Chapitre III
Méditation sur la saint Plaie du Côté sacré de Notre Seigneur.
1- Écriture Sainte.
«Car le Seigneur, ton Dieu, va te faire enter dans un bon pays, pays de torrents, de sources et d’eaux profondes, qui jaillissent dans les vallées et les montages» (Deut. VIII,17. )
«Un des soldats Lui ouvrit le coté d’un seul coup de lance, et il en sortir aussitôt du sang et de l’Eau. Celui qui l’a vue en rend témoignage.» (Saint Jean, XIX, 34-35)
«Mets ici ton doigt, et voies Mes mains ; approche aussi ta main et mets-la dans Mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais fidèle. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru» (Saint Jean. XX, 27 et 29.)
2- Formules de Préparation
- Vous état mis à votre place pour prier, faites un acte de foi en la présence de Dieu par les affections suivantes ou d’autres semblables :
- O très miséricordieux Seigneur, Père et Dieu de mon pauvre cœur ! Que suis-je et qui êtes-Vous ? Faites que je Vous connaisse et que je me connaisse ! Vous êtes un Dieu d’une Majesté infinie. Un en Essence et trois en Personnes, remplissant le ciel et la terre de votre Être divin. Vous êtes réellement présent près de moi, autour de moi, en moi : en moi qui ne suis que cendre et poussière et un grand pécheur, un néant inutile, indigne de me trouver en Votre présence et de Vous servir.
- Mais parce que cela Vous plaît, je Vous en supplie par Votre présence réelle et par la Plaie sacrée du Cœur de Votre Fils, soyez-moi propice, à moi pauvre pécheur. Je renonce à tous mes péchés, je les déteste et les rejette d’un cœur contrit et avec une aversion très grande, parce qu’ils Vous déplaisent, qu’ils blessent et offensent votre divine Bonté que j’aime et que je veux aimer toujours de tous les puissances de mon cœur et de mon âme. Pour votre Amour je veux commencer et achever cet exercice en répudiant toute paresse, nonchalance ou distraction qui pourraient m’y advenir.
- O mon Père, je me mets et me confie entièrement, en la Sainte Plaie du Côté bénie Votre Fils, à Votre bon plaisir, désirant uniquement que votre Majesté soit en ce moment connue, servie, louée et bénie par moi, et que Vous me donniez ou fassiez de moi ce qu’il Vous plait. Amen.
III- Considération
1-Ainsi préparé et établie en la présence de Dieu, faites, à la lumière de fla foi, cete simple considération
Que Jésus a laissé percer la partie la plus noble de son saint Corps, le Côté où reponse son Sacré-Cœur : que ce même Cœur a été touché et blessé, comme l’assure saint Magdeleine de Pazzi (1), que cette Plaie nous a ouvert une fenêtre pour découvrir la grandeur de son Amour, et une porte pour entrer à loisir dans son Cœur qui contient et nous réserve les trésors infinis de sa Miséricorde.
2- Pensez qu’il sortir du sang et de l’eau de cette Plaie.
Ce Sang qui était, dit la même sainte (2), une effusion de son Amour dans nos âmes pour les embellir.
«O Verbe divin ! s’écrie sainte Madeleine de Pazzi (3). Vous avez, dans votre Côté béni, préparé pour votre épouse un bain à la fois d’eau et de sang. Je comprend maintenant pourquoi Vous avez vous conserver vos Plaies glorieuses, c’est afin que Vous bien-aimées puissent y encore à volonté et s’y purifier des taches dont, par leurs imperfections, elles auraient pour s’être souillées, et après s’y orner de votre Sang.»
3- Considérez les angoisses qu’éprouva le doux Cœur aimant de Marie
à la vue des blessures du Côté et du Cœur sacré de son divin Fils.
Souvenez-vous enfin de la gloire, de la joie et du bonheur que les saint reçoivent de cette Plaie vermeille toute brillante dans son saint Corps.
IV. Pieuses affections et saints désirs.
Après avoir simplement, à la lumière de la foi, considérer ce Mystère ,adressez-vos immédiatement à Dieu le Père, au Saint-Esprit ou à Jésus lui-même, à la Vierge Maire sa Mère, pour demander tout ce que vous désirez : soit ce qui est contenue dans le «Pater», soit d’autres grâces particulières.
