Quatrième Livre Chapitre 7
Du sacrement de l'Eucharistie
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7. De l'examen de conscience, et de la résolution de se corriger
Voix du Bien-Aimé
Sur toutes choses, il faut que le prêtre qui se dispose à célébrer les saints mystères, à toucher et à recevoir le corps de Jésus-Christ, s'approche de ce sacrement avec une profonde humilité de coeur, un respect suppliant, une pleine foi et une pieuse intention d'honorer Dieu.
Examinez avec soin votre conscience et autant que vous le pourrez, purifiez-la par une contrition véritable et par une humble confession; de sorte que, délivré du poids de vos fautes, exempt de troubles et de remords, vous puissiez librement venir à moi.
Ayez une vive douleur de tous vos péchés en général; déplorez en particulier ceux que vous commettez chaque jour; et si le temps vous le permet, confessez à Dieu dans le secret du coeur toutes les misères qui sont le fruit de vos passions.
Affligez-vous et gémissez d'être encore sous l'empire de la chair et du monde;
Si peu occupé de mourir à vos inclinations; si agité par les mouvements de la concupiscence;
Si peu exact à veiller sur vos sens; si souvent séduit par de vains fantômes;
Si enclin à vous répandre au-dehors; si négligent à rentrer en vous-même;
Si porté au rire et à la dissipation; si dur quand vous devriez verser des larmes de componction;
Si prompt à vous livrer au relâchement et à la mollesse; si lent à embrasser une vie austère et fervente;
Si curieux de nouvelles et de ce qui attire les regards par sa beauté; si plein de répugnance pour ce qui abaisse et humilie;
Si avide de beaucoup savoir; si avare pour donner, si ardent à retenir;
Si inconsidéré dans vos discours; si impuissant à vous taire;
Si déréglé dans vos moeurs; si indiscret dans vos actions;
Si intempérant dans le manger et le boire; si sourd à la parole de Dieu;
Si convoiteux de repos; si ennemi du travail;
Si éveillé pour des récits frivoles; si appesanti par le sommeil durant les veilles saintes, si pressé d'en voir la fin, si peu attentif en y assistant;
Si dissipé en récitant l'office divin, si tiède en célébrant, si aride dans la Communion;
Si aisément distrait; si rarement bien recueilli;
Si tôt ému de colère; si prompt à blesser les autres;
Si enclin à juger le mal; si sévère à le reprendre;
Si enivré de joie dans la prospérité; si abattu dans l'adversité;
Si fécond en bonnes résolutions, et si stérile en bonnes oeuvres.
Après avoir confessé et déploré avec une grande douleur et un vif sentiment de votre faiblesse ces défauts et tous les autres qui peuvent être en vous, formez un ferme propos de vous corriger et d'avancer dans la vertu. Offrez-vous ensuite avec une pleine résignation et sans aucune réserve sur l'autel de votre coeur, comme un holocauste perpétuel; en l'honneur de mon nom, m'abandonnant entièrement le soin de votre corps et de votre âme, afin d'obtenir ainsi la grâce de célébrer dignement le saint Sacrifice et de recevoir avec fruit le Sacrement de mon corps.
Car il n'est point d'oblation plus méritoire ni de satisfaction plus grande pour les péchés, que de s'offrir soi-même sincèrement à Dieu en lui offrant, à la messe et dans la communion, le Corps de Jésus-Christ.
Si l'homme fait ce qui est en lui et s'il a un vrai repentir toutes les fois qu'il s'approche de moi pour demander grâce et miséricorde: j'en jure par moi-même , dit le Seigneur, je ne me souviendrai plus de ses péchés, et ils lui seront tous pardonnés; car je ne veux point la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive . ( Ezech., 23 v 22; 33 v 11)
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Réflexion de Lamennais chapitre 7
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Il n'est rien de plus utile en soi, ni de plus indispensable pour approcher dignement de l'autel, que de descendre en sa conscience, et d'en scruter avec une sévérité salutaire les tristes profondeurs. Nous avons en nous-mêmes comme une image du royaume des ténèbres: là vit, et croît, et se propage l'innombrable famille des vices, née de la triste concupiscence ( Jean, 1,v2-16) qui a infecté la vie humaine dans sa source. Quiconque examine sérieusement son coeur, y trouve le germe de tout ce qui est mauvais: un orgueil tantôt hardi et violent, tantôt plein de déguisements et de ruses, une curiosité effrénée, des convoitises ardentes, la haine qu'accompagnent l'injure, l'outrage et la calomnie, l'envie, mère du meurtre, l'avarice qui dit sans cesse: Apporte, apporte ; ( Prov., 30 v 15) la dureté d'âme, les joies coupables de l'esprit; et bien que ces semences de mort ne se développent pas dans chaque homme au même degré, tous les ont en eux-mêmes, et la grâce seule les étouffe plus ou moins. Tel est, depuis la chute originelle, le partage des enfants d'Adam. Qui, dans son effroi, ne crierait vers Dieu du fond de cette immense misère( Ps. cxxxi,1) , pour implorer de lui secours et miséricorde ? Il délaisse ceux qui cachent leurs crimes, et pardonne à ceux qui s'accusent . ( Prov., xxviii,13)Touché de pitié pour les pécheurs, Jésus-Christ a institué le sacrement de pénitence, qui les régénère dans le sang de l'Agneau, et les revêt de l'innocence primitive. Voilà la robe nuptiale nécessaire pour assister au festin de l'Epoux. Vous qui portez avec douleur le poids de vos péchés, hâtez-vous donc ! Allez, pleins de repentir, de foi, d'espérance et d'amour, déposer