DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?

Allez voir cette page

Dieu-t-appel-a-devenir-pretres-mais-ou-aller.html

Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
méditations eucharistiques pour l'adoration

Titre de la page:

 

Le rédempteur du genre humain

Nom de l'auteur:
Mgr-Victor-Lault


 

Le Rédempteur du genre humain


I

Adoration

Je crois, ô Jésus, que vous êtes le Fils du Dieu vivant, ainsi que vous proclamait l'apôtre saint Pierre (Matt., xvi, 16), et je confesse qu'étant égal en toutes choses au Père tout-puissant, vous êtes avec lui le Roi immortel des siècles à qui sont dus tout honneur et toute gloire.

Mais cette qualité de Roi que vous possédiez déjà pleinement par nature, vous avez voulu aussi, ô Jésus, la conquérir; vous êtes donc notre Roi à un titre nouveau, au titre de conquête. De même que le monarque victorieux de son ennemi soumet à sa propre puissance, à ses propres lois, les sujets de cet ennemi vaincu et règne sur eux, de même, ô Christ-Rédempteur, vous avez le droit de régner sur tous les hommes, parce que vous les avez rachetés de la mort éternelle, et que, en mourant vous-même pour eux, vous les avez arrachés à la puissance des ténèbres pour les faire entrer dans votre royaume.

Ma sujétion à votre égard n'est donc pas seulement celle d'un sujet à l'égard du souverain auquel il doit respect et obéissance ; elle est bien plutôt celle qu'un fils doit avoir pour le père qui lui a donné la vie : tout en reconnaissant et respectant en lui l'autorité qui dirige et commande, il ne peut oublier qu'il lui doit, dans l'ordre naturel, tout ce qu'il a et tout ce qu'il peut légitimement désirer.

Respect et amour; obéissance et dilection : voilà ce que vous attendez de moi, et ce que je veux vous donner, ô Jésus, d'un cœur joyeux et avec une promptitude sans réserve, en ce moment et toujours...

C'est donc par vos souffrances et par votre mort sur le Calvaire, ô Jésus, que vous avez acquis votre titre de Roi; c'est dans votre sang que vous vous êtes acheté votre royaume : l'Église et nos âmes. En vous attachant à la croix, vos bourreaux vous ont élevé sur le trône d'où vous régnez sur le monde : là, en effet, sur ce gibet où vos ennemis étaient sûrs d'avoir anéanti tout votre prestige et votre mémoire même, je lis l'inscription dictée par celui qui avait été votre juge et écrite sur son ordre dans les trois langues de l'ancien monde civilisé : « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs. » C'est bien, ô divin Sauveur, ce que vous aviez prédit : « Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à moi » (Joan., xn, 32).

Regnavit a ligno Deus : c'est sur l'arbre de la Croix que vous avez fondé votre empire, ô Jésus... Oh! certes, vous pouviez nous racheter de bien d'autres manières, sans vous soumettre à tant de douleurs : mais vous avez choisi ce moyen qui manifeste de votre part un amour plus grand, afin de mieux établir, si l'ou peut ainsi parler, les droits de votre royauté sur nous... Comment, en effet, pourrions-nous considérer tout ce que vous avez fait pour nous, et ne pas nous soumettre pleinement à votre puissance ?

Je vous rends hommage, ô Christ Rédempteur, mon Roi; je célèbre votre victoire sur le démon et sur l'enfer, victoire qui a fait de moi votre sujet : puissé-je être toujours un sujet docile et fidèle de votre royaume...

C'est dans le divin Sacrement de l'Eucharistie, mémorial de votre Passion et de votre mort, et, par là, souvenir perpétuel et vivant de la victoire qui vous a établi notre Roi, que je vous adore, ô Jésus... Si vous êtes Roi, ô Jésus crucifié, vous l'êtes bien mieux encore, ô Jésus- Eucharistie : le crucifix me rappelle ce que vous avez fait pour moi, il remet sous mes yeux le souvenir des souffrances par lesquelles vous avez acheté votre royauté; l'Hostie sainte, elle, place ce souvenir dans mon coeur... Chaque fois que je mange le pain préparé par vous pour vos enfants, et que je bois votre sang, je célèbre de nouveau votre mort, j'affirme donc les droits de votre royauté...

