Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de 
Mgr Pierre André Fournier  et ami de
ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

Signez mon livre d'or Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens. 


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU
MINISTÈRE PRESBYTÉRAL


AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE
DIT QUELQUE CHOSE?

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Titre de la série :
La divine Eucharistie
Titre de la page:

Le sacrement et réhabitation par la communion

Nom de l'auteur:
St Julien -Eymard.s.s

                            Le Sacrement de la bonté de Dieu

                                In funiculis Adam traham eos, in vinculis caritatis.

                                      Je les attirerai à moi par les liens de l'amour...Os., xi, 4.

Il est certain que l'Eucharistie fait ressentir à l'âme qui la reçoit dignement un bonheur, des douceurs qui ne se rencontrent que dans la réception de ce divin Sacrement. Pourquoi Dieu tient-il tant à nous communiquer sa suavité ? C'est parce qu'une seule chose peut nous attacher à lui : sa bonté. Il n'y a pas de sympathie entre ceux qui ne sont pas égaux : les puissants sont entourés d'envieux, et les rois n'ont pas d'amis, s'ils ne s'abaissent pour les chercher. Nous tremblons devant la puissance de Dieu. Sa sainteté non plus ne nous attache pas à lui. Mais nous aimons Dieu à cause de sa bonté : nous savons qu'il veut nous sauver, qu'il descend jusqu'à notre bassesse ; et les mystères de la vie de Notre-Seigneur qui excitent le plus notre amour sont ceux où il nous montre une bonté plus tendre, plus expansive. La bonté seule de Dieu peut nous attacher à lui d'une manière persévérante. Quand est-ce que nous voyons Notre-Seigneur adoré sur la terre avec le plus d'amour ?

Les Mages l'adorent dans sa crèche, parce qu'il y est tout aimable. L'aveugle-né veut suivre Jésus, touché qu'il est de tout l'amour qu'il lui a témoigné. Madeleine se voit pardonner ses péchés, et son coeur s'embrase d'un feu qui ne s'éteindra plus : Notre-Seigneur lui avait montré tant de bonté !... Oui, c'est certain, on ne s'attache qu'à la bonté. Aussi l'Église, qui a si bien le sentiment des choses divines, dit-elle dans une de ses prières : Deus cujus natura bonitas... O Dieu, dont la nature est bonté... Quoi ! tous les autres attributs de Dieu ne sont-ils pas également de son essence ? Il est tout entier en tous, et tous sont égaux, sans doute ; mais ici-bas et pour nous autres hommes, la nature de Dieu c'est d'être bon « Deus cujus natura bonitas...


II

Cela posé, nous devrons aimer davantage Notre-Seigneur, là où il nous témoignera plus de bonté. Or n'est-ce pas au Saint-Sacrement, dans la Communion, que la bonté de Notre-Seigneur se manifeste de la manière la plus éclatante ? Le concile de Trente dit que dans ce Sacrement Dieu a répandu avec profusion les richesses de son amour : Divitias arnoris sui velut effudit. C'est le terme de son amour. Dieu ne peut pas faire plus que de se donner à nous. Par la Communion , nous recevous JÉsus-CHRIST comme Dieu et comme homme, avec les mérites de sa vie mortelle et de tous ses états, la rédemption et tous ses fruits, le gage même de la gloire future. Nous recevons la plus grande somme de bonheur que Dieu puisse donner ici-bas.

Et nous sentons ce bonheur : il est nécessaire que nous le goûtions ; sans la suavité de l'union avec Dieu, l'état de grâce ordinairement parlant, est très difficile à conserver.

La pénitence crée en nous l'état de grâce : elle nous guérit ; mais elle est un remède violent, une victoire chèrement payée ; elle nous laisse la lassitude de la lutte. Et ce sacrement qui nous rend la vie ne suffira pas à l'entretenir longtemps en nous ; si nous en restons là, nous ne sommes que des convalescents.

Que faut-il pour nous rendre la plénitude de la vie, pour faire de nous des hommes ? la Communion, qui est un baume, une douce et bienfaisante chaleur, le lait de Notre-Seigneur, comme dit le Prophète : Ad ubera portabimini. L'Eucharistie, après la pénitence, nous rend pleinement la Paix. C'est de la bouche même de Notre-Seigneur que nous avons besoin d'entendre cette parole d'encouragement : Allez en paix, et ne péchez plus ; parole qui s'échappe de son Coeur, qui tombe sur le nôtre encore ulcéré et endolori, comme une rosée céleste.

La Communion produit la constance persévérante. Rien n'est décourageant comme une longue route à parcourir, et c'est la tentation ordinaire des commençants : Je ne pourrai jamais persévérer si longtemps. Si vous voulez persévérer, recevez Notre-Seigneur !

