Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de 
Mgr Pierre André Fournier  et ami de
ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

Signez mon livre d'or Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens. 


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU
MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?

 


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Titre de la série :
Le Christ dans l'âme franciscaine
Titre de la page:

2- Qui est Jésus?

Nom de l'auteur:
PP. Valentin-Paul-Émile-Breton-o.f.m.


2- Qui est Jésus?

Ce Jésus qui s'affirme et qui s'impose ainsi que nous l'avons médité dans notre entretien dernier; cet, être intransigeant qui prétend à devenir le tout de notre vie et notre vie même, nous est-il permis de lui poser cette question : Qui êtes-vous? 1 De quelle autorité 2 réclamez-vous l'adoration et l'amour?

Mais lui-même devance notre démarche :

« Qui dites-vous que je suis? » demande-t-il.

Déjà nous avons fait allusion à cette parole, rapportée par saint Mathieu en son chapitre xvi. Nous pouvons revenir au fait qui l'encadre, sans crainte d'épuiser la profondeur de son enseignement.

Donc sur les confins de Césarée de Philippe, quelque temps après la seconde multiplication des pains, six jours environ avant la Transfiguration, Jésus chemine avec ses disciples. Il s'arrête et leur demande : « Que dit-on qu'est le Fils de l'Homme?

— Les uns disent que vous êtes Jean-Baptiste 3 d'autres Elie, d'autres Jérémie ou quelqu'un des prophètes...

— Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que Je suis? — Vous, s'écrie Pierre, impétueux. Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant! »

La réponse de Jésus béatifie Pierre, le consacre comme chef visible de la future Église, lui confie le pouvoir des clefs; et ensuite elle interdit aux apôtres de révéler ce que le Père leur a appris, savoir que Jésus est le Christ... car il devait mourir et ressusciter afin de nous prouver par sa mort la sincérité de son amour, et par sa résurrection l'authenticité de sa mission 4 .

Or la même question nous est à tous posée. Souvent, au cours de notre existence, nous avons à lui donner la réponse de notre conviction.

Parfois, la circonstance est ouverte, solennelle c'est le baptême,, la première communion, quelque grand acte extérieur de la vie chrétienne, de la vie humaine, de notre vie tout court : car nous n'avons qu'une vie dont Jésus est le Tout. Ego sum vila 5 .

Le plus souvent cependant la circonstance est cachée, secrète... Jésus chemine 6 avec nous sur une voie de notre choix, pèlerin inconnu qui se retourne, et sans toujours découvrir d'abord qui il est, nous demande par la voix de notre conscience, de notre devoir :

« Que dis-tu de moi?... Et pour toi, qui suis-je? » L'impérieuse lueur de son regard perce notre âme et nous fait le reconnaître!...

Puissions-nous ne jamais détourner nos yeux de la loyauté des siens; ne jamais balbutier la réponse incer­ taine dont essaie de se leurrer la mauvaise foi de hommes : « Un prophète?... Un sur-homme?... Je ne sais : Non novi hominem » 7 .

Avec Pierre — par la protection de Marie! — puissions-nous au contraire toujours répondre ouver­ tement, franchement, fermement : « Tu es Chrislus, Filius Dei vivi I Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant! »

Et conformer notre conduite à notre conviction...

« A qui irions-nous, .Seigneur! Vous seul avez les paroles de la vie éternelle! 8 ... Je crois : aidez à la fai­ blesse de ma foi!... » 9 .

Pour affermir en nous cette résolution de sincérité et de loyauté, examinons selon notre capacité : Qui est Jésus? Comment justifie-t-il sa prétention de tenir dans notre vie la place du Principe et de la Fin , et de la Voie qui mène de l'un à l'autre?

Ne nous embarrassons pas des opinions des hommes 10 , si nombreux qu'ils soient, qui prennent pour compétence leur besoin de nier, leur incom­ préhension pour argument, leur ignorance plus ou moins affectée ou excusable pour signe de leur supériorité d'esprit. Ce n'est point ici le lieu de les éclairer, autrement que par la simple exposition du vrai qui reste la meilleure réfutation de l'erreur.

