Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de 
Mgr Pierre André Fournier  et ami de
ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

Signez mon livre d'or Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens. 


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU
MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE
DIT QUELQUE CHOSE?

 


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Titre de la série :
Le ciel séjour des élus
Titre de la page:

Chapitre-4-A

Le Ciel

LES CONFESSEURS ET LES VIERGES
LES SAINTES FEMMES TOUS LES SAINTS

Nom de l'auteur:
R.P. Frédéric De hyvelde.o.f.m. Commissaire de Terre-Sainte
Chapitre-4-A

Sommaire.

—La Pénitence:
— les Pénitences Canoniques.
— Les Pères du Désert :


CHAPITRE QUATRIEME

C'est par beaucoup de tribulations qu'il nous faut cntrer dans le royaume de Dieu." (Act. XIV-21).


LA PÉNITENCE.

"Adorons le Fils de Dieu qui, pour nous montrer nécessité de la pénitence et l'obligation où est tout nomme de la faire, commence par la prédication de cette rertu, à annoncer l'Evangile et déclare expressément que sans elle, il n'y a point de salut. Rendons-lui mille actions de grâces pour la connaissance qu'il donne de cette grande vérité." (1)

Nous lisons, en effet, au premier chapitre de l'Evangile de Saint Marc, que Notre-Seigneur, ayant été baptisé par Saint Jean, dans les eaux du Jourdain, l'Esprit aussitôt après le poussa dans le désert. Il y demeura quarante jours et quarante nuits. Il y était tenté par Satan; il y était parmi les bêtes sauvages et les anges le servaient.

Mais après que Jean eut été mis en prison, Jésus vint dans la Galilée, prêchant l'Evangile du royaume de Dieu, et disant: "Puisque le temps est accompli et que le royaume de Dieu est proche, FAITES PÉNITENCE, et croyez à l'Evangile."

Une autre fois, comme nous l'enseigner l'Évangéliste Saint Luc, le divin Maître était à instruire le peuple, lorsque quelques personnes qui se trouvaient là, racontèrent ce qui s'était passé touchant 'les Galiléens, dont Pilate avait mêlé. le sang avec celui de leurs sacrifices. Sur quoi prenant la parole, Jésus leur dit : "Pensez-vous que ces Galiléens t.fussent les plus grands pécheurs de ceux de Galilée, parce qu'ils ont été ainsi traités? Non, je vous le dis : MAIS SI VOUS. NE FAITES PENITF,NeË, VOU&PERIREZ TOUS, AUSSI BIEN QU'EUX.

"Croyez-vous aussi que cés dix-huit hommes, sur lesquels est tombée la tour de Siloé et qu'elle a tués fussent plus redevables que torts les autres habitants de Jérusalem? Non, je vous le dis: MAIS SI VOUS NE FAITES PENITENCE, VOUS PÉRIREZ TOT AUSSI BIEN QU'EUX."

Plus tard les Apôtres prêcheront aux nouveaux convertis la même doctrine que celle de leur divin Maitre. Saint Paul et Saint Barnabé prêchaient l'Evangile à Lystre et à Derbé, villes de Lycaonie et au pays d'alentour. Or. disent les Actes des Apôtres, il y avait à Lystre un home perclus de ses jambes; il était né boiteux; il n'avait jarnalsmarché. Cet homme entendit la prédication de Paul ; et Paul arrêtant les yeux sur lui et voyant qu'il avait la foi serait guéri, il lui dit à haute voix: Levez-vous, tenez-vous droit sur vos pieds. Aussitôt il se leva en ,autant (d'allégresse) et se mit à marcher. Le peuple ayant vu ce que Paul avait fait, élevèrent la voix et dirent en langue lycaonienne : Ce sont des dieux qui sont descendus vers nous sous la forme d'hommes.

Et ils voulaient leur offrir des victimes comme à les dieux... En ce même temps quelques Juifs d'Antiothe et d'Icone étant survenus, gagnèrent le peuple; et ces .nêmes hommes qui, quelques instants auparavant, vou­laient leur offrir des victimes comme à des divinités, lapilèrent Paul, et le traînèrent hors de la ville, croyant qu'il tait mort.

"Mais les disciples s'étant réunis autour de lui, il se eva et rentra dans la ville; et le lendemain, il s'en alla Derbé avec Barnabé. Et après avoir annoncé l'Evangile ans cette ville-là, et y avoir instrdit un grand nombre les personnes, les deux Apôtres retournèrent à Lystre, Icone et à Antioche, affermissant les âmes des disciples, s exhortant à persévérer dans la foi, et disant que c'est Ir beaucoup de tribulations qu'il nous faut entrer dans le royaume de Dieu."