Le Christ-Roi, ayant payé surabondamment à Dieu la rançon de tous les hommes, a droit de régner sur tous ; mais pour établir en fait son royaume dans les âmes, il veut avoir besoin de nous, il veut que chacun de nous, comme un bon soldat, travaille dans la mesure de ses forces à le faire régner dans les âmes et sur les coeurs où il ne commande pas encore, à faire accepter sa royauté par tant d'infidèles qui ne la connaissent point...

Vous avez droit, ô Jésus, de régner en maître souverain sur tous les hommes, car tous sont votre conquête, vous les avez tous arrachés à l'esclavage du démon : je le reconnais, ô mon divin Roi, vos droits sont universels... Je vous entends me demander de travailler à vous soumettre en réalité les coeurs de tous les hommes...


II
Action de grâce

Vous disiez, ô Jésus, à vos apôtres, qui se demandaient lequel d'entre eux devait être estimé le plus grand : « Les rois des nations dominent sur elles, et ceux qui leur commandent sont appelés Bienfaiteur » (Luc, xxn, 25).

Parole profonde; mais vérité, alors et aujourd'hui encore, trop oubliée. Non, ce ne sont pas les peuples qui sont faits pour les princes et les gouvernants, ce sont les rois qui sont faits pour les peuples; car le premier devoir de ceux qui possèdent l'autorité, est d'assurer le salut, le bien-être, la prospérité de leurs sujets.

C'est bien ainsi, ô Jésus, que vous avez entendu votre royauté; et si on a pu dire que personne n'est aussi complètement père que Dieu, nous avons le droit d'affirmer que personne n'est aussi parfaitement roi que vous. Quel prince, quel empereur, se nommât-il les délices du genre humain, a procuré à ses sujets autant de bienfaits que vous en avez procuré à vos enfants ?...

Ce que peut faire de plus beau, de plus grand, de plus chevaleresque un prince, c'est de délivrer un peuple du joug de son oppresseur, de le tirer de l'esclavage, de lui rendre la liberté et de lui assurer la jouissance d'une prospérité pleine et entière. Voilà, ô Jésus, ce que vous avez fait pour nous : « Le genre humain, jusqu'alors esclave d'un cruel tyran, a vu ses fers brisés par vous et peut désormais aspirer à l'héritage céleste » (Hymne du Christ-Roi, à l'office de Matines).

Si cette rédemption, bon Sauveur, ajoute à votre couronne royale un nouveau et magnifique fleuron, n'est-ce pas en définitive nous-mêmes qui y gagnons ? Comme vous avez bien réalisé le programme de gouvernement indiqué par vous quelques instants à peine après l'institution du grand bienfait de l'Eucharistie : « Ceux qui commandent aux nations reçoivent le nom de bienfaiteurs. »

Après avoir délivré son peuple des mains de ses ennemis, un roi de la terre veille à lui assurer, dans la mesure du possible, les biens qui peuvent être nécessaires ou utiles à sa pleine prospérité. Vous n'avez point manqué à ce devoir, ô Jésus, et vous avez enrichi votre Église de tous les secours spirituels dont nous poinrons avoir besoin. Ces moyens de sanctification, auxquels il ne tient qu'à moi d'aller puiser à pleines mains, prennent leur efficacité dans votre Passion : ce sont vos souffrances qui nous les ont acquis, et je sais que par eux me sont appliqués les mérites de votre mort. Votre mort n'a donc pas seulement fondé votre royauté sur nous; elle l'étend, elle la conserve, elle la perpétue...

