DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

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DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?

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Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
méditations eucharistiques pour l'adoration

Titre de la page:

Le Corps du Christ

Nom de l'auteur:
Mgr-Victor-Lault

..+

 
Le Corps de Jésus-Christ


I

Adoration

Dans votre royale munificence, ô Jésus, vous nous avez fait un don merveilleux, d'une beauté et d'une richesse ineffable : vous-même, « la splendeur de la gloire du Père et l'image de sa substance : splendor gloriae et figura substantiae ejus » (Hebr., I, 3).

Faites-moi connaître, ô Jésus, sagesse éternelle, le prix de ce don : l'écrin dans lequel il m'est présenté les espèces eucharistiques n'a pas grande valeur en lui-même ; mais ma foi perce cette enveloppe grossière, et elle m'enseigne que l'Eucharistie contient, ô Jésus, votre corps, votre sang, votre âme et votre divinité, c'est-à-dire vous tout entier, Fils de Dieu fait homme pour nous. Votre corps, ô divin Sauveur, est donc là en toute vérité, il est là aussi réellement, aussi parfaitement qu'il était sur la terre, aussi vivant, aussi complet, aussi organisé qu'est notre propre corps... Mystère ineffable : je ne vois qu'une petite hostie, qui tout à l'heure était du pain, et voici maintenant que là est le corps de Jésus I... Je crois, Seigneur, à cette vérité avec toute la sincérité, toute l'ardeur de mon âme, car c'est vous qui l'avez dit : « Ceci est mon Corps. » Oui, ces paroles que le prêtre prononce en votre nom opèrent en un instant le miracle ineffable de la transsubstantiation. Au témoignage de mes sens, rien n'est changé : le pain est toujours du pain ; mais je rejette leur affirmation : votre parole me suffit...

Unissons nos actes de foi et d'adoration à ceux de toute l'Église à travers les vingt siècles de son existence. Combien cette vérité lui est chère, à l'Église : chaque fois qu'une tendance, une lueur de doc­trine contraire a commencé à se faire jour, avec quelle vigilance elle s'y est opposée, et toujours elle s'y opposera... C'est que la possession du corps de Jésus est pour elle le plus précieux de tous les trésors : c'est son privilège, c'est son plus grand honneur.

De quelle tendre sollicitude encore, de quel profond respect, de quel amour vigilant, l'Église, votre épouse, entoure la divine Hostie, votre très saint Corps, ô Jésus; avec quelle vénération elle a reçu et elle garde ce don, le plus grand et le plus précieux qui ait pu être fait aux hommes.

Sachons, nous aussi, apprécier le bienfait que nous accorde le Sauveur en nous donnant son corps dans le Très Saint Sacrement : honorons-le, vénérons-le, adorons-le.

Mais ce corps que Jésus nous donne dans l'Eucharistie, rappelons-nous bien qu'il a été livré pour nous aux supplices et à la mort de la croix. Les outrages auxquels il a été exposé durant sa Passion doivent nous exciter à lui offrir maintenant des hommages proportionnés à ses anciennes humiliations...

Mais quoi, ô Jésus, l'état même dans lequel vous nous présentez votre corps au Sacrement me rappelle votre immolation sanglante du Calvaire... Vous êtes comme un mort : par le symbole des deux espèces consacrées distinctement, votre corps devrait être séparé de votre sang... Je crois fermement à la vérité du sacrifice de l'autel : sacrifice véritable et non figuré, sacrifice du Calvaire renouvelé et perpétué...

Le don appelle le don. Si vous nous livrez ainsi votre corps, ô Jésus, vous voulez que, à notre tour, nous vous fassions hommage de notre corps. En vous mettant sous les voiles du Sacrement, vous vous êtes en quelque sorte dépouillé de votre puissance sur votre corps : le Sacrement est à nous, et nous en faisons, selon notre piété ou selon notre négligence, ce que nous voulons...

C'est quelque chose de semblable que la communion, la participation à votre corps réclame de nous : puisque vous vous livrez à moi, ô Jésus, je dois me livrer à vous. Vous vous êtes fait mon aliment; que ma vie, elle aussi, devienne comme la nourriture de Dieu, que le Sei­gneur dispose de moi pour ses fins, à sa gloire, comme il lui plaira...

Je vous donne, ô Jésus, tous les sens de mon corps pour vous servir par la pratique de la mortification chrétienne, par le support des souffrances que vous jugerez bon de m'envoyer.


II
Action de grâce


Il est juste, il est nécessaire, ô Jésus, de vous remercier pour ce don royal que vous nous avez fait de votre corps dans la sainte Eucharistie.