Le chemin du martyre est un chemin qui conduit au Ciel, directement. Personne ne peut faire un plus grand acte d'amour que de verser son sang pour la cause de Notre Seigneur Jésus-Christ. Mais cette divine faveur n'est pas offerte à tous indistinctement. Toutefois, si nous voulons acquérir le ciel, sûrement, il nous reste le grand, le sûr, l'infaillible moyen de la PENITENCE.

O excellence ele la vertu de pénitence ! "Notre Seigneur estime tant cette vertu que dans i'Evangile, il en parle avec éloge en toute occasion. Il la prêche partout à toutes sortes de personnes. Lui, l'innocence même, il ne veut menerqu'une vie extraordinairement pénitente, pour nous faire sentir l'excellence de la vertu de pénitence et son grand mérite devant Dieu. Tous les Saints, entrant dans les vues de Notre-Seigneur, ont eu la pénitence en singulière estime. Pas un d'eux qui ne l'ait honorée et pratiquée; pas un 'qui n'ait accepté avec amour, en esprit de pénitence, toutes les épreuves de la vie, toutes les occasions de se mortifier et de se vaincre. Ils savaient que c'est la pénitence qui détruit l'empire du démon dans les âmes, pour y substituer; le royaume de Jésus-Christ. D'esclaves de Satan, elle nous fait enfants de Dieu; de coupables, elle nous fait justes ; de victimes de l'enfer, elle nous fait héritier du ciel, cohéritiers de Jésus-Christ, et remplit de joie le ciel et la terre; elle brise nos chaines et nous donne la couronne de justice ; elle nous vaut, avec le pardon de nos fautes, la gloire éternelle !" (2 ).

La Sainte Eglise, notre Mère, dans les prerniers siècles du Christianisme, imposait à ses enfants, dans certaines circonstances, de greeles pénitences. Comme a plupart des chrétiens ne 'ont plus guère capables de comprendre ces choses, avant de citer les grands exemples les Saints, nous croyons utile de dire ici quelques mots les anciennes pénitences canoniques, par lesquelles les pécheurs devaient expier les peines, temporelles dont ils étaient redevables envers la justice divine.

"Ces pénitences, comme les nôtres qui sont beaucoup plus .légères, servaient sans doute à corriger les coupables, à réparer le scandale quand les péchés étaient publics, et à inspirer aux autres une salutaire crainte. pour ces mêmes péchés ; mais leur but principal était toujours de satisfaire à la justice de Dieu pour l'outrage fait à la Majesté divine. Tous les livres pénitentiaux de l'Eglise grecque et de l'Eglise latine, les nombreux statuts des synodes ecclésiastiques, depuis lés premiers siècles du ,hristianisme, et toute la tradition catholique, attestent l'une manière irrécusable que, de tout temps, on joignait à 'absolution sacramentelle l'imposition d'une pénitence qui précédait ou suivait l'absolution. Combien maintenant ne nous paraîtront pas légères les peines actuelles imposées par la Sainte Eglise, si nous les mettons en regard des anciennes pénitences canoniques. Voici quelques exemples de celles-ci, d'après les livres pénitentiaux:

"Celui qui avait consulté les devins devait faire cinq années de pénitence. Celui qui, avait blasphémé publiquement contre Dieu ou contre la sainte Vierge ou les Saints, devait pendant sept dimanches se tenir à la porte de l'église; et, le dernier dimanche, les pieds nus et une corde au cou; pendant sept vendredis, il jeûnait au pain et à l'eau: chacun des susdits dimanches, il devait, selon ses moyens: nourrir deux ou trois pauvres ou au moins un ; si non, faire une autre oeuvre satisfactoire. En cas de refus, l'entrée de l'église lui était interdite, et après la mort, il était privé de la sépulture religieuse. Quiconque avait fait une oeuvre servile un dimanche ou un jour de fête, devait jeûner ati pain et à l'eau trois jours; et celui qui avait transgressé le jeûne ecclésiastique, vingt jours; celui qui; dans le carême, avait mangé de la viande, sans un besgie urgent, était privé de la communion à Pâques, et devait ce jour-là s'abtenir de tout aliment gras. Une Malédiction prononcé par un fils contre ses parents était punie d'un jeûne de quarante jours au pain et à l'eau. L'assassinat prémédité entraînait une pénitence pour toute la vie; l'assassin était obligé de se tenir en dehors de l'église, et ne recevait la communion qu'à l'article de la mort. La fornication était expiée par trois années de pénitence, et l'adultère, par sept ou dix années. Il y avait aussi des pénitences pour des péchés moins graves: celui, par exemple, qui causait à l'église pendant l'office divin, devait jeûner deux jours au pain et à l'eau ; une calomnie faite inconsidérément méritait aussi dix jours de jeûne au pain et à l'eau ; une légère médisance, trois jours.

