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Le Coeur de Jésus-Christ
I
Adoration
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Le présent le plus beau qu'un souverain puisse faire à l'un de ses sujets, ou à son peuple tout entier, c'est bien de se donner à lui. Dans l'ordre ordinaire des choses humaines, ce don consiste en ce que le prince sacrifie pour le bonheur de son peuple son repos, ses trésors, ne reculant devant aucune fatigue, aucune peine, s'imposant même, s'il le faut, des privations. Celui qui agit ainsi donne son coeur, son amour à ses sujets. Un homme ne peut aller plus loin.
Mais vous, ô Jésus, vous avez fait bien davantage pour nous. Votre don eucharistique, en nous donnant réellement votre corps et votre sang, nous a aussi donné en toute vérité votre Coeur. Car le Corps que vous nous livrez dans la sainte Hostie est un corps complet et vivant, doué par conséquent de son Coeur, son plus noble organe.
En adorant, ô Jésus, votre Corps et votre Sang au Sacrement, nous adorons donc aussi votre Coeur; mais cette adoration générale ne suffit pas à notre amour, qui veut adresser à votre Coeur lui-même des hommages plus particuliers. N'est-ce pas en effet à votre Coeur que nous devons ce don de votre personne ? Ayant aimé vos enfants qui étaient dans le monde, vous les avez aimés jusqu'à la fin, jusqu'à l'extrême limite du possible.
Découvrez-moi donc, ô divin Roi, votre Coeur dans l'Eucharistie, et faites que j'apprécie ce don ineffable que vous me faites de ce que vous avez, et comme Dieu et comme homme, de plus précieux.
Il est là, le Coeur de Jésus, son coeur de chair, l'organe sensible qui fut dans le Verbe incarné, comme il l'est en chacun de nous, le principe et le centre de la vie; il est là, ce Coeur dont la divine Mère pouvait sentir les battements lorsqu'elle portait dans ses bras le Dieu du ciel fait petit enfant pour nous; il est là ce Coeur, transpercé sur la croix par la lance du soldat et dont la blessure fut si large que le Sauveur lui-même, après sa Résurrection, put inviter l'apôtre incrédule à y mettre la main.
Ce Coeur de Jésus, il n'est même véritablement présent qu'au ciel, et là dans la sainte Eucharistie. Au ciel, avec quel profond respect les Anges et les Saints l'adorent ! venez, venez, ô hommes, mes frères, et rendons-lui nos hommages au divin Sacrement, car c'est uniquement pour nous qu'il est là.
Ce Coeur de Jésus, c'est le Coeur du Fils de Dieu, uni personnellement au Verbe divin, et en qui habite toute la plénitude de la Divinité : Cor Jesu, in quo habitat onmis plenitudo Divinitalis (Litanies du Sacré Coeur).
Je vous adore, ô Jésus, j'adore votre Coeur, présent et vivant sous ces froides et mornes espèces de l'Hostie.
Le Coeur de Jésus, c'est également le coeur du Fils de l'homme, le coeur humain le plus délicat; le plus sensible, le plus aimant qui ait jamais été créé. En lui ont été accumulées toutes les perfections qui peuvent enrichir un coeur créé... Lorsqu'on se trouve en présence d'un homme au coeur noble, généreux, dévoué, on ne peut s'empêcher d'admirer : tel est au suprême degré le Coeur de Jésus.
Sachons le trouver et l'honorer dans la sainte Hostie.
Jésus, nous donnant son Coeur au divin Sacrement, demande qu'à notre tour nous lui donnions le nôtre : « Mon fils, offre- moi ton coeur », disait-il autrefois par son prophète; combien plus justement il peut aujourd'hui nous redire cette parole! Oui, donnons-lui notre coeur...
Mais qu'est-ce que vous donner notre coeur, ô Jésus ?
Me donner ton coeur, ô mon enfant, c'est m'aimer par dessus toutes . choses, c'est me mettre dans ton amour au dessus de tout, en sorte que rien ni personne ne puisse prendre ton affection et la déta. cher de moi.
Je le comprends donc, ô Jésus-Hostie, vous donner mon coeur, c'est faire de vous, de votre divin Sacrement l'objet constant et final de mes pensées, de mon amour et de mes actions; c'est vous avoir toujours en vue; c'est chercher à vous faire plaisir; c'est aussi travailler à vous attirer, autant qu'on le peut, tous les coeurs. Lorsqu'une chose est donnée à quelqu'un, elle ne peut être donnée de nouveau à une autre personne.
Je vous offre donc, ô Jésus, mon coeur; je veux que tous ses sentiments soient finalement dirigés vers vous..., qu'il ne s'attache à rien de ce qui pourrait être opposé à votre sainte dilection.
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II
Action de grâce
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S'il nous était permis de pénétrer dans l'intérieur de votre Coeur, ô Jésus, quels sentiments de délicate bonté, de générosité inlassable à notre égard, nous y découvririons !...
