DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

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Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
méditations eucharistiques pour l'adoration

Titre de la page:


Nom de l'auteur:
Mgr-Victor-Lault


Le don des hommes à Dieu

I

Adoration

En même temps qu'il est le don de Dieu aux hommes, Jésus-Christ est le don des hommes à Dieu, c'est-à-dire le don le plus parfait que les hommes puissent offrir à Dieu pour reconnaître son infinie Majesté et ses prérogatives souveraines.

Dieu a droit à l'hommage de tout notre être; car, dit-il par l'auteur inspiré : « Toutes choses sont à moi. » Ce que nous avons, ce que nous sommes, nous devons donc l'offrir au Seigneur de qui tout procède et à qui tout doit revenir. C'est ce que faisait Adam innocent dans le paradis terrestre, et c'est ce que nous ferons un jour au ciel.

Mais ici-bas, notre être, nous l'avons souillé par le péché, et il n'est plus digne de Dieu, sinon comme victime de sa jutice irritée...

Jésus, Dieu lui-même fait homme, se présente donc à son Père pour reconnaître en notre nom ses droits et lui rendre les hommages que nous sommes incapables de lui offrir par nous-mêmes.

Unissons-nous à lui. Avec lui, adorons la Majesté infinie de Dieu, et, pour suppléer à l'insuffisance de nos devoirs, offrons-le, Lui, le souverain Médiateur. Il est, par excellence, le don toujours agréable que Dieu ne peut recevoir qu'avec la plus parfaite complaisance. Par lui, nous rendons au Très-Haut le plus grand hommage que nous puissions lui donner...

Étudions, pour nous y unir, les adorations que Jésus offre à Dieu dans les différents états de sa vie.

Unissons-nous à son adoration d'humilité dans la crèche de Bethléem... à son adoration d'obéissance à Nazareth... à son adoration de labeur et de travail pendant ses courses apostoliques... à son adoration de souffrance durant la douloureuse Passion... à son adoration de joie et de triomphe dans les gloires de la Résurrection.. .

Si l'adoration se manifeste surtout par le don de soi-même, c'est principalement dans l'Eucharistie que vous êtes, ô Jésus, le don des hommes à Dieu.

Dans votre Sacrement en effet, ô divin Sauveur, vous vous donnez à nous sans réserve, vous vous constituez notre bien propre. Nous pouvons donc désormais offrir à Dieu, en signe d'hommage, quelque chose qui soit digne de sa majesté infinie, son propre Fils.

C'est une offrande qui fut souverainement agréable au Seigneur que celle de la victime du Calvaire, car Jésus y donna, y livra à Dieu cette vie humaine qu'il avait prise pour pouvoir souffrir et nous racheter.

Cette offrande, il la renouvelle en toute vérité chaque fois qu'un prêtre offre le saint sacrifice de la Messe. Ce sacrifice constitue par là le don le plus parfait qui puisse être présenté à Dieu.

Que le prêtre célèbre, entouré d'une grande foule de peuple, sur un autel splendidement orné et illuminé, ou qu'il célèbre sur un autel de mission, au mi­lieu du désert, seul ou presque seul, c'est la même merveille qui se répète, c'est toujours Jésus se donnant, s'offrant à Dieu en notre nom : dans l'un comme dans l'autre cas, le prêtre, en faisant les signes de croix sur les oblats, prononce les paroles de la liturgie : « Nous offrons, Seigneur, à votre incomparable majesté, de vos dons et de vos présents, l'Hostie pure, l'Hostie sainte, l'Hostie immaculée, le Pain sacré de la vie éternelle et le Calice du salut perpétuel » (Première oraison du Canon après la Consécration ).

O mon Dieu, je vous adore par votre Fils, je vous offre ses abaissements, sa louange. Avec un don si précieux dans les mains, je ne crains pas de paraître devant vous malgré mon néant.

