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Livre second-Étape-
La vie ascétique dans le Christ
Notre incorporation au Christ.
1- L’ascèse franciscaine est essentiellement surnaturelle, c’est-à-dire qu’elle ne tends pas à des vertus naturelles ni à une perfection naturelle selon l’enseignement des philosophes, mais aux vertus du Christ et à la perfection du Christ dans une participation surnaturelle à sa vie. Et puisque la fin est surnaturelle, les moyens pour l’atteindre seront aussi surnaturels : non pas donc le raisonnement ou l’effort naturel de la volonté, mais la grâce et la passivité sous l’action intérieur de Dieu à laquelle l’âme se soumet en y collaborant.
La perfection franciscaine, qui est l’essence de la perfection chrétienne, est une imitation de celle du Christ ; mieux encore ; c’est la participation intime et vécue du Christ en soi : Voilà pourquoi elle est fondées sur l’incorporation au Christ, et non sur propres efforts.
Au jour du Baptême, nous avons renoncé nous seulement au péché mais à notre vie purement naturelle pour être incorporés à l’«homme nouveau», à la « vigne mystique» du Christ, pour être les sarment, pour vire de sa vie, nous nourrir de sa sève, croître en Lui et porter ses fruits, les fruits nouveaux et surnaturels de la grâce.
Au baptême, se réalise donc, pour chacun de nous, non seulement le fruit de la Rédemption qui efface le péché, mais le fruit de l‘Incarnation : l’union de la nature humaine à la nature divine par noter incorporation au Christ, dont nous devrons désormais vivre la vie humaine et divine par participation.
2- Le Baptême est la naissance à une vie nouvelle : nous étions nés à une vie naturelle et dans le péché ; par le Baptême, nous naissons dans le Christ pour vivre désormais de sa vie, la vie nouvelle, la vie de la Grâce, c’est-à-dire la participation à la vie divine, par Lui, nous entrons dans le royaume de Dieu, qui est dans le Christ, dans la participation, en Lui, de sa filiation divine.
Mais le Baptême n’est que la semence de la vie divine, le grain de sénevé qui doit devenir, un grand arbre et s’élever jusqu’au Ciel. C’est, dans la vigne , le sarment qu n’est encore qu’un bourgeon. Mourir immédiatement après le Baptême ou avant l’âme de raison n’est donc pas un idéal, comme d’aucun le pensent. Certes, l’on évite ainsi le péril de enfer, mais l’on ne participe qu’à un degré inférieur du Paradis.
Le grain de sénevé doit germer et croître ; le bourgeon dois devenir un sarment et porter du fruit de la vigne ou ravoir une part complète au royaume de Dieu.
Voilà pourquoi il est bon de vivre de la pleine vie humaine de l’intelligence et de l’amour, de la vie humane des oeuvres et de sa souffrance pour ainsi croître dans le Christ, porter en Lui beaucoup de fruits, c’est-à-dire beaucoup de mérites pour soi-même et pour l’ensemble du Corps mystique.
Voilà pourquoi Jésus a institué aussi d’autres sacrements qui nous aiderons à croître en Lui et à nous transformer toujours de plus e plus en Lui, dans notre être et dans nos œuvres.
3- le Baptême nous incorpore à l’être du Christ : la Confirmation nous fait espérer dans le Christ, sous l’action du Saint-Esprit. Voilà pourquoi elle est conférée généralement dès l’âge de raison, où l’enfant doit choisir entre le bien et le mal, entre Dieu et le démon, et au besoin du Secours particulier de l’Esprit-Saint pour combattre dès ce jour comme un vaillant soldat du Christ.
Mais le sacrement essentiel de notre incorporation au Christ ; c’est l’Eucharistie. Par la Communion, nous devenons un avec le Christ, Mais cette union ne dois pas durer qu’un instant, Jésus a institué ce sacrement pour que nous vivions en Lui : «Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en Lui» (1)
Jésus ne pouvait mieux exprimer que le but de la communion ce n’est pas seulement une union temporaire, mais notre incorporation à Lui, notre vie en Lui et Sa vie en nous.
Jésus vient en nous pour demeure en nous par sa présence mystique inaugurée au Baptême, mais destinée à grandire comme le bourgeon qui devient le grand serment de la vigne.
