DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

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Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
méditations eucharistiques pour l'adoration

Titre de la page:

Le Royaume de Jésus Christ
sur la terre : L'Église


Nom de l'auteur:
Mgr-Victor-Lault

 
Le royaume de Jésus-Christ sur la terre de l'Église


I
Adoration

Vous êtes Roi, ô Jésus, et aucune souveraineté de ce monde n'a jamais été établie sur des titres aussi puissants que la vôtre... Les prérogatives essentielles de votre royauté ne peuvent être non plus comparées, en excellence et en étendue, aux pouvoirs terrestres les plus vastes... Je reconnais et je confesse donc que vous êtes pleinement Roi et que vous avez tous les droits d'exercer votre souveraineté sur nous...

Mais il est certain que ces droits, vous n 'entendez pas en user personnellement par vous-même; vous les avez remis à votre Église, qui est votre royaume ici-bas... C'est par elle, et par elle seule, que vous régnez sur les peuples et que vous nous gouvernez.

Sans doute, ô Jésus, vous êtes présent dans l'Hostie sainte et vous y exercez une influence considérable sur les âmes : vous les conduisez à la vie éternelle; mais votre action eucharistique demeure cachée dans le sanctuaire intime de la conscience : par l'Eucharistie, comme par tous nos autres sacrements, ce sont les âmes que vous vivifiez intérieurement de la vie de votre grâce et que vous sanctifiez. Quant au gouvernement extérieur de votre royaume, vous l'avez remis à votre Église : c'est à elle qu'incombe le soin de transmettre aux hommes vos ordres souverains...

Je crois, ô Jésus, à cette Église... Je reconnais en elle la dépositaire et l'organe de votre pouvoir royal...

Le respect et l'amour que j'ai pour vous, je dois donc les reporter sur votre Église... ; l'attachement de mon coeur, l'adhésion de mon esprit, l'énergie de ma volonté, tous ces nobles sentiments que fait naître en mon âme la considération des droits de votre royauté, je les dois à l'Église.

Et c'est avec empressement, avec joie, avec une vraie dévotion que je m'acquitte de ce devoir.

« Celui qui vous écoute, m'écoute moi-même », avez-vous dit aux Apôtres choisis par vous comme les fondements de votre Église; « et quiconque vous rejette, me rejette » (Luc, x, 6):

Non, je ne veux pas m'exposer à tomber dans ce malheur; je ne me séparerai pas, je ne m'éloignerai pas de vous, ô Jésus, mon Roi; et dès lors tout ce qui est de l'Église, tout ce qui vient de l'Église, je l'accepte et le révère comme venant de vous-même. L'Église parle : c'est vous qui parlez...; elle commande : c'est vous qui commandez...; elle défend, c'est vous qui défendez...

Et dans cette Église qui est votre royaume, ô Jésus, je sais que Celui qui en est le chef, le Souverain Pontife, vous représente d'une manière toute spéciale...

C'est à lui que vous avez confié la mission de régir souverainement votre royaume. Je le crois, ô Seigneur, et, prosterné en cet instant à vos pieds, je m'agenouille respectueusement, avec un grand esprit de foi, ainsi que le font à Rome les chrétiens admis en sa présence, devant le Pape qui a reçu de vous tous vos pouvoirs.

Quant aux caractères de votre royauté : royauté vraie et parfaite, royauté universelle et sociale, bien que royauté d'ordre tout spirituel, je les reconnais aussi dans votre Église...

Son pouvoir, comme le vôtre, est plein et parfait : elle ne le tient de personne autre que de vous, et elle a le droit de l'exercer sans le contrôle de qui que ce soit...

Ce pouvoir, il est également universel comme le vôtre : il ne connaît d'autres limites que les confins de la terre... Votre Église a, comme vous, le droit de gouverner, pour les faire parvenir à leur fin spi­rituelle, tous les hommes ; son autorité s'exerce même, d'après la mission officielle que vous lui avez donnée, sur les sociétés.

Elle laisse, sans aucun doute, aux puissances de ce monde, le soin de diriger les affaires temporelles de l'État comme elles l'entendent; mais un gouvernement sage et prudent des intérêts terrestres ne peut faire abstraction des biens spirituels qui doivent primer toutes choses. L'Église n'a d'autre vue que d'instruire et de gouverner les âmes de manière à les conduire à la vie éternelle. C'est pour avoir oublié ce principe fondamental que ses ennemis l'ont accusée; mais leurs attaques ne peuvent rien changer à l'ordre établi par vous...

