Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de 
Mgr Pierre André Fournier  et ami de
ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

Signez mon livre d'or Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens. 


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU
MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?

 


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Titre de la série :
Le Christ dans l'âme franciscaine
Titre de la page:

5- La volonté sainte

Nom de l'auteur:
PP. Valentin-Paul-Émile-Breton-o.f.m.

La volonté sainte

Après avoir parlé du savoir de Notre-Seigneur Jésus-Christ et en avoir reconnu la perfection absolue quant à la faculté de connaître, quant à son objet, quant à son exercice, il vient à étudier sa volonté. Ainsi se complète la connaissance de son âme très sainte. Car pour la mémoire, dont nos docteurs font avec vraisemblance une troisième puissance de l'âme humaine, bien qu'elle soit adorable en Jésus comme faculté de l'Homme-Dieu, nous n'aurions à en donner que cette seule notion qu'étant absolument parfaite, elle conserve sans erreur et sans oubli le souvenir de tout ce que Notre Seigneur a jamais appris ou su par sa triple science humaine béatifique, infuse, acquise ; et qu'elle est toujours prête, sans retard, sans confusion, à servir sa pensée. On a remarqué les mots : sa triple science humaine; comme Dieu, en effet, Notre Seigneur n'a pas besoin de mémoire.

Dieu n'a pas de mémoire, au sens où nous l'entendons d'une faculté qui conserve et rappelle des souvenirs, puisque toute chose reste présente devant lui dans l'actualité de sa science infinie. Passé et futur ne sont que relatifs à une connaissance partielle et successive; or la connaissance de Dieu est totale et actuelle.

Notons-le en passant et ne l'oublions pas. Quand nousdisons : Dieu se souvient, ou : Dieu prévoit, nou s parlons comme peuvent parler des hommes, et il nous est impossible de parler autrement; mais nous devons avoir soin de corriger, de compléter par la justesse de la pensée fidèle l'imperfection du langage humain, et de ne pas nous en laisser mal impressionner. Adorons en Jésus sa très sainte volonté; et reconnaissant que cette volonté fournit à notre méditation un sujet extrêmement profond et difficile, où de subtiles hérésies se sont greffées, n'omettons pas d'humilier notre esprit, d'en bannir toute humaine curiosité, de l'ouvrir au contraire aux nécessaires clartés du Saint-Esprit, dont nous solliciterons l'effusion par le recours à la Très Sainte Vierge. Sujet difficile, disons-nous; et la raison de cette difficulté n'est pas inutile à connaître.Nous avons pu parler assez aisément de l'intelligence : d'abord parce que nous avons considéré surtout les objets auxquels s'applique cette puissance et la manière dont elle les appréhende; et qu'ensuite l'intelligence étant une faculté de connaissance, c'est- à-dire spéculative, il ne semble pas qu'il puisse exister de désaccord entre la science divine et la science humaine en Notre Seigneur Jésus-Christ; tout au plus savons-nous, et par l'enseignement de notre divin Maître et par la nature même de ces sciences, que toute la science du Dieu n'était pas actuellement ouverte à l'Homme. Tandis que la volonté est une faculté pratique; sa tendance, son acte est, non de connaître, mais d'agir; elle se meut sur un plan où des conflits restent possibles.

En supposant que Jésus-Homme n'ait pas pu prendre communication de tout ce que savait Jésus-Dieu, cette relative ignorance, qu'il avoue comme nous l'avons noté I (et que nous admettons comme une humble adoration dans le sens où il l'a avouée) cette relative ignorance manifesterait une infériorité; elle n'établirait pas une opposition, une contradiction entre ces deux savoirs. Au contraire entre deux vouloirs, l'infériorité de l'un à l'égard de l'autre peut entraîner sinon la rébellion, ici inadmissible du moins une difficulté plus ou moins aigue de soumission. Or il es possible de relever dans le saint Evangile des paroles où Notre Seigneur distingue sa volonté humaine de la volonté divine. Remarquons que le possessif sa détermine la volonté humaine; et que l'article la désigne la volonté divine. Ainsi nous comprendrons que, dans les exemples qui suivent, la distinction porte entre la volonté du Père et la volonté de Jésus, et non entre la volonté humaine de Jésus et sa volonté divine. Etablissons ici le fait, et un peu plus loin nous tenterons humblement d'en approfondir la nature. Dans certains endroits, Notre-Seigneur proclame l'unité, l'identité de sa volonté et de celle de son Père : comme quand il dit : Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père 2 ; ou bien : Je vous rends grâces, ô Père, de ce que vous m'exaucez toujours 3 ; et ailleurs : Le Père qui demeure en moi fait lui-même ses oeuvres 4 . Et enfin lorsqu'il déclare l'unité de nature entre le Père et lui, car l'unité d'opération et par conséquent de volonté suit de cette unité d'être : Mon Père et moi ne sommes qu'un 5 .

