Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de 
Mgr Pierre André Fournier  et ami de
ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

Signez mon livre d'or Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens. 


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU
MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE
DIT QUELQUE CHOSE?

 


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Titre de la série :
Le ciel séjour des élus
Titre de la page:

CHAPITRE 7 -A-

LE CIEL

Récompense des Elus.
BONHEUR DU CIEL.

Nom de l'auteur:
R.P. Frédéric De hyvelde.o.f.m.. Commissaire de Terre-Sainte
CHAPITRE SEPTIEME :


Sommaire.

— Le bonheur du Ciel.
— Légende d'lmutz.

CHAPITRE SEPTIEME

Le Ciel, récompense des élus- Le bonheur au Ciel.

— Le bonheur, ce rêve de notre vie, le bonheur, après lequel nous soupirons ici-bas et que nous demandons à tout ce qui nous entoure, n'est pas un bonheur quelconque, un bonheur passager, nous l'avons déjà dit, Mais un bonheur complet, un bonheur sans mélange et sans fin. Quand Dieu créa le bassin des mers, ce ne fut pas pour y verser quelques gouttes d'eau; de meme quand il forma notre coeur, ce ne fut pas pour lui donner quelques parcelles de bonheur, mais pour l'encorner, pour l'en remplir et l'en rassasier. Ce rassasiement, cette félicité complète de toutes nos puissances et de toutes nos facultés, Dieu nous la réserve au ciel. Qu'est-ce donc que le ciel et quelles sont les joies promises à nos désirs insatiables?

La religion, nous l'avons vu dès la première page de ce livre, la religion se tait sur la description du ciel, incapable de nous en traduire les splendeurs et les merveilles.

Le Prophète Isaïe, il est vrai, et l'Apôtre Saint Jean, en ont fait en figures un tableau magnifique ; mais Saint Paul nous a avertis "que l'oeil de l'homme n'a point vu, que son oreille n'a point entendu et que son coeur ne saurait jamais comprendre ce que Dieu prépare à ses élus."

Que se passera-t-il donc au coeur de l'homme, alors que Dieu, par la mort, déchirant le voile qui le cache ici-bas, se montrera, face à face, à ses yeux éblouis: Quel bonheur ! quels ravissements ! quelle extase !

La gloire qui est réservée aux élus, dans l'autre vie, est si grande qu'on ne saurait l'expliquer ni même la concevoir. Cette splendeur, cette beauté, cette gloire est au-dessus de tous les discours et de toutes les pensées des hommes, dit Saint Augustin. Les paroles qu'emploie l'Apôtre saint Paul, après le Prophète Isaïe, nous font comprendre parfaitement combien cette gloire est au-dessus de toute conception humaine : "L'oeil n'a point vu, l'oreille n'a point entendu, et le coeur de l'homme n'a jamais conçu ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment." Nous devons nécessairement conclure que ces biens sont plus grands que toutes les richesses de la terre, que toute la gloire de Salomon, d'Alexandre-le-Grand, et des Césars, que toute la pompe et la magnificence des triomphes, que tout l'éclat des rois et des monarques, que toutes les merveilles de leurs palais et de leurs trésors, que toute la beauté du ciel, de la lune, des étoilesé, des fleurs, des plantes et des hommes, que tous les plaisirs des sens, parce que l'oeil a vu tout cela, l'oreille l'a entendu raconter, ou au moins l'esprit peut le concevoir, et concevoir des choses bien plus grandes encore ; mais les biens qui nous attendent dans le ciel surpassent incomparablement tout ce qui peut tomber sous nos sens et sont infiniment au-dessus de la portée de nos esprits, c'est pourquoi ils échappent à toutes nos paroles et à toutes nos pensées. Que l'âme embrase toute l'ardeur de ses désirs, qu'elle se dilate selon toute l'étendue de ses forces, dit Saint Augustin, qu'elle cherche ensuite à comprendre cette béatitude que l'oeil n'a point vue, que l'oreille n'a point entendue, que le coeur de l'homme n'a jamais conçue ; on peut la désirer, on peut tendre vers elle avec toute la force de son coeur, on peut soupirer après elle, mais on ne saurait l'expliquer. Sainte Catherine de Sienne ayant vu un faible rayon de cette gloire immense, ne pouvait s'empêcher de dire sans cesse, lorsqu'elle fut revenue à elle-même : J'ai vu des merveilles, j'ai vu des merveilles ! Son confesseur la pria de raconter ce qu'elle avait vu : A Dieu ne plaise, répondit-elle, car je croirais me rendre coupable d'une grande offense si je l'entreprenais ; comme nos paroles ne sont faites que pour désigner des objets terrestres qui peuvent tomber sous nos sens, elles ne pourraient, en aucune manière, nous représenter clignement le mérite des choses du ciel. (Voir plus haut : ch. I. ct ch. VI.)

