Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de 
Mgr Pierre André Fournier  et ami de
ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

Signez mon livre d'or Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens. 


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU
MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE
DIT QUELQUE CHOSE?

 


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Titre de la série :
Le ciel séjour des élus
Titre de la page:

Chapitre-4-B-suite

Le Ciel

LES CONFESSEURS ET LES VIERGES
LES SAINTES FEMMES TOUS LES SAINTS

Nom de l'auteur:
R.P. Frédéric De hyvelde.o.f.m. Commissaire de Terre-Sainte
Chapitre-4-B-suite
Sommaire.

— Saint Macaire d'Alexandrie.
— Egypte:
— les moines d'aujourd'hui.
— Saint Siméon Stylite.
—  Sainte Scholastique.
—Sainte Françoise Romaine.
— Sainte Marie I'Egyptienne


Saint Macaire d'Alexandrie, anachorète.

Notre Saint était originaire d'Alexandrie où sa profession fut d'abord de vendre des dragées et des fruits; mais le grand amour qu'il avait pour la solitude, le porta rendre dans la Thébaïde, près de Saint Antoine, qu'il choisit pour son guide dans les premières années de sa retraite. Ce grand saint lui donna l'habit monastique et lui prédit ce qui arriverait dans le cours de sa vie. Après avoir reçu et mis à profit les instructions de son illustre maître, il quitta la Thébaïde et vint au désert de Scété. Il fut le premier qui y bâtit un monastère, et il y avait sa cellule. Il en eut une ausssi en Libye et une autre à Nitrie; niais son principal séjour fut at désert des Cellules, où il exerça comme prêtre, les fonctions du sacerdoce.

Ces diférentes celules étaient plus propres à satisfaire son amotd'pour la pénitence, qu'à le garantir des injures de l'air ; car, l'une était sans fenêtres, et il y passait tout le carême assis dans l'obscurité. Une autre était si étroite qu'il ne pouvait s'y étendre de tout son long. Celle de Nitrie était la plus spacieuse, parce qu'il n'y allait que pour recevoir et instruire les étrangers. Cependant, son grand amour pour la pénitence le portait à rechercher toutes les occasions pour se perfectionner dans cette grande vertu. Or, un jour, on lui dit qu'à Tabennes,, les disciples de Saint Pacôme ne mangeaient rien de cuit pendant le Carême ; il voulut faire la même chose durant sept ans, ne se nourrissant que d'herbes crues ou de légumes trempés seulement dans l'eau froide. Mais sa ferveur le porta à aller reconnaître par lui-même la discipline de Tabennes, soit pour mieux s'instruire et s'édifier, soit pour y vivre confondu parmi tant d'austères religieux et se dérober par là à la vénération qu'on avait pour lui à Nitrie et aux Cellules..

Le trajet de là à Tabennes était très long. Il fallai traverser des déserts fort vastes, non sans souffrir extrementent. Mais cette difficulté ne l'arrêta pas. Il quitta habit pour n'être pas connu et prit un costume artisan. Il marcha pendant quinze jours dans ces affreuses solitudes jusque dans la Haute-Thébaine, où il se présenta la porte du monastère de Saint Pacôme qu'il pria humblement de le recevoir au nombre de ses religieux. Le saint abbé à qui Dieu ne le fit pas connaître alors, quoiqu'il l'éclairat dans beaucoup d'autres rencontres d'une lumière prophétique, bien loin d'acquiescer à sa demande, dit qu'il était trop âgé pour soutenir le poids des austérités de sa règle; qu'il fallait y être exercé de bonne heures: et, que s'il l'entreprenait, il serait tenté d'impatience dans les travaux dont on le surchargerait, ce qui porterait au murmure, et qu'enfin, au lieu de perséver, il quitterait tout, mécontent du monastère qu'il irait crier ailleurs.

Ce refus ne le rebuta pas. Il persévéra durant sept jours dans la même demande, quoiqu'il ne reçut du saint que la même réponse et fut tout ce temps là sans rendre aucune nouriture. Enfin, il lui dit: "Je vous conjure, mon Père, de me recevoir, et si je ne jeûne pas s et ne fais pas la même chose que les autres, je consens que vous me renvoyiez." Saint Pacôme, touché de sa sévérance, en parla aux autres frères qui, selon Pallade.étaient au nombre de mille quatre cents, et qui conclurent à l'admettre.

Ceci arriva peu de temps avant le carême et Saint Macaire, attentif à tout ce qui se pratiquait pour le faire servir à son avancement spirituel, remarqua que les religieux suivant chacun l'ardeur qu'ils avaient pour la pénittence, s'étaient proposé, les uns de ne manger que le soir durant la sainte quarantaine, les autres une fois en deux jours, et les autres après cinq jours. Il observa encore que quelques-uns, après être demeurés assis tout le jour occupés à leur travail, passaient toute la nuit debout.