Dans d'autres passages, Jésus semble reconnaître une opposition entre ces deux volontés. La plussaisissante est celle qui se manifeste dans l'Agonie Non mea volunlas sed lua fiat ! non sicut ego volo, sed sicul lu : non pas ma volonté mais la vôtre; non comme je veux, mais comme toi 6 . Plus ces paroles sont claires, plus l'interprétation et la conciliation en sont délicates : car il ne s'agit pas simplement de leur trouver un sens grammatical; il faut que ce sens s'accorde avec les autres affirmations de Jésus, où il proclame son égalité avec le Père 7 ; et sa liberté non moins grande que sa soumission : Voici pourquoi mon Père m'aime : parce que je donne ma vie pour la reprendre. Personne ne me la ravit, mais je la donne de moi-même : j'ai le pouvoir de la donner et le pouvoir de la reprendre : tel est le mandat que j'ai reçu de mon Père 8 . D'un mot, il faut que le sens que nous donnerons à toutes ses paroles soit cohérent, et conciliable avec sa Divinité. Avant de se prêter aux explications, les faits exigent que nous reconnaissions dans l'Homme-Dieu une triple volonté, ou plus exactement deux volontés mais dont la seconde est double — comme nous avons reconnu deux natures, dont la seconde est composée d'âme et de corps 9 . — Donc une volonté divine qui ressortit à la nature divine et qui est incréée, infinie, toute puissante; et une volonté humaine. Puisque nous avons reconnu que la nature humaine est en Jésus complète et parfaite, nous la disons douée de volonté comme en nous. Cette volonté humaine est créée, finie; elle est l'instrument de la Personne toute-puissante, mais elle n'est pas toute puissante. Comme en nous aussi, cette volonté peut se diviser en volonté supérieure, et volonté inférieure 10. La première est la volonté rationnelle, ou proprement ou proprement dite, faculté de notre âme spirituelle; la seconde est la volonté sensible (que nous appelons instinct, ou appétit, dans l'animal); son siège est le corps, et son agent l'âme. Pour concréter cette dualité par un exemple, reportons-nous à la plainte de saint Paul 11 , si bien traduite par Racine:

Je trouve deux hommes en moi...

l'un qui tend vers les choses du ciel, l'autre vers celles de la terre 12 . Nous connaissons ce déchirement de notre être entre deux vouloirs; il suffit à notre sujet de distinguer ces vouloirs par leur conflit sans entrer plus avant dans leur nature. Hâtons-nous de dire pour revenir à notre propos que ce conflit, qui est proprement l'oeuvre du péché originel, ne se trouve pas en Jésus, le saint de Dieu.

Mais ce simple exposé limite nos possibilités de savoir. Car pour avoir une explication satisfaisante de l'accord des deux volontés en Jésus, il nous faudrait premièrement connaître la psychologie de Dieu, et ensuite entrer par des précisions très abstraites dans la psychologie de l'homme. La psychologie de Dieu — je m'excuse d'appliquer ce mot à la suradorable Essence! — mais c'est le mystère impénétrable de la vie intime de Dieu, la raison même de la Très Sainte et Très Auguste Trinité! Il est déjà merveilleusement bon et condescendant à Lui que Dieu ait daigné nous révéler que dans la nature divine subsistent personnellement comme une Conscience dei'Etre qui se nomme le Père; comme une Expression de cette Conscience qui se nomme le