Mais pour grandir, il faut manger ; et pour grandir dans la vie divine en Jésus, il faut un aliment divin, voilà ; pourquoi Jésus lui-même se donne à nous en nourriture : «Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage.» (2)
Mais, comme nous le verrons en parlant de la messe, l’on ne profite bien de cet aliment divin, qu’en renonçant à soi-même et à tout ce qui s’oppose à la vie divine en nous. Et si trop de communions restent sans fruit, c‘est que l’union avec Jésus ne peut s’opérer là, où manque la mortification.
Références
1- Jean VI, 56
2- Jean.,VI, 55
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6- Mère de la grâce divine
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Livre second-Étape- La vie ascétique dans le Christ
Mère de la grâce divine.
Si le Baptême, par le quel nous somme incorporés au Christ, signifie la réalisation en nous du mystère de Incarnation et de la Rédemption, il est clair que Marie, en qui s’effectue l’Incarnation et qui, avec le Christ a calvaire, opéra notre rédemption, a un rôle primordial dans l’œuvre de notre sanctification qui est purification du péché et incorporation du Christ.
Maries est la Mère de notre vie nouvelle, de notre «renaissance» et de notre croissance dans le Christ.
C’est en elle que nous renaissons dans le Christ au Baptême. C’est en elle que nous croissons à la vie nouvelle, qui est la racine de la bigne mystique dont nous sommes les sarments.
C’est elle que nous recevons la vie de la grâce, puisque, selon le plan de Dieu, la vie de la grâce, qui est l’Esprit- Saint, est communiquée à la nature humaine en Marie, en qui est se forme le Christ avec tout le Corps mystique.
Et puisque chaque grâce est ou une communication ou un secours du Saint-Esprit, il s’en suite que chaque grâce nous est donnée par Marie, notre médiatrice universelle dans le Christ.
2- Marie est donc notre Mère parce qu’elle est en nous, la Mère de la grâce divine, elle nous enfante à la vie nouvelle dans le Christ, elle fait croître le Christ en nous, elle nous transforme en Lui.
A la condition cependant que nous soyons, comme l’enfant, dans une soumission complète envers notre Mère, que nous soyons abandonnées complètement et passivement à son action sur nous.
Oh! La vie d’enfance spirituelle ! Devenir toute petite dans les mains de Marie. La simplicité évangélique de saint François ! à qui avait bien compris les paroles de Jésus : «Si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume de cieux.» (1).
Saint François s’était fait tout simple, tout petit dans les mains de Maire ; et Marie avait formé en lui le Christ, l’avait fait croître en «lui à la vie nouvelle, à la vie surnaturelle qui a grandi jusqu’au Ciel.»
Ainsi doit agir toute âme qui veut monter au Ciel : devenir toute petite, s’abandonner à Marie, avec tout ce qu’elle a, tout ce qu’elle fait, ne se réservait rien. Déposant en ses mains toute pré-occupation pour le passé, le présent et l’avenir, elle vit ans la sainte insouciance de l’enfant qui sait que sa mère y pense pour lui et qui a pleine confiance en elle.
3- Saint Bonaventure a dit : «La Bienheureuse Vierge Marie est le signe qui indique la voie à suivre car elle est l’étoile de la mer.» (2), Si notre itinéraire doit nous conduire à Jésus, Marie est le signal indicateur de la voie à suivre, regardons-la toujours comme le marin fixe son regard sur l’Étoile de la mer, elle nous conduira au port. C'est si elle est l’Étoile de la mer, elle est aussi la Porte du ciel.
C’est encore le Docteur Séraphique qui comment ce titre de Maire : «Marie s’appelle aussi Porte du Ciel, parce que personne ne peut entrer dans le Ciel s’il ne passe par Marie comme par une porte (3).»
Nous l’avons vu : Marie nous reçoit à la porte de la vie nouvelle au Baptême ; elle nous communique, dans le Christ, le Saint-Esprit, principe de toute grâce habituelle et actuelle ; elle forme en nous le Christ et elle nous fait croître en Lui jusqu’à la plénitude de son âge, si, dans un abandon complet, nous nous confions à elle, corps, âme et biens, dans un tendre amour filial, et si nous n’offrons pas de résistance à son action en nous.
Oh! Comme cette vie d’enfance en Marie est une voie facile pour arrive au Ciel ! Bienheureux ceux qui, en suivant l’étoile, savent entre par cette Porte Mystique.
Références
1- Mathieu ., XVIII,3
2-Sermo 6, de Assumpt ; IX, 700
3- Com ., in Luc, , c. I,n.70; VII,27
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7- Notre vie dans le Christ
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Livre second-Étape- La vie ascétique dans le Christ
Notre vie dans le Christ
1-Corps ne s’adonne à une certaine activité, il ne croîtra pas dans la pleine harmonie de ses formes et sera en proie aux maladies qui l’affaibliront et le conduiront à la mort.