Ces exemples de mortification animèrent tellement sa ferveur, qu'il fit tremper une grande quantité de feuille: de palnier pour son travail et se retira dans un coin , il se tint debout tout le carême, sans jamais s'asseoir même s'appuyer, sans prendre un morceau de pain, mais seulement le dimanche quelques feuilles de choux toutes crues, et en si petite quantité, qu'il les mangeait plutôt pour éviter la tentation de vanité que pour se nourrir. Il garda pendant tout ce temps un rigoureux silence, et lorsqu'il était contraint de sortir, il retournait aussitôt à son travail, conservant toujours son esprit et son coeur élevé vers Dieu.

Saint Pacôme, occupé au gouvernement général de l'Ordre ne s'était pas aperçu de la façon dont il avait vécu. Mais les autres religieux, et surtout ceux qui étaient plus austères, y avaient pris garde, et ils en furent frappés, qu'ils en portèrent leurs plaintes à leur abbé disant qu'il avait amené un homme qui vivait comme n'était qu'un pur esprit, sans chair et sans os, et qui semblait n'être venu chez eux que pour les condamner. Ils le prièrent en conséquence de le congédier, et avouèrent s'il demeurait davantage, ils ne pouvaient plus eux-même y tenir. Le saint abbé s'informa sur ces plaintes détail de sa conduite. Il en fut tout étonné; il comprit qu'il y avait quelque chose d'extraordinaire dans cet inconnu et qu'il n'en était pasà commencer les travaux de la vie religieuse. Il ne leur en dit pourtant rien; mais il eut recours à la prière, pour obtenir de Dieu qu'il le lui fit connaître. Il lui fut révélé que c'était Macaire, dont la réputation était répandue dans tous les déserts. Aprèsqu'II eut fini son oraison, il alla droit à lui, le prit par la main, le conduisit à la chapelle où était l'autel, et l'embrassa tendrement, il lui parla ainsi: "C'est donc vous, ô vénérable vieillard? Vous êtes Macaire, et vous me l'avez caché. Il y a longtemps que j'ai entendu parler de vous et que je désirais vous voir. Je vous dois des actions de grâes d'avoir humilié mes enfants. Vous leur avez ôté par votre exemple tout sujet de s'enfler de vanité et d'avoir les sentiments trop avantageux d'eux-mêmes à cause de leurs austérités. Retournez, je vous en supplie, à votre à solitude, et priez pour nous."

Cet homme insatiable de pénitences se proposa un jour de combattre le sommeil, pour éprouver s'il pourrait le surmonter. Il le racontait depuis à Pallade, et lui disait :''J'ai passai pour cela vingt jours et autant de nuits à découvert ; étant brûlé durant le jour par la chaleur, et transi de froid, durant la nuit. Mais au bout de ce temps je fus obligé de me jeter promptement dans une cellule, où je m'endormis, sans quoi, je serais tombé en défaillance.

L'ennemi du salut lui donna, dans une autre rencontre, par des tentations contre la pureté dont il l'assiéga l'occasion de pratiquer une mortification terrible. Il alla au marais de Scété s'exposer aussi à découvert aux moucherons dont les aiguillons dans cet endroit sont si pénétrants, que la peau même des sangliers n'est pas à l'épreuve de leurs piqûres. Il pratiqua cette pénitence du­rant six mois, et ces insectes couvrirent son corps de tant de pustules que quand il revint à sa cellule, on ne put le reconnaître qu'au son de sa voix et que plusieurs crurent qu'il avait la lèpre.

Un autre acte de mortification, bien moindre que celui-là, et que Panade rapporte, nous fait connaître en même temps combien les religieux qu'il avait sous sa discipline étaient fidèles à sacrifier à Dieu les satisfac­tions des sens. Saint Macaire eut l'envie, une fois de manger des raisins. Il te fit connaître, et on lui en apporta aussitôt une grappe toute fraîche; mais, quand il la vit, il voulut s'en priver, et joignant la charité à l'abtinence, il la fit porter à un frère qu'il croyait en avoir plus besoin que lui, parce qu'il ne jouissait pas d'une grande santé. Celui-ci témoigna d'abord de la joie de ce présent qui lui était envoyé par un si saint homme, mais quoiqu'il eût bien désiré d'en manger, il en fit le sacrifice à Dieu, a qui il rendit des actions de grâces et la porta à un autre, qui également mortifié et charitable n'y toucha point et la porta à un troisième qui en fit de même. Enfin cette grappe de raisin fut ainsi portée de main en ma'l dans toutes les cellules du désert qui ée:.itent en grand nombre et assez éloignées les unes des autres, jusqu'à ce que le dernier à qui elle fut offerte, l'envoya à Saint Macaire comme un présent qui lui serait agréable, ignorant qu'il l'avait reçu avant tous les autres.

