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Royauté-Universelle
I
Adoration
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En même temps que vous déclariez à vos apôtres, ô Jésus, que « toute puissance vous a été donnée au ciel et sur la terre, vous ajoutiez : « Allez donc dans le monde entier, et prêchez l'Évangile à toute créature : Euntes in mundum universum, praedicate Evangelium omni creaturae » (Marc, xvi, 15).
Votre royauté, ô divin Sauveur, est donc universelle... Universorum Rege, chante l'Église dans l'oraison de la fête où elle célèbre cette royauté : ainsi votre pouvoir royal n'est pas restreint à un peuple, à une partie de la terre, comme il arrive pour les royautés de ce monde; ni même aux seuls enfants de l'Église, ainsi que pourraient se l'imaginer certains esprits prévenus : non, il s'étend à tous les peuples, il embrasse tous les hommes, il s'exerce d'une extrémité à l'autre du monde. Le psalmiste l'avait chanté bien longtemps à l'avance : « Votre Père qui vous a constitué Roi sur Sion, la montagne sainte, vous a aussi donné toutes les nations pour héritage » (Psalm. 11).
Vous avez donc le droit de régner, de commander, d'être obéi et servi par tous les hommes; et tous, tant qu'ils sont, ont le devoir de vous reconnaître pour leur Souverain... Oui, ô Jésus, avec toute l'Église catholique, qui me l'enseigne par la voix de ses Pontifes, je reconnais que votre puissance royale s'étend « sur l'universalité du genre humain » (Léon XIII, Enc. Annum sacrum du 25 mai 1899, et Pie XI, Enc. Quas primas du 11 décembre 1925).
Roi universel, ô Jésus, il faut que votre royauté soit reconnue socialement! II ne suffit pas que chacun de nous, dans le fond de son coeur et même par des actes extérieurs, vous rende individuellement les hommages que l'on doit à un souverain; il faut aussi que les sociétés elles- mêmes, les nations qui groupent les hommes entre eux, vous honorent comme leur Chef suprême et vous reconnaissent, en effet, comme tel : Et omnis populus, tribus et linguae servient ei.
Cette proclamation sociale de votre royauté universelle je la désire, ô Jésus, je l'appelle de tous mes voeux ; je veux m'efforcer de la réaliser, au moins par mes prières...
« Vous avez droit à ce que les chefs des peuples vous honorent d'un culte public...; qu'ils inclinent donc devant vous, ô Roi universel, les insignes de leur autorité » (Hymne des vêpres en la fête du Christ-Roi).
Mais, ô mystère de la sagesse divine qui confond toutes nos humaines illusions : Celui qui est ainsi le Roi universel, à qui tous les peuples et tous les souverains doivent nécessairement rendre hommage et être soumis, voici qu'Il se cache dans la petite Hostie de nos tabernacles !...
Je sais, ô Jésus, que dans le ciel de votre gloire vous êtes entouré d'une majesté dont nous ne pouvons nous former une idée : toutes nos conceptions à ce sujet seront toujours au-dessous de la réalité... Mais je sais aussi que, pour réaliser, en une certaine façon, votre royauté universelle sur la terre, vous avez trouvé le moyen de rester avec nous et de vous rendre présent sur tous les points du globe.
Comme l'Eucharistie nous donne bien l'idée de votre royauté universelle! Il n'est aujourd'hui aucun pays, il n'est aucune ville tant soit peu importante où vous n'ayez une demeure : vous y résidez surtout pour être à la disposition de vos enfants qui désirent vous recevoir; mais en même temps, à cause de cela même, vous y recevez les adorations des fidèles : votre royauté y est reconnue, adorée, célébrée par des hommages qui vous sont personnellement adressés...
Je me plais à aller par la pensée vers ces tabernacles, semés sur toute la surface de notre terre, et dont chacun est un trône d'où vous exercez vos souverains
pouvoirs de royauté sacerdotale; je suis heureux de vous y offrir, ô Christ-Roi, mes adorations avec les fidèles de chacune des cinq parties du monde : dans ces pays d'où vos ennemis voudraient vous bannir, mais où vous vous obstinez à rester, aussi bien que dans ces sanctuaires, de plus en plus nombreux, où vous apparaissez entouré du culte royal de l'Exposition solennelle.
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II
Action de grâce
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Au jour où l'Église célèbre votre royauté, ô Jésus, elle nous fait chanter cet hymne de victoire non moins que de reconnaissance : « Le genre humain tout entier gémissait sous la domination d'un cruel tyran; mais vous avez brisé ses chaînes et vous lui avez acquis le droit d'entrer au ciel », de jouir du bonheur éternel (Hymne de Matines).
