Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de 
Mgr Pierre André Fournier  et ami de
ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

Signez mon livre d'or Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens. 


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU
MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE
DIT QUELQUE CHOSE?

Ne laissez pas de message personnel s.v.p. donnez moi votre url et @ pour que je puisse vous répondre

Titre de la série :
Jésus le libérateur-Livre - IV
Titre de la page:

1- AUX EAUX THERMALES ( 1 )

Nom de l'auteur:
P.  Pierre-Thivollier f.c

1- AUX EAUX THERMALES ( 1 )

211
Jésus monte à Jérusalem pour prendre part aux cérémonies d'une fête juive (vraisemblablement de la Pentecôte ).

Se rendant au Temple, il vient à passer par la piscine de Bézatha qui se trouve à Jérusalem près de la porte des Brebis, à mi-côte dans le ravin qui longe les remparts sur le côté nord du Temple, et sur le chemin où passent les troupeaux destinés aux sacrifices Cette piscine est dotée de cinq galeries couvertes. A l'abri du soleil et de la. pluie, on voit là, étendus, des malades de toutes sortes : infirmes, paralysés, boiteux, aveugles. Ils sont au bord du bassin, attendant qu'on ouvre la vanne qui retient les eaux fraiches et pures de la source. C'est une source thermale : on lui attribue un pouvoir curatif de premier ordre ; il faut se baigner quand elle arrive bouillonnante et écumante dans le bassin : alors le bain prend toute son efficacité. On dit même à Jérusalem c'est la croyance populaire qu'un ange de Dieu passe à ce moment-là ; il agite les eaux et le premier qui arrive à se jeter dans le courant est sûr de bientôt guérir.

Parmi les malheureux qui attendent ce qu'ils appellent le « mouvement de l'eau » il y a un homme, infirme depuis 38 ans. Jésus fait tranquillement le tour des galeries, laissant ses disciples distribuer quelques menues aumônes à ces mendiants. Le cas de cet infirme paraît l'intéresser. Il apprend que son état dure depuis si longtemps.

« Veux-tu être guéri ?

Oh ! je voudrais bien ; seulement je n'ai personne pour m'aider à me jeter au bain quand c'est « le mouvement de l'eau » j'ai beau me presser, il y en a toujours un qui va plus vite que moi et y descend le premier.

  Eh bien, lève-toi, prends ton matelas et va-t'en. » L'infirme se sent guéri. Il se lève et se tient ferme sur ses jambes. Tout joyeux il charge son matelas sur son épaule et se met à marcher.

A ce malheureux qui commençait à désespérer de son sort, Jésus n'a même pas demandé de croire en lui. Il s'est trouvé ému de tant de souffrances et écoeuré de tant d'égoïsme de la part des autres : depuis 38 ans, cet homme n'avait jamais trouvé une âme compatissante !

212-
Mais c'est aujourd'hui jour de Sabbat, et voilà notre infirme qui rentre en ville, et qui, fou de joie, court à travers les rues encombrées de pèlerins, emportant gaillardement son matelas.

Comment ? en plein jour de Sabbat !... mais il est interdit ce jour-là de porter quoi que ce soit... même une figue dans sa poche.

« Arrête, malheureux, lui crie-t-on, tu n'as pas le droit d'emporter ainsi ton matelas. As-tu oublié que c'est Sabbat aujourd'hui ? » Le miraculé s'arrête, interdit : « Mais c'est mon guérisseur qui me l'a dit : « Emporte ton matelas et va-t'en. » n Et il veut continuer son chemin... Ca lui est bien égal, à cette heure, toutes les bigoteries des pharisiens. Il sait une chose : depuis 38 ans, il était paralysé. Un inconnu l'a guéri instantanément ; il lui a dit d'emporter son matelas : un guérisseur aussi formidable doit bien savoir ce qu'il a à faire... Mais on l'arrête de nouveau : « Oh ! Oh ! Quel est celui qui a osé te dire : « Emporte ton matelas ? »

Mais lui ne connaît pas son guérisseur. Jésus s'est esquivé et perdu dans la foule.

Un peu plus tard, dans une cour du Temple, Jésus retrouve son homme qui vient remercier Dieu d'une guérison aussi inespérée. « Te voilà ! Eh bien, tu es guéri maintenant. Mais attention ne recommence pas à faire le mal, car il pourrait t'arriver quelque chose de pire. »

Notre miraculé s'informe aussitôt près des disciples : « Ah c'est Jésus de Nazareth I Jésus de Nazareth qui m'a guéri !... » Et le voilà qui s'en va dire à ceux qui tout à l'heure lui reprochaient de porter son matelas : « C'est Jésus qui m'a guéri ! »

213-
Les ennemis de Jésus se rappellent qu'il est coutumier du fait. C'est intolérable. Ils le poursuivent avec une haine farouche : « Quelle conduite un jour de Sabbat !... » Ils courent comme une meute à sa recherche, et leur indignation e xplose en pleine rue : « Comment ! vous osez !... Mais je fais comme mon Père, leur répond Jésus. Lui, il agit toujours et, en ce moment même, Il est en pleine activité.»

Les pharisiens comprennent, ils savent que Jésus revendique Dieu pour Père. De fait. Dieu dans sa création est toujours agissant. Il y a des occupations qui dépassent toutes les prescriptions du Sabbat. Jésus ne fait pas de commerce ce jour-là ; il guérit, il fait du bien gratuitement : Dieu doit être satisfait de. voir si bien employé le jour qui lui est consacré.

Mais les pharisiens et surtout les scribes ne retiennent qu'une chose : il ose appeler Dieu son propre Père : c'est tout simplement se faire l'égal de Dieu. C'es, un blasphème abominable, pire que la violation du Sabbat. Blasphémer, c'est mériter la mort. Ils cherchent l'occasion de le tuer.

Mais Jésus, très calme devant leur fureur, s'explique :

« Le Fils ne peut rien faire de lui-même s'il n'a vu son Père le faire d'abord : t out ce que le Père fait, le Fils le fait ensuite et s'y prend de la même façon car le Père aime son Fils et lui montre tout ce qu'il fait. Or vous avez vu ce que peut faire le Fils (cette guérison d'un paralysé de 38 ans). Eh bien, le Père lui montrera comment faire des choses plus extraordinaires encore et vous en resterez stupéfaits. La preuve ?... La voici : seul le Père peut ressusciter un mort. Or, le Fils aussi ressuscite ceux qu'il veut. (Jésus a déjà ressuscité des morts.) De même, vous le savez, c'est le Père seul qui a le droit de juger le Monde. Or apprenez ceci : le Père ne veut juger personne ; mais il a donné à son Fils le pouvoir de juger tout le monde ; car Il veut qu'on rende honneur à son Fils comme à Lui-même. C'est pourquoi refuser de rendre hommage au Fils, c'est refuser de rendre hommage au Père qui l'a envoyé. Par contre, accepter mon enseignement et croire que c est le Père qui m'a vraiment envoyé, c'est déjà vivre de cette vie qui dure par delà la mort : celui-là peut être sûr qu'il ne sera pas condamné au jour du Jugement, car il est déjà passé de l'état de damnation à l'état de vie éternelle. Oui, vous pouvez m'en croire, l'heure approche elle est même arrivée où ceux qui sont morts à cette vie dont je parle entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui voudront bien m'écouter et me croire, ceux-là revivront de cette vie éternelle.

« Mais, vous allez me dire, comment le Fils peut-il bien être par lui-même une source de vie ? Il n'y a que le Père qui soit source de vie. Vous avez raison ; mais le Père a communiqué à son Fils ce pouvoir d'être source de vie, tout comme je vous disais tout à l'heure que le Père, qui seul a droit de juger, a remis au Fils le pouvoir de juger les hommes, puisqu'il est aussi un fils d'homme comme eux. Donc ne vous étonnez pas : un jour viendra où tous ceux qui dorment dans les tombeaux sortiront à l'appel du Fils. Oui, ils ressusciteront, mais les uns, ceux qui auront fait le bien, pour la vie éternelle ; les autres, ceux qui auront fait le mal, pour leur condamnation. Et en tout cela, remarquez-le, rien d'arbitraire de ma part : je juge chacun selon ce que je connais de lui et mes sentences sont rigoureusement justes. Car n'allez pas croire que je porte des jugements à ma fantaisie ; non, je m'en rapporte aux règles de justice qu'a décrétées Celui qui m'a envoyé. Moïse ne vous a-t-il pas donné la Loi, et pourtant personne de vous ne l'observe.»

215
Jésus dévisage ses auditeurs... « Eh bien, maintenant, voulez-vous me dire pourquoi vous voulez me tuer ? » Il y a tout un attroupement. Beaucoup d'étrangers qui circulent comme des badauds et que la discussion a attirés ne sont pas du tout au courant de l'affaire de Jésus. Ils ne comprennent rien : Jésus, pour eux, c'est un pauvre homme qui a la manie de la persécution. Quelqu'un lui dit :

« Mais quel mauvais esprit te hante le cerveau ?... Qui t'en veut ici ?... et qui cherche à te tuer ?... » Jésus leur réplique :

216 «Soyez donc un peu logiques. J'ai fait une guérison, mais parce que je l'ai faite un jour de sabbat, vous criez au scandale. Pourtant, vous, que faites-vous ? Quand il s'agit de la circoncision que Moïse vous a commandé de pratiquer (notez bien d'ailleurs qu'elle date d'avant Moïse : elle vient de nos tout premiers ancêtres) vous n'hésitez pas à la faire à n'importe qui, même un jour de sabbat : vous ne voudriez pas que la Loi de Moïse soit violée sur ce point. Et vous avez raison... »

(En effet, ce rite devait être administré huit jours après la naissance, même si ce jour-là tombait un samedi. C'était considéré comme trop important d'incorporer officiellement un nouveau membre au peuple de Dieu. On suspendait même la Loi du Repos du Sabbat : « La circoncision chasse le Sabbat », disait-on couramment.)