Le Saint reconnut d'abord la grappe, mais il voulut mieux s'en assurer; et quand il apprit qu'elle avait passé par toutes les cellules sans qu'aucun frère y eût touché, il en conçut une grande joie et remercia Dieu de voir tant le mortification et de charité dans ces saints solitaires!


EGYPTE. Les moines d'aujourd'hui.

•  Quelquesuns des anciens couvents sont encore habités aujourd'hui par des moines; mais, hélas! l'hérésie et le schisme ont passé par là; et, ces moines dégénérés, ne sont plus même une ombre de leurs glorieux ancêtres !

Saint Siméon Stylite.

Nous passons sous silence les premières années de cet homme extraordinaire. Il était déjà très-élevé en perfection, lorsque son besoin irrésistible de pénitence le poussa à s'élever encore plus haut dans la vertu. Par aspiration divine, il s'avisa d'embrasser un genre de vie inouï jusqu'alors et qui a fait depuis ce temps l'étonnement de tous les siècles. Ce fut de s'élever sur une colonne (2) haute premièrement de six coudées, ensuite de douze, puis de vingt-deux; enfin de trente-six. l'extrémité de ces colonnes était surmontée d'une balustre de trois pieds de diamètre, ce qui faisait que le Saint ne pouvait ni se coucher, ni même s'asseoir. Que n'ai-je la langue des anges pour pouvoir dignement représenter la manière dont cet homme céleste vécut sur ces colonnes, le grand fruit qu'il fit dans le monde et les prodiges incroyables que Dieu opéra par son moyen! Il n'avait ni chambre ni abri ; il était exposé aux ardeurs du soleil, aux rigueurs du froid, à la pluie, à la neige, à la grêle, aux tempêtes et à toutes les injures de l'air. On ne peut pas dire qu'il mangeait, puisque Théodoret, évêque de Cyr et son ami particulier assure qu'il ne prenait de nourriture que de quarante jours l'un, excepté la Sainte Eucharistie qu'il recevait tous les huit jours. Jamais on ne le voyait ni couché, ni assis ; mais il était toujours debout ou le visage prosterné pour prier. Son oraison durait depuis le soir jusqu'au lendemain midi, et lorsqu'il parlait debout, il faisait un nombre infini d'inclinations pour adorer la majesté de Dieu, jusque-là que quelqu'un de la compagnie de Théodoret en compta en un jour jusqu'à douze cent quarante quatre, et s'arrêta là, le saint continuant à en faire encore davantage. Aux principales fêtes de l'Église, il passait toute la nuit, les yeux et les mains élevés au ciel, sans qu'on s'aperçut jamais qu'une posture si gênante le lassât, et sans qu'il fût obligé de l'interrompre.

Le fidèle disciple qui a composé sa vie, rapporte quil fut un an entier sans se soutenir que sur un pied, à quoi il s'était condamné pour avoir inconsidérément levé le pied. Voici dans quelle circonstance: Malgré l'habitude où il était d'éluder tous les artifices du demon, Dieu permit, pour le rendre toujours plus humble et plus vigilant sur lui-même, qu'il fût une fois surpris dans un piège dangereux: Il crut voir, non l'esprit tentateur, mais un ange de lumière, venir à lui avec un chariot tout rayonnant de feu céleste. L'esprit s'étant approché, lui dit qu'il était envoyé de Dieu pour le faire monter et l'enlever dans la gloire qui lui était préparée. Ce Saint, dénué en ce moment, (Dieu le permettant ainsi) de son discernement ordinaire, leva le pied pour se mettre dans le chariot; mais au signe de croix qu'il fit pour bénir son départ, tout le fantôme disparut. Il reconnut alors son erreur, et s'en punit de la manière effrayante que nous venons de voir. Il endurait, en outre, de cuivantes douleurs d'un affreux ulcère, au haut d'une de ses jambes. Cet ulcère fut découvert dans la circonstance suivante: un diacre d'une grande considération l'étant venu visiter, et apprenant qu'il ne mangeait, ni ne buvait, ni ne dormait, prit hardiesse de lui demander s'il était un homme, ou une nature spirituelle qui eût pris seulement l'apparence d'un hone.. Les assistants s'offensèrent de cette demande; mais le Saint, sans se troubler, le pria de monter avec une échelle sur sa colonne pour reconnaître, par sa propre experience, ce qu'il était. Le diacre y monta, et Saint Siméon, levant le bord de son cilice, lui fit voir cette horrible plaie qui le dévorait tout vivant, et montrait clairement qu'il était de chair et d'os, tout comme les autres hommes.

