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Royauté Éternelle
I
Adoration
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Lorsque le Seigneur aura posé un terme à l'existence de notre monde, et que les hommes auront été définitivement partagés en deux classes, celle des élus et celle des réprouvés, le règne de notre Sauveur Jésus-Christ ne sera pas terminé pour cela... La phase terrestre de votre royauté étant achevée, ô divin Maître, il n'y aura plus que votre règne glorieux : vous ne serez plus le roi militant que nous servons ici-bas et dont nous devons chercher à étendre l'empire, vous serez le prince triomphant de tous ses ennemis qu'il foule aux pieds : « Donec ponam inimicos tuos, scabellum pedum tuorum » (Ps. cix, 2).
L'Ange Gabriel l'avait annoncé à la divine Mère lorsqu'il avait été envoyé par Dieu pour lui porter le message céleste : « Celui que vous concevrez et que vous enfanterez sera grand; on l'appellera le Fils du Très-Haut; le Seigneur lui donnera le trône de David son père; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin » (Luc, I, 3233).
Votre royauté, ô Jésus, n'est donc pas limitée au temps présent; mais après avoir régné sur les hommes ici-bas, autant du moins que les hommes l'auront bien voulu, vous régnerez à jamais, sans aucun conteste, sur les élus et même sur les damnés...
Votre royauté ici-bas est combattue, amoindrie, discutée, niée même par les hommes; mais alors elle sera solennellement affirmée et pleinement reconnue par toutes vos créatures.
Je m'associe de coeur et de désir, ô Jésus, mon divin Roi, aux chants de louange, aux hymnes de triomphe que la cour céleste, les anges et les bienheureux déjà admis dans la patrie font monter vers votre trône, sans se lasser jamais; et j'espère bien pouvoir un jour, grâce à votre miséricordieuse bonté, unir ma voix à la leur.
Mais en attendant, ô Jésus, de faire partie des choeurs célestes, c'est vers votre trône eucharistique que j'élève mes louanges; je fais monter le cantique de mes adorations vers l'Hostie sainte où vous résidez en toute vérité, ô divin Roi : caché pour nous sous de chétives apparences, vous avez un droit plus strict à être acclamé par nous.
Les solennités de l'Exposition et des fêtes eucharistiques, si chères à tous les coeurs chrétiens, ne sont que des balbutiements; mais ces balbutiements vous sont aussi agréables, ô Jésus, que le sont pour un père ou une mère les premiers mots, si déformés soient-ils, prononcés par son enfant...
Ce ciel que la foi me montre comme le séjour du bonheur sans fin et dans lequel vous régnez glorieux, ô Jésus, ce ciel qui est par excellence votre royaume, ne sera donné, la foi encore me l'enseigne, qu'à ceux qui durant cette vie se seront efforcés de vous faire régner dans leur âme...
Sans doute, pour être jugé digne de faire partie du royaume céleste, une première condition est d'être citoyen de votre royaume ici-bas qui est l'Église ; mais cela ne suffit pas : il faut en outre être membre vivant de ce royaume et non point membre corrompu et sans vie ; il faut obéir à ses lois, se soumettre à sa discipline, c'est-à-dire vivre en bon chrétien...
C'est, ô Jésus, ce que je veux faire ; c'est ce que je veux m'efforcer de réaliser autour de moi, faisant en sorte que tous ceux sur lesquels je puis avoir quelque influence soient de fidèles sujets de votre royaume, et ainsi puissent être admis à vous louer éternellement...
Vivez donc, ô Christ-Roi, vivez et régnez dans nos âmes et dans nos coeurs... Chaque fois que vous y descendez, et que ce soit fréquemment! affermissez- y votre empire...
La gloire que le Christ-Roi recevra des élus pendant toute l'éternité sera pleine et entière, malgré les blasphèmes, malgré les cris de rage des démons et des damnés : sur vos ennemis aussi, vous régnerez, ô Jésus; mais ce ne sera pas, comme pour les heureux habitants du ciel, par la bonté et l'amour, ce sera par une justice infinie...
Oh! qu'il sera terrible, ce règne de justice du Christ sur les malheureuxmais volontaires prisonniers de l'enfer ! Combien cette pensée doit nous aider à nous préserver de tout péché grave, car chacun d'eux est passible de la damnation éternelle...
La crainte des vengeances de votre justice, unie à l'espérance du bonheur sans fin que vous tenez en réserve pour vos élus, m'engage, ô divin Roi, à me garder avec soin de tout ce qui est contraire à votre volonté et à accomplir fidèlement jusqu'au moindre de vos préceptes.
Je vous le promets, ô Jésus; vous connaissez les vrais sentiments de mon coeur, affermissez ma bonne volonté...
