DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE
DIT QUELQUE CHOSE?

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Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
L'oraison simplifiée
Titre de la page:


Quelques conseils


Nom de l'auteur:
Père Mathias Croonenborgh. o.f.m.
Traducteur Père Évarististe Coopens, o.f.m.

 

 

3- Première Partie

De la manière de prier

De la manière de faire oraison

Chapitre II

Da la manière de prier que l’on peut suivre en cet exercice.

Afin que les personnes simple, religieuses ou séculières, mariées ou non, comprennent plus clairement commet pratiquer sans grande difficulté ce pieux exercice, il faut d’abord savoir qu’on peut prier de diverses façons : j’en vais indiquer quelques-unes.

L’oraison, qui est proprement une ascension du cœur en Dieu, se divise en oraison vocale et oraison mentale. L’oraison son vocale est celle qu’on fait de bouche ou de vivre voix, quand on exprime en paroles les affections et désirs de son cœur et qu’on les manifeste et désirs de son cœur et qu’un les manifeste extérieurement.

L’oraison mentale est celle qu’on fait de cœur quand on élève son âme vers Dieu et qu’on Lui découvre ses désirs dans son esprit seulement, sans le secours d’aucune parole. Et cette manière de prier suffit, car le Tout-Puissant, qui est dans notre cœur, connaît parfaitement et mieux que nous ne saurions l’exprimer de bouche, toutes nos nécessités, nos inclinations et nos désirs. Cette oraison d’esprit est, pour un grand nombre d’âme pieuse, beaucoup plus facile, plus douce et plus profitable que l’autre ; car, priant ainsi intérieurement, elles restent à l’abri de beaucoup de distractions et demeurent aussi plus recueillies de Dieu. Voilà pourquoi il n’est pas nécessaire en cet exercice que vous fassiez votre oraison de bouche, mais si vous le voulez, excitez seulement vos affections en esprit : «Les vrais adorateur adorent en esprit et en vérité» (1) , dit le Seigneur.

Pour certains, toutefois, il sera au contraire utile de faire aussi des prières vocales. Il en est qui provoquent ainsi, d’après le sens des paroles qu’ils prononcent, des mouvements du cœur, qu’ils serait impuissants à reproduire sans ce moyen ; ils auraient difficile autrement de se ternir attentifs devant Dieu. Mais pour que cette prière vocale soit profitable il faut prononcer les paroles lentement et avec attention, elles doivent sortir du cœur comme distillées, pour tomber goutte à goutte dans le Cœur de Dieu, c’est-à-dire être adressées doucement et dévotement à Dieu le Père, ou à Dieu le Fils ou à Dieu le Saint-Esprit : comme un humble mendiant parle à un riche et libéral Seigneur, ou comme nous soufflons à l’oreille d’un ami une chose que nous vouons lui imprimer dans le cœur.

Ne pensons pas non plus que l’abondance des paroles ou de multiples affections soient nécessaires de ce pieux exercice. «Quand vous priez, dit Notre-Seigneur lui-même, ne cherchez pas a beaucoup parler, comme font les païens ; ils s’imaginent, en effet, qu’ils seront exaucées par la multitude des paroles (2).

Hélas ! combien se trompent su r ce point ! Ils se figurent avoir faire merveille quand ils ont récité beaucoup de prières vocales, comme des perroquets, prononçant des mots qu’ils ont appris sans les comprendre ni savoir ce qu’ils disent. C’est de ceux-là que Notre-Seigneur se plaint quand Il déclare : «Ce peuple m’honore des lèvres; mais son cœur est loin de moi (3)». «J’aimerais mieux, affirme saint Paul, ne dire dans l’Église que cinq paroles avec mon intelligences, que dix mille avec ma langue seulement (4)

Lors donc que vous vous serez mis en la présence de Dieu pour prier, fermez les yeux du corps et, l’esprit ouvert, regardez par la foi, par exemple le Côté ouvert de Jésus. Recommandez-vous à Dieu, ainsi que toutes vos intentions, au nom de cette Plaie très douce, demandant, de cœur seulement ou en même temps aussi débouche, pardon de nos fautes, accroissement de Dieu, d’Espérance et de Charité, pour d’autres grâces, par cette blessure de coeur, par ce précieux Sang ou par ces membres crucifiés, et si vous sentez intérieurement un attrait particulier, ou un goût spécial pour quelque affection, soit de contrition de compassion, d’amour de Dieu ou de parfaite résignation à la Volonté divine, arrêtez-vous librement en cette seule affection ou bonne disposition : et cela aussi longtemps que vous le pourrez (5) . Car c’est là une excellente façon de prier, quand même pendant toute ce temps vous ne direz ou ne penseriez que ces paroles ou d’autres semblables :

«O Père Éternel, par cette sainte Plaie de Votre Fils, ayez pitié de moi» ; où :
«O Jésus, par ce Sang précieux disposez de moi comme il Vous plaira» ; où :
«O Saint- Esprit, je vous en supplie, par cette Plaie de mon Sauveur, donnez-moi votre Amour.»

D’une façon plus précise, voici donc comment vous procéderez :

1- Premièrement,

sitôt à la place où vous voulez prier, mettez-vous par la foi en la présence de Dieu, vous rappelant que Jésus, par sa Divinité, est près de vous et en vous, au point que cette Divinité vous environne et vous pénètre mieux qu’une éponge ne l’est par l’eau au milieu de la mer.

En présence de ce Dieu immense et incompréhensible, humiliez-vous, anéantissez-vous, reconnaissant que vous n’êtes que cendre et poussière et qu’un misérable rien. Détestez tous les péchés par lesquels vous l’avez jamais offensé, et cela uniquement parce que vous avez qu’ils déplaisent souverainement à son infinie Bonté à qui reviennent tout honneur, toute louange, tout service et tout amour. Remettez-vous entièrement entre Ses mains, laissant toute vaine préoccupation, ne souhaitant et ne désirant qu’une chose : qu’en cette oraison, Sa Majesté soit bénie, connue, aimée et servie en vous, avec vous, par vous et par toutes les créatures.

Si vous méditez à l’Église, faite un acte de foi en la présence corporelle de Jésus au Saint-Sacrement de l’autel, vous souvenant qu’IL est là, véritablement présent avec ce même Corps et ce même Sang, avec cette même Puissance et ce même Amour, avec ces mêmes Plaies qui sont maintenant glorieuses, tous brillantes et rayonnantes, et dans lesquelles les bienheureux du Ciel contemplent la grandeur de l’amour dont Il les as aimés au Clavaire et dont Il les aimera éternellement.

