Jésus le Libérateur vie de Jésus- Christ Livre - IX
1-L'AURORE DE PAQUE (1)
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Le Sabbat est terminé. L'aurore du lendemain se lève : c'est le premier jour de la semaine, chez les juifs (le dimanche chez nous). Une magnifique aurore de printemps : le ciel à l'Est se teinte d'abord en rouge, puis il devient gris et rose. Bientôt le soleil apparaît dans son berceau doré derrière le mont des Oliviers. On voit les oliviers agiter légèrement sous la brise leur feuillage argenté. On respire le parfum embaumé de la fraîcheur matinale avant l'éclatante et desséchante chaleur de ces journées brûlantes.
Il faisait à peine jour quand Marie de Magdala ( la Madeleine ) s'est mise en route vers le tombeau : elle voulait sans doute être la première à venir exprimer son amour.
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Marie, mère de Jacques, Salomé, Jeanne et d'autres encore partent à leur tour de très grand matin : elles apportent les aromates qu'elles ont préparés pour l'embaumement du cadavre. Elles se demandent en chemin : Qui pourra bien rouler la pierre pour nous permettre d'entrer dans le tombeau ? » Il faut un homme fort et adroit... Pourront-elles seulement en rencontrer un Qui soit assez aimable pour leur rendre ce service ?
Elles sont sur la route quand, soudain, un violent tremblement de terre se fait sentir. Que se passe-t-il donc d'inattendu et. de terrible en ce matin d'un jour qui promet d'être si magnifique et si calme ?...
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Autour du tombeau, dans le jardin de Joseph, le peloton de soldats monte toujours la garde. Ils attendent impatiemment la relève pour la troisième et dernière journée de veille. Ils se sentent ridicules à monter la garde à cinq ou six autour d'un cadavre. « On n'a jamais vu çà... avoir peur d'un revenant !... » Que de plaisanteries grossières pendant ces longues heures de veille ! Que d'insultes à l'adresse de ces juifs exécrés et tremblants de peur à cause d'une momie ! Ah ! ils avaient peur d'un fantôme ! Eux, les soldats, ils voudraient bien le voir sortir du tombeau ! Quelle bonne partie de rire !...
Et cependant, ce matin-là, l'âme de Jésus revient dans le tombeau. Elle a abandonné ce corps deux jours plut tôt, mais elle revient le reprendre et l'animer : un courant de vie passe dans ces membres mutilés, les vivifie, les rajeunit. Soudain, au petit jour, les soldats somnolents sursautent en sentant le sol trembler. Ils ouvrent des yeux terrifiés et, titubant, se retrouvent à plat ventre, s'agrippant aux saillies des pierres pour reprendre leurs sens et leur équilibre. En même temps ils regardent vers le tombeau. Et que voient-ils ?... Un être mystérieux transparent de lumière et qui a tout d'un monde inconnu. L'Ange du Seigneur descend du Ciel, il s'approche du tombeau, roule la pierre et, comme un vainqueur, s'asseoit dessus : son visage est fulgurant... et son vêtement d'un blanc de neige éblouissant. Les sentinelles en tremblent de terreur ; elles restent là, figées d'épouvante.
Au bout de quelques instants le mystérieux personnage s'évanouit. Les soldats se regardent... Que s'est-il passé ?... Ils se frottent les yeux ; mais non, ils sont bien éveillés. Ils parlaient de fantôme, tout à l'heure : pour le coup îls sont bien servis. Et ils ont tous vu : ce n'est pas un rêve ni une illusion. D'ailleurs la pierre d'entrée est bien roulée sur le côté et les sceaux pendent brisés. Le plus courageux s'enhardit à pénétrer dans le tombeau... mais plus rien... le cadavre est disparu. Et eux qui sont là pour en assurer la garde !... Ils délibèrent entre eux... Comment aller maintenant expliquer qu ils ont manqué à la consigne ?... Mais ils ne pouvaient pas prévoir une chose pareille. C'est inouï ces histoires d'outre-tombe... « Quand les dieux se mettent de la partie, les pauvres humains sont impuissants », pensent-ils à part eux... Il faut bien s'y résoudre : ils s'en vont donc en ville rendre compte aux Grands- Prêtres de ce qui s'est passé.
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Marie-Madeleine arrive bientôt la première... Stupéfaction ! la pierre est roulée... et le tombeau ouvert... Son coeur bat très fort ; elle jette un regard furtif à l'intérieur... plus de corps... Profanation !... Tout hors d'elle-même, elle court bien vite avertir Pierre et Jean, le disciple préféré de Jésus : On a enlevé le Seigneur du tombeau et où peut-il bien être maintenant ?... »
Pierre et Jean, à cette nouvelle, accourent voir.
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Cependant les autres femmes qui sont en route vers le tombeau arrivent à leur tour. Elles entrent dans le jardin. Elles regardent avec des yeux ébahis...
Le tombeau est ouvert et la pierre qui est pourtant de taille, roulée sur le côté... Tout, étonnées, elles rentrent à leur tour dans le tombeau. Mais le corps de Jésus a disparu. Elles restent interdites et ne savent que penser. Quand, tout à coup, un jeune homme se présente à eux : il se tient assis à droite, habillé dans une robe éblouissante de blancheur. C'est le même personnage mystérieux qu'ont aperçu les sentinelles.