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II
Action de grâce
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Si nous voulons rechercher quelle est en dernière analyse la fin pour laquelle Jésus est venu ici-bas et a été constitué Roi universel, nous verrons sans peine que c'est pour nous assurer, à nous hommes, la possession du royaume céleste. L'Église se plaît à le proclamer dans sa liturgie : célébrant le mystère accompli en la nuit de Noël, elle nous fait chanter : « Le Roi du ciel est descendu sur la terre afin de ramener au ciel l'homme qui s'en était éloigné. »
Dans le petit enfant de Bethléem, comme dans l'apôtre prêchant le royaume de Dieu, ou le condamné mourant sur la croix pour s'être proclamé roi, reconnaissons en effet notre Chef, Celui sous la conduite duquel nous sommes assurés d'arriver un jour au bonheur éternel.
Admirons sa bonté..., louons sa miséricorde qui l'a porté à s'abaisser jusqu'à notre niveau, à s'anéantir pour nous élever, nous rendre notre vraie grandeur, faire de nous les héritiers de la gloire céleste, des princes de son royaume...
Mais, reconnaissons aussi que cette bonté et cette miséricorde brillent avec un éclat tout spécial dans la merveille de l'Eucharistie par laquelle le Christ-Roi a voulu se faire notre compagnon et notre guide toujours présent à côté de nous...
Bien plus, si le Christ est Roi par droit de conquête, cette conquête a consisté essentiellement à nous acquérir le droit d'entrer un jour dans son royaume éternel et glorieux...
Ce n'est donc pas seulement pour régner ici-bas sur nous que vous nous avez rachetés, c'est afin qu'un jour nous puissions être heureux avec vous dans votre royaume : « Vous, vous êtes demeurés avec moi dans mes épreuves; et moi, je vous prépare un royaume, comme mon Père me l'a préparé » (Luc., xxn, 29-3o).
Vous avez donc toujours en vue, ô Jésus, notre plus grand bonheur, et vous avez tenu à nous assurer notre admission dans votre royaume au prix même de votre mort.
D'ailleurs, ô Jésus mon Roi, je n'ai garde d'oublier que ce sacrifice de votre mort, qui a été le prix de mon entrée dans ce royaume, se renouvelle chaque jour à la.sainte Messe : chaque fois qu'un prêtre, fût-il l'homme le plus faible et le plus pauvre de ce monde, offre le sacrifice que vous avez institué en mémoire de votre mort, vous nous livrez de nouveau le prix de notre rédemption : votre munificence, ô divin Roi, a surpassé tout ce que nos désirs pouvaient avoir de plus relevé...
Ce royaume, où nous serons heureux avec vous, ô Jésus, avec quelle sollicitude, avec quelle bonté vous nous l'avez préparé! Décrivant en effet le jugement général qui terminera la série des siècles pour notre monde, vous nous montrez le Fils de l'homme, vous-même, plaçant les bons à votre droite et les méchants à votre gauche : « alors, ajoutez-vous, le Roi dira à ceux qui sont à sa droite : « Venez, les bénis de mon Père, entrez en possession du royaume qui vous a été préparé dès l'origine du monde » (Luc., xxv, 34).
Ce royaume, c'est le royaume même du Fils de Dieu... Et il nous a été préparé, à nous, à chacun de nous en particulier...; oui, à moi, si je le veux, si je fais ce qui est nécessaire pour y parvenir...
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Vous régnerez un jour, ô Jésus, glorieusement et éternellement dans le ciel, lorsque, tous vos ennemis ayant été subjugués et réduits pour toujours à l'impuissance, vous ferez hommage à celui qui vous a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous (I Cor., xv, 28). Mais en attendant cet heureux jour, comme vous êtes loin de régner glorieusement parmi les hommes qui sont vos sujets!...
Beaucoup ne vous connaissent pas et ne peuvent donc rien savoir des droits de votre royauté... Si cette ignorance n'est pas coupable de leur part, elle n'en reste pas moins un grand malheur, car elle vous prive de la louange que vous devriez recevoir...
D'autres, qui ne vous ignorent pas, refusent positivement de reconnaître ces mêmes droits, et ne veulent pas vous laisser régner, comme vous le demandez... C'est de leur part un acte d'ingratitude, non moins que de souveraine imprévoyance...
Voilà donc, ô Jésus, ce qu'est, dans la réalité des faits, votre royaume ici-bas : non point glorieux, mais discuté, mis en doute et trop souvent méconnu, même par vos enfants... Mon coeur s'attriste, ô divin Roi, à la pensée que les hommes méprisent ainsi vos droits; et je comprends que vous demandez de moi la réparation pour ces crimes...