cet accablant fardeau aux pieds de celui qui tient, dans le tribunal sacré, la place du Fils de Dieu même: allez et humiliez-vous, allez et pleurez: une main divine essuiera vos larmes, et, rétablis en grâce avec Dieu, en paix avec vous-mêmes, vous chanterez dans l'allégresse l'hymne du pardon: Heureux ceux dont les iniquités ont été remises et les péchés couverts ! Heureux celui à qui le Seigneur n'a point imputé son péché et dont le coeur a été sans fraude ! Parce que j'ai tu mon crime, il a vieilli dans mes os, et crié dans mon sein pendant tout le jour. Car votre main s'est appesantie sur moi le jour et la nuit: je me suis tourné et retourné dans mon angoisse, tandis que l'épine perçait mon coeur. Alors je vous ai déclaré mon péché; je n'ai point caché mon injustice. J'ai dit: Je confesserai contre moi mon iniquité au Seigneur: et vous, Seigneur, vous m'avez remis l'impiété de mon péché. C'est pour cela que vos serviteurs vous invoqueront dans le temps propice; et le déluge des grandes eaux n'approchera point d'eux. ( PS. 31 v 1-6)
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Quatrième Livre Chapitre 8
Du sacrement de l'Eucharistie
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8. De l'oblation de Jésus-Christ sur la Croix et de la résignation de soi-même
Voix du Bien-Aimé
Comme je me suis offert volontairement pour vos péchés à mon Père, les bras étendus sur la Croix et le corps nu, ne réservant rien et m'immolant tout entier pour apaiser Dieu, ainsi vous devez tous les jours, dans le sacrifice de la Messe, vous offrir à moi comme une hostie pure et sainte, du plus profond de votre coeur et de toutes les puissances de votre âme.
Que demandé-je de vous sinon que vous vous abandonniez à moi sans réserve ?
Tout ce que vous me donnez hors de vous ne m'est rien, parce que c'est vous que je veux et non pas vos dons.
Comme tout le reste ne vous suffirait pas sans moi, ainsi aucun de vos dons ne peut me plaire si vous ne vous donnez vous-même.
Offrez-vous à moi, donnez-vous à Dieu tout entier, et votre oblation me sera agréable.
Je me suis offert tout entier pour vous à mon Père, je vous ai donné tout mon Corps et tout mon Sang pour nourriture, afin d'être tout à vous et que vous fussiez à jamais tout à moi.
Mais si vous demeurez en vous-même, si vous ne vous abandonnez pas sans réserve à ma volonté, votre oblation n'est pas entière et nous ne serons pas unis parfaitement.
L'oblation volontaire de vous-même entre les mains de Dieu doit donc précéder toutes vos oeuvres si vous voulez acquérir la grâce de la liberté.
S'il en est si peu qui soient éclairés de ma lumière et qui jouissent de la liberté intérieure, c'est qu'ils ne savent pas se renoncer entièrement eux-mêmes.
Je l'ai dit et ma parole est immuable: Si quelqu'un ne renonce pas à tout, il ne peut être mon disciple ( Luc, 14v15). Si donc vous voulez être mon disciple, offrez-vous à moi avec toutes vos affections.
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Réflexion de Lamennais chapitre 8
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On n'aurait qu'une idée bien faible et bien incomplète du sacrifice de la Croix, si l'on n'y voyait que ce qui paraît, pour ainsi dire, aux sens. Jésus-Christ a offert non seulement son corps sacré, en proie à toutes les souffrances et toutes les angoisses que peut endurer la nature humaine, mais encore son âme sainte étroitement unie au Verbe divin, toutes ses douleurs, toutes ses affections, toutes ses volontés, et l'agonie et le délaissement qui tira de son coeur ce dernier cri: Mon Père, pourquoi m'avez-vous abandonné ? ( Mathieu., 27 v 47) En cet état, il représentait l'humanité entière condamnée à mourir; et l'homme, en effet, fut frappé de mort jusque dans les plus secrètes profondeurs de son être. Alors, tout fut consommé , ( Jean., 14v 30) et le supplice et la rédemption. Or, chaque fois que le prêtre, montant à l'autel, y renouvelle, selon l'institution divine, cet ineffable sacrifice; chaque fois que le fidèle participe à la victime immolée, et le fidèle, et le prêtre doivent s'offrir ainsi que Jésus-Christ s'est offert lui-même; leur sacrifice uni au sien doit être comme le sien, sans réserve; car, nous aussi, nous sommes attachés à la Croix, et avec Jésus-Christ et en Jésus-Christ, nous souffrons pour nous, pour nos frères, pour les vivants, pour les morts, pour toute la grande famille humaine: ce qui fait dire à l'apôtre saint Paul ces étonnantes paroles: Je me réjouis de mes souffrances à cause de vous: et ce qui manque à la Passion de Jésus-Christ, je l'accomplis en ma chair, pour son corps, qui est l'Eglise : ( Col. i v 24) non sans doute que la Passion du Sauveur ne fût plus que surabondante pour ôter le péché du monde, ( ( Jean , i v 29) et satisfaire à la justice de Dieu, mais parce que chacun de nous doit la reproduire en soi, et parce que, étant les membres d'un seul corps qui est le Corps du Christ , ( 1 Cor.,m 12,27) tout ce que nous souffrons, il le souffre avec nous, de sorte que nos souffrances deviennent comme une partie de sa Passion propre. O Jésus ! je m'offre avec vous, je m'offre tout entier; me voilà sur l'autel: frappez, Seigneur, achevez le sacrifice: détruisez tout ce qui en moi est de l'homme condamné, ces désirs de la terre, ces affections, ces volontés, ces sens qui me troublent, ce corps de péché, et, les yeux fixés sur votre Croix, je dirai: Tout est consommé !