Fils ou le Verbe; comme un Retour substantiel d Fils au Père qui est l'amour incréé, l'Esprit, Saint , Volonté ineffable : in bis volunias spirilus 13 . Nous , savons que ce qui nous a été révélé et nous n'aurionsjamais pu même soupçonner l'existence de cette vie intime de Dieu! Parce que Dieu est Esprit, la nature divine est intelligence et volonté, et les trois Personnes y participent également. Le Symbole athanasien, que nous avons déjà cité 14 , dit nettement : Le Père est tout-puissant (cette toute-puissance est l'attribut de la volonté et nous connaissons celle-ci moyennant celle-là); Le Fils est tout-puissant; le Saint Esprit est tout-puissant. Cependant (nous confessons) non trois tout-puissants, mais un seul tout puissant ou mieux, selon le génie de notre langue française, une seule Toute-puissance — : Gl lumen non ires omnipo­ tentes, sed unus omnipolens. Ainsi l'on ne peut pas dire que l'Homme-Dieu participe d'une volonté du Fils, distincte de la volonté du Père. Il n'existe qu'une seule volonté divine; et par là tout conflit est impossible : Ego et Pater unum sumus 15. C 'est seulement sa volonté humaine que Jésus soumet à la volonté divine, puisqu'à la volonté divine il participe à égalité avec le Père et l'Esprit. Venons donc à la psychologie de l'homme. Mais ici, nouvelle difficulté. Il est vrai que l'objet ne se dérobe plus à notre compréhension; distinguer et décrire la nature, l'opération, le terme de la volonté rationnelle et de la volonté sensible, n'est pas hors du pouvoir de l'esprit humain. Mais est-ce faire injure à personne que de penser que l'ensemble de mes lecteurs, — ou quelque ensemble de lecteurs qui ne serait pas formé de spécialistes n'est pas préparé à cette incursion sur un domaine non pas réservé, mais peu exploré?

Prenons donc la question d'un autre biais. Qu'il me soit permis de le signaler une fois de plus, les maîtres de l'enseignement théologique n'ignorent pas les problèmes que soulèvent les dogmes. Je n'ai pas peur, et aucun théologien catholique n'aura peur d'avouer qu'il existe dans l'être théandrique (divino­humain) de Jésus des mystères qui dépassent l'intelligence de l'homme; et des profondeurs dont on ne peut disserter utilement, à moins d'avoir acquis une sérieuse, une adéquate préparation et d'esprit, et surtout de coeur. Nous sommes bien couverts par l'humilité intellectuelle des Paul, des Jean, des Augustin, des Léon-le-Grand, des Bonaventure, des Thomas d'Aquin, des Bossuet... Nous laissons à ce qu'il faut bien appeler par son nom, à l'orgueilleuse suffisance des ignorants, la prétention de tout explquer et de tout comprendre, et l'outrecuidance de déclarer impensable et inexistant ce qu'elle ne comprend pas. Nous je dis nous pour me ranger docilement, avec tous ceux qui ont reçu mission d'enseigner dans l'Eglise, derrière l'autorité de nos grands docteurs nous qui passons notre vie dans l'étude de l'Ecriture et des âmes, nous ne pouvons qu'admirer la tranquille assurance avec laquelle les adversaires de notre foi, hérétiques ou rationalistes, ajustent Dieu, la pensée de Dieu, la parole de Dieu, l'être ou l'oeuvre de Dieu, à la capacité de leur boîte cranienne. Quant à nous, chrétiens, dont tout l'effort tend à traiter Dieu en Dieu (selon la belle formule de N. P. saint-François) nous acceptons avec respect ce qu'il lui a plu de nous révéler acceptons de lui-même ; mpis savons que celui qui scrute la majesté s'expose à être écrasé par la gloire 16 ; que l'Esprit découvre aux petits et aux humbles 17 ce qu'il dérobe à l'orgueil des scientifiques cette volonté du Père doit nous encourager à méditer un sujet qu'un profane jugerait trop technique, mais où une âme droite et pure trouvera matière en le connaissant mieux, à mieux aimer et servir son bon Maître.

