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Crise de logements Limitation des naissances dans différents pays
Néo-Malthusianism- Promotion de la femme et caractère personnaliste du mariage-
Standing de vie et confort
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Le chrétien dans le monde
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Dans le monde moderne le chrétien est tiraillé entre deux conceptions de vie : la sienne propre et celle de l'ambiance. Le christianisme lui enseigne une doctrine morale qui détermine le bien et le mal en fonction d'une règle universelle, valable en tous temps et en tous lieux, en référence à un Absolu qui fonde l'obligation morale et qu'il nomme Dieu.
Le monde dans lequel il vit, au contraire, se réclame d'un relativisme moral qui soumet aux fluctuations les plus diverses les notions mêmes de bien et de mal. Il nie toute responsabilité devant Dieu, toute vraie culpabilité morale, jusqu'au sens même du péché. L'homme ne relève plus, dit-on, que de lui-même. « Il n'y a plus ni bien ni mal ni personne pour me donner des ordres, car je suis un homme » : ce cri d'Oreste à Jupiter, dans Les Mouches de Sartre, traduit l'émancipation de l'homme moderne, qui rejette toute règle objective universelle et qui prétend, avec Merleau-Ponty, que « la conscience morale meurt au contact de l'absolu ». Voici du reste comment s'exprime dans son Traité de l'existence morale un porte-parole de ce relativisme :
« Toutes les valeurs spirituelles oscillent comme les valeurs de bourse... Il n'y a plus de vérités éternelles. Chacun se débat comme il peut, au jour le jour, s'efforçant de ressaisir, s'il le peut, la vérité du jour... Le marxisme exprime bien la pensée normale de notre époque avec sa conception d'une vérité en évolution, en devenir et toujours renouvelable. Une vérité liquide et plastique, une vérité de caoutchouc, sans cesse sujette à caution. Celle d'aujourd'hui ne vaudra plus demain... » (G. GUSDORF, Z. c., p. i8.) « Une vérité liquide et plastique », autant dire l'ombre d'une ombre. Une société qui, faute de critères stables, renonce à se juger elle-même sur le plan moral, va nécessairement à la dérive ; comment condamnerait-elle aujourd'hui les pires horreurs qu'un retournement d'opinion ou de mode pourrait glorifier demain ? Cette page est révélatrice de notre temps : elle éclaire ses abandons et ses déviations morales.
Dans ce climat d'autonomie et de suffisance absolue, la vie humaine elle-même avec toutes ses manifestations, depuis son apparition jusqu'à sa suppression inclusivement de l'enfant qui va naître au désespéré qui se pend est à la merci du caprice des hommes. De quel droit le relativisme moral interdirait-il de détruire la vie par l'avortement ou d'en disposer. à son gré par le suicide? Dans le même climat se situe « le droit à l'émancipation sexuelle » que réclame la mentalité moderne, et qui n'est que l'aspect le plus accusé de cette libération de l'homme de toute « aliénation » religieuse, pour parler le langage marxiste. Qu'il le veuille ou non, le chrétien respire l'air contaminé qui l'environne. Confronté, à tous les tournants de l'existence, avec cette philosophie relativiste de la vie, il s'interroge, parfois avec inquiétude, sur les bases de son propre comportement moral, et il est entraîné combien facilement par la tentation de s'aligner. Pour le chrétien, plongé nuit et jour dans cette atmosphère, il est difficile de garder des réactions saines et de démêler le vrai du faux. Partout autour de lui les valeurs les plus sacrées sont contestées, les notions de bien et de mal moral ont changé de signe. Il est si tentant dès lors de faire comme tout le monde et de prétendre que l'Église est anachronique et qu'il faut se situer « dans le fil de l'histoire ». Une grande force d'âme est requise pour ramer à contre-courant. D'au tant plus que ce courant d'émancipation sexuelle bénéficie du prestige d'une pseudo-science, du soi-disant progrès social et de la publicité la plus tapageuse. Un rapide regard sur le mouvement du néo-malthusianisme contemporain fera toucher du doigt son universalité et la force de son emprise. Du même coup apparaîtra la brûlante actualité du problème. |
Le Néo-Malthusianisme ambiant
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On a fait du chemin depuis Malthus. Chacun sait que celui-ci avait jeté un cri d'alarme devant le spectre de la surpopulation et de la famine. Lui-même n'avait indiqué comme remède à ces maux hypothétiques qu'une restriction des naissances respectueuse des lois de la morale. Il fut rapidement débordé par ses disciples qui prônèrent, sans égard pour celles-ci, un Birth Control fondé uniquement sur les exigences de l'eugénisme et de l'économie politique.