« Mais alors, pourquoi m'en vouloir si le jour du sabbat j'ai rendu la santé à quelqu'un ?... Ne jugez donc pas selon les apparences ; mais soyez logiques avec vous-mêmes. »

A plus forte raison devant un si grand acte de charité, la Loi du sabbat devait-elle s'incliner.


II- LES PARTISANS DU COUP D'ÉTAT ( 2 )

217-
A partir de ce moment, Jésus ne circule plus qu'en Galilée, évitant la Judée où les Juifs cherchent à l'assassiner. Mais comme c'est bientôt la « Fête des Tentes» : une des plus grandes fêtes juives de l'année, les caravanes de pèlerins s'apprêtent à monter à Jérusalem.

A cette occasion, Jésus reçoit la visite de quelques parents. Depuis l'incident de Nazareth, ils ont changé d'avis. Le prestige de Jésus est tout de même formidable, ont-ils réfléchi ; on ne parle que de lui dans toute la Galilée : c'est vraiment une gloire pour la famille. S'il devient un jour le Chef du pays, il est bon de ne pas rester brouillé avec lui. Certes, Jésus a commis, selon eux, de lourdes fautes ; sa doctrine heurte trop violemment les pharisiens et ne correspond pas aux aspirations du peuple qui exige une révolte ouverte. En Galilée il a déjà perdu bien des partisans. Cependant il en a encore de nombreux. Mais c'est à Jérusalem, devant les autorités du pays, qu'il faut porter le grand coup. Arrière la timidité. Pourquoi attendre encore ?.. qu'il se montre !

« Quitte donc la Galilée et pars pour Jérusalem, tu y comptes des partisans. Il faudrait qu'ils voient toutes les merveilles que tu fais. On n'agit pas en cachette quand on veut devenir populaire. Avec tes dons prestigieux tu peux faire un coup d'Etat. »

Au fond ses parents n'ont pas la foi. Ils n'ont rien compris à sa mission ; ils voient là une affaire purement politique et nationale. L'occasion est bonne, leur semble-t-il, d'entrer à Jérusalem à la tête de quelques galiléens résolus pour se poser en Libérateur. Un grand miracle..., et les troupes d'occupation sont enchaînées et réduites à l'impuissance . le soulèvement populaire se charge du reste.

« Non, leur répond Jésus, pour moi, ce n'est pas encore le moment. (Il comptait aussi faire une entrée solennelle à Jérusalem, mais dans un tout autre style et plus tard.) Pour vous n'importe quelle occasion semble bonne. Evidemment, vous, vous n'avez rien à craindre de la part du Monde... Mais moi, le Monde me hait parce que je démasque tout ce qu'il fait de mal. Montez-y, vous, à cette fête ; mais je ne peux pas vous y accompagner, car pour moi ce n'est pas encore le moment. »

Jésus reste donc en Galilée : il laisse partir ses parents et se met en route à son tour, mais incognito, vers Jérusalem.

Là-bas, à la fête, on le cherche partout. « Où est-il donc ?... » demandent les pèlerins. Dans le peuple on ne parle que de lui, mais toujours avec des airs mystérieux, car on a trop peur de se compromettre. Les uns disent : « C'est un homme remarquable... Quelqu'un de très bien.» D'autres : « Mais non, ne m'en parlez pas, c' est tout simplement un charlatan qui séduit les gens... » Personne cependant ne s'exprimait à coeur ouvert sur son compte par crainte des juifs.

218
Cependant Jésus s'achemine vers Jérusalem. Il envoie à l'avance quelques disciples pour préparer le campement. Il a choisi la route la plus directe : celle qui traverse la plaine d'Esdrelon, puis la Samarie. Dans un village de Samarie, on refuse de lui donner un gîte, parce qu'il prend la direction de Jérusalem.

Les Samaritains connaissent bien les époques de pèlerinage. Ils n'admettent pas le monopole de Jérusalem pour le culte du Dieu d'Israël et ils prennent plaisir à retarder la marche des caravanes. Ils ont bien deviné que Jésus monte à la Fête.

Jacques et Jean sont outrés de ce refus. » Et la loi sacrée de l'hospitalité, qu'en font-ils ?... » Et puis... quelle insulte à un personnage comme Jésus. Cela mérite un châtiment immédiat. Ils se rappellent comment, un jour, le prophète Elie a fait tomber la foudre sur des sacrilèges. Ils ne peuvent contenir leur indignation :

« Seigneur, voulez-vous, nous allons commander au feu du Ciel de tomber sur eux et de les anéantir. Comment ! vous osez parler de la sorte ! Vous ne savez ce qui vous fait parler ainsi ni de quel esprit vous êtes. »

S'ils pouvaient se rendre compte que c'est l'esprit de vengeance qui parle en eux : se venger, c'est être vaincu par le mal dans son coeur. Lui, Jésus, il est venu, non pour exercer la vengeance Contre les hommes qui méprisent les droits de son Père, mais pour tenter l'impossible afrn de les ramener dair. le chemin de l'amour de Dieu et des autres humains, leurs frères.

Alors, on bifurque tout simplement vers un autre village.


III- LA GRANDE FETE ANNUELLE DES CAMPEURS

219-
Bientôt on arrive en Judée. La Judée est un pays très montagneux, entre­coupé de profondes vallées. On trouve très peu de terres cultivables sinon dans les vallees ; les pentes sont à peu près incultes. Seuls l'olivier et la vigne sont florissants, car ils ont des racines très profondes et résistent à la sécheresse de l'été. A perte de vue s'étendent des plantations d'oliviers et les vignobles s'étagent en terrasses. Dans certaines dépressions, comme à Bethléem on trouve des champs de blé et des jardins verdoyants plantés de gros figuiers. Le figuier aux feuilles larges, grasses et vernissées résiste très bien à la chaleur et fournit une ombre très dense ; les figues que l'on mange, fraîches l'été et desséchées l'hiver, sont une nourriture essentielle.

Sur la route, on rencontre les dernières caravanes qui se hâtent, car la fête est déjà commencée.

220
-La « Fête des Tentes » est une fête des plus populaires. Elle a lieu en septembre. On commémore le temps que le peuple hébreu passa dans le désert après sa libération de l'esclavage égyptien. Il vivait alors sous la tente : la première tente, le « Tabernacle » avait servi de premier Temple du vrai Dieu. En souvenir de ces quarante années passées par le peuple hébreu sous les tentes, on devait ces jours-là, vivre sous des huttes de branchage que l'on confectionnait sur les pentes du mont des Oliviers et dans la campagne environnante. La Fête durait une semaine ; on ne devait pas chercher de logis à Jérusalem, comme pour la Fête de Pâques. Mais, sur des étais fourchus, on jetait quelques perches et on recouvrait le tout de branchages, de roseau et de verdure. La règle était de dormir et de manger sous les huttes.

De grandes manifestations étaient prévues ces nuits-là. On embrasait le Temple : des torches gigantesques fixées sur des candélabres monumentaux éclairaient toute l'esplanade. Le Temple se détachait en pleine nuit comme un palais féérique, cependant que la chorale faisait entendre des choeurs magnifiques. Du mont des Oliviers on pouvait jouir d'un spectacle grandiose et unique au monde. Puis on dansait les danses sacrées dans les cours du Temple, mais avec beaucoup de tenue, et on processionnait aux flambeaux en chantant des cantiques à la gloire de Dieu. Pour une fois dans l'année, les pharisiens eux-mêmes consentaient à se mêler à la foule : ils dansaient avec tout le monde: ce qui contribuait à les rendre populaires. Des cérémonies splendides se déroulaient au cours de la semaine et spécialement le dernier jour, comme on le verra.

Le peuple juif pouvait, en ces moments-là, prendre conscience de sa force. Les troupes d'occupation le savaient et la police était sur les dents pendant toute la durée de la fête : on pouvait toujours craindre un soulèvement. Ce n'était donc pas sans raison que les parents de Jésus l'avaient excité, quelques jours auparavant, à venir prendre part aux manifestations religieuses et nationales de ces jours saints. On est déjà au milieu de la fête quanti Jésus monte au Temple pour y reprendre son enseignement.

221-
Désormais, il s'affiche en public : Il va et vient comme un grand personnage. Dans les cours du Temple il se met à enseigner sa doctrine comme les plus célèbres docteurs, comme Hillel, comme Schamaï, les grands chefs d'école. A l'occasion des grandes fêtes, des Juifs des quatre coins du monde viennent près de ces grands maîtres approfondir leur religion et poser des cas de conscience difficiles. Mais ne s'improvise pas scribe ou professeur de religion qui veut. Il faut passer par les hautes écoles et être diplômé officiellement par un docteur es-religion. On n'y arrive qu'après de longues années d'études. Or, Jésus présente un cas extraordinaire. Voilà quelqu'un qui n'a jamais suivi aucun cours de religion et qui se met à enseigner comme un professeur. Et Dieu sait avec quellè originalité ! Il remet tout en question, jette le trouble dans les esprits. Et pourtant il cite les textes comme un agrégé : c'est déconcertant.

