DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

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Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
L'oraison simplifiée
Titre de la page:

Plaie du Côté sacré

Nom de l'auteur:
Père Mathias Croonenborgh. o.f.m.
Traducteur Père Évarististe Coopens, o.f.m.

 

 

9- DEUXIÈME PARTIE

Plaie du Côté sacré

Pieux exercices sur chaque Plaie du Christ en particulier
.

 

Chapitre III

Méditation sur la saint Plaie du Côté sacré de Notre Seigneur.


1- Écriture Sainte.

«Car le Seigneur, ton Dieu, va te faire enter dans un bon pays, pays de torrents, de sources et d’eaux profondes, qui jaillissent dans les vallées et les montages» (Deut. VIII,17. )

«Un des soldats Lui ouvrit le coté d’un seul coup de lance, et il en sortir aussitôt du sang et de l’Eau. Celui qui l’a vue en rend témoignage.» (Saint Jean, XIX, 34-35)

«Mets ici ton doigt, et voies Mes mains ; approche aussi ta main et mets-la dans Mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais fidèle. Heureux ceux qui n’ont pas vu, et qui ont cru» (Saint Jean. XX, 27 et 29.)

2- Formules de Préparation

  • Vous état mis à votre place pour prier, faites un acte de foi en la présence de Dieu par les affections suivantes ou d’autres semblables :
  • O très miséricordieux Seigneur, Père et Dieu de mon pauvre cœur ! Que suis-je et qui êtes-Vous ? Faites que je Vous connaisse et que je me connaisse ! Vous êtes un Dieu d’une Majesté infinie. Un en Essence et trois en Personnes, remplissant le ciel et la terre de votre Être divin. Vous êtes réellement présent près de moi, autour de moi, en moi : en moi qui ne suis que cendre et poussière et un grand pécheur, un néant inutile, indigne de me trouver en Votre présence et de Vous servir.
  • Mais parce que cela Vous plaît, je Vous en supplie par Votre présence réelle et par la Plaie sacrée du Cœur de Votre Fils, soyez-moi propice, à moi pauvre pécheur. Je renonce à tous mes péchés, je les déteste et les rejette d’un cœur contrit et avec une aversion très grande, parce qu’ils Vous déplaisent, qu’ils blessent et offensent votre divine Bonté que j’aime et que je veux aimer toujours de tous les puissances de mon cœur et de mon âme. Pour votre Amour je veux commencer et achever cet exercice en répudiant toute paresse, nonchalance ou distraction qui pourraient m’y advenir.
  • O mon Père, je me mets et me confie entièrement, en la Sainte Plaie du Côté bénie Votre Fils, à Votre bon plaisir, désirant uniquement que votre Majesté soit en ce moment connue, servie, louée et bénie par moi, et que Vous me donniez ou fassiez de moi ce qu’il Vous plait. Amen.

    III- Considération

1-Ainsi préparé et établie en la présence de Dieu, faites, à la lumière de fla foi, cete simple considération

Que Jésus a laissé percer la partie la plus noble de son saint Corps, le Côté où reponse son Sacré-Cœur : que ce même Cœur a été touché et blessé, comme l’assure saint Magdeleine de Pazzi (1), que cette Plaie nous a ouvert une fenêtre pour découvrir la grandeur de son Amour, et une porte pour entrer à loisir dans son Cœur qui contient et nous réserve les trésors infinis de sa Miséricorde.

2- Pensez qu’il sortir du sang et de l’eau de cette Plaie.

Ce Sang qui était, dit la même sainte (2), une effusion de son Amour dans nos âmes pour les embellir.

«O Verbe divin ! s’écrie sainte Madeleine de Pazzi (3). Vous avez, dans votre Côté béni, préparé pour votre épouse un bain à la fois d’eau et de sang. Je comprend maintenant pourquoi Vous avez vous conserver vos Plaies glorieuses, c’est afin que Vous bien-aimées puissent y encore à volonté et s’y purifier des taches dont, par leurs imperfections, elles auraient pour s’être souillées, et après s’y orner de votre Sang.»

3- Considérez les angoisses qu’éprouva le doux Cœur aimant de Marie
à la vue des blessures du Côté et du Cœur sacré de son divin Fils.

Souvenez-vous enfin de la gloire, de la joie et du bonheur que les saint reçoivent de cette Plaie vermeille toute brillante dans son saint Corps.

