DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?

Allez voir cette page

Dieu-t-appel-a-devenir-pretres-mais-ou-aller.html

Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
Itinéraire de l'âme franciscaine.
Titre de la page:

La liturgie vie du Corps mystique

Nom de l'auteur:
P.Léon.Veuthey.o.f.m.conv

 

 

Livre second-Étape-
La vie ascétique dans le Christ

La pauvreté franciscaine

La doctrine de la vie spirituelle se divise généralement aujourd’hui selon les trois voies, purgative, illuminative et unitive.

La première consisterait dans la purification du péché ;
La seconde dans l’imitation du Christ ;
La troisième dans l’union à Dieu.

L’on croit que cette division est essentiellement bonaventurienne, puisqu’elle forme le titre de son fameux petit traité ascétique et mystique : De triplici via. Il n’en est rien cependant, Saint Bonaventure conserve la division traditionnelle, scolastique des trois degrés de la vie spirituelle ; celui des commençants, des progressant et des parfaits.

La division en voies purgative, illuminative et unitive n’est pas identique à celle des degrés, comme on l’a cru. Pour le Docteur Séraphique, en effet, les trois voies ne sont pas successives mais parallèles et elles valent pour chacun des degrés, pour celui des commençants, comme pour Celui des progressants et des parfaits, de sorte qu’à chaque degré la vie spirituelle, l’âme monte vers Dieu, simultanément par trois voies parallèles (1).

Et cela est beaucoup plus franciscain et plus conforme à la réalité ; la purification du péché, de l’imperfection et de la nature ne s’arrête pas aux commençants, elle dure toute la vie ; de même il serait faux de ne pas proposer déjà aux commençant, elle dure toute la vie ; de même il serait faux de ne pas proposer déjà aux commençants l’exemple et l’amour du Christ qui leur donnera la force de rompre avec le péché ; car celui-ci est vaincu précisément par la vertu contraire et dans la force de l’amour qui nous unit à Jésus, nous rends participants de sa force, de sa vertu, dans un perfectionnement surnaturel qui ne vient pas de nous, mais de lui, en nous.

3- C’est pourquoi l’itinéraire franciscain de l’âme commence avec un regard sur le Christ et nous propose l’union avec Lui, dans l’imitation extérieure et l’identification intérieure, comme but à atteindre dans le voyage vers la perfection.

Il propose le but à atteindre et les moyens positifs surnaturels pour y parvenir avant de parler des moyens négatifs, ou de la purification, car l’homme agit pour un but et pour un idéal positif ; et un moyen négatif ne peut l’attirer qu’en vertu d’un idéal positif. Après avoir montré le but (l’union au Christ), et les moyens positifs qui y conduisent, nous pouvons donc maintenant parler des moyens négatifs.

Saint François a d’abord contemplé le Crucifix, et il a vu le but à atteindre ; mais, dans la nudité du Crucifié, il a compris aussi que pour arriver à l’union et à l’identification avec le Christ, il faut se dépouiller de toute pour amour pour Lui. Et ce fut l’idéal de la sainte Pauvreté, qui renferme toute l’ascétique franciscaine.

Car, pour François, la pauvreté n’était pas un simple idéal négatif de dépouillement : C’était un dépouillement par amour, pour s’unir au Christ et devenir «un» avec Lui, et il savait que la pauvreté n’a de valeur que par l’amour qui l’inspire ; qu’une pauvreté purement extérieur d’ostension peut être une source d’orgueil et de péché.

Sa pauvreté comprend la charité parfaire : elle ne juge, ne méprise et ne condamne personne.

Elle n’est point orgueilleuse, mais elle est, au contraire, l’humilité parfaite : la pauvreté, c’est le renoncement à tout, qui ne servirait de rien s’il ne comprenait le renoncement au «moi» dans l’humilité.

4-L’intuition mystique de la pauvreté fut pour François le sentiment que l’âme est faite pour Dieu dans son unification au Christ et que toute attache à quelques bien, à quelque créature ou à soi-même s’oppose à cette union au Tout. Dès lors, l’idéal de dépouillement, source de la liberté parfaire de l’esprit qui, détaché de toute, pourra s’attacher à Dieu.