Il entend chuchoter autour de lui :

222
(
Cet homme-là n'a passé par aucune école : comment peut-il connaître ainsi les textes sacrés et enseigner la religion ? Ma doctrine n'est pas de moi ; J'enseigne la doctrine de Celui qui m'a envoyé. »

Mais comment reconnaître que Jésus ne fait que transmettre la doctrine de Dieu ? Oh ! ce n'est pas difficile. Il suffit d'avoir la conscience droite ; pas besoin d'avoir tant étudié. Le bon sens religieux d'une âme droite le devine tout de suite, parce qu'elle n'a qu'un désir : plaire à Dieu, faire sa volonté. On peut être très savant en matière religieuse et être beaucoup moins avancé en sainteté, en amitié avec Dieu qu'une brave femme du peuple, soucieuse avant tout de conformer sa vie à la volonté de Dieu.

« Vous voulez savoir si vraiment ma doctrine vient de Dieu ou si je parle de mon propre chef, commencez par vouloir plaire à Dieu et soyez prêts à faire sa volonté. Ceux qui cherchent à se faire un nom font valoir dans leur enseignement des opinions personnelles. On peut mettre en doute ce qu'ils disent. Celui au contraire qui ne cherche que la gloire du maître qui l'envoie est sincère et vrai dans l'exposé de ses leçons : celui-là, on peut le croire. »

Les pharisiens cherchent le succès personnel ; ils ajoutent à la Loi une foule de prescriptions nouvelles et ne tarissent pas de commentaires, tous plus ou moins fantaisistes. Jésus, lui, ne fait que transmettre la doctrine de Dieu : c'est pourquoi il est si simple.

223
-Des gens de Jérusalem se mettent alors à dire : N'est-ce pas ce Jésus dont la mort a, paraît-il, été décidée ? C'est même étonnant qu'on le laisse ainsi parler en public... Personne ne vient l'arrêter... A moins que les autorités aient reconnu que c'est lien lui le Christ ! Mais non, répliquent certains autres, vous savez bien que c'est impossible on connaît l'origine de ce Jésus ; tandis que le Messie, personne ne sait d'où il viendra. »

C'était la croyance populaire... Le libérateur du peuple juif aurait une origine inconnue...Jésus entend ces dernières réflexions. Il dit très fort, de manière à être entendu par la foule : « Ah ! vous croyez me connaître I Vous savez d'où je viens... »

Eh bien, non, ils ne savent pas. Ils croient que le Messie sera d'une origine mystérieuse, et ils sont encore bien loin du compte : ils ne soupçonnent pas que Jésus vient directement de Dieu...

« Apprenez que je ne suis pas venu de moi-même. Celui qui m'a envoyé avait autorité pour le faire. Vous ne le connaissez pas, vous, mais moi je le connais, car Je suis auprès de lui. Oui, c'est Lui qui m'a envoyé. »

Les pharisiens savent que Jésus revendique Dieu pour son Père d'une manière particulière. Il faut l'entendre parler de « Celui qui l'a envoyé », de « son Père », en regardant le Ciel. Quelle insolence quel blasphème à leurs yeux... Leurs mains se crispent ; ils en bavent de rage. Ils voudraient le saisir, l'égorger.

224-
Le public est divisé. Certains se déclarent ses partisans : « Le Christ quand il viendra, fera-t-il plus de prodiges que lui n'en a déjà faits » Et cette opinion gagne du terrain ; mais on n'en parle qu'à mots couverts : ce qui n'empêche pas les pharisiens et les chefs des prêtres d'avoir bientôt vent de ce courant en sa faveur

Voilà bien le reste, maintenant ; ce Jésus vient recruter des partisans jusque dans le Temple Ca non, jamais. Il ne sera pas dit que les pharisiens et les grands-prêtres soient bafoués. Ils vont se mettre d'accord. Les pharisiens vont prévenir les grands-prêtres, leurs ennemis pourtant. Les grands-prêtres ont sous la main la police du Temple, Ils envoient des agents arrêter Jésus. Les voilà qui se présentent ; mais Jésus, avec un bon sourire, leur dit de prendre patience :

« N'ayez crainte, je ne resterai pas longtemps encore parmi vous ; je vais bientôt retourner vers Celui qui m'a envoyé (il sait que ses jours à passer sur la terre sont maintenant comptés). A ce moment-là vous aurez beau me chercher, vous ne me trouverez plus ; car où je suis, vous ne pourrez pas aller. »

Jesus parle de son retour près de son Père des Cieux ; mais personne ne comprend : on s'imagine que Jésus va partir très loin pour l'étranger : Où veut-il donc aller pour prétendre que nous ne pourrons pas le trouver Irait-il par hasard vivre avec nos compatriotes qui sont à l'étranger, au milieu des païens ? Veut-il présenter sa doctrine aux gens de ces pays-là ? Mais enfin que veut-il dire quand il déclare : « Vous aurez beau me chercher, vous ne me « trouverez pas , mais là où je suis, vous ne pouvez pas venir. » ?...

225
Jésus reprit : « Je m'en vais bientôt et vous me chercherez... Mais vous mourrez dans votre péché. »

Ils ne veulent pas le reconnaître après toutes les preuves qu'il a fournies. Ils s'aveuglent volontairement, refusent de voir la lumière, se bouchent les yeux. Mais gare à eux ! Ils chercheront plus tard d'autres Messies, toujours en vain. Et ils mourront dans leur aveuglement. «...Oui, je m'en vais bientôt ; mais 'là où je vais, vous ne pouvez me suivre. »

Quelle prétention ! ... Partout où passe un homme, un autre peut passer. C'est sûrement une énigme ! Mais les pharisiens sont très forts pour découvrir les jeux d'esprit et saisir les expressions à double sens. Le plus malin croit avoir trouvé : il dit tout bas à ses confrères : «Est-ce que par hasard il voudrait se suicider pour dire : « Où je m'en vais, vous ne pouvez pas venir ?»

En effet, il a fait ce raisonnement à part lui : Partout on peut passer après Jésus, même dans la mort, pour entrer dans le Royaume des Elus. Où donc les pharisiens ne pourraient-ils pas le suivre ? Dans l'enfer parbleu. Car ils ne le suivraient jamais sur la pente du mal. Voilà donc : Jésus veut se jeter dans le péché, dans l'Enfer d'où il est probablement sorti. Il veut se suicider par exemple. Mais non, c'est vous qui êtes d'en bas : c'est vous qui en sortez de l'Enfer ; Moi je suis d'En Haut ! Ah ! vous êtes bien de ce monde mauvais, vous ; mais Moi je n'en suis pas. Et je persiste à vous dire que vous mourrez dans vos péchés si vous ne voulez pas croire que je suis vraiment le personnage que vous savez. »

Ils savent bien ce que Jésus veut dire. Il s'est dit le Fils de Dieu. Cependant ils questionnent :

« Quel personnage êtes-vous donc ?

•  A quoi bon vous le répéter ?... Je ferais mieux de juger votre conduite ; là, je ne manquerais pas de choses à vous dire. Mais je me borne à remplir la Mission que m'a confiée mon Père. Il est la source de la Vérité ; et ce qu'Il m'a chargé de dire, je le dis à la face du Monde. »

226
Autour de Jésus et de ses interlocuteurs, c'est bientôt tout un attroupement ; mais beaucoup de gens ne comprennent pas qu'Il veut parler de. Dieu son Père... Alors Jésus fait cette déclaration :

«Quand vous aurez dressé au-dessus de terre le Fils de l'Homme, alors-vous comprendrez qui je suis. A ce moment-là vous verrez bien que je ne cherchais pas mon intérêt, mais que je parlais comme j'avais reçu de mon Père mission de le faire. D'ailleurs Celui qui m'a envoyé est toujours avec moi ; Il ne m'abandonne pas. Pour moi, je fais toujours ce qui lui plaît. »

227
-Devant ce calme et cette élévation de pensée, quelques-uns, subjugués par la majesté de son attitude, sont persuadés qu'il est bien le Messie attendu. Et ils montrent par leur approbation qu'ils sont d'accord avec Lui. Mais ce n'est pas tout d'approuver de la voix et du geste : il faut encore que'la vie corresponde.

Jésus parle pour ceux-là :

« Il s'agit de mettre en pratique ce que je vous dis : alors seulement vous pouvez prétendre être mes disciples ; alors seulement vous êtes dans le vrai ; à partir de ce moment vous êtes vraiment des libérés : car c'est la Vérité qui rend libre ! »

A pratiquer la doctrine de Jésus on se domine pleinement, on commande en maître à tous ses instincts, et tout ferment de mal est dompté. L'homme n'est plus dominé par les mauvais désirs : il est vraiment libre, car il est dans le vrai, dans la ligne de Dieu. La voilà la libération que le Christ est venu apporter : la libération de l'esclavage du mal, du péché. Etre un disciple du Christ c'est être un libéré... Et quand tous les coeurs seront changés, et dans la mesure même où ils seront changés, les peuples seront aussi libérés et vivront en frères sur la terre... Alors ce sera vraiment le Royaume de Dieu (3).

