Selon que nous l'avons médité dans notre dernier entretien, en Notre-Seigneur Jésus-Christ la Personne et la Fonction sont tellement adaptées, égalées l'une à l'autre qu'elles sont inséparables : elles se définissent par le même terme : le Verbe de Dieu fait homme demeure Verbe de Dieu 1 . Nous disions qu'il ne s'est fait homme que pour être, hors de Dieu 2 comme il l'est en Dieu, Verbe de Dieu.
La Personne possédant deux natures, la divine qui lui est propre, l'humaine qu'elle s'est appropriée, la Fonction qu'elle exerce, unique en soi, devra se conformer à cette dualité des natures. Au sein de Dieu 3 , le Fils est Verbe, absolument, infiniment. Hors de Dieu, il reste Verbe, mais avec les limitations d'être et d'agir que comporte l'état de créature; la fonction toutefois demeurant identique, son exercice est transposé de l'infini au fini, proportionné à la capacité créée de son objet...
Ces notions sont plus faciles à concevoir qu'à exprimer : ce n'est qu'en tremblant que nous tentons de les réduire en paroles humaines, de les traduire en langage quotidien; rien ne nous assure contre la témérité, de notre entreprise que le secours invoqué de l'Esprit de Jésus et l'assistance de sa divine Mère; que la docilité professée à l'égard de nos maîtres et la soumi s, sion envers l'Église, maîtresse infaillible de notre Foi. que le désir d'être utile à nos lecteurs en mettant leur portée l'enseignement des docteurs qui est leu r bien de famille, et non le douaire réservé d'une caste.
De même que Jésus, Fils de Dieu, qui est dit dans le sein du Père uni genilus 4 , uniquement engendré, devient sans en être changé : primo genilus omni s creaturae 5 , le premier-né de toute créature; de même, sans être changé davantage, lui qui est : splendor gl o riae (e jus), la splendeur de la gloire du Père et l'empreinte de sa substance 6 , il devient l'image du Dieu invisible 7. Il apparaît comme le reflet 8 , projeté en dehors de Dieu, de son propre être qui est le rayonnement de la gloire paternelle; il se prolonge lui-même en écho fini, louange infinie proférée par le Père; il est une parfaite reproduction en créé de ce qu'il est, incréé : mais comme le Verbe incarné n'est pas une autre Personne que le Verbe incréé, non plus il n'a pas une autre fonction.
Cette fonction, qu'il exerce en tant que Verbe incarné, l'Écriture la résume dans un mot dont nous allons méditer la justesse et la profondeur :
Le Christ est le chef de Coule créature.
Relisons d'abord les textes inspirés :
Ephésiens, 1, 20 sq. (Dieu le Père) a ressuscité (le Christ) des morts et l'a fait asseoir à sa droite dans les cieux, de toute principauté, de toute autorité,de toute puissance, de toute dignité et de tout nom qu i peut se nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. Il a tout mis sous ses pieds, et il l'a donné pour chef suprême à l'Église qui est son corps, la plénitude de Celui qui remp lit tous.
Colossiens 1, 16sq... Tout a été créé par Lui et pour Lui. Il est, Lui, avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. Il est la tête du corps de l'Église, Lui qui est le principe, le premier-né d'entre les morts, afin qu'en toutes choses Il tienne, Lui, la première place.
Et plus loin, 2, 10 : Lui qui est le chef de toute principauté et de toute puissance.
Cette expression familière à saint Paul se lit encore dans l'Épître aux Éphésiens, 4, 15; 5, 23; . ce dernier passage répète 1 Cor., 11, 3. Enfin qu'il nous souvienne que le même apôtre résume toute l'ceuvre de Dieu dans cette parole célèbre : Instaurare omnia in Christo 9, que nous avons traduite selon la force de l ' original grec par : récapituler toutes choses dans le Christ, ou encore : parachever en Jésus-Christ toutes choses, les visibles et les invisibles. Parachever, c'est-a-dire, achever parfaitement, ramener à l'unité sous un seul chef 10 .
Qu'en faveur de mes lecteurs moins instruits envers qui je suis débiteur comme envers eux- mêmes les autres me passent l'explication d e ce mot : chef.
On a vu qu'il a été rendu au verset 18e de Colos 1, par son équivalent : tête. Chef en effet vient du latin capul qui signifie tête. Nous le retrouvons avec ce sens dans les expressions françaises : un chef-d'œuvre, ouvrage qui par son importance vient en tête d es productions d'un artiste ou d'un artisan; un chef vénérable une tête blanche; un couvre-chef un bonnet, un chapeau, un couvre-tête. Il est encore visible dans certains mots, comme capitale la ville qui tient la tête d'une nation; capitaine homme à la tête d'une troupe, chef, etc.