IV. Pieuses affections et saints désirs.

Après avoir simplement, à la lumière de la foi, considérer ce Mystère ,adressez-vos immédiatement à Dieu le Père, au Saint-Esprit ou à Jésus lui-même, à la Vierge Maire sa Mère, pour demander tout ce que vous désirez : soit ce qui est contenue dans le «Pater», soit d’autres grâces particulières.

Celui qui n’aime pas l’abondance des paroles peut s’entretenir doucement en une seule affection, la répétant lentement et avec beaucoup d’attention dix fois, vingt fois, et plus, comme on répète les « Ave» dans la récitation un Rosaire.

Souvent aussi il sera très bon se s’entretenir uniquement par d’amoureux soupirs, dans une affectueux désir de plaire à Dieu et d’être uni au Sacré-Cœur de Jésus. Car, «autant de fois, dit Notre-Seigneur à sainte Mechtilde, que l’homme pousse d’amoureux soupirs au souvenir de ma Passion, autant de fois il semble caresser doucement mes Plaies avec une rose fraîchement épanouie ; ce léger mouvement fait jaillir de mes Blessures un trait d’amour qui pénètre l’âme et la blesse pour la guérir. (4)

Pratique des affections (5).

«O Père céleste ! Par la très sainte Plaie du Cœur béni de Votre Fils, je Vous en supplie humblement, ayez pitié de moi, changez mon pauvre cœur, pour qu’il devienne humble et agréable à Vos yeux. Que je puisse Vous connaître et me connaître : Vous connaître pour Vous aimer, me connaître pour me haïr !»

Ces affections peuvent le répéter après chaque point, comme il est indiqué ici :

«Par le Sang très précieux qui jaillit de ce Cœur amoureux, ô Père Céleste, pardonnez-moi. Faites que je devient vraiment humble, que je me connaisse et m’aime que Vous, etc..»

«Que l’eau salutaire et purifiante de cette même Plaie, ô Père, Céleste, me lave de mes iniquités. Qu’elles purifie mon cœur et le rendre agréables à vos Yeux. Au nom de l’Amour infini avec lequel Votre fils bien-aimé laissa percer son Cœur, ayez pitié de moi, changez mon cœur plein d’orgueil et rendez-le semblable au Vôtre . Je Vous en supplie, faite moi comprendre la grandeur de votre Amour et mon ingratitude, par la bonté incommensurable qui Lui fit verser jusqu’à la dernière goutte de son Sang, soyez-moi, pauvre pécheur que je suis, miséricordieux.» etc…

Si vous voulez adressez vos affections directement au Christ dites : «Au mon de la très sainte Blessure de votre Cœur, ô Jésus, soyez-moi miséricordieux. Purifiez mon cœur de toute souillure. Donnez-moi, je vous en supplie, une fois, une espérance et surtout un amour plus grands». etc.

Le «Pater»

Toutes les fois, si dans la manière de prier indiquée plus haut, vous avez de la peine à vous tenir longtemps sans fatigue en de saintes et intimes affections, il sera bon de vous servir de la méthode suivante qui consiste à prier selon le plan de l’oraison dominicale (6)

Notre Père qui êtes aux cieux.

1- Que ton nom soit sanctifié.

Notre Père qui êtes aux cieux, je Vous prie que votre Nom soit sanctifié. O Père céleste, qui êtes dans les cieux, très digne, très beau et très bon Seigneur, qui devez être aimé, honoré, sanctifié et servie de tous, il ne peut être ingratitude plus grande que de ne pas Vous aimer, et, à plus forte raison, que de déshonorer votre saint Nom. Si le bien est digne d’amour. Vous êtes un bien infini ; si la bonté est aimable Vous êtes une beauté incompréhensible ; si les bienfaits demande la reconnaissance, Vous m’avez comblé sans cesse de Vos bienfaits, toutes les créatures sont remplies, de Vos bénédictions !

Que votre Nom soit sanctifié, reconnue est aimé de tous les hommes.
O mon Père prenez mon cœur, unissez ma volonté ; à la Vôtre, recevez-moi, comme Votre fils. Quand à moi, je Vous choisis pour mon Père et mon Tout, dans lequel mon âme cherche son repos pour la vie présente et future, où elle veut demeurer unie à Vous par amour.

