DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?

Allez voir cette page

Dieu-t-appel-a-devenir-pretres-mais-ou-aller.html

Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
L'oraison simplifiée
Titre de la page:

Maniere-de-faire-meditation

Nom de l'auteur:
Père Mathias Croonenborgh. o.f.m.
Traducteur Père Évarististe Coopens, o.f.m.

 

 

1- Première Partie

Préface simplifiée

De la manière de faire oraison

Préface


Tout prêtre, pour peu qu’il ait eu contact avec les âmes et entendu leurs confidences, aura expérimenté combien de personnes pieuses, d’ailleurs excellemment disposées, se plaignent de ne pas savoir méditer. Le mal, peut-on dire, est général. Ces âmes aiment Dieu, elle ne demandent q’à Le bien servir, elles ne manque pas d ‘une certaine vie intérieur. Mais à peine se sont-elles mise en devoir de faire oraison, leur cœur se ferme, leur esprit se paralyse ou se perd en distraction sans fin ; on dirait que méditer soit devenu pour elle « l’art de ne pas prier ».C’est à ces âmes simples et de bon vouloir que s’adresse cet ouvrage. Le P. Croonenborgh veut leur montrer que méditer n’est pas aussi difficiles qu’elles s le figurent.L’oraison, n’était qu’un « cœur à cœur avec Dieu », consiste simplement en ceci : se mettre en présence de Dieu, ou plutôt se rappeler par la foi que Dieu est présent, et, cela fait, s’entretenir affectueusement avec Lui, Lui parler de nos peines, de nos joies, de nos projets, de nos désirs. Lui redire os amour et écouter Sa voix ; c’est la visite d’un ami à un ami.L’oraison est donc avant tout œuvre de la volonté et du cœur. Cela étant, la méthode propose si méthode il y a sera forcément simple et à la porté de tous, ignorants ou savants, et ne demandera que l’exercice, possible à tous, de ces deux facultés, avec le minimum d’action intellectuelle, un simple regard de foi requis pour les mettre en action.Vos voulez faire oraison? Rien de plus facile. Par un acte de foi, mettez-vous donc, comme il vient d’être dit, en la présence de Dieu, puisque c’est avec Lui que vous désirez vous entretenir. Puis faites une courte considération sur le mystère auquel vous voulez « accorder » votre oraison.