Au ciel, votre royauté, ô Jésus, sera éternelle; les élus ne cesseront de chanter vos louanges, d'exalter vos victoires, de vous rendre leurs hommages, et ces louanges, ces chants de victoire, ces hommages, quoique sans cesse répétés. seront toujours nouveaux comme au premier jour...
Hélas! qu'il en est autrement des louanges, des hommages que nous vous adressons ici-bas : comme nous nous fatiguons vite, comme votre joug nous paraît pesant à la longue !...
C'est notre faiblesse, ô Jésus, qui est cause, du moins en partie, de cet état; mais pour une grande part, n'est-il pas imputable aussi à notre négligence, à notre mauvaise volonté qui recule devant l'effort ?...
On pourrait dire que votre royauté ici- bas est une royauté intermittente, non pas en droit certes, mais en fait... Eh bien ! je veux changer cela, ô Jésus, au moins en ce qui me regarde, et faire que vous soyez toujours réellement le Roi de mon esprit, de mon coeur, de ma volonté... Vous descendez si souvent dans mon âme par la communion : vous voulez y demeurer comme dans un palais, comme dans « votre » palais, et non comme dans une simple hôtellerie; venez donc, ô Jésus, venez y demeurer toujours, et non pas seulement en passant.
Lorsque vous condamnerez les réprouvés au feu éternel, à ce feu qui torturera puissamment les hommes qui furent rebelles ici-bas à votre autorité royale, vous n'en éprouverez, ô Jésus, aucune tristesse, aucune amertume; car les regrets n'entrent pas dans le séjour de la béatitude.
Mais quel malheur pour ces âmes!... Et durant votre vie terrestre, où vous étiez passible comme nous, est-ce que votre Coeur n'a pas souffert à la pensée de devoir condamner un jour, et pour toute l'éternité, ces malheureux que vous avez pourtant aimés et pour lesquels, ô Jésus, vous avez tant fait ?...
Je m'associe, ô Jésus, à la douleur que vous avez alors éprouvée; et avec vous je pleure sur le triste sort de ces âmes...
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Puisque vous avez préparé, ô Jésus, le royaume du ciel, votre royaume éternel et glorieux, pour tous ceux qui vous aiment, je prends en ce moment, à vos pieds, la résolution de vous aimer, de vous servir et de vous suivre fidèlement, ô Christ-Roi, afin d'être jugé digne d'avoir part à cette béatitude...
Aidez-moi à tenir cette résolution : faites que je vous aime de plus en plus, que je vous serve toujours mieux...
Je sais bien, ô Jésus, que la victoire définitive sur vos ennemis vous est entièrement assurée : dans le combat que vous ne cessez de livrer, ô Christ-Roi, au prince des ténèbres, il est certain que c'est vous qui resterez définitivement vainqueur.
Mais je sais aussi qu'en priant pour ce triomphe, je sais qu'en me dévouant pour l'avènement de votre règne, non seulement je vous suis agréable, mais encore je m'associe moi-même à ce triomphe. C'est pourquoi je ne manquerai pas désormais de prier chaque jour à cette intention...
Je ferai donc de ce souhait : Que votre règne arrive, le mot d'ordre de toute ma vie... cherchant en toutes mes oeuvres à travailler pour votre gloire...
0 Jésus-Hostie, voilà mes promesses et ma résolution, que j'espère garder fidèlement avec le secours de votre grâce...
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V
Pratique
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Souffrir patiemment les difficultés et les peines de la vie présente, en vue du ciel.
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Que j'arrive, ô Jésus, au royaume préparé par vous à vos disciples ; ego dispono vobis sicut disposait mihi Pater meus regnum (Luc., xxn, 29).
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Nos devoirs envers le Christ Roi
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Dans son épître aux Romains, saint Paul énonce un principe dont la société païenne ne se doutait guère, et c'est « qu'il n'y a pas de pouvoir qui ne vienne de Dieu : non est enim potestas nisi a Deo » ( Rom. , xm, 1).
Il suit de là que toute autorité, quelle qu'elle soit, contient un reflet de la Divinité. La doctrine catholique distingue évidemment Dieu lui-même du prince auquel il a communiqué quelque chose de sa puissance : elle nous fait réserver à Dieu le culte suprême de l'adoration, mais elle véçut que nous rendions au prince qui le représente l'hommage d'honneur et de respect que réclame sa dignité.
Le premier devoir d'un sujet envers son souverain, c'est donc de lui donner, de coeur et de fait, les témoignages d'estime et de vénération qui lui sont dus.
Vous êtes, ô Jésus, notre Roi ; nous sommes vos sujets, nous sommes vos soldats : nous vous offrons donc, comme à notre chef, l'hommage, si faible et si pauvre soit-il, de notre respect et de notre adoration.