La profonde humilité que tous admiraiaent dans notre Saint était accompagné d'une modestie, d'une grâce et d'une affabilité merveilleuse; il recevait agréablement tout le monde, riches ou pauvres, grands seigneur, ou des artisans, fidèles oh infidèles, et les gagnait tous par la douceur de ses paroles et par ses regards pleins de bienveillance. Il satisfaisait à leurs doutes, il accommodait leurs différends, il remédiait à leurs maux, et personne ne se retirait d'auprès de lui sans être très content de sa charité. Le zèle qu'il avait pour l'Eglise et pour le salut des âmes était admirable. Il prêchait tous les jours deux fois, du haut de sa colonne, à une infinité de personnes qui s'assemblaient pour l'entendre, et ses discours ne tendaient qu'à inspirer le mépris de toutes les choses de la terre et le désir des biens éternels. Il combattait vivement les païens, les juifs et les hérétiques, moins pour les confondre que pour les gagner à Dieu, et ses historiens assurent qu'il convertit des milliers de Sarrasins, de Georgiens, de Perses et d'Arméniens qui demandaient en foule le saint Baptême. Les Pécheurs les plus endurcis étaient attendris en sa présence; témoin cet insigne voleur et meurtrier, nommé Antiochus, qui conçtit auprès de la colonne du Saint, où il s'était réfugié, une si véhémente contrition de ses Crimes, qu'une voix céleste l'ayant assure qu'ils lui étaient pardonnés, il mourut de douleur en prononçant ces paroles : "Mon Seigneur Jésus-Christ, Flis unique du Père éternel, qui n'êtes pas venu pour les justes mais pour les pécheurs, recevez mon esprit entre mains."

Lorsqu'enfin l'heure de sa mort fut arrivée, il s'inclina, selon sa coutume, pour prier ; et, dans cette posture il rendit à Dieu son âme bienheureuse qui fut transportée par les anges dans le lieu du repos éternel !

Il est fait mention de notre Saint dans le Martyrologe Romain, le cinquième jour de janvier, en ces termes: A Antioche, Saint Siméon, moine, qui demeura, plusieurs années debout sur une colonne, ce qui lui a fait donner le tirnom de Stylite ; toute sa vie ne fut qu'une longue suite de prodiges.

Nous devrions ajouter ici tous les saints Pères, tous les Docteurs, tous les fondateurs d'ordres enfin toutes ces grandes âmes que la sainte Église a inscrites au Catalogue des Saints. De tous, il est dit qu'ils se sont sanctifiés par les veilles, les prières, les jeûnes, les disciplines, en un mot par la Pénitence et qu'ainsi ils sont parvenus sûrement à l'éternelle béatitude du Ciel !


Sainte Scholastique.

La vie de Sainte Scholastique, soeur du vénérable Père Benoît, Patriarche des Moines d'Occident, s'est écoulée ici- bas, sans laisser d'autre trace que le gracieux souvenir de celle colombe qui, se dirigeant vers le ciel d'un vol innocent et rapide, avertit le frère que la soeur le devançait le quelques jours dans l'asile de l'éternelle félicité. C'est à peu près tout ce qui nous reste sur cette admirable épouse du Sauveur, avec la touchante narration que Saint Grégoire a consacrée à la dernière entrevue du frère et de la soeur et qui forme la Légende du deuxième nocturne de l'office de la Sainte.

"Scholastique était soeur du vénérable Père Saint Benoit . Consacrée au Seigneur tout-puissant dès son enfance, elle avait coutume de venir visiter son frère une fois chaque année. L'homme de Dieu descendait pour la recevoir, dans une maison dépendante du monastère, non loin de la porte . Scholastique étant donc venue une fois selon sa coutume, son Vénérable frère descendit vers elle avec ses disciples. Ils passèrent tout le jour dans les louanges de Dieu et les pieux entretiens; et, quand la nuit fut venue, ils prirent ensemble leur repas. Comme ils étaient encore à table, et que le temps s'écoulait vite dans leur entretien sur les choses divines, la vierge sacrée adressa cette prière à Benoit. "Je te prie, mon frère, de ne pas m'abandonner cette nuit, afin que nous puissions jusqu'au matin parler encore des joies de la vie céleste." Le saint lui répondit: "Que dis-tu là, ma soeur? Je ne puis, en aucune façon passer la, nuit hors du monastère." Dans ce moment le ciel était si pur qu'il n'y paraissait aucun nuage. La ser­vante de Dieu, ayant entendu le refus de son frère, appuya sur la table ses doigts entrelacés; et, cachant son visage dans ses mains, elle s'adressa au Seigneur tout-puissant. Au moment où elle releva la tête, des éclairs, un violent coup de tonnerre, une pluie à torrents, se déclarèrent tout à coup ; au point que ni le vénérable Benoit,ni les frères qui étaient avec lui ne purent mettre le pied hors du lieu où ils étaient.