O mon très amoureux Jésus ! faites que la douce et captivante force de Votre saint Amour détache mon cœur et mon âme de l’amour et des affections déréglées des créatures, afin que par amour, de Vous je puisse vivre, souffrir et mourir, Vous qui par amour pour moi avez vécu, souffert et avez voulue mourir sur la croix.

Vous pourrez aussi multiplier tant que vous voudrez vous affections d’actons de grâces de désires, de sanctification, etc, prenant par le points indiquées ici ou par ceux qui se présenteront à votre mémoire. Priez également que par toutes vos actions et par tout ce qui vous touche, particulièrement en ce jour, le nom de Dieu soit sanctifié et honoré, disant de cœur seulement, ou , si vous le voulez, de bouche, les paroles suivants ou d’autres semblables :

Je Vous prie, ô Père éternel, Dieu du ciel et de la terre, par cette Plaie sacrée de Votre Fils bien-aimé, que votre Nom soit sanctifié aujourd’hui et toujours, qu’il soit de pus en plus connu, aimé, honoré, loué et sanctifié.

Que votre Nom soit sanctifié par moi, votre très indigne serviteur, dans toutes mes pensées, mes paroles et mes actions, qu’IL soit honoré par toutes mes souffrances, mes difficultés et mes croix, qu’Il soit loué par toutes mes conversations et par tous les rapports que j’aurai avec les hommes, par toutes les bonnes oeuvres que je me propose de faire aujourd’hui.

2- Que votre règne arrive.

Père tout-puissant, voyez les blessures horrible de votre divin Fils. Voyez son cœur percé et le sang et l’eau qui en jaillit. Voyez Votre Fils qui expie pour nous sur la croix ! Au nom de Son amour, que Votre règne arrive. Chassez de mon cœur, je vous en supplie, le règne du monde et du péché, la tyrannie de l’amour-propre et tous mes inclinaisons perverses, afin que Votre amour y règne en maître. Disposez de moi comme il Vous plait, de ma vie comme de ma mort.

Très saint, très miséricordieux Père, je Vous en prie par la Plaie Sacrée de ce Côté amoureux, daignez aujourd’hui me guider et me gouverner par Votre aimable providence par laquelle Vous gouvernez tous les élus.

Soyez toujours mon Père, mon Souverain, mon Seigneur et mon Roi. Je mets tous mes facultés tout mon être à Votre service, je veux vivre en une entière soumission à Votre sainte loi..

Faites que je Vous connaisse par une lumière plus claire, que mon cœur Vous aime d’un amour plus ardent, que je marche toujours en Votre présence et que je reconnaisse avec plus de gratitude, les immenses bienfaits dont Vous me comblez sans cesse.

3- Que Votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

O Père céleste, je Vous en prie par la plaie du côté percé de Votre Fils, par l’amour ineffable dont Il nous a aimés, etc. que votre Volonté soit faite en moi et par moi, aujourd’hui en tout lieu et à tout moment.

Je Vous en prie par la vertu et les mérites de ce Sang très précieux, faites que j’accomplisse parfaitement Votre bon plaisir, que je fasse et supporte de bon cœur tout ce qu’il plaît à Votre Majesté de statuer à mon égard. Je renonce au choix ce mes commodités, j’abandonne tous mes désirs et toutes mes consolations s’il ne sont pas selon Votre bon plaisir. Je me soumets entièrement à votre divine Providence, à votre saint amour et à votre Volonté, Vous priant de me gouverner non selon mes désirs, mais selon les Vôtres. Je veux me soumettre avec diligence à tous Vos ordres et être très heureux de tout ce qui m’arrive, malgré la répugnance et les murmures de la partie inférieur de mon âme, et je dis dès maintenant, mille et miles fois : «Que votre volonté soit faite». Que dans mes consolations comme dans mes peines, dans mon repos comme dans mes travaux, dans ma vie comme dans ma mort, Votre volonté soit faite comme elle est faite par les saints au paradis. (7)

O Père très aimant, je Vous donne mon cœur dans une soumission parfaite et une résignation totale. J’embrasse, je bénis et j’accepte de tout cœur et avec le plus d’humilité qu’il m’est possible, tout ce que Vous voulez bien m‘envoyer. S’il Vous plait de me tirer de cette misère, que Votre volonté soit faite. Si au contraire, Vous voulez que je souffre, que votre Volonté soit faite, même si vous voulez me charger de nouvelles croix plus lourdes encore, j’en suis très heureuse, mon Seigneur, parce que je suis et ne veut être que Votre humble serviteur.