Les pauvres femmes sont effrayées, elles sont éblouies, comme hypnotisées ; elles baissent timidement la tête. Mais le Messager céleste leur adresse la parole N'ayez pas peur ; je sais que vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié. Pourquoi chezchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n'est plus ici ; voilà bien la place où on l'avait déposé, mais il est ressuscité maintenant, exactement comme il l'avait prédit. Souvenez-vous de ses paroles quand il était en Galilée : n'avait-il pas dit du Fils de l'Homme qu'Il devait être livré aux mains des pécheurs, être crucifié et le troisième jour ressusciter ? » Les femmes se souviennent, en effet... Le messager céleste continue :
« Eh bien, allez vite, courez annoncer à ses disciples et à Pierre en particulier : « Jésus est ressuscité d'entre les morts. Il vous attend en Galilée : c'est là-bas que vous le verrez comme il vous en avait prévenus. » Voilà tout ce que j'avais à vous dire. »
Alors, frémissantes de joie, les femmes s'en vont bien vite et courent annoncer la nouvelle aux apôtres. Mais eux prennent tous leurs dires pour des racontars de femmes et n'en veulent rien croire. 451 Pierre et Jean, avertis par la Madeleine , sont déjà partis : ensemble ils courent au tombeau. Jean, plus jeune et plus agile, devance Pierre et arrive le premier. Sans entrer, il se penche du dehors et voit posées à terre les linges qui ont enveloppé le corps de Jésus. Que s'est-il passé ?... Il est tellement ému et son coeur bat si fort qu'il n'ose pas entrer.
Simon Pierre arrive à son tour, tout essoufflé. Lui, il entre dans le tombeau e? que voit-il ?... Les linges sont par terre et le suaire qui enveloppait la tête du cadavre est soigneusement plié à part dans son coin. On n'a donc pas enlevé le corps, sans quoi on l'aurait pris et emporté tel qu'il était, avec son suaire.
Jean entre alors : il peut constater lui aussi... et il comprend... Sa foi en Jésus se réveille. Tous deux n'avaient pas encore bien compris qu'à en croire les Livres Saints il fallait absolument que le Christ ressuscitât d'entre les morts. Maintenant tout s'éclaire. Alors ils s'en retournent, tout pensifs et au fond tout heureux.
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A son tour Marie la Madeleine celle-là même de qui Jésus a chassé tant de démons revient au tombeau. Elle se tient à l'entrée, pleurant et sanglotant, inconsolable. C'est qu'elle ne sait pas le message que les autres femmes ont recueilli tout à l'heure dans le tombeau, de la bouche de l'envoyé céleste. Instinctivement elle entre... et, à travers ses larmes, aperçoit deux messagers célestes vêtus de blanc et assis sur la banquette de pierre où Jésus a été déposé, l'un à la place de sa tête, l'autre à la place de ses pieds. Mais elle ne reconnaît point là des anges ; sa douleur la rend insensible à tout ce qui se passe autour d'elle... elle croit vivre un rêve... elle s'enferme dans son chagrin. Pourtant ils la questionnent : «Pourquoi pleurez-vous ?... Parce qu'on a pris mon Seigneur et je ne sais même pas où on l'a mis », répond-elle ; et elle se détourne pour chercher ailleurs. Elle sort du tombeau et se met à errer au milieu des bosquets de jardin... Elle voit quelqu'un qui se tient là. C'est Jésus i mais elle ne le reconnaît pas : elle ne lui prête guère attention, elle voit les hommes et les choses à travers ses pleurs comme dans un brouillard.
Jésus lui demande :
« Pourquoi pleurez-vous, et que cherchez-vous ? »
Pour qu'il lui demande ce qu'elle cherche, c'est que cet homme doit être au courant, pense Madeleine, et elle a un soupçon sur lui... C'est sans doute le gardien du jardin de Joseph d'Arimathie... Sait-on jamais ?... Ces gens-là se croient tout permis parce qu'ils sont des hommes de confiance... et ils organisent les affaires à leur fantaisie. Ce gardien a peut-être considéré comme une profanation qu'un autre soit enterré là, dans le tombeau réservé à son maître... Si par fidélité, pour faire du zèle, c'était lui qui avait enlevé le corps de Jésus...
« Ah I je vous en supplie, si c'est vous qui l'avez enlevé d'ici, indiquez-moi où vous rayez mis pour que j'aille le prendre. »
Mais Jésus lui répond ce simple mot : « Marie », avec cet accent que la Madeleine connaît bien et qui éveille en son coeur un écho profond : c'est comme s'il voulait dire : Voyons, Madeleine, regardez-moi de plus près ! »
Du coup, Madeleine a reconnu Jésus :
« Oh I Maître », s'écrie-t-elle et elle veut le saisir.
Mais Jésus lui dit : « Ne me retiens pas ; je ne suis pas encore remonté vers le Père, nous nous reverrons... Mais va plutôt trouver mes frères et dis-leur de ma part : « Je m'en vais vers mon Père qui est aussi votre Père, vers mon Dieu qui est aussi votre Dieu. »
Alors Madeleine court bien vite trouver les disciples de Jésus : elle les trouve dans a consternation et le deuil • « J'ai vu le Seigneur », s'écrie-t-elle, puis elle leur répète ses paroles. Mais eux hochent la tête, toujours incrédules.
Cependant les autres femmes sont aussi revenues au tombeau en cette matinée. Et Jésus se présente à elles dans le jardin. Le premier, il les salue ; elles s'approchent et le reconnaissent ; elles se jettent à ses pieds et les embrassent avec amour ! Allons, relevez-vous et allez faire savoir à mes frères qu'ils aillent en Galilée ; c'est là qu'ils me verront. »
Alors elles s'empressent d'aller avertir les apôtres, mais ils ne les croient pas davantage... Ils les traitent tout simplement d'hallucinées, de visionnaires et de demi-folles.