Ce qui est vrai de notre vie naturelle l’est encore plus de notre vie surnaturel : Dieu nous donne la vie de la grâce pour que nous puissions faire œuvre surnaturelle ; et, respectant notre dignité humaine, il veut que nous gagnions notre Ciel par nos œuvres.
Mais tous nos oeuvres n’auront aucune valeur pour le Ciel si nous ne les opérions pas surnaturellement dans le Christ. Jésus nous l’a dit : «De même que le sarment on peut porter aucun fruit. Il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne porterez aucun fruit si vous ne demeurez en moi. Je sus la vigne, vous êtes les sarments ; celui qui demeure en moi et unique je demeure porte beaucoup de fruits, mais séparés de moi vous ne pouvez rien faire. (1)
Oh! l’importance de la bonne intention dans tout ce que nous faisons ! L’importance de vire et d’agir Jésus ! tout ce que nos faisons selon la nature et séparées de Lui n’a aucune valeur pour la vie éternelle. Mais tout ce que nous faisons en Lui, même l’action la plus insignifiante, prend une valeur divine, comme tout, dans sa vie terrestre à Nazareth, avait une valeur divine.
Si nous vivons en Lui, c’est lui qui vit et opère en nous, comme le dit saint Paul : Secundum operationem ejus quam operatur in me (2), Selon l’opération qu’il opère en moi.
2- Vivre et opérer ans le Christ, c’est porter le fruit du Christ pour le Ciel, mais c’est aussi, par chaque œuvre s’unir plus intimement à lui, plus transformé en Lui.
C’est aussi vivre sa vie sacerdotale comme Médiateur et Rédempteur. Ainsi, en Lui, nos œuvres n’ont pas seulement une valeur individuelle pour chacun de nous, mais aussi une valeur sociale ; Comme la vie du Christ était méritoire pour tous les membres de son Corps mystique, ainsi nos œuvres prennent en Lui, une valeur médiatrice et rédemptrice pour tous nos frères dans le Christ.
Quand je peine, travaille et souffre, mais fatigue et ma souffrance participant à la fatigue et à la souffrance de Jésus, vaudront des torrents de grâces à ses frères de l’Église militante ou de l’Église souffrante. Je puis en appliquer les mérites divinisés dans le Christ à telle ou telle âme en particulier ou en laisser le soin à Jésus et à Marie.
Dans l’unique Prêtre et Médiateur qu’est Jésus, je participe, selon mon rang dans le Corps mystique du Christ, à son sacerdoce spirituel. Oh! quelle consolation pur ceux qui souffrent ! Chaque peine et chaque souffrance ont une valeur sacerdotale divine pour soi et pour les autres, pour ceux qu’on aime !
Que son consolation pour tous eux et toutes celles qui sentent en soi des aspirations sacerdotales qu’ils ne peuvent autrement satisfaite, de penser qu’à vivre en Jésus, ils participent à son sacerdoce et au sacerdoce de ses prêtres pour le bien des âmes et pour celui de toute l’Église !
3- Pouvoir ainsi sortir de sa égoïsme, vivre pour les autres et pour Dieu ! C’est la vie de charité qui est l’essence de la perfection chrétienne.
Cela la perfection chrétienne, nous l’avons vue, consiste dans l’identification au Christ et la participation à la vie divine. Mais «Dieu est charité», et donc «celui qui demeure dans la charité demeure en Dieu, et Dieu en lui». (3)
Et l’identification au Christ signifie «devenir un» avec Lui ; mais c’est la charité qui est le principe de l’unité ; c’est donc dans la charité que consiste essentiellement la perfection chrétienne, elle est la règle de toutes les vertus, et sans elles, les autres vertus ne servent à rien : Quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien, quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n’ai pas la charité, tout cela ne me sert de rien.(4)
Oh! âme franciscaine, comprends l’importance de la charité, comme l’a comprise le être séraphique qui voyait dans chaque homme un membre du Christ, dans le lépreux et tous les souffrants, le Christ souffrant pour nous guérir de la lèpre du péché !
Voir, en tous, le Christ, dans la fraternité universelle de tout ce qui a été créé en Lui ; et aimer tous et tout dans le Christ pour l’amour de Dieu qui est Amour : voilà la voie franciscaine et chrétienne de la plus sublime perfection.