La pieuse servante de Dieu, pendant qu'elle avait tenu sa tête appuyée sur ses mains, avait versé sur la table un ruisseau de larmes; il n'en avait pas fallu davantage pour charger de nuages le ciel serein jusqu'à cette heure. Après la prière de la sainte, l'orage ne s'était pas fait longtemps attendre; mais cette prière et les torrents de pluie amenait s'étaient si parfaitement rencontrés ensemble, que, au même instant où Scholastique levait la tête de dessus la table, le tonnerre grondait déjà; en sorte qu'un même instant vit la sainte faire ce mouvement, et la pluie, tomber du ciel. L'homme de Dieu, voyant que des éclairs, ces tonnerres, cette inondation ne lui permettaient plus de rentrer au monastère, en fut contristé, et exhala ainsi ses plaintes : "Que le Dieu tout puissant te pardonne, ma soeur, que viens-tu de faire?" Elle répondit: "je t'ai adressé une demande, et tu n'as pas voulu m'écouter ; j'ai eu recours à mon Dieu, et il m'a exaucée. Maintenant, sors, si tu peux; laisse-moi et retourner à ton monastère." Mais le saint était dans l'impossibilité de sortir de la maison ; et lui qui n'avait pas voulu rester volontairement, demeura contre son gré. Ainsi les deux saints passèrent la nuit entière dans les veilles; reprenant leurs pieux entretiens sur la vie spirituelle, ils se rassasièrent à loisir par l'échange des sentiments quíls éprouvaient.

"Le lendemain, la vénérable Mère retourna à son monastère et l'homme de Dieu reprit le chemin de son cloître. Trois jours après, étant dans sa cellule, et ayant élevé ses yeux en haut, il vit l'âme de sa soeur, qui venait de briser les liens du corps et qui, sous la forme d'une colombe, se dirigeait vers les hauteurs mystérieuses du ciel. Ravi de joie pour la gloire dont elle était entrée en possession, il rendit grâces au Dieu tout-puissant par des hymnes et des cantiques et annonça aux frères le trépas de Scholastique. Il les envoya aussitôt au lieu qu'elle avait habité, afin qu'ils apportassent le corps au monastère, et qu'il fut déposé d'ans le tombeau qu'il s'était préparé, pour lui-même. Il arriva ainsi que ceux dont l'âme avait toujours été unie en Dieu ne furent point séparés par la mort,. leurs corps n'ayant eu qu'un 'même tombeau."


Sainte Françoise Romaine.

Après avoir donné durant quarante ans l'exemple de toutes les vertus clans l'union conjugale qu'elle avait con­tracté dès l'âge de douze ans, Françoise alla chercher dans la retraite le repos de son coeur éprouvé par de longues tribulations ; mais elle n'avait pas attendu ce moment pour vivre au Seigneur. Durant toute sa vie, des oeuvres de la' plus haute perfection l'avaient rendue l'objet des complai­sances du ciel, en même temps que les douces qualités de son coeur lui assuraient la tendresse et d'admiration de son époux et de ses enfants, des grands dont elle fut le modèle,. et des pauvres qu'elle servait avec amour. Pour récompenser cette cette vie toute angélique, Dieu permit que l'Ange gardien (3) de Françoise se rendit presque constamment visible à elle, le en même temps qu'il daigna l'éclairer lui­-même par les plus sublimes révélations. Mais ce qui doit partictilièrement nous frapper dans cette vie admirable lui rappelle à tant d'égards les traits de celle des deux grandes saintes Elisabeth de Hongrie et Jeanne-Françoise de Chantal, c'est l'austère pénitence que pratiqua cons­tamment l'illustre servante de Dieu. L'innocence de sa vie ne la dispensa pas de ces saintes rigueurs, "et le Sei­gneur voulut qu'un tel exemple fût donné aux fidèles, afin qu'ils apprissent à ne pas murmurer contre l'obligation de la pénitence qui peut n'être pas si sévère en nous, qu'elle le fut en Sainte Françoise, mais néanmoins doit être réelle, nous voulons aborder avec confiance le Dieu de justice qui pardonne facilement à l'âme repentante, mais qui exige la satisfaction. (4)

Ce que nous avons dit, un peu plus haut, des Docteurs, des saints Confesseurs... nous devons le répéter ici our les Vierges, les saintes Femmes ; pour toutes ces illustres Saintes, dont, chaque année, le Cycle Liturgie nous ramène la Fête et qui toutes, elles aussi, comme massant Sainte Scholastique et Sainte Françoise se sont sanctifiées par la voie héroïque de l'innocence; des humiliations, des austérités, de la Péintence !

Nous voulons terminer ce chapitre par l'histoir, d'une illustre pénitente qui, comme celle de Sainte Mack, leine, avant elle, et plus tard, celle de Sainte Marguerite de Cortone, nous rappelle que Dieu n'exclut personne céleste Paradis ; que le Père de Famille est toujours disposé à recevoir dans ses bras, l'Enfant Prodigue qui, tonché de la grâce, a le courage de dire : "Je me lèverai t je retournerai vers mon Père."