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II-COMMENT ON ÉTOUFFE UNE AFFAIRE COMPROMETTANTE ( 2)
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Tandis que les femmes vont et viennent au sépulcre, les soldats romains de service à la garde du tombeau sont revenus en ville, tout penauds et encore sous le coup du prodige ; ils viennent rendre compte aux Grands-Prêtres de ce qui s'est passé.
La nouvelle jette les ennemis de Jésus dans un état de consternation et de fureur encore jamais atteint. Ils en écument de rage... Leur beau triomphe va tourner en humiliante défaite... Et désormais à quoi ne faut-il pas s'attendre? La série des miracles va recommencer... Les événements vont se précipiter. Ils (se sentent jetés dans un monde étranger, en plein surnaturel et ils ne voient pas à quoi se raccrocher...
Ils convoquent aussitôt une assemblée extraordinaire avec pharisiens et notables. Quel expédient trouver ?... Ces soldats romains ne sont pas susceptibles d'être pris pour des illuminés et des visionnaires. Non, ce sont de bons vivants et ils n'ont guère l'esprit religieux et mystique. Aucun doute, il s'est passé là-bas quelque chose d'extraordinaire. D'autre part impossible de faire punir le corps de garde sous prétexte de manque de vigilance ; l'affaire ferait sensation... Mieux vaut ne rien ébruiter et tout étouffer... Ils vont donc acheter la complicité des gardes : ils prennent sur le Trésor du Temple, et donnent aux soldats une grosse somme d argent avec cette consigne : « Vous direz que ses disciples sont venus la nuit pendant que vous dormiez et ont volé le cadavre. »
Ce n'est pourtant pas logique, car si les soldats romains dormaient, qu'ont- ils pu voir ?... et s'ils n'ont rien, vu, quelle valeur donner à leur rapport ? Mais peu importe... Les soldats hésitent... C'est qu'ils ne veulent pas s'accuser d'une désertion de poste : une sentinelle endormie déserte son poste et on ne badine pas avec la consigne.
« N'ayez aucune inquiétude », disent les Grands-Prêtres pour les tranquilliser ; si l'affaire parvient aux oreilles du gouverneur, nous l'apaiserons et nous vous mettrons à couvert. »
Les soldats, tentés par l'argent, acceptent le marché et répètent à qui veut l'entendre la leçon qu'on leur a apprise. D'ailleurs ce mensonge s'accréditera parmi les juifs et bien des années après, on y croira encore.
En somme, on veut étouffer l'affaire ; mais le procédé est vraiment grossier : en effet, ou bien le corps du crucifié a été volé et les soldats doivent être punis, ou bien l'histoire de la Résurrection est tout à fait fantaisiste et pour la détruire il n'y a qu'à présenter au peuple le cadavre de Jésus... mais on n'en fait rien et pour cause...
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III LE MYSTÉRIEUX VOYAGEUR ( 3 )
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Ce soir-là, deux disciples de Jésus s'en retournent à Emmaüs, petit village de campagne situé à 26 kilômètres de Jérusalem. Contrairement à d'autres pèlerins qui reviennent joyeux d'avoir passé de bonnes fêtes de Pâque, ils sont tristes et abattus. Ils causent des événements récents.
Comme ils devisent ainsi, échangeant leurs impressions, quelqu'un les rejoint sur la route : c'est Jéstis. Il se met à marcher à leur hauteur mais eux ne peuvent pas le reconnaître. Lui commence à lier conversation :
« De quai parlez-vous ainsi en marchant ? Car ils paraissent tout tristes. A cette question, ils s'arrêtent : « Comment pouvez-vous nous poser une pareille question », lui répond l'un d'eux qui s'appelle Cléopas. Vous êtes sûrement le seul pèlerin de Jérusalem à n'être pas au courant de ce qui s'est passé depuis quelques jours.
Ah l et quoi donc ?
Mais l'affaire de Jésus de Nazareth !... un homme extraordinaire, un envoyé de Dieu, un prophète qui a fait devant tout le monde des choses prodigieuses et dit des paroles inoubliables... Eh bien I nos Grands-Prêtres avec tout leur tribunal l'ont fait condamner à mort et crucifier. Nous, ses disciples, nous espérions que ce serait Lui le Libérateur de la Nation d'Israël. Hélas, voilà déjà trois jours de cela, et rien d'extraordinaire ne s'est encore produit. Il y a bien quelques femmes amies qui nous ont raconté des choses bouleversantes : elles seraient allées ce matin de très bonne heure au tombeau et n'auraient plus trouvé son corps ; et elles sont même venues nous raconter que des anges leur seraient apparus : ce anges leur auraient affirmé que Jésus est bien vivant. Alors quelques-uns des nôtres sont allé vérifier : ils ont bien trouvé les choses comme les femmes avaient dit, mail en fait, Lui, ils ne l'ont pas vu.
Comme vous êtes durs à comprendre et longs à croire tout a. qu'ont annoncé les prophètes !... Est-ce que le Christ, d'après les Livres Saints, n'était pas obligé d'en passer par toutes ces souffrances avant de faire éclater sort triomphe ?
Alors, en commençant par Moïse et en passant par tous les prophètes, Jésus se met à leur expliquer tous les passages concernant le Messie. Et au fond de leur coeur ils se reprennent à espérer... Jamais, en effet, ils n'avaient soupçonné cette manière d'interpréter les Livres Saints.
Cependant voici Emmaüs et nos deux voyageurs sont arrivés. Jésus fait semblant d'aller plus loin, mais ils le conjurent de rester avec eux.
« Restez avec nous ce soir... Voyez, il est tard, et bientôt il fera nuit. » Pourquoi ce maître en religion car c'en est un sûrement ne passe rait-il pas la nuit avec eux ?... S'il n'est pas trop fier...