"Quant aux pénitences publiques imposées pour des crimes publics, nous les trouvons déjà introduites au milieu du troisième siècle. Lorsqu'en. Afrique, sous la persecution de Dèce (249-251), un grand nombre de chrétiens apostasiaient, on jugea nécessaire d'établir pour eux une discipline pénitentiaire, qui avait pour but de faire expire péchés commis, et de convaincre les fidèles de la bonne volonté du pénitent et de son sincère attachement à la foi c'est donc en Afrique que parut d'abord la pénitence publique, avec ses quatre stations ou degrés de pénitence, tels que Saint Grégoire de Néocésarée les a décrits le premier, vers l'an 250. Elle s'étendit ensuite avec différentes variations, sur toutes les autres parties de l'Église, et fut appliquée, non seulement au péché d'aposie, encore à d'autres péchés très graves commis. publiquement. Les pénitents, comme nous l'avons indiqué devaient parcourir quatre degrés ou stations.

— Le premier degré était celui des "pleurants" (flentes): revêtus d'un cilice, la tête couverte de cendres, ils tenaient dans un vestibule au devant de l'église, implorant les prières des fidèles qui entraient ; il leur était fendu d'assister à l'office divin.
— La seconde classe renfermait les "écoutants" (audienies), appelés ainsi, Parce que, séparés, comme les catéchumènes, des autres fidèles, ils assistaient au bas de l'église, au commencement de la Messe et se retiraient après la lecture de l'Écriture Sainte et l'instruction.

— La troisième classe était celle les "prosternés" (substrats) dont la pénitence durait plusieurs années; ils pouvaient s'avancer dans l'église jusqu'à l'ambon (jubé), et, après l'Evangile, l'évêque ou le, prêtre leur imposait les mains en récitant sur eux la prière; après quoi ils se retiraient.
— La dernière classe était celle des "consistants" (consistentes): ceux-ci se tenaient debout et pouvaient assister à la Messe tout entière avec les autres fidèles: ils étaient seulement exclus de l'offrande et de la communion, jusqu'à ce que le temps de leur pénitence fût accompli. Les pénitents de ce degré déposaient les habits de pénitence, ainsi que toutes les autres marques qui pouvaient les faire connaître.

"Toutefois l'Eglise ne se contentait pas de ces stations de pénitence publique; elle imposait encore à chaque pénitent, principalement à ceux de la troisième classe, une pénitence particulière: jeûnes rigoureux, prières ferventes, veillées prolongées, et avec cela on les mettait à des travaux pénibles ; quelquefois on leur imposait l'obligation de servir les malades, d'ensevelir les morts et de faire d'autres oeuvres de charité semblables.

"La durée des peines canoniques variait selon la gravité de la faute. Le concile de Nicée fixe en général douze ans ; Saint Basile et Saint Grégroire exigent quinze ans pour le péché d'adultère. Cependant l'évêque avait le droit de diminuer la durée aussi bien que la rigueur de ces épreuves, selon la ferveur, l'âge ou la faiblesse du pénitent.

"Si l'on trouve ces pénitences trop rigoureuses, qu'on se rappelle qu'elles ont été introduites ou par des concilles ou par des saints évêques, tels que Saint Cyprien, Saint Basile… et que l'Eglise universelle les avait acceptées dans leurs dispositions principales pendant un temps considérable. Nous voyons d'ailleurs que dans l'Ancien Testament Dieu lui-même, pour les crimes ainsi punis par l'Église; imposait des peines beaucoup plus rigoureuses. Les cinq Livres de Moïse mentionnent une série de coupables contre lesquels la peine de mort était prononcée, Tels sont ceux qui commettaient un acte d'idolâtrie, les blasphémateurs, les magiciens, les devins, les assassins et les adultères, les enfants qui maudissaient leurs parents, les frappaient ou seulement leur désobéissaient. En décrétant cette peine Dieu voulait évidemment qu'avant leur exécution ces malheureux se convertissent sincèrement et échappassent ainsi à la damnation éternelle; et ceux qui correspondaient à la grâce, la peine de n'était plus que la peine temporelle due à leurs péchés.

Or, ce serait un blasphème de dire que par ces pénitences, si graves qu'elles puissent paraître, les péchés étaient punis plus sévèrement que ne le méritait leur malice intrinsèque. A plus forte raison nous est-il défendu de taxer d'exagération les peines canoniques.