2- Deuxièmement,

vous étant de la sorte préparé et mis en la présence de Dieu, considérez simplement, à la lumière de la foi, les saintes Plaies du Sauveur Jésus auprès duquel vous voulez vous reposer, Lui recommander votre cœur et vous unir à Lui, vous rappelant quelque pu autant que vous le pourrez faire aisément ce que la foi vous enseigne. Par exemple, à la vue de ses Plaies, souvenez-vous que Jésus, dans l’effusion de son Sang précieux, ressentit les plus atroces douleurs ; que ce Sang divin fut d’un prix et d’un mérite infinis auprès de Son Père céleste et fut la rançon surabondante de nos âmes ; qu’IL a fait et enduré tout cela par un pur et indicible amour pour votre pauvre âme pécheresse qui n’y avait aucun droit.

Considérez que son cœur transpercé par la lance du soldat.

Pensez aussi que le doux Cœur de Marie, à la vue de Plaies de son Fils bien-aimé, fut percé d’un glaive de douleur.

3- Troisièmement,

après avoir ainsi, par une simple vue de la foi, contemplé Jésus en croix, tenez votre esprit en repos sans penser davantage ou de faire de plus ample considérations ou représentations ; mais, sachant que Jésus est là près de vous et en vous, avec Sa Divinité d’où procèdent tous les trésors et toutes les grâces, efforcez-vous d’émouvoir votre volonté à de saintes affections ; recommandez-vous à Lui, offrez-Lui votre misérable cœur et votre pauvre âme : et au nom de ces saintes Plaies glorieuses et du Sang précieux qui es sortit, demandez à Jésus, à Son Père au Saint –Esprit tout ce que vous désirez pour vous et vos amis vivants ou défunts.

Il est aussi, pour les personnes déjà exercées et dont le cœur est quelque peu purifié, une excellente manière de faire oraison : c’est de prier en silence de se tenir par la seule foi en la présence de Dieu ou dans une douce admiration de l’Amour divin que nous voyons briller et rayonner dans ces Plaies ou dans ce Cœur divin.

Cette manière de prier par la foi en la présence de Dieu est d’une telle valeur que la grande maîtresse d’oraison, sainte Thérèse, n’en recommande aucune aussi vivement ni aussi fréquemment dans ses écrits.

Si, dans cette oraison silencieuse vous tombez en une sorte de vaine oisiveté pour dans la distraction, éveille aussitôt d’un cœur amoureux quelques courtes affections, telles que celles-ci : «O Jésus, je vous en prie par votre sainte Blessure, parlez-moi et éclaire–moi selon Votre bon plaisir.» Parfois aussi faites un acte d’humble abandon ou confessez votre néant, disant de cœur ou de la bouche : O mon Dieu, je ne suis qu’un rien inutile, mais pour l’amour de votre sang très précieux, faites de ce rien ce qu’il Vous plaît !» Ou bien, par intervalles, des paroles amoureuses comme celles-ci ; O Divinité ! O Amour ! Mon Dieu est mon Tout ! O douce et sainte Plaie ! O précieux Sang divin ! O Amour admirable envers moi, pauvre vers de terre !»

Après cela tenez-vous derechef en silence, vous répudiant indigne des grâces et des dons de Dieu. Cependant, demeurez toujours dans cette immuable disposition ; que Sa sainte Volonté s’accomplisse en vous, à Sa plus grande Gloire, dans le temps et dans l’éternité.

Si Dieu vous ait monter plus haut encore ou s’IL vous apprend une manière plus sublime d’unir votre cœur au Cœur de Jésus et de vous abîmer, de vous noyer et de vous perdre entièrement en Lui, suivez librement cet attrait et cette forme l‘oraison que l’Esprit de Dieu vous inspire, surtout quand vous aurez consulté un directeur sage, expérimenté et pieux.


4- Première Partie

Exposé détaillé

De la manière de faire oraison

Chapitre III

Exposé plus détaillé de cette façon de prier.

1- Exercice de la présence de Dieu.

Comme dans pas préparation ou le début de toute méditation, il est toujours requis de se mettre par la foi en la présence de Dieu, il sera, me semble-t-il, profitable et très consolante de dire ici un petit mot de cette pratique, afin de donner plus de lumière aux âmes simples qui, dans l’exercice de la présence de Dieu, éprouvent parfois une grande difficulté, se figurant qu’il faut se fatiguer l’esprit par des images ou des représentations divers de l’Être divin, ou qu’il est nécessaire de toujours produite et avoir en l’esprit, de façon explicite, cette pensée : «Dieu est présent, ici, près de moi», etc. D’où il arrive que certains tiennent leur esprit si tendu et si préoccupé, et le fatiguent si bien qu’elles viennent à oublier ou à ne plus pouvoir faire convenablement le travail des affections ou les autres actions indispensables.

Sachez donc, chère âme, que touts les théologiens enseignent unanimement que l’habitude de se ternir en la présence de Dieu ou de Le regarder souvent par la foi, c’est un des plus puissants moyens d’arriver à la perfection : ce que le Seigneur fit connaître Lui-même à son grand serviteur, Abraham, quand Il lui dit : «Marche devant Moi et sois parfait.»

Par cette pratique, nous ferons en peu de temps, dit Denis de Chartreux, plus de progrès spirituelles que par d’autres en plusieurs années, aussi bien en la purification de nos péchés qu’en l’union avec Dieu. Car, si le soleil dissipe le brouillard, dessèche la boue et réchauffe la pierre froide, que ne produira donc pas le Soleil divin dans une âme qu toujours se tient en marche en Sa présence ? Mais il faut noter que cet exercice de la présence de Dieu ne doit point se faire avec une trop violente application de l’esprit, comme si on voulait contraindre celui-ci à une attention continuelle à cette présence; ce qui fatiguerait aisément le cerveau ou serais un empêchement aux autres actions, comme l’expérience l’a montré chez certains.

Il n’est pas nécessaire non plus de se représenter Dieu en imagination, comme s’Il était présent ou se tenant à nos côtés sous telle ou telle forme ou de telle ou telle manière : notre pauvre intelligence humaine est incapable de comprendre ou de se représenter L’Essence incorporelle de Dieu. L’Humanité du Christ peut être représentée et comprise par un esprit créé, cependant Elle n’est point partout ; mais Dieu en tant que Dieu est Sa présence divine ne peuvent être conçus par une aucune intelligence ou imagination. (1)

Il suffira, en cet exercice, de faire un simple acte de foi, tenant pour certain et croyant fermement que Dieu, qui remplit le ciel et la terre, est entièrement présent ici, partout, en toute chose, dans chaque partie de l’univers et dans toute créature aussi petite soit-elle bien que nous ignorions comment et de quelle manière.