Ceci n’exige point un esprit subtil et pas n’est besoin de faire de longs discours : l’intelligence y a très peu à faire. L’auteur insiste sur ce point et y revient à maintes reprises : ces belles considérations peuvent être très utiles aux prédicateurs, mais elles n’aident guère dans le prière. La foi doit être le seul maÎtre : « Celui qui connaît toutes les vérités du Credo a assez de connaissances pour aimer » donc pour faire oraison.Après avoir, à la lumière de la foi, considéré brièvement le mystère choisi, laissez votre cœur s’émouvoir aussitôt des affections qu’y suscite cette contemplation ; provoquez-les au besoin. Parlez à Dieu, de cœur et de bouche, pour Lui exprimer ces sentiments. Parlez-lui de vous-même, de vos affaires, parlez-lui de vos affaires, parlez-Lui surtout de Ses intérêts, à Lui ; et nous voici dans le « corps » de la méditation, dans sa partie essentielle : le colloque, le cœur à cœur avec Dieu.Et les résolution ? Elles ne font qu’un avec les affections. Peut-on, en vérité, parler sincèrement à Dieu sans ressentir le besoin de Lui prouver son amour ? Vingt fois donc, au cours du colloque, nous aurons eu l’occasion de à dire à Notre Seigneur- qu’à l’avenir nous L’aimerons davantage, vingt fois nous Lui aurons demandé pardon de nos fautes, et , sous Ses yeux, nous aurons pris l’engagement de n’y plus tomber. Et les résolutions nées de ces affections n‘en auront que plus d’intensité et de vigueur.Qui ne voit combien cette méthode est psychologique, humaine, naturelle, et partant profitable ? N’est-ce pas ainsi qu’on fait entre amis? Préparer-ton, pour ces visites-là, des « sujets de conversation » ? Prend-t-on des attitudes ? Traite-t-on, de matières de hautes spéculation ? Et, l’on s’embrasse puis l’on cause, De quoi ? De toute et de rien, surtout de son amitié, si elle vive et profonde. Puis, si L’on ne se dit ;us rie, on se sourit. Voilà tout, Pourquoi en agirait-on autrement envers Dieu, l’Ami souverain ?L’oraison la plus parfaite est celle où l’on réfléchit le moins : le P. Croonenborgh ne se lasse pas de revenir sur cette idée. Si l’on doit penser, méditer, réfléchir, c’est avant ou après qu’il faut le faire, c’est à l’heure de la lecture spirituelle, c’est n’importe quand, mais pas au moment de l’oraison. (1) L’auteur s’attaque directement à ceux qui voudraient compliquer l’oraison, en faire quelques chose de spéculatif, de difficile, d’artificiel : « Laissez donc hardiment, croyez-moi, tant d’autres livres avants pleins de toutes sortes de méditations, de hautes doctrines et de matières sublime ». IL rencontre et réduit, en deus lignes l’objection de ceux qui préconisent exclusivement la méditation discursive : « Qu’importe qu’on abandonne le grand chemine pour couper au court et arriver plus vite et plus sûrement à Dieu qui est l’unique objet de l’oraison ? » et il se porte garant de son procédé : Faites, et vous verrez par les fruits que vous ne vous êtes pas trompés. »Deux caractéristiques de cette méthode : D’abord, au rebours de la méditation discursive, elle donne le pas à la volonté et au cœur sur l’intelligence : d’où sa facilité.Ensuite elle est bonne pour tous, débutants comme contemplatifs, chacun pouvait l’a propriété à son état spirituelle. Pourquoi ? Simplement parce qu’elle est humaine et représente le mouvement spontané de l’âme : C’est ainsi que nous prierions si on ne nous l’avait pas appris.« Oui , monsieur le curé disait le P. Poulain à M. Letourneau, curé de Saint- Sulpice, reconnaissons-le, sulpiciens et jésuites, depuis de longues années, nous avons top comprimé les âmes et les astreignant à une méthode trop compliquée dans l’oraison mentale. Nous avons voulue leur marquer absolument trois préludes, trois considérations , trois examens, trois colloques, trois résolutions, trois retours sur l’oraison.

Nous avons fatiguée beaucoup d’âmes par ce mécanisme. Nos devons les laisser marcher par les voies plus affectives. » Voici du reste comment, dans sa préface, le P. Croonenborgh, non sans quelque malice, présente lui-même son livre :« Beaucoup de personnes, de nos jours, se plaignent de ne pas avoir méditer, et cela non point faute de préparer la matière ou d’observer tout ce qui est prescrit, mais parce qu’elles oublient les points qu’elles ont préparés et toutes les autres choses qu’on leur a imposée pour méditer parfaitement, ou qu’elles ne savent comment s’y prendre pour développer ces points par l’examen de leurs diverses propriétés ou par un laborieux travail de l’esprit : et à cause de cela elles passent souvent le temps de la prière d’une façon inutile. C’est pourquoi je propose ce petit livre une manière de s’initier à la prière et de pratique une oraison tout intime qu’une âme simple peut aisément comprendre et, avec la grâce de Dieu, pratique avec fruit, et qui est suffisante pour la conduire à la perfection chrétienne, car elle s’attache plus à leur montrer commet elles doivent, par de saintes affectons, exciter leur volonté à l’amour de Dieu plutôt que de faire de hautes spéculation de Esprit, elle leur apprend comment elle doivent unir leur cœur à Dieu et à Sa sainte Volonté ce en que quoi consiste la vraie perfection.« C’est pour ce motif que Jean Landsberg, avec beaucoup de raison, commence son livre Le carquois de l’Amour Divin par ces paroles ; « Bien que les saints nous aient montré divers chemins pour arriver à la perfection de l’Amour et que tous conduisent au même terme, il semble cependant que celui que Saint Denis L’ Aéropagite, est plus d’un autre après lui, nous enseignent, est le plus facile et le plus court, savoir : que l’âme lance sans cesse vers Seigneur de vives affections, soupirant après Lui, Lui parlant, cherchant à Le toucher et à s’unir à lui, ce qui ne s’apprend non par la multitude des discours ni par la subtilité des discussions, mais par l’épanchement du cœur en Dieu qui produit dans l’âme un désir constant de l’aimer et de Lui plaire d’une manière parfaite.» Ces avertissements n’ont rien perdu de leur actualité. » Je parle sans parti pris de critique, écrit le P, Louismet (2), mais c’est ma conviction profonde, ancrée en moi par des observations prolongées pendant plus d’un demi-siècles, que la méthode tient une trop grande place dans leurs préoccupations de la piété moderne. Certain écrivains semblent y mettre le dernier mot du culte divin. On fait de la méthode une fin, tandis qu’elle n’est qu’un moyen, et encore un moyen purement artificiel. Des directeurs, avec la meilleure des intentions évidement, s’en sont servis comme d’un instrument de domination spirituelle pour lier et garder sous leur autorité et retenir sur le seuil des âmes que le Saint Esprit pressait d’avancer, de courir, de voler aux plus hauts sommets de la divine contemplation.