Nous vous faisons hommage de tout ce que nous avons et de tout ce que nous sommes : de notre esprit, de notre coeur, de notre volonté, de notre âme et de nos forces.
Nous vous faisons hommage de notre esprit, en soumettant notre intelligence à votre parole, en croyant tout ce que vous nous avez révélé, en cultivant, ainsi en nous, par une adhésion pleine et sincère aux vérités de la foi, ce que saint Paul appelle « le sens du Christ : nos autem sensum Christi habemus » (I Cor., II, i6).
Nous vous faisons hommage de notre coeur et de notre volonté, en subordonnant toutes nos affections et tous nos vouloirs aux vôtres. Oh! je comprends combien cela va loin en pratique; mais par ailleurs tant qu'il y a en moi une fibre qui n'est pas à vous, qui n'accepte pas, sans murmurer, toutes vos lois et vos décisions, je ne puis pas me flatter de vous avoir donné tout mon coeur, ainsi que je vous le dois comme à mon Souverain.
Nous vous faisons hommage de notre âme, c'est-à-dire de nos passions, de ces mouvements d'amour, de désir, de joie, d'espérance et autres, qui s'élèvent eh nous à la vue d'un bien qui s'offre à nous, ou d'un mal qui nous menace : tout cela doit vous rendre hommage, ô Jésus, notre divin Roi, tout cela doit reconnaître votre empire sur nous. Nous ne devons donc aimer que ce que vous aimez ; tout ce que vous détestez, le mal du péché, nous devons le détester et le fuir; notre plus grande crainte doit être de vous déplaire, et notre suprême joie, de faire ce qui vous est agréable.
Nous vous faisons enfin hommage de nos forces, en les consacrant sans compter à procurer votre gloire, à combattre, non pour leur perte, il va sans dire. mais pour leur salut, ceux qui s'opposent à VOUS.
C'est ainsi, ô Jésus, que je vous dois l'hommage de tout mon être. Cet hommage, pour une majesté aussi haute que la vôtre, est bien peu de chose; mais ce peu, vous le voulez, ô Jésus, vous l'agréez : je vous le donne de tout coeur.
J'unis cette offrande à celle des esprits célestes qui se prosternent devant votre trône en déposant à vos pieds, ô Jésus, Fils de Dieu, leurs couronnes et en chantant : « Dignus es Domine Deus noster accipere gloriam, et honorem, et virtutem : Vous êtes digne, Seigneur notre Dieu, de recevoir la gloire, et l'honneur et la puissance » (Apoc., iv,
Je l'unis au cantique des saints qui vous adorent, ô Jésus, Agneau de Dieu immolé pour notre rédemption, et disent : « Sedenti in throni), et A gno : benedictio et honor, et gloria, et potestas in saecula saeculorum : A Celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau, bénédiction, honneur, gloire et puissance dans les siècles des siècles » (Apoc., y, 13).
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Dans le même passage où l'Apôtre proclame que toute autorité vient de Dieu , il ajoute, comme pour éclairer sa pensée, que « le prince est ministre de Dieu pour le bien : Dei enim rninister est tibi in bonum » ( Rom. , xm, 4).
C'est là, il est évident, une conception éminemment chrétienne, la seule vraie d'ailleurs, de l'autorité : le souverain est chargé par Dieu de procurer le bien de ses sujets, et le prince qui veut en toute perfection accomplir son devoir est obligé de se dévouer au bien commun.
Dès lors il y a obligation, pour les sujets, de reconnaître l'oeuvre du prince, en lui témoignant leur gratitude. Au respect qui honore l'autorité en elle-même, ils doivent joindre l'amour et la reconnaissance pour les biens qui dérivent pour eux de l'exercice de cette autorité.
« Ministre de Dieu pour le bien », c'est le titre par lequel l'Église honore les princes de ce monde. Mais cette appellation, ô Jésus, combien vous la réalisez mieux que n'importe quel souverain de la terre! Et si nous devons aux puissances terrestres de la gratitude à cause des bienfaits dont ils sont pour nous l'instrument, quelle ne doit pas être notre reconnaissance pour vous, ô Jésus notre Roi !
Vous avez été et vous êtes toujours, sans discontinuer, dans toute la plénitude du mot, le ministre de Dieu pour nous en vue du bien : il n'est pas de grâce, il n'est pas de secours, pas de faveur que Dieu nous accorde et dont vous ne soyez l'intermédiaire. Saint Paul l'a bien dit : le Seigneur a voulu placer en vous, réunir en vous toutes choses : instaurare omnia in Christo (Ephes., i, Io). Et c'est pourquoi les esprits célestes peu vent proclamer qu'en vous nous avons été faits enfants de Dieu, enfants du royaume céleste : « Fecisti nos Deo nostro regnum : Vous nous avez faits rois » ( Apoc., y, Io).