Après cet acte de foi nous n’avons qu’à poursuivre nos autres exercices, par amour pour Dieu et pour Sa gloire. Et s’Il nous arrive dans la suite de ne plus même penser une seule fois à Dieu, à cause de l’encombrement des affaires ou d’autres préoccupations raisonnables, nous marchons néanmoins en Sa présence et nous faisons nos actions en Dieu et pour Dieu, à moins que nous ne formions une intention contraire ou que nous en commettions quelque péché grave, qui priverait nos actions de leurs mérites.

Il est cependant très bon et fort recommandable, spécialement pour les débutants, de renouveler de temps en temps, par des retours actuel souvenir de la présence Dieu. Mais celui doit se faire doucement, sans violence, par un simple regarde la foi, tournant notre esprit vers Dieu par une douce effusion de notre cœur, y ajoutant parfois quelques paroles affectueuses : par exemple : «O Mon Dieu et mon tout. O Amour ! O Bonté ! je viens à Vous, puisse-je Vous aimer toujours !»

Faites-en l’Expérience, sa vous bander l’esprit par une foule d’autres imaginations ou par une trop forte attention, et vous sentirez bientôt en vous-même la suavité et l’utilité de cette pratique.

2- De la méditation et des affections ( 2 ).

Beaucoup d’âmes en quête de vertu s’embarrassent et se tourmentent si bien au sujet de la méditation, qu’elles viennent à n’en avoir qu chagrin aversion et horreur.

Devant ces gros livres qui donnent, au sujet de cet exercice, une multitude d’enseignements et de règles, elles sont comme des enfants devant un épouvantail. Elles se persuadent que l’oraison est une tâche trop lourde t au-dessus de leurs forces, surtout quand elles entendent qu’elle requiert de multiples opération de l’âme, de grandes réflexions, divers discours, raisonnements et considérations, de l’intelligence sur la manière proposé et sur toutes ses circonstances.

En vérité, pourtant, si l’on explique bien ce qu’est l’oraison, on verra que méditer sur quelques mystères de la vie et de la mort du Christ par exemple, et en particulier sur toutes ses saintes Plaies glorieuses, n’est pas aussi ardu que ces bonnes âmes se l’imaginent.

Mais pour le bien comprendre, il faut savoir que la méditation ne consiste qu’en ceci ; rependre une certaine connaissance d’une chose afin d’inciter notre volonté a l’amour ou à la haine de cette chose selon que nous l’en jugeons digne. Ou encore, méditer c’est considérer intérieurement un objet quelconque dans le but d’émouvoir notre volonté et de lui faire produire de saintes affections : ce qui est toujours le point capital que nous devons rechercher dans l’oraison. D’où il suit que nous devons au préalable avoir une connaissance sûre et exacte de l’objet considéré : nous ne pouvons exciter notre volonté à aimer une chose que si nous la connaissons et savons q’elle nous est bonne et profitable.

Mais remarquez bien que nos pouvons connaître un objet de deux manières :

premièrement par une connaissance simple, sans aucune raisonnement ;

à savoir, quand on considère quelque chose au long et au large et qu’on pèse les raisons pour lesquels elle doit être aimée ou haïe, se livrant à une foule de réflexions et de délibérations afin de stimuler la volonté à de plus vifs sentiments d’amour ou de haine. Bien que cette façon de connaître soit bonne et qu’on puisse la conseiller, il faut cependant avouer qu’elle est laborieuse et difficile pour des personnes ordinaires qui n’ont pas qu’une intelligence moyenne et un esprit peu actif : Ces âmes-là ne sont guère capable de multiples raisonnements ni de longues considérations sur un sujet donné mais elles aiment ou haïssent une chose selon que , après une simple perception de l’intelligence, elles la jugent bonne ou mauvaise, agréable ou désagréable. Et l’on veut les forcer à tenir leur esprit longtemps attentif à un mystère déterminé afin de l’examiner à fond et de bien réfléchir sur tous ses détails, immédiatement elles ont épuisé le sujet, ou se voient assaillir d’une foule de pensées et d’images complètement étrangères à l’objet de leur méditation. Beaucoup de femmes puises comme elles ont plus de cœur pour aimer beaucoup que de logique pour faire de grands raisonnement se sentent peu stimulées par de longues réflexions. C’est pourquoi, dès que, pour une simple connaissance de la foi, leur volonté aura été une fois émue et sollicitée par la bonté et l’amour de Jésus-Christ et les autres mystères de sa Vie et de sa Passion, elle emploieront mieux et plus facilement leur volonté à produire des actes d’amour et d’autres saintes affections, qu’elles n’exerceraient leur esprit à faire de longs discours sur ces mêmes sujets.

deuxièmement par divers séparations et investigations,

On peut encore connaître une chose d’une autre façon, à savoir comme il a été dit plus haute par une simple perception, sans raisonnements ni discours : telle la connaissance que nous avons ici-bas par la lumière de la foi, qui nous proposer les mystères divis simplement, sans évidence ni raisons. Et bien que ce ne soit pas une connaissance claire et naturelle et qu’on ne puisse l’augmenter par le rançonnement pour ainsi enflammer davantage la volonté, mais seulement une connaissance simple, obscure et surnaturelle, néanmoins elle nous donne plus de certitude telle a plus de force pour émouvoir la volonté que la nature qui est claire et naturelle ; parce qu’elle nous vient de la foi.

Cette connaissance ou une simple réflexion de l’esprit est pour le moins nécessaire en l’oraison, car, comme il a été dit, personne ne peut aimer ce qu’il ne connaît en aucune manière. Mais aussi cette connaissance sans raisonnement, est suffisante pour les personnes simples et pour les femmes pieuses, surtout dans le méditations sur la Vie et la Passion du Christ, sur la volonté et l’amour de Dieu et sur l’autres perfections divines, car, comme l’à très judicieusement remarqué un auteur éminent, «celui qui connaît toutes les vérités de la foi contenues dans les douze articles du «Credo», a tous les connaissances requises pour aimer.» Le Pape saint Léon (3) de même, assure que «si nous voulons comprendre le mystère caché de la Naissance du Christ, nous devons négliger les nuées obscures de raisonnement et des discours et chasser la fumée de la sagesse humaine de devant nos yeux qui sont éclairés par la foi»