« Certes, que celui qui sent le besoin d’une méthode en fasse usage; et qu’il s’en serve aussi longtemps qu’il la trouvera utile ; cependant il fera bien de la mettre du côté aussitôt qu’il pourra s’en passer. Un homme qui a dû quelques temps se servir de béquilles, est trop heureux de les remiser dès qu’il n’en a plus besoin.« Dans la recherche de Dieu dan ses rapports avec Lui, que le fervent chrétien adopte le plus vite possible le sans-cérémonie du petite enfant ». Cependant le P. Croonenborgh ne se pas d’illusion ; quoi que l’on fasse, l’oraison aura toujours des difficultés, ses peines et ses ennuis. D’abord si l’on n’y prend grade, l’âme elle-même mettra souvent obstacle à l’intimité avec Dieu, si, hors de l’oraison elle se dissipe, ne pense guère à Lui et se laisse absorber par la « bagatelle ». Et puis, quelques que soient les soins que l’on prenne à rester unie à Dieu, et malgré la fidélité à grâce, ils survient de jours pénibles où l’oraison pèse et où le cœur reste froid et insensible. De là deux chapitres d’un grand intérêt pour tous ceux qui veulent tirer profit de l’oraison ; Quelques conseils pratiques, aideront à faire de grands progrès spirituelles ( IV) ou comment il faut passer la journée en union avec Dieu ; et Des distractions et aridités et de leur remèdes ( CH. V).Enfin, pour rendre son enseignement plus assimilable et plus concret, le Père présente sa méthode sous la forme de la dévotion, fort en honneur autrefois (pourquoi l’ a-t-on oubliées ?) aux saintes Plaies de Notre-Seigneur Jésus –Christ. Et il développe lui-même, à la fin de son livre, quelques exemples de méditation qui pourront servir de modèles aux débutants. Rien évidemment ne nous empêche de prendre d’autres mystères comme sujets de contemplation ; i nous y invite lui-même formellement. Son seul but est de nos initier à sa méthode, que nous pourrons appliquer à n’importe quel objet selon que les dispositions de notre cœur ou le fêtes de l’année liturgique nos y inviteront. Toutefois, la Passion du Christ a ses préférences : parce qu’il est fils de saint François, sans doute mais aussi et surtout parce qu’ainsi il se rattache aux grandes écoles de spiritualité.On n’a pas assez remarqué combien l’école franciscaine, comme d’ailleurs l’école bénédictines, est traditionnelle. Peut-on, à vrai dire, parler d’écoles à leur propos? Elles ne le sont devenue que par confrontation avec d’autres plus nouvelles. La spiritualité franciscaine n’a jamais prétendu rien inventer ; elle est simplement catholique, elle n’a fait que puiser aux antiques sources de la piété chrétienne, s’efforçant¸ de garder intacte une tradition qui était l’âme séculaire de l’Église, tous son apport a été de lui infuser une jeunesse séraphique qui sont son âme propre. Il est suggestif à ce propos de voir les citations du P. Croonenborgh : saint Augustin, saint Bernard, sainte Gertrude, saint Bonaventure, sainte Thérèse, saint François de Sales, dont il recommande particulièrement la lecture : Les Pères, les Docteurs, les Saints, sans distinction d’écoles, voilà les maîtres dont il se réclame, qu’il a étudié et aimés et auxquels il a demandé sa doctrine.