A l'heure actuelle, le néo-malthusianisme va plus loin encore. Tel un fleuve au long cours qui charrie des allu vions de divers rivages, l'idée de Birth Control a subi une lente évolution qui se traduit même par un changement de vocabulaire. Au lieu de parler de « contrôle des nais sances », idée négative, on propage l'idée positive de la « parenté planifiée » (Planned Parenthood), du « Family Planning », et l'on emploie les termes fallacieux de « mater nité consciente, volontaire, heureuse ». Il existe une puis sante Fédération internationale de la Parenté planifiée (International Planned Parenthood Federation), fondée en 1953 à Stockholm. Elle tient régulièrement ses assises en quelque point du globe et mène une propagande active.
Tandis que ces idées cheminent; au plan pratique la vente des contraceptifs se fait de plus en plus voyante et s'établit sur une échelle toujours plus large. Dans certains pays elle se fait sans aucune retenue, au grand jour, voire avec l'appui des autorités légales.
Jetons un rapide coup d'oeil sur cette évolution. |
Angleterre
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En Angleterre, l'étatisation de la médecine a rendu intenable la position du gynécologue catholique. Celui-ci est dans une situation extrêmement embarrassante s'il veut exercer légalement la médecine, selon les principes catho liques, dans le cadre de l'organisation publique de la santé. Le Dr J. Ryan de Londres a jeté plus d'une fois un cri d'alarme à ce sujet, et, récemment encore, The Catholic Herald attirait l'attention sur la situation du médecin catholique, légalement requis de se prêter aux pratiques contraceptives que sa conscience lui interdit.
Par ailleurs, le courant néo-malthusien anglais vient de remporter une victoire marquante à la dernière Conférence anglicane de Lambeth. Celle-ci, après avoir réuni en août 1958, pendant cinq semaines, 310 évêques anglicans, déclarait : « La Conférence croit que c'est à la conscience des parents que Dieu a partout confié la responsabilité de la décision quant au nombre et à la fréquence des naissances ; que ce planning, réalisé selon les modalités (ways) que mari et femme tiennent pour mutuellement acceptables en conscience chrétienne, est un droit et un facteur important de la vie de la famille chrétienne, et qu'il doit être la conséquence d'une option positive prise en présence de Dieu ».
Cette résolution, volontairement vague, évite visiblement de se prononcer sur la moralité objective de l'emploi des contraceptifs. Mais, en parlant des modalités estimées acceptables, on suppose implicitement que certains couples choisiront les contraceptifs et l'on s'abstient de les condamner. Par cette faille la porte s'ouvre à leur introduction.
Sauf aux milieux catholiques, cette attitude parut toute naturelle, tant le monde anglo-saxon est travaillé depuis longtemps par la propagande néo-malthusienne. Il en va de même du reste dans les autres pays protestants, particulièrement dans les pays scandinaves, où le Birth Control est entré dans les moeurs au même titre que les lois de l'hygiène et du confort.
Cette connexion entre le protestantisme et le néomalthusianisme est dans la logique des doctrines de Luther et de Calvin, puisque pour eux la référence à la nature et à la loi naturelle a perdu tout sens comme norme de la moralité, du fait que la nature, selon eux, a été foncièrement viciée par le péché originel. De là à opter pour la « loi de la liberté chrétienne » contre la loi naturelle, inscrite au coeur de la personne humaine, il n'y a qu'un pas, facile à franchir.