Encore que cette connaissance soit obscure et qu’elle ne s’appuie point sur la raison, elle est néanmoins assez efficace pour porter la volonté à l’amour et à l’union divine. Car si, rien qu’à la vue d’une belle créature ou au souvenir d’une choses agréable nous volonté s’enflamme pour elle, se porte à sa poursuivre et désire s’unir à elle à cause du charme et qui s’en dégage et nous attire, pourquoi donc la volonté d’une âme qui cherche Dieu ne serait-elle pas attirée par le charme divine qui se trouve dans les mystères de la Religion et qui se révèle à tout esprit qui les contemple des yeux de la foi et se les rappelle amoureusement ? Et cela se comprend, autant mieux qu’en cette vie mortelle notre volonté a plus de force et de capacité pour aimer Dieu, que notre intelligence n’en pour Le connaître. C’est pourquoi le P. Barthélemy des Martyrs, de l’ordre de saint Dominique, affirme q’il importe très peu, quant on possède, connaît et comprend les vérités de la foi, qu’un sache ou non en bien discourir : «ce dit-il, pour allumer le feu sacré des vives affections dans notre volonté (ce qui est la chose principale à laquelle nous devons tendre dans la méditation), il suffit de connaître simplement les vérités de la foi».

Tous les directeurs un peu expérimentés auront constaté que le cœur de certains théologiens est bien moins enflammé de l’amour divine par les discours sublimes et les très profondes considérations qu’ils font sur Jésus crucifié, que celui des bonnes âmes touts simples qui en Le contemplent qu’en la foi. C’est pourquoi je prie tous les chrétiens qui ont quelque désir de perfection, d’adopter cette manière de médite sur les saintes Plaies et sur le Sacré-Cœur du Christ.

Saint Thomas d’Aquin (4) déclare à ce propos que la science empêche souvent la dévotion et que par conséquent beaucoup de personnes simples et ignorantes, voire de pauvres vieilles femmes, sont souvent plus dévotes et plus enflammées de l’amour de Dieu et acquièrent plus rapidement la perfection que des savants de génie qui pendant la méditation ne font qu’approfondir et creuser des idées, je veux bien que ceux-là sauront parler de Dieu avec plus de pénétration, mais les humbles âmes qui Le considèrent simplement par la foi et qui aussitôt produisent des affections, savent plus facilement et plus intiment s’unir et s’attacher à Lui.

Saint Augustin, cette grande lumière de l’Église, était, longtemps avant saint Thomas, du même avis : «Quoi! S’écrit-t-il, les ignorants se lèvent et ravissent le ciel, et nous, avec nos doctrines sans cœur, nous sommes vautrés dans le chair et le sang !» (5) C’est-à-dire : Les ignorants, avec leur simplicité, vont droit au ciel, tandis que nous, avec toute notre science nous descendons en enfer.

Voyez donc maintenant, ô âme dévote, combien il est facile de méditer par la contemplation des saintes Plaies du Christ. Elle n’exige pas de vous un esprit vaste ni subtil. Point n’est besoin de vous mettre en peine de beaucoup de raisons ni d’habiles spéculations (qui sont plus utiles aux théologiens pour bien prêcher qu’elles ne vous aident à bien prier) : il vous suffit de regarder avec attention le mystère des saintes Plaies, du précieux Sang, de l’Amour du Christ, etc., et de vous remémorer tout cela par le simple connaissance que vous en donne la foi. Et puis, vous n’avez plus qu’à exciter en votre volonté des désirs d’amour et d’union et d’autres bons propos, afin d’obtenir par la l’abondance des grâces célestes. Cela forme toute la substance de la parfaite oraison. Et même et là la moelle de toutes ces multiples règles et méthodes qu’on trouve dans quantités de livres qui traitent de cette matière.

Y a-t-il un homme qui ait l’esprit si lourd ou qui soit à ce point absorbé par ses affaires, qu’il ne puise le matin, malgré ses occupations, se représenter vivement par la foi que Jésus, l'’Homme-Dieu, a eu les Mains et les pieds cloués sur la croix ? qu’Il a répandue, par un indicible amour et dans les plus atroces douleurs. Son précieux Sang d’une valeur et d’une puissance infinies, pour notre salut ? et que Le Cœur aimant de Marie fut en même temps percé d’un glaive de douleurs ? Quel est celui, dites-moi, qui, considérant cela simplement par la foi, sans autre opération de l’esprit, ne puise tout aussitôt provoquer en son âme de saintes affections pour Jésus crucifié ? et qui ne puisse désirer s’unir, dans Ses Plaies, à Son Amour, ou demander par le Sang précieux qui en sortit, le pardon de ses fautes ou quelques autres grâce, comme nous l’indiquerons plus loin dans nos exercices ?

Donc, âme dévote, pour faire votre méditation sur les Plaies du Christ, je ne vous demande qu’un acte de foi qu’un simple berger ou pauvre vieille femme peut produite aussi facilement que le docteur le plus instruit ou le prédicateur le plus illustre de Louvain ou de la Sorbonne : rappelez-vous seulement ce que vous savez par la foi : que Jésus, qui a tété cloué à la Croix, a conservé de cela cinq Plaies sanglantes.

Aussi instruit par la foi, unissez votre volonté à la Sienne, et demandez, par ces Plaies, les grâces que vous désirez obtenir ; faites un ferme propos de vous amender, de servir désormais Dieu plus diligemment, etc

Offrez-lui toutes vos pensées, paroles, actions et souffrances de la journée en les unissant à son Sang précieux, à Ses souffrances ai amères et à Son incommensurable Amour. Vous pourrez aussi, par exemple quand vous serez à court d’idées, répéter quelques demandes du «Pater» en les appliquant à la contemplation des saintes Plaies, ou réciter lentement de Salutation angélique, suppliant notre douce Mère de s’unir à vous pour le et glorifier son divin Fils. Et, comme je l’ai déjà dit précédemment, si à un moment vous ressentez un attrait particulier pour quelques sentiment, soit de contrition, de compassion, d’amour de Dieu, de parfaite résignation à la Volonté divine, etc arrêtez-vous, sans chercher davantage, à ce sentiment-là : et cela aussi longtemps que vos le pourrez. Vous aurez faite de la sorte une excellente oraison. (6)

Vraiment, cette méthode est tellement facile et si bien à la portée de tous, savants ou ignorants, que personne, ce me semble, n’oserait s’en excuser sur prétexte d’incapacité et qu’on n’en pourrait trouver une autre plus aisée ne plus profitable.