Je veux, ô Jésus mon Roi, en sujet docile de votre royaume, me laisser conduire par votre Église au Royaume céleste...


II
Action de grâce


La mission royale de l'Église, la mission que lui a confiée son divin Chef, c'est donc de conduire les hommes à la vie éternelle et bienheureuse...

Si gouverner c'est mener à un but et concentrer vers lui tous les efforts et toutes les bonnes volontés des sujets, qu'elle est belle, noble et grande la raison du gouvernement de l'Église !...

Je vous remercie, ô divin Sauveur Jésus, d'avoir institué cette Église pour diriger tous les hommes qui viendront sur terre jusqu'à la fin des siècles, dans la voie du salut.

Oui, je le comprends, ô Roi d'amour, c'est pour mon bien que vous avez fait cette merveilleuse création : le royaume que vous étiez venu établir sur la terre, pour atteindre son but, devait être visible, et c'est pourquoi vous avez fondé l'Église... En étant le fils respectueux et docile de cette sainte Église, je suis clone sûr d'être un fidèle sujet de votre royaume...

Vous êtes Roi, ô Jésus, et vous avez tous les pouvoirs qui conviennent à un souverain; ces pouvoirs, vous les avez confiés à votre Église, qui les exerce en votre nom et par conséquent d'une manière infaillible...

En entrant, en demeurant fidèlement dans ce royaume, nous sommes ainsi pleinement assurés d'être dans la bonne voie, de parvenir un jour au bonheur céleste...

Cette Église nous fait savoir, et nous sommes sûrs qu'elle ne se trompe pas, ce que nous devons croire pour être dans la vérité, ce que nous devons faire pour vous être agréables : elle nous transmet vos lois, elle nous présente la charte de votre royaume... En l'écoutant comme nous vous écouterions vous-même, en lui obéissant comme à vous, nous sommes assurés de ne pas faire fausse route.

Nous sommes ainsi bien plus fortunés que tant d'autres qui cherchent le royaume de Dieu, sans pouvoir le trouver...

Je dois apprécier cette faveur; j 'en comprends, ô Jésus, tout le prix, et je vous en offre mes actions de grâces...

Dans l'Église, qui est votre royaumeici-bas, vous avez, ô Jésus, déposé toutes les richesses de ce royaume. L'Église possède les trésors que vous possédez, ô divin Roi, par droit de naissance, et ceux que vous avez acquis au prix de vos souffrances et de votre sang...

Dans ce trésor, le bien le plus précieux est sans aucun doute vous-même qui, par le moyen de l'Église, vous donnez réellement à chacun de nous;... puis il y a tous les moyens de grâce, tels que les sacrements confiés par vous à l'Église... De même que ceux qui habitent dans un royaume terrestre jouissent de tous les avantages de ce royaume, de même nous qui sommes dans l'Église nous participons à tous les biens du royaume de Jésus-Christ...

Ces biens ont une valeur inappréciable... O mon Dieu, je vous remercie de la part que vous m'y avez donnée...


III
Réparation


La foi m'enseigne, ô Jésus, que votre royaume, ici-bas, ne se trouve nulle part ailleurs que dans l'Église; que c'est par elle que vous voulez exercer les droits de votre royauté.

Elle est donc quelque chose de bien grand cette Église, à laquelle vous avez ainsi remis l'exercice de votre pouvoir royal... Sa puissance vient de vous-même et non des hommes ; lorsqu'elle exerce son autorité, c'est vous qui parlez...

S'attaquer à l'Église, c',est donc, qu'on le veuille ou non, s'attaquer à vous-même, ô Roi des rois; s'opposer à ses volontés, enfreindre ses prescriptions, c'est battre en brèche votre propre volonté elle-même.

Ainsi les offenses que des hommes impies ne cessent de prodiguer à l'Église, c'est vous en définitive qu'elles atteignent... Ils nient la mission que vous lui avez donnée ; et par là même ils refusent pratiquement de reconnaître les droits de votre royauté...

Je vous demande pardon, ô Jésus, pour ces offenses; je vous fais réparation pour les attaques les violentes persécutions dont est victime votre Église : jamais elle ne connaît la paix et la tranquillité, mais toujours, sur un point ou l'autre de l'univers, elle se trouve en butte à la fureur de ses ennemis.