Jésus est donc chef ou tête. Mais un chef n'est chef que par rapport à ceux qu'il domine ou conduit 11. La tête n'est pas sans un corps. Aussi l'apôtre saint Paul nous dit-il que le Christ est la tête du corps de l'Église; que Dieu a donné le Christ pour chef à toute l'Église qui est son corps, la plénitude (ou le complément) de Celui qui remplit tout en tous.
« Oh! dira quelqu'un, ce n'est pas éclaircir un mot que de lui donner pour explication un autre mot plus obscur encore! Souvent on entend dire : l'Église est le corps mystique du Christ. Mais ce n'est rien de bien compréhensible, et que Notre-Seigneur soit le chef ou la tête de ce corps ne m'apprend rien non plus qui me satisfasse! »
Essayons donc d'expliquer d'abord dans quel sens l'Église est dite corps du Christ et pourquoi on l'appelle mystique. Progressons du mieux au moins connu.
Aucun• de mes lecteurs n'ignore que l'Église est la société des hommes qui professent la même foi, gardent les mêmes commandements, participent aux mêmes sacrements sous l'autorité des mêmes pasteurs soumis au Pape, vicaire du Christ... Cette société visible est dite un corps, puisqu'elle se compose de membres sous la direction d'un chef.
Toute société réunissant des hommes peut être ainsi appelée un corps 12 ; et l'on précise : c'est un corps moral. La volonté de tous de demeurer unis pour atteindre une même fin, qui est le but de la société, voilà en effet ce qui groupe les membres des diverses sociétés humaines : commerciales, industrielles, artistiques, savantes : la volonté étant un fait d'ordre moral, le corps lié par elle est nommé corps moral. On l'oppose ainsi au corps naturel dont les parties restent unies sans l'effort d'une volonté; ainsi le corps humain, ou le corps d'un animal, et par analogie un arbre, parmi les vivants; et parmi les êtres sans vie, un corps de logis, un corps de bâtiment, maison ou navire; ou un corps brut, une pierre, dont, les molécules restent agrégées par l'attraction ou leur pesanteur 13
Si donne le nom de mystique au corps de l'Eglise, c'est pour avertir l'esprit réfléchi que l'Église n'est pas simplement un corps moral, maintetenu dans l'unité par la volonté de ses membres. Certes cette volonté est un des éléments de l'unité de l'Eglise; chaque membre doit vouloir rester chrétien et même sacrifier tout le reste à ce vouloir. Mais il n'est pas le seul, ni même le principal. Un élément secret, caché, mystérieux (d'où le qualificatif mystique) intervient à la façon du principe vital dans les corps organisés, de l'attraction moléculaire dans les corps inorganiques; et c'est l'Esprit de Jésus, L'Esprit Siant, âme de l'Église, qui donne à celle-ci l'unité, la vitalité, la fécondité. Cette âme unique respectant , toutefois l'individualité de chaque membre, son action ne suffit pas à transformer le corps moral en corps naturel; elle le laisse un corps mystique e t la singularité du nom indique aussi la singularité de nature de la société qu'il désigne.
Nous comprendrons encore mieux la nature de ce corps en relevant, dans les passages cités de saint Paul, et leurs contextes, quels en sont les membres 14 les anges, les saints, les justes, les fidèles et enfin; tous les hommes. La façon cependant diffère.
Les anges et les saints appartiennent au corp s mystique du Christ, de fait et actuellement, puisqu'ils sont incorporés au Christ parfaitement et définitivement, dans la gloire sans .fin. Et parmi eux, mais au-dessus d'eux, Marie, Reine des anges et des saints, à cause de sa singulière union à Notre Seigneur Jésus- Christ et de son rôle dans l'oeuvre divine, a été comparée par saint Bernard, et à sa suite par nos docteurs, nommément saint Bonaventure et saint Bernardin, au cou; car de même que le cou unit à la tête le corps, et sert à celle-là de médiateur à l'égard de celui-ci, ainsi Marie à l'égard du corps mystique et des membres qu'il renferme est-elle médiatrice de Jésus.
Les justes, c'est-à-dire tous les hommes qui vivant sur la terre, participent (visiblement ou non) à la foi de l'Eglise et à la grâce du Saint-Esprit, sont incorporés au Christ, actuellement, mais non définitivement. Les fidèles qui restent unis à l'Église par la foi, qu i, privés de la grâce sanctifiante par le péché mortel, ne vivent pas de l'Esprit de Jésus, sont à i 'égard du corps mystique comme des membres paralysés cancéreux.et morts; ils en sont actuellement mais non définitivement retranchés. Tandis que les damnés, anges et hommes, se sont définitivement arrachés au corps mystique. Jésus n'est plus leur chef.
Jésus reste le chef de droit, de puissance, de désir, de tous les autres hommes; il agit sur eux par les sollicitations de la grâce actuelle, il les attire à vivre d e s on Esprit par la foi et par la charité; mais eux-mêmes ne participent pas à sa vie par la grâce habituelle ou sanctifiante. Ils ne lui sont pas incorporés.