Celui qui communie peut se conserver en état de grâce pour le ciel ; mais que le ciel est loin ! Quelle foi il faut avoir pour le regarder toujours fixement de si loin ; la vie de foi n'est alors qu'un sacrifice continuel, un combat sans trêve, sans refraîchissement : il n'y a pas là une force actuelle, encourageante ; on est alors semblable à un voyageur éloigné de son pays : la longueur de la route le fatigue et le porte au découragement. En ne communiant que rarement, il est difficile de conserver longtemps son état de grâce ; si on le conserve, il n'est pas bien pur ni bien beau : la poussière du chemin s'y est attachée et en ternit l'éclat. C'est l'expérience qui l'enseigne.

Que si l'on communie, oh ! que l'état de grâce est bien plus facile à garder dans sa pureté ; ce n'est plus pour une fin éloignée qu'on le conserve soigneusement, mais pour demain, pour aujourd'hui. On sait que c'est la toilette d'honneur, le droit d'entrée au banquet ; alors on évite le péché par amour pour ne pas être privé de la sainte Communion : et la Communion devient par là un rempart assuré contre le péché ; par là nous pouvons facilement l'éviter jusqu'à la mort. --- Te parle du péché volontaire.

Comment une âme qui communie chaque jour, et qui tient à sa Communion, pourrait-elle consentir à la tentation ? Elle sait que ce péché la priverait ce qu'elle désire tant ; la Communion à. faire lui apparaît, la soutient, l'encourage et l'empêche de tomber. J'avoue ne pas comprendre l'état de grâce sans la Communion fréquente.

C'est, du reste, l'esprit de l'Église : elle nous encourage à la Communion quotidienne par la voix du Concile de Trente. Quelques-uns prétendent qu'il faut user en cela de beaucoup de prudence ; que sans doute en théorie l'Église a raison, mais qu'en pratique il faut fort peu user de ce conseil. Il suffit, disent-ils, pour les fidèles en général, de communier aux grandes fêtes. » Mais, leur répondrons-nous, l'Eucharistie, prise à. de tels intervalles, n'est qu'une nourriture extra­ordinaire ; où donc est la nourriture ordinaire, le pain de chaque jour dont j'ai besoin pour me soutenir ? Comment entretenir en moi l'amour de Dieu, qui fait la vie et le mérite des vertus chrétiennes ?

Hélas ! on demande quelquefois comment l'Europe a perdu la foi. Eh ! c'est en ne communiant plus ou presque plus ! Le jansénisme a écarté les fidèles de la table sainte : ils ont perdu le sens de JÉSUS-CHRIST, le sens de la foi et de l'amour ; ils sont engourdis et paralysés ; ils tombent d'inanition. Comment les ramener ? Rendez-leur le pain substantiel que leur présente l'Église ; ranimez-les au foyer eucharistique ; mettez-les sous l'influence de ce soleil vivificateur. Ah ! pour ramener la foi chez les peuples, on fait beaucoup de livres et de raisonnements ! La foi ne se raisonne pas tant : la foi, c'est la grâce ; allez la chercher dans sa source, à la Table sainte !

La Communion rend donc l'état de grâce aimable et assure sa persévérance, parce que JÉSUS- CHRIST en devient la fin prochaine et directe. Elle rend les vertus constantes et faciles à pratiquer, parce qu'elle alimente en nous l'amour de Dieu ; elle les rend douces et aimables en leur donnant un but vivant et animé. Nous ne saurions trop encourager à la fréquente Communion. Ce n'est pas un abus. Est-ce que l'enfant qui visite son père, l'entoure constamment, abuse de lui ? Il en est de, même du fidèle à l'égard de Notre-Seigneur.

Préparons-nous, par la Communion , au paradis. Là, on reçoit perpétuellement Notre-Seigneur, on vit de sa connaissance et de son amour. Communions bien ici-bas, afin d'être prêts à bien faire au ciel : la Communion reçue souvent, et avec les dispositions requises est le gage assuré du salut éternel.


Le Sacrement de vie

Nisi manducaveritis carnem Filii hominis, et biberitis ejus sanguinem, non habebitis vitam in vobis.

Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez son Sang, vous n'aurez point la vie en vous. JOAN., VI, 54.

L'Incarnation est une seconde création, au sentiment de tous les Pères : en JÉSUS-CHRIST, nous avons été créés de nouveau, réhabilités ; nous avons retrouvé notre vie, notre dignité : Recreati in Christo Jesu.