Celui qui n’aime pas l’abondance des paroles peut s’entretenir doucement en une seule affection, la répétant lentement et avec beaucoup d’attention dix fois, vingt fois, et plus, comme on répète les « Ave» dans la récitation un Rosaire.
Souvent aussi il sera très bon se s’entretenir uniquement par d’amoureux soupirs, dans une affectueux désir de plaire à Dieu et d’être uni au Sacré-Cœur de Jésus. Car, «autant de fois, dit Notre-Seigneur à sainte Mechtilde, que l’homme pousse d’amoureux soupirs au souvenir de ma Passion, autant de fois il semble caresser doucement mes Plaies avec une rose fraîchement épanouie ; ce léger mouvement fait jaillir de mes Blessures un trait d’amour qui pénètre l’âme et la blesse pour la guérir. (4)
Pratique des affections (5).
«O Père céleste ! Par la très sainte Plaie du Cœur béni de Votre Fils, je Vous en supplie humblement, ayez pitié de moi, changez mon pauvre cœur, pour qu’il devienne humble et agréable à Vos yeux. Que je puisse Vous connaître et me connaître : Vous connaître pour Vous aimer, me connaître pour me haïr !»
Ces affections peuvent le répéter après chaque point, comme il est indiqué ici :
«Par le Sang très précieux qui jaillit de ce Cœur amoureux, ô Père Céleste, pardonnez-moi. Faites que je devient vraiment humble, que je me connaisse et m’aime que Vous, etc..»
«Que l’eau salutaire et purifiante de cette même Plaie, ô Père, Céleste, me lave de mes iniquités. Qu’elles purifie mon cœur et le rendre agréables à vos Yeux. Au nom de l’Amour infini avec lequel Votre fils bien-aimé laissa percer son Cœur, ayez pitié de moi, changez mon cœur plein d’orgueil et rendez-le semblable au Vôtre . Je Vous en supplie, faite moi comprendre la grandeur de votre Amour et mon ingratitude, par la bonté incommensurable qui Lui fit verser jusqu’à la dernière goutte de son Sang, soyez-moi, pauvre pécheur que je suis, miséricordieux.» etc…
Si vous voulez adressez vos affections directement au Christ dites : «Au mon de la très sainte Blessure de votre Cœur, ô Jésus, soyez-moi miséricordieux. Purifiez mon cœur de toute souillure. Donnez-moi, je vous en supplie, une fois, une espérance et surtout un amour plus grands». etc.
Le «Pater»
Toutes les fois, si dans la manière de prier indiquée plus haut, vous avez de la peine à vous tenir longtemps sans fatigue en de saintes et intimes affections, il sera bon de vous servir de la méthode suivante qui consiste à prier selon le plan de l’oraison dominicale (6)
Notre Père qui êtes aux cieux.
1- Que ton nom soit sanctifié.
Notre Père qui êtes aux cieux, je Vous prie que votre Nom soit sanctifié. O Père céleste, qui êtes dans les cieux, très digne, très beau et très bon Seigneur, qui devez être aimé, honoré, sanctifié et servie de tous, il ne peut être ingratitude plus grande que de ne pas Vous aimer, et, à plus forte raison, que de déshonorer votre saint Nom. Si le bien est digne d’amour. Vous êtes un bien infini ; si la bonté est aimable Vous êtes une beauté incompréhensible ; si les bienfaits demande la reconnaissance, Vous m’avez comblé sans cesse de Vos bienfaits, toutes les créatures sont remplies, de Vos bénédictions !
Que votre Nom soit sanctifié, reconnue est aimé de tous les hommes.
O mon Père prenez mon cœur, unissez ma volonté ; à la Vôtre, recevez-moi, comme Votre fils. Quand à moi, je Vous choisis pour mon Père et mon Tout, dans lequel mon âme cherche son repos pour la vie présente et future, où elle veut demeurer unie à Vous par amour.