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France
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Mais les pays de tradition catholique eux-mêmes ne sont pas à l'abri de la contagion.
En France, une campagne en faveur du Family Planning fut déclenchée en mars 1955 par une communication médicale retentissante à l'Académie des Sciences Politiques et Morales. La presse française y fit largement écho. Un livre de Jacques Derogy : Des enfants malgré nous vint plaider la même cause et alimenter les polémiques. Le monde parlementaire lui-même en subit le contre-coup : une proposition de loi fut déposée au bureau de l'Assemblée nationale, « tendant, disait l'énoncé introductif, à prévenir la multiplication des avortements criminels par la prophylaxie anticonceptionnelle ». Le remède proposé n'était rien de moins que l'abrogation des articles 3 et 4 de la loi française du 31 juillet 1920, qui réprime cette propagande néo-malthusienne. Restée sans suite sur le plan parlementaire, l'idée fait son chemin, et, malgré l'incontestable redressement de la natalité en France, les pratiques contraceptives sont largement entrées dans les moeurs. Leur effet corrosif et dissolvant joue sans conteste un grand rôle dans l'instabilité de la famille et la croissance inquiétante du nombre des divorces. Un divorce pour dix mariages en France, et un peu plus d'un pour cinq dans le département de la Seine ! Ces chiffres ouvrent des horizons sur l'instabilité que le péché introduit au sein des foyers. L'émancipation à l'égard de la loi du Seigneur en ce qui concerne les naissances conduit, par une pente facile, à l'émancipation à l'égard de l'indissolubilité du mariage et à la destruction du lien conjugal. Le péché appelle le péché, de tout son poids. Quand le foyer cesse d'être en état de grâce devant Dieu, il est en danger de ruine même devant les hommes.
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Belgique
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La Belgique , elle aussi, est entraînée dans le même sillage. Si l'on recherche les causes de la déchristianisation religieuse, particulièrement dans les centres urbains, on est amené à se demander si pour un bon nombre de baptisés, devenus non-pratiquants, l'option néo-malthusienne ne joue pas un rôle décisif dans leur éloignement de l'Église. Il est des cas, certes, où les époux sont sans enfants bien malgré eux. Il n'en reste pas moins que les chiffres, qui portent non sur des cas particuliers mais sur des ensembles, ont une éloquence douloureuse : les familles ayant trois enfants et plus n'atteignent pas le quart des familles belges, et le taux moyen de la natalité est de 16,64 pour mille, c'est-à-dire un des plus bas du monde. Cela est significatif, d'autant plus que chez nous la plaie du divorce cet indice qui mesure la vitalité religieuse et la solidité familiale d'un peuple s'étend de jour en jour. On cite le chiffre d'un divorce sur quatre mariages pour certains centres urbains et de sept sur cent pour tout le pays. C'est assez dire que le fléau est grave et que ses causes cachées sont profondes.
Si les autres pays catholiques européens tels l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'Irlande propagande néo-malthusienne pour des raisons diverses, que nous n'avons pas à étudier ici, leur immunité n'est que relative, et la bataille pour l'assainissement familial est loin d'être gagnée. |
États-Unis
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Ce même courant néo-malthusien traverse non seulement l'Europe mais aussi l'Amérique et l'Asie.
Aux États-Unis, partout où il le peut, il dicte la loi dans l'organisation de la santé publique. Si la résistance est vive du côté des catholiques américains, elle ne l'est guère dans bon nombre de milieux protestants. Un exemple typique récent nous est fourni par la controverse sur le Birth Control dans les hôpitaux de New-York. Elle aboutit à un mémorandum du Bureau des Hôpitaux de la ville de New-York déterminant les conditions dans lesquelles le Birth Control peut être admis. Le mémorandum fut désavoué par une déclaration conjointe émanant des autorités religieuses de l'archidiocèse de New-York et du diocèse de Brooklyn.
La question est à l'ordre du jour aussi sur le plan politique.