La béatitude céleste est si grande, qu'elle est en quel­que sorte infinie, dit Saint Thomas ; et Saint Augustin assure que la félicité du ciel est telle que quand on ne pourrait la posséder que pendant le court espace d'un jour, cela suffirait pour nous faire mépriser des années innombrables passées dans toutes les joies et toutes les délices de la terre. Ce n'est donc pas faussement que le Prophète s'écrie dans toute l'ardeur de son coeur : Un jour passé dans votre demeure vaut mieux que mille jours dans tous les plaisirs de la terre.

On définit la béatitude : un état parfait, par l'assemblage et la réunion de tous les biens ; d'où il faut conclure que la béatitude renferme tous les biens dont la nature de l'homme est capable. Or, il y a trois sortes de biens, selon le partage qu'on en fait communément, savoir : les biens extérieurs, les biens du corps et les biens de l'âme. Commençons par ces derniers qui sont les plus excellents.

La béatitude de notre âme, et par conséquent notre vraie et propre béatitude, consiste à voir Dieu clairement. Mais en voyant Dieu, que verrons-nous? et comment le verrons-nous ?

"Nous verrons Dieu tel qu'il est," dit Saint jean . Nous le verrons tel qu'il est, intérieurement et extérieurement ; nous verrons sa divine essence avec toutes ses perfections, l'infinité de sa nature, l'immensité de sa grandeur, l'éternité de sa durée, l'éminence de sa majesté, la solidité de son trône, les lumières de sa sagesse, les abîmes de ses jugements, la douceur de sa bonté, la tendresse de sa miséricorde, la rigueur de sa justice, la force de se puissance, les charmes de sa beauté et la splendeur de sa gloire. Nous verrons comment, par amour et l'inclination de son infinie bonté, il a résolu de se communiquer et comme se répandre au dehors en produisant les créatures et en leur imprimant les caractères de son excellence ; comment sa sagesse les a tracés avec un ordre et une symétrie merveilleuse ; comment son bras puissant les a tirées du néant, les a mises au jour et les conserve par sa providence.

Nous verrons la Très-Sainte et Très Auguste Trinité, l'unité d'essence, la communication des attributs, la distinction des Personnes, l'indépendance du Père, l'entendement fécond du Père engendrant le Fils, comme sa pensée, la Procession du Saint-Esprit produite par un effet de la volonté du Père et du Fils, comme leur amour. Nous verrons comment étant véritablement trois, ils ne sont cependant qu'un avec une même nature, un même entendement et une même volonté. Le voile sera tombé ; nous verrons tous ces mytères à découvert et dans les splendeurs d'une très claire lumière, non à diverses reprises, et par une connaissance successive comme ici-bas, mais par une seule connaissance simple et invariable, pendant toute l'éternité, sans aucune obscurité, sans aucune erreur, sans aucun doute possible ; mais avec toute l'assurance et toute l'évidence qu'on peut désirer dans la connaissance d'une chose.