Je vous remercie, tout spécialement, ô Jésus, de ce grand Sacrement dans lequel est rappelée d'une manière plus vive la mémoire de cette une bienheureuse Passion », et par lequel nous sont conférés avec plus d'abondance les biens que vous nous avez acquis par vos souffrances...

Un roi de la terre, quelque désireux qu'il puisse être du bonheur des peuples délivrés par lui de l'esclavage, quelque vigilant qu'il soit à procurer leur bienêtre, ne peut étendre son action au-delà des bornes de cette vie; un jour arrive, le jour de la mort, où cette félicité terrestre prend fin...

Le bonheur que nous procure la rédemption opérée par notre divin Roi Jésus n'aura pas de terme; notre Roi nous a rachetés, délivrés, et c'est pour l'éternité; les biens qu'il nous a donnés sont des biens célestes et divins.

Ah! sachons apprécier ces dons, sachons reconnaître la puissance et la bonté de celui qui a voulu triompher par l'amour, qui a voulu établir son royaume parmi les hommes sur la base solide de bienfaits sans nombre...


III
Réparation

Il est difficile qu'on paie un bienfaiteur à la mesure des dons qu'on a reçus de lui : on reste généralement en dette avec ceux qui nous ont fait du bien.

S'il en est ainsi d'un bienfaiteur terrestre, que dire du grand, du céleste bienfaiteur qu'est Jésus-Christ ? Quelle est trop souvent la conduite des hommes, comblés par lui des plus grandes grâces, à sort égard ?

Dans l'ordre naturel, celui qui a été sauvé d'un grave danger, oh! combien il est vigilant pour éviter tout ce qui pourrait de nouveau l'y faire tomber ou même seulement l'exposer au péril.

O Jésus, vous avez racheté les hommes de l'esclavage du péché; mais les hommes, volontairement, avec une déplorable facilité, une insouciance incroyable, retombent sous ses chaînes. En fait, le pécheur se soustrait délibérément à la puissance de celui qui l'a délivré de la captivité, pour se replacer sous le joug de son ancien tyran : c'est une grave insulte faite à vos droits royaux. Vous l'avez dit : « Quiconque commet le péché, se fait l'esclave du péché » (Joan., viii, 34); lorsqu'il commet la faute, le pécheur déclare donc par sa conduite, sinon par ses paroles, qu'il ne veut pas se soumettre à votre empire, qu'il refuse de reconnaître votre souveraineté...

Qu'il est donc affreux le péché, lorsque je le considère, ô Jésus, à votre lumière : il m'apparaît ce qu'il est réellement, un crime de lèse majesté.

Mais que ce crime est fréquent ! qu'ils sont nombreux les pécheurs, sur toute la surface de la terre! Ces hommes que vous avez rachetés, que font-ils de vos droits souverains ?...

Je vous demande pardon, ô Christ-Roi, pour tant de coupables, et en premier lieu pour moi-même : ah! le péché, quel sillon il a tracé dans ma vie!... Autant je vous ai manifesté de mépris en m'abandonnant à mes désirs mauvais, autant je veux désormais vous témoigner de respect et de soumission...

A l'insulte, se joint l'ingratitude, et cette ingratitude de vos sujets rebelles, ô Christ-Roi, elle est grande; elle blesse profondément votre Coeur si bon... Après que votre amour a tant fait pour vos créatures, voilà comment celles-ci répondent à vos avarices; après que vous vous êtes sacrifié pour le salut et le bonheur de votre peuple, voilà comment celui-ci reconnaît vos bienfaits ?...

Uri roi terrestre ainsi méprik se vengerait en punissant sévèrement les coupables. Il a au moins le droit de se plaindre : c'est, ô Jésus, ce que vous vous contentez de faire, et vous retardez jusqu'au jour du jugement la punition des rebelles, dans l'espoir qu'avant l'heure de la suprême justice ils reviendront à vous.

