DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

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Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
méditations eucharistiques pour l'adoration

Titre de la page:

L'âme de Jésus-Christ


Nom de l'auteur:
Mgr-Victor-Lault

 


L'âme de Jésus-Christ

I

Adoration

Votre Église, gardienne infaillible de la vraie foi, nous dit, ô Jésus, que l'Eucharistie c'est vous tout entier, sans partage ni diminution; elle nous dit aussi, divin Sauveur, qu'étant homme véritable et parfait, vous avez une âme humaine semblable à la nôtre. Il y eut un jour des hérétiques qui osèrent nier la réalité de votre âme : croyant sans doute par là vous rendre honneur, ils prétendirent qu'en vous la Divinité remplaçait l'âme.

Non, la Divinité n'a pas remplacé en vous, ô Jésus, l'âme humaine, elle l'a ennoblie, elle l'a sanctifiée, en contractant avec elle, comme avec votre corps, une union personnelle. Votre âme est devenue par là l'âme d'un Dieu, de même que votre corps a été véritablement le corps d'un Dieu.

Ce qui fait l'excellence propre d'un homme, ce qui lui confère aux yeux de ses semblables une dignité supérieure, c'est son âme. Plus l'âme est noble et parfaite, plus grand est l'homme lui-même. Or, qu'elle est sublime la dignité conférée à l'âme de Jésus par le fait de l'union hypostatique!

C'est l'âme du Verbe de Dieu, de la seconde personne de la sainte Trinité. Les Anges que vous avez créés dans votre puissance, ô mon Dieu, sont pleins de beauté; mais l'âme de votre Fils incarné, par son union avec la Divinité , dépasse infiniment en splendeur les esprits célestes les plus privilégiés de vos grâces. Car les Anges, aussi bien que les hommes, ne reçoivent que quelques rayons de la gloire divine; mais votre âme, ô Jésus, en possède la source elle-même.

J'admire les privilèges qui découlent pour votre âme, ô Jésus, de cette union personnelle avec le Verbe de Dieu, avec la Sagesse divine.

Ses facultés, votre intelligence et votre volonté, acquièrent par là une valeur incomparable : la Divinité ne les absorbe pas, elle les élève... Ame de Jésus, si belle, si parfaite, je vous adore, j'admire les trésors de science et de sagesse que vous communique la Personne du Verbe.

Votre âme est sainte. L'union avec le Verbe sanctifie tout en vous; mais combien cette sainteté m'apparaît éclatante dans votre âme! En elle réside la plénitude de la grâce et des vertus divines; bien plus, elle jouit de la grâce béatifique, même pendant les heures douloureuses de la Passion.

Et cette âme, avec toutes les richesses dont elle est comblée, avec ses trésors de sainteté, de science, de sagesse, de bonheur céleste, vous m'en faites don, ô mon divin Roi, dans la sainte Eucharistie. Ah! qu'il est beau, le présent que vous me faites, comme il est digne de votre ma jesté royale, quelles richesses il renferme...

Mais chacun des aspects de votre don, chacun des joyaux, pourrais-je dire, qui l'ornent et en rehaussent le prix, a sa destination spéciale. Quel est donc votre dessein, ô Jésus, lorsque vous nous donnez ainsi votre âme ?

Durant les années quous avez passées ici-bas sur la terre, votre âme, ô Jésus, faisait monter vers Dieu les accents de la louange, de l'adoration, de l'honneur auxquels Dieu a droit... Combien le Seigneur était honoré par ces louanges, par ces prières s'élevant d'une âme si parfaite et si sainte ! C'est pour sanctifier la nôtre que votre âme se donne ainsi à nous : c'est pour lui apprendre à adorer Dieu, à le prier, c'est pour l'aider à connaître et à honorer le Seigneur. Je veux, ô divin Maître, unir mes pauvres sentiments à ceux que vous exprimiez à Dieu : j'offre à Dieu vos adorations, vos louanges pour suppléer aux miennes qui va­lent si peu...

De même qu'en retour du don que Jésus nous fait de son corps, nous devons lui consacrer le nôtre, de même en retour du don de son âme, nous lui donnerons notre âme...

Donner nôtre âme à Jésus, c'est lui en consacrer les facultés pour qu'elles ne ser­vent plus que lui : c'est donc ne vouloir connaître et aimer que Jésus, et Jésus au Saint Sacrement... C'est lui en donner également toute l'activité : donc ne vouloir agir que pour lui, pour son amour et sa gloire, et par lui, sous son inspiration... C'est enfin chercher à rendre notre âme semblable à celle de Jésus par la pra­tique des vertus qui brillent en elle...

Vous vous donnez chaque jour à moi, ô Jésus : n'est-il pas juste que je me donne à vous ? Recevez le don que je vous fais de mon âme en ce moment...


