DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?

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Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
méditations eucharistiques pour l'adoration

Titre de la page:

Le Roi d'Amour

Nom de l'auteur:
Mgr-Victor-Lault


 

                                                                                  
                                                          Le Roi d'Amour

I

Adoration

Vous êtes Roi, ô Jésus, et les titres sur lesquels se fondent vos pouvoirs royaux sont certains et inébranlables : ils jettent leurs racines dans les profondeurs mêmes de la Divinité, et par là votre royauté est mieux établie que celle du monarque le plus puissant de ce monde.

Elle est aussi plus parfaite que celle d'aucun roi d'ici-bas, et elle possède des caractères qui la placent bien au-dessus de toute royauté terrestre.

Le premier de ces caractères est celui que vous manifestiez vous-même à vos apôtres au moment où, remontant au ciel, vous leur donniez la mission de prêcher l'Evangile à tous les peuples : «Data est mihi omnis potestas in ecelo, et .in terra : Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre » (Matth., xxvm, 18).

Parole sublime qui, dans la bouche d'un potentat de la terre, si orgueilleux, si puissant qu'on le conçoive, serait simplement une folie, mais qui, sur vos lèvres, est l'expression de la plus stricte vérité... Je crois donc, ô Jésus, que toute puissance vous a été donnée au ciel et sur la terre : tous les pouvoirs qui peuvent convenir à un roi, vous les avez, vous les possédez en plénitude... Oh ! quels durent être les sentiments des apôtres en entendant ces mots ! Ils furent sans doute saisis d'un souverain respect, d'un profond esprit de soumission : aujourd'hui encore, et tout le long des siècles, vous répétez cette affirmation : puissé-je en comprendre la portée, en reconnaître l'immense étendue!

Et puisque toute puissance vous a été donnée, ô Jésus, il est juste que je reconnaisse cette puissance en faisant acte de soumission totale à votre pouvoir souvrain. Le pouvoir royal, considéré en lui-même, abstraction faite des amoindrissements qu'il a subis dans nos modernes sociétés, comprend l'autorité d'édicter des lois, celle d'en régler et d'en surveiller l'application, celle enfin de punir les transgresseurs en leur infligeant les pei­nes méritées par leur désobéissance. Ces trois actes qui, de nos jours, sont généralement confiés à des organismes distincts, se trouvent réunis, ô Jésus, en votre seule personne, et vous en revendiquez pour vous l'exercice plein et indépendant. Et cela non pas en vertu d'un privilège qui vous aurait été octroyé par le libre choix des hommes, ou même par un don de la bienveillance divine à votre égard, mais par suite de votre nature même d'Homme-Dieu, ainsi que le rappelle le Souverain Pontife dans l'Encyclique sur le Christ-Roi.

II suit de là, ô Jésus, Homme-Dieu, que vous devez être non seulement adoré par les anges et par les hommes, mais encore que tous les hommes et les anges eux- mêmes sont soumis à votre empire. L'antiquité païenne a connu certains tyrans qui exigeaient des hommages, évidemment exagérés lorsqu'ils s'adressent à une simple créature... Mais vous méritez, ô Jésus, infiniment plus d'honneur que tous les plus puissants monarques...

Je me soumets donc à toutes les lois que vous avez édictées pour notre bonheur... ; j'accepte avec reconnaissance toutes les déterminations que vous prenez et que vous prendrez à mon sujet... ; je reconnais en vous le juge infaillible et sans appel, qui doit un jour m'examiner sur la manière dont j'ai observé ses com­mandements...

Lorsqu'il s'agit d'une royauté terrestre, l'apparat extérieur doit, au moins dans une certaine mesure, correspondre au pouvoir lui-même dont il est le signe : les sentiments du coeur tendent naturellement à se manifester au dehors, et c'est là tout le fondement des marques de révérence que l'on donne au prince, comme du culte lui-même que l'on rend à Dieu. Mais quel est donc, ô Jésus, le signe extérieur, l'apparat de votre royauté suprême ?... Pendant votre vie terrestre, je ne le vois pas si ce n'est au sommet de cette croix à laquelle les Juifs vous ont attaché. Mais je le vois encore moins aujourd'hui dans le Sacrement où pourtant vous êtes présent, dans toute la réalité de votre nature et toute la plénitude de vos droits.

Or, moins vous faites montre de votre royauté à l'extérieur, plus je veux la reconnaître et la proclamer. O petite Hostie, je le sais, sous vos apparences réside le Christ-Roi à qui tout pouvoir a été donné au ciel et sur la terre : de même qu'au ciel les anges sont toujours prêts, ô Jésus, à exécuter vos ordres, de même il faut que sur terre les hommes obéissent à vos commandements. Combien cette obéissance nous serait plus facile, si nous pensions que celui qui ordonne, c'est le Dieu avec nous, le Dieu qui s'est fait notre compagnon de route!...


