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Nos devoirs envers le Christ Roi
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Dans son épître aux Romains, saint Paul énonce un principe dont la société païenne ne se doutait guère, et c'est « qu'il n'y a pas de pouvoir qui ne vienne de Dieu : non est enim potestas nisi a Deo » ( Rom. , xm, 1).
Il suit de là que toute autorité, quelle qu'elle soit, contient un reflet de la Divinité. La doctrine catholique distingue évidemment Dieu lui-même du prince auquel il a communiqué quelque chose de sa puissance : elle nous fait réserver à Dieu le culte suprême de l'adoration, mais elle véçut que nous rendions au prince qui le représente l'hommage d'honneur et de respect que réclame sa dignité.
Le premier devoir d'un sujet envers son souverain, c'est donc de lui donner, de coeur et de fait, les témoignages d'estime et de vénération qui lui sont dus.
Vous êtes, ô Jésus, notre Roi ; nous sommes vos sujets, nous sommes vos soldats : nous vous offrons donc, comme à notre chef, l'hommage, si faible et si pauvre soit-il, de notre respect et de notre adoration.
Nous vous faisons hommage de tout ce que nous avons et de tout ce que nous sommes : de notre esprit, de notre coeur, de notre volonté, de notre âme et de nos forces.
Nous vous faisons hommage de notre esprit, en soumettant notre intelligence à votre parole, en croyant tout ce que vous nous avez révélé, en cultivant, ainsi en nous, par une adhésion pleine et sincère aux vérités de la foi, ce que saint Paul appelle « le sens du Christ : nos autem sensum Christi habemus » (I Cor., II, i6).
Nous vous faisons hommage de notre coeur et de notre volonté, en subordonnant toutes nos affections et tous nos vouloirs aux vôtres. Oh! je comprends combien cela va loin en pratique; mais par ailleurs tant qu'il y a en moi une fibre qui n'est pas à vous, qui n'accepte pas, sans murmurer, toutes vos lois et vos décisions, je ne puis pas me flatter de vous avoir donné tout mon coeur, ainsi que je vous le dois comme à mon Souverain.
Nous vous faisons hommage de notre âme, c'est-à-dire de nos passions, de ces mouvements d'amour, de désir, de joie, d'espérance et autres, qui s'élèvent eh nous à la vue d'un bien qui s'offre à nous, ou d'un mal qui nous menace : tout cela doit vous rendre hommage, ô Jésus, notre divin Roi, tout cela doit reconnaître votre empire sur nous. Nous ne devons donc aimer que ce que vous aimez ; tout ce que vous détestez, le mal du péché, nous devons le détester et le fuir; notre plus grande crainte doit être de vous déplaire, et notre suprême joie, de faire ce qui vous est agréable.
Nous vous faisons enfin hommage de nos forces, en les consacrant sans compter à procurer votre gloire, à combattre, non pour leur perte, il va sans dire. mais pour leur salut, ceux qui s'opposent à VOUS.
C'est ainsi, ô Jésus, que je vous dois l'hommage de tout mon être. Cet hommage, pour une majesté aussi haute que la vôtre, est bien peu de chose; mais ce peu, vous le voulez, ô Jésus, vous l'agréez : je vous le donne de tout coeur.
J'unis cette offrande à celle des esprits célestes qui se prosternent devant votre trône en déposant à vos pieds, ô Jésus, Fils de Dieu, leurs couronnes et en chantant : « Dignus es Domine Deus noster accipere gloriam, et honorem, et virtutem : Vous êtes digne, Seigneur notre Dieu, de recevoir la gloire, et l'honneur et la puissance » (Apoc., iv,
Je l'unis au cantique des saints qui vous adorent, ô Jésus, Agneau de Dieu immolé pour notre rédemption, et disent : « Sedenti in throni), et A gno : benedictio et honor, et gloria, et potestas in saecula saeculorum : A Celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau, bénédiction, honneur, gloire et puissance dans les siècles des siècles » (Apoc., y, 13).