Oh! beauté de la pauvreté franciscaine, de la liberté franciscaine des «enfants de Dieu» ! Milles attaches terrestres empêchent l’envol de l’âme vers en Dieu qui seul peut la satisfaire; rompre ces liens, d’est donc la source de la joie et du bonheur, la source du vrai amour, de l’union avec le Bien-Aimé, avec l’Amour !

C’est ce que disent les «Actes du Bienheureux François» ; «Car la pauvreté est cette vertu céleste qui foule aux pieds tous les choses terrestres et transitoires et supprime tous les obstacles qui s’opposent à ce que l’âme humaine s’unisse librement à son Dieu. La pauvreté fait que l’âme, a déjà pendant sa vie terrestre, a déjà par à la vie des anges dans le Ciel» (2).

La pauvreté franciscaine sera essentiellement un détachement parfait de toutes les choses créées dans la parfaite indifférence envers leur perte ou leurs acquisitions, dans la promptitude aussi à partager son bien avec celui qui manque du nécessaire.

La parfaite imitation du Christ demande en outre l’élan d’amour vers le dépouillement réel qui prend, en Lui, valeur de Rédemption, de mortification et de réparation, comme il dispose à la vraie et parfaite pauvreté en esprit

Références
1- De triplici via , c, III,n,1;e.m.24
2- Actus B. Franciscri., c.13,22-23

13- L'humilité franciscaine

Livre second-Étape- La vie ascétique dans le Christ

L’Humilité Franciscaine

En aucun moment de notre itinéraire nous en devons oublier le but à atteindre : nous unir au Christ, devenir «un» avec Lui. Pour cela, deux choses sont nécessaires : nous unir à Lui, mais aussi écarter tous les obstacles qui s’opposent à cette union. C’est la vie dans la Christ conditionné par la mort à nous-même, dont parle sans cesse saint Paul.

Car l’obstacle à notre vie en Jésus, ce sont les péchés dont on se purifie par la vertu contraire ; ce sont les attaches aux biens temporels dont on se purifie par la pauvreté volontaire, spirituelle ou réelle ; mais le plus grand obstacle est la source de tous les autres, c’est le moi avec tous ses tendances naturelles opposées à notre fin surnaturelle et dont on se purifie par l’humilité.

L’humilité, c’est l’idéal de la sainte pauvreté franciscaine appliquée au dépouillement du moi, à la mortification tendances naturelles, de l’esprit pour mette au service du but surnaturel.

La mortification des tendances naturelles de l’esprit se réalise dans l’humilité qui s’oppose à la superbe et à l’orgueil, le plus redoutable ennemi de la vie surnaturelle.

Car le moi s’attribue naturellement à soi le but de ses actions ; le moi tend à dominer, à devenir le centre et la fin de tout, à devenir un dieu !

Devenir un dieu contre le seul vrai Dieu ! c’est s’opposer directement à notre fin surnaturelle, car la vraie divinisation, à laquelle l’homme se sent et est appelé, s’obtient par la mort du moi, le renoncement à la vie naturelle pour vivre surnaturellement en Dieu, et devenir ainsi Dieu en Lui, par participation ! (1)

2- Et telle st la grandeur de l’Humilité chrétienne ; s’abaisser, s’anéantir devant le seul vrai Dieu, pour grandir en Lui, vivre en Lui de sa vie divine !

Ah ! la sottise de Nietzsche et de tous ses nombreux disciples modernes qui méprisent l’humilité chrétienne et franciscaine comme ennemie de la grandeur et de la dignité de l‘homme, et lui opposent l’orgueil, la fierté superbe qui, au lieu de s’abaisser, s’élève ; au lieu de servir, tend à la domination ; au lieu de la mortification, propose l’exaltation de toutes les tendances naturelles.