Rien ne pourrait nous inspirer plus grande confiance en celle-ci.Le livre parut en flamand vers 1670. Le titre complet portait : FONTAINE DE L’AMOUR DE JÉSUS CRUCIFIÉ CONTENANT UN ENSEIGNEMENT FACILE POUR PRATIQUER LA PRÈRE INTÉRIEURE DE LA MÉDITATION SANS GRAND TRAVAIL NI APPLICATION D’ESPRIT, AVEC UN EXERCICE JOURNALIER AUX CINQ PLAIES SANGLANTES DE JÉSUS-CHRIST-AINSI QU’UN ENSEIGNEMENT TRÈS UTILE POUR CONSOLER ET FORTIFIER LES MALADES, par le R.P.Fr. Matthias Croonenborgh, gardien du couvent des Frères Mineurs récollets de Boetendael, près de Bruxelles. Publié à Bruxelles, chez Jacques Van de Velde, dernière la maison de ville, à Saint –Augustin.

Il était dédié à « très illustre très vertueuse Dame, Madame Françoise de Boussu, abbesse du célèbre monastère de La Cambre, de l’ordre de Saint-bernard, et à tous ses dévotes religieuses. »Il est aussitôt un très grands succès. On peut s’en rendre compte par ce qu’écrit l’auteur dans la préface de la 5ième éditions parue en 1767 : « J’ai été très consolé et grandement réjoui dans le Seigneur en apprenant de diverses personnes digne de foi que ce petit livre, avec ses courts exercices, a été lui par beaucoup parmi lesquels des savants et des hommes très versés dans la vie spirituelle, et qu’ils l’on pas seulement lu avec plaisir et hautement estimé, mais aussi ce qui est bien le plus important employés avec un grand profit pour leur âme. » Le succès ne s’arrêta point là, dès le début le livre avait été traduit en français et en allemand, et il continua pendant plus d’un siècle et demi à se répandre par milliers d’exemplaires et à avoir de nombreuses rééditions. Il survécut même, fortune assez, rare , à la Révolution française et fut encore imprimé en 1826. Depuis, malheureusement, il tombe, lui aussi, dans l’oublie. On connaît les cause de cet abandon de la tradition ; d’une part les rares prêtres et religieux échappés à tournante se trouvèrent débordés et durent aller au plus pressé ; au lieu de renouer avec le passé, on trouva plus simple de s’en tenir à la méditions méthodique, qui était resté en honneur. D’autre par, un esprit nouveau étai né ; on avait fait table rase des traditions, et l’on se prit à rêver de méthodes nouvelles, plus scientifiques, plus psychologique, que sais je ? Ce ne fut pas toujours pour le plus grand biens des âmes. « On se prend à regretter écrivait le vénéré Cardinal Mercier, d’avoir passé tant de temps à chercher ailleurs des leçons de spiritualité, alors qu’ il serait simple de se mettre à l’école de saint François, dans la contemplations de Jésus crucifier .» Nos croyons donc faire ouvre utile de remettant en honneur un livre qui est si bien dans la tradition, et qui est appelé, nous Nen doutons pas, à faire encore beaucoup de bien.La vie du P. Croonenborgh ne nous est guère connue, nous savons qu’i fut à deux reprises Supérieures du couvent de retraite de Boetendael ; puis professeur de philosophie et confesseur de plusieurs communautés religieuses, et qu’il mourut à Ruremonde en 1684, religieux de la province franciscaine de la Basse-Allemagne (4) , il vécut à l’une des meilleurs époques, en cet âge de plein renouveau mystique qui produisit, principalement dans son ordre, des hommes éminents. Il fut le théologien de cette école. De 1670 jusqu’à sa mort, il publia une série d’ouvrages ascétiques qui tous témoignent de grandes qualités de fond et de forme, et qui tous eurent un grand nombre d’édition. (5 ) Nous avons traduit du flamand sur la 5ième édition de 1676, « considérablement augmentée et amélioré » par l’auteur, tout en consultant une édition française portant l’imprimatur de 1672 ; probablement une traduction faite sur la première édition flamande. Celle-ci toutefois, bine qu’elle ne présente guère d’importantes variantes et qu’elle suive assez fidèle et le texte original, est loin d’en avoir les qualités littéraires.

