DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?

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Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
Itinéraire de l'âme franciscaine.
Titre de la page:

Où allons-nous ?

Nom de l'auteur:
P.Léon.Veuthey.o.f.m.conv

 

 

Livre Premier-Le But et la Voie-
La Divinisation dans le Christ.

Où Allons-nous ?

1- On voyage vers l’éternité, poussés inexorablement en avant par le temps qui ne s’arrête pas dans sa course, ne devons-nous pas nous demander où nous allons ? Est-ce vers l’abîme que nous courons ? Est-ce que vers le bonheur ? Si je suis libre de choisir, ne faut-il pas que je fasse mon croix, que je détermine le but que je veux atteindre et, par suite, la voie à suivre pour y arriver ?

François d’Assise avait vécu jusque là insouciant, et satisfait du bonheur de chaque jour. La grâce de l’épreuve lui fait soudain entrevoir la vanité de sa vie. Il sent en lui une voix qui l’appelle à un but plus élevé, à des jouissances plus réelles et plus dignes de lui. La gloire !

La grâce encore le préserve d’en expérimenter toute la vanité. La voix de son âme lui fait dire comme à saint Augustin : «Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre cœur est dans l’inquiétude jusqu'à ce qu’il repose en toi.» (1)

2- Tout, sur la terre, est fait pour Dieu : du plus petit brin d’herbe de la prairie jusqu’au plus grand arbre de la forêt, tout s’élève vers le ciel, à la recherche de la lumière, à la recherche de Celui qui donne à chaque créature l’être et la vie. La créature a faim du Créateur et tend vers Lui, d’un appétit inné, pour s’en rassasier.

Mais, pendant que la plante qui a atteint la limite de sa croissance en demande rien d’autre et est satisfaite; pendant que l’animal qui a étanché sa soif, apaisé sa faim et ses autres appétits se reposer béatement. L’homme sent en lui, d’autres besoins que rien au monde ne peu apaiser : Il cherche la gloire, la fortune, et jamais il n’est assez haut, jamais il n’est pas assez riche ; il cherche la science, et plus il sait plus il s’aperçoit qu’il ne sait rien encore il cherche l’amour, le bonheur et quand il a tout qu’il désire, après la première illusion passée son inquiétude recommence. Son appétit, ses besoins sont infinis, et l’infini seul peut le satisfaire : «Tu nous as faits pour Toi, Ô Seigneur, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en»Toi.

3- François l’avait compris. Et puisque Dieu seul pouvait le satisfaire, il fallait quitter tout pour Dieu. De là l’attrait mystique de la sainte Pauvreté ; ne plus m’attacher à rien pour trouver le Tout qui seul est assez grand pour la soif infinie de mon âme !

Oh! Essayez de pénétrer au fond de votre âme, d’en chercher les limites : vous y trouverez toute votre vie passée, tous vos rêves d’avenir ; sans en sortir, vous y enfermerez la terre, les étoiles l’univers, une infinité de mondes ; et toujours vous pourrez avancer, avancer encore, et vous ne trouverez pas la fin de votre âme (2) ; vous y trouverez l’infini, vous y trouverez Dieu.

La puissance de l’âme est infinie. Voilà pourquoi Dieu seul peut la satisfaire. Et le Ciel seul sera son repos parce qu’elle y trouvera Dieu qui seul peut la remplir et combler ses désires.

Voilà où nous allons, la fin de l’homme, la béatitude, qui est la satisfaction de la puissance infinie de connaître et d’aimer : le Ciel

Bienheureuse inquiétude de l’âme humaine, que Dieu seul peut apaiser ! Elle nous enseigne que toute st vanité hors Dieu et son amour ! C’est Lui qu’il faut chercher, qu’il faut établir en nous, dans notre royaume intérieur, comme Jésus nous l’a appris, comme saint François nous en a donné l’exemple.

Cette fin, ce but n’est pas facultatif : comme la poisson hors de l’eau souffre et meurt dans d’horribles tourments, ainsi l’homme ne trouve que tourments hors de Dieu. Mais l’homme qui meurt hors de Dieu souffrira des tourments sans fin, parce que son âme et immortelle et faite pour Dieu. Oh! Qu’il importe de connaître la voie qui conduit à Dieu !