Le coeur est fait pour aimer : c'est là sa vie, son rôle; et votre Coeur, ô Jésus, le plus parfait des coeurs, n'a jamais fait autre chose qu'aimer. Parmi tant de millions d'êtres humains, créés dans toute la suite des siècles par la puissance divine, le Coeur de Jésus qui les aime tous, sans doute, en a distingué certains vers lesquels il a dirigé une flamme d'amour plus puissante. Ne suis-je pas l'une de ces créatures privilégiées ? Oui, certainement, et je vous remercie, ô Jésus, non seulement de l'amour que vous m'avez témoigné comme à tous les hommes, mais encore de l'affection spéciale que vous avez eue pour moi...
Je sais qu'au Saint Sacrement je possède votre coeur humain, ô Jésus, mon divin Roi; je le possède avec tout l'amour sensible qui est capable d'animer un coeur d'homme. Cet amour, il est vrai, n'est pas le plus parfait, mais il a sa valeur, et lorsqu'il vient de vous, ô divin Sauveur, il ne peut être qu'excellent.
J'adore donc dans l'Hostie et je reçois à la communion votre Coeur qui s'apitoyait sur la foule accourue pour entendre votre parole et exposée à mourir de faim : aujourd'hui encore, vous avez compassion des âmes qui veulent vous servir, mais ne trouvent pas en elles la force de se soutenir dans la voie du bien, et pour elles, avec une bonté et une munificence royale, vous multipliez le don du pain eucharistique.
Votre Coeur, ô Jésus, était touché à la vue des malades de toutes sortes que l'on apportait durant votre vie terrestre sur votre passage ; et l'évangéliste saint Luc se complaît à faire remarquer que vous les guérissiez tous (Luc, vi, 19). Dans la longue route des siècles, que de malades spirituels ont obtenu de vous leur guérison
En face du tombeau de Lazare ou en présence de la pauvre veuve accompagnant le corps de son fils unique défunt, vous avez été ému... Combien de morts vous avez spirituellement ressuscités, ô Coeur de Jésus-Eucharistie, depuis que vous avez voulu rester avec nous!
Votre Coeur humain, ô Jésus, a été bon pour nous, et il continue à nous aimer toujours.
Mais votre Coeur divin, votre amour de Dieu, ô Jésus, combien il appelle notre reconnaissance ! C'est lui qui a fait l'Incarnation, c'est lui qui vous a livré à votre Passion douloureuse ; c'est à lui que nous devons l'Eucharistie, où vous réunissez et perpétuez l'amour de l'Incarnation et de la Passion.
Voilà ce que nous donne l'Hostie sainte :un Dieu nous aimant. Faire un présent à quelqu'un, c'est bien, c'est déjà une marque d'affection, au moins extérieure; mais unir à ce présent un amour sans bornes, identifier en quelque sorte le don avec l'amour qui donne, c'est la marque de la plus exquise charité, c'est le don du Coeur par excellence. Merci, ô Jésus, de votre amour; puissé-je, à force de le recevoir, de le contempler, arriver à mieux apprécier votre amour, à y correspondre plus généreusement...
O mon coeur, si tu te donnes à Jésus, que ne gagneras-tu pas en vertus, en mérites, et même en paix et en bonheur dès ce monde ?...
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III
Réparation
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Si le Coeur de Jésus est réellement présent au Saint Sacrement, s'il nous y est réellement donné, il doit y ressentir là même, et d'une manière plus vive que partout ailleurs, les outrages que les hommes ingrats prodiguent avec tant d'insouciance au divin Sauveur.
Ce Coeur est là dans un acte perpétuel d'amour actif, généreux; il y est dans un état de donation totale, irrévocable... Et les hommes l'oublient : Jésus se heurte à une froideur presque universelle, à une grossière ignorance, à une insouciance coupable.
0 Jésus, malgré la part trop grande que j'ai prise à cette négligence, je vous en fais en ce moment humble amende honorable.
Ce qui est plus sensible encore au Coeur de Jésus dans le divin Sacrement, ce sont les injures et les insultes dont il s'y voit abreuvé de la part de ses enfants coupables : « Je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et sacrilèges, et par les froideurs et mépris qu'ils ont pour moi dans ce sacrement d'amour. »
C'est en premier lieu des communions indignes que Jésus a droit de se plaindre : il se donne à l'âme, et celle-ci le livre à ses bourreaux; c'est aussi des communions faites sans aucun effort de dévotion : il se donne si libéralement, et à peine l'a-t-on reçu, qu'on l'oublie...
Puis ce sont les irrévérences commises en général dans le culte de la sainte Eucharistie : négliger ce culte, c'est montrer qu'on ne fait pas grand cas du don que le Sauveur nous y présente...
Demandons pardon à Jésus pour nos propres fautes, et réparons pour celles de nos frères.