Ce que l'on a dit de l'Incarnation on peut le dire de l'Eucharistie, qui n'en est que l'extension. — Voyons comment en l'Eucharistie nous retrou­vons la vie, la vie divine que le péché originel avait détruite dans l'humanité.

I

JÉSUS-CHRIST a dit : « Celui qui me mange aura la vie ; et si vous ne mangez la Chair du Fils de l'homme, et ne buvez son Sang, vous n'aurez point la vie en vous. » Mais le baptême, qui nous fait enfants de Dieu, ne nous donne-t-il pas la vie divine ? La pénitence ne nous la rend-elle pas quand nous avons eu le malheur de la perdre par le péché. Que veut dire alors cette parole de Notre-Seigneur, qu'il appuie d'un serment ? Il semble qu'il y a une contradiction dans la doctrine catholique. Il n'en est rien cependant. L'Eucharistie est le Sacrement de la vie, parce qu'elle nous donne la perfection de la vie, parce qu'elle nous donne la vie dans son développement. L'enfant d'un jour a la vie sans doute ; l'infirme qui relève de maladie a la vie aussi ! laissez le premier tout seul et sans soin ; ne donnez pas au malade les remèdes et les aliments fortifiants de la convalescence : ils ne tarderont pas, l'un à perdre la vie où il entre à peine, l'autre à. retomber plus profondément. Le baptême et la pénitence, qui nous donnent la vie, ne suffisent pas à l'entretenir ; aussi quand Notre-Seigneur ressuscite la fille de Jaïre, il ordonne qu'on la fasse manger : la vie et l'alimentation qui la soutient ne se peuvent point séparer ; il faut communier, sous peine d'aller toujours en défaillant ; et comment le chrétien pourra-t-il mener la vie des anges ? peut sans doute mériter et travailler pour le ciel dès que l'on est en état de grâce ; pour le faire longtemps, il faut prendre cette nourriture des forts. Nul autre moyen ne nous donnera des forces suffisantes pour soutenir le rude combat de chaque jour.

La prière, toute bonne et nécessaire qu'elle est, vous fatiguera, et vous finirez par la laisser, si la communion ne la soutient pas.

Pour vivre de pénitence, pour avancer dans ce sentier étroit et crucifiant de la mort à nous- mêmes, il faut que nous obéissions à un mouvement divin qui n'est autre que la présence de JÉSUS-CHRIST souvent renouvelée dans notre coeur. L'exemple des anachorètes, qui vivaient au fond des déserts, paraît contredire cette assertion ; mais, qu'on le sache, les anachorètes venaient au monastère communier tous les dimanches. Et ils en avaient plus besoin que d'autres pour avancer dans leur saint état. Car je pose en principe que plus on veut mener une vie sainte, plus on veut être pur, plus grand est le besoin, plus impérieuse la nécessité de communier souvent. Cette vie demande plus de sacrifices, il nous faut plus de forces. Vous avez beaucoup à travailler, mangez beaucoup. Ne regardez la Communion que comme le moyen de vous soutenir, de vous fortifier. Elle n'est pas un acte de haute et difficile vertu ; elle ne vous est pas non plus proposée pour récompenser vos ver­tus : vous devez communier, non parce que vous êtes saint, mais pour le devenir. Voilà le principe. Communiez, parce que vous êtes faibles et accablés des travaux de la vie chrétienne ; JÉSUS-CHRIST vous appelle ainsi à la Communion ; « Venez à moi, vous tous qui êtes accablés de fatigue, et je "'nus soulagerai. » Et si la Communion quelque­fois ne nous repose pas, ne nous refait pas, c'est que nous en faisons un acte de vertu difficile, que nous nous y efforçons par mille actes fatigants, que nous y travaillons, en un mot, au lieu de nous y nourrir et de nous y reposer. Recevez Notre-Seigneur : reposez-vous. Pourquoi toute cette agitation ? On ne va pas à un banquet pour y faire des affaires : goûtez donc cette nourriture céleste, et puisque vous mangez le pain des Anges, demeurez un peu dans la contemplation comme les Anges. Vous ne prenez pas le temps de goûter Notre-Seigneur, et vous vous retirez inquiets de n'avoir rien ressenti ! Imitez en votre âme les chartreux, qui se couchent au pied de l'autel pendant le temps de l'action de grâces. De bonnes âmes disent : Je ne profite pas de mes Communions, car je n'y ressens rien. C'est mal raisonner. Vous profitez, puisque vous vivez.