Références
1- Jean, XV, 4-5
2- Col, I,29
3-1 Jean IV, 16
4-I Cor., XIII,2-3 |
8- La prière franciscaine
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Livre second Étape- La vie ascétique dans le Christ
La prière franciscaine.
L’oiseaux, qui, tout le long du jour, resterait à terre sans chercher à prendre son vol dans l’air ensoleillé, démontrerait certainement qu’il n’est pas dans son était normal et que grave maladie ou une aile brisée l’empêche de s’élever dans son élément vital.
Or, l’homme est fait pour prier comme l’oiseau voler. La prière, c’est l’envol de l’âme vers Dieu, son air ensoleillé, son élément vital. L’homme donc qui ne prie pas n’est pas dans son état normal brisées.
L’âme humaine, faite pour Dieu et ne trouvant qu’en Lui sa joie et son repose, prie donc naturellement, comme le démontre l’histoire de toute l’humanité.
Mais trop souvent, sous le poids de la chair et ses passions, les ailes sont alourdies, et l’âme ne sait plus voler.
C’est pourtant si simple la prière : Un regard vers Dieu, une élévation de l’esprit vers Lui, : une prière vocale ou une prière mentale ; une simple oraison jaculatoire comme celle de saint François, qui était comme la respiration de son âme : Mon Dieu et mon Tout !
Le but de la prière, c’est de pratiquer la vie dans le Christ, l’union avec Dieu. Et celle-ci est possible, même au milieu de nos occupations, puisqu’il suffit que tous nos oeuvres soient faits dans le Christ pour qu’elles soient un exercice d’union et donc une prière, celle que Jésus demande lorsqu’il dit : «Il faut prier toujours» !
2- Il y a des méthodes compliquées de prière : il faut dire un grand nombre de Pater, d’Ave, d’oraisons jaculatoires dont on tien une comparabilité méticuleuse ; on donne des méthodes compliquées de faire la méditation pour exercer successivement les diverses puissances de l’ âme.
La prière franciscaine est bien plus simple : c’est l’élan du cœur vers Dieu, le regard sur le Crucifix, l’attention amoureuse à Dieu présent en soi ou dans le tabernacle, la simple réflexion sur les souffrances de Jésus, sur la bonté du Créateur se manifestant en toute la création, le cœur ainsi embrasé d’amour trouve la force pour fuir le péché, pour pratiquer la vertu; il pratique la vie d’union à Dieu, source de toute vertu et de toute perfection.
Si une âme franciscaine a besoin d’un livre pour s’enflammer, elle se servira de l‘Évangile ou de quelque lecture spirituelle ; elle s’arrêtera à goûter les passages qui répondent aux besoins présents de son âme ; elle y réfléchira, fera un retour sur elle-même pour voir si sa vie est conforme à l’idéal entrevu ; sinon, elle demandera pardon, elle prendre les résolutions nécessaires et surtout s’humiliera devant Dieu et le suppliera de l’aider à améliorer sa vie et sa conduite.
Aussi «faire oraison» devient une chose toute simple, un besoin de l’âme qui sent qu’elle y puisse sa nourriture et l’aliment à sa vie spirituelle.
3- La prière franciscaine a surtout horreur du formalisme et du mécanisme dans les pratiques de piété. Elle doit venir du cœur et ne peut faire l’objet d’une comptabilité numérique : la prière essentiellement un état d’âme, l’union avec Dieu ; c’est l’intensité de cette union qui en fait la valeur, non la formule, non le nombre non la forme extérieure.
L’âme franciscaine aime la prière vocale, la prière en commun qui est la prière du Christ dans l’unité de se membres ; mais elle sait que la prière vocale est sans valeur si elle n’est pas l’expression du cœur.
Elle sait aussi que l’attention continue aux paroles est d’ordinairement impossible et que la prière est cependant bonne et excellente si elle ses une union habituelle du cœur avec Dieu ; union possible même sous les multiples distractions involontaires de l’intelligence et de l’imagination.
L’âme franciscaine sait qu’en sus de la prière en commun l’homme doit pratiquer la prière privée, plus personnelle, plus cœur à cœur avec Dieu. Cette prière pourra être vocale, s’aider d’une lecture, mais le plus souvent, ce sera simplement une pensée, un regard, une attention amoureuse à la présence de Dieu, un était senti ou voulu de communion avec Dieu en Jésus, la douce ou aride contemplation de l’oraison d’union ou de repos en Dieu.