Sainte Marie l'Égyptienne

Zozime, religieux d'une éminente vertu, après avoir vécu longtemps dans tin monastère de Palestine, passa. par une inspiration de Dieu, dans un autre, bâti sur bord du Jourdain. C'était la coutume que, tous les ans le premier dimanche de Carême, les religieux, après voir participé aux divins mystères, et pris un peu de réfection, sortissent et se retirassent seul à seul dans la vaste étendue des déserts, pour s'y appliquer plus parfaitemenr à la pénitence et à la méditation des souffrances de Notre Seigneur; ils ne revenaient au monastère que pour 1e dimanche des Rameaux. Ce saint homme faisait ainsi d'année en année, ces religieuses retraites, et pénétrai. dans la solitude la plus avancée que le temps le lui pouvait permettra. Une fois, qu'il s'était éloigné de vingt journées de toute habitation des hommes, comme il faisait oraison à l'heure de sexte, c'est-à-dire à midi, il aperçut de loin l'apparence d'un corps humain qui marchait devant lui. D'abord, il appréhenda que ce ne fût un spectre et se munit du signe de la croix ; mais, considérant plus attentivement ce qu'il voyait, il reconnut que c'était véritablement une personne, dont le corps néanmoins, était tout noir et tout brûlé des ardeurs du soleil.

Cette personne, c'était Marie l'Egyptienne qui se fit connaitre au Saint, en ces termes :

-Je suis native d'Egypte, et, dès l'âge de douze ans, fuyant les corrections de mes parents, je quittai leur maison, et me rendis à Alexandrie, où je m'abandonnais toute sorte de libertinage, sans crainte de Dieu, ni honte, les hommes. Je perdis la pudeur que les personnes de mon sexe portent sur le front, et que la nature leur a donnée pour servir de bride à leur légèreté, et je passai plus de dix-sept ans dans les désordres de l'impureté, sans prétendre à d'autre récompense de mes crimes que les plaisirs que j'y trouvais. Enfin, je tombai dans un si grand dérèglement, que, voyant un jour à Alexandrie plusieurs personnes qui s'embarquaient pour aller à Jérusalem solenniser la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, il me prit fantaisie de m'embarquer avec elles, dans le dessein d'enrager dans le crime ceux que je pourrais gagner, et de les obliger, par ce moyen, à payer les frais de mon voyage; si bien que plusieurs se perdirent par mes artifices ; et mainteant même que je le raconte, et que j'y pense souvent,  je tremble de frayeur, et je m'étonne que la mer ne m'ait point abîmé dans ses flots, ou que la terre ne se soit pas entr'ouverte sur mes pieds, pour me précipiter toute vive dans les enfers.

Arrivée à Jérusalem, je multipliai encore mes crimes et fus plus débauchée dans cette ville que je ne l'avais été à Alexandrie. Enfin, le jour de l'Exaltation de la Sainte Croix étant arrivé, et chacun allant à l'église pour voir et révérer ce bois adorable, instrument de notre salut, je voulus aussi me glisser parmi la foule, et entrer dans l'église avec le reste des fidèles; mais lorsque j'approchais de la porte, il m'était impossible de passer plus avant, parce qu'une force secrète m'empêchait d'y entrer. Après avoir fait en vain tous mes efforts à plusieurs reprises, je commençai à penser d'où pouvait venir que, tout le monde entrant si aisément dans l'église, j'étais la seule à qui l'entrée en fut interdite; et, sur cette pensée, mon âme fut éclairée d'une divine lumière qui, dessillant mes yeux, me fit voir qu'en cet abominable état où j'étais réduite, je ne méritais pas d'entrer en ce saint temple de Dieu. Ce sentiment me donna un grand regret de mes péchés, je commençai à me battre la poitrine, et à pleurer à chaudes larmes; et, ayant aperçu une image de la très glorieuse Vierge Marie, je me tournai vers elle, et lui dis en soupirant: ``Glorieuse Vierge, qui êtes la Mère d'un Dieu fait homme et qui l'avez donné au monde, je ne suis pas digne de vous regarder et moins encore d'être regardée de vous ; car vous avez été toujours très pure et très chaste, et moi je ne suis qu'un égoût d'impureté. Mais puisque Dieu s'est fait homme pour sauver les pécheurs, n'abandonnez pas, ô Vierge sainte, celle qui est seule, sans aide et sans autre recours ni asile que le vôtre ; permettez que j'entre dans l'église pour voir l'Arbre salutaire de notre rédemption ; et je vous promets de ne jamais plus souiller mon corps des plaisirs sensuels, et qu'en voyant la sainte Croix, je renoncerai à toutes les choses du monde, et suivrai à l'avenir le chemin du salut que vous me montrerez. Après cette prière, j'entrai sans difficulté dans l'Église où je vis la Sainte Croix qui était publiquement exposée; mais je la regardai avec beaucoup d'appréhension, en considérant l'énormité de mes offenses. Ayant achevé mes dévotions, je retournai à l'image de la sainte Vierge, devant laquelle j'avais auparavant fait ma prière, je lui dis: Il est temps, ô très sainte Vierge, que j'accomplisse la promesse que je vous ai faite, enseignez-moi l'endroit où il vous plaît que je demeure, et ce je dois: faire. J'entendis une voix qui me dit: Si tu passes le-Jourdain, tu y trouveras le repos. Croyant bien que cette parole s'adressait à moi, je suppliai de nouveau la Mère de Dieu de me prendre sous sa protection, et je m'en allai vers le Jourdain avec trois petits pains.