II
Action de grâce


Aux sentiments d'adoration et de déférente soumission qu'appelle la proclamation de vos droits : Data est mihi omnis potestas, doit s'unir, dans mon âme, une pensée de gratitude, un sentiment de bonheur.

C'est à Jésus, à l'Homme-Dieu, à notre Sauveur et Bienfaiteur, à l'Auteur et Dis­tributeur de la grâce qu'a été donnée toute puissance...

Comme cela me rassure! Nous savons par expérience combien nous est pénible l'appréhension des lois qu'on peut promulguer et qui iront plus ou moins contre nos désirs ou nos aspirations; mais qu'est-ce donc, lorsqu'une loi désavantageuse pôur nos propres intérêts est portée ?... Or, nous n'avons rien de tout cela à craindre de la part de Jésus, notre Législateur : tout ce qu'il ordonne est juste, tout ce qu'il veut est pour notre bien : nous en sommes certains... Le joug de sa loi est donc plein de douceur, et léger est le fardeau dont ses préceptes chargent nos faibles épaules : Jugum enim meum suave est et onus meum leve (Match., xi, 3o).

Nous ne sommes pas sous la domination de l'un de ces tyrans, antiques ou modernes, qui n'ont d'autre règle de conduite que leurs caprices, d'autres principes de commandement que la satisfaction de leurs intérêts ou de leurs passions. Toutes les lois que vous édictez, ô Jésus, je tiens à le reconnaître et à le proclamer, sont justes et saintes : Virga directionis, virga regni tui : propterea populi confitebuntur tibi in aeternum, et in saeculum saeculi. (Office du Christ-Roi,' ant. de Matines.)

Il n'est pas jusqu'à son pouvoir judiciaire qui ne doive être pour nous un motif de reconnaissance. Grande et terrible est la responsabilité du juge qui doit déclarer si les actes posés par l'un de ses semblables sont conformes à la loi, et dans le cas où cette conformité n 'existe pas, se voit obligé d'appliquer la peine méritée par le coupable!

Il faut que le juge soit savant pour connaître la loi, clairvoyant pour discerner les actes des inculpés, intègre pour ne pas se laisser influencer par des considérations personnelles, mais en même temps, bon et miséricordieux pour savoir faire la part des circonstances atténuantes et apprécier à leur juste valeur les faits concrets sur lesquels il doit se prononcer.

Toutes ces qualités, je les trouve en vous, ô Jésus, et à un degré éminent; je n'ai donc qu'à me réjouir de savoir que toute puissance vous a été donnée... Avec un juge comme vous, je n'ai pas peur d'être injustement jugé...

Le pouvoir exécutif, lui aussi, a été placé entre vos mains : omnis potestas; et de cela encore, je me réjouis, ô Jésus; car je sais que, connaissant parfaitement notre infirmité et nos faiblesses, vous n'exigerez pas de moi des choses qui sont au-dessus de mes forces.

Mais surtout je sais qu'en même temps que vous faites exécuter la loi, vous donnez le moyen de l'accomplir : vous êtes toujours prêt à nous offrir la grâce aux moments difficiles, à l'heure de l'épreuve...

Je vous remercie de cette grâce, ô Jésus... Je vous remercie des secours reçus en ces moments pénibles où le ciel semble se fermer sur nos têtes, pendant que les assauts du démon se font plus nombreux et plus violents... Je vous remercie surtout de vouloir bien venir en mon âme pour m'aider à accomplir votre loi, et me préserver ainsi d'un jugement de condamnation...

Toute puissance vous a été donnée : c'est donc à vous seul que je suis soumis, et je n'ai aucun autre maître que vous à servir : Si ergo vos Filius liberaverit, vere liberi eritis (Joan., vm, 36) . Mais par ailleurs : Servire Deo regnare est : être sous la dépendance d'un Roi tel que Jésus-Christ, c'est en vérité un honneur et un bonheur...


III
Réparation


La royauté de Notre-Seigneur Jésus- Christ n'est donc pas une royauté purement nominale, une royauté d'honneur, une royauté plus ou moins diminuée... Non, c'est une royauté effective, une royauté pleine et entière, une royauté comprenant tous les pouvoirs qui conviennent à un roi véritable qui ne règne pas seulement, mais règne et gouverne.

Nous ne saurions en douter, ô Jésus...

Et pourtant, si nous voulons prêter l'oreille aux discours des mondains, nous entendrons retentir de partout, et à toutes les époques de l'histoire, l'insulte dont parle le Sauveur lui-même dans une de ses paraboles : « Nolumus hune regnare super nos : Nous ne voulons pas de lui pour roi » (Luc, xix, ILL); insulte qui s'exprima, au moment de la Passion du Sauveur, en cette exclamation insensée, proférée par les Juifs : « Non habemus regem nisi Caesarem : Nous n'avons pas d'autre roi que César » (Joan., xix, i5), ce souverain de la Rome païenne qui nous a dépouillés de notre liberté et de nos droits.

