DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?

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Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
méditations eucharistiques pour l'adoration

Titre de la page:

Royauté Sociale

Nom de l'auteur:
Mgr-Victor-Lault


 

    Royauté Sociale

I

Adoration

Toute spirituelle qu'elle soit dans sa nature, dans ses moyens et dans sa fin, votre royauté, ô Jésus, n'en est pas pour cela une royauté purement figurative ou nominale; non, je reconnais qu'elle est une royauté véritable, une royauté parfaite, je vous adore comme le Roi de tout l'univers, et je confesse que votre pouvoir royal s'étend aussi bien sur les sociétés elles-mêmes que sur chacune des personnes qui constituent ces sociétés.

Vous avez donc droit, ô Jésus, de régner socialement sur toutes les nations de l'univers; vous avez droit d'entrer en maître dans la législation des peuples, et de recevoir des autorités publiques qui gouvernent les sociétés des honneurs souverains.

Le prophète Daniel, contemplant par avance le royaume du Christ Sauveur, avait annoncé que « tous les peuples, tou­tes les tribus, toutes les langues lui obéiront », et que tous les rois lui devront service et obéissance » (Dan., vu, 14 et 27).

Vous-même, ô Jésus, en envoyant vos apôtres à la conquête pacifique du monde, après leur avoir rappelé que tout pouvoir vous a été donné au ciel et sur la terre, avez dit : « Allez donc, et enseignez toutes les nations. »

Aussi je ne m'étonne plus, ô Jésus, d'entendre votre apôtre vous appeler : « Le prince des rois de la terre » (Apoc., I, 5), « Le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs » (Apoc., xix, 16) : appellations que l'Église a tenu à insérer dans son office liturgique du Christ-Roi...

Je professe donc, ô Jésus, que vous êtes le Chef, le Roi des familles et des nations; je reconnais que vous devez régner en souverain sur les sujets et sur les princes : c'est votre droit absolu, et aucun mauvais vouloir, aucune ambition, de quelque monarque ou chef d'État que ce soit, ne pourra jamais vous l'enlever...

Dans la faible Hostie vous vous cachez, vous vous humiliez jusqu'à l'anéantissement : je ne vous y adore pas moins comme le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs : Te, Cbriste, Regem gentiutn (Hymne des Vêpres en la fête du Christ-Roi)... Omnes reges servient ei et obedient (2e Ant. des I"' Vêpres).

C'est d'abord votre titre de vrai Fils de Dieu qui vous donne le droit d'exercer cette royauté sociale... Vrai Dieu de vrai Dieu, comme chante l'Église, vous n'avez rien abdiqué de la plénitude de votre puissance en vous faisant homme; mais si votre pouvoir royal était limité aux individus et ne s'étendait pas sur les sociétés elles-mêmes, il manquerait en réalité quelque chose à ce pouvoir...

Combien il est nécessaire, aujourd'hui surtout, de proclamer très haut cette vérité, à ces maîtres des nations qui ne veulent reconnaître au-dessus d'eux aucune autorité !...

C'est aussi comme rédempteur du genre humain que vous devez régner socialement sur les nations. Votre rédemption, en effet, n'atteint pas une partie de l'homme seulement, elle va à l'homme tout entier, aussi bien à l'homme en tant que faisant partie de la société, qu'à L'homme considéré individuellement; car l'homme, pris comme membre de la société, n'est pas différent de l'homme individuel. Dès lors les nations font par­tie, elles aussi, de ce « peuple racheté au prix de votre sang, populus acquisitionis, dont parle saint Pierre (I Petr., 9), et sur lequel, ô Christ, vous devez régner...

Le grand malheur de nos contemporains est de vouloir créer dans les âmes comme deux mentalités et de reléguer au fond de la conscience, dans le secret du coeur, tout ce qui regarde l'ordre surnaturel. Contre cette erreur, nous proclamons le droit que vous avez, ô Jésus, de régner non seulement sur. chacun de nous en particulier, mais sur les groupements eux-mêmes qui forment les cités et les nations...

Jésus-Christ est enfin notre Roi, parce qu'il nous a acquis et qu'il nous procure le salut éternel avec tous les moyens de sanctification : en conséquence il a le droit de régler souverainement l'activité de chacun de nous, son activité personnelle et son activité sociale, de telle sorte que nous puissions parvenir à notre fin dernière.

Le devoir de tout homme, et de toute société établie parmi les hommes, est donc de respecter les droits royaux de Jésus-Christ, de se conformer à ses lois, de le faire régner...

Mais cette royauté sociale, comment l'exercerez-vous, ô Jésus, et comment les hommes la reconnaîtront-ils ?

Vous l'exercerez comme les princes de ce monde exercent leur autorité sur les nations dont ils sont les chefs, et nous la reconnaîtrons de la même manière que l'on a coutume, parmi les peuples, de reconnaître et d'honorer le pouvoir royal: être roi, chef d'État, c'est avoir autorité sur cet état, c'est posséder le droit et le pouvoir de le guider, de le gouverner, de se faire obéir des sujets.