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Dans le même passage où l'Apôtre proclame que toute autorité vient de Dieu , il ajoute, comme pour éclairer sa pensée, que « le prince est ministre de Dieu pour le bien : Dei enim rninister est tibi in bonum » ( Rom. , xm, 4).
C'est là, il est évident, une conception éminemment chrétienne, la seule vraie d'ailleurs, de l'autorité : le souverain est chargé par Dieu de procurer le bien de ses sujets, et le prince qui veut en toute perfection accomplir son devoir est obligé de se dévouer au bien commun.
Dès lors il y a obligation, pour les sujets, de reconnaître l'oeuvre du prince, en lui témoignant leur gratitude. Au respect qui honore l'autorité en elle-même, ils doivent joindre l'amour et la reconnaissance pour les biens qui dérivent pour eux de l'exercice de cette autorité.
« Ministre de Dieu pour le bien », c'est le titre par lequel l'Église honore les princes de ce monde. Mais cette appellation, ô Jésus, combien vous la réalisez mieux que n'importe quel souverain de la terre! Et si nous devons aux puissances terrestres de la gratitude à cause des bienfaits dont ils sont pour nous l'instrument, quelle ne doit pas être notre reconnaissance pour vous, ô Jésus notre Roi !
Vous avez été et vous êtes toujours, sans discontinuer, dans toute la plénitude du mot, le ministre de Dieu pour nous en vue du bien : il n'est pas de grâce, il n'est pas de secours, pas de faveur que Dieu nous accorde et dont vous ne soyez l'intermédiaire. Saint Paul l'a bien dit : le Seigneur a voulu placer en vous, réunir en vous toutes choses : instaurare omnia in Christo (Ephes., i, Io). Et c'est pourquoi les esprits célestes peu vent proclamer qu'en vous nous avons été faits enfants de Dieu, enfants du royaume céleste : « Fecisti nos Deo nostro regnum : Vous nous avez faits rois » ( Apoc., y, Io).
De même que dans l'ordre temporel la bonne et sage administration du monarque sanctionne pour son royaume une ère de paix, de prospérité, de bonheur, de même, ô Jésus, sous votre divine et providentielle administration, nos âmes jouissent de la paix, dé la prospérité, du bonheur.
Les peuples savent manifester à ceux qui les régissent la reconnaissance qui leur est due pour les bienfaits dont ils leur sont redevables : ils les acclament, leur élèvent des statues, consacrent des monuments à leur mémoire...
Est-ce que nous n'en ferons pas autant pour vous, ô Jésus-Roi, à qui nous devons tout ? Ce ne sont certes point les occasions qui nous manquent de vous exprimer notre gratitude.
Dans son Encyclique où il célèbre les gloires de votre Royauté, ô Jésus, le Souverain Pontife nous signale tout particulièrement ces grandes solennités eucharistiques qui vont se répandant de plus en plus dans le monde : elles vous rendent gloire, ô Seigneur, et elles vous redisent notre amour et notre reconnaissance...
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Les hommages du respect, les expressions de la reconnaissance ne sont pas les seuls devoirs d'un sujet à l'égard de son souverain. Il en est un autre, dont l'importance est capitale, et que l'on nomme la fidélité, à laquelle se rattache d'ailleurs l'obligation de l'obéissance.
La fidélité que l'on doit au prince, fait qu'il n'est pas permis de se révolter contre son autorité, de secouer son joug. Nos sociétés modernes nous ont trop habitués à ces « révolutions », à ces changements de gouvernement, qui, en une journée parfois, modifient d'une manière si profonde la marche des choses dans un pays. Une royauté terrestre peut se trouver exposée à ces revirements subits ; il est même des circonstances où cette mutation peut être légitime. Mais votre royauté, ô Jésus, est en dehors de ces mouvements : elle est établie sur des bases trop solides et trop profondes pour qu'on puisse jamais en secouer légitimement le joug.
Quelle distance pourtant du droit à la réalité! En fait les individus comme les sociétés ont presque unanimement secoué votre loi et rejeté votre autorité royale : le monde, depuis plusieurs siècles, a opéré contre vous iule grande révolution. Le mouvement insurrectionnaire a gagné de proche en proche : après avoir déclaré la liberté de conscience, qui est la guerre à votre autorité doctrinale, on en est venu à la liberté totale de l'homme et à son émancipation complète.