Ils ne connaissent pas la vraie grandeur de l’homme : celui-ci est destiné à devenir Dieu en renonçant à lui-même, et ils en font un faux Dieu, que le vrai Dieu abaisse et écrase déjà en ce monde et jusqu’à l’enfer éternel : «Il renverse les grands de leur siège et Il élève les humbles» (2)

Car celui qui s’élève sera abaissé et quiconque s’abaisse sera élevé. (3).

Jésus l’a dit : «Quiconque veut être grand parmi vous, qu’il se fasse votre serviteur, et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il se fasse votre esclave.» (4)

L’orgueil humain ne comprend rien à cette doctrine du Christ ; il croit voir un injurieux avilissement de l’homme et d’une nation là où il y a, au contraire, l’unique source d’une élévation de l’homme à l’infini et de la vraie et durable grandeur des peuples.

Mais quiconque a compris que la fin de l’homme est surnaturelle, sait que l’humilité, qui s’abaisse et s’anéantit devant Dieu pour grandir en Lui de sa vie et de sa puissance, est la source de la vraie grandeur et que les saints sont les vrais grands hommes, la vraie réalisation de la surhumanité.

3- L’humilité franciscaine, c’est la simplicité, la parfaite pauvreté, de l’esprit qui reconnaît que de nous-mêmes nous n’avons rien, que toute est à Dieu et vient de Dieu qui peut nous l’enlever dès qu’IL le veut ; que tout ce que nous avons en propre, c’est seulement le péché et nos imperfections : «Qu’avez-vous que vous n’avez reçu ? et si vous l’avez reçu pourquoi vous en glorifier comme si vous ne l’aviez reçu ?» (5)

L’humilité franciscaine est faite de la conviction du propre néant de l’homme par lui-même et de la grandeur de la soumission à Dieu et à tous ceux qui commandent en son nom, dans la sainte obéissance.

L’humilité franciscaine est faite de la conviction de l’imperfection et du néant de toutes nos connaissances rationnelles en face de l’infinie Vérité de Dieu, et de la grandeur de la soumission du propre jugement au jugement de Dieu et de ceux qui le représentent.

L’humilité franciscaine se réjouit des injures, des humiliations, qui sont la source de la joie parfaite parce que, faisant mourir le «moi», elles nous font vivre en Dieu et en son amour.

L’humilité franciscaine méprise et fuit les louanges et les honneurs ou les renvoie à Dieu, source de tout bien.

Mais l’humilité franciscaine ne conduit pas à l’avilissement et à l’incapacité d’agir et de faire de grandes chose ; l’âme franciscaine sait que « sans Jésus, elle ne peut rien faire, mais aussi qu’elle «peut tout en Celui qui la fortifie ». Et la confiance en la puissance de Celui qui agit en elle est sans limites.

Elle n’ a qu’une crainte : mettre une limite à Son action en n’étant pas assez anéantie en Lui.

Références
1- « Renoncement à la vie naturelle » et « mort du moi » ne sont pas a prendre, en ascétique et mystique, au sens absolue et métaphysique, mais au sens relatif et psychologique du renoncement à l'ordre de la nature pure par insertion de la vie naturelle dans l’ordre surnaturel où le moi humain n’est plus fin ultime mais « mort à soi » dans la subordination au moi divin.
2-Luc., I,52
3- Mathieu., XXIII,12
4- Mathieu., XX, 26-27
5- I Cor., IV. 7

14- Probation religieuse sur la Chasteté

Livre second-Étape- La vie ascétique dans le Christ
La sainte Chasteté

La pauvreté franciscaine, selon l’idéal entrevu par le Père Séraphique, est le détachement de tout pour s’attacher à Dieu dans une union intime qui est le but et tous les désirs de notre âme, l’unique fin ultime de l’homme.

Ce détachement s’opère par la pauvreté qui nous libère de l’esclavage des biens matériels ; par l’humilité qui nous libère du moi propre» opposé à l’unique absolu Moi divine ; par la chasteté enfin qui nous libère de l’esclavage de la chair.