Le sénateur américain William Fullbright, président de la Commission des Affaires étrangères du Sénat, vient de rendre public un rapport préconisant un système de contrôle des naissances, au moyen de produits anticonceptionnels, à favoriser dans les pays où cette pratique ne heurte pas les conceptions religieuses. Ce rapport, pui a été préparé par un institut de recherche à l'intention de M. Fullbright, trace des directives pour orienter en ce sens la politique mondiale des États-Unis.
Par ailleurs toute la presse catholique américaine s'est fait l'écho ces derniers temps des protestations adressées à la Commission consultative présidentielle, chargée de reviser les objectifs de l'aide économique et militaire des États-Unis à l'étranger, et qui prévoit un programme de promotion du Birth Control. |
Japon
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En Asie, le Japon et les Indes sont à l'avant-plan de l'actualité en ce domaine.
Au Japon, la Diète a voté, le 28 juin 1948, une « loi de protection eugénique » sous le couvert de laquelle le courant du Birth Control a fait sa trouée. La vente des produits contraceptifs est autorisée, et l'État lui-même se charge d'informer le public sur les moyens de limiter les naissances. Ces techniques sont enseignées officiellement dans quelque sept cents centres de consultation. Un spécialiste consulté m'écrivait récemment de Tokyo ces précisions : « La pratique du Birth Control s'est considérablement généralisée. Si elle était de 15% en 1950, de près de 30% en 1953, il ne serait pas exagéré de dire qu'elle est actuellement de 5o à 60%. Dans les quartiers les plus pauvres, les cliniques d'information sur les pratiques anticonceptionnelles se sont multipliées, avec consultations gratuites et distribution également gratuite de produits anticonceptionnels. Des assistantes sociales, spécialisées dans cet art, vont à domicile, même non demandées, pour initier les épouses ; et dans les usines, a direction fait de plus en plus pression sur les ouvriers pour les décider à réduire leur famille. Les résultats de cette politique sont apparus dans une baisse progressive du taux de la natalité, qui est descendu en 1957 à 17,2 pour mille habitants, alors qu'il avait dépassé 3o pour mille avant l'adoption du Birth Control. Ce taux de 17,2 pour mille n'a pas été atteint par les seules pratiques anti conceptionnelles, mais aussi par suite des avortements, légaux ou non, qui ne seraient pas inférieurs à 1 million (estimation officieuse). » |
Indes
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Le 5 janvier 1957, lors du Congrès de la « All India Conference of Family Planning », le colonel Barkat Narain, conseiller spécial du gouvernement, annonça que celui-ci se propose d'équiper deux mille centres ruraux pour l'enseignement de la « parenté planifiée ». La même année, le gouvernement organisa la propagande en faveur des contraceptifs dans 50.000 villages et dans 560 centres urbains. On vise à créer un centre par cent mille habitants, et cela en l'espace de cinq ans. Il semble que la morale traditionnelle du pays, si vigoureusement prônée par Gandhi et ses disciples, soit systématiquement battue en brèche et qu'elle recule chaque jour.
Le Dr Chandrasekhar, directeur de l'Institut indien pour l'étude des populations, membre de l'Unesco, a déclaré à l'Université de Hong-Kong que les autorités indiennes envisagent d'offrir l'équivalent de 17 $ à tout homme ayant deux enfants et disposant d'un revenu mensuel inférieur à 312 $ qui acceptera de se faire stériliser.
Le même Dr Chandrasekhar écrit dans son livre La population de l'Inde ces lignes significatives : « Le problème de la population est le problème crucial de l'Inde. Si le pays continue d'augmenter au rythme actuel, il aura doublé en 70 ans, étant donné que les soins médicaux favorisent cet accroissement. Au début du siècle prochain, l'Inde se trouvera affligée de 700 millions d'habitants. Où trouvera-t-elle la nourriture nécessaire à une telle population ? Aujourd'hui il est déjà difficile de trouver sa ration quotidienne de nourriture ; que sera-ce à l'avenir, si le taux d'accroissement, environ 5 millions de nouvelles bouches à nourrir chaque année, continue? Avec la carte d'alimentation, le gouvernement doit distribuer des brochures sur l'anticonception 1 ».