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Quatrième Livre Chapitre 9
Du sacrement de l'Eucharistie
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9. Que nous devons nous offrir à Dieu avec tout ce qui est à nous, et prier pour tous
Voix du disciple
Seigneur, à qui tout appartient dans le ciel et sur la terre, je veux aussi me donner à vous par une oblation volontaire; je veux être à vous pour toujours.
Dans la simplicité de mon coeur, je m'offre à vous aujourd'hui, mon Dieu, pour vous servir à jamais, pour vous obéir, pour m'immoler sans cesse à votre gloire.
Recevez-moi avec l'oblation sainte de votre précieux corps que je vous offre aujourd'hui en présence des anges qui assistent invisiblement à ce sacrifice, et faites qu'il porte des fruits de salut pour moi et pour tout votre peuple.
Toutes les fautes et tous les crimes que j'ai commis devant vous et devant vos saints anges depuis le jour où j'ai pu commencer à pécher jusqu'à ce moment, je vous les offre, Seigneur, sur votre autel de propitiation pour que vous les consumiez par le feu de votre amour, que vous effaciez toutes les taches dont ils ont souillé ma conscience, et qu'après l'avoir purifiée vous me rendiez votre grâce que mes péchés m'avaient fait perdre, me les pardonnant tous pleinement et me recevant, dans votre miséricorde, au baiser de paix.
Que puis-je faire pour expier mes péchés, que de les confesser humblement, avec une amère douleur, et d'implorer sans cesse votre clémence ?
Je vous en conjure, exaucez-moi, soyez-moi propice quand je me présente devant vous, mon Dieu.
J'ai une vive horreur de tous mes péchés et je suis résolu à ne plus les commettre. Ils m'affligent profondément et toute ma vie je ne cesserai de m'en affliger, prêt à faire pénitence et à satisfaire pour eux selon mon pouvoir.
Pardonnez-les-moi, Seigneur, pardonnez-les-moi pour la gloire de votre saint nom. Sauvez mon âme, que vous avez rachetée au prix de votre sang.
Voilà que je m'abandonne à votre miséricorde, je me remets entre vos mains; traitez-moi selon votre bonté et non selon ma malice et mon iniquité.
Je vous offre aussi tout ce qu'il y a de bien en moi, quelque faible, quelque imparfait qu'il soit, afin que l'épurant, le sanctifiant, le perfectionnant sans cesse, vous le rendiez plus digne de vous, plus agréable à vos yeux, et que vous me conduisiez à une heureuse fin, moi le plus inutile, le plus languissant et le dernier des hommes.
Je vous offre encore tous ces pieux désirs des âmes fidèles, les besoins de mes parents, de mes amis, de mes frères, de mes soeurs, de tous ceux qui me sont chers, de ceux qui m'ont fait, ou à d'autres, quelque bien pour l'amour de vous; de ceux qui ont demandé ou désiré que j'offrisse des prières et le saint Sacrifice pour eux et pour les leurs, soit qu'ils vivent encore en la chair, soit que le temps ait fini pour eux.
Que tous sentent le secours de votre grâce, la puissance de vos consolations; protégez-les dans les périls, délivrez-les de leurs peines, et qu'affranchis de tous les maux, ils vous rendent, pleins de joie, d'éclatantes actions de grâces.
Je vous offre enfin des supplications et l'hostie de paix, principalement pour ceux qui m'ont offensé en quelque chose, qui m'ont attristé, qui m'ont blâmé, qui m'ont fait quelque tort ou quelque peine; et pour tous ceux aussi que j'ai moi-même affligés, troublés, blessés, scandalisés, le sachant ou sans le savoir, afin que vous nous pardonniez à tous nos péchés et nos offenses mutuelles.
Ôtez de nos coeurs, ô mon Dieu ! le soupçon, l'aigreur, la colère, tout ce qui divise, tout ce qui peut altérer la charité et diminuer l'amour fraternel..
Ayez pitié, Seigneur, ayez pitié de ces pauvres qui implorent votre grâce, votre miséricorde; et faites que nous soyons dignes de jouir ici-bas de vos dons et d'arriver à l'éternelle vie. Ainsi-soit-il.