Ce ne sont donc pas seulement les individus qui vous doivent la soumission et l'obéissance, ô Jésus, ce sont les nations elles-mêmes. Oui, comme le proclame le Bienheureux Père Eymard, il faut que vous vous mettiez à la tête des sociétés chrétiennes que vous dirigerez et sauverez. Il faut vous reconstruire parmi nous un palais, il faut vous élever un trône royal, il faut vous former une cour de fidèles serviteurs, une famille d'amis, un peuple d'adorateurs.


II
Action de grâce


Mettre Jésus-Christ à la tête des sociétés, c'est-à-dire faire en sorte que les sociétés reconnaissent officiellement ses préceptes et ses lois, et veillent à leur exacte observance, est le seul moyen de procurer et d'assurer le salut des sociétés elles-mêmes.

Oui, de même qu'il n'y a pas d'autre nom sur la terre en qui les hommes puissent espérer le salut, de même, fait remarquer le Souverain Pontife dans l'Encyclique sur le Christ-Roi, il n'y a pas d'autre principe que Jésus, en qui les sociétés puissent trouver leur sauvegarde; car, dit saint Augustin, il n'y a pas, pour la cité, d'autre source de prospérité que pour les individus eux-mêmes : la cité n'est autre chose qu'un groupement d'individus ayant un même but et une même pensée.

N'est-il pas évident, en effet, que Jésus-Christ se doit à lui-même, à sa bonté, à son amour, de protéger contre toutes les causes internes et externes de ruine les sociétés qui reconnaissent son pouvoir ? Les peuples qui se soumettront à son empire, chante Isaïe (n, 4), « forgeront leurs épées en socs de charrue et leurs lances en faucilles; une nation ne s'élèvera plus contre une autre et l'on n'apprendra plus la guerre : conflabunt gladios suos in vomeres, et lanceas suas in falces : non levabit gens contra gentem gladium, nec exercebuntur ultra ad praelium ».

Vous gardez, ô Christ-Roi, ceux qui se sont donnés à vous ; bien plus, vous leur accordez généreusement vos bienfaits.

Le jour où les hommes reconnaîtront en privé et en publié la dignité royale du Christ, dit encore le Souverain Pontife, on ne saurait dire quels immenses bienfaits en résulteront pour tout l'ordre social : une liberté contenue dans les sages limites de la justice, l'observance exacte des lois, la concorde et la paix. De même, en effet, que la dignité royale de Notre-Seigneur sanctionne de l'autorité même de la religion le pouvoir des princes et des gouvernants, de même elle ennoblit l'obéissance et les devoirs des citoyens.

C'est saint Paul qui nous enseigne que nous avons à obéir à nos supérieurs comme aux représentants du Christ.

De leur côté, si les chefs de peuples étaient bien persuadés qu'ils commandent au nom et à la place de Jésus-Christ, avec quelle sagesse et quel souci du bien commun ils useraient de ce pouvoir! de là évidemment pour les sujets et pour les gouvernants eux-mêmes une plus grande sécurité et une union plus parfaite...

Mais tous ces biens d'ordre naturel, qui ne sont certes pas à mépriser, tendent en définitive à assurer un bien encore plus grand et plus important : les intérêts surnaturels des âmes.

Il est dans la nature même des choses que la société temporelle n'absorbe pas, d'une manière complète et absolue, l'activité humaine : au-dessus de la fin que se propose cette société, il en est une autre, plus noble, plus féconde, parce qu'elle est divine... Si Jésus-Christ veut régner socialement sur le monde entier, c'est pour nous assurer cette fin, nous conduire à Dieu, nous faire gagner le ciel...

Mettons-nous donc avec amour sous la conduite de notre Roi, travaillons à établir sa royauté dans le monde, sur nos sociétés, sur les familles...


III
Réparation


Jésus-Christ ayant droit de régner sur les sociétés, aussi bien que sur les individus, il s'ensuit, proclame le Souverain Pontife Pie XI, « que les chefs des nations ne doivent pas refuser de donner au Christ, et par eux-mêmes et par leurs sujets, le témoignage public de leur res­pect et de leur obéissance; c'est pour eux le seul moyen de sauvegarder leur propre m autorité et de travailler avec succès à la grandeur de leur pays ».

Deux choses sont ici indiquées comme nécessaires, qui, malheureusement, de nos jours, sont assez peu observées.

Il faut d'abord que les chefs des nations rendent hommage au Christ, non pas seulement d'une manière privée et comme à la dérobée, mais en public et officiellement. L'ordre en effet demande que l'on observe et que l'on conserve la hiérarchie des valeurs; or la fin tempo­relle de toute société humaine se subordonne nécessairement à la fin surnaturelle des âmes.