Nous verrons de plus tous les mystères de la foi que les esprits même les plus subtils ne sauraient comprendre maintenant. Le mystère de la Sainte Trinité, le mystère de l'Incarnation ; comment Dieu, qui est infiniment élevé au- dessus de toutes ses créatures, s'est abaissé jusqu'à s'unir personnellement à là nature humaine, comment il est véritablement devenu homme ; nous verrons tous les secrets de cet Homme Dieu dans la vie qu'il a menée sur la terre, dès sa plus tendre enfance, pendant son séjour en Egypte, pendant son adolescence et tout le temps qu'il demeura caché et inconnu à Nazareth, remplissant les fonctions les plus humbles pour jeter les fondements de notre gloire. Nous connaîtrons comment il se manifesta aux hommes en conversant avec eux, en leur annonçant sa divine doctrine et opérant des miracles. Nous verrons le très-profond mystère de sa Passion et de sa mort ; les joies de sa glorieuse Résurrection; ses entretiens pendant les quarante jours qui suivirent ; la pompe de son Ascension triomphante. Nous verrons le mystère de l'adorable Eucharistie ; comment un corps peut se dépouiller de sa quantité extérieure qui a rapport au lieu, en conservant la quantité intérieure qui est naturelle à l'arrangement et à la disposition de ses membres ; comment il se réduit à être tout entier en un seul point ; comment il est tout en tout et tout entier dans chaque partie, et les autres prodiges qui renversent toutes les lois de la nature. Nous verrons le mystère de la justification d'une âme Pécheresse; celui de la glorification d'une âme juste; tous les secrets et tous les sens de la Sainte Ecriture qui donnent ici-bas tant de difficultés même aux esprits des plus pénétrants.

Nous verrons la fériisalem céleste! L'architecture, les proportions, la beauté, les richesses, et toute la gloire de cette sainte et admirable Cité, le nombre des Anges et des hommes bienheureux, leurs ordres différents, leurs mérites, leurs perfections et leur béatitude. Nous saurons le nombre, la diversité, les péchés et les supplices des damnés, mais sans que le contentement de l'âme sainte troublé par cette vue ; au contraire, le bonheur de la sainte augmentera lorsqu'elle se verra préservée d'un horrible malheur, où elle serait infailliblement tombée dans la miséricorde de Dieu, ce dont elle lui rendra des tions de grâces infinies.

Nous verrons la conduite de la Providence divine depuis le commencement du monde jusqu'à la fin, envers les hommes en général dans le gouvernement des empires, des royaumes, des républiques, des communautés et des villes ; leur commencement, leurs progrès et leur ruine; envers chaque particulier, dans l'affaire du salut et surtout envers nous-mêmes. Le Bienheureux aura une connaissance très parfaite de toutes les histoires, de tous les accidents, de toutes les rencontres, de toutes les actions et de tous les discours des hommes, parce qu'il doit voir et louer à jamais l'impartiale justice de Dieu dans la récompense des uns et dans la punition des autres. Or, pour cela la connaissance claire de tout ce qui s'est passé en eux est nécessaire; la conduite de Dieu envers eux, et leur conduite envers lui ; ce que Dieu a fait pour les sauver, ce qu'ils ont fait peur y correspondre ou pour se perdre. Enfin, nous verrons l'univers dans son tout et dans chacune de ses parties, l'essence des choses, leurs facultés, leurs effets, leurs liaisons, leur dépendance mutuelle, leurs sympathies et leurs antipathies et tout ce que chaque chose renferme.

Nous verrons tout cela en Dieu et hors de Dieu dans la chose même. Nous verrons les choses en Dieu par cette connaissance que Saint Augustin appelle la connaissance du matin, qui nous les montrera dans leur état primitif, originaire et incréé. Les Bienheureux voient toujours votre divine face, dit ce grand Docteur, ils y lisent comme dans un livre, sans succession de temps et de travail ; ils lisent toujours la même chose, ce qu'ils lisent ne passe point, le livre ne se ferme pas et ne se fermera jamais pour eux, parce que c'est vous-même, Seigneur, qui êtes leur livre et vous serez éternellement. Nous verrons ensuite les choses en elles-mêmes jusqu'au dernier degré de leur être par la connaissance du soir, qui est éclairée de la lumière de la gloire, qui surpasse incomparablement en clarté toutes les lumières de la nature, même des Anges et des démons, pour les choses créées; lumière qui est au-dessus de toutes les lumières de la grâce, communiquées aux Saints dans leurs prophéties, leurs contemplations et leurs extases, qui donnent cependant une si prodigieuse élévation à leur esprit. De plus, cette lumière de la gloire montre les objets de la manière la plus évidente, la plus distincte et la plus agréable possible.