Le signe d'une bonne Communion n'est pas nécessairement de faire des actes héroïques de vertu, ni des sacrifices qui coûtent extrêmement. L'Eucharistie est force ou douceur. Elle est ainsi figurée dans tout l'Ancien Testament : ici c'est un pain contenant toute suavité ; là c'est un pain mystérieux offert à Die découragé, qui lui donne la force de continuer sa route ; ailleurs, c'est la nuée du désert rafraîchissante pendant le jour, lumineuse et réchauffante pendant la nuit. Telle est l'Eucharistie. Si VOUS manquez de forces, elle vous en donne ; si vous êtes fatigué, elle vous repose : elle est essentiel­lement un secours proportionné aux besoins de chacun.

La conclusion de tout ce que nous venons de dire est celle-ci : Si vous voulez être fort, avoir en vous l'abondance de la vie, et vous en avez besoin, communiez. « Celui qui croit en moi sera sauvé, » a dit le Seigneur ; mais en parlant de l'Eucharistie, il dit : « Celui qui me mange aura la vie. » — L'abondance de la vie : ce n'est pas un filet de vie, mais la source, le fleuve, l'océan de la vie ; une vie qui s'alimente par elle-même, et qui dure toujours, pourvu qu'on veuille bien la prendre ; c'est la vie de JÉSUS-CHRIST lui-même, vie d'amour, qui dure tant qu'on aime ; et celui qui vit d'action de grâces a la vraie vie de JÉSUS en lui. — Matériellement Notre-Seigneur demeure peu de temps en nos cœurs après la Communion ; mais les effets de la Communion se prolongent, son esprit reste en nous : les saintes espèces sont comme l'enveloppe d'un remède qui se brise et disparaît, mais pour que le remède produise dans l'organismes ses salutaires effets.

Je ne comprends pas qu'on puisse se conserver pour dans le monde sans communier: aussi n'avance-t-on guère. Il y a des personnes de piété qui disent : Je n'ai pas besoin de communier souvent ; je me sens tranquille. — Vous l'êtes trop ; ce calme plat présage des tempêtes ! Oh ! pas n'admirez vos petites vertus ; ne croyez pas à votre Paix ; ne vous reposez pas tant sur vous-même ; visez à avancer, et pour cela communiez souvent. Il faut sans doute suivre en cela l'avis de votre confesseur mais vous pouvez lui exposer vos désirs et vos besoins. Il jugera dans sa sagesse.

Mais, hélas ! il en est qui ont la permission de communier et qui s'en dispensent sous prétexte de fatigue, de malaise, d'indévotion. C'est un artifice du démon, et si vous cédez une fois, il vous obsédera des mêmes prétextes chaque jour.

Agir ainsi, c'est commettre une impolitesse à l'égard de Notre-Seigneur, lui faire injure, une grossièreté. La permission de votre directeur est l'invitation de Notre-Seigneur : vous osez refuser son invitation ! Mais cette Communion sera négligée, il vous en sera demandé compte, comme du talent enfoui par le mauvais serviteur de l'Évangile !

Allons, venez vous fortifier souvent à la Table sainte, où vous trouverez une vie forte et agissante : que cette vie grandisse en vous jusqu'à ce que Dieu la change en une vie de bonheur éternel !

La réhabilitation par la Communion

Deus, qui humante substantice dignitatem mirabiliter condidisti et mirabilius reformasti !

O Dieu plus admirable encore dans la restauration de la nature humaine que dans sa création !

MISSALE ROM. Jésus a établi l'Eucharistie pour réhabiliter l'homme : or l'homme a été dégradé, avili par le péché originel : il a oublié son origine céleste ; il a perdu sa dignité de roi de la création ; il est devenu semblable aux bêtes qu'il devait gouverner ; il a été jeté au milieu d'elles : elles le fui­ront si elles sont faibles, ou l'attaqueront si elles en ont la force ; le péché aura fait de leur maître leur plus mortel ennemi. Il restera leur roi par sa nature ; mais un roi détrôné.

Privé de son domaine, l'homme se dégradera encore plus honteusement par le péché de sa volonté : il descendra au niveau de la brute ; et les idolâtres se sentaient si voisins de la bête Par le péché, qu'ils en avaient fait leur dieu et se prosternaient devant de vils animaux. L'homme se croyait tellement avili, qu'il avait un secret besoin d'adorer des êtres qui ne lui fissent pas honte ; quant à son Créateur, il le fuyait et n'osait soutenir son regard. Mais voici la divine inven­tion, et qu'elle est admirable ! Dieu ferait rougir l'homme, s'il l'appelait à lui dans son état misé­rable. Aussi il va s'appliquer à le réhabiliter, à le rendre respectable ; et comme le manger et le vêtir sont les deux choses qui rapprochent le plus les hommes entre eux, Dieu changera leur vête­ment et leur nourriture ; il leur donnera un vêtement et un aliment divins : ce sera la réhabilitation.