Nous n'avons pas à discuter ici l'aspect démographique du problème. Le R. P. de Lestapis S. J. vient de le faire, avec une rare compétence et un sens averti de la complexité du problème, dans son livre récent La limitation des naissances. Il y analyse, chiffres en mains, chacun des arguments mis en avant et indique d'autres solutions pour diminuer d'une manière morale une natalité trop élevée. Voici une des voies qu'il signale :
« Il est prouvé qu'un retard de l'âge du mariage des femmes si précoce en Asie, s'il pouvait être obtenu, opérerait déjà une assez sérieuse baisse de leur fécondité. L'on sait par des enquêtes minutieuses, menées par J. N. Sinka à Bangalore (1951), que les mariages de cette ville ayant duré quinze ans, comptaient une moyenne de 6,4 enfants par famille lorsque la mère s'était mariée avant 14 ans, de 6 enfants si la mère s'était mariée entre 14 et 17 ans, de 5,3 enfants si la mère s'était mariée entre 18 et 21 ans, et 3,5 enfants si elle s'était mariée après 21 ans. En somme, à reculer de huit ans l'âge du mariage des filles, il n'est pas impossible que l'Inde parvienne à diminuer de près de 30% sa fécondité » (/. c., p. 249).
Nous citons cette indication simplement pour mettre en garde contre le simplisme des affirmations néo-malthusiennes. Si l'on compare l'âge moyen des filles au moment du mariage aux Indes un peu plus de 14 ans, avec l'âge moyen en nos pays en France 22,60, en Autriche 23,99, en Norvège 24,35, on ne peut qu'être frappé de l'importance de ce facteur. Mais ce n'est là qu'un élément, répétons-le, dans un vaste ensemble, où le concours constructif de tout ce que comporte l'aide internationale nécessaire aux pays sous-développés joue un rôle indispensable. Un proverbe irlandais affirme : quand Dieu ferme une porte, il ouvre toujours une fenêtre. Lorsque la morale bloque certaines issues, il appartient à l'homme de chercher d'autres voies acceptables de solution, en sachant que le respect de la loi naturelle est toujours, en dernier ressort, la suprême sauvegarde de la vie véritable d'un peuple. |
Le courant néo-malthusien et ses points d'appui
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Ce rapide tour d'horizon montre l'étendue du courant néo-malthusien avec lequel le chrétien est confronté partout. Il est toujours difficile de se battre quand on est cerné de toutes parts par l'ennemi. Mais la difficulté augmente quand l'ennemi dispose déjà d'alliés dans la place, de connivences secrètes dues à la soif même, en l'homme, d'une jouissance sexuelle libre de toute entrave morale, et à la force de cet instinct, d'autant plus violent et anarchique qu'il aura été trop souvent abandonné à lui-même. A cela s'ajoute un ensemble de facteurs extrinsèques d'ordres divers qui favorisent ce courant délétère. Signalons-en quelques-uns. |
Standing de vie et confort
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La préoccupation excessive d'améliorer le standing de vie et le confort favorise la tendance néo-malthusienne. Les parents veulent de plus en plus, à bon droit du reste, non pas seulement mettre des enfants au monde, mais aussi assurer leur éducation et leur avenir. Ils veulent que leurs enfants montent plus haut qu'eux dans l'échelle sociale. Tout cela est normal. Mais la tentation sera forte de diminuer le nombre d'enfants, sans égard aux procédés employés pour atteindre coûte que coûte ce but. Remarquons en passant que l'Église n'a jamais dissocié procréation et éducation, et que le souci d'élever l'enfant, au noble sens du mot, fait partie à ses yeux de cette pro création continuée qu'est l'éducation humaine. Mais la fin ne justifie pas les moyens, ici pas plus qu'ailleurs.