"Aussi bien les fidèles, dans les temps de foi, répondaient au désir de l'Fglise par un grand esprit de mortification, et l'histoire atteste que même des empereurs et des rois soumettaient aux pénitences mentionnées plus haut. Ce ne fut après le douzième siècle que ces anciens pénitentiaux, à peu d'exceptions près, cessèrent d'être appliqués. Mais alors la ferveur des fidèles y suppléait de différentes manières par des austérités volentaires, par exemple, par des pèlerinages longs et pénible, à la Terre Sainte, au tombeau des Saints Apôtres.

"De nos jours, il est vrai, la Sainte Eglise n'exige plus des peines aussi rigoureuses, afin de ne pas éloigner complètement de la confession beaucoup de chrétiens faibles: car, il y aurait lieu de craindre que les grands, pécheurs surtout ne s'exposent au châtiment éternel, pour éviter une peine temporelle sévère. Mais on ne peut nier que le Dieu juste et saint, éternel et immuable, ne soit, aux temps actuels, offensé aussi gravement par le péché, qu'il l'était dans les temps où les plus sévères pénitences de l'Église étaient en vigueur. L'adoucissement de la discipline pénitentiaire ne prouve donc pas que nous soyons moins coupables que les pécheurs d'autrefois; il faut simplement en conclure que nous aurons plus à souffrir en purgatoire, à moins que nous n'ayons soin de faire spontanément des oeuvres satisfactoires 'ou de suppléer à l'insuffisance de notre satisfaction par le grand moyen que la divine miséricorde nous offre: les Indulgences, car l'Indulgence (on ne doit point l'oublier) est une remission véritable des peines temporelles par lesquelles, dans cette vie ou dans l'autre, nous devons satisfaire à la Majesté divine offensée par nos péchés: rémission pour laquelle la Sainte Eglise exigeait autrefois de ses enfautis des pénitences si rigoureuses."

Quelques exemples de grande pénitence.

On admire encore, après tant de siècles la vie que Inenaient les solitaires, dans les déserts de la Syrie et de la Palestine ; et ceux de l'Égypte dans les déserts restés célèbres de Nitrie, de Scété, des Cellules ; et plus au sud dans la Basse et la Haute 'Thébaïde. Nous citons ici, comme simple souvenir, quelques traits de cette vie vrai­ment admirable qui consumait ià paf pur amour de Dieu et du prochain, ces âmes si austères, si mortifiées, si penitents.


Le monastère de Tabenne (Haute-Thébaïde).

— A Tabenne, dit l'historien Rufin, nous vîmes le vénérable Ammon, père de près de trois mile religieux, qui vivaient là paisibles, sous sa direction spirituelle. Nous fûmes admis avec la communauté au réfectoire, et pour que religieux pût se livrer plus à laise à ses mortifications personnelles, ils se couvraient tous d'un capuce qui servait spécialement à table; afin de ne pas remarquer ceux qui mangeaient moins que les autres; et nous, nous remarquâmes que tous touchaient plutôt aux mets qu'ils n'en goûtaient véritablement...

Saint Augustin dit des Religieux de son temps: J'ai appris que plusieurs font des jeûnes incroyables. Ils ne se contentent pas de ne manger qu'une fois le jour, au soir. Ce qui est leur ordinaire, mais ils passent jusqu'à trois jours entiers et très souvent encore plus, sans rien prendre.

Théophile, patriarche d'Alexandrie, sous l'empereur Théodose-le-Grand, invita un jour les Pères des déserts voisins (4) à une grande cérémonie publique. l les convia ensuite à venir s'asseoir à sa table. Au repas, on servit de la viande, et les bons Religieux en mangèrent sans réflexion aucune. Le Patriarche tout réjoui de les voir prendre chez lui cette légère satisfaction, d'ailleurs bien légitime, fit servir un plat plus copieux à un des anciens, assis à son côté, en le priant, avec les paroles bienveillantes, de l'accepter sans scrupule. Ces paroles éveillèrent leur attention, et ils dirent tout d'une voix: Monseigneur, nous n'avions cru, jusqu'à présent, ne pas manger autre chose que des herbages. Si c'est de la viande, nous n'en mangeons pas !


Les solitaires d'Égypte:leur grande charité pour les pauvres.