La parfait humilité est peut-être la vertu la plus difficile à acquérir, même pour les personnes très avancées dans la perfection , mais les appétits de la chair n’est sont pas moins l’obstacle le plus
Général au progrès spirituel, au don complet de soi à Dieu.

L’homme fait de chair et d’esprit vit d’abord plus de la chair que de l’esprit : il est guidé plus par les images que par l’idée ; il est plus sujet aux attraits de la chair qu’à ceux de l’esprit. Et les images le portent vers la chair ; ses appétits le portent vers la chair.

Or, Dieu est Esprit et il n’est goûté que par l’esprit qui a imposé silence aux attraits de la chair. Et le silence de la chair, c’est le sublime silence de la chasteté.

2- L’homme fait pour Dieu, pour son amour, pour l’infinie volupté de sa chastes embrassements, reporte les infinies tendances de son âme vers les pauvres images de la chair ; il les divinise et s’illusionne trouver en elles la réponse à ses besoins de satisfaction infinie. Voilà pourquoi la concupiscence est si forte chez l’homme, infiniment au-dessus de la misérable réalité de la satisfaction charnelle qui n’est qu’un mirage et qui ne laisse après elle que la désillusion et la profonde tristesse de l’âme faite pour Dieu et incapable de se contenter d’une pauvre satisfaction animale.

Certes, au-dessus de la pauvre satisfaction animale, il y a l’amour qui fait durer l’illusion autant qu’il dure lui-même. Mais c’et encore une illusion.Entre créatures raisonnables, l’amitié, l’affection seules sont une réalité ; et c’est une belle réalité. Mais l’amour est une illusion ; l’amour est divin et il se réfère à Dieu seulement ; l’homme ne peut aimer d’amour une créature qu’en l a divinisant.

La chasteté c’est donc la vérité ; c’est le renoncement aux basses satisfactions de la chair et aux fausse illusions de l’amour terrestre ou trouver la grande, l’infinie satisfaction du divin Amour, celui qui n’est pas une illusion d’un instant, mais la réalité qui dure, la réponse, la seul et vraie, aux infinis besoins d’aimer et d’être aimés que Dieu a mis dans notre âme fait pour Lui.

3- La chasteté, c’est le détachement de la chair pour assurer la victoire de l’esprit, c’est le détachement de la créature pur s’attacher au Créateur, à l’Époux des âmes, le Cœur aux voluptés brûlantes dont nos mystiques expérimentent déjà en ce monde l’infinie douceur et qui seront le partage de tous les saints pour l’éternité.

Oh ! pourquoi ne pas renoncer aux misérables satisfactions ou aux illusions d’un instant pour pouvoir aller boire aux sources de l’amour, du seul vrai amour, source lui-même, de toutes les vraies et pures affections !

Le fruit de la chasteté est d’une douceur infinie ; mais pour l’atteindre, pour le mériter, il faut engager une lutte de tous les instants contre lachair, ne lui accorder aucune satisfaction impure ou simplement naturelle ni du regard, ni du toucher, ni de l’imagination ; être purs toujours et en tout ! «Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu» Déjà en ce monde. Demandez-le aux âme intérieures, aux mystiques ! Demandez-le aux intelligences clarifiées, illuminées par la pureté.

Combattre sans relâche contre la tentation ; que chacune soit pour nous l’occasion d’un sacrifice, d’un acte d’amour. Pour cela, devant chaque tentation, détourner le regard de son objet et le diriger vers Dieu, vers Jésus en nous, et dire : Pour Toi, mon vrai Amour, ma vraie Satisfaction, je renonce, par amour !

Ainsi chaque tentation devient une occasion de progresser dans l’amour par le sacrifice ; une occasion de progresser dans l’union pour un nouvel acte d’amour.


15- La mortification qui vivifié


Livre second-Étape- La vie ascétique dans le Christ

La mortificaiton qui vivifie

Pour vivre en Jésus, de sa vie divine, il faut mourir à soi-même, par la mortification. Tout détachement est une mortification : la mort d’un appétit qui s’opposer à l’unique appétit de Dieu en nous.