Qui pourrait donc peindre le contentement ineffable qu'éprouvera notre entendement, quand il verra toutes ces choses et surtout quand il verra Dieu. Je serai rassasiéde joie devant votre visage, dit le Prophète Royal! Cette face divine a des attraits particuliers et des charmes infinis; ils versent dans l'entendement des torrents de douceurs, et comme autant de grands fleuves, ils forment un océan de plaisirs infinis où l'entendement est continuellement abîmé.

Ici-bas, au milieu de l'obscurité dans laquelle nous sommes plongés avec notre esprit rétréci, nous avons grand plaisir à voir une grande variété de pays, un parterre émaillé de fleurs, un palais magnifique, une personne sur le visage de laquelle brille un rayon de beauté. Notre entendement goûte de si grandes douceurs dans les sciences, dans la connaissance des choses naturelles, des éléments, c'est-à-dire dans la connaissance des propriétés d'un accident, que plusieurs perdent le boire et le manger et ne trouvent rien qui en approche dans la jouissance légitime des sens.

Quels seront donc les transports, les excès, les ravissements de notre entendement, quand il verra Dieu face à face et tel qu'il est? Dieu, cette première et essentielle vérité, cette première et infinie bonté, cette première et souveraine sagesse; cet être infiniment parfait, d'où découle tout ce qui est vrai, tout ce qui est beau, tout ce qui est sage, tout ce qui a quelque degré d'être, et auprès duquel toutes les vérités créées ne sont que mensonges, tou tes les beautés laideurs, toute sagesse ignorance, et tous les êtres des néants. C'est alors que le violent désir qui nous dévore, cette soif brûlante de savoir, qui nous porte à chercher sans cesse, à traverser les déserts, à franchir les mers, à quitter notre pays, nos parents, nos amis, pour aller aux extrémités de la terre, voir ce qu'on y fait, ce qu'on y dit, sera pleinement étanchée.

Mais outre le plaisir dont la vision de Dieu remplit notre entendement, il produit dans l'âme un effet encore bien plus admirable, il la rend semblable à Dieu. "Nous avons, dit le disciple bien-aimé, que lorsque Jésus-Christ se montrera dans sa gloire, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrôns tel qu'il est." Et comment cela? C'est qu'il n'est pas possible de voir Dieu comme le voient les Bienheureux, sans devenir semblable à lui, parce que ce n'est point une vue ordinaire, mais une vue qui est tout ensemble l'acquisition et la possession de Dieu, et ensuite une union intime et parfaite avec lui. Or, comme la beauté unie à la créature la rend nécessairement belle ; la sagesse, sage ; la force, forte, la Divinité unie immédiatement et par elle-même à l'âme, la rend divine et fait que le Bienheureux, demeurant homme dans sa substance, devient comme un dieu en perfection. J'ai dit : Vous êtes des compliront ces paroles. Le fei, mis dans une fournaise, que s'acdieux, s'écrie le Prophète, et c'est là proprement y prend tellement les qualités du feu, je veux dire la chaleur et la lumière, que, quoiqu'il ne perde pas son essence, on dirait pourtant, à le voir et à le sentir, que ce n'est pas du fer, mais du feu, tant il lui ressemble. De même, quoique les Bienheureux conservent leur nature dans toute son intégrité, ils sont tellement imprégnés des excellences de la Divinité, tellement revêtus extérieurement et si remplis intérieurement de sa beauté, de sa sagesse, de sa force, et si parfaitement déifiés, qu'ils paraissent plutôt des dieux que des hommes. Ils boiront à longs traits, dit un Prophète, les délices inénarrables de la vision de Dieu, ils les absorberont et ils y seront absorbés, ils seront comme s'ils n'étaient pas, non par le changement de leur essence, mais par la participation des attributs de Dieu, à qui ils seront intimement et éternellement unis.