Jésus accepte : il passera la nuit chez eux. On se met à table. Et voici que le mystérieux voyageur fait d'autorité le maître de maison. Il prend le pain, récite la formule de bénédiction avant le repas, le partage, et le distribue à ses deux compagnons. A ce geste, ils s'étonnent. Ils ouvrent de grands yeux. Ils le reconnaissent.
Et soudain Jésus n'est plus là... Il vient de disparaître à leurs yeux. Dans sa nouvelle vie son corps ressuscité n'est plus soumis aux lois de cette terre, à l'espace ni à la pesanteur.
Nos amis se regardent interloqués ; mais très vite ils réagissent :
« C'est bien Lui. Il est donc bien ressuscité... Ah ! le voilà le triomphe Nous aurions dû nous en douter plus tôt. Nous nous sentions pourtant le coeur chaudement réconforté quand II nous parlait sur le chemin, quand fi nous expliquait les Livres Saints.
Leur fatigue a complètement disparu. Ils n'ont pas encore mangé une seule bouchée... mais peu importe. Ils se lèvent de table et reprennent aussitôt le chemin de Jérusalem pour annoncer la grande nouvelle.
Ils trouvent les onze apôtres réunis avec d'autres disciples : ils sont à peine arrivés qu'on leur crie :
« Vous savez la nouvelle !... Le Seigneur est vraiment ressuscité : il a apparu à Simon. Et à nous deux aussi !... écoutez plutôt ! Et ils se mettent à raconter comment Jésus s'est joint à eux sur la route et comment ils l'ont reconnu quand Il a partagé le pain. Mais eux, on ne veut pas les croire...
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IV-CEUX QUI NE CROIENT QUE CE QU'ILS VOIENT (4)
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Ce même soir les apôtres et quelques amis se sont réunis dans une maison de Jérusalem. C'est sans doute dans la salle même où ils ont mangé la Pâque avec Jésus, car l'hôte est probablement un ami. Les portes sont soigneusement fermées : on a tout lieu de craindre les recherches des juifs. Après avoir crucifié le Maître, restent les disciples. Quel sort les attend ? Comme toute cette aventure finit dans le tragique ! Jésus l'avait bien prédit. Que vont-ils devenir ? Pourront-ils jamais reparaître dans la vie ?... On les montrera du doigt... Voilà les disciples du fameux Jésus qui est mort comme le dernier des esclaves !... En tout cas, pour l'instant, la police est alertée... et peut-être sur leurs traces depuis l'histoire du tombeau trouvé vide. En ville le bruit a couru, ce soir, qu'ils sont allés violer la tombe...
D'autre part tous ces événements bouleversants du matin : ces femmes qui affirment avoir vu Jésus ressuscité !... Et puis Pierre qui a vu le Seigneur !... Pierre tout de même n'a rien d'un halluciné... et puis c est le chef... Enfin ce dernier épisode des disciples .d'Emmatis...
Bref, on se met à table..,
Soudain une voix : « Vivez en paix! » (c'est le bonjour de l'époque). Stupéfaction !... Jésus est là en personne au milieu d'eux?... Par où est-il venu ?... Mystère !... Tout le monde est cloué sur place de terreur : on croit voir un fanôme... Jésus !... mais ce n'est pas possible !...
« Qu'est-ce qui vous trouble ainsi ?... Vous n'avez pas l'air très rassurés en me voyant... Pourquoi doutez-vous encore dans votre coeur ? »
Et Jésus commence à leur reprocher d'être aussi incrédules et aussi butés : ils ne veulent pas croire ceux qui l'ont vu ressuscité. « Voyez mes mains, voyez mes pieds ; et voici encore mon côté (Jean l'avait vu percé, lui au moins). Oui, c'est bien moi; touchez-moi, rendez-vous compte par vous-mêmes : un esprit n'a ni chair ni os. Et vous voyez bien que j'en ai, moi. »
Mais eux n'osent pas croire encore. Ils ont peur d'avoir à regretter un moment de fausse joie, en prenant leurs désirs pour des réalités. « Avez-vous quelque chose à manger ? » poursuit Jésus.
Ils lui présentent un reste de poisson grillé ; devant eux II en prend et il en mange. Alors ils sont sûrs maintenant que c'est le Seigneur. Quel débordement de joie !...
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Maïs Jésus a une grande mission à leur confier : celle de continuer son oeuvre. « Comme le Père m'a envoyé, à mon tour, je vous envoie. »
Dieu a envoyé son Fils pour sauver le monde du péché, pour le délivrer du Mal... Les disciples auront à continuer cette libération des âmes dont le plus gros travail a été fait au Calvaire. Alors Jésus souffle sur eux comme s'il voulait faire passer dans leur coeur une vie nouvelle : c'est le signe extérieur d'une irruption en eux d'un pouvoir réel ; désormais ils participent aux pouvoirs de Dieu même, puissance surhumaine et incompréhensible qui pourra comme lui et en son nom délivrer du péché et du mal.
« Recevez l'Esprit Saint !... Ceux à qui vous pardonnerez les fautes en seront délivrés ; ceux à qui vous ne les pardonnerez pas en resteront coupables (car leur repentir ne sera pas sincère à ceux-là et ils ne voudront pas vraiment changer de vie). Seul Dieu peut pardonner le mal de ses créatures. Le Christ donne à ses apôtres le pouvoir de pardonner au nom de Dieu.
Cela se passe le soir même du lendemain du grand Sabbat de Pâque, 458 jour célèbre désormais, jour de Résurrection, Dimanche de Pâque du monde entier.