Le monde impie et sensuel peut bien crier qu'il ne veut pas de vous pour Roi : cela ne vous empêchera pas, ô Jésus, de régner définitivement, et, un jour, vous prononcerez contre les coupables cette parole terrible : « Inimicos meos illos, qui noluerunt me regnare super se, adducite hue : et interficite ante me (Luc, xix, 27) : Ceux qui n'ont pas voulu de moi comme roi, jetez-les en enfer, dans la mort éternelle... » Tel sera le sort de ces malheureux, s'ils ne reviennent à de meilleurs sentiments.

Mais en attendant que votre règne soit ainsi établi, le seul fait de repousser votre royauté est une injure qu'on vous fait, Jésus, et qui demande réparation.

Je vous fais donc amende honorable en ce moment, ô divin Roi, pour tant de malheureux qui ne cessent de répéter le cri des Juifs : Nous n'avons d'autre roi que César, nous ne reconnaissons d'autre autorité que celle des hommes... Puisse ma réparation s'étendre aussi loin et monter aussi haut que l'insulte elle- même...

Le motif qui, d'ordinaire, pousse ainsi les mondains à rejeter votre royauté, c'est, ô Jésus, que les lois promulguées par vous sont contraires à l'orgueil, à la cupidité et à la sensualité par lesquels ces âmes se laissent généralement conduire.

On ne veut pas de vous comme Roi, parce qu'il faudrait renoncer à satisfaire les passions mauvaises, parce qu'il fau­drait combattre la nature; on ne peut obéir à deux lois contraires : la loi de l'esprit, qui est la loi de Dieu, de Jésus, et la loi des membres, qui est la loi du démon : Video aliam legem in membris meis, repugnantem legi mentis meae (Rom., VII, 23).

Ah! qu'il est grand le nombre de ceux qui abandonnent la loi de Jésus, pour suivre la loi de son ennemi!... Chaque fois que l'on commet le péché, on se soustrait à la loi de Jésus : et combien de fois, ô Christ-Roi, je me suis rendu cou­pable de cette désertion I...

Toute puissance vous a été donnée à vous, ô Jésus, qui êtes caché sous cette faible Hostie, sous ces apparences dépourvues non seulement de puissance visible, mais de la vie elle-même...

Je ne puis pourtant en douter. C'est là, dans le Saint-Sacrement aussi bien qu'au ciel, que vous êtes le Roi tout-puissant, auquel tout pouvoir a été remis... Oh! si l'on y pensait... Mais en réalité comment les hommes se conduisent-ils envers vous ? Trop souvent on vous traite non comme le Roi de toute majesté, mais un peu à la manière d'une chose sainte... Qui oserait se comporter ainsi envers un monarque ?

Je répare donc, ô Jésus, pour tant d'oublis que l'on commet contre vous; pour la désinvolture avec laquelle on vous traite dans l'Eucharistie, oubliant que vous êtes le Roi à qui a été conférée toute puissance par Dieu lui-même. Je vous fais amende honorable pour tous mes manquements, ainsi que pour toutes les fautes commises, sur ce point, par les hommes.


IV
Prière


Il est évident que puisque Jésus a reçu toute puissance au ciel et sur la terre, nous n'avons pas à prier pour que le pouvoir royal lui soit accordé; mais nous devons prier pour qu'il lui soit donné d'exercer réellement ses pouvoirs royaux, et pour que sa puissance souveraine soit effectivement reconnue et honorée...

C'est donc, ô Christ-Roi, le souhait que je forme en ce moment, à la fin de cette adoration : Que votre royauté, avec tous les pouvoirs qui lui sont inhérents, soit reconnue par tous! Que les hommes reconnaissent, du fond du coeur et sincèrement, que vous avez toute puissance pour gouverner les individus et les sociétés.

Pour cela il faut que vos lois, vos commandements, vos conseils arrivent à pénétrer les esprits et les législations humaines...

A la prière, je joindrai l'action : je veux donc travailler à réformer ma vie de telle sorte qu'elle soit en parfaite harmonie avec les lois fondamentales de votre royaume...

Que ma conduite devienne telle qu'on y aperçoive l'influence royale du Christ- Jésus... et que pour moi se réalise la parole : « Oportet ilium regnare... ut sit Deus omnia in omnibus... Il faut qu'il règne... afin que Dieu soit tout en tous » (I Cor., xv, 25, 28).

Dans ce but, je me propose telle ou telle chose que je détermine en ce moment à vos pieds, ô Jésus...

Faire reconnaître et adorer dans le Christ caché de l'Hostie le Roi tout-puissant, auquel sont soumis les anges et les hommes, sera aussi l'objet de mon zèle et de mon apostolat... Je chercherai à lui amener les âmes sur lesquelles je puis avoir quelque influence, de façon qu'il en prenne possession et y règne.


V
Pratique


Étudier l'Évangile, en se rappelant qu'il est le Code promulgué par Jésus, notre Roi tout-puissant.


VI
Aspiration

Il faut qu'Il règne, afin que Dieu soit tout en tous (I Cor., xv, 25, 28).


 
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