Vous aviez à votre disposition, ô divin Roi, toutes les richesses du ciel et de la terre, car en votre qualité de vrai Fils de Dieu vous aviez la puissance souveraine sur tout ce qui existe, et vous pouviez même faire surgir du néant des êtres dont l'éclat et la beauté nous eût jetés dans la stupeur. Vous eussiez ainsi fait preuve d'un pouvoir sans limites, mais non d'un amour infini ; car tant que l'amour ne s'est pas donné lui-même, il lui reste quelque chose à faire : vous le saviez, ô Jésus, et vous avez prévenu nos désirs. Votre don, c'est vous...

Il est vrai que, sous les voiles du Sacrement, nos yeux n'aperçoivent pas vos traits; mais nous savons que votre corps est là, les saintes espèces nous le disent...; nous pouvons venir à vous, nous entretenir même avec vous, un peu comme les habitants de la Palestine aux jours de votre vie mortelle.

Grâce au sacrement de votre Corps, ô Jésus, vous n'êtes pas absent; vous n'êtes que voilé; encore, une foi vive peut-elle percer le nuage qui vous dérobe à nos yeux.

Nous sommes plus heureux que les Pa­triarches, les Prophètes et les Justes de l'Ancienne Loi, qui devaient se contenter d'espérer pour leurs descendants la présence du Messie promis... Ce Sauveur attendu, nous le possédons...

Durant votre vie terrestre, ô Jésus, vous guérissiez les malades par l'imposition de vos mains, vous rendiez la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, l'usage de la parole aux muets, vous délivriez les possédés : voilà ce que produisait l'attouchement de votre corps très saint.

Ce sont des grâces semblables que vous voulez nous accorder, ô Jésus, dans l'ordre spirituel, en n'imposant pas seulement les mains sur nos infirmités, mais en venant corporellement en nous par le moyen de la sainte Communion.

Votre corps, ainsi que le répète l'Église sur chaque communiant, votre corps garde notre âme pour la vie éternelle : il la rend docile aux enseignements divins, il l'instruit des vérités spirituelles, il lui ouvre les yeux pour lui faire connaître les choses de Dieu, il guérit ses infirmités; enfin il apaise les flammes impures que le démon ne cesse de susciter en nous pour nous entraîner dans les plaisirs sensuels...

Le Corps de Jésus est donc pour notre âme la nourriture dont elle a besoin, le pain de vie qui lui assurera la possession de la vie éternelle. Certes l'alimentation naturelle est, sous un certain aspect, une action bien ordinaire ; mais à un autre point de vue, elle est une des plus belles manifestations de l'être vivant : celui-ci prend une substance inerte, il se l'assimile et la transforme en lui. Votre corps, divin Sauveur, qui est le pain de notre âme ne subit pas cette loi de l'assimilation matérielle, mais au contraire c'est lui qui nous donne sa vie, nous assimile à lui, à sa beauté, à sa richesse, à sa sainteté, nous transforme en lui... Vous avez pris, ô Jésus, un corps semblable au nôtre dans l'Incarnation, en vous humiliant jusqu'à la forme d'esclave ; mais par la vertu de ce même corps, devenu ainsi le corps d'un Dieu, vous nous prenez et nous élevez jusqu'à vous...


III
Réparation


Le corps de Jésus réellement présent au Saint Sacrement est trop souvent oublié, méconnu, outragé par ceux-là mêmes auxquels il a voulu se donner.

Ne l'oublie-ton point, ne le méprise ton point, lorsque, se trouvant en sa présence, on se tient sans respect, sans dévotion ?...

Faisant visite à un ami, on se reprocherait vivement un acte d'impolitesse ; admis à l'audience d'un souverain de la terre, on tient à être irréprochable dans sa tenue... Là, dans le Tabernacle, sur l'autel, se trouve Jésus, Roi du ciel et de la terre, et l'on ne consent point à se gêner en quoi que ce soit. Ah ! déplorons l'insouciance, la froideur de tant de chrétiens à l'égard du Corps de Jésus dans l'Eucharistie, leurs irrévérences, les nôtres, hélas! en présence du Roi du ciel personnellement présent au Très Saint Sacrement.

N'outrage-t-on pas le corps de Jésus lorsqu'on l'oblige à descendre dans une âme infectée par le péché, dans un corps adonné au vice ? C'est là un crime horrible qui renouvelle la trahison de Judas venant donner à Jésus le baiser infâme. Les persécuteurs infligèrent parfois aux martyrs un supplice dont le souvenir fait horreur : ils les attachaient vivants à un cadavre en décomposition : recevoir le Corps si pur, si vivant de Jésus dans une conscience contaminée par le péché, morte spirituellement, c'est en quelque sorte répéter à l'égard du Sauveur cette infamie.