La pauvreté est la mortification de l’appétit des biens de ce monde; l’humilité, la mortification de l’appétit du faux-dieu qui est notre «moi» ; la chasteté est la mortification du faux-dieu que nous imaginons dans la chair et dans les créatures.

Quiconque aura mortifié parfaitement tous ces aux appétits sentira croître en soi l’immense appétit de Dieu qui le transportera vers Lui.

Pourquoi sommes-nous souvent si froids, sans amour ? Parce que notre force d’aimer s’est épousée dans de misérables satisfactions créées, qui ont laissé notre âme vide et affaiblie, pendant que Dieu, dépité de se voir préférer une créature, s’est retiré et nous a abandonnés à notre néant et au néant de toutes les créatures.

Ah! Si l’on comprenait la beauté de la mortification, du sacrifice qui renonce à tous les biens pour trouver le grand Tout, la satisfaction infinie, la Lumière, l’embrassement de l’Amour !

2- Le renoncement à nous-mêmes et à nos appétits, le sacrifice de nos désirs pour éviter le péché est déjà une belle mortification. Mais l’âme généreuse qui eut manifester à Dieu son amour, se donner vraiment à lui, croître en son union, se refusera encore des satisfactions permises : elle fera beaucoup de sacrifices par pur amour.

Cela l’aidera d’abord à se rendre maîtresse de ses tendances et à résister plus facilement aux tentations ; ceux qui ne tend qu’à éviter le péché et ne sait s’imposer des sacrifices supplémentaires, bientôt ne saura pas résister à la tentation. La générosité dans l’esprit de sacrifice seule peut rendre les âmes fortes contre le péché et mériter l’amour de Celui qui seul pour rendre fort.

D’ailleurs, il ne suffit pas de combattre le péché pour vivre en Dieu ; nous ne sommes pas appelés à une sainteté natutifier en tout la nature pour vivre vraiment surnaturellement, mourir à notre nature pour vivre en Jésus.

De plus, la mortification est nécessaire pour expier nos péchés, Pénitence ! Pénitence !

Pour expier aussi les péchés des autres : nous sommes solidaires dans le Corps mystique : les âmes qui vivent en Jésus et qui seules peuvent réparer en Lui, doivent se mortifier, faire pénitence avec le Christ sur la Croix pour les âmes, pour les sauver.

Être, avec Jésus, Hostie de réparation ! Il n’y a pas de plus grand amour !

3- La mortification est passive ou active : la première nous vient de Dieu, des hommes ou des choses ; la seconde, nous nous l’imposons volontairement nous-mêmes.

La première est la plus indispensable et la meilleur ; accepter, avec patience, avec résignation, ou, mieux, avec joie, toutes les épreuves que Dieu nous envoie; les accepter en esprit de réparation, de purification, d’amour, en union avec Jésus, surnaturellement. Oh ! Que source de sainteté, de croissance dans l’union ! Porter la croix avec Jésus : c’est la meilleur et le plus court chemin de la transformation en Lui.

La mortification choisie volontairement est aussi bonne, salutaire, nécessaire, pourvu qu’elle soit sans l’ordre et dans l’obéissance, serve à la mortification de l’orgueil et de la volonté propre comme de toutes les tendances mauvaises ou simplement naturelles, et non `a la propre satisfaction personnelle : ce serait alors le contraire du but même de la mortification qui est la mort à nous-mêmes pour vivre en Jésus et pour Jésus.

Par amour pour Lui donc, pratiquer la mortification extérieure et la mortification intérieur, la mortification de tous les sens et de l’imagination, du jugement propre et de la propre volonté da la parfaire soumission.

Sanctifier la douleur, celle qui nous tient et l’extérieur ou celle que nous nous imposons volontairement. Douleur sensible ou douleur spirituelle. En union avec la douleur et la souffrance de Jésus. Souffrance réparatrice : Source et manifestation de l’amour !