Royaume de Jésus-Christ ici-bas, l'Église a, comme lui, le droit et la mission d'étendre son autorité sur tous les hommes et sur tous les peuples...

C'est ce que beaucoup ne veulent pas reconnaître : ils parlent saris cesse des empiètements de l'Église, ils veulent restreindre son autorité, son influence au domaine purement intérieur de la conscience... Non, ô Jésus, votre Église a, comme vous, un pouvoir plein et parfait, universel et social : elle a le droit, comme vous, de commander aux peuples aussi bien qu'aux individus.

Mais ce n'est pas seulement de ses ennemis que l'Église, royaume du Christ, a à souffrir; c'est aussi, trop souvent, de ses enfants eux-mêmes...

A qui est revêtu de la puissance royale est dû l'honneur et le respect, la soumission et l'obéissance, la fidélité et l'amour... Ces hommages, votre Église, ô Jésus, a droit de les recevoir de tous ses enfants, qui sont aussi ses sujets.

Mais il en est qui les lui refusent, et qui, au lieu de lui donner ces témoignages de vénération, affligent son coeur et le vôtre par leur désobéissance ou même leur rébellion...

Ah! certes, ô Jésus, ce n'est point moi qui voudrais me rendre coupable de ce crime de lèse-majesté à votre égard... Je tiens, au contraire, à vous offrir mes réparations pour ces coupables : daignez leur faire miséricorde.

C'est vous, ô Jésus, qui avez les clefs de la céleste Jérusalem : vous en ouvrez les portes et personne rie les fermera; si vous les fermez, aucune puissance ne pourra les ouvrir. Mais ces clefs, vous les avez confiées à votre Vicaire ici-bas : qui­conque ne marche pas avec lui, sous sa houlette, ne pourra trouver la porte du ciel. Pardon, ô Jésus, pour ces malheureux égarés, aveugles volontaires et assez présomptueux pour se constituer les guides de leurs frères qu'ils conduisent au malheur sans fin.


IV
Prière


Pour obtenir l'établissement universel du règne de Jésus-Christ, il faut, de toute évidence, faire en sorte que l'Église exerce sur tous les hommes et sur tous les peuples l'autorité souveraine dont le Christ- Roi l'a investie...

Je vous prie donc, ô mon Dieu, pour l'expansion de l'Église : que ses apôtres, ses missionnaires en portent la connaissance jusqu'aux extrémités de la terre... que toutes les nations viennent à elle et se mettent docilement sous son autorité...

Je vous prie aussi, ô Seigneur Jésus, pour l'affermissement de l'autorité de votre Église dans le monde : que tous ses enfants reconnaissent fidèlement et sincèrement, en pratique, sa mission qui est de régir et de gouverner en votre nom le royaume que vous vous êtes conquis...

Je veux, ô Jésus, traduire en acte cette parole que je répète si souvent dans chacune de mes journées :

Que vais-je faire pour cela ?... Inspirez- moi, ô Christ-Roi, aidez-moi à choisir et à sanctionner une généreuse résolution, proportionnée à mes forces, pour travailler à faire connaître, aimer, servir l'Église à laquelle vous avez remis vos pouvoirs royaux, souverains...

Je vous promets au moins de me conduire toujours, à son égard, conformément à cette croyance ; de ne jamais la considérer que comme la mandataire de votre pouvoir royal...

Vous êtes Roi, ô Jésus, et votre royaume n'aura pas de fin : Et regni ejus non exit finis... Après avoir régné ici-bas parmi les hommes qui trop souvent méconnaissent votre pouvoir royal, vous régnerez

C'est pour nous conduire à ce royaume bienheureux que vous avez créé votre Église : puissé-je être docile à ses directions pour arriver à un tel bonheur... Puisse-je profiter des richesses que vous lui avez remises, pour acquérir le trésor inappréciable de la félicité éternelle...


V
Pratique


A chaque Messe que l'on entend, s'unir d'une manière spéciale aux prières que le célébrant fait au début du Canon pour le Pape et pour l'Église entière.

VI
Aspiration


Daignez, ô Jésus, donner la paix à votre Église sainte, gardez-la et gouvernez-la : pacificare, custodire et regere digneris toto orbe terrarum (Canon de la Messe ).
 
 
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