Disoris donc qu'il n'est pas non plus de conflit entre la volonté du Verbe incarné et celle de son Père; e t qu'il faut interpréter les textes soit dans le sens de l'infériorité de la nature humaine à l'égard de la nature divine : Pater major me est. Le Père est plus grand que moi 18; soit selon le rôle de Chef de toutes créatures, et spécialement de la nature humaine, assumé par Jésus et dans lequel, chargé de notre dette envers la Justice divine 19 et satisfaisant pour nous 20, il parle en notre nom et comme l'un de nous, comme le premier d'entre ses frères 21 : « Mon Père, non pas ma volonté, mais la vôtre ». Car c'est bien en notre personne qu'au Jardin, il éprouve le dégoût, l'angoisse, la terreur et la tristesse mortelle 22 . Tout s'explique ainsi, non seulement sans indignité pour la Personne divine, mais en pleine conformité de sa Fonction de Chef du Corps mystique, selon que nous le commenterons en son lieu 23. Revenons maintenant aux qualités de la volonté humaine de Jésus; nous en expliquerons trois : sa puissance, sa liberté et sa saintetéè les autres ou s'entendent d'elles-mêmes, ou sont comprises en celle-là.Sa puissance: cette volonté n'est pas toute puissante, la toute puissance, nous l'avons noté, étant un attribut de la nature divine, mais elle dépasse en puissance toute créature, même angélique; elle possède natamment:1- toute la puissance nécessaire pour gouverner le corps (réel) du Christ et pour en disposer et ordonner les acites avec toute la plénitude de perfection qui convient aux actes d'un Homme-Dieu; en Jésus en effet rien de devait être ni paraître qui ne fût saint, digne, harmonieux, exact et pondéré. Les mouvements imparfaits, précipités, indélibérés où s'échappe notre nature corrompue et indisciplinée, et sur lesquels notre volonté n'a pas d'empire, étaient rendus impossibles en lui par la parfaite maîtrise de la volonté sur le corps. Quel sujet d'admiration! 2 - toute la puissance de gouverner le Corps mystique; car c'est de son Chef que ce corps reçoit la vie et toute motion; il faudra qu'il nous souvienne, quand nous méditerons sur la puissance royale, l'autorité doctorale, l'influence vivifiante de Jésus dans son Eglise, que ce sont des attributs de sa volonté. 3-enfin la puissance des miracles, en quoi elle sert d'instrument au Verbe tout puissant : Volo, mundare : Je veux, dit-il au lépreux, sois pur. Et à l'instant sa lèpre fut guérie 24 .

Sa liberté : Elle s'impose à la raison ; elle est de foi : car la liberté est nécessaire à la sainteté et au mérite. Elle fut en Jésus pleine et parfaite, dans son exercice et dans son objet. Il veut vivre 25 ; mourir 26; ressusciter 27; il veut guérir les malades 28 , remettre les péchés 29, il ne veut pas monter maintenant à Jérusalem 30 il veut ensuite retourner en Judée 31 ;... Cela est claire à le regarder droitement; Mais à réfléchir A son absolu dépendance de son Père, à sa sainteté ineffable certains se sont demandé : Etait-il vraiment libre puisqu'il ne pouvait pas pécher ?... C'est qu'en effet, pauvres enfants d'Adam préricateur, nous confondons la possibilité de faire mal avec la liberté!... Or bien loin d'être caractétique de la liberté, cette peccabilité est une limitati de notre liberté : je ne fais pas le bien que je veux, saint Paul en gémissant; et le mal que je ne veux pas je le fais 32!

Esclavage et non privilège! La vraie liberté consiste à pouvoir accomplir la vérité dans la charité 33 , sans contrainte extérieure, sans intérieure nécessité. N'être pas aveuglé par la passion, entraîné par la concupiscence, séduit par l'erreur, égaré par l'ignorance, dominé par les préjugés et l'atavisme, violenté par le besoin ou la tyrannie, n'est-ce pas là jouir d'une vraie et profonde et efficace liberté?... Mais un homme qui serait ainsi délivré des lamentables servitudes de sa race, jamais il ne se laisserait plus gagner au péché! Jamais il ne voudrait retourner à ses chaînes! Cesserait-il d'être libre? Il le serait au contraire pleinement! Etre libre, c'est donc être maître de soi. Précisément cette liberté le Christ nous l'a conquise 34 , méritée.donn ée : il a mis sous nos pieds, il a plié sous notre volonté régénérée par sa grâce, la concupiscence, le péché, le monde, la mort 35 . Verilas liberabil vos 36. Faut-il donc hésiter à reconnaître qu'il en a possédé l a plénitude, et que la difficulté qu'on s'en fait n'est qu'une question mal posée? Enfin sa sainteté. Cette sainteté se rattache à la volonté non plus comme qualité physique si l'on peut ainsi parler; mais comme qualité morale.1-Jésus, Dieu, est saint par nature, par essence; la sainteté même. La volonté de Dieu est sainte et sanctifiante. Elle est la source, la cause, la règle, la mesure de tout Bien. Elle ne peut rien vouloir qui ne so it bien ; c'est ce qu'elle veut qui est le Bien. Dès que cette volonté nous est manifestée, par un com­ mandement ou par un événement, adorons-la, aimons-la, accomplissons-la, quoi que ce soit qu'elle demande ou impose, car elle est le Bien, tout bien et notre bien, plus précieuse pour nous que tous les trésors, plus favorable et béatifique que la réali­ sation de notre plus cher désir. Si nous ne pensons pas ainsi, nous ne sommes pas dans la vérité ; et si nous nous y refusons volontairement, nous nous excluons de la justice et de la sainteté. 2-Jésus, Homme-Dieu, est saint, et pour toute créature intelligente cause de la sainteté.