De même que dans l'ordre temporel la bonne et sage administration du monarque sanctionne pour son royaume une ère de paix, de prospérité, de bonheur, de même, ô Jésus, sous votre divine et providentielle administration, nos âmes jouissent de la paix, dé la prospérité, du bonheur.
Les peuples savent manifester à ceux qui les régissent la reconnaissance qui leur est due pour les bienfaits dont ils leur sont redevables : ils les acclament, leur élèvent des statues, consacrent des monuments à leur mémoire...
Est-ce que nous n'en ferons pas autant pour vous, ô Jésus-Roi, à qui nous devons tout ? Ce ne sont certes point les occasions qui nous manquent de vous exprimer notre gratitude.
Dans son Encyclique où il célèbre les gloires de votre Royauté, ô Jésus, le Souverain Pontife nous signale tout particulièrement ces grandes solennités eucharistiques qui vont se répandant de plus en plus dans le monde : elles vous rendent gloire, ô Seigneur, et elles vous redisent notre amour et notre reconnaissance...
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Les hommages du respect, les expressions de la reconnaissance ne sont pas les seuls devoirs d'un sujet à l'égard de son souverain. Il en est un autre, dont l'importance est capitale, et que l'on nomme la fidélité, à laquelle se rattache d'ailleurs l'obligation de l'obéissance.
La fidélité que l'on doit au prince, fait qu'il n'est pas permis de se révolter contre son autorité, de secouer son joug. Nos sociétés modernes nous ont trop habitués à ces « révolutions », à ces changements de gouvernement, qui, en une journée parfois, modifient d'une manière si profonde la marche des choses dans un pays. Une royauté terrestre peut se trouver exposée à ces revirements subits ; il est même des circonstances où cette mutation peut être légitime. Mais votre royauté, ô Jésus, est en dehors de ces mouvements : elle est établie sur des bases trop solides et trop profondes pour qu'on puisse jamais en secouer légitimement le joug.
Quelle distance pourtant du droit à la réalité! En fait les individus comme les sociétés ont presque unanimement secoué votre loi et rejeté votre autorité royale : le monde, depuis plusieurs siècles, a opéré contre vous iule grande révolution. Le mouvement insurrectionnaire a gagné de proche en proche : après avoir déclaré la liberté de conscience, qui est la guerre à votre autorité doctrinale, on en est venu à la liberté totale de l'homme et à son émancipation complète.
Pour un grand nombre de nos sociétés civiles, vous êtes, ô Jésus, un roi détrôné, un roi en exil.
C'est là une injustice, pour laquelle je vous offre mes réparations. Je vous demande pardon pour ces nations qui, après avoir reçu de vous tant de bienfaits, ne veulent plus vous reconnaître et vous bannissent.
A la fidélité, qui est la base des relations des sujets avec le prince, il faut joindre l'obéissance. Le législateur commande et l'on doit obéir « non seulement par crainte du châtiment, mais aussi par motif de conscience : non solum propter iram, sed etiam propter conscientiam » ( Rom. , XIII, 5). Les gouvernements terrestres savent obtenir cette soumission, car ils ont des sanctions temporelles et sensibles pour les récalcitrants.
Mais vous, ô Christ-Roi, parce que les peines dont vous menacez les contempteurs de vos lois sont uniquement spirituelles, vous êtes méprisé, tenu pour rien.
Vous commandez, et l'on ne tient pas compte de vos ordres; vous défendez, et l'on passe par dessus vos défenses. Mais je sais que vous aurez votre heure : elle sera terrible pour les pécheurs qui auront volontairement transgressé vos commandements.
Ah! qu'en ce « jour de colère », comme l'appelle l'église, je ne sois pas trouvé coupable d'infraction à vos lois... Pardonnez-moi, ô Jésus, les désobéissances commises jusqu'à ce jour, et que désormais je sois entièrement et généreusement fidèle à tout ce que vous commandez.
Est-ce que je ne vis pas continuellement en votre présence ? Quoi! désobéir au souverain sous ses propres yeux : est- ce possible ? Lorsque je serai tenté d'en prendre à mon aise avec vos préceptes, je me rapellerai, ô Jésus, que vous êtes Roi et que vous avez la puissance...
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L'une des obligations qui lient les sujets envers leur souverain légitime est celle de lui payer les impôts qu'il exige légitimement, en vue du bien commun : impôts d'argent la plupart du temps, mais aussi, à l'occasion, impôt du service personnel.
Le tribut que vous exigez de nous, ô Jésus, mon Roi, pour être différent de celui qu'exige le prince terrestre, n'en est pas moins obligatoire.
Si je veux en effet accomplir dans son intégrité mon devoir de citoyen de votre royaume, il faut que je contribue pour ma part aux intérêts généraux.