En vérité, c'est pour tous les hommes, ô Jésus, que vous avez offert votre mort, et c'est à tous les hommes sans exception que vous désirez faire parvenir les fruits de votre rédemption : votre amour, vos grâces ne sont plus réservés, comme dans l'économie de l'ancienne loi, à une nation privilégiée; mais vous les destinez à tous, à vos amis comme à vos ennemis et aux indifférents : sur le trône royal de la croix, au jour de la proclamation solennelle de votre royauté à la face de la terre, vous avez étendu les bras, ô Jésus, pour montrer à tous que la puissance de votre sceptre n'est pas resserrée dans des limites, mais doit aller jusqu'aux confins du monde, apportant partout les trésors et les bienfaits de votre royauté... Et le signe sous lequel vous prenez officiellement possession des âmes, aussi bien que des territoires, c'est le crucifix qui perpétue le souvenir du Calvaire, jusqu'à la fin des temps.
Cette universalité, cette prodigalité de vos bienfaits, ô Christ-Roi, ne nous touchera-t-elle pas, et ne nous forcera-t-elle pas à vous donner tout notre coeur, ô Jésus, si bon et si généreux ?
Cette royauté universelle de Jésus, si elle était bien comprise, si l'on en tirait surtout les conclusions qu'une foi humble et docile sait en dégager, ah! de quels consolants effets, de quel vrai bonheur ne serait-elle pas la cause pour le genre humain ?
Jésus est le Roi universel, le Roi de tous les hommes, de tous les peuples, de la société humaine tout entière. Tous les hommes, tous les peuples sont donc frères en Jésus-Christ, tous ne forment sous son sceptre qu'une seule société. Les membres d'un même corps se gardent bien de se dresser des embûches les uns aux autres; ils vivent, au contraire, dans la paix mutuelle et dans une entr'aide réciproque. Le monde est à la recherche de cette paix tant désirée; les chefs des nations étudient les moyens d'arriver à cette entr'aide mutuelle. C'est vous, ô Christ- Roi, et vous seul qui pouvez définitivement assurer au monde cette tranquillité de l'ordre vers laquelle il aspire : « O mille fois heureuse la société qui a Jésus- Christ pour chef!... On n'y entend pas le bruit des armes homicides, les traités de paix sont respectés, les âmes s'épanouissent dans la concorde, l'ordre public n'a rien à craindre... » (Hymne de Laudes en la fête du Christ-Roi.)
Voilà les biens que nous procurera la Royauté du Christ, si elle s'étend non seulement en droit, mais encore en fait, au monde entier... Fiat, fiat...
Quant aux moyens employés par Jésus pour établir sa Royauté universelle, qu'ils sont touchants et bien capables d'incliner le coeur des hommes à reconnaître cette Royauté !...
C'est, en effet, chantons-nous dans l'office du Christ-Roi (Hymne des ires Vêpres), c'est pour réunir tous les hommes sous votre houlette, que vous avez été cruellement attaché à l'arbre de la croix, les bras étendus, et que, le fer de la lance ayant ouvert votre côté, vous nous montrez votre Coeur brûlant d'amour. C'est pour cela également que vous vous cachez à l'autel, sous les apparences du pain et du vin, préparant par là à tous vos enfants le salut dans votre coeur transpercé...
Voilà les moyens de conquête du Roi Jésus : aucune arme homicide, aucune violence meurtrière, aucune condition humiliante non plus, mais de l'amour, toujours de l'amour, et des bienfaits...
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III
Réparation
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Universorum Rege... Roi de tous les hommes, de tous les peuples et de la société humaine tout entière. Est-ce bien vrai ? Ne serait-ce point une pieuse exagération d'un enthousiasme éphémère et sans fondement, un vain titre semblable à celui de « roi des rois » que se donnaient autrefois les monarques assyriens ?
Oui, ô Jésus, vous êtes bien le Roi universel : vous possédez le droit de régner, et vous voulez régner sur toute la terre.
En fait cependant, vous êtes loin de régner ainsi universellement. Il y a encore dans le monde, au XXe siècle de l'ère chrétienne, un milliard de païens, c'est- à-dire près des deux tiers de la population du globe terrestre; à ce chiffre déjà énorme, il faut ajouter plusieurs millions d'hérétiques et de schismatiques... Sur combien d'âmes règne donc réellement le Christ ? Que le nombre en est petit !...
Si encore tous ceux qui composent ce petit nombre étaient des sujets fidèles ! Mais parmi les chrétiens, parmi les catholiques, que d'indifférents, que de pécheurs, que de violateurs de la loi du Christ-Roi !...
Ne dirait-on pas que le Christ ressemble à un roi vaincu, auquel s'attachent obstinément quelques sujets fidèles malgré tout ?...
Mystère insondable...
Combien mon coeur est triste, ô Jésus, à cette pensée, que tant d'âmes ne vous connaissent pas, ne veulent pas se soumettre à vous, et même vous combattent !...