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Mais l'un des douze, Thomas, surnommé Didyme, n'est pas là, ce soir, avec les autres. A son retour tout le monde l'accueille avec des cris enthousiastes : (( Tu sais, Thomas, nous avons vu le Seigneur ! »
Mais on a beau lui affirmer sur tous les tons que Jésus est venu ici même il y a quelques instants, Thomas ne veut rien croire : il reste sceptique, obstiné. Il lui faudrait des preuves palpables. Pour lui tous ses amis sont le jouet d'une hallucination et ce n'est pas étonnant : ils sont énervés comme les femmes qui, ce matin, allaient et venaient comme des folles autour du tombeau. Puisque nous te disons que nous avons vu ses blessures », insistent lesapôtres ; « nous avons vu le trou des clous dans ses mains et dans ses pieds, et la plaie de la lance dans son côté !
— Mais vous n'y avez pas touché !... Voilà... Il fallait y toucher... et vous auriez constaté que vous étiez le jouet d'une illusion... Pour moi, si je ne vois pas moi-même la marque des clous dans ses mains et si je ne mets pas ma main dans son côté, jamais je n'y croirai. »
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Huit jours après, les apôtres et les disciples sont encore réunis dans cette maison ; et Thomas est avec eux. Pendant cette longue semaine ils ont attendu Jésus avec anxiété... Viendra-t-il ?... ne viendra-t-il pas ?... Comme ils se sont montrés peu dignes de lui... comme ils ont été lents à comprendre et à croire. Et maintenant que doivent-ils faire ? Revenir en Galilée sans doute : Jésus les y attend sûrement puisqu'il le leur a dit avant de mourir et que les femmes ont eu mission de le leur rappeler. C'est donc, ce soir, la dernière réunion avant le départ. Ils sont toujours soigneusement enfermés... Jusque là ils n'ont pas été inquiétés, mais que de précautions prises depuis huit jours pour ne pas faire découvrir leur cachette
Tout d'un coup Jésus se trouve au milieu d'eux : « Paix à vous tous ! » Et il s'adresse directement à Thomas : .« Mets ton doigt ici et regarde bien mes mains ; approche ta main et mets-là dans la plaie de mon côté. Et désormais ne sois plus incrédule, mais croyant... »
Thomas tombe à ses genoux : « Mon Seigneur et mon Dieu!
— Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru, ce n'est pas étonnant ni très méritoire ; mais heureux ceux qui accepteront de croire sans avoir vu. »
Après cette deuxième apparition de Jésus, les disciples quittent Jérusalem pour revenir dans leur pays de Galilée, suivant l'ordre que Jésus leur a donné. Et ils attendront là-bas les consignes précises du Maître.
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V-LE DÉJEUNER AUX BORDS DU LAC (5 )
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Jésus ressuscité va se montrer à ses disciples, un beau jour, au bord du lacde Galilée (dit lac de Tibériade). Voici comment Simon Pierre, Thomas, surnommé Didyme, Nathanad de Cana, les deux fils de Zébédée le pêcheur (Jacques et Jean) et encore deux autres disciples se trouvent ensemble ce jour-là. Que faire ?... Il faut bien vivre et occuper son temps, en attendant le signal de Jésus... Et ils ne veulent rien entreprendre avant d'avoir reçu les dernières consignes. Leur ancien métier à plusieurs, c'est la pêche. Ils retrouvent donc leur barque et leurs filets.
Dans la contrée, on s'est moqué d'eux à leur retour... Comment ces pêcheurs raisonnables et équilibrés avaient-ils pu se laisser séduire par Jésus, cet aventurier, grand faiseur de prodiges, mais qui avait sûrement passé un pacte avec le démon pour avoir été condamné et mis à mort par le Grand Conseil de la Nation... Ils avaient cru à la fortune de Jésus, mais l'ambition est toujours punie. Maintenant, bien assagis, ils revenaient à leur ancien métier. Ainsi raisonnent les gens de Capharnaüm et d'ailleurs.
Ce jour-là donc, Pierre dit à ses compagnons :
« Je m'en vais pêcher. Nous allons avec toi » disent les autres.
Et les voilà partis dans la barque de Pierre. Il y a longtemps qu'elle n'a pas servi... On jette les filets de plongée... Mais de toute la nuit on ne prend rien. Pourtant ils connaissent encore les bons coins ; mais le poisson est capricieux et, voyageant par bancs, il a peut-être changé ses habitudes depuis deux ans, ou bien ce sont eux qui ne sont plus bons à rien
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Fatigués, ils ramènent, au petit jour, la barque vers le rivage. Un inconnu est déjà là gui les attend : c'est Jésus niais ils ne le reconnaissent pas. Lui leur demande : « Braves gens, avez-vous du poisson à manger ? » Souvent ainsi, le matin, des commerçants ou des voyageurs hèlent les pêcheurs à leur retour...
« Non, nous n'avons rien pris ! » crient-ils de loin. L'étranger, qui parle comme un connaisseur, leur dit : « Croyez-moi, jetez le filet sur votre droite, vous en trouverez. » Il a peut-être bien raison après tout. S'il est là depuis un moment, il a pu voir quelques grosses pièces venir respirer en éclaboussant à la surface de l'eau. Déjà pas mal vexés de revenir bredouilles, nos pêcheurs font une dernière tentative. Ils déroulent le filet à l'endroit indiqué. Bientôt on voit les cordes s'agiter. Ils veulent relever le filet... c'est presque impossible tellement il est lourd de poissons.
Alors Jean se souvient. Il se rappelle une autre pêche merveilleuse. Plus aucun doute : cet inconnu sur le rivage, c'est Jésus. Il dit donc à Pierre qui sue en manoeuvrant son filet :
« C'est sûrement le Seigneur. » Simon Pierre, à ces paroles, comprend aussi. Aucun doute possible. Il laisse retomber son filet. Tout juste a f fublé d'une blouse flottante de pêcheur, il prend sa ceinture, se serre à la taille, retrousse sa blouse dans sa ceinture et se jette à l'eau. La barque est à peu près à 100 mètres du rivage... Il est bientôt auprès de Jésus. Les autres disciples rament rapidement vers la rive traînant le filet chargé de poissons.