O mon très amoureux Jésus ! faites que la douce et captivante force de Votre saint Amour détache mon cœur et mon âme de l’amour et des affections déréglées des créatures, afin que par amour, de Vous je puisse vivre, souffrir et mourir, Vous qui par amour pour moi avez vécu, souffert et avez voulue mourir sur la croix.
Vous pourrez aussi multiplier tant que vous voudrez vous affections d’actons de grâces de désires, de sanctification, etc, prenant par le points indiquées ici ou par ceux qui se présenteront à votre mémoire. Priez également que par toutes vos actions et par tout ce qui vous touche, particulièrement en ce jour, le nom de Dieu soit sanctifié et honoré, disant de cœur seulement, ou , si vous le voulez, de bouche, les paroles suivants ou d’autres semblables :
Je Vous prie, ô Père éternel, Dieu du ciel et de la terre, par cette Plaie sacrée de Votre Fils bien-aimé, que votre Nom soit sanctifié aujourd’hui et toujours, qu’il soit de pus en plus connu, aimé, honoré, loué et sanctifié.
Que votre Nom soit sanctifié par moi, votre très indigne serviteur, dans toutes mes pensées, mes paroles et mes actions, qu’IL soit honoré par toutes mes souffrances, mes difficultés et mes croix, qu’Il soit loué par toutes mes conversations et par tous les rapports que j’aurai avec les hommes, par toutes les bonnes oeuvres que je me propose de faire aujourd’hui.
2- Que votre règne arrive.
Père tout-puissant, voyez les blessures horrible de votre divin Fils. Voyez son cœur percé et le sang et l’eau qui en jaillit. Voyez Votre Fils qui expie pour nous sur la croix ! Au nom de Son amour, que Votre règne arrive. Chassez de mon cœur, je vous en supplie, le règne du monde et du péché, la tyrannie de l’amour-propre et tous mes inclinaisons perverses, afin que Votre amour y règne en maître. Disposez de moi comme il Vous plait, de ma vie comme de ma mort.
Très saint, très miséricordieux Père, je Vous en prie par la Plaie Sacrée de ce Côté amoureux, daignez aujourd’hui me guider et me gouverner par Votre aimable providence par laquelle Vous gouvernez tous les élus.
Soyez toujours mon Père, mon Souverain, mon Seigneur et mon Roi. Je mets tous mes facultés tout mon être à Votre service, je veux vivre en une entière soumission à Votre sainte loi..
Faites que je Vous connaisse par une lumière plus claire, que mon cœur Vous aime d’un amour plus ardent, que je marche toujours en Votre présence et que je reconnaisse avec plus de gratitude, les immenses bienfaits dont Vous me comblez sans cesse.
3- Que Votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
O Père céleste, je Vous en prie par la plaie du côté percé de Votre Fils, par l’amour ineffable dont Il nous a aimés, etc. que votre Volonté soit faite en moi et par moi, aujourd’hui en tout lieu et à tout moment.
Je Vous en prie par la vertu et les mérites de ce Sang très précieux, faites que j’accomplisse parfaitement Votre bon plaisir, que je fasse et supporte de bon cœur tout ce qu’il plaît à Votre Majesté de statuer à mon égard. Je renonce au choix ce mes commodités, j’abandonne tous mes désirs et toutes mes consolations s’il ne sont pas selon Votre bon plaisir. Je me soumets entièrement à votre divine Providence, à votre saint amour et à votre Volonté, Vous priant de me gouverner non selon mes désirs, mais selon les Vôtres. Je veux me soumettre avec diligence à tous Vos ordres et être très heureux de tout ce qui m’arrive, malgré la répugnance et les murmures de la partie inférieur de mon âme, et je dis dès maintenant, mille et miles fois : «Que votre volonté soit faite». Que dans mes consolations comme dans mes peines, dans mon repos comme dans mes travaux, dans ma vie comme dans ma mort, Votre volonté soit faite comme elle est faite par les saints au paradis. (7)
O Père très aimant, je Vous donne mon cœur dans une soumission parfaite et une résignation totale. J’embrasse, je bénis et j’accepte de tout cœur et avec le plus d’humilité qu’il m’est possible, tout ce que Vous voulez bien m‘envoyer. S’il Vous plait de me tirer de cette misère, que Votre volonté soit faite. Si au contraire, Vous voulez que je souffre, que votre Volonté soit faite, même si vous voulez me charger de nouvelles croix plus lourdes encore, j’en suis très heureuse, mon Seigneur, parce que je suis et ne veut être que Votre humble serviteur.