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Réflexion de Lamennais chapitre 9
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Après s'être purifié par le sacrement de pénitence, et s'être uni, selon tout ce qu'il est, à Jésus-Christ, hostie de propitiation pour le salut des hommes, le prêtre s'offre encore pour eux et pour lui-même, afin que la vertu du sacrifice qui doit s'accomplir, lui soit appliquée et à ses frères, et à tous ceux pour qui Jésus-Christ, sacrificateur et victime, ( Hebre., 9 v 14) l'a consommé sur la Croix. Comme le Sauveur s'est immolé pour lui, il veut s'immoler pour le Sauveur, ne vivre que pour sa gloire et mourir pour elle. Il le supplie de consumer dans le feu de son amour tout ce qui reste en lui d'impur et de terrestre. Il dépose en quelque manière sur l'autel et ses pensées et ses affections, ses volontés, ses désirs, tout son être, afin d'être revêtu en Jésus-Christ d'une vie nouvelle, de cette vie selon Dieu ( 1 Petr., 4, 9) qui fait que l'homme ne vit plus pour soi, mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour lui. ( 11, Cor., 5 v 15) Ainsi anéanti dans la présence du souverain Maître, et comme baigné déjà du sang qui demande grâce, il intercède pour ses proches, ses amis, ses bienfaiteurs, pour ses ennemis même, pour ceux qui le haïssent et le persécutent, embrassant dans sa charité, immense comme celle du Christ, toutes les créatures qu'il a rachetées, tous les enfants du Père céleste, qui fait luire son soleil sur les bons et sur les méchants. ( Mathieu,m 4 v 45) Elevé par l'onction sacerdotale entre la terre et le ciel, il couvre, pour ainsi dire, le genre humain tout entier de sa prière et de son amour. Il le voit, par le péché, dans un état de mort, et ses désirs l'enfantent à la vie, semblable au médiateur suprême qui, dans les jours de sa chair, offrant avec un grand cri et avec larmes, des prières et des supplications à Celui qui peut sauver de la mort, fut exaucé à cause de son respect. ( Hebr., 5 v 7 ) Oui, le salut vient du Seigneur; ( Ps., 3,9) il a fait éclater les merveilles de son Saint. ( Ps, 6v4) Prêtres du Dieu vivant, offrez-lui le sacrifice de justice. ( I bid., 6)Je vous prierai, Seigneur: vous entendrez ma voix le matin: le matin je me présenterai dans votre maison, et, rempli de votre crainte, j'adorerai dans votre saint temple; et tous ceux qui espèrent en vous se réjouiront, et ils tressailliront d'allégresse éternellement, parce que vous habiterez en eux. ( Ps.,5v4,5,12)
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Quatrième Livre Chapitre 10
Du sacrement de l'Eucharistie
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10. Qu'on ne doit pas facilement s'éloigner de la sainte Communion
Voix du Bien-Aimé
Il faut recourir souvent à la source de la grâce et de la divine miséricorde, à la source de toute bonté et de toute pureté, afin que vous puissiez être guéri de vos passions et de vos vices, et que, plus fort, plus vigilant, vous ne soyez ni vaincu par les attaques du démon, ni surpris par ses artifices.
L'ennemi des hommes, sachant quel est le fruit de la sainte communion et combien est grand le remède qu'y trouvent les âmes pieuses et fidèles, s'efforce en toute occasion et par tous les moyens de les en éloigner autant qu'il peut.
Aussi est-ce au moment où ils s'y disposent que quelques-uns éprouvent les plus vives attaques de Satan.
Cet esprit de malice, comme il est écrit au livre de Job, vient parmi les enfants de Dieu pour les troubler par les ruses ordinaires de sa haine, cherchant à leur inspirer des craintes excessives et de pénibles perplexités, pour affaiblir leur amour, ébranler leur foi, afin qu'ils renoncent à communier, ou qu'ils ne communient qu'avec tiédeur.
Mais il ne faut pas s'inquiéter de ses artifices et de ses suggestions, quelques honteuses, quelques horribles qu'elles soient, mais les rejeter toutes sur lui.
Il faut se rire avec mépris de cet esprit misérable et n'abandonner jamais la sainte communion à cause de ses attaques et des mouvements qu'il excite en nous.
Souvent aussi l'on s'en éloigne par un désir trop vif de la ferveur sensible et parce qu'on a conçu de l'inquiétude sur sa confessions.
Agissez selon le conseil des personnes prudentes et bannissez de votre coeur l'anxiété et les scrupules, parce qu'ils détruisent la piété et sont un obstacle à la grâce de Dieu.
Ne vous privez point de la sainte communion dès que vous éprouverez quelque trouble ou une légère peine de conscience; mais confessez-vous au plus tôt et pardonnez sincèrement aux autres les offenses que vous avez reçues d'eux.
Que si vous avez vous-même offensé quelqu'un, demandez-lui humblement pardon, et Dieu aussi vous pardonnera.
Que sert de tarder à se confesser et de différer la sainte communion ?