II
Action de grâce


C'est l'âme qui dans l'homme se trouver être le principe responsables de ses actes, de ses pensées, de ses vouloirs, C'est donc à l'âme que doivent être attribués les saintes résolutions, les généreux projets... L'âme de Jésus qui a conçu le dessein de se donner à nous dans le divin Sacrement ne mérite-t-elle pas notre plus vive reconnaissance ?... Je vous remercie, ô bon Sauveur, d'avoir pensé à me faire un tel don, de l'avoir voulu, de l'avoir réalisé, malgré toutes les difficultés qui pouvaient s'y opposer...

Vous saviez, ô Jésus, dans votre science infinie, que nous ne nous montrerions pas dignes d'un si grand bienfait : votre grande âme a passé par-dessus cet obstacle et vous avez réalisé votre don.

L'Écriture Sainte nous montre l'âme de Jonathas, le fils du roi. Saül, comme collée à celle de David, par la sympathie et l'amour : Anima Jonathae congluti­nota est animae David (I Reg., xvm, i). Par le sacrement eucharistique, ce n'est plus l'âme d'un homme, fût-il fils de prince, qui est collée à la nôtre, c'est l'âme du Fils même de Dieu. C'est un honneur pour nous, c'est une grande gloire. Jésus nous donnant ainsi son âme, nous devenons ses amis, les amis de Dieu.

Nous le devenons en réalité et bien sincèrement, de sa part du moins. Il arrive d'ordinaire, dans les relations humaines, que lorsqu'une âme se donne à une autre, la nature même des choses, la position des personnes ou leur condition sociale, mettent des réserves au don. Rien de semblable n'existe avec vous, ô Jésus : vous nous donnez tout, aujourd'hui, demain, tous les jours.

Chaque matin, si je le veux, je puis recevoir une nouvelle effusion de votre âme; je puis me mettre de nouveau en communication avec elle et puiser à pleines mains dans les trésors dont elle est la source en même temps que le canal.

Votre âme, ô Jésus, est pour nous la cause de toute sanctification. Si votre âme a été ornée par Dieu de toutes les grâces, c'est afin de les répandre sur les hommes : vous êtes le Chef, nous sommes les membres; la tête communique à tout le corps la vie qui le soutient, lui donne des forces.

Combien féconde est la grâce qui découle de votre âme, ô notre divin Roi, en nos âmes ! C'est elle qui fait germer en nous les fleurs des plus belles vertus et, hors de son influence, il ne peut y avoir que des efforts purement naturels, impuissants pour arriver au ciel.

Remercions Notre-Seigneur de nous donner, dans la sainte Communion, une part privilégiée de ces grâces : veillons à en profiter, à cultiver les germes de vertus et de sainteté déposés en nous...

Je vous remercie, ô Jésus, des effusions de grâce sanctifiante, de grâces actuelles, des dons du Saint-Esprit que vous versez en nous par la communion : âme infininient sainte, vous venez mettre en nous l'océan, la source de toutes les grâces...

L'âme de Jésus au Saint Sacrement est encore occupée à veiller sur nous : Jésus nous y connaît, nous y enveloppe de ses tendres sollicitudes; il est pour nous le l'ère, le Pasteur, l'Ami de nos âmes.

Quelle joie ce doit être pour nous de savoir que dans la communion nous recevons, non pas le Corps seulement de Jésus et son Sang, mais aussi son Ame, c'est-à-dire le Christ vivant, le Christ capable de nous entendre, de comprendre nos désirs, nos prières, nos sentiments... Nous sommes heureux de pouvoir lui parler; nous pouvons aussi ouvrir l'oreille à ses paroles... Son âme et notre âme peuvent s'entretenir dans la plus douce intimité... Que de fois il nous a encouragés, consolés, fortifiés !..


III
Réparation


Une troisième fonction à laquelle se consacre Jésus au Sacrement, est de présenter au Père céleste un sacrifice de propitiation pour nos péchés... Jésus répare pour nous.

Votre âme sainte, ô divin Sauveur, connaissait ici-bas, pendant votre vie terrestre, les offenses commises par tous les hommes contre la Majesté divine; et durant les nuits que vous passiez alors en prière, sur les montagnes (Luc, vi, 12), vous intercédiez pour nous non seulement en sollicitant des grâces en faveur de vos enfants, mais aussi en offrant à votre Père vos réparations pour leurs péchés.

Cette propitiation acquit, au moment de votre Passion, une intensité nouvelle. Votre âme, à la vue des crimes qui s'insurgeaient de toutes parts contre la Bonté de Dieu, votre âme fut saisie d'une tristesse mortelle.

Si elle pouvait ressentir, aujourd'hui encore, la tristesse, est-ce que votre âme, ô Jésus-Eucharistie, ne serait pas moins accablée ? Il se commet tant de péchés sur la surface de la terre !