La béatitude de la volonté, suit immédiatement celle de l'entendement ; elle consiste clans l'amour de Dieu, la volonté est immédiatement embrasée; car la claire vision de ce Dieu infiniment beau et parfait, et par conséquent infiniment aimable, fera une si forte impression sur elle, qu'il lui sera impossible de ne le point aimer aussitôt de toutes ses forces et de toute l'ardeur de ses affections. Par cet amour, la volonté s'écoule en Dieu, s'unit à lui de la manière la plus étroite; et par cette union et le pouvoir particulier qu'a l'amour de changer l'objet aimant en l'objet aimé, la volonté se transforme en Dieu ; et comme Dieu est la pureté, la sainteté et la perfection par essence, elle devient très pure, très-sainte et très parfaite. Dès lors le Bienheureux n'a plus d'autre volonté, d'autres désirs, d'atftres desseins que ceux de Dieu ; il entre clans toutes ses affections, il aime incomparablement plus la gloire de Dieu que la sienne; il ne s'aime qu'en Dieu et pour Dieu ; c'est alors qu'il accomplit au plus haut degré de perfection le précepte de la charité qui ordonne d'aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme et de toutes ses forces. La joie de la volonté est égale à la grandeur de son amour et du bien qu'elle possède ; et comme ce bien est infini, que la volonté l'aime avec la plus grande ardeur et le possède de la manière la plus excellente, avec l'assurrance de ne le perdre jamais, elle ressent un plaisir si grand que nous ne saurions le comprendre.

Telles sont, dans le Ciel, les jouissances de l'âme, éternellement heureuse. Mais après la Résurrection Générale, le corps aura aussi ses jouissances : car, l'homme transfiguré, vivra au ciel, de la vie du corps, il en vivra pleinement et toujours.

Le corps de l'homme glorifié conservera toute son intégrité, ses sens et ses organes. Ressuscité dans l'âge de la force et de la beauté, dépouillé par le travail de la tombe de toutes les imperfections, résultats du péché, doué de qualités nouvelles, il jouira d'une éternelle jeunesse. Ces qualités nouvelles sont : l'impassibilité, la subtilité, l'agilité, la clarté.


L'impassibilité

— Le corps, dit l'Apôtre Saint Paul, est semé dans la corruption, mais à la résurrection générale de la chair, il ressuscitera dans l'incorruptibilité. Il sera incorruptible : donc impassible. L'impassibilité sera l'effet nécessaire de la glorification. Dans les choses corruptibles, le, principe vital ne domine pas assez parfaitement la matière, pour la préserver de toute atteinte contraire à sa volonté. Mais, après la résurrection, l'âme des saints sera complètement maîtresse du corps. Cet empire sera immuable, puisque l'âme elle-même sera immuablement soumise à Dieu. Il sera parfait, puisque l'âme elle-même sera parfaite, et, par conséquent, doué du pouvoir et de la volonté d'empêcher tout ce qui pourrait nuire au corps. De plus, dans le ciel, le bonheur de l'homme sera complet : il ne le serait pas, si le corps demeurait sujet à la souffrance.

Au reste, l'impassibilité ne détruira pas la sensibilité. Tout en conservant intacte la nature des corps, la puissance divine peut lui ôter les qualités qu'il lui plaît. Ainsi, au feu de la fournaise de Babylone elle ôta la vertu de brûler certaines choses, puisque les corps des jeunes Hébreux demeurèrent intacts ; mais elle lui laissa la vertu de brûler certaines autres choses, puisque le bois fut consumé. Il en sera de même pour les corps glorieux : Dieu ôtera la passibilité et conservera la nature. D'ailleurs si les corps glorieux n'étaient pas sensibles, la vie des saints, après la résurrection, ressemblerait plus au sommeil qu'à la veille. Or, le sommeil n'est pas la vie, surtout le vie dans sa plénitude : ce n'est qu'une demie-vie.


La subtilité

— Semé animal, le corps ressuscitera spirituellement subtil. La subtilité est une des principales qualités des esprits ; et la subtilité des êtres spirituels surpasse infiniment la subtilitê des êtres corporels. Les corps glorieux seront donc très subtils. La subtilité d'un corps consiste à pouvoir pénétrer au travers d'un autre corps, à peu près comme le rayon lumineux pénètre le verre sans le déranger et sans l'altérer. Deux causes naturelles la rendent possible: la première, la ténuité du corps pénétrant, l'existence des pores, ou espaces laissés vides entre les parties du corps pénétré.