Mais les pharisiens ne l'entendent pas de cette manière. Ils voient tout en politiques. Quoi ! Jésus ose leur parler de Libération ! Mais ils sont libres ! Leur orgueil se cabre : « Oubliez-vous que nous sommes de la race d'Abraham et que nous n'avons jamais été esclaves de personne ? Comment osez-vous dire : « Vous serez libérés ? »

Les juifs peuvent bien être occupés par les Romains, comme ils l'ont été jadis par les Egyptiens et les Perses, jamais ils ne courberont le front devant les idoles de ces peuples païens : ils sont le peuple de Dieu. Leur corps peut être réduit en esclavage, leur coeur jamais.nOui, mais il ne suffit pas de le proclamer, il faut que la vie soit en accord avec ces superbes déclarations.

« Croyez-moi, leur répond Jésus, quiconque commet le mal, le péché, celui-là est un esclave. (Il est esclave du Mal, l'esclave de son péché !)

Or, un esclave n'est pas chez lui dans la maison de son maître ; le fils de famille, au contraire, y est chez lui et a le droit d'y rester. Il faut donc que le Fils vous libère de votre esclavage : alors vraiment vous serez des hommes libres. Vous avez beau dire que vous êtes les descendants d'Abraham et je le sais vous n'agissez pas du tout comme ses fils : la preuve, vous cherchez à me tuer et vous critiquez tout ce que je dis. Moi, en bon fils, je vous rapporte ce que j'ai vu chez mon père. Mais vous, pour agir comme vous le faites, vous devez tenir de votre vrai père qui n'est pas Abraham. Comment ? Mais notre vrai Père, c'est Abraham ! Si vous êtes vraiment les fils d'Abraham, conduisez-vous comme lui. Mais quoi vous voulez me tuer, moi, un homme qui ne dit que la vérité ; oui, la vérité que j'ai apprise de Dieu même. Ah I ce n'est pas Abraham qui aurait fait cela ! Mais non, vous agissez en fils d'un autre père !

— Pardon !... Nous vous apprendrons que nous ne sommes pas nés à la suite d'un adultère, nous ne sommes pas des fils de prostitution ; nous n'avons qu'un père : c'est Dieu. »

(Dieu avait fait alliance avec la race d'Abraham en vue de conserver un petit peuple fidèle et c'est de sa descendance que devait sortir le Sauveur du Monde. Il s'agissait là d'une véritable union, comme un contrat de mariage entre Dieu et cette nation chérie d'un amour spécial. Et jusque là, en gros, les juifs n'avaient pas été infidèles. Grâce à tous les prophètes suscités par Dieu au cours des siècles, ils avaient pu résister à tous les peuples voisins. S'ils avaient abandonné le vrai Dieu pour adorer leurs idoles, alors, oui, ils auraient été vis-à-vis de Dieu des fils d'infidélité ; mais ce n'est pas le cas. Ils peuvent se redresser avec fierté. Mais le malheur, c'est qu'ils croient dans leur orgueil. qu'ils en ont tout le mérite.)

« Ah ! c'est Dieu, votre Père ?... Mais si c'était vrai, vous m'aimeriez, Moi, car je suis sorti de Dieu ; et si je suis venu parmi vous, ce n'est pas de moi-même, mais c'est Lui qui m'a envoyé. Pourquoi ne voulez-vous pas comprendre ? Ah ! cela vous choque !... Tenez !... Votre père, c'est le Diable !... et vous n'avez qu'un souci : réaliser son plan. Lui, dès le début du Monde il s'est conduit en meurtrier. Jamais on ne l'a vu agir avec loyauté ' • ça lui serait d'ailleurs impossible, puisqu'il n'y a pas de vérité pour lui : quand il ment, c'est naturel chez lui : il est tout pétri de mensonge ; c'est le Menteur par excellence, c'est le père du mensonge. Et vous l'écoutez ; et vous le suivez. Mais moi, parce que je vous dis la vérité, vous ne voulez pas me croire. Et pourtant quelqu'un a-t-il un péché à me reprocher .? Qu'il parle I... Mais alors, puisque je vous dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas ? Quand on est vraiment de Dieu on écoute les paroles de Dieu... Si vous vous bouchez les oreilles, c'est que vous n'êtes pas de Dieu... »

228
Le coup est direct. C'est bien frappé. Les pharisiens ne trouvent pas la riposte... Alors ils se fâchent et en viennent aux insultes :

« Samaritain, va !... » (Il faut qu'il n'ait aucun sentiment patriotique pour traiter de fils du Diable » les citoyens du peuple de Dieu. C'est un faux frère, comme les Samaritains, pourtant juifs, mais qui refusent de reconnaître les droits de Jérusalem, la Ville sainte.) ...ah! on a bien raison de dire que vous êtes possédé d'un mauvais esprit. Vous parlez comme un insensé.

Non, je ne parle pas comme un insensé, je ne fais que soutenir l'honneur de mon Père. Et vous, vous me traitez honteusement. Après tout, que m'importe ! Je ne cherche pas mon avantage ; il y a quelqu'un qui se charge de ma réputation. Celui-là il apprécie les personnes à leur juste valeur. Une dernière fois entendez mon message : qui se conforme à mes enseignements ne mourra jamais. »

Il s'agit de la mort de l'âme, de la damnation. Mais les pharisiens prennent tout au pied de la lettre : « Maintenant, c'est clair ; vous parlez absolument comme un insensé. Comment! Abraham est mort, les prophètes aussi. Et vous osez dire : « Qui se conforme à mes enseignements ne mourra jamais. » Allons bon ! Seriez-vous par hasard un personnage plus important que notre ancêtre Abraham qui est mort pourtant, ou que les prophètes qui sont morts aussi ? Alors pour qui Vous prenez-Vous ? Je m'excuse d'avoir à parler de moi comme je le fais ; mois je ne veux en retirer aucune gloire personnelle. Je laisse à mon Père le soin de veiller à ma réputation ; oui, à mon Père, lui dont vous dites : « C'est notre Dieu », et que vous connaissez hien mal. Moi je le connais fort bien au contraire, et si je ne parlais pas de Lui je serais tout simplement un menteur comme vous. Mais je le connais et j'en parle. Eh bien oui, je suis plus qu'Abraham votre père ; car il a soupiré après ma venue sur la terre. A cette pensée il bondissait de joie. Et avec quel bonheur il a vu en vision, le jour de ma naissance !...

-- Ah ça, par exemple ! vous n'avez pas encore cinquante ans et vous prétendez avoir vu Abraham !... (car pour connaître ainsi ses sentiments !) «Je vous le dis en vérité : avant qu'Abraham existât. moi j'existe. »nUne rage folle s'empare d'eux et la colère les aveugle. Quelle audace ! quel blasphème!... Oser se déclarer Dieu Il y a des pierres dans les cours du Temple... on en ramasse... on veut le lapider coûte que coûte... Il ne sortira pas vivant du Temple...

Mais, profitant des remous de la foule en délire au milieu de la procession des flambeaux et des danses populaires, Jésus réussit à se faufiler et à sortir du Temple.


IV- LA SOURCE D'EAU VIVE ( 4 )

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-Le dernier jour de la « Fête des Tentes » est le plus solennel de tous.

Ce jour-là on fait une magnifique cérémonie pour demander la pluie. En somme, cette Fête des Tentes est à la fois la clôture de l'année écoulée et une fête de renouveau pour l'année qui va venir. En effet, fin septembre, toutes les récoltes sont rentrées. Le pays sort de l'été complètement brûlé par la sécheresse : dans les citernes on atteint le fond et l'eau qui reste est moisie. Il n'y a plus qu'à attendre la période des pluies. Comment sera l'hiver ?... S'il tombe beaucoup d'eau, l'année sera prospère ; sinon, la famine est à craindre. C'est pourquoi ce jour de clôture est un jour unique dans l'année. On regarde la colonne de fumée qui monte de l'Autel des Sacrifices..., et les proverbes sont sur toutes les bouches : « Vent du désert, année de séche­ resse ; vent de la mer, année de pluie.»

Voici comment se déroule la cérémonie de la Fête de l'Eau. Le matin, un des Grands-Prêtres va solennellement puiser de l'eau dans une cruche d'or à la fontaine de Siloé (c'est une source qui jaillit en contre-bas de la colline où est bâti le Temple), et le cortège remonte sur l'esplanade. Là, devant la Grande Porte, tout le peuple attend, un bouquet à la main ; ce petit bouquet est de rigueur ce jour-là : il est composé d'une branche de citronnier portant un petit citron, d'une branche de saule et d'une troisième branche de myrte ; toute la journée on doit circuler ce petit bouquet à la main. Les prêtres attendent aussi le cortège : ils sont tous habillés d'aubes blanches, serrées à la taille par des ceintures aux couleurs éclatantes, avec une mitre de cérémonie sur la tête. Dès qu'on aperçoit le cortège, les trompettes du Temple font entendre leur sonnerie rituelle et la chorale entonne des chants de triomphe. Alors on se rend processionnellement au Grand Autel des Sacrifices. Le Grand-Prêtre verse l'eau dans la coquille qui se trouve auprès du brasier, tandis que tous les prêtres font sept fois le tour de l'autel en brandissant leur bouquet et en criant : « Hosanna ! » ce qui veut dire : « Seigneur, viens à notre secours ! » Et tout le peuple se prosterne, puis se relève en agitant son bouquet. C'est un débor­dement de joie, presque du délire.