Je m'approche de vous, ô Sauveur agonisant au jardin des Olives, afin de consoler la douleur de votre âme par mes promesses, mes désirs de vie sainte, de vie mortifiée et éloignée du péché.

Je viens à vous, ô Jésus-Eucharistie, et je vous offre mes réparations pour les froideurs, les oublis, les irrévérences dont se rendent coupables tant de chrétiens envers vous, si bon, si généreux dans le don que vous nous avez fait de vous-même.

Ce don, c'est votre Corps et votre Sang, mais non point à l'état de mort, comme une chose inanimée, ainsi que sembleraient le dire les espèces sous lesquelles vous les cachez.

Trop souvent, hélas! nous sommes portés à traiter l'Eucharistie comme une chose, fort précieuse sans doute, mais sans vie. C'est pourquoi nos relations avec le divin Roi qui s'y cache sont si froides : celui qui reçoit un ami converse avec lui, l'entretient, lui exprime sa reconnaissance, lui fait connaître ses projets ; et nous, comment nous conduisons-nous envers Jésus-Eucharistie venant en nous par la communion ?

L'union des âmes, qui est parmi les humains la source de tant de péchés, si nous la pratiquions avec Jésus, de quels biens ne serait-elle pas pour nous la cause ?

Quel sujet de tristesse ce doit être pour une âme aussi noble que celle de Jésus, que l'égoïsme, le peu de générosité dont nous faisons preuve si souvent envers lui !... Quel tourment pour une âme si tendre, si noble, si aimante, que notre âme sans amour, sans ardeur...

Je vous demande pardon, ô Jésus, du peu de zèle que j'ai mis à me conformer aux pensées, aux désirs, aux intentions de votre âme.

Que vais-je faire pour mieux correspondre au don que vous me faites de voire âme, pour vivre de votre vie ?

Vous avez reçu, ô divin Sauveur, tou­tes les grâces de sanctification pour les distribuer aux hommes : votre âme a été ornée par Dieu de la plénitude de la grâce sanctifiante afin de nous la communiquer. Mais il y a des hommes qui refusent de venir puiser, comme ils y sont invités, à la source de ces grâces, qui ne veulent pas entrer en communion avec l'âme du Sauveur.

Demandons pardon pour les pécheurs qui rejettent les grâces de Dieu, ou en abusent; pour les indifférents qui les laissent perdre, pour ceux, en particulier, qui ne veulent pas venir à la sainte Table mettre leur âme en contact avec l'âme de Jésus...


IV
Prière


Ame de Jésus, sanctifiez-moi : Anima Christi, sanctifies. Aimons à redire cette touchante invocation, le regard fixé sur la sainte Hostie. Nous l'avons en effet médité : dans cette âme sainte ont été déposés tous les trésors de grâces et de salut; c'est l'âme du Chef auguste de toutes les âmes rachetées, l'âme de celui de qui découle tout bien surnaturel...

Demandons-lui donc avec confiance les grâces dont notre âme a besoin : grâces de lumière, grâces surtout de force pour faire le bien et éviter le péché. Mettez en ô Jésus, une abondante participation aux vertus de votre âme : qu'au contact de cette âme si sainte la mienne conçoive le désir de se sanctifier et se décide à en prendre les moyens : Oui, âme de Jésus-Christ, sanctifiez-moi.

Ame très sainte de Jésus, répandez aussi sur les âmes de tous ceux pour qui je veux ou dois prier, sur toutes les âmes, vos trésors de grâce et de sainteté...

Sanctifiez-les, en les faisant vivre d'une vie intérieure, d'une vie spirituelle aussi abondante qu'il est possible...

Je vous demande cette grâce, en particulier, ô Jésus, pour telle âme... dont je sais que les besoins sont plus pressants : ne permettez pas qu'elle continue à s'égarer dans les chemins de l'erreur, ramenez-la à vous...

Je vous prie également pour que toutes les âmes, qui maintenant marchent dans les voies du salut, continuent à y progresser...

Mais surtout, je vous demande, ô Jésus, le salut de toutes les âmes. Pour les sauver, vous n'avez pas hésité à donner votre âme, votre vie : que ce don ne soit inutile pour aucune d'entre elles...

Et faites qu'à votre exemple, m'inspirant des sentiments qui animent votre âme, je puisse travailler à vous amener les âmes... Je vous promets, à cet effet, d'accomplir telle oeuvre de zèle que je détermine en ce moment à vos pieds, et qui sera le fruit de ma présente méditation.


V
Pratique


Dans nos rapports avec Jésus : prières, communions, adorations, etc., nous habituer à parler avec lui comme avec une personne vivante.


VI
Aspiration

Ame de Jésus, sanctifiez-moi.

 
 
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