Les voilà à terre... Et que trouvent-ils ? Jésus auprès d'un petit feu de bois. Et sur ce feu, du poisson en train de griller ; et près de ce feu, des tranches de pain toutes préparées.
Jésus leur dit :
« Apportez quelques poissons, choisissez-les dans votre pêche. »
Alors Simon Pierre remonte dans la barque et relève le filet en le tirant sur la plage. On fait le compte : 153 gros poissons ; et malgré ce poids énorme, le filet, inutilisé pourtant depuis longtemps, n'a pas cédé.
« Maintenant venez déjeuner », dit Jésus. Pendant ce petit repas frugal, il n'en est aucun qui ait la sottise de demander à Jésus qui IL est... car tous ont bien reconnu le Seigneur. C'est Jésus qui veut les servir et leur partager le pain et les poissons, et tout cela avec une simplicité et un charme de poésie, sur le bord de ce grand lac, au lever du soleil.
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Le déjeuner terminé, Jésus dit à Simon Pierre : « Simon, fils de Jona, m'aimes-tu plus que les autres ? »
En voilà une drôle de question. Pierre est plutôt gêné. Bien sûr qu'il aime son Maître !... Mais plus que les autres ?... Voilà qui est bien délicat à dire... Il se rappelle ses folles déclarations de fidélité devant tout le monde, quelques heures avant la fameuse nuit de l'arrestation... Il se rappelle la cour du Grand-Prêtre, le brasero, la servante, le chant du coq IL répond timidement :
« Seigneur, vous savez bien que je vous aime. Sois le berger de mes agneaux. » Une seconde fois il lui demande : « Simon, fils de Jona, est-ce bien sûr que tu m'aimes ? »
Pierre est vraiment ennuyé de cette insistance.
« Mais oui, Seigneur, vous le savez bien. Sois le berger de mes brebis. »
Puis, pour la troisième fois :
« Simon, fils de Jona, tu m'aimes vraiment ? »
Du coup, Pierre se trouble. Ainsi Jésus n'est pas sûr de son amour !... Evidemment, il l'a renié trois fois !... et ce petit feu, là sur la plage, lui rappelle avec insistance cet autre feu de la cour du Grand-Prêtre... Ah ! pauvre Pierre !.. Il en pleure presque de penser que Jésus puisse ainsi douter de son affection... Et pourtant il doit bien savoir, lui qui sait tout, que Pierre donnerait sa vie pour réparer sa faute !... Alors, tout bouleversé, regardant son Maître avec des yeux brillants de larmes et refoulant le sanglot qui monte à sa gorge, il répond simplement :
« Mais Seigneur, puisque vous savez tout, vous devez bien savoir que je vous aime vraiment !...Sois donc le berger de mon troupeau. »
Jésus veut en effet confirmer à Pierre son titre de Chef dans la société future de tous les baptisés, et il veut, aux yeux de tous, effacer le triple reniement de son apôtre par une triple protestation d'attachement. Désormais, c'est lui le Chef du troupeau
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Mais Jésus a aimé son troupeau au point de lui sacrifier sa vie ; et il faut que Pierre soit prêt au même sacrifice. Jésus l'en avertit par l'allusion suivante :ce Pierre, quand tu étais jeune, tu t'habillais, tu mettais ta ceinture tout seul (il faut toujours, en Orient, relever ses amples vêtements au moyen d'une ceinture, afin de travailler et de marcher plus à l'aise), et tu marchais ou tu voulais ; mais lorsque tu auras vieilli, tu seras obligé d'écarter les bras pour qu'un autre t'attache ta ceinture, et on te mènera là où tu ne voudrais pas aller. »
(Quand on est vieux, on ne peut plus s'habiller soi-même ; on est obligé d'élever et d'étendre les bras pour qu'un autre vous attache la ceinture : c'est aussi le geste des crucifiés d'élever et d'étendre les bras.)
Jésus veut par là faire entrevoir à Pierre le genre de mort qui lui est réservé et de quelle manière il devra un jour rendre témoignage à Dieu. Et Pierre sera martyrisé, crucifié la tête en bas.
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-Jésus ajoute « Pierre, viens avec moi... »
Pierre marche donc avec Jésus, sur le rivage ; mais bientôt, se retournant, il voit, derrière Jésus, Jean, le disciple préféré : celui qui, au dernier repas, s'est penché sur la poitrine de Jésus pour lui demander : « Seigneur, qui est-ce le traître ? »
Alors Pierre, tout étonné de se voir choisi comme chef alors que Jean, lui, a été plus fidèle et est allé jusqu'au Calvaire, demande à Jésus (car une amitié profonde l'unit à Jean « Et lui, Seigneur, que deviendra-t-il ? »
Jésus lui répond :
« Quand bien même je voudrais qu'il demeure ici-bas jusqu'à ce que je revienne, que t'importe ?... Pour toi, il faut que tu marches sur mes traces. »
C'est à cause de cette parole que, parmi les frères, on prétendra longtemps que Jean ne devra pas mourir. Et cependant Jésus n'a jamais voulu dire une pareille chose mais il a fait à Pierre cette simple supposition : « Quand bien même je voudrais qu'il vive jusqu'à mon retour, cela ne te regarde pas. » .
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Références
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(1) Luc, XXIV, 1-12. Marc, XVI, 1-11. Mathieu, XXVIII, 1-10. Jean, XX, 1-18.