Pardon, ô Jésus, pour ceux qui, ne discernant pas votre Corps d'une nourriture profane, le reçoivent dans une âme souillée, et se rendent ainsi coupables de profanation envers lui.

Je regrette, ô mon Dieu, les manques d'égard envers votre divin Sacrement, dont je me suis moi-même rendu coupa­ble par ma négligence, ma tiédeur...

Je vous demande pardon aussi pour ces impies qui, aveuglés par une haine mortelle contre votre Église, ont un jour osé nier la réalité de votre corps dans l'Hostie consacrée et se sont livrés contre votre divin Sacrement' à une persécution sans merci...

Combien, refusant de donner au corps de Jésus, présent au Sacrement, les hommages auxquels il a droit, n'ont pas honte de rendre à leur propre corps un véritable culte ? De là cette recherche effrénée des jouissances corporelles ; de là cette soif de tout ce qui peut flatter en nous la partie matérielle...

Ce corps de Jésus, présent au Sacrement, y est toujours dans un état d'immolation : il nous donne l'exemple de la mortification... Et nous, nous cherchons le bonheur, nous repoussons la souffrance...

Je communie souvent, tous les jours peut-être. Chaque fois je participe au corps immolé de Jésus, et je refuserais de me conformer à lui, et je rejetterais loin de moi toute pénitence ? Ceux qui appartiennent à Jésus-Christ, dit saint Paul , ont crucifié leur chair avec ses vices et ses concupiscences : qui autem sunt Christi, carnern suam crucifixerunt curavitiis et coneupiseentiis » (Gal., y, 24) ; à plus forte raison ceux qui sont si souvent incorporés au Christ... Je vous demande pardon, ô Jésus, de toutes mes fautes de sensualité, de toutes celles que m'a fait commettre l'amour de mes aises, la peur de la mortification.


IV
Prière


Prions Dieu de répandre sur nous et sur le monde entier une grâce abondante de foi et d'amour envers le corps de Jésus au Sacrement, afin que ce divin corps y soit mieux connu, davantage aimé, plus parfaitement honoré... Prions spécialement à cette intention pour ceux qui sont préposés à la garde du corps de Jésus dans l'Eucharistie, afin qu'ils le traitent toujours avec foi, révérence et dévouement. Pour moi-même, ô Jésus, je vous demande une foi plus ardente, une foi toujours plus vivante à la vérité de votre Corps au divin Sacrement. Il est, hélas ! bien triste de constater que notre misère nous entraîne chaque jour à commettre de nouveaux péchés.

Comment en obtenir le pardon ?

Le moyen le plus efficace est d'offrir de nouveau chaque jour au Père céleste le corps de son divin Fils immolé au saint autel. Présentons-le donc à Dieu avec confiance et supplions le Seigneur de nous faire miséricorde, de nous pardonner nos fautes, en vue de la victime sainte que nous lui offrons.

La sainte communion nous donne le corps de Jésus. Est-ce que son contact ne devrait pas sanctifier nos membres, et apaiser en eux les concupiscences mauvaises ?

Ce corps de Jésus qui vient en nous est celui-là même en qui Jésus, sur la croix, a crucifié nos péchés. Demandons-lui la grâce de pouvoir, à son exemple et par sa vertu, crucifier en nous l'homme charnel, le corps du péché...

Que votre Corps, ô Jésus, mis en contact avec le mien, purifie et sanctifie tous mes sens. Que vos yeux rendent les miens purs, doux et bienveillants.

Que votre bouche garde la mienne, afin que toutes mes paroles soient, comme les vôtres, des paroles de vérité, de justice et de charité.

Vos mains et vos pieds ont été cloués à la croix, ô divin Sauveur : tenez mes mains inébranlablement fixées à la pratique des bonnes oeuvres, et que mes pieds ne m'éloignent jamais de votre croix bienfaisante...

Vous venez, ô Jésus, semer en nous, par votre Corps maintenant glorieux et ressuscité, le germe de la gloire future. Ah! que ce germe arrive à sa pleine maturité, que votre Corps, nourriture céleste de notre âme ici-bas, nous fortifie et nous aide à avancer avec courage dans la voie du ciel.


V
Pratique


Se préparer à la sainte Communion par quelque mortification corporelle.

VI
Aspiration


Que le corps de Jésus-Christ garde mon âme pour la vie éternelle : Corpus Do­mini Nostri Jesu Christi custodiat anirnam meam in vitam aeternam (Prière de la liturgie).