Je me livre donc tout entier en vos Mains, j’accepte tout ce qui m’arrive parce que tout procède de Votre miséricorde et de Votre amour. Je Vous prie, seulement, ô mon aimable Père, de fortifier mon âme, etc.


4- Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien.

Mon Père qui êtes aux cieux, je ne suis pas qu’un pauvre mendiant sans force et sans courage. Par la vertu et les mérites de Jésus Votre Fils qui a laissé percer son cœur pour nous, «donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien». Fortifiez mon cœur dans tous ses travaux, soutenez-le dans ses peines.

O Père très libéral, au nom de Jésus qui la méritée pour nous, donnez-nous le pain de Votre grâce, je suis, par moi-même, tombée ans une multiple de péchés, donnez-moi le pain spirituel des vertus pour nourrir, guérir et fortifier ma pauvre âme.

Donnez-moi le pain d’une véritable contrition, d’un accroissement de Dieu, d’Espérance et de Charité, etc.

5- Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnes à ceux qui nous ont offensés.

O Père de toute miséricorde, je hais et je déteste tous mes péchés connue et inconnus, je suis triste de plus profond de mon cœur.

Voyant les souffrances de Votre Fils, son Cœur percé, ses Mains et ses pieds cloués sur la croix, ô Père aimable, en en veux plus jamais percer, jamais, jamais plus. Je Vous en prie par la puissance de ces saines Plaies, secondez la faiblesse de mon amour et l’inconstance de mon cœur.

Au mon de l’amour avec lequel Votre cher Fils laissa percer son Cœur, pardonnez-moi tous mes péchés. Je veux par amour pour vous pardonner toutes les injustices qui peuvent m’être faites, etc.

O Père très bon, par les douleurs mortelles que Votre doux Fils souffrit, en son Cœur à l’heure Sa mort, principalement quand Sa très sainte Âme quitta son saint Corps, donnez-moi, maintenant et à l’heure de ma mort, une contrition véritable de tous mes péchés.

6- Ne nous induisez point en tentation.

O Père céleste, je Vous en supplie au nom de l’amour avec lequel Notre-Seigneur s’est laissé percer le Cœur, ne m’induisez point en tentations, me permettez pas que mon cœur donne accès à quelque complaisance ou consentement du péché.

Je condamne, rejette et déteste tout ce qui déplait et répugne à Votre amour, toutes les occasions du péché, toutes les tentations, toutes les imaginations de réglés, toutes les mouvements désordonnés du corps et de l’esprit, toutes les pensées inutiles, et celles conter la Foi, l’Espérance, la Charité ou d’autres vertus. En Votre présence je déclare que jamais je ne veux y donner le moindre consentement ni perdre en elles la moindre complaisance.

O mon bon Père, je me réfugie dans cette Plaie sacré, dans l’ouverture de Côté béni de Votre Fils unique ; j’y confie mon esprit et mon âme, maintenant, aujourd’hui et à l’heure de ma mort : enfermez-moi, gardez-moi et protégez-moi contre toues les ruses, les malices et les tentations de mes ennemis, etc

7- Délivrez-nous du mal.

O PèreTout-Puisant, délivrez-nous de toute ce qui peut Vous déplaire en nous, de tout péril et de tout péché.

Délivrez mon esprit de toute obscurité, ma volonté de toute faiblesse et de toute insoumission, ma mémoire de tout imagination mauvaise mon cœur de toute inclination vicieuse, de toute passion et de tout défaut, etc.

Par la force et les mérites du Sang de Jésus, délivrez-moi de l’esprit d’orgueil, de haine et d’envie.

Je Vous recommande de même tous mes amis, toues les âmes en peine, tous ceux qui sont en péril de mort, les âmes du purgatoires. Délivrez-moi aussi de tous mes défauts, en particulier de tel ou tel dont je veux m’amender moyennant votre grâce. (8)

10- DEUXIÈME PARTIE

Plaie de Côté béni

Pieux exercices sur chaque Plaie du Christ en particulier.


Chapitre IV

Autre méditation sur la Plaie de Côté béni de Notre- Seigneur Jésus-Christ.

1 Écriture Sainte

«Mon Bien-Aimé est à moi, et je suis à Lui.» (cant. II,16.)

«Car je répandrai des eaux sur le sol altéré, et des ruisseaux sur la terre desséché.» (Is, XLIV,3.)