Purifiez-vous promptement, hâtez-vous de rejeter le venin et de recourir au remède; vous vous en trouverez mieux que de différer longtemps.
Si vous différez aujourd'hui pour une raison, peut-être s'en présentera-t-il demain une plus forte; et vous pourriez ainsi être sans cesse détourné de la communion, et sans cesse vous y sentir moins disposé.
Ne perdez pas un moment, secouez votre langueur, déchargez-vous de ce qui vous pèse; car à quoi revient-il de vivre toujours dans l'anxiété, toujours dans le trouble, et d'être éloigne chaque jour par de nouveaux obstacles de la Table sainte ?
Rien, au contraire, ne nuit davantage que de s'abstenir longtemps de communier; car d'ordinaire l'âme tombe par là dans un profond assoupissement.
Ô douleur ! il se rencontre des chrétiens si tièdes et si lâches qu'ils saisissent avec joie tous les prétextes pour différer à se confesser, et dès lors aussi à communier, afin de n'être pas obligés de veiller avec plus de soin sur eux-mêmes.
Hélas ! qu'ils ont peu de piété, peu d'amour, ceux qui se privent si aisément de la sainte communion !
Qu'il est heureux, au contraire, et agréable à Dieu, celui qui vit de telle sorte et qui conserve sa conscience si pure, qu'il serait préparé à communier tous les jours et communierait en effet, s'il lui était permis et qu'il pût le faire sans singularité !
Si quelqu'un s'en abstient quelquefois par humilité ou pour une cause légitime, on doit louer son respect.
Mais si sa ferveur s'est refroidie, il doit se ranimer et faire tout ce qu'il peut: et Dieu secondera ses désirs, à cause de la droiture de sa volonté qu'il considère principalement.
Que si des motifs légitimes l'empêchent d'approcher de la sainte Table, il conservera toujours l'intention et le saint désir de communier, et ainsi il ne sera pas entièrement privé du fruit du Sacrement.
Quoique tout fidèle doive, à certains jours et au temps fixé, recevoir avec un tendre respect le Corps du Sauveur dans son Sacrement, et rechercher en cela plutôt la gloire de Dieu que sa propre consolation, cependant il peut aussi communier en esprit tous les jours, à toute heure, avec beaucoup de fruit.
Car il communie de cette manière et se nourrit invisiblement de Jésus-Christ toutes les fois qu'il médite avec piété les mystères de son Incarnation et de sa Passion, et qu'il s'enflamme de son amour.
Celui qui ne se prépare à la Communion qu'aux approches des fêtes et quand la coutume l'y oblige, sera souvent mal préparé.
Heureux celui qui s'offre au Seigneur en holocauste toutes les fois qu'il célèbre le sacrifice ou qu'il communie !
Ne soyez, en célébrant les saints mystères, ni trop lent ni trop prompt; mais conformez-vous à l'usage ordinaire et régulier de ceux avec qui vous vivez.
Il ne faut point fatiguer les autres ni leur causer d'ennui, mais suivre l'ordre commun établi par vos pères, et consulter plutôt l'utilité de tous que votre attrait et votre piété particulière.
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Réflexion de Lamennais chapitre 10
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Qu'il faille exciter les chrétiens à s'asseoir à la Table sainte, à se nourrir du pain de vie, à recevoir en eux l'auteur et le consommateur de la foi , ( Hebr., 12,2)le Sauveur des hommes, le Verbe de Dieu; qu'ils cherchent de tous côtés des prétextes pour se tenir éloignés de lui; qu'ils regardent comme une dure obligation le devoir qu'impose l'Eglise de participer en certains temps au corps et au sang de Jésus-Christ, c'est quelque chose de si prodigieux et tout ensemble de si effrayant, que l'âme fuit cette pensée comme elle fuirait une vision de l'enfer. Mais parmi les fidèles que l'amour attire au banquet de l'Epoux, il en est qui, abusés par de tristes et fausses doctrines, ou retenus par les scrupules d'une conscience timide à l'excès, ne se croient jamais assez préparés et se privent volontairement de la divine Eucharistie, à cause du respect même que leur inspire cet auguste sacrement. Sans doute il serait à désirer que ceux qui mangent le pain des Anges eussent toute la pureté de ces célestes esprits; mais Celui qui connaît notre misère, et qui est venu la guérir, n'exige pas que l'homme soit parfait pour approcher de la source des grâces; il demande seulement qu'il soit purifié par la pénitence, et qu'il apporte au pied de l'autel un coeur contrit et humilié , un repentir sincère de ses fautes, une volonté droite, un amour ardent. ( PS, 1 v 19) Tandis que Jésus repousse et maudit les pharisiens, superbes observateurs de la loi, il accueille la femme pécheresse, il compatit à son humble douleur, il bénit ses larmes, et beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé . Trop souvent les apparentes délicatesses de conscience qui séparent longtemps de la Communion, cachent un grand et coupable orgueil ( Luc., 7, 47 ). . Au lieu de s'abandonner aux conseils du guide qui tient la place de Dieu, on veut se conduire et se juger soi-même: erreur funeste dont le dernier terme, le terme inévitable est, ou le désespoir, ou une effroyable présomption. Ne quittez, ne quittez jamais la voie de l'obéissance: toutes les autres aboutissent à la perdition. Si l'on vous interdit l'accès à la Table sainte, abstenez-vous, et pleurez: car quel sujet plus légitime de pleurs ? Si l'on vous dit: Allez à Jésus dans le Sacrement de son amour, approchez avec allégresse. Nulle disposition n'égale le sacrifice entier du raisonnement humain et de la volonté propre; ayez en tout et toujours la simplicité d'un petit enfant: la simplicité du coeur est chère à Dieu; il la bénit pour le temps; il la bénit pour l'éternité.