Pendant qu'il est si parcimonieux et si lâche envers le Coeur de Jésus, le coeur de l'homme s'attache avec passion à des biens passagers ou même coupables, à une créature perverse.
Voilà comment les hommes répondent trop souvent au précepte divin qui leur ordonne d'aimer le Seigneur Dieu de tout leur coeur, précepte sanctionné par Jésus-Christ, et rendu encore plus pressant par l'amour qu'il nous a témoigné...
Je vous demande pardon, ô Jésus, de cette ingratitude des hommes à votre égard; je vous demande pardon de ma lâcheté personnelle à faire, pour votre amour, les sacrifices que vous me demandez... Mon coeur n'est donc pas à vous, ô divin Sauveur, comme il devrait l'être.
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IV
Prière
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Si l'Eucharistie nous donne en toute vérité votre Coeur, ô Jésus, il est évident qu'elle doit être l'appui le plus précieux de la prière, le gage assuré des secours divins, l'engagement, en quelque sorte, pris par Dieu de nous exaucer.
C'est pourquoi, dans tous nos besoins, nous devons recourir avec la plus grande confiance au Coeur de Jésus présent et vivant en l'Eucharistie. Exposons-lui nos demandes; il se donne lui-même à nous, et nous ayant donné ce qui est plus, comment nous refuserait-il ce qui est moindre ?
Parmi toutes les grâces que nous vous demandons, ô Coeur de Jésus, nous mettons en première ligne, sans aucun doute, celle de votre amour, de nous conserver votre amitié, et de faire en sorte que notre coeur vous aime toujours davantage. N'est-ce point la seule chose qui, en définitive, doive compter ?
O Coeur de Jésus, « donnez-moi seulement votre amour avec votre grâce; je suis assez riche et ne demande pas autre chose ».
Enfin, pour mieux répondre, ô Jésus, à votre désir d'étendre sur toute la terre le règne de votre amour, pour que le don royal de votre charité infinie atteigne, selon que vous le souhaitez, un plus grand nombre d'âmes, je travaillerai dans la mesure de mes forces à vous gagner le coeur de mes, frères, en me faisant, au moins par la prière, l'apôtre de votre Coeur si aimant, si généreux
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V
Pratique
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Pour répondre à l'amour du Coeur de Jésus se donnant à nous dans l'Eucharistie, faisons chaque jour, si possible, une visite au Saint Sacrement, afin de lui exprimer notre reconnaissance. |
VI
Aspiration |
Mon Dieu, je vous aime de tout mon coeur. |
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I
Adoration
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Votre Église, gardienne infaillible de la vraie foi, nous dit, ô Jésus, que l'Eucharistie c'est vous tout entier, sans partage ni diminution; elle nous dit aussi, divin Sauveur, qu'étant homme véritable et parfait, vous avez une âme humaine semblable à la nôtre. Il y eut un jour des hérétiques qui osèrent nier la réalité de votre âme : croyant sans doute par là vous rendre honneur, ils prétendirent qu'en vous la Divinité remplaçait l'âme.
Non, la Divinité n'a pas remplacé en vous, ô Jésus, l'âme humaine, elle l'a ennoblie, elle l'a sanctifiée, en contractant avec elle, comme avec votre corps, une union personnelle. Votre âme est devenue par là l'âme d'un Dieu, de même que votre corps a été véritablement le corps d'un Dieu.
Ce qui fait l'excellence propre d'un homme, ce qui lui confère aux yeux de ses semblables une dignité supérieure, c'est son âme. Plus l'âme est noble et parfaite, plus grand est l'homme lui-même. Or, qu'elle est sublime la dignité conférée à l'âme de Jésus par le fait de l'union hypostatique!
C'est l'âme du Verbe de Dieu, de la seconde personne de la sainte Trinité. Les Anges que vous avez créés dans votre puissance, ô mon Dieu, sont pleins de beauté; mais l'âme de votre Fils incarné, par son union avec la Divinité , dépasse infiniment en splendeur les esprits célestes les plus privilégiés de vos grâces. Car les Anges, aussi bien que les hommes, ne reçoivent que quelques rayons de la gloire divine; mais votre âme, ô Jésus, en possède la source elle-même.
J'admire les privilèges qui découlent pour votre âme, ô Jésus, de cette union personnelle avec le Verbe de Dieu, avec la Sagesse divine.
Ses facultés, votre intelligence et votre volonté, acquièrent par là une valeur incomparable : la Divinité ne les absorbe pas, elle les élève... Ame de Jésus, si belle, si parfaite, je vous adore, j'admire les trésors de science et de sagesse que vous communique la Personne du Verbe.
Votre âme est sainte. L'union avec le Verbe sanctifie tout en vous; mais combien cette sainteté m'apparaît éclatante dans votre âme! En elle réside la plénitude de la grâce et des vertus divines; bien plus, elle jouit de la grâce béatifique, même pendant les heures douloureuses de la Passion.