Écoutons l'Église, héritière de la foi de Pierre, qui nous enseigne que Jésus est homme, et qu'il est Dieu : Dieu et homme tout ensemble, sans confusion et sans division.

Homme, il a vécu sur notre terre.

Dieu, il a affirmé, il a prouvé sa divinité; il en a réclamé et exercé les droits;

Homme et Dieu, il a vécu, il vit d'une triple vie : Vie divine, vie humaine, vie mystique.

Comment? Ce n'est point notre sujet présent. A chaque jour sa peine : établissons d'abord solidement le fait.

I. Jésus est homme. — Il est ce qu'on appelle un personnage historique, c'est-à-dire qu'il a véritablement existé, qu'il a paru dans un temps, dans un lieu déterminés; qu'il y a vécu, accomplissant des actions visibles et enchaînées à l'activité des autres hommes

Un être réel, non un fantôme 11 , un mythe, un personnage fabuleux ; un homme semblable aux hommes 12 dont parle l'Histoire comme à ceux dont elle ne parle pas; un homme comme César, Clovis, Charlemagne, Louis XIV, Napoléon; comme le père dont nous tenons la vie, nos deux grands-pères et leurs parents.

Le pays oû il est né, où il a grandi et vécu, où il est mort, est un pays connu, précis, géographiquement délimité en longitude (32-340 E) et en latitude (31­ 33 0 N); borné aux quatre points cardinaux, encerclé par la Méditerranée et le désert de Syrie.

Le temps où il a paru est également bien déterminé, car c'est sa naissance qui date notre ère; nous comptons les ans d'après Lui 13 . Il est né pendant le règne de l'Empereur Auguste, entre 749 et 752 U. C. 14 : Quirinus était alors gouverneur de Syrie 15 et Hérode-le­ Grand roi à Jérusalem. Quand, environ trente ans après, il a commencé à enseigner, à prêcher, à guérir, l'empereur s'appelait Tibère 16 (et les consuls ne nous sont pas inconnus!); le procurateur de Judée, Ponce-Pilate; les petits rois des environs, Hérode, Philippe, Lysanias; les grands prêtres, Anne et Caïphe, le pre­ mier titulaire, le second, gendre du premier 17 , effectif. Tous gens, sinon honorablement, du moins parfaite­ ment connus des historiens; ce qui n'est pas exact pour les contemporains des héros d'Homère, qu'on oppose parfois au nôtre.

Il est né, comme chacun de nous, d'une femme 18 . On la nommait Marie 19 ; on connaît aussi ses parents, sa race, son pays. On voit à Bethléem la grotte où il naquit, et à Rome dans Sainte-Marie-Majeure, la crèche 20 où sa mère le déposa.

Il est mort sur une croix, hors des murs 21 de Jérusalem, le 25 mars de l'an 33, selon le martyrologe romain, et selon les Juifs le 14 de nisan, veille du sabbat, l'an du monde 4036. Le rocher du Calvaire n'a pas changé de place, et le sépulcre où Jésus reposa est resté glorieux 22.

Il fut un homme de chair et d'os 23 , qui mangeait, qui buvait. On le lui reproche :il mange, il boit avec les pécheurs 24 . Il en convient : Jean-Baptiste est venu, ne mangeant ni ne buvant; vous avez dit : il est possédé. Je viens, mangeant et buvant comme tout le monde, et vous dites : en voilà un mangeur, un buveur de vin! Ecce homo vorax et poialor vini 25 .