II
Ayant ainsi déterminé de quel corps Jésus est la tête, il va nous être plus facile maintenant de comprendre sa fonction de chef, et comment il l'exerce à l'égard de son Église. Il nous suffira de suivre l'analogie relevée par l'Écriture. Nous dirons : ce qu'est notre tête à l'égard de notre corps, voilà ce qu'est Jésus-Chef par rapport à l'Église Corps mystique. Mais nous n'oublierons pas que la plénitude de la réalité se trouve, non du côté de l'objet de la comparaison, je veux dire, notre tête et notre corps; mais du côté de l'objet comparé; car ce n'est point la nature qui est le modèle de la grâce; la grâce est au contraire le type sur lequel a été modelée la nature : Tout a été créé par Jésus et pour Jésus : toutes choses subsistent en Lui. Par la foi, est-il écrit ailleurs 15 , nous avons appris que les siècles ont été adaptés à la Parole de Dieu et les choses visibles aux invisibles.
Ne nous étonnons donc pas que le sens mystique soit plus riche de réalités que le sens naturel. Les saints docteurs ont donc trouvé que la têt exerce sur le corps une double action, selon que l'on considère sa position extérieure et son influence intérieure. Selon sa position extérieure elle le domine; elle le conduit; elle en est responsable; selon son influence intérieure, elle le vivifie. Ainsi le Christ son Église
Il domine sur elle par sa prééminence d'Homme. Dieu, d'Époux, de Maître;
Il la dirige, il l'instruit, fixant la fin, le but auquel elle doit tendre, qui est la gloire de Dieu par le salut des âmes; déterminant la voie et les moyens;
Il répond pour elle devant Dieu et devant les hommes, s'étant fait sa caution et sa rançon.
Cette triple action est exercée en quelque sorte du dehors, elle apparaît donc comme secondaire par comparaison à la dernière, qui s'exerce par le dedans; ainsi que le cep communique sa vie aux rameaux, par l'influence secrète, cachée, intime de la sève, ainsi Jésus communique, par la grâce du Saint-Esprit, la vie divine à ceux qui lui sont incorporés.
Nous sommes ainsi amenés à énumérer les titres que mérite notre divin Chef, selon les différents aspects de son action sur son Église :
1- Il est Roi, maître et seigneur. La royauté lui appartient par naissance, par héritage, par conquête, par élection; il règne sur l'Église, sur les âmes, sur le monde.
2- Il est Docteur, précepteur, prophète; il enseigne, il promulgue la loi; il soutient et il console.
3- Il est Pontife et médiateur entre Dieu et les hommes, responsable des hommes à Dieu et répondant de Dieu devant les hommes...
Et nous voyons avec joie et gratitude que ces titre , dont notre méditation nous découvre la vérité sol mêmes que la Révélation 16 nous demandait ceux -là ,le décerner à Jésus-Christ Notre-Seigneur, vrai Dieu et vrai homme.
Or nous savons que tout n'est pas encore dit et que l e plus beau et le plus grand, le meilleur reste à dire
4- Puisque Jésus communique la vie, donne la vie de l'esprit, engendre à la vie de Dieu, fait de ses frères selon la chair des enfants adoptifs de son Père, il mérite Lui-même le titre de Père, Père des Esprits. Telle est son action capitale, son oeuvre d'élection, son chef-d'œuvre : Ego veni ul habeanl el a bundanlius habeanl; Ego vilam aelernam do eis : Je suis venu pour que ( mes ouailles) aient la vie et qu'elles soient dans l'abondance : Je leur donne la vie éternelle. 17
Jusqu'ici tout nous est clair, ouvert, facile à concevoir. Mais Dieu ne serait pas Dieu s'il n'échappait absolument à l'étreinte de notre raison. L'enchaînement de son oeuvre et de ses desseins se dérobe à nos veux dans la splendeur trop grande du mystère. Jésus, Père des âmes, ne seprésente ànousquecomme Rédempteur : le Verbe incarné ne nous apparaît plus que comme Verbe anéanti!... -
Même à l'égard de Marie, même à l'égard des anges, à l'égard d'Adam et d'Eve innocents, il a dû passer par la mort pour accomplir son oeuvre de vie.
La Liturgie nous dit formellement que sa Mère, objet pourtant d'une même décret avec Lui, n'a été immunisée contre la dette originelle qu'en prévision de la mort de son FIls: ex morle ejusdem Fillii praevisa, eam ab omni labe pareseravaisl 18 Les Pères nous disent que les anges fidèles n'ont été gardés debout que par la même grâce qui nous a relevés du péché.