Et cette âme, avec toutes les richesses dont elle est comblée, avec ses trésors de sainteté, de science, de sagesse, de bonheur céleste, vous m'en faites don, ô mon divin Roi, dans la sainte Eucharistie. Ah! qu'il est beau, le présent que vous me faites, comme il est digne de votre ma jesté royale, quelles richesses il renferme...
Mais chacun des aspects de votre don, chacun des joyaux, pourrais-je dire, qui l'ornent et en rehaussent le prix, a sa destination spéciale. Quel est donc votre dessein, ô Jésus, lorsque vous nous donnez ainsi votre âme ?
Durant les années quous avez passées ici-bas sur la terre, votre âme, ô Jésus, faisait monter vers Dieu les accents de la louange, de l'adoration, de l'honneur auxquels Dieu a droit... Combien le Seigneur était honoré par ces louanges, par ces prières s'élevant d'une âme si parfaite et si sainte ! C'est pour sanctifier la nôtre que votre âme se donne ainsi à nous : c'est pour lui apprendre à adorer Dieu, à le prier, c'est pour l'aider à connaître et à honorer le Seigneur. Je veux, ô divin Maître, unir mes pauvres sentiments à ceux que vous exprimiez à Dieu : j'offre à Dieu vos adorations, vos louanges pour suppléer aux miennes qui valent si peu...
De même qu'en retour du don que Jésus nous fait de son corps, nous devons lui consacrer le nôtre, de même en retour du don de son âme, nous lui donnerons notre âme...
Donner nôtre âme à Jésus, c'est lui en consacrer les facultés pour qu'elles ne servent plus que lui : c'est donc ne vouloir connaître et aimer que Jésus, et Jésus au Saint Sacrement... C'est lui en donner également toute l'activité : donc ne vouloir agir que pour lui, pour son amour et sa gloire, et par lui, sous son inspiration... C'est enfin chercher à rendre notre âme semblable à celle de Jésus par la pratique des vertus qui brillent en elle...
Vous vous donnez chaque jour à moi, ô Jésus : n'est-il pas juste que je me donne à vous ? Recevez le don que je vous fais de mon âme en ce moment...
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II
Action de grâce
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C'est l'âme qui dans l'homme se trouver être le principe responsables de ses actes, de ses pensées, de ses vouloirs, C'est donc à l'âme que doivent être attribués les saintes résolutions, les généreux projets... L'âme de Jésus qui a conçu le dessein de se donner à nous dans le divin Sacrement ne mérite-t-elle pas notre plus vive reconnaissance ?... Je vous remercie, ô bon Sauveur, d'avoir pensé à me faire un tel don, de l'avoir voulu, de l'avoir réalisé, malgré toutes les difficultés qui pouvaient s'y opposer...
Vous saviez, ô Jésus, dans votre science infinie, que nous ne nous montrerions pas dignes d'un si grand bienfait : votre grande âme a passé par-dessus cet obstacle et vous avez réalisé votre don.
L'Écriture Sainte nous montre l'âme de Jonathas, le fils du roi. Saül, comme collée à celle de David, par la sympathie et l'amour : Anima Jonathae conglutinota est animae David (I Reg., xvm, i). Par le sacrement eucharistique, ce n'est plus l'âme d'un homme, fût-il fils de prince, qui est collée à la nôtre, c'est l'âme du Fils même de Dieu. C'est un honneur pour nous, c'est une grande gloire. Jésus nous donnant ainsi son âme, nous devenons ses amis, les amis de Dieu.
Nous le devenons en réalité et bien sincèrement, de sa part du moins. Il arrive d'ordinaire, dans les relations humaines, que lorsqu'une âme se donne à une autre, la nature même des choses, la position des personnes ou leur condition sociale, mettent des réserves au don. Rien de semblable n'existe avec vous, ô Jésus : vous nous donnez tout, aujourd'hui, demain, tous les jours.
Chaque matin, si je le veux, je puis recevoir une nouvelle effusion de votre âme; je puis me mettre de nouveau en communication avec elle et puiser à pleines mains dans les trésors dont elle est la source en même temps que le canal.
Votre âme, ô Jésus, est pour nous la cause de toute sanctification. Si votre âme a été ornée par Dieu de toutes les grâces, c'est afin de les répandre sur les hommes : vous êtes le Chef, nous sommes les membres; la tête communique à tout le corps la vie qui le soutient, lui donne des forces.
Combien féconde est la grâce qui découle de votre âme, ô notre divin Roi, en nos âmes ! C'est elle qui fait germer en nous les fleurs des plus belles vertus et, hors de son influence, il ne peut y avoir que des efforts purement naturels, impuissants pour arriver au ciel.
Remercions Notre-Seigneur de nous donner, dans la sainte Communion, une part privilégiée de ces grâces : veillons à en profiter, à cultiver les germes de vertus et de sainteté déposés en nous...