Le baptême purifiera le fils d'Adam ; les vertus de JÉSUS-CHRIST l'embelliront ; l'Eucharistie le divinisera. L'homme se sentira grandir entouré de tant d'honneurs. Et, en effet, JÉSUS-CHRIST revêt le prêtre de son corps : De suo vestiens sacerdotes, a dit Tertullien ; le prêtre est un autre JÉSUS-CHRIST ; il se nourrit de lui ; sa volonté est celle de Notre-Seigneur : c'est Notre-Seigneur encore vivant. Et tous les fidèles qui communient participent à ce privilège ; et ce corps qui a communié, qui s'est uni à JÉSUS-CHRIST, est infiniment respectable : on serait tenté de se prosterner aux pieds du communiant et de l'adorer ! D'où vient que l'Église vénère si pieusement les reliques des saints, sinon de ce qu'ils reçurent JÉSUS-CHRIST, de ce que leurs membres ont été incorporés à JÉSUS- CHRIST, ont été ses propres membres ? Je vais plus loin, et je dis que par la Communion nous sommes élevés au-dessus des Anges, sinon en nature, du moins en honneur. Ne devenons-nous pas en le recevant les parents de JÉSUS-CHRIST, d'autres lui-mêmes ? Les Anges ne sont que ses ministres, et quand nous avons communié, ah ! avec quel respect ils nous entourent, et quels honneurs ils nous rendent ! Voilà comment la Communion nous rend plus grands que nous ne l'aurions été sans le péché originel. Innocent, l'homme eût été toujours à la suite de l'Ange ; régénéré, devenu consanguin de Jésus-Christ par l'Eucharistie, il peut occuper au ciel un trône plus élevé que les Esprits célestes. Et plus nous communions, plus notre gloire sera éclatante au ciel : chaque communion augmente l'éclat de notre couronne.

Mais, humainement parlant, pourquoi certaines personnes, un prêtre, par exemple, vous inspirent- elles à première vue une sorte de respect religieux ? Ah ! c'est Jésus-Christ que l'on reconnaît en elles, Jésus-Christ qui transpire du fond de leur coeur sur tout leur extérieur, comme la violette dont on respire le parfum avant qu'on l'ait vue. Bien plus, il me semble que si Notre-Seigneur ne comprimait pas sa gloire dans les communiants, ils brilleraient comme des soleils. Il la cache pour préserver leur humilité : il en perce encore assez. Le voisinage d'un saint tranquillise et fait du bien.

Et bien, écoutez ceci : Toute âme a une mission de salut pour d'autre âmes sur cette terre, et pour la remplir Ir il faut avoir une certaine autorité proportionnée au but a obtenir. Cette autorité morale ne se puise que dans la Communion : on ne résiste pas à quelqu'un qui a Jésus-Christ en lui qui vous le fait sentir dans son langage et dans ses actions ! Un prêtre qui ne dit que rarement la Messe a sa mission comme les autres prêtres : il n'aura jamais l'autorité de sa mission ; l'ascendant sur les coeurs qui les entraîne et les convertit ne vient que de Dieu. On obéit aux saints sans difficulté, parce qu'ils sont une image plus achevée de Jésus-Christ ; les animaux eux-mêmes leur obéissent, et si les saints convertissaient des royaumes et des mondes, ce n'était pas par leurs propres forces, mais par Notre-Seigneur qu'ils avaient reçu, et qui s'échappait de leur coeur en flammes ardentes. Ah ! c'est que les saints savaient recevoir Jésus, et le garder et le faire servir à la gloire de son Père !

Certes, voilà bien l'homme réhabilité dans sa dignité par la Communion. Oh ! oui, heureuse faute, o felix culpa ! Dégradés que vous êtes, et vêtus de peaux de bêtes en punition de votre orgueil, revêtez-vous donc de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST. Dans les sociétés humaines, c'est le vêtement qui commande le plus ou moins de respect : on porte à l'extérieur les insignes de 5a dignité. Revêtez-vous donc de JÉSUS-CHRIST ; portant ce vêtement de gloire, vous serez honorables et honorés ; vous aurez de l'autorité autour de vous, une autorité honorée et aimée : c'est la seule qui puisse avoir une salutaire influence. Zachée, que l'on méprisait comme publicain, reçoit Jésus, et aussitôt Notre-Seigneur le proclame fils d'Abralem et fait taire ses calomniateurs. Et vous, vous êtes ennoblis par la Communion , et vos maisons où vous portez Jésus-Christ sont dignes de respect et d'honneur.