Faites-en l’expérience, je vous en supplie, chère âme, de la manière que vous sera proposée plus loin et vous constaterez bientôt quels grands fruits de consolations, de dévotion et de progrès dans la vertu vous en tirerez. L’amour, en votre volonté, surpassera de beaucoup la connaissance de votre esprit ; vos penchants mauvais et votre sensualité diminueront en vous ; vous deviendrez plus forte pour vous vaincre et toute chose, plus peut-être que d’autres qui s’évertuent à faire de grands discours et de profondes considérations, comme l’a noté Tauler dans son sermon sur l’Immaculée Conception.

Mais, pourrait-on m’objecter, une personne dévote qui ne médite jamais que de cette manière toute simple, demeurant ainsi plongée toute la journée dans ses saintes Plaies, sous-estimant et négligera dans la méditation les procédées originaires qui consistent à raisonner et à considérer à fond le sujet avec toutes ses circonstances, et, comme on l’enseigne dans d’autres livres.

Je réponds à cette objection : Qu’importe qu’on abandonne le grand chemin quand on peut par un sentier plus court arriver au but? Pareillement, quand quelqu’un, par un simple regard et par la connaissance de la foi peut enflammer son cœur, aimer Dieu, s’unir à Lui qui doit être l’unique lieu de notre repose quels inconvénient y a-t-il, je le demande, à ce qu’il abandonne le chemin des discours, et lassa la longue route des raisonnements et des autres opérations de l’esprit à ceux qui ne peuvent ou ne veulent aller par ce sentier plus court ?

3- Oraison de simplicité.

Certaines âmes, déjà plus exercées dans la prière mentale, ou attirées spécialement par Dieu, dès qu’elles se trouvent en face de Jésus crucifié, élèvent leur cœur à l’Amour divin et y demeurent toutes tranquilles, se tenant en Sa présence avec le plus grand respecte et avec une amoureuse soumission de tout leur être à Son divin bon plaisir. Elles ne pensent plus à Ses saintes Plaies et ne se préoccupent point davantage d’elles-mêmes, mais elles se tiennent, comme Magdeleine, désireuse de Le glorifier et de l’Honnorer, dans le plus profond abandon d’elles-mêmes à Sa sainte Volonté, attendant qu’Il leur parle, les instruises, leurs dispenses Ses dons et fassent d’elles tout ce qu’il Lui plaît.

Comme un enfant humble et aimant se tient avec respect et affection près de la table de son père dans le but de lui être agréable, n’exige rien, se confie et s’abandonne entièrement à lui afin qu’il lui donne ou lui refuse ce qu’il lui plaît : si le père le laisse là ou finit le repas sans rien lui donner l’enfant est néanmoins content ; il lui suffit d’avoir pu rester près de son père avec le désir sincère et désintéressé de lui plaire et d’obéir à ses désirs ; ainsi ces âmes demeurent devant Dieu dans l’oublie et le mépris d’elles-mêmes, pleines de respect pour leur Créateur, débordantes d’amour, uniquement désireuses de l’honorer et de se soumettre à Sa Volonté.

S’Il ne leur donner rien, elles sont contentes de ne rien recevoir ; unies à Sa Volonté elle sont paisible et tranquilles. Ont-elle des distractions, des mauvaises pensées, du trouble, des imaginations vaines, elles tâchent de ramener doucement leur cœur à Dieu par des désirs et des affections d’amour et de complaisance, méprisant ou dédaignant tout ce qui est hors de Dieu ; elles ne se troublent et ne se tourmente pas trop de ces idées importunes. Qu’il leur survienne n’importe quoi, elles se tiennent attachées à l’Amour infini qui est en elles et qui est Dieu même.

Rien ne peut mieux faire comprendre ce que l’image de la boussole ou de l’aiguille aimantée, qui, d’un façon incompréhensible se tourne toujours vers le Nord de quelque façon qu’on la pousse ou la détourne. Ainsi ces âmes touchées de l’Amour divin se tiennent toujours tournées vers Dieu, restant de la sorte continuellement en Sa présence. Non pas qu’elles doivent sans cesse susciter en leur esprit la pensée de cette présence, disant intérieurement : «Dieu est présent en moi» : ce serait trop difficile. Mais elle ont et cela suffit une attention virtuelle à cette présence, qui consiste en ceci : elles sont intérieurement absorbées en Dieu et désireuse Lui plaire et d’accomplir Sa Volonté n’aspirant qu’à Le connaître et la L’aimer.

Ah ! bienheureuse les âmes qui sont ainsi attirées par Dieu pour L’Adorer véritablement en esprit et en vérité ! Il ne faut plus s’étonner que deux heures d’oraison leur semble souvent trop courtes, qu’elles passent fréquemment, sans peine, la moitié de la nuit en prière, n’exhalant parfois que les seules paroles, ou d’autres semblent : «on Dieu Et Mon Tout ! (7) O Jésus au nom de votre Amour, parlez, Votre serviteur écoute : Je ne suis qu’un néant, que désirez-Vous que fasse ce néant ? O Divinité, jetez un regard sur ce pauvre ver de terre, etc..»

Et qu’on ne s’imagine pas que ces âmes demeurent oisives dans cette quiétude. Au contraire, elles pratiquent intimement les plus éminentes vertus, à savoir : la foi en à la présence de Dieu, sa Sa bonté infinie, en Son Amour, etc. ; l‘espérance, en se confiant uniquement en Dieu afin qu’IL leur donne ce qu’Il sait leur être utile ; la résignation, car elles s’abandonnent entièrement en Ses mains ; l’action de grâces et l’adoration : elles sont ainsi disposés qu’elles désirent habituellement que Dieu soit adoré, aimé et loué en elles. Elles pratiquement la plus grande humilité et l’abaissement le plus profond par la connaissance et l’aveu de leur néant.

Et si vous voulez juger cette oraison par ses fruits, vous constaterez que ces âmes deviennent de plus en plus étrangères au péché, que si elles tombent encore para surprise ou par faiblesse, immédiatement Dieu les attire à Lui et leurs chutes leur sont un gain ; qu’elles ont une compassion plus grand pour les pécheurs, deviennent de tout plus mortifiées et plus patientes et s’inquiètent de moins de moins de tout ce qui n’est pas Dieu.

Sans doute, les âmes qui désirent pratiquer cette oraison doivent remarquer qu’elles en peuvent faire grand cas de la dévotion sensible, et encore moins des visions, illuminations spéciales, etc, cependant, si dans cette quiétude on se sent attiré à produire de saintes affections, il ne faut point les négliger comme certains l’enseignent abusivement sur la foi de quelques livres qu’ils ont mal compris, par exemple : si notre cœur excité à la contrition parfaite de ses fautes ou à quelques acte d’amour ou d’action de grâce, nous pouvons et nous devons les produire autant qu’il en est en notre pouvoir et les entretiens aussi longtemps que notre cœur y est attirer et soutenu : agir autrement serait empêcher les inspirations divines en nous.