Je vous remercie, ô Jésus, des effusions de grâce sanctifiante, de grâces actuelles, des dons du Saint-Esprit que vous versez en nous par la communion : âme infininient sainte, vous venez mettre en nous l'océan, la source de toutes les grâces...
L'âme de Jésus au Saint Sacrement est encore occupée à veiller sur nous : Jésus nous y connaît, nous y enveloppe de ses tendres sollicitudes; il est pour nous le l'ère, le Pasteur, l'Ami de nos âmes.
Quelle joie ce doit être pour nous de savoir que dans la communion nous recevons, non pas le Corps seulement de Jésus et son Sang, mais aussi son Ame, c'est-à-dire le Christ vivant, le Christ capable de nous entendre, de comprendre nos désirs, nos prières, nos sentiments... Nous sommes heureux de pouvoir lui parler; nous pouvons aussi ouvrir l'oreille à ses paroles... Son âme et notre âme peuvent s'entretenir dans la plus douce intimité... Que de fois il nous a encouragés, consolés, fortifiés !..
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III
Réparation
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Une troisième fonction à laquelle se consacre Jésus au Sacrement, est de présenter au Père céleste un sacrifice de propitiation pour nos péchés... Jésus répare pour nous.
Votre âme sainte, ô divin Sauveur, connaissait ici-bas, pendant votre vie terrestre, les offenses commises par tous les hommes contre la Majesté divine; et durant les nuits que vous passiez alors en prière, sur les montagnes (Luc, vi, 12), vous intercédiez pour nous non seulement en sollicitant des grâces en faveur de vos enfants, mais aussi en offrant à votre Père vos réparations pour leurs péchés.
Cette propitiation acquit, au moment de votre Passion, une intensité nouvelle. Votre âme, à la vue des crimes qui s'insurgeaient de toutes parts contre la Bonté de Dieu, votre âme fut saisie d'une tristesse mortelle.
Si elle pouvait ressentir, aujourd'hui encore, la tristesse, est-ce que votre âme, ô Jésus-Eucharistie, ne serait pas moins accablée ? Il se commet tant de péchés sur la surface de la terre !
Je m'approche de vous, ô Sauveur agonisant au jardin des Olives, afin de consoler la douleur de votre âme par mes promesses, mes désirs de vie sainte, de vie mortifiée et éloignée du péché.
Je viens à vous, ô Jésus-Eucharistie, et je vous offre mes réparations pour les froideurs, les oublis, les irrévérences dont se rendent coupables tant de chrétiens envers vous, si bon, si généreux dans le don que vous nous avez fait de vous-même.
Ce don, c'est votre Corps et votre Sang, mais non point à l'état de mort, comme une chose inanimée, ainsi que sembleraient le dire les espèces sous lesquelles vous les cachez.
Trop souvent, hélas! nous sommes portés à traiter l'Eucharistie comme une chose, fort précieuse sans doute, mais sans vie. C'est pourquoi nos relations avec le divin Roi qui s'y cache sont si froides : celui qui reçoit un ami converse avec lui, l'entretient, lui exprime sa reconnaissance, lui fait connaître ses projets ; et nous, comment nous conduisons-nous envers Jésus-Eucharistie venant en nous par la communion ?
L'union des âmes, qui est parmi les humains la source de tant de péchés, si nous la pratiquions avec Jésus, de quels biens ne serait-elle pas pour nous la cause ?
Quel sujet de tristesse ce doit être pour une âme aussi noble que celle de Jésus, que l'égoïsme, le peu de générosité dont nous faisons preuve si souvent envers lui !... Quel tourment pour une âme si tendre, si noble, si aimante, que notre âme sans amour, sans ardeur...
Je vous demande pardon, ô Jésus, du peu de zèle que j'ai mis à me conformer aux pensées, aux désirs, aux intentions de votre âme.
Que vais-je faire pour mieux correspondre au don que vous me faites de voire âme, pour vivre de votre vie ?
Vous avez reçu, ô divin Sauveur, toutes les grâces de sanctification pour les distribuer aux hommes : votre âme a été ornée par Dieu de la plénitude de la grâce sanctifiante afin de nous la communiquer. Mais il y a des hommes qui refusent de venir puiser, comme ils y sont invités, à la source de ces grâces, qui ne veulent pas entrer en communion avec l'âme du Sauveur.
Demandons pardon pour les pécheurs qui rejettent les grâces de Dieu, ou en abusent; pour les indifférents qui les laissent perdre, pour ceux, en particulier, qui ne veulent pas venir à la sainte Table mettre leur âme en contact avec l'âme de Jésus...