Il travaillait. Saint Justin témoigne d'avoir vu un chariot, des meubles rustiques qu'il avait, dit-on fabriqués (ô reliques vénérables!) Il marchait, il se fatiguait, il s'asseyait pour se reposer — sedebat sic 26 ,.. — Il se couchait pour dormir, appuyait sa tête sur le coussin de la barque 27 . Il dormait, il parlait, il pleurait 28 , il souffrait... comme tout homme, comme chacun de nous. On a pu le voir, l'écouter, le toucher, ainsi que le dit saint Jean : Quod vidimus oculis nosIris, quod perspeximus, quod manas noslrae contreciaverunt 29 ..., non pas une fois, mais pendant deux ans, trois ans peut-être et davantage, chaque jour, vivant avec Lui, voyageant, mangeant.

La vie de cet homme est racontée par quatre histoires que nous appelons « Évangiles ». Deux ont été écrites par des témoins oculaires : Jean qui se révèle homme de pensée, et Mathieu qui avait été percepteur ou contrôleur de la régie 30 , métier où l'on apprend à être soupçonneux. Les deux autres ont pour auteur des secrétaires de témoins, Marc, interprète de Simon-Pierre; le médecin Luc, compagnon de Paul.

Tous quatre écrivaient sous le contrôle d'une génération qui avait vu et entendu et qui n'avait aucun intérêt à les laisser mentir.

Il existe une dizaine d'autres écrits qu'on a rejetés comme douteux, incertains, apocryphes, mais qui ont pourtant historiquement une valeur de témoignage : une contrefaçon témoigne, à sa manière, de l'existence et des qualités du produit falsifié; et l'on n'imprimerait point de faux billets de banque, si les vrais n'avaient pas cours. Outre ces histoires, et sans parler des écrits laissés par des membres de l'Église, Pierre, Paul, Jacques, Jude..., nous possédons des documents d'auteurs non chrétiens, par exemple Tacite, Suétone, Pline, et le Juif Flavius-Josèphe, qui écrivirent dans les trente ou quarante années subséquentes aux événements.

De tous ces historiens, chrétiens et autres, ni la compétence, ni la sincérité, ni la véracité ne peuvent être mises en doute, à moins de refuser toute valeur au témoignage humain : car les uns sont morts pour affirmer la réalité de Jésus et les autres sont des ennemis peu portés à s'en faire accroire. Le personnage d'ailleurs était plus difficile à inventer qu'à recevoir, dira Pascal. Et l'histoire du monde est actuellement incompréhensible sans Lui.

En fait, sur aucun personnage ancien nous n'avons de renseignements plus positifs, plus concordants, que sur Jésus. Socrate, Platon, Aristote, Alexandre-le­Grand, ou plus près de lui Jules César et plus près de nous Clovis, ne sont pas historiquement aussi affermis que Jésus. Et si l'on avait passé sur chaque mot des Commentaires de César, des Plaidoyers ou des Lettres de Cicéron, le vitriol de la critique corrosive dont on a lavé et relavé les textes évangéliques, il n'en aurait pas subsisté un fait, une date, une lettre...

II. Jésus EST DIEU. — Car ct homme, si véridiquement, si historiquement homme, il s'est déclaré Dieu.

Clairement, expressément, explicitement, il a réclamé les hommages qu'on ne doit qu'à Dieu : la Foi 3l et l'Amour 32 par dessus toutes choses. Il s'est dit : Fils de l'Homme, c'est-à-dire Fils de Dieu selon les Prophètes. Il a appelé Dieu : Mon Père 34 et Dieu a répondu : Mon Fils : Hic est Filius meus dileclus 35

Ce ne sont pas ses disciples qui l'ont inventé Dieu, ni la conscience chrétienne sur le tard, ni même l'apôtre Paul. Il a porté de Lui-même ce témoignage devant ses amis, qui ne l'ont cru que lentement, difficilement 36 , tardivement; et devant ses ennemis qui l'ont si bien compris qu'ils ont voulu le lapider 37 , et qui l'ont mis à mort pour cette raison seule 38 .