Mais, hélas! parmi tant de nations qui aujourd'hui divisent le genre humain, combien y en a-t-il qui consentent à rendre hommage, d'une manière officielle par leurs gouvernants, au Christ-Roi ?... N'est-ce pas au contraire trop souvent l'apostasie publique et officielle ? Les impies ont dit dans leurs coeurs et ils ont osé écrire dans leurs lois : « Il n'y a pas de Dieu », nous ne connaissons pas le Christ et nous n'avons aucun hommage à leur rendre.

Cette manière de penser et d'agir constitue un véritable déni de justice envers vous, ô Jésus, qui avez été établi par Dieu lui-même roi de toutes les nations...

A ces hommages doit être unie l'obéissance, qui en est comme une conséquence nécessaire : après avoir reconnu en Jésus le Christ-Roi , il faut évidemment lui obéir...

Or cela est peut-être encore plus difficile à réaliser... De partout s'élève la protestation impie : Nous ne voulons pas qu'il règne sur nous, nous ne voulons pas obéir à ses lois, nous ne pouvons pas laisser entamer notre souveraineté populaire en reconnaissant un maître qui soit au-dessus de nous; nous n'admettons pas de pouvoir dont la société elle-même ne soit le principe.

Cette parole blasphématoire est la néga­tion formelle du caractère social de la royauté de Jésus-Christ... Et que de fois elle a été prononcée dans le monde depuis le jour où elle fut dite par les Juifs déicides; que de fois nous l'entendons retentir, au moins d'une manière équivalente, dans nos assemblées législatives conteraporaines

Je vous offre mes réparations, ô Jésus,pour l'offense qui vous est ainsi faite par vos enfants, par vos sujets...

Or une société sur laquelle Jésus-Christ ne règne pas, une société qui renie toute influence du Christ et se déclare son ennemie, ne peut avoir de consistance véritable : elle ne tardera pas à devenir une réunion d'hommes qui se surveillent avec malice pour tâcher de se prendre en défaut, qui se jalousent, épiant le mo­ment favorable pour renverser un com­pétiteur, et ne cherchent en définitive, au prix même des plus grands bouleversements et des ruines les plus lamentables, que leur bien personnel et particulier; car là où Jésus-Christ ne règne pas, là où il ne commande pas, c'est la vo­lonté de l'homme qui est maîtresse, volonté, hélas! trop souvent changeante, égoïste, rapace et cruelle... L'histoire contemporaine ne nous offre-t-elle pas de trop tristes exemples de cette démagogie insensée ?

Il faut donc choisir entre le règne social du Christ et la domination du désordre social. En fait, si nous n'en sommes pas là, c'est que, malgré tout, Jésus- Christ a conservé sur notre société quelque chose de son influence, quelque lambeau de ses droits souverains... Mais craignons pour le jour où ce reste d'influence, ce souvenir, cette ombre de sou­veraineté viendraient eux-mêmes à disparaître.


IV
Prière


Celui qui ne voudrait pas admettre le caractère social de votre royauté, ô Jésus, ne ferait autre chose que de vous dénier en réalité le titre de Roi. Si, en effet, vous êtes Roi dans toute la force du terme, Roi universel, Roi suprême, vous êtes nécessairement le Roi des sociétés non moins que des individus.

Votre royauté, ô Seigneur, ne doit donc pas se confiner dans le fond des consciences individuelles, ou s'arrêter à la porte des églises, comme se plaisent à le proclamer les impies; elle doit s'étendre et s'exercer jusque sur les sociétés...

Que les chefs de peuples, que les gouvernants vous reconnaissent donc comme Roi, et agissent en conséquence : Te nationum Praesides honore tollant publico (Hymne des Ires Vêpres).

Rentrez, ô Jésus, dans nos sociétés dont on vous a tenu écarté trop longtemps; rentrez-y pour faire sentir votre bienfaisante influence sur l'approbation des lois, sur les décisions des magistrats...

Régnez aussi en Maître souverain sur la famille, ce noyau vital, ce fondement de la société humaine, de la nation... La famille, elle aussi, a des lois à observer, lois que vous avez promulguées, mais qui sont si souvent transgressées.

Venez donc sanctifier nos maisons, nos foyers : Mitique sceptro patriam domosque subde civium (Hymne des Ires Vêpres).

Que nos familles, redevenues chrétiennes, reprennent l'habitude de la prière en commun, de l'assistance en commun à la Messe, et de ces autres pratiques autrefois en honneur, qui marquaient si bien votre empreinte sur elle...

L'obéissance à vos lois, ô Jésus, est sans doute le moyen principal mis à notre disposition pour reconnaître votre royauté sociale... Mais il y en a aussi un autre : jadis, les princes vous offraient leur royaume, et vous rendaient publiquement hommage : puissent nos gouvernants reprendre cette sainte tradition et donner à leurs sujets ce bel exemple...

Vous êtes, ô Jésus-Hostie, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs : que les rois et les seigneurs saluent donc en vous leur prince et leur chef.


V
Pratique

Ne jamais rougir de rendre publiquement hommage à Jésus-Christ.

VI
Aspiration


Que les rois et les peuples, ô Jésus, vous servent et vous obéissent.


 
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