«Tu les amènera à la maison du Seigneur, dans une des chambres, et leur offriras du vin à boire.» (Jérém. XXXV.2)

«La source de la sagesse est un torrent qui déborde.» ( Prov. XVIII,4. )

«Pierre s'étant retourné, vit venir à lui le disciple que Jésus aimait, celui qui, pendant la cène s'était reposé sur son sein.» ( Saint Jean, XXI, 20. )

2 Préparation ou exercice de la présence de Dieu.

O Dieu très miséricordieux, Vous m'environnez et me pénétrez tout entier de Votre présence, moi, pauvre pécheur ! Hélas ! aveugle qu j'étais, quand, par mes péchés, j'osait offenser Votre divine Majesté qui est digne de tout respect !

Père, au nom des saintes Plaies de Votre Fils, pardonnez-moi, je Vous en supplie, pardonnez-moi et faites-moi miséricorde ! Je hais et je déteste tous mes péchés du plus profond de mon cœur, non pas tant à cause des peines qu'ils sont méritées, mais surtout parce qu'ils répugnent et déplaise à Votre suprême et infinie Bonté à qui revient tout honneur, tout amour et tout service.

Je veux commencer cette oraison par amour pour Vous, renonçant dès maintenant à toute pensée inutile qui pourrait me distraire de Vous, ne désirant qu'une chose : que Votre très aimable Volonté s'accomplisse en tout pour Votre plus grande gloire et Votre plus grand honneur.

3  Considérations et affections

Considérez, à la lumière de la foi nue et avec un cœur humble et reconnaissant, comment le soldat Login perça de Côté béni de vote Sauveur d'un coup de lance qui pénétra jusque dans son Cœur. Que cette Plaie est appelée la «blessure du Cœur» ou la «blessure d'Amour », parce que , par elle, toutes les âmes qui aiment Dieu trouvent accès au Cœur Sacré de Jésus, qui est la Fontaine de l'amour divin, d'où sorti l'eau pour nous purifier et le sang pour nous sauver. C'est ce qu'écrit saint Ambroise (1) : «Il en sortit de l'eau et du sang ; l‘eau qui lave et le sang qui sauve»

Et est une Fontaine pour tous ceux qui ont soif.

Vous avez soif des richesses ? Venez à cette Fontaine et vous y trouverez la source de tous les biens ; «Il est riche «envers ceux qui L'invoquent.» (2)

Vous avez soif des noblesse ? Vous y trouverez « le sang le plus royal, capable non seulement d'ennoblir votre âme, mais encore de la rendre divine : «Tout pourvoir m'a été donné au ciel et sur la terre.» (3)

Vous avez soif de santé ? Il sort d'elle «une vertu qui les guérit tous.» (4)

Votre pauvre âme pécheresse est altérée de miséricorde, de consolation, d'éternité ? Voici qu'Il est : «le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation» ( 5) Contemplez sur la Croix «le Fils de Dieu élevé comme le serpent dans le désert, afin que toute homme qui croit en Lui non seulement ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle» (6).

Les belles paroles d'or que saint Bonaventure laisse couler de sa bouche et de sa plume, méritent également d'être ajoutées ici :

«L'excès de son amour, dit le Saint (7), a ouvert son Côté, afin qu' lI pût nous donner Son amour. Oh ! bienheureuse la lance qui a pu nous créer une entrée semblable «Oh ! si J'eusse été à la place de la lance, jamais je n'aurais consenti à sortir du Côté de Jésus-Christ ; mais je me serais écrié : «C'est ici que j'habiterai, car c'est la demeure que je me suis choisie.» (8)

«Mais si maintenant je ne puis plus le faire de corps je veux du moins le faire en esprit. Il m'est bon d'être avec Lui ; en Lui et je veux faire trois tentes : une dans Ses mains, une dans ses Pieds, et une qui sera ma demeure habituelle, dans Son côté. C'est là que je veux me reposer, prendre mon sommeil, me réveiller, boire, manger, lire et prier… Là je parlerai à son Cœur et j'en obtiendrai tout ce que je voudrai. Là je me trouve dans une telle abondance de douceur, que je suis impuissant `a en donner une idée.

«Voilà que devant vous est ouverte la porte du paradis de délices ; voilà qu'en votre présence se découvre le trésor de la sagesse divine et de l'éternelle charité ; ne dédaignez pas d'y arriver par ces blessures.