Il n'y a pas que ce souci de promotion à tout prix qui exerce son influence ; l'attachement excessif au confort joue aussi un rôle subtil et subversif. Le monde moderne aspire avec frénésie à la jouissance matérielle, dans la mesure même où lui manque ce « supplément d'âme », qui lui permettrait de maîtriser le progrès technique. Ce goût du confort fera sentir plus lourdement qu'autrefois les sacrifices qu'entraîne une naissance, à commencer par le sacrifice de la liberté, qui prive les parents de certains plaisirs de plus en plus appréciés : vie mondaine, soirées, déplacements, voyages. On « calcule » dans la mesure même où le souci du confort prendra le pas sur toute autre considération. Qui ne connaît le dilemme de certains qui mettent ouvertement en balance l'auto ou l'enfant, les vacances à la mer ou le berceau à peupler ? |
Crise de logements
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Si le bien-être, dès qu'on en exagère le prix, joue contre la morale, le manque du minimum vital joue lui aussi dans le même sens. C'est particulièrement frappant pour le problème du logement si poignant en certains pays et en certaines grandes villes. A Paris, 35% des 1.167.000 de ménages logent dans une seule pièce ; 26% disposent de deux pièces : ces chiffres valent des volumes. Et que l'on songe à ceux qui vivent dans des taudis, dans certains camps de travail aux conditions infra-humaines ou, pire encore, en pleine rue ! Il n'y a qu'à regarder les buildings géants qui ceinturent telle ou telle capitale, pour voir que les murs et la disposition architecturale font par eux- mêmes une propagande insidieuse dans un sens restrictif. Le néo-malthusianisme s'inscrit quasi comme un postulat dans la pierre ou le béton. Pourtant, si l'on compare les deux facteurs : luxe et misère, il faut reconnaître que le goût de la richesse favorise plus le néo-malthusianisme que la misère du pauvre.
Promotion de la femme et caractère personnaliste du mariage
Les facteurs signalés jusqu'ici relevaient de l'ordre économique. Il en est d'autres d'ordre psychologique et Qocial.
Notre temps est marqué par l'émancipation progressive de la femme. On ne conçoit plus aujourd'hui, en terre chrétienne, les mille formes d'esclavage ou de sujétion que la femme subit encore en terre païenne. Cette promotion est un bien : elle a ouvert à la femme l'accès à de multiples fonctions sociales où elle fait merveille. Mais cette libération offre le danger de minimiser, à ses propres yeux, sa fonction maternelle. Un certain féminisme de mauvais aloi rend la femme facilement attentive aux plaidoyers suspects en faveur de la maternité abusivement restreinte, de la maternité dite heureuse. La femme prend le pas sur la mère ; à la limite, l'effort de promotion légitime se solde parfois par le reniement de son être propre, par le renoncement à sa fonction vitale.
Joue encore dans le sens restrictif la mise en relief de plus en plus accusée, et bonne en elle-même, du rôle de l'amour personnel dans le mariage. Jadis le mariage était davantage une institution sociale, qui, comme telle, intéressait d'abord les parents. Aujourd'hui on n'admet plus que les parents règlent le mariage des enfants au gré de leurs convenances économiques et sociales. Le facteur « amour » a pris une place prépondérante. Progrès en soi encore une fois, mais tentation aussi de plier davantage le mariage aux fins personnelles du couple, en minimisant sa fin sociale, qui est la procréation.
Toutes ces données, qui n'ont en soi rien de blâmable et qui constituent même d'authentiques progrès dans l'humanisation du mariage, créent cependant un climat, où les théories néo-malthusiennes trouvent soit connivence soit préjugé favorable. En outre le sens chrétien du mariage est constamment menacé par toutes les techniques de diffusion : presse, écrans, radio, qui créent à jet continu une obsession érotique, qui est la négation même de l'amour. Autant de raisons d'aborder de front le problème qui se pose. |
Références
1. Cfr. La planification des naissances en Inde, dans Bulletin de la Sociéte des Missions Étrangères de Paris, nov. 1958, p. 952.
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