Vos tabernacles, ô Christ-Roi, ces tabernacles où vous résidez par amour pour nous, je les rencontre, sans doute, sur tous les points de notre globe, mais parmi les hommes qui sont vos sujets, combien passent à côté de votre demeure demeure royale, même si elle ne se compose que de pauvres planches de bois brut combien passent à côté d'elle sans même soupçonner, peut-être, que là réside leur Roi et qu'il y attend leurs hommages...
La royauté universelle de Jésus-Christ ne se limite pas aux individus, elle s'étend aussi aux nations. Mais quelles sont les nations qui consentent aujourd'hui à reconnaître, ô Jésus, d'une manière officielle et intégrale votre royauté ? En certains pays même elle est combattue : vous avez, ô Christ-Roi, vos martyrs, comme vous avez eu, ô Fils de Dieu, les vôtres; témoins glorieux sans doute et que vous vous plaisez à couronner de gloire, mais témoins aussi de la haine que l'on vous porte.
Quel désolant spectacle !
Et quel malheur! De même que les individus qui vous rejettent viendront un jour se briser sur vous qui êtes la pierre d'angle de l'édifice, de même la nation qui refusera de vous reconnaître comme son Roi et ne voudra pas vous servir périra infailliblement; le peuple qui veut combattre contre vous sera anéanti : gens et regnum quod non servierit titi, peribit : et Gentes solitudine vastabuntur »
(Office du Christ-Roi, 5e antienne de Laudes). Craignons cette menace, et efforçons-nous, par notre amour, par notre fidélité, d'écarter ce fléau...
L'universalité, qui est un des apanages de la royauté du Christ, lui donne le droit de régner sur tous les hommes et sur toutes les nations.
Mais cette universalité lui donne aussi le droit de régner sur l'homme tout entier. Et cela est véritablement en notre pouvoir, à chacun de nous...
Nous ne devons mettre aucune limite à notre soumission personnelle au Christ- Roi, de même que nous ne pouvons fixer des bornes à l'étendue de ses pouvoirs : tout ce qui est en nous, tout ce qui est de nous, tout ce qui nous concerne à un titre quelconque doit reconnaître pratiquement cette Royauté...
Or puis-je me rendre le témoignage que vous êtes en fait, ô Jésus, le Roi de tout mon être ? N'y a-t-il pas, dans ma vie, trop de choses qui sont soustraites à votre empire ? Chaque jour vous vous donnez à moi tout entier, sans réserve; et moi je mets des réserves à mon don, j'hésite à me consacrer tout à vous...
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IV
Prière
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Roi universel, le Christ n'exerce en fait les droits de sa royauté que sur un petit nombre d'âmes. Or il nous demande de l'aider à étendre cette royauté, à faire en sorte que ses droits souverains puissent s'exercer sur tous les hommes et sur tous les peuples : u Puisse le jour tant désiré luire enfin, ô Roi très bon, ce jour où tout l'univers en paix vous adorera avec la plus humble soumission! » (Hymne de Laudes en la fête du Christ-Roi.)
Vous nous avez enseigné, ô Jésus, à prier pour l'avènement du règne de Dieu sur la terre. Ce règne de Dieu est aussi le vôtre, et c'est pourquoi, en récitant l'oraison dominicale, je m'appliquerai à prononcer avec toute la dévotion dont je suis capable le Adveniat regnum tuum.
Dans la même pensée, je m'intéresserai aux différentes oeuvres, si recommandées par les Souverains Pontifes, qui ont pour objet la propagation de la foi chrétienne dans les pays infidèles.
Je me formerai un coeur, un esprit missionnaire, afin d'entrer pleinement dans l'esprit chrétien, dans les désirs de l'Église : Cunctae familiae Gentium, ejus suavissimo subdantur imperio (Oraison de la fête du Christ-Roi).
Nous voulons, ô divin Roi, que vous soyez le Maître de tous. Nous reconnaissons et publions votre souveraineté et votre droit absolu de régner. Nous reconnaissons et publions vos droits sur la Société, et nous désirons qu'ils soient éternellement reconnus par toute la terre » (Pie IX, II juin 1859).
Prêtres-Adorateurs, Agrégés du Très Saint Sacrement, nous aurons à coeur d'entrer dans les intentions de notre fondateur le Bienheureux P. Eymard, qui a établi son oeuvre u afin que Jésus-Christ soit glorifié socialement dans le monde entier.
Nous procurerons par tous les moyens en notre pouvoir ce règne social de Jésus, de Jésus-Eucharistie, nous réjouissant de ces belles démohstrations publiques qui se multiplient de plus en plus en l'honneur du Très Saint Sacrement, et souhaitant qu'elles s'étendent et deviennent toujours plus nombreuses, toujours plus magnifiques.
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V
Pratique
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S'intéresser efficacement aux oeuvres missionnaires. |
VI
Aspiration
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| Envoyez, Seigneur, des ouvriers pour travailler à votre moisson : Rogate Dominum messis, ut mittat operarios in messem suam (Matth., lx, 38). |
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