Ceux qui condamnent comme illusoire cette façons de faire, montrent vraiment qu’ils ont un esprit dévoyé et obtus, et que c’est eux que vise l’apôtre saint Jude quand il dit : «Ceux-ci blasphèment ce qu’ils ne connaissent pas.» ( 8)

Ces esprits très perspicaces mais qui, par malheur, sont encore fort inexpérimentés en une matière si délicate, devraient s’appliquer à comprendre que les âmes vertueuses savent aimer Dieu et L’adorer sans sentir qu’elles l’aiment. Dites-moi : un grand pécheur ne peut-il pas, avec la grâce de Dieu, produite un acte de contrition parfaite et avoir u amour sincère de Dieu, sans le sentir ? Si oui, donnez-moi alors les raisons pourquoi ces bonnes âmes ne pourraient pas faire un acte d’amour ou aimer Dieu dans le senti ? Même quand elles croient ne rien faire et se tenir dans l’oisiveté, alors encore elles ne cessent pas l’aimer Dieu et d’être unies à Lui, comme le prouve ce désir profond qui est en elles, et qui n’est autre que celui de s’attacher à Dieu, d’accomplir en tout Sa Volonté pour Sa plus grande gloire, tandis que toutes pensée contraire est comme un gloire qui blesse leur cœur. Elles voudraient brûler d’amour pour Dieu, mais le Seigneur les laisse da l’insensibilité voire dans les ténèbres pour les raisons indiquées plus haute, au chapitre V.

Lisez «Saint François de Sales», livre VI du «Traitée de l’Amour de Dieu».


5- Première Partie

Quelques conseils pratiques

De la manière de faire oraison

Chapitre IV

Quelques conseils pratiques qui aideront à faire de grands progrès spirituels par cette façon de prier.Pour recueillir en peu de temps de grands fruits de cette dévotion et y faire de rapides progrès, il faudra , ô âme dévote, vous conformer, autant que votre état le permet, aux enseignements suivants :

Premièrement,

accoutumez-vous, dès que vous vous éveillez le matin, d’élever votre cœur vers votre Sauveur, qui vous est présente par sa Divinité, et saluez Ses saints Plaies, disant de bouche ou de cœur : «O Jésus ! que la Blessure de votre Cœur, que vos Plaies cruelles et très douces soient bénies, etc.» Aussitôt que vous serez levé et habillé, jetez-vous à genoux et baisez ces Plaies sacrées en prononçant une demande du «Pater». Par exemple : «O mon Père qui êtes aux cieux, que votre Nom soit sanctifié par la Plaie amoureuse du Cœur de votre Fils biens-aimé ! O mon Dieu, par les Blessures de Vos mains et de Vos pieds, que votre Règne vous arrive !». et ainsi de suite pour les autres demandes.Pendant la journée, notamment quand l’heure sonne ou quand quelque tentation vous assaille, faites jaillir de temps en temps de votre âme, sous forme d’oraisons jaculatoires, de courtes mais vives affections envers Jésus crucifié ; ce sera a un signe que votre cœur encore que vous n’en sentiez rien peut-être brûle d’amour pour Lui et désire s’unir à Lui. Ces affections mettent instantanément le cœur de l’homme en la présence de Dieu et chassent aussitôt le démon et ses tentations ; et même, si elles sortent d’un cœur vraiment contrit, elles justifient en un instant un pécheur souillé de maints péchés mortels, et, d’un enfant des ténèbres, font un enfant de lumière.

Ces élans d’amour ne fatiguent ni l’esprit ni le corps, et peuvent être produits très facilement en tout lieu et par toute personne, et cela par un simple acte de recueillement, l’âme cherchant en quelque sorte à imprimer son cœur dans le Plaie qu’elle considère, pensant en elle-même ou disant des lèvres : «O Jésus, par ce précieux Sang et par ce cette Plaie sacrée, ayez pitié de moi, pauvre pécheur, maintenant et à l’heure de ma mort ! Que votre Nom soit sanctifié par moi ! » ; ou bien : « Ne m’induisez pas en tentation.» Quand quelque croix vous tombe sur les épaules, qu’à tort ou à raison on vous fait quelque injustice, ou vous méprise, vous moleste ou vous humilie, unissez toutes ces peines aux souffrances de Jésus, et offrez-les à Dieu ainsi unies à l’Amour incompréhensible du Sauveur, qui a souffert en silence et avec la plus parfaite résignation tant d’affronts, d’injures et de tourments pour votre salut, et si vous ne parvenez pas à fléchir ainsi dès le premier moment votre cœur à la patience, ou qu’était pas maître de vos passions, vous vous laissiez emporter par la colère ou l’impatience, voici que ce qu’il faudra faire : dès que votre cœur se sera calmé quelque peu, retirez-vous dans vote chambre ou dans l’église et tombant à genoux devina le Crucifix (comme une sainte âme avait l’habitude de faire, à son grand profit spirituel), dites du fond de votre cœur : « Mon Jésus ! Je n’ai pas beaucoup à Vous donner, car je ne suis qu’un néant, mais voici que je vous offre et que je dépose en la sainte Plaie de votre Cœur cette injustice, cette croix, cette peine qui vient de m’advenir. Pardonnez à ceux qui me l’ont infligée, car ils ne savaient ce qu’ils faisaient. Je veux tout accepter pour votre Gloire et pour L’Amour avec lequel vous avez tant souffert pour moi ». Vraiment, ceci est moyen très puissant pour nous soutenir et nous fortifier (1) dans toutes nos peines et nos tentations, et pour faire de nous en très peu de temps, des petits enfants que nous sommes, de grands géants dans l’amour de Dieu, faites-en l’Expérience : elle vous prouvera que j’écris la vérité ; mas faites-le avec persévérance : on bâtit pas une maison en un jour.