J'arrivai ce même jour au bord du fleuve, ayant arrosé le chemin de mes larmes; je me lavai le visage et les pieds dans cette eau sanctifiée par le baptême de mon Sauveur; et, après m'être confessé, je reçus les divins Mystères qui donnent la vie, dans un monastère de Saint-Jean-Baptiste qui n'était pas loin de là; j'entrai ensuite bien loin dans le désert, espérant fermement en la miséricorde de ce Seigneur qui appelle les pécheurs et qui sauve ceux qui se convertissent parfaitement à lui, et j'y suis demeurée jusqu'à présent pour satisfaire, par la pénitence, aux désordres de ma première vie."

Après que la sainte Pénitente eut fait ce récit à Zozime, il lui demanda combien d'années il y avait qu'elle était dans ce désert et quelles tentations elle y avait éprouvées. Elle lui répondit qu'il y avait quarante sept ans qu'elle y était, et que les combats que les démons lui avaient livrés étaient si terribles, que le seul souvenir qu'elle en avait la faisait encore frémir. Et si Zozime, poussant un cri d'admiration lui eût demandé comment elle avait pu résister, là, seule, sans appui; sans consolation, à ces affreuses tentations, le démon faisant passer et repasser, jour et nuit, sans relâche, les images de toutes ses turpitudes, la Sainte eût répondu indubitablemnet par ce cri sublime: J'AVAIS L'ESPERANCE DU PARADIS ! Et dans cette invincible espétance, elle leur opposait la prière, les larmes, les gémissements et les veilles continuelles. Elle se prosternait sans cesse la face contre terre pour implorer le secours du ciel. Elle avoua que ce n'était que par une assistance particulière de la Sainte Vierge, qui était sa caution auprès de son Fils, et vers l'image de laquelle elle s'était souvent tournée en esprit qu'elle avait persévéré dans l'exercice de sa pénitencct. Après une lutte surhumaine de dix-sept ans, victorieuse de l'enfer, elle avait joui jusqu'alors, c'est-à-dire l'espace de trente ans, d'une paix profonde, et reçu de Dieu de très grandes grâces, toujours par l'intercession de la sainte Vierge Marie, sa divine Protectrice.

Zozime, ravi de ces merveilles, ne pouvait assez remercier Dieu, de cet excès de miséricorde. Mais, éclaircissant toutes choses, il lui demanda encore comment elle avait vécu et de quoi elle s'était vêtue durant tant d'années. Elle lui dit qu'après avoir mangé ses trois pains, elle avait été dix-sept ans à ne manger que des herbes et des racines sauvages et que, pour des habits, elle n'en avait point eu d'autres que ceux qu'elle avait apportés au désert d qui s'étaient usés et consumés avec le temps : ce qui l'avait fait infiniment souffrir du froid, du chaud ef de la faim. Mais après cette longue épreuve, Dieu l'avait si puissamment sustentée de sa parole, et restituée dans l'innocence, qu'elle n'avait plus eu besoin de nourriture: "parce que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais aussi de toute parole qui procède de la bouche de Dieu." le saint vieillard s'étonnait de ce qu'elle citait la sainte Écriture: elle lui avoua qu'elle ne l'avait jamais lue, ni entendue, mais que Notre-Seigneur lui en avait donné par lui-même qüelque connaissance.

Ensuite elle pria instamment Zozime de ne rien découvrir, pendant qu'elle vivrait, de ce qu'il avait vu et entendu, et lui dit que l'année suivante il ne sortît point de son monastère, selon sa coutume, au commencement du Carême; mais que le soir du jeudi saint il lui fit,la grâce le lui apporter la sainte Eucharistie au bord du Jourdain, elle se trouverait et de la venir communier. Enfin, aprè s'être recommandée à ses prières, elle se sépara de lui, acceptant de garder pour un temps, le manteau que le saint religieux portait et qu'il eut la dévotion de lui laisser. Après cela, Zozime reprit le chemin de son monastère.