Sainte Mechtilde voyant un jour la Plaie du Cœur ouverte, d'où s'échappait une flamme très vive, entendit Notre-Seigneur lui dire : «Entre, et revendique comme ta propriété ma Bonté incommensurable, l'amour et le désir que j'eus toujours de ton amour.» (9)

Mais, ô âme pieuse, tandis que je vous dis ces choses, il me semble entendre un soupir de douleur sortir de votre cœur et des paroles de découragement monter à vos lèves : Ah! mon être, je en suis point un saint Bonaventure ou une sainte Mechtilde, mes affreux péchés m'effrayent et j'oserais pas entrer dans le Sanctuaire auguste du Cœurs Sacré de Notre-Seigneur Jésus-Christ.»

A quoi je réponds : Chère âme, qui que vous soyez, ne craignez rien ; pour entrer dans le Cœur de Jésus, il ne faut pas être un saint, il suffit d'être humble. C'est pour les pécheurs que cette porte a été ouverte dans son Cœur, c'est pour les âmes malades et humbles que cet Hôpital est établie : «Ce ne sont point les biens portants qui ont besoin de médecin, mais les malades, car je ne suis pas venu appeler les justes, dit encore Jésus, mais les pécheurs.» (10)

«Va vite dans les places et les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux.» (11)

«Un grand nombre de publicains et des pécheurs vinrent prendre palace avec Lui et ses disciples» : «Celui-ci mange avec les pécheurs.» (12)

Au bienheureux Henry Suso, très découragé et assailli de criantes pour son salut à cause des péchés de sa vie passée, notre aimable Sauveur dit ces paroles : «Lève-toi et entre dans mes Plaies : elles sont les gages de ton salut et de ton bonheur éternel.»

Vous aussi, ô pauvre âme pécheresse, levez-vous, avec une foi vive en votre Sauveur, et une confiance inébranlable en Sa soif des âmes et en Ses mérites infinis. Venez avec une humilité profonde, un cœur contrit et un grand mépris de vous-mêmes, et entrez dans les creux du divin Rocher : «Les sacrifices de Dieu, c'est un esprit brisé; ô Dieu, Vous ne dédaignez pas un cœur brisé et contrit.» (13) Faites- Lui entendre la voix de vos saintes affections.

4- Intimes affections

Étant entré dans le Sacré Cœur, demandez, ô âme pieuse, avec une grande confiance, pardon de vos péchés. Offrez, à cet effet, à Son père miséricordieux la Passion innocente de Jésus pour vos peines méritées : Ses saintes pensées pour vos pensées criminelles : Ses salutaires paroles pour vos paroles inutiles et inconvenantes . Ses actions méritoires pour vos actions mauvaises ; Son obéissance, Sa pauvreté, Sa pureté pour votre rébellion, vos excès et vos impuretés ; Son humilité, Sa patience et Ses autres vertus pour votre orgueil, votre impatience et vos autres défauts Les Plaies de Ses mains, offrez-les pour les péchés de vos mains ; les Paies des Ses pieds pour les péchés commis par vos pieds trop légers à courir à des lieux défendus et trop lents à aller au service de Dieu et aux bonnes actions ; Ses saintes larmes pour la légèreté de vos yeux ; Ses bons exemples pour les scandales donnés à votre prochain ; Sa sobriété, Son jeûne, etc. pour votre gourmandise, votre intempérance, etc. «Mes petits enfants, dit le disciples bien-aimée (14), s'il arrive que quelqu'un pêche, nous avons pour avocat auprès du Père, Jésus-Christ, le Juste,» qui prie aussi pour nous (15), dit saint Paul, et qui peut sauver éternellement ceux qui s'approchent de Dieu par son entremise, étant toujours vivant afin d'intercéder pour nous.» (16).

On peut aussi entretenir doucement son cœur dans ces affections car un saint il abandonne et une humble soumission au bon plaisir divin, et, tenant les bras étendus ou croisés sur la poitrine, dire de temps en temps avec sainte Magdeleine de Pazzi : «O Jésus ! cachez-moi dans les Plaies de «Votre sainte Humanité !»

Ces affectueux désirs laissent beaucoup au Seigneur : car toutes les fois que la sainte disait ces paroles, ses traits s'illuminaient de reflets célestes et son cœur était percé des flèches de l'Amour divin.