"Je vis, dit encore Rufin, dans la Province d'Arsinoé (en Egypte), un prêtre, nommé Sérapion; cet homme vénérable était supérieur de plusieurs monastères et avait sous sa conduite, environ dix-mille religieux, vivant tous de leur travail et principalement de ce qu'ils gagnaient àu temps de la moisson: ce qu'ils remettaient aux mains de leur Supérieur, pour le soulagement des pauvres ; car, c'était une coutume parmi ces Religieux et presque parmi tous ceux d'Égypte, de se louer, pendant la moisson, pour couper les blés. Ils recevaient pour salaire, du blé en nature qu'ils distribuaient ensuite aux pauvres. Ainsi non seulement les pauvres des alentours étaient nourris, mais on changeait de blé, de grads bateux pour le transporter à Alexandrie et l'y distribuer aux prisonniers, aux étrangers et autres qui étaient dans besoin. Et tout ce travail se faisait dans le besoin. Et tout ce travail se faisait dans le plus profond recueillement, ou au chant des hymnes et des cantiques.

Telle était la conduite de ces saints et charitables Religieux, dont parfois on parle si mal, sans les connaître !

Il y avait aussi des monastères de religieuses en Egypte. Celui où entra Sainte Euphrasie, parente de empereur Théodose-le-Jeune avait cent cellules. On y menait également une vie très austère. Il était d'usage que pas une Religieuse ne prît de vin, pour aucun motif, et, par mortification, ne touchât jamais à aucun fruit; Quant au jeûne, les unes le pratiquaient du soir au soir du lendemain; d'autres passaient deux ou trois jours, sans prendre aucune nourriture. Elles couchaient toutes par terre, sur un petit cilice, large d'une coudée et long de trois. Leur habit était de même un cilice. Elles recouraient jamais au médecin, en cas de maladie ellles s'en remettaient entièrement à Dieu et à la divine Eucharistie! Et s'il arrivait qu'une Religieuse éprouvât quelque tentation, elle allait trouver sa Supérieure qui lui commandait de rouler de grosses pierres, afin de chattier son corps, à l'exemple du grand Apôtre, et de le réduire en servitude. Ensuite, elle dormait sept nuits, sur son cilice, couverte de cendres !


Une grande merveille: Le monastère de l'Abbé Isidore.

— Le monastère de l'Abbé Isidore étai undes plus considérables de la Basse-Thébaïde, tant par le nombre de Religieux qui allait jusqu'à mille, qu'à ceux de leur admirable sainteté. L'enceinte était très spacieuse et fermée de murailles. Il y avait de vastes jardins, de l'eau en abondance, quantité d'arbres et de fruits, et généralement tout ce qui était nécesaire pour la nourriture des Frères. On y gardait une discipline sévère, avec la clôture perpétuelle; car, on, n'était point reçu, si l'on n'avait point la ferme résolution de rester jusqu'à la mort, dans le monastère. Il n'était permis d'en sortir qu'à deux anciens, d'une vertu éprouvée, que l'Abbé choisissait pour distribuer au dehors les ouvrages des Religieux et rapporter les matériaux nécessaires pour en faire d'autres. Ces hommes tout célestes y pratiquaient si parfaitement les vertus religieuses, que Dieu les favorisait de ses dons les plus excellents, en sorte qu'il n'y en avait aucun qui n'eût reçu celui de faire des miracles. Mais ce qui est encore plus admirable c'est qu'ils en mourraient point de maladie. Quand la fin de quelqu'un d'eux était proche il prenait congé de ses Frères, et se reposait en paix, avec un contentement de coeur merveilleux et une sérénité inaltérable


Une autre merveille: La ville d'Oxyrhynque. (4)

Dans la ville d'Oxyrhynque, du temps de Rufin et Pallade, on ne comptait pas moins de dix-mille Religieux, et vingt-mille Religieuses. On eût dit un vaste et unique Monastère. Jour et nuit, on y entendait chanter les louanges de Dieu, jusqu, sur le haut des murailles. Sur la place publique, l'Évêque aurait pu prêcher comme dans sa cathédrale, il n'y avait plus ni paien, ni âme malveillante, dans cette ville céleste. Les habitants étaient si portés par leur piété à exercer l'hospitalité envers les passants pauvres et les' étrangers, qu'ils mettaient dés sentinelles aux portes de la ville pour observer s'il s'en présentait quelqu'un; et, alors ils s'empressaient à l'envi à qui aurait la joie de lui offrir une hospitalité gratuite et toute fraternelle!

(1) M. Hauron — Méd. t. III.
(2) M. Hamon: Méditation, II. ut supra.
(3) Les Indulgences: leur nature et leur usage: par R,. P. F. Beringer, S. J. Tom. I.
(4) Voir ci-dessus : Nitrie, Scété.
L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres
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