Car le P. Croonenborgh n’est pas seulement un homme de science et d’expérience, mais encore un excellent écrivain, il manie à merveille une langue aussi précise que charmante, claire, concise, pleine de cette saveur propre au vieux flamand et qu’il est malaisé de rendre en français moderne.Il est surtout concret : on sent, qu’il connaît les âmes, et que son livre a été vécu avant de sortir de sa plume. On le voudrait peut-être plus tendre par moments, plus affectueux, plus séraphique dans ses méditations. Cela est voulue, peut-être. Il est didactique ; tout en méditant il ne perd pas l’âme de vue, il s‘interrompt pour voir si elle suit. C’est pour ce même motif qu’il ne criant pas de se répéter : il n’a pas qu’une ambition, celle de faire du bien ; le reste ne lui chaut guère.Nous nous sommes efforcé de suivre le texte de très près, par respect pour l’auteur et parce qu’il serait difficile de mieux dire que lui. Mais nous avons cru bon de faire quelques coupures et modifier considérablement la disposition des matières, afin de les mieux grouper, de mettre mieux en valeur la doctrine du P. Croonenborgh et d’effacé l’impression de bavardage que laissait par endroit la lecture du texte original. Comme le pieux auteur, nous ne voulons viser qu’à faire aux âmes le plus de bien possible. Il ne nous a en voudra pas, pensons-nous, d’avoir tenté de corriger son ouvrage de certaines redites et d’une présentation un peu disperse qui eussent pu rebute le lecteur moderne.Et quand à celui-ci, nous le prions de ne pas perdre son temps à faire de ce livre une critique de texte, mais de n’y chercher à son tour que cette unique chose : le bien de son âme. Et nous lui répétons, avec le bon Père Croonenborgh :« Et maintenant, cher lecteur, acceptez avec bienveillance ce petit travail que j’ai fait pour la gloire de Dieu et pour aider et soutenir les âmes qui cherchent à prier Dieu en esprit et en vérité, afin que les puissent s’enflammer davantage en Son amour et s’écrier avec l’Apôtre Saint Paul (6) : « Je vis, ou plutôt ce n’est plus moi qui vis, mais c’est Jésus –Christ » ; par Lequel je vous prie « de vous souvenir de moi quand vous-même aurez acquis ce bonheur, et d’avoir la bonté d’intercéder auprès de Lui ainsi qu’il me délivre de cette prison (7) » de péché, qu’il me rendre la liberté et me place dans la paradis de son délicieux Amour.» P. Évariste Coppens.