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Jésus est présent à la cérémonie, Il porte aussi son bouquet. De tous côtés m on l'observe : il est le centre d'attraction : on est plus préoccupé de lui que du sacrifice. Alors, soudain, il se dresse de toute sa taille (c'est le moment où tout le peuple se prosterne pour la Grande Prière de l'Eau et prie avec ferveur) ; il s'écrie de toutes ses forces : « A moi. ceux qui ont soif ! Qui a confiance en moi est sûr de boire à son gré. Le Livre Sacré le dit : « Celui-là, il aura comme une source d'eau qui lui jaillira « du coeur.»

Ah ! tous ces gens se préoccupent de savoir s'ils auront de l'eau... c'est leur vie d'avoir de l'eau... Pour eux, le Messie, le Libérateur était l'homme qui ferait jaillir de partout des sources d'eau fraîche. Ce seraient alors les années d'abondance. Un prophète, Ezéchiel, avait même prédit qu'une source d'eau jaillirait dans la Maison de Dieu et toute la vallée en serait arrosée...

Oui, mais l'abondance ne fait pas le bonheur et les richesses d'un peuple le conduisent souvent à sa ruine. Ce n'est pas encore ainsi qu'on assurera le bonheur et la paix du monde. L'eau nécessaire, c'est l'esprit de charité puisé au Coeur du Christ. Ceux qui en seront imprégnés n'auront plus jamais soif de cette soif qui rend malheureux sur terre parce qu'on n'y est jamais pleine­ ment content de son sort.

Jean le disciple nous le dit d'ailleurs quand il nous raconte cette scène : « Jésus parlait alors de cet Esprit que recevraient un jour ceux qui croiraient en Lui. Mais cet Esprit, Jésus ne devait le répandre dans les coeurs qu après sa résur­ection. »

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Tout le monde est gêné et personne ne sait plus quoi penser. Cependant certains affirment : « C'est sûrement un prophète !... », « ("est même lui le Christ », déclarent les autres. A quoi quelques-uns font encore remarquer : « C'est impos­ sible : les textes sacrés ne disent-ils pas que c'est de la famille de David et du village de Bethléem que doit venir le Christ ? » Et Jésus, on le croit du moins, est natif de Nazareth, en Galilée. Alors ?...

Dans leur fureur, ses ennemis veulent s'emparer de lui, mais ils n'osent pas. Ainsi Jésus les tient en respect par la force de ses arguments. Plus tard, quelques jours avant sa mort, il leur dira : « Mais vous qùi êtes si forts : que pensez-vous du Christ ? Vos scribes renommés, vos grands docteurs en religion qui se prétendent si savants, qu'enseignent-ils au sujet de son origine ? Ils disent que ce sera un fils de la famille de David (Tout le monde le sait.)

Mais alors, comment se fait-il que David lui-même, inspiré par l'Esprit de Dieu, l'appelle : « Seigneur ?, « mon Maître » ? (Jamais un ancêtre ne consent à appeler ainsi quelqu'un de ses descendants.) En effet, rappelez-vous le texte des Livres Sacrés où David s'écrie : « Dieu a dit à « mon Seigneur » : « Assieds- toi près de moi, jusqu'à ce que je réduise tes ennemis à l'impuissance pour que tu « les foules au pied.» Voilà un texte où David appelle le Christ « son Seigneur », « son Maître ». Alors comment peut-il être son fils ?... Pouvez-vous me l'expliquer ?... »

Mais personne ne pourra lui répondre... C'est qu'en effet David savait que le Christ serait bien supérieur à lui, le Grand Roi, et donc qu'il serait plus qu'un homme. Les discussions s'enveniment ; les plus fanatiques voudraient se jeter sur lui pour l'arrêter. Mais personne n'ose mettre la main sur lui, pas même les policiers du Temple.

Les agents envoyés pour arrêter Jésus reviennent trouver les Grands-Prêtres et les pharisiens : ils paraissent tout décontenancés. « Mais quoi !... vous ne l'avez pas arrêté ? jC 'est que... c'est que... jamais nous n'avons entendu quelqu'un raisonner si juste. Ah ça par exemple !... vous aussi vous vous êtes laissés enjôler par ce beau parleur ? Mais voyons... Connaissez-vous par hasard un de vos chefs ou même un pharisien qui ait pris parti pour lui ?... Ah, c'est bien cela ! Maudite canaille de peuple qui ne connaît rien à la Loi ! va... »

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A ce moment un certain Nicodème un pharisien pourtant : celui-là même qui était venu trouver Jésus une belle nuit croit bon d'intervenir. C'est une âme droite qui cherche la vérité et qui se débat dans l'incertitude d'un terrible cas de conscience : il est partagé entre son attachement au parti des pharisiens et son admiration pour la personne et la doctrine de Jésus.

« Pardon !... vous prétendez connaître la Loi ? Mais attention ?... Notre Loi permet-elle de juger quelqu'un sans enquête préalable et sans interrogatoire pour entendre sa défense ?... » Le coup a porté... Mais la haine l'emporte. Voilà maintenant que Nicodème, un scribe, un professeur éminent, un docteur des-sciences religieuses va compromettre toute la secte, tout le parti. C'est à se demander s'il n'est pas déjà gagné à la Cause de Jésus.

« Mais quoi ! toi aussi tu es galiléen ? Relis à fond les textes saints, mon cher, et tu verras qu'aucun prophète ne peut sortir de Galilée. »

Et là-dessus, mécontents et fâchés entre eux, ils se séparent. Chacun rentre chez soi. Jésus, de son côté, le soir venu, se retire au Mont des Oliviers, sous la hutte de branchages rituelle que ses apôtres ont fabriquée pour la durée de la Fête.


V- LA FEMME ADULTERE ( 5 )

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Le lendemain matin, dès l'heure d'ouverture, Jésus est au Temple. Assis sous les galeries, il parle à la foule avide de l'entendre.

Pendant la nuit, une femme de Jérusalem a été surprise en flagrant adultère. Il y a des témoins. Dès l'aube on traîne la malheureuse au Temple en racontant à qui veut l'entendre le crime dont elle est coupable.

Les juifs sont terribles pour punir l'adultère. La peine ordinaire c'est la lapidation : on pousse la condamnée en dehors de la ville et, en contre-bas d'un rocher, on l'assomme à coups de pierres.

Cette femme doit être mise en jugement devant les scribes : ils sont ce matin au Temple, car c'est la fête. Ce sont eux le Tribunal : ils écouteront les dénonciateurs, les témoins, les avocats possibles, pèseront le pour et le contre ; puis ils se draperont dans leur grand manteau à franges, s'asseoiront et rendront leur sentence en maxime bien sonnante. Alors on verra la foule se précipiter sur la condamnée et l'emmener en hurlant d'une joie mauvaise pour le supplice le plus cruel et le plus infamant ; et tout le monde aura conscience d'avoir fait une oeuvre de justice, en éteignant un foyer de scandale au sein du peuple de Dieu.

Scribes et pharisiens marchent dans les cours en attendant élèves et auditeurs. Mais ce matin encore, tout le succès est pour Jésus. Ils trépignent d'une jalousie impuissante à la vue de tous ceux qui accourent en criant : « Par ici !... oui, c'est Jésus... Venez vite !... »

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Cependant voici venir le cortège de la femme adultère. Avec du sang dans les yeux les dénonciateurs font leur accusation. Aux scribes de rendre la sentence ; d'ailleurs on la connaît d'avance : le cas est typique.

Mais les juges sont encore moins pressés qu'à l'habitude. L'un d'entre eux vient d'avoir une idée lumineuse : ils se la communiquent l'un à l'autre avec un rictus mauvais : « Si nous allions soumettre l'affaire à Jésus ?

Quelle magnifique occasion de le faire se compromettre : s'il est d'accord avec la Loi pour la lapidation, alors pourquoi fréquente-t-il le milieu des pécheurs publics, des femmes de mauvaise vie, des publicains ? et s'il l'excuse, il se met en révolte ouverte avec la Loi. Dans les deux cas c'est un petit triomphe assuré.

Scribes et pharisiens amènent donc l'accusée à Jésus : ils la poussent au milieu du cercle de ses auditeurs. Elle est là, debout, cachant de ses deux bras sa figure de pauvre bête apeurée et traquée, les cheveux en désordre, à demi-vêtue dans sa robe déchirée et salie. Autour d'elle ceux qui sont assis par terre la dévisagent avec insistance et les nouveau-venus se pressent debout par derrière, curieux d'assister à une joute entre Jésus et ses ennemis.

« Maître, cette femme vient d'être surprise en train de commettre un adultère. Si l'on s'en tient à la Loi de Moise, c'est un cas de lapidation. Mais vous, qu'en pensez-vous ? »

Jésus ne veut rien dire : ce n'est pas son rôle de prononcer des sentences ; il n'est pis membre du tribunal civil. II ne regarde même pas l'accusée : par un sentiment de délicatesse extrême il ne veut pas lui faire sentir le poids de sa pitié • c'est une charité suprême de ne pas chercher à rencontrer le regard des coupables. Mais il reste assis sur un petit banc. Il se penche an avant et se met à écrire du doigt sur le sable, comme pour passer le temps en attendant qu'on veuille bien le laisser reprendre sa causerie. Qu'écrit-il ?.,. Des sentences ou des signes incompréhensibles ?... Peu importe.