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IV
Prière
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Ame de Jésus, sanctifiez-moi : Anima Christi, sanctifies. Aimons à redire cette touchante invocation, le regard fixé sur la sainte Hostie. Nous l'avons en effet médité : dans cette âme sainte ont été déposés tous les trésors de grâces et de salut; c'est l'âme du Chef auguste de toutes les âmes rachetées, l'âme de celui de qui découle tout bien surnaturel...
Demandons-lui donc avec confiance les grâces dont notre âme a besoin : grâces de lumière, grâces surtout de force pour faire le bien et éviter le péché. Mettez en ô Jésus, une abondante participation aux vertus de votre âme : qu'au contact de cette âme si sainte la mienne conçoive le désir de se sanctifier et se décide à en prendre les moyens : Oui, âme de Jésus-Christ, sanctifiez-moi.
Ame très sainte de Jésus, répandez aussi sur les âmes de tous ceux pour qui je veux ou dois prier, sur toutes les âmes, vos trésors de grâce et de sainteté...
Sanctifiez-les, en les faisant vivre d'une vie intérieure, d'une vie spirituelle aussi abondante qu'il est possible...
Je vous demande cette grâce, en particulier, ô Jésus, pour telle âme... dont je sais que les besoins sont plus pressants : ne permettez pas qu'elle continue à s'égarer dans les chemins de l'erreur, ramenez-la à vous...
Je vous prie également pour que toutes les âmes, qui maintenant marchent dans les voies du salut, continuent à y progresser...
Mais surtout, je vous demande, ô Jésus, le salut de toutes les âmes. Pour les sauver, vous n'avez pas hésité à donner votre âme, votre vie : que ce don ne soit inutile pour aucune d'entre elles...
Et faites qu'à votre exemple, m'inspirant des sentiments qui animent votre âme, je puisse travailler à vous amener les âmes... Je vous promets, à cet effet, d'accomplir telle oeuvre de zèle que je détermine en ce moment à vos pieds, et qui sera le fruit de ma présente méditation.
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V
Pratique
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Dans nos rapports avec Jésus : prières, communions, adorations, etc., nous habituer à parler avec lui comme avec une personne vivante. |
VI
Aspiration
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Ame de Jésus, sanctifiez-moi. |
La divinité de Jésus-Christ
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I
Adoration
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Lorsque vous conversiez parmi nous, ô Jésus, vos contemporains voyaient en vous un homme comme un autre. Seul l'apôtre Pierre, et avec lui quelques privilégiés, furent assez heureux pour reconnaître en vous le Fils de Dieu, Dieu lui- même : avec le Prince des Apôtres, et avec Marthe, la soeur de Lazare, je confesse et proclame, ô Jésus, que vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant, le Roi du ciel et de la terre.
La sainte Eucharistie étant, ainsi que l'Eglise l'a solennellement défini, le Christ tout entier, le vrai Jésus qui a vécu sur la terre il y a près de deux mille ans, nous donne non seulement son corps, son sang, son coeur, son âme, mais encore sa Divinité. L'Eucharistie, c'est le Christ-Homme, et c'est le Christ-Dieu.
Vous êtes présent partout, ô Jésus, Fils de Dieu, Seigneur tout-puissant : c'est vous qui, avec le Père et l'Esprit-Saint, soutenez dans l'existence, par la force de votre volonté, les êtres que vous avez créés, et chacun d'eux reflétant, à sa manière, quelqu'une de vos perfections, atteste par là même votre présence en lui. Mais dans la sainte Hostie vous êtes présent d'une manière toute spéciale, ô Jésus, Verbe incarné, vous y êtes personnellement, par votre être même.
La foi me l'enseigne, je le crois : la petite Hostie du Tabernacle, c'est Dieu; car cette petite Hostie c'est vous-même, ô Jésus, vrai Fils de Dieu. Je ne cesserai de vous redire le chant de ma foi et de mon amour : « Nous avons cru et nous savons que vous êtes le Christ, Fils de Dieu » (Joan., vi, 70).
Et si la petite Hostie du tabernacle est Dieu, nous devons l'adorer, lui rendre des hommages semblables à ceux que lui offrent au ciel les anges et les esprits bienheureux. Soyons heureux de pouvoir nous prosterner en sa présence et lui offrir nos adorations...
L'Eucharistie est Dieu... Dieu c'est Être infini qui possède au plus haut degré toutes les perfections. Or, il est là, devant nous, en notre possession...
Il est là dans toute la vérité de sa nature et de ses attributs. Ce n'est point une image de Dieu que nous possédons ici, un souvenir, un vestige (pour employer le terme consacré) comme on en trouve dans la création ; ce n'est point même une présence morale, comme celle qu'il avait accordée à l'ancien temple de Jérusalem. C'est une présence réelle.