Le 10-03-2007 moi Mme Denise Christiaenssens o.f.s.erm. ermite franciscaine du Canada a bien voulue mettre ce petit livre sur Internet pour que le travail du P. Croonenborgh ne soit pas perdu à jamais mais encore utile aujourd’hui et jusqu’à la fin du monde, naturellement je ne serais plus là. Que ce petit livre touche les âmes et les conduisent vers Dieu Trinitaire

2- Première Partie

Que toutes les âmes chrétiennes

De la manière de faire oraison

Chapitre I

Que toutes les âmes chrétiennes devraient chaque jour se retirer spirituellement en l’une des très saintes Plaies du Christ . (1)

De tous temps les grands saints et les parfaits amants de Jésus crucifié «qui nous a été fait sagesse de Dieu, justice, sanctification et rédemption» (2) ont montré le plus profonde dévotion et l’amour le plus tendre pour sa très amère ». Passion et ses très saintes Plaies. Et, comme les cerfs ont leurs halliers et leurs taillis pour s’abriter, ainsi ils choissent les Plaies sacrées de Jésus pour asile et refuge ; ils s’y retirent matin et soir, et, semblables à la colombe dans le creux du rocher ou au passereau sous le toit, ils s’y reposent et y font leur demeure, afin d’y être, sous la protection du Dieu du Ciel, «préservés de la flèche qui vole pendant le jour, des fantômes qui rôdent dans les ténèbres et des incursions du Démon de midi» (3) c’est-à-dire protégés contre toute embûche et tout danger.C’était ce lieu de repos qu’avait élu le saint comte Elzéar, au point que son épouse Delphine ne put jamais le trouver ailleurs. C’étaient ces mêmes Plaies que saint Augustin, lui aussi, avait choisies et dans lesquelles, parmi toutes ses angoisses, il mettait une confiance inébranlable et l’espoir de son salut. C’est dans ces Plaies encore qu’habitait la Bienheureuse Jeanne de Valois, fondatrice de Annonciades (4) ; elle les appelait se fontaines spirituelles, disant souvent qu «une âme qui ne vient pas au monde une fois le jour, y puiser les eaux des grâces divines, ne mérite pas le nom de dévote». Tous les chrétiens devraient avoir à cœur cette douce dévotion, cette sainte élection des Plaies sanglantes du Christ que leur ont ouvert les portes eu Ciel et qui les ont purifiés par le sang précieux qui en découla. C’est pourquoi saint François de Sales, ce grand maître de la vie spirituelle, nous conseille ce saint exercice : «Comme les oiseaux, dit-il, ont leurs nids sur les arbres pour y faire leur retraite quand ils en ont besoin : ainsi nos cœurs doivent prendre et choisir chaque jour quelques place dans les Plaies de Notre-Seigneurs, pour y faire leur retraite, où, s’étant allégés des affaires extérieures ils puissent, comme dans un fort, se défendre contre toute tentation….» (5).Le savant et pieux Tauler (6) conseille également à toutes les âmes chrétiennes de se plonger dans les saintes Plaies, qu’il appelle les portes de l’héritage éternel, et, par là, de pénétrer dans son Sacré-Cœur :«Réfugiez-vous, dit-il, avec tout ce que vous êtes, dans son doux Cœur, dans ce lit délectable de l’Époux, qu’il tient ouvert à tous ceux qui veulent Lui donner leur cœur et où Il désire les presser ans les bras de son saint Amour.»

«Dans ce Cœur apprenez à vous renoncer, à vous perdre et à vous mépriser de touts manière, dans le bien et dans le mal, dans la richesse et dans le dénuement, dans le temps et dans l’éternité, selon que le bon plaisir de ce divin cœur en aura dispersé sens vous en toute créature ; comme fit sa très digne Mère de la façon la plus parfaite.»

«Dans ce Cœur, offrez au Père Céleste Sa Passion innocente pour vos souffrances méritées, Ses pensées saintes pour vous pensées mauvaise, Ses paroles bienheureuses pour vos discours nuisibles ; de la sorte Son humilité, Sa douceur, Sa patience, Son amour, etc, supplieront entièrement ce qui vous manque en ces vertus.»