Voilà la réhabilitation de notre dignité. Je sais bien que nous ne sommes pas replacés dans le paradis terrestre. Oh ! ce paradis peut rester fermé. L'Eucharistie est le paradis, le jardin délicieux où Dieu s'entretient avec l'âme fidèle : si on m'offrait le paradis terrestre en échange de ma condition actuelle, je refuserais ; oui, malgré mes misères, je refuserais pour garder l'Eucharistie. Eh ! ces mi­sères ne sont pas des péchés ! Et avec un pain si substantiel on les supporte facilement ; avec l'amour, il n'y a point de fatigue, ou, s'il y en a, on l'aime cette fatigue !

Mais vous surtout, femmes chrétiennes, remerciez Notre-Seigneur qui vous a tant ennoblies, alors que dans le paganisme vous n'étiez que des esclaves et des machines à l'usage de l'homme. Votre titre de noblesse est dans la Communion , que vous avez le même droit de recevoir que l'homme ; dans la Communion , qui honore vos corps et les unit au Verbe fait chair : votre honneur ne vient que de là, l'Eucharistie vous met à la suite de Marie. Vous avez de par Dieu le droit de vous asseoir à son banquet divin : malheureux vos époux s'ils vous empêchaient de jouir de cet honneur ! Le jour où vous ne communierez plus, vous retomberez dans l'abjecte condition d'où la Communion vous avait tirées. Votre grandeur vient de là ; je n'en trouve point d'autre raison. Par le temps qui court, on invente je ne sais combien de couronnes de vertu et d'autres choses pour la femme ; on proclame ses droits on demande son émancipation. Ah ! que votre couronne soit la gloire de recevoir JÉSUS-CHRIST que vos droits soient la liberté entière de vous en approcher toujours ; votre gloire est de vous unir à JÉSUS-CHRIST, splendeur du Père, en qui et par qui toute gloire véritable a son éclat : puissiez- vous la posséder dans sa plénitude au séjour éternel !

La Communion, sacrement de paix avec Dieu

Dicite pusillanimis ; Confortamini et nolite limere...

O hommes craintifs, prenez confiance et chassez toute crainte... Is., xxxv, 4.

1

L'homme pécheur avait une peur instinctive de Dieu. A peine a-t-il cédé au démon, qu'il se cache et fuit le visage de son Créateur, il n'ose pas répondre à sa voix.

Ce sentiment de crainte, quand on a mal fait, nous est tellement naturel que l'enfant lui-même, malgré la tendresse de sa mère, hésite à s'approcher d'elle quand il lui a désobéi. Le criminel qui fuit la justice humaine est tellement possédé de ce sentiment, qu'il se manifeste sur son visage et suffit quelquefois à le convaincre.

Il en est de même et plus encore à l'égard de Dieu. Vous croyez que ce pécheur est endurci et ne demeure dans le péché que par orgueil ? Non, non ! Il a peur de Dieu, et plus le pécheur est coupable, plus grande est sa frayeur. Il pourra s'enfoncer dans le bourbier de ses crimes, commettre excès sur excès ; cela prouve davantage sa peur. Qu'est-ce que le désespoir, sinon la persuasion fausse qu'on ne sera pas pardonné et qu'il faudra tomber entre les mains du terrible Juge ? Et ceux qui refusent de venir à l'église, ils ont peur de Notre-Seigneur ; s'ils y entrent forcés par quelque circonstance, ils y sont embarrassés et tremblants. Le pécheur a peur de lui-même ; il ne peut habiter avec son coeur et avec sa conscience : il se fait peur ! C'est pourquoi il s'étourdit, il se fuit.

L'Écriture sainte nous montre ce sentiment de crainte tellement dominant dans l'homme, que les plus saints tremblaient si Dieu se montrait à eux ou leur parlait dans la personne d'un Ange. La sainte Vierge elle-même, si pure pourtant, trembla devant l'Ange de Dieu : la crainte dominait l'humanité.

Dieu met quatre mille ans à préparer le rap­prochement de l'homme, qui ne se consommera que par l'Eucharistie. L'Incarnation avance grande­ment cette œuvre d'apprivoisement ; mais elle ne suffit pas. JÉSUS ne nous montre sa bonté que durant trente-trois ans ; et l'on peut dire que s'il nous eût privés de sa présence après ce peu de temps, nous serions aussi craintifs que les Juifs avant sa venue. L'Incarnation, œuvre de salut, monument magnifique de l'amour et de la puis­sance de Dieu, eût-elle suffi à établir entre le Créateur et la créature la confiance de l'amitié ? — Non. L'amitié demande des rapports personnels et constants. Notre-Seigneur institue donc l'Eucharistie. Par ce sacrement il est en notre pensée, en nous, avec nous, à côté de nous : il continue et perfectionne son oeuvre de familiarisation. Il cache sa gloire, se montre dans l'incognito de l'amitié, absolument comme si un roi prenait le vêtement d'un pauvre, et, venant s'asseoir à sa table, lui disait : « Je suis de votre famille ; traitez-moi comme l'un des vôtres. » Mais, que dis-je ? c'est bien autre chose ! JÉSUS-CHRIST se fait pain : oh ! qui aura peur d'un grain de froment, et Dieu pouvait-il trouver un meilleur moyen de voiler sa majesté ?