Mais le vrai principe de la subtilité des corps glorieux sera leur parfaite soumission à l'âme glorifiée. Le premier effet de cette soumission sera de faire, dans les limites du possible, participer le corps à la nature de l'âme et par conséquent aux opérations de l'âme. Ainsi, nul obstacle aux communications les plus intimes des saints entre enx et avec toutes les parties de la glorieuse Jérusalem.

Néanmoins les corps resteront palpables. Reformés sur le modèle du corps du Verbe ressuscité, ils en auront les qualités. Or, le corps du Verbe ressuscité était palpable. "Palpez et voyez, disait Jésus à ses disciples étonnés, un esprit n'a ni chair nï os, comme vous voyez que j'en ai." C'est un article de foi, sanctionné par l'Eglise dans la condamnation d'Eutychius, patriarche de Constantinople , qui soutenait l'impalpabilité des corps glorieux.



L'agilité.

— Semé faible, le corps ressuscitera fort: donc agile et plein de vie. Agile veut dire facile au mouvement. Donc lese corps glorieux seront agiles. De plus, la lenteur répugne essentiellement à la spiritualité. Mais les. corps glorieux jouiront d'une extrême spiritualité. Donc ils seront agiles. D'ailleurs l'âme est unie au corps, non seulement comme forme ou principe vital, mais encore comme moteur. Sous l'un et l'autre aspect le corps glorieux lui sera parfaitement soi)eis. Par la subtilité, le corps parfaitement soumis à l'âme comme à sa forme, en reçoit un être spécifique; ainsi, parfaitement soumis à l'âme comme à son moteur, il en reçoit l'extrême facilité de mouvement, qu'on appelle l'agilité, pour se transporter, sans fatigue, et dans un instant imperceptible, et quelle que soit la distance, d'un lieu à un autre, et avec la même promptitude revenir au point du départ : telle sera la délicieuse prérogative des corps glorieux. Nous disons délicieuse; car de toutes les qualités des corps, l'agilité est celle que le monde actuel semble rechercher avec le plus d'ardeur. Il ne veut plus de distance. Le poids de la matière le gêne: à tout prix, il veut s'en affranchir. Loin. donc de nous la pensée que l'immobilité régnera dans le ciel et que nous y serons comme des statues dans des niches. Le mouvement et l'agilité d'ici-bas, ne sont qu'une ombre du mouvement et de'l'agilité qui régneront dans la Cité du Saint-Esprit.


La clarté.

— Semé ignoble, le corps ressuscitera glorieux: donc lumineux. Tel est le sens que l'Apôtre lui-même donne au mot glorieux, puisqu'il compare la gloire des corps ressuscités à la clarté des étoiles. Ajoutons que cette lumière leur viendra de la surabondante lumière de l'âme glorifiée: elle en sera pénétrée et enveloppée. Maitresse absolue du corps, auquel elle sera unie de l'union la plus intime, elle le pénétrera de part en part, et l'enveloppera complètement de lumière.

Telles seront leste dualités des corps glorieux, dans l'éternel séjour des Elus.


Plaisirs du corps.

Qu'est-ce que l'homme désire pour son corps, avec ses sens ? Il désire des sites enchanteurs ; une terre féconde, parée de toutes les beautés de la nature, un ciel pur, serein, sans nuage, sans froid excessif, sans soleil brûlant. Voyez combien les voyages, les recherches, les dépenses coûtent peu aux riches pour se procurer cet avantage, et, quand ils en jouissent, ils sont au comble de leurs voeux. Ils célèbrent leur bonheur, ils en écrivent à leurs parents à leurs amis, les invitant à se réjouir avec eux.

Eh bien ! qu'est-ce que le Ciel ? C'est le complément, c'est la satisfaction pleine, entière, éternelle de ce désir. Car, après le temps fini, il y aura de nouveaux cieux et une nouvelle terre. Purifiés par le feu, ils seront revêtus des qualités analogues à la nature de nos corps, devenus impassibles et immortels. Oh ! que leur beauté sera ravissante! Et puis, sous ces nouveaux cieux et sur cette nouvelle terre, il n'y aura rien de cé qui trouble notre séjour actuel, quelque heureux qu'il nous paraisse.