Vous aussi, ô âme pieuse, du plus profond de votre cœur, désirant être blessée de semblables flèches, répétez souvent : «O Jésus ! au nom de Vos saints Plaies, blessez mon cœur des dards brûlants de vote Amour divin !»

O très doux Jésus ! grand ami des âmes, je plonge et enfonce ma pauvre âme et mon misérable corps, dans cette Plaie sacrée, et dans ce divine cœur transpercé pour moi : je m'offre, je me recommande et je m'en ferme dans Votre Cœur, avec tous mes amies vivants et défunts. Je Vous en supplie, faites couler de cette Fontaine divine un doux rafraîchissement sur les trépassés et que les eaux de Votre grâce descendent sur les vivants afin qu'ils puissent accomplir Votre sainte Volonté et promouvoir Votre gloire.

Au nom de cette Eau salutaire et de ce Sang divin sorti de Votre Cœur ; en vertu de Vos mérites infinis et de l'amour incompressible par lequel Vous nous avez ouvert ce Côté pour nous donner accès à Votre très doux et aimables Cœur, accueillez favorablement toutes mes pensées, mes paroles, mes actions, tous mes croix et mes souffrances. Je m'offre tout entier à Vous aujourd'hui.

O Mont très doux Jésus! permettez-moi eu je vive, travaille et me repose en Votre Cœur ; que je demeure abîmé dans Vote Amour. Et s'il Vous plaît que je meure aujourd'hui, voici que je confie mon esprit en cette Plaie sacrée. Que mon âme y repose en paix et que je demeure en l'amour de Celui qui est mort par amour pour moi. Ainsi soit-il.

Si quelqu'un se sent attiré à l'oraison de simplicité, dont nous avons parlé au chapitre troisième de la première partie, qu'il se mette comme Magdeleine avec une profonde humilité aux pieds ou au Côté de Jésus. Le regardant avec un simple regard de la foi. Qu'il entre dans les saintes Plaies avec un grand respect et qu'il se repose près du Cœur divin de Jésus qui est la fontaine de cet amour infini, riche en miséricorde et pleine de consolation, et qui nous crie : «venez à moi vos tous qui êtes fatigués et qui êtes chargés et je vous soulagerais.» (17) «Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à Moi et qu'il vive.» (18) Et puisse la véritable perfection de l'âme consiste principalement dans l'abnégation de soi-même et dans l'union parfaire de sa volonté à celle de Dieu, il suffit que l'âme se tienne donc ici dans un complet oublie de soi, sans s'occuper de ses propres intérêts ou de sa consolation personnelle, qu'elle y demeure dans une entière résignation et une profonde soumissions à la Volonté divine, se plongeant et s'abîmant en elle, s'abandonnant à Sa providence infaillible et éternelle et se montrant disposées à accepter volontiers et avec grande promptitude tout ce qu'il plaira à Dieu de lui envoyer, et afin d'affermir de plus en plus cette sainte résolution, si véritablement chrétienne, et de s'unir plus intimement à ce Cœur divin, elle pourra dire et redire doucement, mais du fond du cœur : O mon Jésus, en Vous se trouve tout ce que je souhaite, tout ce que je désire, tout ce que je veux, tout ce que j'aime. Que toutes les créatures se retirent et m'abandonnent, que m'importe «Mais au nom de Votre sang si pur répandu pour moi, ô mon Jésus, parler Vous seul à mon cœur. O mon Amour, agissez sur moi comme il Vous la plaît, je suis; à Vous, je m'abandonne, à Vous pour le temps et pour l'éternité.

O mon Dieu, mon Seigneur, mon Frère, on pas mon volonté, mais que dans cette infirmité, cet ennui, etc.., la Vôtre se fasse en Votre serviteur, etc.

O âme pieuse, essayez quelques fois, par la grâce Dieu vous donnera, cette manière de prier que je recommande ici, principalement après la sainte Communion, ou dans la récollection du soir ou du matin. Mais exercez-vous y avec humilité et persévérante et vous expérimenterez combien Dieu est doux, combien Ses ordonnances éternelles sont dignes d'être embrassées avec amour, combien Son bon plaisir divin est aimable même au milieu des souffrances, des vexations, des persécutions que Son Cœur paternel nous envoie comme des parcelles de la Passion très amère de Son Fils unique, lesquelles vous recevrez de grand cœur comme célestes faveurs.