(2) Mathieu, XXVIII, 11-15.
( 3) Luc, XXIV, 13-35. Marc, XVI, 12-13
(4) Luc, XXIV, 36-43. Marc, XVI, 14, Jean, XX, 19-29.
(5) Jean, XXI, 1-23. |
VI - LA MISSION OFFICIELLE (6 )
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465-
A quelques jours de là, les onze apôtres se retrouvent sur une colline de Galilée où J Jésus a donné rendez-vous. Quelques-uns déjà commencent à se demander si Jésus va venir... Soudain il est là. D'où vient-il ? De la terre, bien sûr, et non du Ciel, car il vit sur la terre, mais d'une manière glorieuse. Les apôtres se prosternent à ses pieds... Il a ce jour-là une attitude de majesté qui les impressionne Le moment est venu de la Mission Officielle et définitive.
« Toute puissance m'a été donnée dans le Ciel et sur la Terre. Allez donc à travers le monde entier : annoncez la Bonne Nouvelle à toute créature humaine ; instruisez toutes les nations (il n'y a donc plus de race choisie, de peuple élu...). Celui qui ne voudra pas croire sera condamné. Celui qui croira et recevra le baptême sera sauvé. Baptisez-les donc au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit (c'est l'incorporation à la société de Jésus, l'entrée au Royaume de Dieu). En seignez-leur à mettre en pratique tout ce que je vous ai commandé. »
N'est-ce pas effrayant pour ces pauvres pêcheurs que cette mission de transformer le monde romain en parlant d'un crucifié ?...
Mais Jésus les rassure.
« Je suis, jour après jour, et tout le temps, avec vous, jusqu'à la fin du monde. Les miracles accompagneront ceux qui auront cru en moi : en mon nom ils chasseront les démons ; on les entendra parler des langues nouvelles sans les avoir apprises ; les serpents, ils les prendront dans la main ; le poison qu'on leur fera boire ne leur fera aucun mal ; ils imposeront les mains sur les malades et les malades seront guéris. »
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VII- RETOUR À LA MAISON DU PÈRE (7 )
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Jésus a donné à ses apôtres la consigne de revenir à Jérusalem. On approche des fêtes de la Pentecôte. Ils rentrent donc leurs filets et reprennent la route de Jérusalem. Qui maintenant se soucie de Jésus après ces 40 jours écoulés, depuis sa mort ?... Les chefs des prêtres, les pharisiens et tous leurs amis triomphent enfin et chassent ce mauvais souvenir comme on chasse le cauchemar d'une nuit passée.
Les apôtres sont réunis dans leur logement habituel quand, soudain, Jésus paraît au milieu d'eux : au cours du dernier repas pris en commun il leur donne ses dernières consignes. Quand nous vivions ensemble. n'était-ce pas mon enseignement qu'il fallait que fut accompli tout ce que Moïse dans sa Loi et ce que les prophètes et les Psaumes avaient prédit de moi ?
Alors Jésus leur ouvre l'intelligence pour leur faire comprendre tous les textes sacrés : il est bien écrit par exemple que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts le troisième jour. Il est bien écrit aussi qu'ils devront prêcher en son nom un changement de vie pour que le monde obtienne le pardon de ses fautes. Et cela concerne toutes les nations du monde, à commencer par le peuple de Jérusalem;
« C'est vous les témoins de tout ce qui s'est passé. Vous devez en porter témoignage... Ce sera très difficile.., et il faudra un courage héroïque ; mais prenez courage, gardez confiance. Je vais bientôt vous envoyer ce que mon Père a promis. Pour vous, en attendant, restez à Jérusalem ; et surtout ne quittez pas la ville. Rappelez-vous bien ceci : Jean le Baptiseur n'a baptisé qu'avec de l'eau ; vous, vous serez baptisée d'ici quelques jours, dans l'Esprit Saint. Alors vous serez doués d'une force surhumaine. » Cependant plusieurs l'interrompent :
« Alors, c'est maintenant, Seigneur, que vous allez rétablir la Royauté dans la nation d'Israël ?... »
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-Ceux-là n'ont pas encore compris : ils songent toujours à cette fameuse libération politique et à la domination des juifs sur tous les peuples du Monde. « Laissez cela pour le moment : c'est l'affaire du Père. Pour vous, voici ce qui seul importe : le Saint Esprit va donc descendre en vous. Il vous donnera une force, un courage extraordinaire. Et alors vous serez mes témoins à Jérusalem, puis dans toute la Judée , dans la Samarie et jusqu'aux extrémités de la Terre. »
Ceci dit, il les emmène du côté de Béthanie sur le mont des Oliviers ; il lève les mains au ciel, leur donne une dernière bénédiction. Et sous leurs yeux il s'élève et est bientôt enlevé dans les airs. Tous le suivent du regard ; mais des nuages viennent le dérober à leur vue.
Jésus est retourné près de son Père dans le Ciel...
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-Ils se protsernent, ils baisent la terre où il a posé ses pieds pour la dernière fois. Et obstinément ils fixent l'endroit du Ciel où il vient de disparaître. Mais non, plus rien...Alors deux personnages habillés de blanc apparaissent près d'eux et leur demandent :
« Gens de Galilée, qu'avez-vous à regarder ainsi vers le Ciel ?... Ce Jésus qui vient de vous quitter pour monter au Ciel, en redescendra un jour de la même manière, comme vous l'avez vu monter...»
Alors, ils quittent le Mont des Oliviers et rentrent à Jérusalem, débordants de joie... Ils regagnent à l'étage la grande salle qui leur sert de lieu ordinaire de réunion. Souvent, ils vont prier au Temple, tous les onze en compagnie de Marie, la mère de Jésus et de quelques membres de sa parenté. Ils passent ainsi dix longues journées en prière.