Comment cela, ô divin Roi ? Comment ferai-je quelque chose pour vous ?
Ce que je te demande, mon enfant, c'est de t'intéresser, selon ton pouvoir, à l'Action catholique que mon Vicaire ici- bas, répondant à mes désirs, recommande avec tant d'instkiice. Elle n'a d'autre but que de répandre mon royaume et ainsi elle procure à la société humaine le plus grand de tous les biens. Elle s'étend à tout, informe tout de son esprit, dirige tout vers cette fin : faire régner Dieu sur les esprits, sur les coeurs et les volontés, sur les individus et les sociétés.
L'Action catholique que vous voulez de nous, ô Jésus, est donc en fait la réalisation de cette prière que vous nous avez enseignée : « Que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite. »
En répétant si souvent chaque jour ces invocations divines, je me souviendrai de leur portée, ô Jésus ; je prierai sincèrement pour l'établissement du règne de Dieu sur la terre, pour que votre royauté, ô Jésus, soit reconnue par tous les hommes.
Puis je m'appliquerai de tout mon pouvoir à cette Action catholique, au moins par la prière, afin de contribuer, selon mes forces, à vous faire régner et à réaliser ainsi le programme que le Souverain Pontife a indiqué au monde : Pax Christi in regno Christi.
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S'enrôler, si on n'en fait pas déjà partie, dans l'Action catholique, et être fidèle à accomplir ce que l'on a promis. |
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À vous, ô Jésus, honneur et gloire, amour et fidélité. |
Le royaume de Jésus-Christ sur la terre de l'Église
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Vous êtes Roi, ô Jésus, et aucune souveraineté de ce monde n'a jamais été établie sur des titres aussi puissants que la vôtre... Les prérogatives essentielles de votre royauté ne peuvent être non plus comparées, en excellence et en étendue, aux pouvoirs terrestres les plus vastes... Je reconnais et je confesse donc que vous êtes pleinement Roi et que vous avez tous les droits d'exercer votre souveraineté sur nous...
Mais il est certain que ces droits, vous n 'entendez pas en user personnellement par vous-même; vous les avez remis à votre Église, qui est votre royaume ici-bas... C'est par elle, et par elle seule, que vous régnez sur les peuples et que vous nous gouvernez.
Sans doute, ô Jésus, vous êtes présent dans l'Hostie sainte et vous y exercez une influence considérable sur les âmes : vous les conduisez à la vie éternelle; mais votre action eucharistique demeure cachée dans le sanctuaire intime de la conscience : par l'Eucharistie, comme par tous nos autres sacrements, ce sont les âmes que vous vivifiez intérieurement de la vie de votre grâce et que vous sanctifiez. Quant au gouvernement extérieur de votre royaume, vous l'avez remis à votre Église : c'est à elle qu'incombe le soin de transmettre aux hommes vos ordres souverains...
Je crois, ô Jésus, à cette Église... Je reconnais en elle la dépositaire et l'organe de votre pouvoir royal...
Le respect et l'amour que j'ai pour vous, je dois donc les reporter sur votre Église... ; l'attachement de mon coeur, l'adhésion de mon esprit, l'énergie de ma volonté, tous ces nobles sentiments que fait naître en mon âme la considération des droits de votre royauté, je les dois à l'Église.
Et c'est avec empressement, avec joie, avec une vraie dévotion que je m'acquitte de ce devoir.
« Celui qui vous écoute, m'écoute moi-même », avez-vous dit aux Apôtres choisis par vous comme les fondements de votre Église; « et quiconque vous rejette, me rejette » (Luc, x, 6):
Non, je ne veux pas m'exposer à tomber dans ce malheur; je ne me séparerai pas, je ne m'éloignerai pas de vous, ô Jésus, mon Roi; et dès lors tout ce qui est de l'Église, tout ce qui vient de l'Église, je l'accepte et le révère comme venant de vous-même. L'Église parle : c'est vous qui parlez...; elle commande : c'est vous qui commandez...; elle défend, c'est vous qui défendez...
Et dans cette Église qui est votre royaume, ô Jésus, je sais que Celui qui en est le chef, le Souverain Pontife, vous représente d'une manière toute spéciale...
C'est à lui que vous avez confié la mission de régir souverainement votre royaume. Je le crois, ô Seigneur, et, prosterné en cet instant à vos pieds, je m'agenouille respectueusement, avec un grand esprit de foi, ainsi que le font à Rome les chrétiens admis en sa présence, devant le Pape qui a reçu de vous tous vos pouvoirs.
Quant aux caractères de votre royauté : royauté vraie et parfaite, royauté universelle et sociale, bien que royauté d'ordre tout spirituel, je les reconnais aussi dans votre Église...