Notre-Seigneur enseignant d’ailleurs Lui-même à plusieurs saints cette dévotion à ses Plaies sacrées. Lisez au chapitre vingt-quatrième du premier lire de sainte Mechtilde (7) comment la sainte, sur le conseil et l’invitation du Sauveur, baisant la Plaie des pieds, Lui fit l’offrande de tous ces désirs, les unissant aux désirs de Jésus-Christ afin que par cette union ils fussent complètement purifiés. Dans la Plaie de la main droite, elle mit toutes les fautes qu’elle aurait pu commettre dans la vie religieuse. Baisant de la Plaie de la main gauche, elle y plaça toutes ses peines et afflictions, afin quelles s’adoucissent au contact des souffrances du Christ. Dans la Plaie du Cœur, elle jeta tout son amour et toutes ses affections afin d’enflammer son cœur du feu de l’Amour divin comme le feu devient incandescent par le feu.

Une autres fois (8) la même sainte vit le Seigneur descendu de la Croix, reposant sur le sien de la Bienheureuse Vierge Marie qui disait (9) : «Approche, baise les Plaies salutaires que mon doux Fils a reçues pour ton amour. Imprime trois baissers sur son Cœur très bienveillant, en Lui rendant grâces pour l’effusion actuelle, passée et à venir, qui découle de ce cœur sur toi et sur tous les élus. En baisant la plaie de sa main droit, tu Lui rendras grâces de ce que cette main vient t’aider et coopérer à toutes tes bonnes œuvres ; en baisant celle de la main gauche, de ce que tu y trouves toujours un refuge assuré. Baise aussi la plaie de son pied droit, en Le remerciant du désir ardent que l’a fait courir après toi tous les jours de sa vie ; baise celle de son pied gauche, parce que tu y trouveras la rémission des tes péchés.»

Au chapitre suivant, la sainte, inspirée par l’Esprit -Saint, donne encre ce conseil à celui qui veut renouveler la mémoire de la Passion du Seigneur ; «Qu’il rendre des actions de grâces à Dieu, qui nous a donnée les plaies de son Fils comme bain salutaire, comme fleuve de paix, comme torrent de grâces et comme remède surtout de ce que la blessure de son doux Cœur a fait jaillir, sur nous l’eau vivifiante et le vin enivrant, c’est-à-dire le sang du Christ et l’abondance infinie de tous biens» (10)

Âme dévote, si vous voulez bien faire, suivez, vous aussi, ce conseil, car le Sage a très bien dit (11) : «Écoute, mon fils, et reçois ma pensée et ne rejette pas mon conseil»

Si simple que vous soyez, vous pouvez ainsi, sans grande difficulté ni grand travail d’esprit, trouver chaque jour dans la dévotion aux saintes Plaies une manière toute prête pour méditer parfaitement.

On m’objectera peut-être qu’à s’en se tenir à cet exercice sur les saintes Plaies l’âme négligera beaucoup d’autres sujets d’oraison pourtant très utiles.

Ce à quoi je réponds : Si de bonnes âmes ne savent méditer que sur les cinq Fontaines de sang ou ne trouvent d’attrait ou de goût dans aucune autre matière, pourquoi ne pourraient-elles pas y demeurer journellement et y progresser à l’exemple de saint Bonaventure, de saint Bernard de saint François et de bien d’autres, qui, comme des colombes spirituelles, séjournèrent toute leur vie dans les creux de ce divin rocher ? Puisque l’Époux divin y invite toutes les âmes pieuses, leur disant au Cantique (12 ) : «Lève-toi, ma colombe et viens dans le creux du rocher, montre-moi ton visage, et que ta voix résonne à mes oreilles.» Ce que saint Bernard (13) commente de la sorte. : «Ces creux du rocher où habite la colombe et où le passereau fait son nid signifient bien les Plaies de notre Sauveur. Ah! Que le monde hurle contre toi, ô âme chrétienne, que ton corps t’oppresse, que le démon te poursuivre, ne crains rien : dans ces Creux accueillants l’âme es en sûreté.»