Mais alors rien ne va plus. S'il ne veut pas se prononcer, l'occasion est manqu'ée. Scribes et pharisiens insistent et le pressent de questions. Répondra-t-il enfin ?...

Jésus se redresse et, regardant l'un après l'autre, dans les yeux et dans l'âme, les nouveau-venus, il laisse tomber ces mots avec le plus grand calme : « Que celui d'entre vous qui est sans péché, (et chacun sent fouiller dans son coeur ce regard qui le met à nu) lui jette la première pierre !... »

Et de nouveau il se penche et continue d'écrire par terre.

Un lourd silence succède à cette déclaration. Personne ne se sent plus en sûreté,.. C'est aux dénonciateurs à parler... Mais ils se sentent visés. Si jamais le prophète allait leur dire : « Mais dis donc, toi, que faisais-tu l'autre nuit à tel endroit ?

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Les voilà tous qui s'esquivent les uns après les autres, et en commençant par les plus vieux, s'il vous plaît (c'étaient sans doute ceux qui avaient le plus de relations coupables à se reprocher). Et Jésus reste seul avec la femme toujours debout, au milieu de ses premiers auditeurs.

Alors Jésus se redresse et, regardant à la ronde :

« Eh bien, femme, où sont passés tes accusateurs ?... Personne ne t'a condamnée ?...

— Personne, Seigneur », dit la pauvresse d'un air effaré en regardant entre ses bras.

Moi non plus, je ne te condamnerai pas. Tu peux partir tranquille ; mais désormais, ne recommence plus. »


Références
(I) Jean, V, 1-30; VII, 19.27.
(2) Jean, VII, 1-13. Luc, IX, 51-56. Jean, VII, 14-19 25-36; VII, 21-59.
(3) 11 faut noter que le Royaume de Dieu est déjà fondé sur terre, mais qu'il devrait être aujourd'hui Plus avancé dans sa lutte contre le mal, en attendant le retour du Christ qui exterminera le mal et inaugurera à la fin des temps le Royaume définitif.
(4) Jean, VIII, I-H,
(5) Jean, VIII, I-I I.


VI-DIVORCÉS ET CÉLIBATAIRES ( 6 )


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-Bientôt les pharisiens se ressaisissent : sur le même sujet du mariage, ils ont trouve une question embarrassante pour Jésus : « Nous avons quelque chose à vous demander : est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n'importe quelle raison ? » C'était, on l'a vu, une question très discutée. Jésus avait déjà dit ce qu'il en pensait dans une de ses causeries aux gens de Galilée (7).

Il leur répond :

« N'avez-vous pas lu dans les textes sacrés que Celui qui a créé le Monde a fait l'espèce humaine en deux sexes, et à cause de cela Il a dit : « L'Homme devra « laisser son père et sa mère pour s'attacher à son épouse ; tous deux ensemble, ils « ne feront qu'une seule chair, si bien qu'ils ne seront plus deux, mais une même « chair. » Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas. »

Mais eux se rebiffent :

« Moïse lui-même (le grand législateur envoyé par Dieu à leur peuple), nous a ordonné d'écrire des lettres de divorce et nous a fait un devoir de renvoyer nos épouses dans certains cas. Pardon, rectifie Jésus, Moïse ne vous a donné aucun ordre à ce sujet. Il a seulement permis dans certains cas de renvoyer sa femme, mais s'il a donné ce code de mariage, c'est à cause de la sauvagerie des hommes de ce temps-là. »

Moïse, en effet, avait écrit cette Loi : « Quand un homme aura épousé une femme, s'il ne peut la souffrir parce qu'il a découvert en elle quelque chose de répréhensible, il pourra écrire une lettre de divorce et la renvoyer chez elle. » On discutait à perte de vue sur ce terme : « Quelque chose de répréhensible. » Pour les uns, il fallait une raison sérieuse : par exemple une complaisance pour un autre homme, un entêtement farouche à ne pas obéir ; mais pour les autres, à la suite du célèbre docteur Hillel, un rien suffisait, ne fût-ce qu'une légère saute d'humeur ou même une moindre beauté qu'une autre femme rencontrée. L'homme devenait alors un véritable despote. Mais on était très loin de la pensée de Moïse ; en effet, à l'époque où il avait écrit cette Loi, l'hébreu, le juif était beaucoup moins civilisé, beaucoup plus brutal et moins accessible aux sentiments d'humanité. Il sortait d'un esclavage qui avait fait de lui un être un peu bestial : la femme n'avait droit à aucune consi­ dération. C'est pourquoi Moïse avait toléré le divorce pour mettre ùn frein aux abus de la polygamie.

Mais Jésus est venu perfectionner la Loi :

« Au début du monde il n'en fut pas ainsi. En tout cas, moi, je vous donne désormais cette Loi : « L'homme qui renvoie sa femme et en épouse une autre « commet l'adultère ; l'homme qui épouse une femme divorcée commet aussi « l'adultère. De même une femme qui divorce avec son mari et en épouse un autre « commet l'adultère. Quant à celui qui ne fait qu'une séparation de corps et ne « se remarie pas, il garde quand même une grande responsabilité, car il expose « sa femme à commettre l'adultère avec un autre ; et il n'est excusable de se séparer « que dans le cas où sa femme a vraiment une mauvaise conduite.

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Les disciples sont eux-mêmes suffoqués d'une telle doctrine : ça n'est pas dans les moeurs courantes, il s'en faut. (8)

« Eh bien! si c'est cela la Loi du Mariage pour l'homme et la femme, mieux vaut ne pas se marier !...

— Mieux vaut ne pas se marier ! dites-vous. Ce n'est pas tout le monde qui peut comprendre cette parole, mais seulement quelques privilégiés. Il y a en effet sur terre plusieurs catégories d'eunuques, de gens qui ne peuvent pas engendrer : les uns sont impuissants par nature ; les autres en ont été rendus incapables par l'intervention des hommes (par cruauté, jalousie ou égoïsme). Mais il en est aussi qui ont renoncé à leur pouvoir d'engendrer, de fonder une famille, à cause du Royaume de Dieu... Comprenne qui pourra. »

Ces paroles sont en effet difficiles à saisir : dans ce dernier cas il s'agit d'une cause supérieure à laquelle il faut tout sacrifier. Ici c'est le Royaume de Dieu qui est en cause. L'homme qui est empêché de se marier à cause de l'ordre social qu'exige le Royaume de Dieu est dans le même cas que les eunuques naturels, ou devenus tels : c'est un gros sacrifice ; mais il reste lié à celle dont il est séparé. Le bien général, la Loi générale du mariage passe avant l'intérêt particulier, comme le bien commun de la patrie exige parfois le sacrifice de ses membres ou même de sa vie. De plus on verra même des hommes et des femmes renoncer aux joies de la famille pour se consacrer entièrement à l'avancement du Règne de Dieu dans le Monde. Mais cela dépasse la vocation commune : il faut un appel et une aide de Dieu


VII- UN PROBLEME QU'ON CROIT TRES SPIRITUEL ( 9)

239-
Les pharisiens sont partis réfléchir. C'est au tour des sadducéens : les voilà qui viennent trouver Jésus.

Oh ! ils n'ont pas de questions aussi sérieuses à débattre. Certains d'entre eux ont beau être prêtres parce qu'ils sont de la caste sacerdotale qui remonte au temps de Moïse ils n'ont pas le même zèle religieux que les pharisiens. Ils vivent sur le profit des quêtes et des cérémonies du Temple et font surtout de la politique. Par ailleurs ils sont bons vivants. Jésus, pour eux, est une sorte d'illuminé ; ce qui est invraisemblable c'est son prodigieux pouvoir de faire des miracles ; mais ce doit être un habile prestidigitateur ou un remarquable illusionniste, et ses miracles pourraient bien un jour ou l'autre trouver une explication par des lois encore inconnues. Tant qu'il ne fait pas de politique et ne vient pas faire du scandale dans le Temple, pour eux, tout va très bien : c'est même amusant de voir les pharisiens se disputer avec lui.

Or, les Sadducéens au cours d'un bon repas ont bien ri : ils ont trouvé un cas très spirituel. C'est au sujet de la résurrection. Les pharisiens et tous les juifs croient à la survie et ils pensent qu'après la mort les hommes vivent dans la compagnie de Dieu. Mais, bien sûr, ils ne comprennent pas cette survie sans une présence du corps . on ne serait pas pleinement heureux sans son corps. Les sadducéens sont beaucoup plus sceptiques : ils ne croient pas à la résurrection des corps. Pour eux, après cette vie tout est fini. Et ils plaisantent la naïveté des pharisiens de croire à la survie et leur sottise de ne pas profiter comme eux du temps qui passe.