Pour un grand nombre de nos sociétés civiles, vous êtes, ô Jésus, un roi détrôné, un roi en exil.
C'est là une injustice, pour laquelle je vous offre mes réparations. Je vous demande pardon pour ces nations qui, après avoir reçu de vous tant de bienfaits, ne veulent plus vous reconnaître et vous bannissent.
A la fidélité, qui est la base des relations des sujets avec le prince, il faut joindre l'obéissance. Le législateur commande et l'on doit obéir « non seulement par crainte du châtiment, mais aussi par motif de conscience : non solum propter iram, sed etiam propter conscientiam » ( Rom. , XIII, 5). Les gouvernements terrestres savent obtenir cette soumission, car ils ont des sanctions temporelles et sensibles pour les récalcitrants.
Mais vous, ô Christ-Roi, parce que les peines dont vous menacez les contempteurs de vos lois sont uniquement spirituelles, vous êtes méprisé, tenu pour rien.
Vous commandez, et l'on ne tient pas compte de vos ordres; vous défendez, et l'on passe par dessus vos défenses. Mais je sais que vous aurez votre heure : elle sera terrible pour les pécheurs qui auront volontairement transgressé vos commandements.
Ah! qu'en ce « jour de colère », comme l'appelle l'église, je ne sois pas trouvé coupable d'infraction à vos lois... Pardonnez-moi, ô Jésus, les désobéissances commises jusqu'à ce jour, et que désormais je sois entièrement et généreusement fidèle à tout ce que vous commandez.
Est-ce que je ne vis pas continuellement en votre présence ? Quoi! désobéir au souverain sous ses propres yeux : est- ce possible ? Lorsque je serai tenté d'en prendre à mon aise avec vos préceptes, je me rapellerai, ô Jésus, que vous êtes Roi et que vous avez la puissance...
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L'une des obligations qui lient les sujets envers leur souverain légitime est celle de lui payer les impôts qu'il exige légitimement, en vue du bien commun : impôts d'argent la plupart du temps, mais aussi, à l'occasion, impôt du service personnel.
Le tribut que vous exigez de nous, ô Jésus, mon Roi, pour être différent de celui qu'exige le prince terrestre, n'en est pas moins obligatoire.
Si je veux en effet accomplir dans son intégrité mon devoir de citoyen de votre royaume, il faut que je contribue pour ma part aux intérêts généraux.
Comment cela, ô divin Roi ? Comment ferai-je quelque chose pour vous ?
Ce que je te demande, mon enfant, c'est de t'intéresser, selon ton pouvoir, à l'Action catholique que mon Vicaire ici- bas, répondant à mes désirs, recommande avec tant d'instkiice. Elle n'a d'autre but que de répandre mon royaume et ainsi elle procure à la société humaine le plus grand de tous les biens. Elle s'étend à tout, informe tout de son esprit, dirige tout vers cette fin : faire régner Dieu sur les esprits, sur les coeurs et les volontés, sur les individus et les sociétés.
L'Action catholique que vous voulez de nous, ô Jésus, est donc en fait la réalisation de cette prière que vous nous avez enseignée : « Que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite. »
En répétant si souvent chaque jour ces invocations divines, je me souviendrai de leur portée, ô Jésus ; je prierai sincèrement pour l'établissement du règne de Dieu sur la terre, pour que votre royauté, ô Jésus, soit reconnue par tous les hommes.
Puis je m'appliquerai de tout mon pouvoir à cette Action catholique, au moins par la prière, afin de contribuer, selon mes forces, à vous faire régner et à réaliser ainsi le programme que le Souverain Pontife a indiqué au monde : Pax Christi in regno Christi.
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S'enrôler, si on n'en fait pas déjà partie, dans l'Action catholique, et être fidèle à accomplir ce que l'on a promis. |
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À vous, ô Jésus, honneur et gloire, amour et fidélité. |
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