Références

1- S. Augustin, Congf. , I,1
2-l'âme est finie par sa substance`elle tend à l'infini par ses pussances.


2-L’ascenseur divin

Livre Premier-Le But et la Voie- La Divinisation dans le Christ.

L’ascenseur divin

1-Saint François, qui «a ramené le Christ sur la terre» a bien senti que l’homme ne s’unit à Dieu, n’atteint sa fin, son bonheur, son Ciel, qu’en s’unissant à Jésus, en devenant conforme à lui par l’imitation, un avec Lui par L’amour.Le Christ lui-même avait exprimé cette vérité fondamentale par l’allégorie de la vigne !: «Je suis la vrai vigne et mon Père est le vigneron… Demeurez en moi, et moi en vous. Comme le sarment ne part de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure uni à la vigne, ainsi vous ne le pourrez non plus si vous ne demeurez en moi. Je suis la vigne, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruit, mais séparés de moi, vous ne pouvez rien faire» (1)Jésus pouvait-il mieux exprimer l’unité que nous devons former avec Lui ? Vivre en Lui, être une Lui comme les sarments vivent de la vigne et forment avec elle une seule substance (1), Oh! Mystère de l’unité ! Mystère de l’amour qui unifie !.

2- Jésus est la source de la vie nouvelle, la vigne divine greffée sur le tronc ancien de la nature humaine, qui désormais ne produira plus ses fruits acides, mais les fruits nouveaux de la vigne divine : les serments vivent de la vigne et portent ses fruits ; la vigne est divine, les fruit se seront divins.L’homme uni au Christ meurt à sa nature et croît en une nature nouvelle, la vie surnaturelle ; il devient le sarment de la vigne qui est le Christ. Il vit de sa vie, de sa vie divine, comme le sarment vit de la sève de la vigne.Oh! merveille de la vie de la grâce ! Quand je suis en était de grâce, je suis un avec Jésus dans la vie surnaturelle ; sa vie s’écoule en moi! «Ce n’est plus moi, mais Jésus qui vit en moi !», comme la vigne vit dans les sarments.Et parce que la vie de Jésus est la vie divine de l’Esprit- Saint, quand je suis uni à Jésus, j’ai en moi, l’Esprit- Saint ; et puisque l’Esprit-Saint est inséparable du Père et du Fils, c’est toute la Trinité qui est en moi, le Père générant le fils dans le Saint-Esprit, en mon âme.Le Paradis en moi ! Oh! si je pensais davantage au trésor que je porte en moi! Si j’étais plus intérieur, au lieu de me perdre dans les choses extérieures qui ne peuvent donner le bonheur ! Le bonheur est en moi! Et je vais le chercher au dehors, où n’est pas

!3- Le sarment ne peut se séparer de la vigne, et, pour autant qu’il ne se dessèche pas, il en porte les fruits. Mais l’homme, parce qu’il est
libre, peut se détacher de Jésus par le péché, et alors il se dessèche et il ne porte de Fruit. Il n’est plus bon qu’à être taillée et jeté au feu.Il peut aussi, sans faire proprement un péché de pas agir selon un intention surnaturel, c’est-à-dire ne pas agir en union avec Jésus , selon son intention surnaturel, c’est-à-dire ne pas agir en union avec Jésus, selon son intention et sa volonté ; et dès lors son action est sans mérite, sans valeur surnaturel. L’importance de vivre en union avec Jésus, toujours ! «Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire !»En Lui, chacune de nos actions, même la plus insignifiante, prend une valeur divine. En Lui, chacune de nos actions nous fais grandir dans la vie surnaturelle. En Lui, votre activité devient facile, car c’est Lui qui agit en nous, qui nous porte jusqu’au Ciel ,jusqu’au Père.

Le divin ascenseur ! Vivire en Lui, se laisser porter par Lui, croître en Lui dans une toujours plus parfaite participation à la vie divine !

Références
1-Cette « unité» avec le Christ, dont il sera encore souvent question, est d'ordre surnaturel et transcendant ; elle laisse subsister la nature et la personnalité humaine de chacun surnaturalisés, mais non supprimés, elle exclut donc tout panthéisme et tout panchristime.