II

Voyez comme les rapports deviennent faciles et aimables. Parce que JÉSUS-CHRIST se cache en l'Eucharistie, vous pouvez vous approcher et entendre sa parole divine. Autrement un mot de sa bouche remuerait le monde de frayeur, comme au Sinaï ; une parole d'amour nous embraserait et nous consumerait ; une parole de menace nous anéantirait.

Quant à l'imitation de ses vertus, si JÉSUS ne les voilait dans l'Eucharistie, s'il ne les mettait, pour ainsi dire, à notre portée, nous désespérerions d'y arriver. Mais les cachant, ayant plutôt l'air d'un mort qui obéit d'une obéissance comme toute matérielle, il nous encourage à l'imiter : c'est ainsi que la mère bégaye et fait de petits pas pour apprendre à son enfant à parler et à marcher.

On peut définir l'Eucharistie : Jésus apprivoi, sant l'homme avec Dieu.

Mais les mystères de l'union intime que Jésus opère avec nous dans la Communion, comment les décrire ! L'amitié demande l'union ; sans union il n'y a pas de parfaite confiance. Jésus veut s'unir à chacun de nous personnellement. Moïse disait à Dieu dans ses saintes audaces : Montrez-moi votre face ! » Dieu refuse d'abord. Moïse insiste et conjure ; Dieu ne peut résister à tant de confiance. Mais, de peur que Moïse ne soit consumé de l'éclat de sa gloire, Dieu lui ordonne de se tenir éloigné et ne fait que passer devant lui. Moïse voit un rayon de la majesté divine, un seul rayon, et il en devient si brillant que tout le reste de sa vie il en porta la marque éblouissante sur le front.

Si Jésus nous montrait sa gloire dans l'Eucharistie, nous deviendrions comme Moïse ; mais où serait l'amitié, l'intimité ? Moïse ébloui n'avait guère envie de parler ni d'ouvrir son coeur ! Mais Jésus tient à notre amitié. Il veut que nous le traitions en ami. Il se revêt d'un corps supposé. Personne ne tremble ; on voit quelque chose que l'on est habitué à voir dès l'enfance, du pain : on a encore le courage de parler à coeur ouvert ; Notre- Seigneur nous surprend.

Zachée n'avait pas osé désirer parler à Notre" Seigneur : il voulait seulement le voir. Jésus le surprend et l'appelle par son nom. Zachée obéit et se sent tout changé par tant d'amour. IL pense plus qu'il n'a été qu'un misérable pécheur ; non, après un acte sincère d'humilité, il reçoit Jésus chez lui, et jouit sans crainte de sa douce présence.

Jésus nous envoyait un Ange pour nous annoncer et nous apporter la Communion, au lieu de nous surprendre comme il fait, nous tremblerions de frayeur longtemps à l'avance. Mais non, pour que nous puissions savourer notre bonheur dans la Communion, il faut que nous soyons surpris, et nous le sommes. Car nos yeux ne voient que de faibles apparences, une humble forme : là est la grâce des grâces ; sans cela nous serions trop troublés en communiant.

Il est bon d'être ému, mais non pas troublé, l'émotion nous fait penser davantage à celui que nous allons recevoir, et moins à nos misères.

Et quand Notre-Seigneur est en nous, que faire, sinon se réjouir ? Sa bonté nous préserve de l'éclat de la sainteté ; elle nous fait oublier sa puissance, sa gloire et sa grandeur.

Soyons donc heureux de cette admirable invention de Dieu pour nous. L'Eucharistie nous rend Dieu présent, la Communion nous fait entrer en familiarité.

Oh ! oui, heureuse faute ! Dans l'état d'innocence, Dieu était Seigneur et Maître ; maintenant Il est notre ami, notre commensal, notre nourriture : Cibus et conviva!

La Communion , source de confiance en Dieu

Confidite, ego sam.   Ayez confiance, c'est moi. MARC, VI, 50.