Non, nous ne pouvons pas blâmer ces âmes quand on voit saint Paul, malgré la vaste science infuse qu’il avait de tous les mystères, ne méditant que sur ces Plaies en s’en glorifiant auprès des Galates (14) : «Qu’à Dieu ne plaise que je me glorifie en autres choses qu’en la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ.»

Je réponds deuxièmes que mon intention n’est pas d’astreindre qui que ce soit à cette seule matière ni à cette unique méthode d’oraison. Si une âme se trouve portée à quelque autre matière ou méthode de méditation, elle peut certes les adopter en leur temps. Je dis seulement, que ces saints Plaies sont comme le pain quotidien : ajoutez-y comme condiment telle matière qu’il vous plaira ou que votre directeur vous suggérera. Ces Plaies sacrées vous serviront de sujet ordinaire où vous trouvera toujours assez de matière pour méditer et par bien faire votre oraison, même quand les livres vous manqueront tout que vous n’aurez ni chandelle, ni lunette, ni esprit pour lire ou chercher autre chose.

Nous devons aimer tous les exercices de dévotion, mais puisque nous en pouvons pas, comme dit très bien saint François de Sales (15), les pratiquer tous, il sera très utile que chacun choisisse un exercice particulier, non pour mépriser les autres ou pour les délaisser complètement, mais pour s’y mieux appliquer et y être plus attention. Quiconque s’adonnera à celui-ci avec amour et grande ferveur peut arriver à la perfection des vertus.

L’exercice des saintes Plaies est le plus excellent et le plus facile qu’on puisse pratiquer (16). On y trouvera toujours sujet à la joie ou à componction : car sinon nous considéreront ces Plaies telles qu’elles sont maintenant, glorieuse, brillants, projetant des rayons d’amour et de miséricorde, nous y trouverons matière à grande allégresse ; si nous les contemplons en Jésus au moment où IL les reçut au Clavaire, dans les plus atroces douleurs, et cela pour nos péchés, de cette vue jaillira la tristesse et l’horreur du péché.

Oh ! si Jésus crucifié était notre seul livre et Ses cinq Plaies vermeilles notre leçon journalière, quelle ample lumière nous y trouverions sur tous les mystères ! «Voulez-vous vaincre vos ennemis et être consolé dans l’adversité ? Voulez-vous persévérées dans les bonnes œuvres, mourir saintement et vous réjouit éternellement ? Méditez le Vie et la Passion de Jésus» : Car une âme qui fait cela est éclairée pour connaître la volonté de Dieu, est exaucée dans ses prières et a son nom inscrit dans les très nobles Membres du Christ : dans ses Mains pour être assistée en toutes ses nécessités : dans ses pieds pour rester toujours avec Lui; dans son Cœur pour ne jamais L’oublier. Et même un homme qui aurait toujours vécu avec négligence, mais qui à la fin s’adonnerait tous les jours à cette dévotion de la sainte Passion, pourrait gagner plus de mérites qu’un autre qui n’aurait jamais eu cette dévotion, bien que depuis son jeune âge il se fût appliquée à beaucoup d’autres exercices de piété.

Laissez donc hardiment, croyez-moi, tant d’autres livres savants plein de toutes sortes de méditations, de hautes doctrines de manière si sublimes, alors que le Saint-Esprit vous présente ce livre de Jésus crucifié, qui surpasse tous les livres de dévotion, contient l’abrégé de la Loi et des Prophètes et vous « enseigne la voie de Dieu en Vérité (17). Je suis la Voie, dit Jésus la Vérité et la Vie. Personne vient à mon Père sinon par Moi (18). Je suis la Porte : si quelqu’un entre par Moi, il sera sauvée, il entra, il sortira et il trouvera les pâturages sacrés (19).»

Aussi, pour clore ce chapitre, ne puis-je mieux faire que de chanter avec le poète Néerlandais :

La Croix où pend le Christ sanglant
Est un Livre où tout est écrit.
Elle est l’Esprit, la Clé, le Tout
Lis-le, il t’y sera donné
Le vrai trésor de la Sagesse.