Je m'unis à ses abaissements inouïs devant votre Souveraineté. C'est avec lui, par lui, en lui, que tout honneur et toute gloire vous sont rendus. Je veux que tous mes hommages, toutes mes adorations soient unies à ses hommages, à ses adorations, que tout mon être vous soit par lui une adoration vivante et perpétuelle...


II
Action de grâce


Les bienfaits que l'homme reçoit ( la bonté divine sont nombreux et d'un grand prix. Le plus précieux de tous est évidemment celui par lequel Dieu se donne lui-même, la sainte Eucharistie dont la valeur est infinie, divine.

Comment le remercierons-nous de ce don ? En lui offrant ce don même, en lui offrant son divin Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ qui s'est donné à nous : « Tout ce que vous faites, faites-le au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, rendant grâces à Dieu et au Père par lui » (Col., III, 17). Ce don, en effet, renferme toutes les richesses du ciel et de la terre, qui sont devenues nôtres et que dès lors nous pouvons offrir à Dieu en témoignage de notre reconnaissance : l'Humanité sacrée de Jésus, les mérites de sa vie, de sa passion, de sa mort, sa Divinité avec tous ses trésors, la gloire céleste ; Jésus nous communique tout cela au Très Saint Sacrement, et nous pouvons nous servir de ces biens pour en faire des actions de grâces, des actes d'amour...

Ma reconnaissance, ô mon Dieu, est bien faible par elle-même ; je me fatigue vite de vous remercier, car je ne sais pas tout ce que je vous dois, je ne sais pas voir vos bienfaits ; je sens pourtant que si je les connaissais bien, je ne devrais pas mettre de bornes à mon dévouement pour vous. Mais, dans le don que vous m'avez mis entre les mains, j'ai un excellent moyen de vous remercier : je vous offre Jésus, le Don de Dieu aux hommes.

Ce Don est si beau, si agréable à la Majesté divine, que Dieu, satisfait d'une telle offrande, ouvre toutes grandes, sur nous, les sources de sa miséricorde : que de grâces nouvelles nous pouvons appeler sur notre âme par la vertu de ce don que nous faisons à Dieu de notre divin Sauveur, par l'offrande que nous en renouvelons chaque jour dans le saint sacrifice offert ou entendu !

Semblable à un roi miséricordieux qui met ses trésors à la disposition de ses sujets indigents, pour qu'en les lui offrant ils aient de quoi lui manifester leur gratitude, vous êtes tout à la fois, ô Jésus, l'insigne présent qui nous est donné, et le prix par lequel nous pouvons témoigner au Seigneur notre reconnaissance.

Merci, ô Dieu très bon ; merci, ô Jésus si miséricordieux...

Enfin, ce don que nous présentons de Jésus lui-même à Dieu le Père n'est pas seulement fait pour attirer sur nous des grâces nouvelles, il sert encore à acquitter les dettes que nous avons contractées envers la Justice divine par tous les péchés de notre vie passée. Nous pouvons, par lui, apaiser la colère de Dieu, et Dieu en retour inspire à notre âme les sentiments de contrition et de ferme propos qui la font passer de l'état de péché à la vie de la grâce.

Je vous remercie, ô Jésus, de vous être mis ainsi tout entier à notre disposition, à notre service : vous êtes à nous et nous vous donnons à Dieu comme le prix de notre rédemption... Et cela, combien de fois !...

Quelle joie pour l'âme pécheresse, pauvre et faible, de savoir qu'elle a à sa disposition le moyen de se relever, de payer ses dettes, en donnant Jésus lui-même à Dieu...


III
Réparation


Sans ce don que nous offrons à Dieu, que serions-nous en ce qui concerne les devoirs de la religion ? Nous ne sommes par nous-mêmes que ténèbres, ignorance, péché en face de Dieu; nos hommages ne sont rien, car ils ne viennent que d'une créature pécheresse et le Créateur est si haut !...

Humilions-nous dans notre bassesse, reconnaissons notre indigence, et demandons pardon pour les fautes que nous avons commises...