Celui qui est arrivé au terme du voyage, Dieu, se repose, en Lui. Et c’est la meilleure des prières !
Références
1- Luc., XVIII,1
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Livre second-Étape- La vie ascétique dans le Christ
La messe franciscaine
1-Jésus est venue en ce monde pour nous unir à Lui, et, en Lui, nous unir au être dans le Saint-Esprit.
Or cette union s’opère causalement sur la Croix, mais effectivement et essentiellement dans le sacrifice de la messe qui est la rénovation et l’application du sacrifice de la Croix.
Le sacrifice tend, en effet, et aboutit à la communion. La sacrifice de la Croix anéantit l’obstacle qui s’opposait à l’union de l’humanité avec Dieu. Le sacrifice de la messe réalise cette union dans le symbolisme et la réalité de la communion.
Mais la communion fait partie intégrante du sacrifice. Il ne faut donc pas séparer la communion du sacrifice de la messe, car c’est en elle qu’elle obtient sa signification intégrale et tout son fruit.
Toute la messe tend à la communion, mais si celle-ci est le fruit de toute la messe, elle implique aussi la participation à la messe.
Participation active : sur la Croix, le Christ s’est offert avec tout son Corps mystique ; à la messe, tout le Corps mystique doit s’offrir, dans et avec le Christ, par les mains de prêtre à l’autel, afin de pouvoir réaliser la communion qui est le but feu sacrifice. Le but de la part de l’Homme ; car le but final c’est l’adoration, la gloire parfaite rendue à Dieu par l’oblation et par la communion.
2- Toute l’humanité a senti qu’elle doit offrir à Dieu ce qu’elle a de meilleur : dès lors le sacrifice des prémices, le sacrifice du sang, le sacrifice humain lui-même. Mais elle a senti aussi que cette offrande, qui devait reconnaître le souverain domaine de Dieu sur toute la création, n’était que le symbole de l’offrande intérieure de toutes les créatures et de chaque homme en particulier.
Cependant, une seule offrande était digne d’un Dieu : Dieu lui-même et toute en Lui, telle est l’offrande de la messe ; l’offrande de l’Homme- Dieu et de tout en Lui ;et donc de nous-mêmes aussi.
Voilà pourquoi la messe est le sacrifice parfait de l’Adoration ; mais voilà pourquoi aussi nous devons nous offrir nous-même en Jésus à la messe. Mieux encore ; l’homme est le prêtre de toute la création et il participe au sacerdoce du Christ dans l’unité du Corps mystique. En Lui avec lui, et comme Lui, par les mains du ministre consacré, chaque fidèle doit participer activement à la messe comme prêtre et victime.
Avec l’hostie il doit s’offrir sur la patène à l’offertoire pour être, avec elle, transformé au Christ à la Consécration, et ainsi offert en Lui au Père, en adoration et action de grâces, comme hostie propitiatoire et expiatoire, avec le Christ, prêtre et victime à la messe ! Ah ! Si l’on comprenait à participation à la messe ! Participation active t vivante, et non pas cette participation passive en laquelle le fidèle est séparé de l’action de l’autel où cependant il doit être , de pensée et d’intention, partie vivante avec Jésus et son ministre consacré!
3- Le sacrifice de la messe trouve son achèvement et sa pleine réalisation à la communion.
La communion signifie et réalise l’union du fidèle avec Jésus dans tout l’action du sacrifice, elle signifie donc et réalise aussi son rôle de prêtre et de victime en Lui : Jésus vient en Lui pour y être offert au Père comme victime ; mais le fidèle doit aussi, en Lui et avec Lui, s’offrir en oblation d’adoration et d’action de grâces, de propitiation et d’expiration.
Comme elle est belle la communion ainsi comprise comme la pleine réalisation du sacrifice de la messe !
C’est la pleine union d’amour avec Jésus : mais, en Lui et avec Lui, c’est la pleine union a Père, la vie en Dieu.
Mais c’est l’union au Christ Prêtre et Victime, la parfaite adoration et la parfaite action de grâces au nom de toutes les créatures et de tout l’humanité ; c’est la prière de la charité fraternelle, mais c’est aussi sa propre immolation ; pour n’être qu’un avec le Christ, pour être avec Lui un en Dieu, mais aussi pour réparer les péchés du monde.