3-Fraternité universelle


Livre Premier-Le But et la Voie- La Divinisation dans le Christ.

Fraternité universelle

1-Léon la doctrine franciscaine, le Christ est le but et la fin de toute la création ! le Verbe se serait fait chair indépendamment du péché d'Adam : le Christ était prédestiné de toute éternité à ramener l'homme à Dieu et, en Lui, toute la création ; «C'est en Lui, qu'il nous a choisis dès avant la création du monde…nous ayant, dans son amour, prédestinés à terres fils adoptifs par Jésus –Christ.» (1)

Le Père n'a qu'un Fils qu'il engendre de toute éternité; et lorsqu'il crée. C'est en Lui qu'il crée tout pour se faire Lui des fils d'adoption. C'est donc en Jésus et pour Jésus que tout a été crée. En Lui, nous sommes tous fils du Père.

Comme saint François a sentit cette fraternité de tous dans le Christ ! Non seulement de tous les hommes, mais aussi de toutes les choses, puisque tout vent d'un même Père, dans l'unité d'une même Fils. Dès lors, l'amour pour toutes les créatures, nos frères les oiseaux de l'air et les poissons de l'eau ; pour nos sœurs, les fleurs des champs et l'eau pure du torrent et de la rivière.

Tout est manifestation de notre fraternité dans un seul Fils, destiné ; à chanter l'amour d'un même Père.

2- Mais, au-dessus de cette fraternité avec toutes les créatures d'un même Père, saint François a senti cette fraternité plus intime avec ses frères, les hommes créés à l'image de Dieu dans une âme immortelle.

Pendant que tous les créatures rentrent dans le néant après avoir chanté leur éphémère chant d'amour au Père de toutes choses, l'homme ne meurt à la vie de ce monde que pour commencer une vie éternelle.

Une vie éternelle dans la participation à la vie divine, à la filiation divine de Jésus au sein de la Trinité bienheureuse. On ! Fraternité combien plus élevée et plus intime avec les hommes en Jésus ! Quel ne sera donc pas l'amour de François pour les hommes, ses frères, en qui il ne découvre pas seulement un reflet de la beauté et de bonté du Père, mais le fils lui-même, Jésus vivant ou destiné ; à vivre en touts les membres de son Corps mystique !

Oh! Quel ne sera pas l'amour de l'âme franciscaine pour toutes les créatures du bon Dieu, mais spécialement pour les âmes immortelles destinées à revêtir le Christ ; et aussi pour leur enveloppe mortelle, qui, surtout dans la souffrance et la maladie, porte l'empreinte du Crucifier ! Le baiser de François au lépreux ! La vivante image du Christ qui a pris sur Lui la lèpre du péché pour nous en délivrer !

3- Au-dessus de la fraternité universelle avec toutes les créatures ; au-dessus de la fraternité naturelle avec tous les hommes, il y a fraternité surnaturelle et mystique des âmes en état de grâce qui forment l'unité vivante du Corps mystique du Christ ; par la grâce, chaque âme est unie au Christ, forme une unité avec Lui; et toutes les âmes dans l'unité d'un même Christ forment la grande unité du Corps mystique, dont Jésus est la tête et donc nous sommes les membres.

Oh! Merveilleuse fraternité ! Oh! Merveilleuse unité de toutes les âmes en Dieu ! Filiation unique et divine du Christ total, du Fils unique du Père.

Et cette unité de toutes les âmes en état de grâce dans le Corps mystique du Christ, c'est la sainte Église catholique, son âme, dont le corps est représenté par le Pape, les évêques, les prêtres et les fidèles

Comme l'on comprend, dès lors, l'amour de saint François pour l'Église ! Quel doit être aussi l'amour de l'âme franciscaine pour l'Église qui est le Christ, le Christ total dans la Communion des Saints !

Se séparer de l'Église, c'est se séparer du Christ, de la grande communion mystique en Dieu de la fraternité universelle.

Références

1-Eph., I,4-5

4- Mère du Corps mystique

Livre Premier-Le But et la Voie- La Divinisation dans le Christ.

Mère du Corps mystique.