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Ils viennent donc d'un air très sérieux poser leur problème pour rire : « Maître, vous connaissez la Loi de Moïse : « Si un homme, en mourant, laisse sa femme sans enfant, le frère du défunt doit prendre la veuve et susciter un enfant à son frère défunt. ), C'était la loi du Lévirat. Il s'agissait de frères vivant ensemble ; on tenait à maintenir la branche aînée de chaque famille : le nouveau né devait porter le nom du défunt. On voulait aussi, par là, empêcher le morcellement des héritages. Moïse avait encore, dans son code de mariage, concédé cette coutume orientale à son peuple.

Alors les sadducéens exposent à Jésus leur cas concret qui cache une ironie et jette sur la Résurrection un ridicule complet.

« Voici le cas que nous avons trouvé. Il y avait une famille de sept frères. L'aîné se maria sans laisser d'enfant : il laissa donc sa femme à son frère cadet. Celui-ci prit la veuve, mais à son tour il mourut sans laisser de descendance Et ainsi de suite jusqu'au dernier : ils moururent tous sans laisser d'enfant. Aprè eux la femme mourut à son tour. Et voici maintenant le problème : quand au jour de la Résurrection ils reviendront tous en vie, auquel des sept frères sera cette femme, puisqu'elle a été la femme de chacun d'eux ?...

— Voilà une question qui ne se pose même pas, répond Jésus, mais elle montre bien que vous n'avez aucune idée de la puissance de Dieu et que vous n'avez rien compris aux Livres Saints. D'abord, vous n'avez pas la moindre idée de la puissance de Dieu. En ce monde les gens se marient entre eux ; mais à la résurrection des morts tout change : la vie n'est plus la même pour ceux qui ont été jugés dignes de faire partie de ce monde nouveau. Il n'y a plus parmi tous ces . hommes et toutes ces femmes, ni êpoux ni épouses. (Comme il n'y a plus de raison de procréer de nouvelles créatures, l'instinct et la fonction d'engendrer sont devenus inutiles ; les élus sont infi­niment heureux sans cela.) Mais ils ne peuvent plus mourir : ils sont comme lei anges. Ils sont à tout jamais les fils de Dieu, les enfants de la vie qui ne finit pas.

« En second lieu vous n'avez rien compris aux Livres Saints, car Moïse laisse clairement entendre que les morts ressuscitent en effet, rappelez-vous comment, dans l'histoire du Buisson Ardent, Dieu lui parla en ces termes : « Je suis le Seigneur, le Dieu d' Abraham, d'Isaac et de Jacob. Est-ce que par hasard Dieu se proclamerait un Dieu de cadavres ?... Non, certes, il est bien le Dieu des êtres vivants, car toutes les créatures vivent par Lui. (Pour que Dieu s'appelât ainsi devant Moïse, il fallait donc que les ancêtres du peuple juif : Abraham, Isaac et Jacob fussent bien vivants dans l'au-delà.)

Vous le voyez, vous êtes tout à fait dans l'erreur. C'est clair et net. Les auditeurs en restent émerveillés. Quelques scribes qui sont là, heureux de voir Jésus défendre la Résurrection contre les Sadducéens, lui disent même :

« Maître, voilà qui est bien répondu. » Les objecteurs se retirent tout penauds, bien résolus à n'y plus revenir.


VIII-HISTOIRE D'UN MENDIANT QUI N'A PAS PEUR DE SES JUGES
( 10 )

241-
C'est un des jours suivants. Jésus circule dans les rues de Jérusalem. Aux abords du Temple on trouve beaucoup de mendiants qui essaient d'apitoyer les pèlerins sur leurs malheurs. Voici un de ces malheureux : un authentique celui-là ; une pancarte pendue à son cou porte qu'il est aveugle de naissance.

La croyance commune veut que toute souffrance, tout revers, toute infir­ mité ait une cause morale et soit un châtiment de Dieu. Les disciples s'arrêtent devant ce mendiant et demandent à Jésus : « Dites-nous, Maitre, comment expliquer que cet homme soit né aveugle ? Quel est le responsable : lui ou ses parents ? » Mais Jésus sait que la souffrance ne correspond pas toujours à une faute personnelle. Dieu a des desseins inconnus.

« Ni lui ni ses parents n'ont mérité cette infirmité à cause de leurs péchés ; mais son mglheur va être pour Dieu une magnifique occasion d'agir avec éclat. C'est pendant le jour qu'on travaille, n'est-ce pas ? Quand la nuit est arrivée, on ne peut plus rien faire. Pour moi c'est la même chose • tant qu'il fait jour encore, je dois accomplir la tâche de Celui qui m'« envoyé. Tant que je suis dam le Monde, je suis la Lumière du Monde. »

A ces mots il crache à terre, fait un peu de boue avec sa salive et en frotte les yeux de l'aveugle (c'était la coutume de soigner ainsi les maux d'yeux avec sa salive).Et il lui dit : « Va te laver les yeux à la piscine de Siloé. » C'était un réservoir qui distribuait l'eau dans la ville basse de Jérusalem. Il faut que cet homme prouve sa confiance en Jésus. Mais sans doute il en a entendu parler. Il a confiance. Il s'en va à la piscine, se lave et s'en revient y voyant clair.

C'est inouï : tous ses voisins et ceux qui le connaissent pour l'avoir vu mendier n'en reviennent pas : « Comment ? celui qui mendiait, l'aveugle I... pas possible C'est quelqu'un qui lui ressemble, mais ce n'est pas » •  Mais si, mais si, c'est bien moi », disait le miraculé. Alors raconte-nous comment tes yeux se sont ouverts. Eh bien, voici : vous savez, celui qu'on appelle Jésus I... Il a fait de la boue, m'en a frotté les yeux et m'a dit : « Va te laver dans la piscine de Siloé. » J'y suis allé, je me suis lavé et je vois... Mais où est-il passé Ça, je l'ignore. »

242-
C 'est tout un événement. On vient porter l'affaire aux pharisiens qui questionnent notre ancien aveugle. Lui, recommence snn histoire : « Il m'a frotté les yeux avec de la boue... Je me suis lavé et j'y vois... »

Le cas est embarrassant. Justement le jour où Jésus s'est permis de faire de la boue pour ouvrir les yeux de l'aveugle est un jour de sabbat. Et travailler à faire de la boue. soigner quelqu'un, le guérir, c est interdit ce jour-là, on l'a vu.

Les pharisiens sont très perplexes... Ils ne sont même pas d'accord : les uns disent : « Ce guérisseur ne peut pas être envoyé de Dieu, puisqu'il n'observe pas le Sabbat. » Les autres répliquent : « Alors expliquez-nous comment cet homme peut, faire de tels prodiges s'il est en désaccord avec Dieu, si c'est un pécheur ?... » lis se rejettent sur le miraculé : « Voyons, dis - nous ta pensée : d'après toi, qui est - ce qui a bien pu t'ouvrir les yeux ? »

C'est sûrement un prophète. »

Tout cela n'est pas clair. Non ; les pharisiens ne pourront jamais croire que cet homme-là était aveugle de naissance et qu'il a maintenant recouvré la vue. Ils font venir ses parents, et l'enquête se poursuit : « Cet homme-là est-il votre fils ?... Déclarez-vous qu'il soit né aveugle ? Savez-vous comment il se fait qu'il voit maintenant ?...

Nous savons que c'est bien là notre fils et qu'il est né aveugle, mais comment il se fait qu'il voit maintenant, cela nous ne le savons pas ; qui lui a ouvert les yeux ?... nous l'ignorons également. Mais interrogez-le, il est assez grand pour s'expliquer lui - même. » A vrai dire les parents savent que c'est Jésus qui a guéri leur fils, mais ils ne veulent pas se compromettre : ils ont entendu dire que seront privés de leurs droits civils tous ceux qui reconnaîtront Jésus pour le Messie. C'est pourquoi ils disent : « Il est assez grand pour parler tout seul, interrogez-le. »

Rien à faire avec ces vieillards bornés. S'ils avaient pu comprendre le secret désir des pharisiens, ils auraient répondu par exemple qu'ils n'étaient pas absolument sûrs que leur fils fût né aveugle... Alors on aurait mis en doute le miracle et le tour aurait été joué. Mais non, ces gens n'ont pas l'esprit ouvert ; ils ne voient même pas que c'est leur intérêt...

Les pharisiens trépignent de fureur. Comment étouffer l'affaire en plein Jérusalem ? Ils vont délibérer quelques instants. Puis ils rappellent le mendiant et avec leur plus beau sourire : Allons, avoue la vérité. Notre enquête a abouti. Nous savons maintenant que ce Jésus n'est qu'un charlatan. un homme indigne. Ca, qu'il soit un homme indigne, je n'en sais rien. Mais je sais une chose : j'étais aveugle et maintenant j'y vois. Redis-nous comment il s'y est pris pour te guérir. Mais je vous l'ai déjà expliqué ; vous n'y avez même pas fait attention. A quoi bon vous le raconter encore ...»

Et d'un ton gouailleur d'ajouter : Tiens, tiens, mais est-ce que par hasard vous vouiez, vous aussi, devenir ses partisans ?