La messe et la communion ainsi comprises, c’est toute notre vie dans le Christ ; ce n’est donc pas seulement l’affaire d’un moment, mais aussi une disposition d’habituelle d’âme : s’offrir continuellement avec l’hostie du tabernacle en perpétuelle hostie de louanges, s’actions de grâce, de prière et de réparation pour la gloire de Dieu et pour le salut du monde. Oh ! la beauté d’une vie devenue une messe continue! |
10- La liturgie vie du Corps mystique
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Livre second Étape- La vie ascétique dans le Christ
La liturgie vie du Corps Mystique
Notre relation au Christ dans le Corps mystique peut-être considérée dans sa nature individuelle et personnel ou au contraire, dans sa nature sociale.
L’homme est à la fois personne et individu ; comme personne, il ne dépend que de Dieu et est en relation immédiate avec Dieu ; comme individu, il est partie d’un tout social, la famille et la société dans l’ordre naturel, le Corps mystique du Christ, l’Église, dans l’ordre surnaturel.
Dès lors une double tendance de l’homme soit à l’affirmation de la personne et de son indépendance ; soit à l’affirmation de tout et à la soumission de l’individu au tout.
La tendance de François d’Assise fut essentiellement personnel. Sa révolution religieuse fut d’abord une réaction contre la prière communie en usage dans les anciens Ordres où elle était devenue souvent purement formaliste et mécanique.
François y opposait la piété individuelle, le cœur à cœur avec Dieu, la vie intérieur personnelle, l’absence de toute formalisme et mécanisme dans la vie religieuse.
La piété de l’âme franciscaine sera donc toute personnelle, faite d’intimité avec Dieu, d’expérience intérieure vivante et vécue, de sincérité dans tous ses expressions extérieures ; rien d’affecté, aucun geste qui ne soit l’expression d’une réalité sentie.
2- Mais, à côté de la piété personnelle, il y a place pour la prière du membre du Corps mystique, la prière du Corps mystique lui-même, de Jésus dans le Chef et dans les membres. Cette prière est la prière liturgique qui est celle du Corps mystiques comme tel, celle dont Jésus a dit : Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.» (1)
Saint François, si plein de l’Évangile, n’ignorait pas cette mystique présence de Jésus dans la prière en commun qui en tire toute sa grandeur et toute sa beauté. Sans l’humble refuge de Rivo-Torto, il organise la récitation du bréviaire en commun. Il impose à tous ses clercs la récitation de la prière publique de l’Église, Corps du Christ. Aux frères lais, il prescrit aussi un office propre, qui les unit dans la commune prière du Corps mystique.
Si donc François réagit contre le mécanisme de tout ce qui était pure formule ou pure cérémonie extérieur pour ramener les âmes à la sincérité de l’oraison intérieure, il n’a pas moins compris la beauté de l’unité dans le Christ, à exprimer aussi dans la prière en commun, dans la prière liturgique, qui réalise l’unité de tous les fidèles dans le Christ, par l’unité de la formule, de la langue, de la cérémonie, du temps, du lieu, de la forme extérieure.
3-L’âme franciscaine aimera donc, en plus de la prière privée, la prière en commun, la prière en famille, la prière à l’église, l’assistance aux cérémonies du culte, aux offices, aux processions.
Elle aimera la prière liturgique, la prière de l’Église; elle y prendra une part active comme elle participera activement à la messe qui deviendra la plus sublime expression de sa vie ans le Christ et dans l’unité du Corps mystique.
L’âme franciscaine vivra avec l’Église le cycle liturgique annuel qui est le renouvellement perpétuel de l’histoire du monde et de la Rédemption.
Pendant l’Avent, elle soupira après la venue du Messie avec tous les Prophètes et les justes de l’Ancien Testament, avec toute l’humanité qui, pendant des millénaires, a attendu anxieusement le Sauveur et qui l’attend encore aujourd’hui partout et en tout âme où le Christ n’est pas encore entré.
À Noël , elle vivre plus profondément sa renaissance dans le Christ, la génération du Christ au monde, à l’éternelle génération du Verbe au sein de la Trinité et en elle-même, devenue, en Lui, fille du Père.
Pendant le Carême, elle revivra la pénitence et la Passion du Christ. À Pâques, elle exultera avec le Sauveur ressuscité et dans la joyeuse assurance de résurrection temporelle et éternelle dans le Christ.
Elle vivre la descente du Saint-Esprit, la vie et le triomphe des saints, en communion constante avec toute l’Église triomphante, militante et souffrante, et ainsi dans la joie et la charité du Christ total.
Références
1- Mathieu., XVIII,20
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