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Quatrième Livre Chapitre 11
Du sacrement de l'Eucharistie
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11. Que le Corps de Jésus-Christ et l'Ecriture sainte sont très nécessaires à l'âme fidèle
Voix du disciple
Seigneur Jésus, quelles délices inondent l'âme fidèle admise à votre Table, où on ne lui présente d'autre aliment que vous-même, son unique bien-aimé, le plus cher de tous ses désirs !
Oh ! qu'il me serait doux de répandre en votre présence des pleurs d'amour et d'arroser vos pieds de mes larmes comme Madeleine !
Mais où est cette tendre piété et cette abondante effusion de larmes saintes ?
Certes, en votre présence et celle des saints anges, tout mon coeur devrait s'embraser et se fondre de joie.
Car vous m'êtes véritablement présent dans votre Sacrement, quoique caché sous des apparences étrangères.
Mes yeux ne pourraient supporter l'éclat de votre divine lumière, et le monde entier s'évanouirait devant la splendeur de votre gloire.
C'est donc pour ménager ma faiblesse que vous vous cachez sous les voiles du Sacrement.
Je possède réellement et j'adore Celui que les anges adorent dans le ciel; mais je ne le vois encore que par la foi, tandis qu'ils le voient tel qu'il est et sans voile.
Il faut que je me contente de ce flambeau de la vraie foi et que je marche à sa lumière jusqu'à ce que luise l'aurore du jour éternel et que les ombres des figures déclinent. ( Cant., 2, 17)
Mais quand ce qui est parfait sera venu , l'usage des Sacrements cessera, parce que les bienheureux, dans la gloire céleste, n'ont plus besoin de secours. ( 2. Cor., 13,10)
Ils se réjouissent sans fin dans la présence de Dieu et contemplent la gloire face à face; pénétrés de sa lumière et comme plongés dans l'abîme de sa divinité, ils goûtent le verbe de Dieu fait chair, tel qu'il était au commencement et tel qu'il sera durant toute l'éternité.
Qu'au souvenir de ces merveilles, tout me soit un pesant ennui, même les consolations spirituelles; car tandis que je ne verrai point le Seigneur mon Dieu dans l'éclat de sa gloire, tout ce que je vois, tout ce que j'entends en ce monde ne m'est rien.
Vous m'êtes témoin, Seigneur, que je ne trouve nulle part de consolation, de repos en nulle créature; je ne puis en trouver qu'en vous seul, mon Dieu, que je désire contempler éternellement.
Mais cela ne peut être tant que je vivrai dans ce corps mortel.
Il faut donc que je me prépare à une grande patience et que je soumette à votre volonté tous mes désirs.
Car vos saints, Seigneur, qui, ravis d'allégresse, règnent maintenant avec vous dans le ciel, ont aussi, pendant qu'ils vivaient, attendu avec une grande foi et une grande patience l'avènement de votre gloire.
Je crois ce qu'ils ont cru; ce qu'ils ont espéré, je l'espère; j'ai la confiance de parvenir, aidé de votre grâce, là où ils sont parvenus.
Jusque-là je marcherai dans la foi, fortifié par leurs exemples.
J'aurai aussi les livres saints pour me consoler et m'instruire, et par-dessus tout, votre sacré Corps pour remède et pour refuge.
Car je sens que deux choses me sont ici-bas souverainement nécessaires, et que sans elles je ne pourrais porter le poids de cette misérable vie.
Enfermé dans la prison de mon corps, j'ai besoin d'aliments et de lumière.
C'est pourquoi vous avez donné à ce pauvre infirme votre chair sacrée pour être la nourriture de son âme et de son corps, et votre parole pour luire comme une lampe devant ses pas. ( Ps. cxlvilii,105)
Je ne pourrais vivre sans ces deux choses, car la parole de Dieu est la lumière de l'âme et votre Sacrement le pain de la vie.
On peut encore les regarder comme deux tables placées dans les trésors de l'Eglise.
L'une est la table de l'autel sacré, sur lequel repose un pain sanctifié, c'est-à-dire le Corps précieux de Jésus-Christ.
L'autre est la table de la loi divine qui contient la doctrine sainte, qui enseigne la vraie foi, qui soulève le voile du sanctuaire et nous conduit avec sûreté jusque dans le Saint des saints.
Je vous rends grâces, Seigneur Jésus, lumière de l'éternelle lumière, de nous avoir donné par le ministère des prophètes, des apôtres et des autres docteurs, cette table de la doctrine sainte.