Son pouvoir, comme le vôtre, est plein et parfait : elle ne le tient de personne autre que de vous, et elle a le droit de l'exercer sans le contrôle de qui que ce soit...
Ce pouvoir, il est également universel comme le vôtre : il ne connaît d'autres limites que les confins de la terre... Votre Église a, comme vous, le droit de gouverner, pour les faire parvenir à leur fin spirituelle, tous les hommes ; son autorité s'exerce même, d'après la mission officielle que vous lui avez donnée, sur les sociétés.
Elle laisse, sans aucun doute, aux puissances de ce monde, le soin de diriger les affaires temporelles de l'État comme elles l'entendent; mais un gouvernement sage et prudent des intérêts terrestres ne peut faire abstraction des biens spirituels qui doivent primer toutes choses. L'Église n'a d'autre vue que d'instruire et de gouverner les âmes de manière à les conduire à la vie éternelle. C'est pour avoir oublié ce principe fondamental que ses ennemis l'ont accusée; mais leurs attaques ne peuvent rien changer à l'ordre établi par vous...
Je veux, ô Jésus mon Roi, en sujet docile de votre royaume, me laisser conduire par votre Église au Royaume céleste...
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La mission royale de l'Église, la mission que lui a confiée son divin Chef, c'est donc de conduire les hommes à la vie éternelle et bienheureuse...
Si gouverner c'est mener à un but et concentrer vers lui tous les efforts et toutes les bonnes volontés des sujets, qu'elle est belle, noble et grande la raison du gouvernement de l'Église !...
Je vous remercie, ô divin Sauveur Jésus, d'avoir institué cette Église pour diriger tous les hommes qui viendront sur terre jusqu'à la fin des siècles, dans la voie du salut.
Oui, je le comprends, ô Roi d'amour, c'est pour mon bien que vous avez fait cette merveilleuse création : le royaume que vous étiez venu établir sur la terre, pour atteindre son but, devait être visible, et c'est pourquoi vous avez fondé l'Église... En étant le fils respectueux et docile de cette sainte Église, je suis clone sûr d'être un fidèle sujet de votre royaume...
Vous êtes Roi, ô Jésus, et vous avez tous les pouvoirs qui conviennent à un souverain; ces pouvoirs, vous les avez confiés à votre Église, qui les exerce en votre nom et par conséquent d'une manière infaillible...
En entrant, en demeurant fidèlement dans ce royaume, nous sommes ainsi pleinement assurés d'être dans la bonne voie, de parvenir un jour au bonheur céleste...
Cette Église nous fait savoir, et nous sommes sûrs qu'elle ne se trompe pas, ce que nous devons croire pour être dans la vérité, ce que nous devons faire pour vous être agréables : elle nous transmet vos lois, elle nous présente la charte de votre royaume... En l'écoutant comme nous vous écouterions vous-même, en lui obéissant comme à vous, nous sommes assurés de ne pas faire fausse route.
Nous sommes ainsi bien plus fortunés que tant d'autres qui cherchent le royaume de Dieu, sans pouvoir le trouver...
Je dois apprécier cette faveur; j 'en comprends, ô Jésus, tout le prix, et je vous en offre mes actions de grâces...
Dans l'Église, qui est votre royaumeici-bas, vous avez, ô Jésus, déposé toutes les richesses de ce royaume. L'Église possède les trésors que vous possédez, ô divin Roi, par droit de naissance, et ceux que vous avez acquis au prix de vos souffrances et de votre sang...
Dans ce trésor, le bien le plus précieux est sans aucun doute vous-même qui, par le moyen de l'Église, vous donnez réellement à chacun de nous;... puis il y a tous les moyens de grâce, tels que les sacrements confiés par vous à l'Église... De même que ceux qui habitent dans un royaume terrestre jouissent de tous les avantages de ce royaume, de même nous qui sommes dans l'Église nous participons à tous les biens du royaume de Jésus-Christ...
Ces biens ont une valeur inappréciable... O mon Dieu, je vous remercie de la part que vous m'y avez donnée...
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La foi m'enseigne, ô Jésus, que votre royaume, ici-bas, ne se trouve nulle part ailleurs que dans l'Église; que c'est par elle que vous voulez exercer les droits de votre royauté.
Elle est donc quelque chose de bien grand cette Église, à laquelle vous avez ainsi remis l'exercice de votre pouvoir royal... Sa puissance vient de vous-même et non des hommes ; lorsqu'elle exerce son autorité, c'est vous qui parlez...
S'attaquer à l'Église, c',est donc, qu'on le veuille ou non, s'attaquer à vous-même, ô Roi des rois; s'opposer à ses volontés, enfreindre ses prescriptions, c'est battre en brèche votre propre volonté elle-même.