Dieu est là : le Père, le Fils et le Saint- Esprit. Dieu le Père prononce cette parole éternelle, expression exacte de son être et qui constitue Dieu le Fils. Le Père et le Fils s'aiment, se complaisent l'un dans l'autre, et leur mutuel amour constitue une troisième personne en tout semblable aux deux autres. Sous ces apparences inertes, quelle vie !...Dieu est là : celui qui a créé toutes choses et les soutient dans sa puissance. Dieu est là : le maître souverain qui gouverne le monde, et de qui dépendent tous les événements.
Dieu est là : le juge suprême et infaillible qui nous suit du regard perpétuellement, et un jour nous récompensera ou nous punira.
Laissons notre admiration continuer cette énumération des titres et des attributs de la divinité et saluons chacun d'eux dans la sainte Hostie...
La divinité, présente dans l'Eucharistie, n'est pas seulement là pour veiller sur nous, nous protéger, ce qui serait déjà un bienfait inappréciable, elle y est encore pour se donner à nous. L'Eucharistie nous fait en réalité don de Dieu.
O Jésus, je crois à la vérité de ce don. J'y crois de toute l'ardeur de ma foi, et je veux traduire en actes cette foi : le motif qui vous a porté à vous livrer ainsi à nous, sans épargner (selon notre langage humain) votre Divinité elle-même, est votre désir de nous faire du bien. Vous saviez que l'homme, « ange déchu qui se souvient des cieux », ne peut trouver son bonheur complet et définitif qu'en Dieu : vous lui donnez Dieu.
Mais cela nous oblige à nous donner à Dieu : puisque lui se donne tout à nous, il faut que nous lui donnions, nous aussi, tout ce que nous sommes : nous lui avons déjà offert notre corps, notre sang, notre coeur, notre âme...; aujourd'hui complétons ce don en lui livrant notre être... 0 Jésus, je me donne tout entier à vous, à votre service, à votre gloire, à votre bon plaisir...
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II
Action de grâce
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Le plus grand bienfait que Dieu puisse faire à l'homme, c'est de se mettre én communication avec lui. Le prophète, en effet, considérait comme un grand privilège celui que le Seigneur Dieu avait accordé à son peuple de se rendre proche de lui en résidant sur le propitiatoire de l'arche (Dent., iv, 7). Ce privilège mettait la nation juive dans un état de supériorité sur tous les autres peuples : c'est de toute évidence.
Mais qu'était cette présence de la Divinité dans le temple de Jérusalem, comparée à la présence personnelle, au don réel que vous faites, ô Jésus, de votre Divinité même, aux enfants de l'Église catholique ?
Si vous vous donnez ainsi à nous, ônotre Dieu et notre Roi, ce n'est certes point que vous ayez besoin de nous pour être heureux. De toute éternité vous vous suffisiez à vous-même, avant que le monde commençât d'exister, et vous continuez à vous suffire en dehors de toute créature.
O mon âme, sache te montrer reconnaissante pour un tel don : pour l'amour qui en a conçu la pensée, pour la bonté qui l'a réalisé...
Combien nous est avantageuse, ô mon Dieu, votre présence parmi nous; combien il nous est bienfaisant, ce don que vous nous faites de votre Divinité en l'Eucharistie, ô Jésus notre Roi !
Vous nous y livrez tout ce que nous pouvons désirer de plus parfait. Si mou âme a soif de vérité, vous êtes, ô Jésus-Hostie, la parole éternelle du Père, communiquée aux hommes pour être la lumière du monde...
Suis-je fatigué de la méchanceté des hommes et des embûches que me dresse le démon, vous êtes, ô Christ eucharistique, le bien infini dont la possession fera mon bonheur pendant toute l'éternité.
Vous y mettez à notre disposition tous vos attributs : votre puissance et votre miséricorde, votre sagesse et votre bonté... Tout cela est à moi quand je communie... Pourrait-on imaginer un don plus excellent ?
Elle est à moi, aussi, votre vie elle-même, ô Trinité sainte, cette vie pleine, infinie, qui est la propre vie de Dieu.
Car ce don royal a ceci de particulier, que par lui nous devenons les amis, les commensaux, les frères de Jésus-Christ, le Dieu incarné. L'Eucharistie est l'aliment de nos âmes : Jésus-Christ nous l'a donnée pour que nous nous en nourrissions ; mais l'Hostie sainte étant Dieu, c'est Dieu que nous mangeons, et dès lors c'est en Dieu lui-même que nous nous transformons.
Remercions Jésus-Christ du don si grand, si merveilleux de l'Eucharistie ! Ah ! si nous comprenions tout ce qu'il renferme, quelle serait notre reconnaissance
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III
Réparation
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Le patriarche Jacob, s'éveillant du sommeil pendant lequel il avait vu les Anges monter et descendre sur une échelle mystérieuse, s'écriait : « Vere Dominas est in loto isto, et ego nesciebam : En vérité le Seigneur est dans ce lieu, et je ne le savais pas » (Gen., xxviu, i6).