Je vous rends grâces, ô Créateur et Rédempteur des hommes, de ce qu'afin de manifester votre amour au monde, vous avez préparé un grand festin où vous nous offrez pour nourriture non l'agneau figuratif, mais votre très saint Corps et votre Sang.
Dans ce sacré banquet, que partagent avec nous les anges, mais dont ils goûtent plus vivement la douceur, vous comblez de joie tous les fidèles et vous les enivrez du calice du salut qui contient tous les délices du ciel.
Oh ! qu'elles sont grandes, qu'elles sont glorieuses les fonctions des prêtres, à qui il a été donné de consacrer le Dieu de majesté par des paroles saintes, de le bénir de leurs lèvres, de le tenir entre leurs mains, de le recevoir dans leur bouche et de le distribuer aux autres hommes !
Oh ! qu'elles doivent être innocentes les mains du prêtre, que sa bouche doit être pure, son corps saint, et son âme exempte des plus légères taches, pour recevoir si souvent l'auteur de la pureté !
Il ne doit sortir rien que de saint, rien que d'honnête, rien que d'utile, de la bouche du prêtre qui participe si fréquemment au Sacrement de Jésus-Christ.
Qu'ils soient simples et chastes les yeux qui contemplent habituellement le Corps de Jésus-Christ.
Qu'elles soient pures et élevées au ciel les mains qui touchent sans cesse le Créateur du ciel et de la terre.
C'est aux prêtres surtout qu'il est dit dans la Loi: Soyez saints, parce que je suis saint, moi le Seigneur votre Dieu. ( Levé., 19cv2; 20 v 7)
Que votre grâce nous aide, ô Dieu tout-puissant ! nous qui avons été revêtus du sacerdoce, afin que nous puissions vous servir dignement, avec une vraie piété et une conscience pure.
Et si nous ne pouvons vivre dans une innocence aussi parfaite que nous le devrions, accordez-nous du moins de pleurer sincèrement nos fautes et de former en esprit d'humilité la ferme résolution de vous servir désormais avec plus de ferveur.
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Réflexion de Lamennais chapitre 11
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Qu'est-ce que la terre ? Un lieu d'exil, une vallée de larmes, comme l'appelle l'Eglise. L'homme y cherche dans les ténèbres la vérité, qui est la vie de son intelligence; il y cherche, au milieu de maux sans nombre, un bien, il ne sait quel bien, immense, inépuisable, éternel, qui est la vie de son coeur; et tout ce qu'il cherche lui échappe. Le doute, l'opinion, l'erreur fatiguent sa raison épuisée. Ce qu'il a cru des biens se change en amertume; il trouve au fond de tout le vide et l'ennui. Est-il seul, son âme retombe avec douleur sur elle-même ! Il a besoin de support, et malheur a lui s'il met sa confiance dans les autres hommes ! Ils se masquent pour le surprendre; ils profanent, pour le tromper, le nom d'ami; tandis que leur bouche lui sourit, ils lui tendent des pièges dans l'ombre, et quand, à force de ruses, de mensonges et de basses noirceurs, ils l'ont enveloppé de leurs rets, tout à coup se dévoilant, ils se ruent sur lui et le dévorent comme l'hyène dévore sa proie. Lamentable condition ! Mais Dieu n'a pas abandonné sa pauvre créature dans ces extrémités de la misère. Il l'éclaire par sa parole, il la soutient par sa grâce, il l'anime, il la console par la foi d'une vie meilleure, par l'espérance de posséder, après ces jours d'épreuve, le bien auquel elle aspire, le bien infini, qui est Lui-même. Et ces dons merveilleux d'un amour inénarrable, rassemblés, concentrés, en quelque sorte, dans la divine Eucharistie, y sont offerts à nos désirs sans autre mesure que ces désirs mêmes. Toutes les fois que nous approchons de cet auguste Sacrement, nous recevons en nous la Sagesse, la Lumière incréée, le Verbe de Dieu, la Parole vivante; nous recevons l'Auteur de la grâce, le Consommateur de la foi, le gage immortel de notre espérance; la chair crucifiée pour nous s'incorpore à notre chair; le sang qui a sauvé le monde se mêle à notre sang; un saint baiser unit notre âme à l'âme du Rédempteur; sa divinité nous pénètre et consume en nous tout ce que le péché avait corrompu; l'ami fidèle repose dans notre sein, il nous parle, il nous dit: Pose-moi comme un sceau sur ton coeur, car l'amour est plus fort que la mort; ( Cant., 8 v 6) et alors embrasés de cet amour ardent comme le feu , ( Ibid)nous ne voyons plus que le bien-aimé, nous n'avons plus de vie que la sienne, et la tristesse de notre pèlerinage s'évanouit dans les joies du ciel.
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Quatrième Livre Chapitre 12
Du sacrement de l'Eucharistie
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12. Qu'on doit se préparer avec un grand soin à la sainte Communion
Voix du Bien-Aimé
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Je suis l'ami de la pureté et c'est de moi que vient toute sainteté.
Je cherche un coeur pur, et là est le lieu de mon repos.