En second

lieu, le soir, quand vous serez au lit, confie encore une fois votre âme et vote cœur en ces Plaies bénies, par quelque très fervente aspiration que Dieu vous suggérera, ou bien dites ces paroles : «O mon Jésus, je Vous recommande, maintenant et à l’heure de ma mort, et je mets dans la plaie sacrée de votre Côté mon esprit et ma pauvre âme que Vous avez rachetée par le très précieux Sang qui en sortit.» Cela dit, reposez en paix, et soyez assuré qu’il ne vous arrivera aucun mal, «car celui qui habite dans le ciel du Très-Haut, dit David, demeurera sous la protection de Dieu du Ciel.» «Parce qu’il a espéré en Moi, dit le Seigneur, je le délivrerai`je le protégerai, parce qu’il a connu mon Nom» (2)

.Troisièmement,

matin et soir, alors que vous vous êtes retiré en ces Blessures sacrées, examinez s’il n’y a pas en vous quelques défauts, passions, péchés ou autres immortifications notables, Cet examen vous servira, d’une part, à demander pardon à Dieu par les mérites de ces saintes Plaies, et à offrir en satisfaction le Sang précieux qui en découla ; d’autre par, à Lui demande la grâce et la force de vous corriger de vos défauts, et à renouveler votre résolution de mieux faire aujourd’hui et de vous appliquer à la vertu par amour pour Jésus, et exercice apportera en peu de temps, une grande amélioration à vos défauts, en vous donnera incomparables plus de force et de vigueur pour résister dans les occasions, pour mieux maîtriser vos passions et pour pratiquer plus fidèlement l’humilité, la patience, la charité, l’obéissance et les autres vertus chrétiennes.On voit beaucoup d’âmes qui pendant des années s’exercent à la prière et à la méditation, et qui cependant sont dépourvue de ces vertus communes et nécessaires à tout chrétien. C’est qu’elles négligent cet examen. Elles pensent qu’elles ont fait merveille quand elles sont restée une heureux deux en oraison, surtout si elles y ont goûté quelque dévotion sensible. Or, ce n’est pas cela qu’il fait surtout chercher : notre premier but doit être de progresser toujours et en plu en plus en la vertu : et pour cela, il faut rechercher et examiner nos défauts, et former le propos de devenir plus conforme à Notre-Seigneur Jésus- Christ par la mortification et la pratique des vertus : «car ceux qui appartiennent à Jésus-Christ ont crucifié leur chair avec ses vices et ses convoitises.» (3)

Quatrièmement,

si vous voulez vous préparer au sacrement de Pénitence ou à la sainte Communion, contemplez quelques instants les saintes Plaies du Christ, le Sang précieux répandu pour les pécheurs et les tourments, que Jésus a soufferts pour eux. Demandez, par ces douces Plaies d’amour et par ce précieux Sang, la grâce d’un vrai repentir, d’un ferme propos de vous corriger et de faire une bonne confession. Après vous examen de conscience, donc considérer combien vos fautes déplaisent à Dieu, et comment elles ont été la cause de l’effusion de ce Sang très sacré ; et que cette considération vous donne du péché une horreur et une aversion extrêmes , qui vous fassent dire, de cœur ou de bouche : «O mon Seigneur et mon Dieu ! Vous êtes digne de tout honneur, de tout amour et de tout service ! Je déteste tous les péchés que j’ai jamais commis, parque qu’ils contristent votre Bonté infinie que j’aime par-dessus tout et que je veux toujours aimer, honorer et servir. Pour Votre amour et avec Votre Grâce, je prend la résolution de m’en amender et de confesser toutes mes fautes en expiation des quelles je Vous offre ce très précieux Sang te ces tourments cruels, et par les quels je Vos demande , ô mon Seigneur, miséricorde, miséricorde, miséricordes !O Jésus, par les mérites de vous Plaies sanglantes, soyez-moi propice !»

Ainsi préparé, vous fera facilement, avec la grâce de Dieu, une bonne et parfaite confession, alors que par ailleurs on peut craindre avec raison que beaucoup de personnes, par manque de repentir n’en fassent de mauvaises.Pour ce qui concerne la sainte Communion, une âme dévote demanda un jour à Notre-Seigneur quelles devaient êtres ses dispositions avant et après la réception de ce divin Sacrement. Il lui répondit : «Avant la Communion faites la fonction de Marthe, après celle de Marie.»Vous aussi , ô âme dévote, vous suivrez ce conseil, si, animée d’un rai repent, vous demandez à Dieu, avant la Communion, un cœur humble et contrit, et d’autres grâces par les mérites es très saintes Plaies du Christ ; si après la Communion vous vous retirez comme Magdeleine en un lieu solitaire, considérant tendrement l’amour et la Bonté de Dieu qui est présentement en vous avec ses Plaies ouvertes et son Sang près précieux, et qui s’y demeurera aussi longtemps que dureront les saintes Espèces. Comme la perle-mère qui dès qu’elle a reçu au matin la goutte de rosées, referme aussitôt sa coquille, non seulement pour conserver cette goutte dans toute sa pureté et la préserver du mélange des eaux de la mer, mais aussi pour la douceur qu’elle goûte dans cette rosée tous fraîche dont le Ciel l’a remplie et par laquelle il la rend féconde : ainsi quand vous savez reçu cette Rosée céleste qui contient tous les dons divins, recueillez-vous aussitôt intérieurement, fermez tous vos sens extérieurs et concentrez toutes vos puissances intimes pour unir votre cœur a Sien, dans les Plaies. Étant ainsi recueillit, comme une colombe spirituelle dans le creux du Rocher divin ou comme Magdeleine assise aux pieds du Seigneur, mettez en action votre foi qui vous dit : « Jésus, votre Seigneur et Maître, est réellement présent en vous, non seulement par sa Divinité, mais avec ses cinq Plaies très glorieuse et son Sang très précieux qu’IL a répandue pour nous.»

Tenez-vous près de Lui par un simple regard de la foi sans une humble abandon de vous-même en son Amour, avec le désir ardent de connaître et de recevoir de Lui tout ce qui peut vous êtes le plus utile pour son honneur. Vous pouvez aussi parfois faire quelques aspirations ferventes tout embrassées d’amour : O mon Jésus, je Vous en supplie par vos saintes Plaies éclairez mon esprit et enflammez ma volonté afin que je puisse connaître votre divine Beauté, La servir et L’aimer par-dessus tout. O mon Jésus , je Vous en prie par votre sang très précieux et par votre amour infini, disposez de moi selon Votre bon plaisir. Donnez-moi ce que Vous avez m’être nécessaire pour Vous aimer», etcCinquièmement, pour tirer grand profit de ce fructueux exercice sur les saines Plaies du Christ, il sera très utile aux religieux et aussi autres personnes tenues à l’office divin, d’offrir chaque jour cet exercice à Dieu en union avec les Plaies et le Cœur de Jésus et de s’y recueillir dévotement quelques instants avant et après chaque heure canoniale, formant de cœur leur intention de la manière suivante ou de façon analogue : «O mon Jésus, par vos Plaies sacrées, par votre Sang très précieux et par le saint Amour avec lequel Vous l’avez répandue pour moi, je Vous offre ce petit service pour Vote plus grande gloire, louange et bénédiction» etc.D’autres offrent des « Matines » en adorant le Côté béni du Christ ou en union avec Ses prières au Jardin des Oliviers ; «Prim» en union avec la Plaie de la Main droit ; «tierce» avec celle de la Main gauche ; « Sexte » avec celle du Pieds droit ; «None » avec celle du Pieds gauche ; «Vêpres» en contemplant les blessures de la couronne d’épines à ; «Complies», ils confient de nouveau leur âme dans la Plaie de Côté, offrant au Père éternel le divin Cœur brisés de Son Fils sa bien-aimé avec Ses vertus et Ses mérites, en satisfaction de toutes les fautes et négligences de la journée.Pour éviter les distractions pendant l’office, ils s’habituent à se rappeler souvent, notamment au «Gloria Patri» , la présence de Dieu par un simple regard de la foi, disant de cœur , comme s’ils voulaient baiser les saintes Blessures : «Mon Jésus, par vos Plaies bénies faites-moi miséricorde !»