Il ne peut avoir rien de commun avec le péché, ni actuel, ni habituel, ni avec aucune tendance ou propension au péché, ni avec aucune dette de péché. Il est au contraire la source et, le m odèle toute grâce et de toute vertu. La conscience chrétienne sait cela et sent cela. Mais les théologiens, cherchent des formules plus précises. Ils disent donc:

1- Jésus est d'abord saint de sainteté négative; par l'immunité à l'égard du péché, des imperfections, la concupiscence .Il est impeccable : c'est de foi et prouvé par l'Ecriture.

L'ange en effet dit à Marie : Quod nascelur ex b sancium : l'être saint qui naîtra de vous (sera appellé le Fils de Dieu) 37 .

Jésus lui-même provoque les Juifs : Qui de vous me convaincra de péché? 38 Seul le Dieu saint peut parler ainsi.

Et saint Paul :'"Celui qui n'a point connu le péché (Dieu l'a fait péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu) 39 ; et ailleurs : Tel est (notre) grand Prêtre..., saint, innocent, sans tach e, séparé des pécheurs 40... Ecoutons encore saint Pierre, car tout citer serait interminable; mais le témoignage du Prince des Apôtres offre cette spéciale autorité, qu'il résume l'Ancien Testament par une parole du prophète Isaïe : Lui qui n'a pas commis de péché, et dans la bouche duquel ne s'est point trouvé de fausseté 41.

11-  Jésus est ensuite saint de sainteté positive : à cause de la sainteté incréée et infinie de sa Personne; à cause de la grâce de l'union hypostatique, qui rend en quelque sorte l'humanité sacrée digne de la Personne divine : grâce de sainteté qui de soi n'est pas infinie puisqu'elle est créée ; mais le terme en est infini, car Jésus est le vrai Fils de Dieu; à cause de la grâce sanctifiante qui lui est départie, et qui non plus tellement sublime qu'elle ne pourra pas être plus grande, ni recevoir aucun accroissement.Cette grâce sanctifiante est de même nature que celle qui nous fait enfants de Dieu — et c'est pour nous un inépuisable sujet de joie! — Mais tandis qu'en nous elle est, mesurée, en Jésus elle atteint la plénitude, et c'est de cette plénitude que nous avons tous r eçu 42 ; de plus son opération dépend de l'activité l'une Personne infinie, et s'accorde avec la grâce de l'union hypostatique, avec la perfection de l'Humanité sacrée, avec la fonction « capitale » du Christ à l'égard de tous ses membres! Accumulation de mots, niais qui désignent de merveilleuses réalités dont la contemplation, et selon la mesure de nos mérites, la compréhension nous seront accordées au ciel, après la contemplation de la Très Sainte Trinité!...

Ce n'est pas tout! Ainsi constitué dans sa sainteté d'état, Jésus, Homme-Dieu est en outre doté de toute sainteté d'action. Il est orné de toutes les grâces, vertus et dons qui ne sont pas indignes de sa qualité de Fils de Dieu. La grâce actuelle le prévint, l'assista, le soutint dans ses actions, comme elle nous assiste nous-mêmes, mais dans une abondance évidemment sans proportion. S'il ne pouvait posséder ni la foi ni l'espérance, ni la contrition, qui supposent une privation incompatibe avec sa perfection absolue, il avait au plus haut on degré l'humilité, la pureté, la douceur, la bonté et on dirait tout, mais cela ne signifierait rien d'appréciable la charité. Il est la Charité du Père pour nous ! 43