Il s'est laissé crucifier 39 plutôt que de se démentir, lui qu'on n'a pas pu convaincre de péché 40 — ni de fourberie, ni d'impiété. Il a fourni la preuve de son dire :

1-Par ses oeuvres :

« Si vous ne croyez point ma parole, croyez mes oeuvres ! » 41 . Ses miracles : sur la nature 42; sur la maladie 43; sur la mort 44; sur le péché: voilà ses oeuvres.

Il s'est montré Maître de la Loi 45 , Maître du sabbat 46; Maître de la Vie , Maître de la mort 47 . Tout cela qui n'appartient qu'à Dieu paraît à maints endroits, mais éclate dans la guérison du paralytique de Capharnaüm 48,

« Tes péchés te sont remis, lui dit-il ». Murmures des Scribes et des Pharisiens :

— Cet homme blasphème! Qui peut remettre les péchés, que Dieu seul?...

Jésus connaît leurs pensées : il leur demande :

— Qu'est-il plus facile de dire : Tes péchés te sont remis ou : lève-toi ét marche?... Afin donc que vous sachiez que le Fils de l'Homme a pouvoir même sur . les péchés (et conséquemment qu'Il est Dieu, selon votre aveu), lève-toi, dit-il en s'adressant au grabataire, lève-toi et marche ».

2-Par sa vie, plus probante à ceux qui comprennent que ses miracles;

3-Par sa résurrection d'entre les morts
49, par son ascension
50, par sa session à la droite de Dieu
51 ; par son envoi de l'Esprit-Saint 52...

Mais ici on m'arrête : « Ces faits n'appartiennent plus à l'Histoire! »

Comment donc! Ne sont-ils pas attestés par des documents indubitables, par des témoins irrécusables?... La venue du Saint-Esprit n'est-elle pas démontrée par un autre fait permanent, actuel, qu'on ne peut expliquer autrement : l'existence de l'Eglise, sa présence sur la terre, sa perpétuité au milieu du monde : car si l'Esprit n'est pas venu, si ce n'est pas lui qui anime l'Église, l'unissant, l'agissant, la vivifiant, la vitalité, la persistance de cette Église à travers les causes internes et externes de destruction demeurant sans raison suffisante, forme un miracle plus grand que tous ceux de l'Évangile.

III. Jésus EST DIEU; il a prouvé sa divinité par l'institution, par la conservation, par la mission de son Église 53 au sein de l'humanité; il l'a prouvée et il la prouve, par notre Foi, par notre Amour, par les fruits de dévoûment et de sainteté que produisent ceux qui vraiment, efficacement, croient en Lui et sont fidèles à son Amour 54 .

Développons en quelques lignes ces deux preuves.

1-L 'Église, selon son aspect extérieur, est l'assemblée de ceux qu'unit au Christ le triple lien de la foi, de la grâce,
de l'obéissance, par la profession de la doctrine, la participation aux sacrements, la soumission à la hiérarchie des pasteurs.

L'existence, la permanence de cette Église sur la terre, vingt siècles après la mort de son Fondateur, exige la divinité de Jésus. En effet :

Etablie, après le retentissant et définitif échec de leur Maître, par douze hommes du peuple, ignorants et peureux 55 ; propagée en secret parmi les misérables, les méprisés du monde 56 ; poursuivie sans merci pendant plus de deux cents ans par toutes les autorités terrestres 57 ; persécutée par le glaive et par l'esprit; noyée dans son sang; puis ayant ainsi conquis le droit de vivre, déchirée par les hérésies et par les schismes 58 ; à la fois attaquée par la haine de ses ennemis 59, mal défendue par la pusillanimité et la lâcheté de ses amis. compromise souvent par l'inhabileté de ses dirigeants 60; elle heurte de front toutes lespassions humaines et ne tolère même pas les péchés des siens; elle s'aliène toutes les puissances mondiales : orgueil de l'esprit, orgueil de la chair, orgueil de l'argent : luxure, ambition, colère, vengeance; elle n'a rien pour se concilier la sympathie ou l'appui des âmes vulgaires..., ni plus ni moins au cours des âges que de nos jours...