16- Notre sœur la souffrance

Livre second-Étape- La vie ascétique dans le Christ

Notre soeur la souffrance

L’homme est fait pour l’amour et pour la satisfaction de ses tendances profondes de ses puissances que Dieu na créées que pour leur actuation dans la jouissance.

Pourquoi donc l’homme rencontre-t-il le plus souvent la douleur, l’insatisfaction, l’inquiétude , et pourquoi le peu d’amour dont parfois il jouit, ou croit jouir, est-il acheté aux prix de la souffrance, est-il toujours mêlé à la souffrance ?

Dieu avait créé l’homme pour la joie ; le péché a créé la souffrance, car le péché demande réparation. Et la réparation s’opère dans la douleur et la souffrance.

Mais Dieu set Amour ; aussi lorsqu’il punit et envoie la souffrance, car si Dieu fait souffrir, c’est par amour ; la souffrance nous reconquiert le droit perdu à l’amour ; la souffrance créée par le péché, qui a tué l’amour, vaine, à son tour , le péché et nous reconquiert l’amour.

2- Saint François a aimé notre sœur la souffrance ; il l’a acceptée avec amour comme une messagère du Ciel ; il l’a aimée comme ou aime l’amour, tant ici-bas l’amour est intimement unit à la souffrance.

D’ailleurs, pour lui, la souffrance était une personne vivante et aimée, elle s’était incarnée dans la personne de l’amour, Jésus, le Crucifié, l’Homme des douleurs.

Pour lui donc, aimer les souffrance, c’était aimer Jésus, être plus semblable à Lui, plus identifié à Lui.

Et pour nous ? Aimons-nous notre sœur la souffrance ? Si nous en avons peur, c’est que nous sommes encore trop naturels, trop attachés à nous-mêmes, pas assez morts à nous-mêmes, et à notre nature, pas assez attachés à Jésus. Si nous n’aimons pas la souffrance, nous n’aimons pas encore vraiment Jésus, nous nous aimons sous-mêmes en Lui, mais ce n’est pas Lui que nous aimons en nous.

Saint François, enseignez-nous, obtenez-nous l’amour de la souffrance qui nous purifie du péché et de nous-mêmes, qui nous faite mourir à nous-mêmes pour nous faire vivre en Jésus, et, par Lui, dans le royaume de l’amour ; obtenez-nous l’amour de la souffrance qui nous fait participer à la Rédemption du Christ, à son portement de Croix, à son Crucifiement, pour l’amour des frères à sauver.

3- Car c’est là le vrai sens de la douleur et de la souffrance : elles nous font participer à l’œuvre d’amour de la Rédemption du monde ; l’œuvre la plus belle, celle qui le Christ lui-même, dans sa suprême sagesse et son suprême amour, a choisie pour lui-même et pour nous.

Ah ! si tous ceux qui souffrent comprenaient bien le sens et la valeur de la souffrance, comme toute changerait d’aspect, comme tout deviendrait source de joie en devenant source d’amour ! « Prenez sur vous mon joug … et vous trouverez le repos de vos âmes : car mon joug est doux, et mon fardeau léger.» (1)

La croix est douloureusement lourde quand on la porte seul ; mais si on l’unit à celle de Jésus, si on la porte en Lui, dans l’amour, elle devient légère, aimée, par-dessus tout. Si bien que pour les âmes qui l’ont compris, une vie sans croix est face et insipide, sans but ; et elles s’écrient : «Ou souffrir ou mourir !» Ou bien : «Non, pas mourir, mais souffrir encore !» pour croître dans vote amour, pour vous gagner des âmes.

Car l’âme unie à Jésus dans la souffrance continue en Lui l’œuvre d’amour de la Rédemption . Ses douleurs ont une valeur divine de préparation pour elle-même et pour les âmes de Jésus, dans son Corps mystique.

Nous sœur la souffrance est vraiment un autre nom de amour. Amour de Dieu, amour de nos frères en Jésus : elle est tout l’amour, elle est source de tout amour.

Références
1- Matthieu , XI, 29-30