Et cela est fort utile pour ceux qui en comprennent pas le sens des paroles qu’ils prononcent pendant l’office ; car des trois sortes d’attention requises pour satisfaire au service divin, celle-ci est bien la meilleur : être attentif à la fin de toute prière qui est Dieu. J’engage donc tous les débutants et les jeunes religieux à en faire l’expérience ; ils en bénirons Dieu, ils éprouveront pendant l’office de grands consolations et accumuleront les mérites : tandis que beaucoup, au contraire, n’y font que recueillir ample matière à la confession par leurs multiples distractions et inattentions. Hélas, ils y éprouvent souvent tant d’ennui, qu’ils considèrent comme une faveur d’être dispensés de l’office du chœur.A la récitation des cinq « Pater », que beaucoup de personnes ont l’habitude de faire le matin et le soir les bras en croix et l’honneur des cinq Plaies, il pourra également être fort utile à votre dévotion de présenter au Père Céleste, après les premières paroles de chaque «Pater», une des Plaies de Son Fils afin d’obtenir par elle plus sûrement ce que vous sollicitez.

Par Exemple :Au premier «Pater», après ces paroles : «Notre Père qui êtes aux Cieux», ajoutez celle-ci : « Je Vous en prie, par la sainte Plaie et le Sang très précieux de la Main droite de Votre Fils, «que Votre Nom soit sanctifié, que Votre Règne arrive, etc,» Au deuxième «Pater», après ces premières paroles : «Notre Père qui êtes aux Cieux », dites : « Par la sainte Plaie et le très précieux Sang de la Main gauche de Votre Fils béni, je Vous supplie « que Votre Nom soit sanctifié, que Votre Règne arrive…» , et ainsi de suite pour les autres «Pater».Vous pouvez encore recourir avec beaucoup de profit aux saintes Plaies dans la récitation de l’ «Ave Maria». A savoir : dès que vous arrivez à « Jésus », ajoutez : «qui a été cruellement blessé à la Main droite», , et de même au suivant : « qui a été cruellement blessé à la Main gauche ». etc. Arrivé à ces paroles : «Sainte Marie, Mère de Dieu», ajoutez : «Je Vous demande par cette cruelle blessure de Votre Fils et par le Sang qui en découla, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.» Vous pourrez aussi Lui demander d’autres grâces, comme la rémission de vos péchés, un vrai repentir etc.

Mais nous montrerons cela plus au long dans le exercices particuliers qui suivront. Enfin, un moyen singulièrement s efficace pour rendre toutes nos actions saintes, bonnes et méritoires aux yeux de Dieu est de Lui offrir toues nos pensées, nos désirs, nos œuvres, nos paroles, en union aux Plaies de Son Fils, et d’être entièrement abandonnées à Lui dans tout ce qui nus arrive. Ainsi nos actions et nos souffrances plongés dans l’amour de Jésus et offertes par Ses saintes Plaies, prendront la saveur, la charme et la valeur des mérites du Christ : de sorte que les souffrances et les actions que nous unissons à Sa Passion dépassent de beaucoup en mérites celles qui ne seront pas offertes en elles, «Rien n’est plus agréable à Dieu, dit sainte Gertrude, qu’un offrande faite par Son Fils ou en union avec Ses saintes Plaies.»

Nous devons encore pour cette même raison, par ces Plaies et ce cœur amoureux, demander à Dieu la force et la patience dont nous avons besoin dans nos peines pour pouvoir nous exercer au parfait abandon à la Volonté divine. Mais pour y parvenir et le pratiquer parfaitement, il faut avant tout bien être convaincu et se pénétrer profondément de cette vérité de la foi : que dans ce monde, il n’arrive rien sans la Volonté expresse et le bon plaisir de Dieu ; que rien ne peut mettre obstacle à cette Volonté et que personne ne la connaît que par après, quand les événements sont venue montrer qu’Il le voulait ainsi pour notre bien et pour des raisons très sages connues de Lui seul.Remettez-vous donc, pour tout ce qui vous arrive en ce moment ou vous surviendra plus tard, entre les Mains de celui à qui personne ne peut échapper ; soumettez vous volonté à Son bon plaisir, désirant et demandant que Sa grâce divine fortifie votre cœur malade afin qu’il persévère en cette parfaire conformité de volonté.

Dans les événements néanmoins où nous ignorons quelle est la Volonté de Dieu à notre égard, comme dans les ennuis ,les maladies, les fausses accusations, les persécutions, etc, nous pouvons et même nous devons employer avec soin tous les moyens capables de nous guérir, de faire connaître la vérité et faire ressortir notre innocence en cas de calomnie, etc. Car, nos devons croire, tant que nous en sommes pas convaincus du contraire, que telle est la Volonté de Dieu.Mais une fois cela fait et la Volonté de Dieu manifestée, nos devons accepter d’un cœur égal toute ce qui survirent ; être content quelle que soit la façon dont Dieu en dispose et dire, au moins dans la partie supérieure de notre âme (encore que la partie inférieure regimbe) ; «Oui, Seigneur, je suis très heureux de ce qui m’arrive, et puisqu’il plait à Votre divine Majesté que je souffre, que je sois persécuté, etc. j’en suis bien aise également. Je m’abîme, me plonge et me perds tout entier en Votre bon plaisir, et je Vous supplier, au nom de Vos sainte Plaies, de Votre Sang généreux et de Votre Cœur très aimant, que Votre Volonté s’accomplisse en moi.»

C’est là, ô âme dévote, un moyen souverain pour atteindre à une faute perfection, que beaucoup de bienheureux ont employé pour arrive à la sainteté et qu’à mon tour je vous recommande du plus profond de mon cœur.