Il manquerait quelque chose à nos besoins humains si, à côté de l’amour fraternel pour Jésus et de l’amour filial pour un Père tendrement aimé, nous n’avions pas aussi une Mère à qui manifester notre affection, confier nos peines et nos sentiments intimes.

Dieu a pourvu aussi à ce besoin : Il nous a donnée une mère, la plus belle, la meilleur et la plus puissante de toutes les mères ; c’est Marie, qui est appelée la Mère de Dieu parce qu’elle est la mère de Jésus, le Fils Unique de Dieu.

Mais si Marie est la mère de Jésus, elle est aussi notre Mère, puisque, dans l’unité surnaturelle du Corps mystique et de l’unique filiation divine, nous sommes un avec Jésus.

Quand le Verbe a pris la nature humaine en Marie par l’opération du Saint -Esprit, il a voulu s’unir à toute la nature humaine, avec elle de chacun de nous en particulier. Et aussi que c’est Marie qui lui fournir cette nature humaine, qui engendre le Christ format tout un avec le Corps mystique, nous étions présents virtuellement dans le sein de Marie lorsqu’elle a engendré Jésus et nous en Lui.

2- Marie est donc notre Mère par pré-ordination divine, dès le jour de l’Incarnation. Et comme le péché nous empêchait d’être effectivement ses fils en Jésus, elle devenait Mère une seconde fois sur le Clavaire en nous rachetant avec Jésus par ses souffrances maternelles.

Marie, notre Mère au jour de l’annonciation, notre Mère à Bethléem et notre Mère au Calvaire, le devient effectivement pour chacun de nous le jour de notre Baptême, et le reste ensuite pour toute notre vie.

D’ailleurs, elle fut toujours notre Mère. Elle a pris soin que nous recevions la grâce du Baptême. Et, en ce jour où nous avons été unis au Christ et avons formé un seul fils avec Lui, se réalisait pour nous l’Annonciation dans la grâce du Calvaire ; réellement présents dans le sein mystique de Marie, nous allions y réaliser l’union de notre nature humaine avec le Verbe, le Fils de Dieu (1).

Dès lors, nous avons vécu en elle, grandissant et nous transformant en Jésus : elle, nous nourrissant de la Vie qu’elle a reçue du Ciel dans le Saint-Esprit. Oh! Merveille de la Maternité de grâce qui nous fait, par participation, fils de Dieu (2) dans le Fils Unique Jésus !

3-Saint François avait pressenti ce mystère et ces merveilles lorsque, ramenant Marie de son trône de Reine du Ciel où l’avait placée une piété respectueuse mais lointaine, il l’avait annoncée à nouveau sur la terre en union avec Jésus dont il avait rappelé aussi la sainte humanité et sa présence au milieu de nous.

Les œuvres de Dieu ne sont pas transitoires : le mystère de l’Incarnation et de Rédemption continue sur la terre jusqu’à la fin des temps. Marie, Mère du Christ, Chef du Corps mystique, continue à l’engendre dans ses membres. Elle est la mère de la tête et des membres ; elle est la racine vivifiante de la vigne mystique, donc nous sommes les sarments. Salve radix ! Salve porta !

Elle est notre Mère de Grâce en Jésus : elle est la racine de notre vie surnaturelle en Jésus. Par elle, le Saint-Esprit nous communique la vie divine, en Jésus.

Comme une bonne Mère, elle nous nourri du lait de la grâce, elle veille sur nous, prête à nous aider, à nous consoler, nous couvrant à tout instant du jour et de la nuit de son divin amour maternel.

Oh! Quels ne seront pas l’amour et la confiance de l’âme franciscaine envers cette bonne Mère qui, après nous avoir engendrés deux fois en Jésus, nous garde et nous nourrit en Lui jusqu’à la plénitude de l’âge du Christ !

Références
1- Union par participation à celle du Christ, en notre personnalité humaine ; et non union hypostatique, en la Personne divine

2-Il ne s’agit pas, pour l’homme, d’union hypostatique impossible or de sa personne divine du Christ, mais de la participation d’une personne humaine à la grâce du Christ, en participant e Lui ( per ipsum, cum ipso et in ipso ) à la vie divine, une et trine.