Vous vous plaignez, afin que au moins vos enfants fidèles vous donnent un peu de cette consolation que tant d'autres vous

refusent. Je vous entends me redire en cet instant la parole que vous adressiez à votre confidente: Toi du moins, efforce-toi de me consoler! Oui, ô Jésus mon Roi, par ma soumission, par ma vigilance à éviter ce qui vous déplaît, je réparerai pour mes frères...

Vous êtes Roi, ô Jésus; vous avez le droit de régner, non seulement à cause de votre dignité de Fils de Dieu, mais encore en vertu de la conquête que vous avez faite de nos âmes.

Mais quel est ce mystère de perversité ? A côté d'un grand nombre d'indifférents, de neutres, simplement oublieux des bienfaits qu'ils vous doivent, en voici d'autres, dont la perversité reflète le souffle du démon : ce sont ces misérables qui, poussés par l'enfer, cherchent à vous ravir les âmes que vous avez payées de votre sang, à vous détrôner s'ils le pouvaient... Il y en a eu dans toute la suite des siècles, et il y en a encore beaucoup de nos jours : que de pays où votre Croix, qui est votre trône royal, était autrefois vénérée, et où vous êtes maintenant persécuté; où votre Eucharistie, jadis honorée par des légions de pieux adorateurs, est aujourd'hui ignorée : « Quels tristes spectacles que ces délaissements de Notre-Seigneur!... Jésus a été chassé de ses temples, profané sur ses autels : il n'y est plus rentré » (Bienheureux Père Eymard).

Serons-nous indifférents en face de cette propagande impie ?... Non, non, il vous faut, ô Jésus, une réparation : je vous l'offre de tout coeur.


IV
Prière

Si nous avons bien compris comment le divin Sauveur est notre Roi en vertu du droit de la conquête qu'il a faite de nos âmes, une prière doit monter spontanément de notre cœur : puissiez-vous, ô Jésus, régner en Maître souverain sur les coeurs que vous avez purifiés dans votre sang, sur les âmes que vous avez rachetées par votre mort...

Que ce soit notre souhait, le but de nos plus ardentes prières : obtenir que Jésus règne en vérité sur les individus et sur les peuples qu'il a rachetés par son sang précieux... Étendez votre empire, ô Jésus-Rédempteur, et que tous les hommes reconnaissent vos droits, votre puissance, votre royauté...

A la prière, nous joindrons une résolution : celle de travailler, selon notre pouvoir, à établir, à étendre le règne de Notre-Seigneur par l'oeuvre des missions aux infidèles... La proclamation de la royauté de Notre-Seigneur, pour être sincère, exige qu'on s'applique à favoriser la conversion des infidèles, le retour à l'Église des hérétiques, des apostats. Un des fondements de la royauté de Notre-Seigneur est, en effet, la Rédemption qu'il a opérée du genre humain; c'est en cherchant à faire connaître leur Sauveur à ceux qui l'ignorent encore, que nous travaillerons efficacement à consolider, à étendre votre royaume, ô Jésus.

Donnez-moi donc, ô divin Sauveur, la grâce de me dévouer avec courage, selon mes forces, à cette grande oeuvre...

Si les circonstances ne nous permettent pas de nous appliquer personnellement à l'apostolat des missions, n'omettons pas du moins de nous intéresser à toutes les initiatives encouragées par l'Église dans ce but, et prions pour les missionnaires qui portent aux infidèles l'annonce du salut éternel.

Soyez, ô Jésus, avec vos apôtres, par votre grâce, soyez avec eux par votre pré­sence sacramentelle qui soutiendra leur courage, ranimera leurs forces et les con­solera dans leurs peines.

Qu'ainsi tous les peuples arrivent à connaître, à adorer et à servir leur Roi et se soumettent à son empire.


V
Pratique

Prier pour les missions et les missionnaires.

VI
Aspiration

A  vous, ô Jésus, notre Sauveur, gloire, honneur et puissance royale : tibi, Redemptor, gloria, honor, potestas regia (Hymne de Matines).


 
1
13
2
14
3
15
4
16
5
17
6
18
7
19
8
20
9
21
10
22
11
23
12
24