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VI II- LE FEU DE L'ESPRIT (8)
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La fête de la Pentecôte arrive... Soudain, vers 9 heures du matin, on entend venir du Ciel un fracas de tonnerre, comme pendant un violent orage... et la maison entière où les Apôtres sont réunis est ébranlée. Une gerbe de feu paraît au même instant, elle se partage en autant de flammèches qui viennent se poser sur chacun d'eux. Alors, tous sont remplis du Saint-Esprit. Une force inconnue les envahit, les pénètre, les imprègne. Ils se relèvent complètement transformés.
La foule des pèlerins venus à Jérusalem pour la fête a entendu ce vacarme inattendu... On se rue vers la Maison des Apôtres où il semble bien qu'on vient de voir tomber la foudre.
Alors les Apôtres se présentent sur la terrasse et commencent à s'exclamer dans des transports d'enthousiasme. Or, il y a là des gens venus de tous les pays du monde alors connu : depuis l'Arabie jusqu'à Rome, en passant par l'Egypte et la Grèce. On compte peut-être une vingtaine de nationalités différentes. Et il se produit cette merveille inouïe : chacun entend les Apôtres dans sa propre langue.
Ensuite, Pierre élève la voix pour dominer le tumulte !... Dans un discours magnifique, lui, le pêcheur du lac, lui l'illettré, il se met à parler de Jésus :
Ce Jésus de Nazareth qui a fait tant de prodiges... Ce Jésus que vous avez attaché à la croix et que vous avez fait mourir sous les coups des païens... Dieu l'a ressuscité. C'est Lui le Seigneur... C'est Lui le Christ.
Et il développe longuement son discours.
Dès le début, l'Eglise, la société des Chrétiens est universelle et s'adresse à tous les peuples et à toutes les races : le Royaume de Dieu est pour tous les hommes.
Devant la conviction chaleureuse de ces hommes et devant ce miracle beaucoup de gens se convertissent et embrassent la cause de Jésus. Ce même jour Pierre et les Apôtres en baptisent 3.000.
Les Apôtres s'en vont prêcher partout : ils font des miracles. Le Seigneur est avec eux...
L'Eglise est fondée...
Et cela dure depuis 2.000 ans.
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CONCLUSION (9)
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470-
Avant qùe Dieu fît le monde de rien, le Fils de Dieu existait déjà parce qu'Il est Dieu, et qu'Il ne fait qu'Un avec son Père... Toutes choses ont été faites par Lui et rien de ce qui existe n'a été fait sans Lui car il est la Vie.
Il est venu sur la Terre pour nous donner la Vie et nous révéler la Vérité. Mais les juifs n'ont pas cru en Lui, malgré le témoignage de Jean-Baptiste envoyé par Dieu pour préparer les âmes à le recevoir. Le Christ est la vraie Lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Il vécut parmi les hommes et les hommes ne l'ont pas reconnu. Mais à tous ceux qui l'ont reçu, en croyant en Lui, il a donné le pouvoir de devenir Enfant de Dieu. Ceux qui croient en Lui sont nés à une nouvelle vie : non pas une vie selon la chair, mais une vie qui vient de Dieu.
En effet, le Fils de Dieu s'est fait homme. Il a habité parmi les hommes. Nous, ses apôtres, nous avons été témoins de sa gloire : la gloire de celui qui apparaissait comme le Fils unique de Dieu. Oui, nous l'avons vu plein de grâce et de vérité... Et c'est de sa plénitude que nous avons tout reçu. La Loi avait été transmise par Moïse ; mais la grâce et la vérité c'est par Jésus qu'elles nous sont venues.
Personne n'a jamais vu Dieu. Seul, Celui-là a pu en parler qui vit avec son Père de la même vie, Dieu comme Lui et son Fils unique.
Mais un de ses disciples, parmi d'autres, celui qu'Il aimait d'un amour spécial, a voulu rendre témoignage sur la vie terrestre du Fils de Dieu. Et il en a écrit un récit. On peut le croire. Il y aurait eu bien d'autres choses à dire encore ; entre autres on aurait pu raconter une foule d'autres miracles qui ne se trouvent pas consignés dans ces pages, mais si on voulait tout écrire, moi, Jean, je ne sais pas si le monde lui-même serait assez grand pour contenir tous les livres qu'il faudrait écrire. En tout cas, ce qui a été écrit dans ces pages a été écrit pour que vous croyiez que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, de manière que, le croyant, vous ayez la Vie en son Nom.
Moi aussi, Luc, un militant des premières années, disciple de Paul, j'ai suivi l'exemple de ceux qui ont déjà entrepris de composer le récit de tout ce que Jésus a dit et fait parmi nous. J ai pris mes renseignements auprès de ceux qui, dès le début, ont été les témoins oculaires et se sont trouvés mêlés aux événements. Depuis longtemps je me suis appliqué à tout connaître exactement et j'ai voulu, moi aussi, en faire un récit bien ordonné, à ton intention, cher lecteur qui cherches à connaître Dieu, pour que tu sois bien convaincu des vérités religieuses que tu as déjà pu apprendre.
Gloire au Christ, notre vrai Libérateur I
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| Références |
(6) Marc, XVI, 15-18. Mathieu, XXVII, 16-20.
(7) Luc, XXIV, 44-53. Marc, XVI, 19. Actes des . Apôtres (chapitre I).
(8) Marc, XVI, 20. Actes des Apôtres, chapitre II : çà et là,
(9) Luc, I, 1-5; Jean, I, 1-18 XX, 30-31; XXI. 24-25. |
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