Comment ?... c'est bon pour toi, misérable t Nous, nous n'avons qu'un Maître : Moïse. Nous sommes sûrs que Dieu lui a parlé, à lui ; mais cet homme. d'où vient-il ?... Personne n'en sait rien. »

Mais le mendiant se pique au jeu : il n'admet pas qu'on insulte son bienfaiteur. Tout mendiant qu'il est, il connaît aussi sa religion, en bon juif ; et c'est un drôle : il n'a pas peur : Ah ça par exemple, c est trop fort !... Mais c'est justement vous qui devriez savoir qui est cet homme qui m'a ouvert les yeux, et vous l'avouez, vous ne savez pas d'où il vient. Pourtant tout le monde sait que Dieu n'écoute pas les pécheurs ; « il n'exauce que ceux qui le respectent et font sa volonté. Or, jamais au monde on n'a entendu dire qu'un homme ait ouvert les yeux d'un aveugle-né. Si cet homme n'avait pas Dieu avec lui, il ne pourrait rien faire de semblable. Non, mais ! .. C'est toi qui prétends ici nous faire la leçon ?... toi qui es né tout entier dans ie péché !... »

Alors ils le prennent par le bras et le jettent à la porte !...

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Jésus apprend que son miraculé a été congédié par les pharisiens. Il le cherche et le trouve enfin. Cet homme a mérité de le connaître. Son courage à parler de lui dispose son cœur à la foi. Jésus est reconnaissant à ce témoin de la classe populaire de l'avoir défendu en public devant le tribunal.

«Crois-tu au fils de Dieu ? Dites-moi qui c'est, Seigneur, et je croirai en lui. Tu le vois devant loi ; c'est lui qui te parle. Oh ! alors, Seigneur, oui je crois en lui. »

Et il se jette à genoux devant lui et l'adore. Cependant Jésus dit avec mélancolie : En somme, je suis venu en ce monde pour établir une vraie discrimination : à cause de moi les aveugles verront ; et ceux qui voient clair seront aveuglés. »

Quelques pharisiens qui se sont approchés pour l'épier le prennent pour eux, d'ailleurs à juste titre : «Serions-nous par hasard nous.aussi des aveugles ? » Cela vaudrait mieux pour eux. Un aveugle connaît son état : il ne prétend pas voir clair. Mais eux, ils sont vraiment comme des aveugles et ils se vantent d'y voir très clair : ils croient tout connaître, se font juges de tout, se croient parfaits, alors qu'ils sont aveuglés sur leurs propres défauts.

Aussi Jésus conclut par ces paroles terribles :

« Si vous étiez vraiment des aveugles, vous n'auriez pas de péché. Mais vous vous obstinez à prétendre y voir clair : votre péché vous reste. » Les juifs en entendant ces paroles manifestent un nouveau désaccord. Plusieurs d'entre eux protestent :

Mais c'est insensé ce qu'il dit !... Aucun doute, il parle sous l'inspiration d'un mauvais génie !.

•  Taisez-vous, riposte-t-on, vous n'avez jamais entendu un possédé du Diable parler de la sorte !... Et où avez-vous vu que le démon puisse,ouvrir les yeux des aveugles comme il l'a fait ?... »


IX-LES ESCLAVES DE LA FÊTE DE LA LUMIERE ( 11 )

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Le soir même de ce jour de clôture, Jésus, après avoir opéré ce miracle de clarté, assiste à l'embrasement du Temple. Les immenses candélabres de l'illumination brûlent dans les cours et sur le haut des galeries. C'est féérique. La foule, pour échapper à la nuit envahissante, vient se masser autour des lampadaires. On va commencer la grande réjouissance populaire : les danses et la retraite aux flambeaux.

Les pharisiens, ce soir, n'ont pas le coeur à danser... Ils restent songeurs. Depuis quelques jours ils ont essuyé bien des revers avec ce fameux Jésus... Et ils sentent que le peuple qui passe près d'eux en chuchotant le cherche à la lueur de l'illumination. Jésus est porté par les remous de la foule. Il paraît tout lumineux sous la clarté de l'immense candélabre qui brûle à cet endroit. La foule se bouscule pour le voir.

Alors il se redresse de toute sa taille et fait à nouveau cette déclaration : Je suis la Lumière du Monde... Qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, mais voit clair pour se conduire dans la vie. »

On disait souvent que le Messie serait un homme fulgurant qui brillerait aux yeux du Monde entier. Le vieux Siméon, au Temple, l'avait prédit : « Cet enfant répandra un jour une clarté sur le Monde.

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-Voilà une audacieuse déclaration : cela équivaut à se proclamer le Messie en public..Mais les pharisiens sont là ! Attention ! Jésus a dit l'autre jour : « Ceux qui se mettent en avant, il ne faut pas les croire. Or lui, il vient de se proclamer en public la Lumière du Monde. Le voilà pris sur le fait : Cette fois-ci on vous prend en défaut : vous cherchez bien à vous mettre en avant... Or on ne se sert pas à soi-même de témoin ; par conséquent votre affirmation n'a aucune valeur. »

Jésus répond : « Bien sûr, si je me présentais de moi-même, vous auriez le droit de contester mes dires. Mais il est une personne qui a parlé en ma faveur. Et le témoignage qu'elle a porté sur moi est digne de foi. Rappelez-vous comment vous- même vous avez envoyé des délégués auprès de Jean le Baptiseur.«Or Jean, de l'avis de tous, était un homme qui disait la vérité. Oh ! remarquez, le témoignage d'un homme est peu de chose pour moi ; si je vous en parle c'est uniquement pour vous convaincre. Car Jean était vraiment pour vous un phare lumineux qui pouvait vous éclairer ; mais vous n'avez pas longtemps accepté avec plaisir ses rayons de lumière. « J'ai pour moi des preuves beaucoup plus fortes que te témoignage de Jean.

Ce sont tous les prodiges que mon Père m'a donné le pouvoir d'accomplir. Et par là, c'est le Père lui-même qui m'apporte son témoignage. En disant cela, je ne veux pas dire qu'il va se présenter ici pour m'apporter son témoignage. Non : c'est impossible ; vous savez bien que personne n'a jamais entendu sa voix ni vu l'aspect de son visage. D'ailleurs je ne vois pas comment ce privilège vous serait accordé : vous ne croyez pas à ce qu'il vous dit et vous ne croyez pas à ses envoyés. Je m'explique : vous étudiez à fond tous les textes sacrés et si vous les étudiez, c'est pour y découvrir, pour y puiser cette vie qui dure après la mort. Eh bien, regardez-y de plus près : les textes sacrés ne font que parler de moi ; mais vous ne voulez pas venir à moi pour recevoir cette joie.

Encore une autre remarque : n'allez pas croire que je tienne aux honneurs ; ce n'est pas par ambition humaine que je vous parle ainsi ; je ne désire qu'une chose : c'est que vous ayez en vous l'amour de Dieu. Mais hélas, je vous connais : vous n'aimez pas Dieu. Je viens au nom de mon Père ; je vous le prouve ; vous me rejetez. Il se Présenterait quelqu'un d'autre en son propre nom, vous l'accueilleriez volontiers, j'en suis sûr.

« Mais comment pourriez-vous avoir la foi en moi ? Vous n'avez qu'un désir : briller aux yeux des autres, acquérir une réputation. Quant à gagner l' estime de Dieu seul et à l'aimer, c'est le moindre de vos soucis.

« Oh ! je n'aurai même pas besoin de vous accuser auprès de mon Père. Quel­ qu'un vous accuse déjà : c'est Moïse... oui, Moïse en qui vous mettez tout votre espoir. En effet, il a écrit en parlant de moi à l'avance. Si vous croyiez en Moïse vous croiriez aussi en moi. Mais non, vous ne croyez même pas à ce qu'il a écrit. Il serait vraiment surprenant de vous voir ajouter foi à mes paroles.

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«
Maintenant, supposons que ce soit moi-même qui témoigne sur mon compte, j'ai encore raison : car je sais d'où ie viens et où je vais, tandis que vous, vous ne le savez pas. »

Sans doute, en matière de droit, on a besoin de plusieurs témoins pour prouver l'authenticité de ses dires : mais quand il s'agit d'un prophète qui vient parler au nom de Dieu, il n'y a pas un être humain au monde qui puisse lui servir de témoin autorisé : cela dépasse la compétence des hommes. On est obligé de le croire sur parole. A lui de prouver sa mission par des choses extraordinaires. C'est bien ce qu'a fait Jésus.

Vous, continue-t-il, vous jugez tout à la manière humaine (ils sont esclaves des formules de droit) ; moi je m'en garde bien. Mais si j'avais à porter un jugement, ma procédure serait bonne, parce que je ne serais pas seul à juger : mon Père aussi, Lui qui m'a envoyé, porterait son jugement avec le mien. Or dans votre Loi il est bien écrit que le témoignage concordant de deux personnes est garant de la vérité ?... Eh bien, voilà sur mon compte un double témoignage : celui du Père qui m'a envoyé et le mien.

Votre Père ? Mais où est-il

Evidemment vous ne le connaissez pas, pas plus que moi, d'ailleurs, vous ne savez qui je suis, Si vous me connaissiez mieux, peut-être connaîtriez-vous aussi mon Père.

Jésus dit cela au cours de son enseignement dans le Temple, devant le bâtiment de la trésorerie et personne he mit la main sur lui, parce que ce n'était pas encore son heure.

Références

(7) Marc, X, 2-12. Mathieu, XVX, 3-12; V, 32.
(8) Voir numéro 121.
(9) Luc, XX, 27-40. Marc, XII, 18-27. Mathieu, XXII, 23-33.
(10)-Jean, IX,1-41: X, 19-21
(II) Jean. VIII, 12-58; III, 19-21.