Ainsi par un procédé à coup sûr digne de peché,mais qui échappe aux investigations de notre intelligence; et qui, s'il nous a été revélé, n'a encore été compris de nous l'Incarnation du fils et la Rédemption des hommes se présentent à nous dans la même perspective. L'effort patient de la spéculation théologique et de la méditation des saints, arrivera-t-il à éclairer ce point? N'en désespérons pas. Le mystère restera mystère; mais dans la promulgation du dogme de l'Immaculée-Conception nous avons un exemple de ce lent travail de la pensée chrètienne qui sans rien ajouter au dépôt de la Révélation parvient à y découvrir clairement une vérité qui y était demeurée durant des siècles obscurément contenue.
Nous savons que dans l'épreuve qui devait les , confirmer dans la participation de la vie divine une partie des anges succomba; et que tenté par Lucifer déchu, Adam à son tour tomba entraînant sa postérité dans sa ruine.
Jésus, chef responsable de l'humanité, ne récusa pas la tâche qui s'offrait à Lui. Et même, ne pourrait-on pas oser dire, d'après une parole célèbre de la liturgie du Samedi-Saint 19 , que le péché du premier Adam n'a été permis qu'afin de fournir au second Adam une occasion de donner la mesure de sa bonté 20 et de son amour envers les hommes 21 ... Ce n'est qu'en tremblant qu'on émet cette hypothèse, où concourent tant de notions difficiles; en tremblant et en nous soumettant au jugement de l'Église!... Aussi bien n'entrerons-nous pas ici dans un plus ample développement .dont la place logique se retrouvera l'étude de l'ceuvre rédemptrice du Christ.
Constatons simplement que Jésus ne refusa pas d'être à c e prix le Père des âmes et de leur communiquer la vie de Dieu. A l'action joyeuse par laquelle il eût engendré à son Père la multitude de ses frères innocents, il substitua la douloureuse Passion, moyennant laquelle il régénère ses frères coupables 22 .
Il magnifie son titre de Père des âmes en acceptant le nom désormais cher à nos coeurs de Sauveur des Homes : Proposa° sibi gaudio suslinuil crucem, confusions contempla Jésus... l'ignominie, lieu de la joie qu'il avait a valdevant Lui, méprisant ignominie, a souffert la croix Dlais on voit que cette oeuvre rédemptrice, si elle occupe le premier plan dans notre perspective de n'est pour Jésus qu'une manière d'exercer sa fonction supérieure de Chef de toute creature et de Verbe incarné. Il est d'abord Chef et conséquemment Père; voilà son rôle essentiel, le seul qui convienne pleinement à sa divine Personnalité. Parce qu'Adam, chef figuratif 23 de l'Humanité a compromis l'avenir de sa race, Jésus consent à opérer clans la douleur ce qu'il devait accomplir dans la joie. 24 La Fonction subsiste dans son intégrité; son mode d'exercice change. Le Verbe incarné devient le Verbe anéanti 25 sans cesser d'être avant tout Verbe de Dieu. Le plan divin s'exécute dans sa totalité sur le même et unique.
Fondement que le Père avait posé avant la constitution du monde, et auquel il n'est pas permis de substituer un autre. Celui par qui et pour qui tout a été créé, en qui subsiste toute chose et sans qui rien de ce qui existe n'a été créé, ne fait point figure de survenant et d'intrus dans un monde qui sans lui existait déjà et subsistait. Tout au contraire il est ainsi Infesté comme Chef; toute son oeuvre découle logoquement et grandiosement de sa Capitation, qui est ce- même l'épanouissement, hors de la nature incréé et sa fonction de Verbe, deuxième Personne de l a Sainte Trinité.
Nous n'avons pu dans cet entretien qu'énumérer les titres de notre divin Chef. Dans le prochain nous méditerons ce que signifie qu'il est Prince, Prophète et Pontife. Puis nous le contemplerons comme Père et enfin comme Rédempteur. Ajoutons ici un mot rapide sur les devoirs que nous impose notre condition de membres de l'Église par rapport au Chef qui nous a été donne par Dieu.
De même que spontanément, instinctivement, naturellement, nos membres, notre main par exemple, accorde à la tête à l'intelligence, à la volonté, dont la tête est le siège et le visage l'expression le respect, la soumission, la docilité, le concours et au besoin le secours; de même, mais par délibération, par volonté et par grâce, nous devons accorder à Jésus notre Chef, notre amour et notre respect, notre soumission et notre docilité, notre entière obéissance et notre dévouement. Lui rester unis, puisque le membre séparé du chef n'est plus qu'un débris ignominieux; lui rester dociles, puisqu'un membre insoumis au chef est à celui-ci une honte et une infir mité; lui rester confiants, puisque le Chef prévoit et travaille et répond pour le membre..., programme simple et d'une efficacité incontestable : saint Paul appuie sur lui toute sa morale, toute sa méthode de sanctification.
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