Elle subsiste cependant, alors que tout la condamne à disparaître; elle survit, elle couvre la terre de ses oeuvres et de son esprit. Elle a survécu à la Synagogue, à l'Empire Romain; aux Barbares qu'elle a civilisés; à Mahomet; à Luther; à Voltaire, à Renan; à Bismarck, à Gambetta.

Elle a enterré Waldeck-Rousseau et Jaurès, et le « Petit Père » Combes — qui a vécu juste assez pour la voir détruire ce qu'il avait fait; — elle a enterré le Décrocheur des dernières étoiles.

Elle enterrera ainsi tous ceux qui sonneront son glas, à moins qu'elle ne les convertisse, car elle a parfois la victoire ironique : comme Jésus qui retour­ nait les policiers envoyés à son arrestation! 61

Cette obstination à survivre ne s'explique pas sans le concours d'un élément supérieur à toute force humaine, et donc divin; et ce raccourci d'histoire, qui exige logiquement la divinité de l'Église, suppose celle de Jésus qui l'a fondée 62 .

Car l'Église, c'est Jésus : Jésus continuant sur terre, par elle, sa vie sa mission, ses oeuvres.

L"Église est le Corps mystiques du Christ 63, animée par l'Esprit du Christ 64, reproduisant ses états et ses mystères.

Grand secret, magnum sacramenium 65 , caché aux impies, à peine soupçonné des chrétiens de nom; mais révélé aux vrais fidèles et qui les console; seul il explique la vitalité de l'Église, son triomphe humili son zèle, son apostolat, ses fruits de sainteté.

2- C'est la seconde partie de la preuve annoncée, découvrant un secret plus grand encore : chaque chrétien est un autre Christ.

Outre sa vie historique, divine et humaine, théan drique; outre sa vie personnelle, Jésus vit d'une vi collective et mystique : l'Église, c'est Lui; chaq fidèle, c'est Lui. Qui l'aurait soupçonné? Jésus dit : le moindre des miens, c'est Moi 66 . Et Paul l'explique : chaque fidèle achève en soi le Christ 67 , et du grandir dans le Christ 68 , jusqu'à l'âe parfait 69 ; c'est à cette croissance 70 que travaille l'Église, Marie unie à l'Esprit-Saint.

Quand l'apôtre s'écrie : Vivo ! Jam non ego : riva vero in me Christus I Je vis, non pas mo eul; mais le Christ vit en moi!...: Ceux qui l'entendent sourient : « Chimère! Hyperbole! Expérience personnelle et incommunicable! Illusion surgie du subconscient!... »

Car peu sont capables de porter cette vérité 71 . Mais le Juste qui vit de sa Foi 72 sait jusqu'à quel point cette exclamation dit vrai; et lui aussi répète : Mihi vivere Christus est: Vivre, pour moi, c'est le Christi. Or cette vie « complémentaire » de Jésus, manifestée par les fruits 73 que portent les rameaux de la vigne mystique, la sainteté 74 personnelle, le service social 75 , la conquête des âmes 76 , elle est aussi un fait inexplicable sinon par sa divinité. Et ce fait commande toute l'histoire de l'humanité civilisée : la conversion de Paul et la stigmatisation de François, l'éclosion des cathédrales et des haines révolutionnaires, si Jésus ne vit pas dans les âmes 77 , qui les justifiera?... Comment y vivrait-il, s'il n'est leur Dieu?...

Au cours de notre vie, parfois ouvertement, plus souvent en secret, une voix nous posera cette question impérieuse : Qui dis-tu que je suis?...

Ah: que de notre cœur sincère et loyal, éclairé et fortifié par cette méditation, comme du cœur de Simon-Pierre, jaillisse sans hésitation cet acte de notre foi, de notre amour, de notre adoration éperdue : Vous êtes le Christ, le Fils de Dieu vivant. Dominus meus el Deus meus 78 !
Références

L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.
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