L'Esprit Saint l'avait aussi comblé de ses sept dons„ (Isaïe l'affirme) 44 et de toutes les autres faveurs charismatiques qu'on voit briller dans les saints, et dont saint Paul a laissé plusieurs énumérations 45 pouvoir des miracles, vues prophétiques, discer ne ,: ment des âmes, etc... « Mais pourquoi, demandera quelqu'un, attribuer à Notre-Seigneur des facultés, des grâces inférieures en nature et en activité à ce qu'il possède comme Fils de Dieu?... Est-ce qu'à son fils qui doit lui succéder au trône, répondrons-nous, un grand monarque refuse des titres, des terres, des joyaux?... Ne peut-il nommer son héritier gouverneur d'une province, capitaine de ses gardes, officier de son ordre, etc... Au contraire, ce seront autant de marques de sa faveur paternelle... » Ainsi la règle pour nos maîtres franciscains est d'adorer en Jésus, élevé à la puissance divine, tout ce que Dieu peut conférer à sa créature et qui ne suppose point en celle-ci une déchéance, un amoindrissement antérieur (comme est le pardon du péché).

Jésus, notre Vie et notre Salut, est un abîme de grandeurs et de beautés! Adorons-le! Avec humilité d'esprit, avec pureté de coeur, entourons-le de notre foi, de nos louanges, de notre amour éperdu! Restons- Lui unis par toutes les grâces que nous recevons de sa plénitude : grâce d'adoption, grâce de vie, grâces d'action, dans la confiance et la prière, par la média­ tion de Marie, par l'opération de son Esprit, à la gloire de son Père! Ainsi soit-il.

Lire les références

1- Dans l'entretien précédent : p. 61
2- Joan., 4, 34.
3- Joan., 11, 41-42.
4-  Joan., 14, 10 (Tischendorf).
5. Joan., 10, 30.
6-  Luc, 22, 42; Mat., 26, 39 (Marc, 14, 36). 7-  Joan., 10, 30, cité plus haut.
8- Joan.. 10, 17.
9-  Plus haut, III, p. 44 et 29.
10-. De là j'ai dit qu'elle était double; et quelques théologiens comptent en Jésus trois volontés comme on a compté trois substances ( plus haut ,p.47,note)
11-  Rom., 7, 14, à 24.
12-  Rom., 8, 4 à 8.
13-. Hymne des Apôtres, à Matines. Cette strophe est intraduisible dans sa vigueur. In his Paterna gloria, In his triumpha Filius, In his voluntas Spiritus, Caelum replelur gaudio .

14-. Page 46.
15- Joan., 10, 30
16- (Prou. 25, 27).
17- Math., 11, 25, 26.
18-Joan., 14, 28.
19- I Petri, 3,18; 2, 21; Rom., 5, 6; Hébr., 9, 28, etc.
20-  Col., 2, 1e19; 2 Cor., 5, 18, 19.
21- Rom., 8, 29; Col., 1, 15, 18,
20.
22-  Math., 26, 36; Marc, 14, 32; Luc, 22, 40.
23- Au chapitre VIII : Le Christ-Chef.
24-  Math ., 8 , -•
25- Hébr., 10, 7, 9 (Ps. 3 9 , 8); Luc, 4, 30; Joan., 7, 30Il, 9; etc._
26- (Iaaie, 53, 8); Eph., 5, 2, 25; I Petr., 2, 23; Joan., 10, 18; 19, 30; Luc, 23, 46; et les nombreux passages où Jésus a prédit sa mort et sa résurrection; voir la note suivante.
27- Math., 16, 21; 17, 3, 22; 20, 19; 26, 32; et les passages parallèles de saint Marc et de saint Luc.

28-  Math., 8, 3. 8, 5; Marc, 7, 28; Luc, 8, 43; Joan., 4, 46; etc,.
29-Math., 9, 2; Luc, 5, 20; 7, 48; Marc, 2,5
30- Joan., 7, 8.
31- Joan., 11, 11,
32- Rom., 7, 19 À33
33-. Eph. 4, 15

34-Gal., 4, 31. ' 5. 13; 2 Cor., 3, 17.
35-  Rom., 7, 24. 8 2. Joan., 16, 33; 1 Cor., 15, 54.
36- . Joan., 8, 32. '
37- Luc., 1, 35.
38- Joan., 8, 46.
39-  2 Cor., 5, 21.
40- Hébr., 7, 26.
41- I Petr., 2, 22 (Isaïe, 53, 8).
42-  Joan., 1, 16 (Col., 1, 19; 2, 9).
43-  Joan., 3, 16; Rom., 5, 8.
44- Luc, 4, 17, 21;(Isaïe, 61, 1; 11, 2).
45-Rom., 12, 6; I Cor., 12, 4 à 11, 28 à 30; etc...

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