L'année d'après, il ne manqua pas d'exécuter ce que la sainte Pénitente lui avait prescrit : il ne sortit point avec les autres religieux au commencement du Carême ; le jeudi de la semaine sainte, ayant mis secrètement la sainte Hostie dans un calice, il s'en alla le soir vers le Jourdain n'y trouvant pas d'abord celle qu'il cherchait, il fut agité de diverses craintes ; et surtout il était en peine comment lui ou elle pourrait passer le fleuve; mais un moment après il l'aperçut de l'autre côté et vit qu'ayant fait le signe de la croix sur l'eau, elle le passait à pied sec. Ce prodige le surprit si fort que, tout hors de lui-même, voulut se prosterner à ses pieds ; mais elle lui cria qu'il ne le fit pas, parce qu'il était prêtre et qu'il portait un Dieu entre ses mains. A son arrivée, ils firent ensemble la prière, et la sainte communia des mains, de Zozime, avec une dévotion et une abondance de larmes qui ne se peut exprimer. Ensuite, élevant les yeux et la voix vers ciel, elle dit ces paroles du vieillard Siméon : "Laissez maintenant, Seigneur, aller votre servante en paix, suivant la promesse que vous lui en avez faite; parce que mes yeux ont eu le bonheur de voir votre salut."

Zozime avait aussi apporté un petit panier de figues de dattes et de lentilles il la pria de le recevoir de sa main elle prit trois lentilles et les porta à bouche; mais elle le remercia du reste, lui disant que la grâce du Saint-Esprit ait suffisante pour empêcher la mort de l'âme. Cependant elle lui demanda une nouvelle grâce, c'était de revenir l'année d'après au lieu où il l'avait vue la première lois, l'assurant qu'il aurait encore la consolation de l'y voir ; ce qu'elle n'eut pas de peine à obtenir. Ils se séparèrent ensuite, s'étant mutuellement promis de prier l'un pour l'autre, comme aussi pour l'Église, pour l'empire et pour tous les pécheurs. La Sainte repassa le Jourdain comme elle l'avait passé, marchant légèrement sur les eaux comme sur la terre ferme; et l'homme de Dieu rentra dans son monastère.

Le Carême de l'autre année étant venu, le Saint sortit du monastère, selon la coutume, et se rendit en vingt jours au lieu de la première entrevue. N'apercevant de nul côté, aucun mouvement, il en conçut beaucoup d'inquiétudes ; et, adressant la parole à Dieu, il lui dit, les yeux baignés de larmes : Découvrez-moi, je vous prie,  Seigneur, ce trésor incomparable que vous avez caché dans ce désert: faites-moi voir ce prodige de pénitence  que le monde n'a pas été digne de posséder." Disant cela, il s'avança un peu plus, et vit, à la faveur d'un rayon de  lumière son saint corps, privé de la vie, et couché sur la  terre dans une posture fort modeste; il lui baisa les pieds, chanta pour elle les psaumes et les suffrages que l'on dit  ordinairement pour les morts, et arrosa la terre de ses larmes. Il était en peine s'il la devait enterrer. Mais, sa peine fut aussitôt levée par ces paroles qu'il trouva tracées sur le sable : "Abbé Zozime, enterrez le corps de la Pauvre Marie; rendez à la terre ce qui lui appartient, et priez pour moi. Je suis décédée la nuit même du vendredi saint, après avoir reçu le divin aliment de la sainte Eucharistie."

Par là, ce saint vieillard fut instruit de trois choses: premièrement du nom de cette sainte Pénitente dont il était extrêmement en peine, et qu'il avait oublié de lui demander ; secondement, du temps de son décès, qui était arrivé six ou sept heures après qu'elle eut reçu la sainte Communion. Ici, nous voyons deux grands miracles: le premier qu'en si peu de temps, elle eût fait un chemin de vingt jours; le second, que son corps fût demeuré un an entier sans corruption, et sans que les bêtes sauvages eussent osé y toucher. Enfin, il apprit que Dieu voulait qu'il lui donnait la sépulture en cette solitude.

Un lion lui servit de ministre en cet office de charité: il creusa la terre avec ses griffes et fit un fosse capable de contenir un corps humain; et, après que Zozime y eut mis ces saintes dépouilles, le même lion vint la recouvrir et combler la fosse.

Toute la succession de cette femme incompara consistait dans le pauvre manteau que le saint abbé avait prêté; il en hérita comme d'un grand trésor et le porta à son monastère comme une relique très précieuse. Il raconta alors aux religieux les merveilles qu'il avait vues, et il en bénit le Seigneur.

Le Martyrologe Romain, au deuxième jour d'avril, fait mention de notre Sainte en ce peu de mots: "En Palestine, le décès de Sainte Marie, Egpptienne, surnommée_ - la Pécheresse: cinquième siècle."

Références
(1) Dans la moyenne-Egypte, sur la rive gauche du Nil, aujourd'hui Bénuésé
(2) Stylos, en grec veut dire colonne : de lè son surmon de Stylite.
(3) Voir plus Chap. II.
(4) L'Année Liturgique — 9 mars
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