Nous le savons, ô Seigneur Dieu, que vous êtes dans la sainte Hostie; c'est là une des premières vérités qu'on nous a apprises. Mais ne dirait-on pas, trop souvent, que nous l'ignorons ?
Dieu est véritablement et substantiellement présent dans le tabernacle de nos églises; et combien de chrétiens se conduisent, hélas! comme s'ils n'y croyaient pas !
De l'oubli en effet de cette vérité vient notre manque de recueillement et de piété dans le lieu saint, le peu de dévotion dans les prières que nous y faisons... Demandons pardon à Dieu, directement offensé par ces négligences, de notre manque de foi pratique...
De l'oubli de cette vérité vient encore que tant de chrétiens ne rendent pas à la sainte Eucharistie le culte de suprême adoration qui lui est dû : omission plus spécialement de la génuflexion en entrant dans l'église et en en sortant, ou en passant devant le tabernacle.
De l'oubli de cette même vérité vient aussi le peu de soin apporté au culte eucharistique, principalement dans les objets qui servent à ce culte : pauvreté, négligence, avarice, malpropreté...
La statue du souverain, le portrait d'un homme qui a bien mérité de la nation, la photographie d'un père, d'une mère, sont entourés par nous de respect : les insulter, leur manquer de respect, ce serait faire injure à la personne qui se trouve représentée. Et vous, ô Jésus mon Dieu, vous, ô Jésus mon Roi, nous ne craignons pas de vous déshonorer personnellement dans votre Eucharistie. Hélas ! nous n'y pensons pas ; mais, en vérité, est-ce là une excuse valable, et n'est-ce pas plutôt une aggravation de notre faute ?
En réparation pour tous mes manques de respect à votre présence eucharistique, ô Jésus mon Dieu, je vous offre en ce moment mes adorations que j'unis à celles de toute la cour céleste.
Un second motif de réparation doit être de voir que les hommes répondent si mal à l'amour que Dieu lui-même leur témoigne en se donnant à eux. Lorsqu'un supérieur fait preuve de bonté à l'égard d'un de ses inférieurs et veut bien descendre jusqu'à lui, le devoir de cet inférieur est, de correspondre aux avances qui lui sont faites. Dans le monde, on est très strict sur ce point.
Il n'y aura donc, ô mon Dieu, qu'avec vous qu'on pourra tout se permettre? Vous voulez vous donner à nous : c'est pour cela que vous avez institué ce don de l'Eucharistie, si justement appelé le Don de Dieu par excellence, donum Dei, et l'on n'en veut pas, ou l'on en abuse.
Notre devoir, en face de ce don où Dieu lui-même se livre à nous, se met entre nos mains et devient notre chose, notre nourriture, notre devoir, c'est de correspondre à ce don; c'est de me donner à vous, ô Jésus; l'ai-je fait jusqu'à ce jour ? Non, sans doute, car qui dit don, dit dépouillement, perte de soi-même, en faveur du donataire.
Or suis-je vraiment dépossédé de moi- même en faveur de Dieu ? Quelles preuves de ce don Jésus a-t-il pu constater jusqu'à ce jour dans ma vie ?
Sera-t-il donc vrai, ô divin Roi, que je serai toujours égoïste, recevant tout et ne donnant rien ou presque rien ?...
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IV
Prière
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Demandons à Notre-Seigneur lui-même de sanctionner nos résohrtions et d'exaucer nos prières.
En premier lieu, celle de savoir et de professer pratiquement que le Saint Sacrement c'est en toute vérité Dieu lui- même; le bon Dieu sans doute, mais qui ne cesse pas pour cela d'être le suprême Seigneur. Donc nous saurons le traiter avec respect, piété, dévotion...
Puis celle de nous rappeler dans nos difficultés et nos épreuves que Dieu est là au Saint Sacrement, qu'il nous y voit, nous y écoute, qu'il dépend de lui de nous bénir, de nous exaucer, de nous sauver...
Prions aussi pour que la connaissance et l'amour de Dieu au Très Saint Sacremeut se répande toujours davantage dans le monde. Si Dieu a institué le don de lui-même, c'est pour que ce don parvienne à toutes les âmes. Or, combien l'ignorent encore! Nous pouvons, par nos prières et notré zèle, travailler à répandre, à donner Dieu à nos frères...
Demandons pour nous et pour toutes les âmes la grâce de garder fidèlement le don de Dieu ici-bas, afin d'avoir part un jour au don total et sans voile qu'il nous fera de lui-même dans la patrie bienheureuse.
O Jésus, qui vous donnez à moi, caché sous les espèces eucharistiques, faites que je jouisse de votre vue, de votre don au ciel pour toute l'éternité.
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V
Pratique
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Dans nos rapports avec le Saint Sacremeut, ne jamais oublier que Dieu est là, dans la sainte Hostie, et qu'il y mérite nos adorations. |
VI
Aspiration
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Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant : Tu es Christus, Filius Dei vivi (Matth., xvl, 16).
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