Qu'est-ce que l'homme désire encore pour son corps et ses sens? Une habitation commode, des appartements magnifiques, de riches ameublements. Voyez quelle étonnante activité il emploie pote se les procurer! Et quand il est parvenu à se loger et à dormir dans cette somptueuse demeure, il se croit heureux. Or, le Ciel n'est que le complément, la satisfaction pleine, entière, éternelle de ce désir. Ecoutez la description que vous fait de la demeure des élus le Disciple bien-aimé, dont l'oeil avait eu le bonheur de da comtempler : "Et l'ange me transporta en esprit sur une haute montagne; et il me montra la ville, la sainte Jérusalem, qui descendait du ciel, venant de Dieu; elle était illuminée de la clarté de Dieu même ; et sa lumière était semblable à une pierre de jaspe, transparente comme du cristal, oû il y avait douze portes et douze anges, un à chaque porte. La muraille était bâtie de jaspe, et la ville était d'un or pur, semblable à du verre trés clair, et les fondements de la muraille étaient des pierres précieuses. Les douze portes étaient douze perles; et chaque porte était faite de l'une de ces perles; et la place de la ville était d'un or pur comme du verre transparent."

Le lecteur comprendra que ce n'est que pour essayer de nous donner une idée de la réalité, que Saint Jean se sert de tout ce que nous connaissons de plus précieux. Ce n'est pas que nous croyons que la céleste Jérusalem soit en effet bâtie ou revêtue et enrichie de ces pierres et de ces métaux que nous prisons tant en ce monde ; mais le Saint-Esprit, pour s'accommoder à nos idées basses et grossières, ne nous parle d'autre chose, parce que nous ne voyons rien ici de plus éclatant ni de plus beau

Et pour chacun de ses sens, l'homme éprouve aussi des désirs que rien ici-bas ne peut satisfaire et qui sont son tourment. L'oeil désire voir, l'oreille entendre, le goût savourer, l'odorat recevoir et le tact toucher tout ce qu'il v a de beau, d'harmonieux, de délicieux, d'agréable et de doux. Il faudrait écrire, depuis le première page jusqu'à la dernière, l'histoire du genre humain, si l'on voulait raconter tout ce que l'homme fait pour contenter ses sens. Que de vies ronsumées, que de fleuves de sang répandus, que de montagnes d'or et d'argent sacrifiées pour acheter le plaisir des sens! Le Ciel donne tout cela, ou plutôt le Ciel est tout cela perfectionné,sans mélange d'imperfection ni de vicissitude. .


D'abord, sens de la vue.

— Les Saints verront les nouveaux cieux et la nouvelle terre, sans comparaison plus beaux que les anciens. Ils verront cette Sainte cité que Tobie et après lui l'apôtre Saint Jean , faute de ternies qui en expriment la magnificence, nous dépeignont comme une ville toute bâtie d'or et ornée de toutes sortes de pierres précieuses. Ils se verront eux-mêmes et comme leurs corps seront réformés sur le modèle de celui de Jésus-Christ, ainsi que parle Saint Paul , ils seront si beaux et si lumineux qu'ils ne céderont pas au soleil en beauté et en éclat.

Il n'y a point ici d'exagération Le Corps du Sauveur, auquel tous les autrese seront semblable parut un jour à Saint Paul plus brillant que le soleil en plein midi.

Le Sauveur lui-même ne dit-il pas que les "Justes luiront comme le soleil dans le royaume de leur Père'" Quel contentement auront-ils donc lorsqu'ils verront leurs pieds, leurs mains et tous les membres de leur corps si resplendissants que, dans quelque endroit qu'ils soient, ils n'auront besoin ni de flambeau ni d'ante pour s'éclairer ?

Mais ils n'auront pas seulement la satisfaction de voir leurs corps ainsi rayonnants de gloire : ils verront encore avec un extrême plaisir ceux des autres Saints, et surtout celui de Notre-Seigneur et de sa Sainte Mère.

L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres
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