Préparez-moi un grand cénacle et je célébrerai chez vous la Pâque avec mes disciples. ( Marc., 14,15 ; Luc., 22 v 12)
Si vous voulez que je vienne à vous et que je demeure en vous, purifiez-vous du vieux levain ( 1 Cor., Cor., v,7) et nettoyez la maison de votre coeur. Bannissez-en les pensées du siècle et le tumulte des vices.
Comme le passereau qui gémit sous un toit solitaire( Ps. ci,8), rappelez-vous vos péchés dans l'amertume de votre âme.
Car un ami prépare toujours à son ami le lieu le meilleur et le plus beau; et c'est ainsi qu'il lui fait connaître avec quelle affection il le reçoit.
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Sachez cependant que vous ne pouvez, quels que soient vos propres efforts, vous préparer dignement, quand vous y emploieriez une année entière sans vous occuper d'autre chose.
Mais c'est par ma grâce et ma seule bonté qu'il vous est permis d'approcher de ma table, comme un mendiant invité au festin du riche, et qui n'a, pour reconnaître ce bienfait, que d'humbles actions de grâces.
Faites ce qui est en vous, et faites-le avec un grand soin. Recevez, non pour suivre la coutume ou pour remplir un devoir rigoureux, mais avec crainte, avec respect, avec amour, le corps du Seigneur bien-aimé, de votre Dieu, qui daigne venir à vous.
C'est moi qui vous appelle, qui vous commande de venir; je suppléerai à ce qui vous manque; venez, et recevez-moi.
Lorsque je vous accorde le don de la ferveur, remerciez-en votre Dieu; car ce n'est pas que vous en soyez digne, mais parce que j'ai eu pitié de vous.
Si vous vous sentez, au contraire, aride, priez avec instance, gémissez et ne cessez point de frapper à la porte, jusqu'à ce que vous obteniez quelque miette de ma table, ou une goutte des eaux salutaires de la grâce.
Vous avez besoin de moi et je n'ai pas besoin de vous. Vous ne venez pas à moi pour me sanctifier, mais c'est moi qui viens à vous pour vous rendre meilleur et plus saint.
Vous venez pour que je vous sanctifie et pour vous unir à moi, pour recevoir une grâce nouvelle et vous enflammer d'une nouvelle ardeur d'avancer dans la vertu.
Ne négligez point cette grâce; mais préparez votre coeur avec un soin extrême et recevez-y votre bien-aimé.
Mais il ne faut pas seulement vous exciter à la ferveur avant la communion, il faut encore travailler à vous y conserver après; et la vigilance qui la doit suivre n'est pas moins nécessaire que la préparation qui la précède; car cette vigilance est elle-même la meilleure préparation pour obtenir une grâce plus grande.
Rien au contraire n'écarte davantage des dispositions où l'on doit être pour communier que de se trop répandre au-dehors en sortant de la Table sainte.
Parlez peu, retirez-vous en un lieu secret et jouissez de votre Dieu.
Car vous possédez Celui que le monde entier ne peut vous ravir.
Je suis Celui à qui vous vous devez donner sans réserve; de sorte que, dégagé de toute inquiétude, vous ne viviez plus en vous, mais en moi.
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Réflexion de Lamennais chapitre 12
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La préparation à la Pâque nouvelle comprend deux choses: il faut purifier le cénacle, et il faut l'orner; c'est-à-dire que pour recevoir dignement le corps et le sang de Jésus-Christ, l'âme doit être avant tout exempte de souillures, elle doit avoir été lavée dans les eaux de la pénitence, et ensuite s'être exercée à la pratique des vertus qui la rendent agréable à Dieu. Ce qui plaît au Seigneur, ce qui attire ses grâces, c'est une profonde humilité, ( 1 Petr., 5 v 5) un souverain mépris de soi-même, une foi vive, un abandon parfait à ses volontés, le détachement de la terre et le désir des biens célestes , la charité qui est douce, patiente, qui n'est point jalouse, qui n'agit point témérairement, qui ne s'enfle point d'orgueil, qui n'est point ambitieuse, qui ne cherche point ses intérêts, qui ne s'aigrit de rien, ne soupçonne point le mal, ne se réjouit point de l'injustice, mais se réjouit de la vérité; qui souffre tout, croit tout, espère tout, supporte tout; ( 11 Cor., 13,4v7) charité vraiment divine, et, selon la doctrine du grand Apôtre, préférable à tout ce qu'il y a de plus élevé. Quand je parlerais toutes les langues des hommes et le langage des Anges, si je n'ai point la charité, je suis comme un airain sonnant, ou une cymbale retentissante. Et quand j'aurais le don de prophétie, quand je pénétrerais tous les mystères, et que je posséderais toute science, quand j'aurais la foi parfaite jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai point la charité, je ne suis rien. Et quand j'aurais distribué tous mes biens pour nourrir les pauvres, et livré mon corps aux flammes, si je n'ai point la charité, tout cela ne me sert de rien. ( Ibid., 1v3) Ame chrétienne, qui aspirez au banquet nuptial, imitez donc les Vierges sages: prenez de l'huile, allumez votre lampe, pour aller au-devant de l'Epoux;( Luc, 24,4 et seq) car celles dont les lampes seront éteintes entendront cette parole terrible: En vérité, je ne vous connais point. ( Ibid., 12).
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