Je me livre donc tout entier en vos Mains, j’accepte tout ce qui m’arrive parce que tout procède de Votre miséricorde et de Votre amour. Je Vous prie, seulement, ô mon aimable Père, de fortifier mon âme, etc.
4- Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien.
Mon Père qui êtes aux cieux, je ne suis pas qu’un pauvre mendiant sans force et sans courage. Par la vertu et les mérites de Jésus Votre Fils qui a laissé percer son cœur pour nous, «donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien». Fortifiez mon cœur dans tous ses travaux, soutenez-le dans ses peines.
O Père très libéral, au nom de Jésus qui la méritée pour nous, donnez-nous le pain de Votre grâce, je suis, par moi-même, tombée ans une multiple de péchés, donnez-moi le pain spirituel des vertus pour nourrir, guérir et fortifier ma pauvre âme.
Donnez-moi le pain d’une véritable contrition, d’un accroissement de Dieu, d’Espérance et de Charité, etc.
5- Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnes à ceux qui nous ont offensés.
O Père de toute miséricorde, je hais et je déteste tous mes péchés connue et inconnus, je suis triste de plus profond de mon cœur.
Voyant les souffrances de Votre Fils, son Cœur percé, ses Mains et ses pieds cloués sur la croix, ô Père aimable, en en veux plus jamais percer, jamais, jamais plus. Je Vous en prie par la puissance de ces saines Plaies, secondez la faiblesse de mon amour et l’inconstance de mon cœur.
Au mon de l’amour avec lequel Votre cher Fils laissa percer son Cœur, pardonnez-moi tous mes péchés. Je veux par amour pour vous pardonner toutes les injustices qui peuvent m’être faites, etc.
O Père très bon, par les douleurs mortelles que Votre doux Fils souffrit, en son Cœur à l’heure Sa mort, principalement quand Sa très sainte Âme quitta son saint Corps, donnez-moi, maintenant et à l’heure de ma mort, une contrition véritable de tous mes péchés.
6- Ne nous induisez point en tentation.
O Père céleste, je Vous en supplie au nom de l’amour avec lequel Notre-Seigneur s’est laissé percer le Cœur, ne m’induisez point en tentations, me permettez pas que mon cœur donne accès à quelque complaisance ou consentement du péché.
Je condamne, rejette et déteste tout ce qui déplait et répugne à Votre amour, toutes les occasions du péché, toutes les tentations, toutes les imaginations de réglés, toutes les mouvements désordonnés du corps et de l’esprit, toutes les pensées inutiles, et celles conter la Foi, l’Espérance, la Charité ou d’autres vertus. En Votre présence je déclare que jamais je ne veux y donner le moindre consentement ni perdre en elles la moindre complaisance.
O mon bon Père, je me réfugie dans cette Plaie sacré, dans l’ouverture de Côté béni de Votre Fils unique ; j’y confie mon esprit et mon âme, maintenant, aujourd’hui et à l’heure de ma mort : enfermez-moi, gardez-moi et protégez-moi contre toues les ruses, les malices et les tentations de mes ennemis, etc
7- Délivrez-nous du mal.
O PèreTout-Puisant, délivrez-nous de toute ce qui peut Vous déplaire en nous, de tout péril et de tout péché.
Délivrez mon esprit de toute obscurité, ma volonté de toute faiblesse et de toute insoumission, ma mémoire de tout imagination mauvaise mon cœur de toute inclination vicieuse, de toute passion et de tout défaut, etc.
Par la force et les mérites du Sang de Jésus, délivrez-moi de l’esprit d’orgueil, de haine et d’envie.
Je Vous recommande de même tous mes amis, toues les âmes en peine, tous ceux qui sont en péril de mort, les âmes du purgatoires. Délivrez-moi aussi de tous mes défauts, en particulier de tel ou tel dont je veux m’amender moyennant votre grâce. (8)