Mais par Jésus qui se donne à nous pour que nous l'offrions à Dieu, nous pouvons rendre au Tout-Puissant des hommages dignes de lui.

Cette offrande pourtant de Jésus à Dieu, pourquoi ne la faisons-nous pas plus souvent ? Jésus renouvelle chaque jour sur l'autel son sacrifice, et qu'ils sont peu nombreux les chrétiens qui s'unissent à lui : de là pour un grand nombre une diminution, une privation considérable de grâces, de secours, de miséricorde...

Pardon, ô Jésus, pour cette négligence.

Vous êtes à moi : je prends la résolution de vous offrir souvent à Dieu pour mes besoins, pour la rémission de mes péchés, pour la satisfaction des iniquités du monde.

Si vous êtes, ô Jésus, le don que les hommes peuvent et doivent offrir à Dieu, en hommage de tous les devoirs qui leur incombent vis-à-vis de leur Créateur, n'y a-t-il pas obligation pour eux de se conformer à vos sentiments dans cette offrande ? Car le présent que nous offrons à quelqu'un est destiné à traduire d'une manière sensible les sentiments intimes de notre coeur. Lorsqu'il y a manque de conformité entre les actes et le coeur, on dit que le don n'est pas sincère.

Nous devons donc chercher à nous rendre autant que possible semblables à Jésus : que nos pensées soient à l'unisson de ses pensées, aimons ce qu'il aime : la vertu; haïssons ce qu'il hait : le péché...

Est-ce là ce que nous faisons ? Comment cherchons-nous à ressembler à Jé­sus ?

Hélas! quel contraste entre notre âme et le Coeur de Jésus... 0 divin Maître, je veux désormais m'appliquer à faire disparaître cette séparation qui existe entre vous et moi; je vais chercher à m'unir davantage à ce Don que je vous offre, et puissé-je participer à sa perfection...


IV
Prière


Jésus étant le don de valeur infinie, mis par Dieu lui-même entre nos mains, pour que nous le lui offrions, nous pouvons obtenir par sa médiation toutes les grâces dont nous avons besoin : le Seigneur pourrait-il en effet nous refuser quelque chose en retour de l'offrande infinie que nous lui faisons de son Fils ?

C'est pourquoi nous devons prier par lui, et à l'exemple de l'Église, adresser toutes nos requêtes au Tout-Puissant « par Notre-Seigneur Jésus-Christ ».

Le Sauveur intercède sans cesse pour nous ; il fait monter sans interruption vers le trône du Père les élans de son Coeur et il nous obtient secours, grâces, lumières...

Unissons notre prière à la sienne, conformons nos demandes à celles qu'il présente à Dieu, et ainsi nous serons sûrs de les voir exaucées. Prenons, en particulier, la résolution d'offrir souvent à Dieu le don de son divin Fils par le moyen du Saint Sacrifice de la Messe que nous ferons célébrer et auquel nous assisterons.

Oui, ô Jésus, connaissant l'efficacité du don que vous avez mis entre mes mains, je m'en servirai pour obtenir de Dieu tant de grâces dont j'ai besoin; je vous offrirai à Dieu pour les nécessités de l'Église, de mes frères, des âmes ense­velies dans le péché ou assises à l'ombre de la mort.

Faites-moi surtout comprendre ce Don de Dieu qui est vous-même : don que Dieu nous fait d'abord, puis don que nous faisons à Dieu.

Que je m'unisse à ce don, afin de devenir, moi aussi, une offrande vivante aux yeux de Dieu, sainte et agréable à sa souveraine Majesté.


V
Pratique


En assistant au saint sacrifice s'unir à l'offrande que le prêtre fait de la divine Victime.


VI
Aspiration


Tout ce que vous faites, faites-le au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ : Ornne quodcumque facitis... in nomine Dornini Jesu Christi ( Col. , III, 17).

 
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