... Mais cela ne saurait suffire lorsqu'il s'agit du Roi Jésus : sa royauté n'a pas à s'exercer sur les corps mais sur les âmes, et elle a pour fin de conduire les hommes au salut, à la sainteté. Je prends donc en ce moment, à vos pieds, ô Jésus, la résolution d'écouter la voix de votre grâce qui m'appelle à cette sainteté; je suis bien décidé à y répondre...

Votre caractère sacerdotal, ô Jésus, vient d'ailleurs s'ajouter à votre puissance royale pour affermir votre règne éternel et universel en achevant cette admirable Rédemption qui est un des titres de votre royauté...

Établissez donc, ô divin Roi, dans mon âme et dans celle de tous les chrétiens, les fruits de votre sacerdoce, une grâce de sainteté toujours de plus en plus abondante, afin que vous puissiez souverainement régner sur tous les coeurs...

Et comme c'est au divin Sacrement de l'Eucharistie que vous êtes, ô Jésus, la source la plus abondante de toutes les grâces, le plus puissant moyen de notre sanctification, je veux prier, et aussi travailler dans la mesure de mes forces, pour que votre Sacrement soit mieux connu et plus assidûment fréquenté, et qu'ainsi arrive à s'établir, dans le monde entier, votre règne eucharistique, réalisation parfaite de votre royauté sacerdotale.


V
Pratique

Etre attentif aux bonnes inspirations de la grâce.

VI
Aspiration

Le royaume de Dieu est au dedans de vous. Regnum Dei intra vos est (Luc, xvu,21).