Ainsi les offenses que des hommes impies ne cessent de prodiguer à l'Église, c'est vous en définitive qu'elles atteignent... Ils nient la mission que vous lui avez donnée ; et par là même ils refusent pratiquement de reconnaître les droits de votre royauté...
Je vous demande pardon, ô Jésus, pour ces offenses; je vous fais réparation pour les attaques les violentes persécutions dont est victime votre Église : jamais elle ne connaît la paix et la tranquillité, mais toujours, sur un point ou l'autre de l'univers, elle se trouve en butte à la fureur de ses ennemis.
Royaume de Jésus-Christ ici-bas, l'Église a, comme lui, le droit et la mission d'étendre son autorité sur tous les hommes et sur tous les peuples...
C'est ce que beaucoup ne veulent pas reconnaître : ils parlent saris cesse des empiètements de l'Église, ils veulent restreindre son autorité, son influence au domaine purement intérieur de la conscience... Non, ô Jésus, votre Église a, comme vous, un pouvoir plein et parfait, universel et social : elle a le droit, comme vous, de commander aux peuples aussi bien qu'aux individus.
Mais ce n'est pas seulement de ses ennemis que l'Église, royaume du Christ, a à souffrir; c'est aussi, trop souvent, de ses enfants eux-mêmes...
A qui est revêtu de la puissance royale est dû l'honneur et le respect, la soumission et l'obéissance, la fidélité et l'amour... Ces hommages, votre Église, ô Jésus, a droit de les recevoir de tous ses enfants, qui sont aussi ses sujets.
Mais il en est qui les lui refusent, et qui, au lieu de lui donner ces témoignages de vénération, affligent son coeur et le vôtre par leur désobéissance ou même leur rébellion...
Ah! certes, ô Jésus, ce n'est point moi qui voudrais me rendre coupable de ce crime de lèse-majesté à votre égard... Je tiens, au contraire, à vous offrir mes réparations pour ces coupables : daignez leur faire miséricorde.
C'est vous, ô Jésus, qui avez les clefs de la céleste Jérusalem : vous en ouvrez les portes et personne rie les fermera; si vous les fermez, aucune puissance ne pourra les ouvrir. Mais ces clefs, vous les avez confiées à votre Vicaire ici-bas : quiconque ne marche pas avec lui, sous sa houlette, ne pourra trouver la porte du ciel. Pardon, ô Jésus, pour ces malheureux égarés, aveugles volontaires et assez présomptueux pour se constituer les guides de leurs frères qu'ils conduisent au malheur sans fin.
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Pour obtenir l'établissement universel du règne de Jésus-Christ, il faut, de toute évidence, faire en sorte que l'Église exerce sur tous les hommes et sur tous les peuples l'autorité souveraine dont le Christ- Roi l'a investie...
Je vous prie donc, ô mon Dieu, pour l'expansion de l'Église : que ses apôtres, ses missionnaires en portent la connaissance jusqu'aux extrémités de la terre... que toutes les nations viennent à elle et se mettent docilement sous son autorité...
Je vous prie aussi, ô Seigneur Jésus, pour l'affermissement de l'autorité de votre Église dans le monde : que tous ses enfants reconnaissent fidèlement et sincèrement, en pratique, sa mission qui est de régir et de gouverner en votre nom le royaume que vous vous êtes conquis...
Je veux, ô Jésus, traduire en acte cette parole que je répète si souvent dans chacune de mes journées :
Que vais-je faire pour cela ?... Inspirez- moi, ô Christ-Roi, aidez-moi à choisir et à sanctionner une généreuse résolution, proportionnée à mes forces, pour travailler à faire connaître, aimer, servir l'Église à laquelle vous avez remis vos pouvoirs royaux, souverains...
Je vous promets au moins de me conduire toujours, à son égard, conformément à cette croyance ; de ne jamais la considérer que comme la mandataire de votre pouvoir royal...
Vous êtes Roi, ô Jésus, et votre royaume n'aura pas de fin : Et regni ejus non exit finis... Après avoir régné ici-bas parmi les hommes qui trop souvent méconnaissent votre pouvoir royal, vous régnerez
C'est pour nous conduire à ce royaume bienheureux que vous avez créé votre Église : puissé-je être docile à ses directions pour arriver à un tel bonheur... Puissé-je profiter des richesses que vous lui avez remises, pour acquérir le trésor inappréciable de la félicité éternelle...
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A chaque Messe que l'on entend, s'unir d'une manière spéciale aux prières que le célébrant fait au début du Canon pour le Pape et pour l'Église entière. |
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Daignez, ô Jésus, donner la paix à votre Église sainte, gardez-la et gouvernez-la : pacificare, custodire et regere digneris toto orbe terrarum (Canon de la Messe ). |
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