La fin de l'Eucharistie est non seulement de rapprocher l'homme de Dieu en détruisant la crainte instinctive qui le dominait, mais de mettre la confiance en son coeur, ce qui est plus. On pourrait, à la rigueur, supporter la présence de Dieu ; mais venir lui parler, qui l'oserait, si Notre-Seigneur ne se voilait par bonté ? Il fait tous les frais, supprime toutes les inégalités. Déjà sur la terre les traits de l'humanité voilaient si bien l'éclat de la Divinité , que les pécheurs et les petits enfants ne craignaient pas de s'approcher de JÉsus. On ne voyait en lui que bonté et miséricorde.

Mais aujourd'hui qu'il est glorieux et ressuscité, triomphant, qui osera parler à Notre-Seigneur ? Il a acquis le titre de Juge des vivants et des morts, et Comme tel il veut être craint et adoré. Il est toujours sans doute le bon Dieu, le Dieu des miséricordes ; mais son état est changé, et si nous n'avions pas l'Eucharistie, nous n'oserions par lui parler avec une simple confiance. Notre-Seigneur a établi son Sacrement, afin qu'on l'aime, qu'on le traite avec autant d'amour et de tendre affection que pendant sa vie mortelle. Nous autres prêtres, nous vous prêchons comme Jean-Baptiste le pardon et la miséricorde : nous sommes impuissants à vous donner l'amour de confiance, à établir entre Notre-Seigneur et vous les rapports de tendresse et de familiarité qu'il désire.

Sur terre, on reconnaissait la bonté de Notre- Seigneur à son attitude : tout en lui respirait la douceur, tout attirait. Il est voilé maintenant ; mais ces mêmes traits transpirent à travers le nuage qui le cache. Ce nuage ne nous le dérobe pas tellement, que quand nous nous le représentons ce ne soit toujours sous les traits de sa douceur et de sa tendresse. Il s'est ainsi peint dans les âmes sous les couleurs du plus tendre amour. En voyant les saintes espèces, on se rappelle aussitôt tout ce que fut Jésus et tout ce qu'il est : amour, bonté, misericorde et tendresse. Ecce Agnus Dei.

II

La familiarité doit se manifester surtout dans les doux secrets et entretiens. Il y a de ces paroles qui électrisent, qui vous font subir un charme irrésistible. En entendant Notre-Seigneur, les, foules disaient : « Mais jamais personne n'a parle comme cet homme ! » Les pécheurs étaient touchés de la douceur de cette parole : on ne résistait pas à sa bonté. Ici la parole de Jésus est intérieure. Quelle est cette parole, ce langage d'amitié ? Vous l'avez sans doute entendu quelque­fois. Il est doux de sa nature ; quelquefois aussi, mais rarement, sévère... On ne lui résiste pas... N'avez-vous jamais été recueilli aux pieds de

Notre-Seigneur ? Ne vous a-t-il jamais dit, lorsque votre repentir était sincère : « Allons, je vous pardonne ; soyez sans crainte. » Et de douces larmes n'ont-elles pas répondu à cette parole ? Oh ! la voix intérieure est plus pénétrante que le son matériel : l'ouïe de l'âme est plus fine que celle du corps. Rien n'est plus vrai ; dans la sainte Trinité il y a une parole, type de toute parole : elle n'est qu'intérieure et elle est cependant vraie ; elle est le Verbe lui-même. Mais le simple souvenir de la parole d'un père, d'une mère qui ne sont plus ne nous émeut-il pas, ne nous les fait-il pas revivre ? Il y a donc une parole intérieure, spirituelle. Bien plus la vraie parole, celle qui touche, est intérieure, à la parole extérieure ne suffit pas à émovoir.

La parole de Jésus en l'Eucharistie est intime ; elle pénètre jusqu'au plus profond de l'âme. Quand une pauvre âme sans vertus, sans mérites acquis, mais qui le sait et le confesse ingénument, approche de Notre-Seigneur et lui parle avec la simplicité, l'abondon d'un enfant pour sa mère, qu est-ce qui l'attire, sinon la douceur de l'intimité ? Oserait-elle parler ainsi à coeur ouvert devant des témoins ? — Non. Elle a entendu Jésus lui dire : « Venez à moi, vous qui êtes accablée et je vous soulagerai ; » et elle est venue. Dans le secret, elle parle à coeur ouvert : elle se laisse aller avec un touchant abandon.

C'est cette douce et intime invitation qui nous appelle à la Communion ; sans elle, jamais nous n'oserions venir à la Table sainte. Car la grâce de préparation à la Communion est une grâce de confiance, et non pas une grâce d'examen ; ce n'est pas même une grâce de prière. Ces choses sont bonnes, sans doute ; mais la vraie préparation est d'avoir confiance en cette parole : « Venez, je suis le Dieu de votre coeur, ne craignez point. » Et cette préparation honore Dieu bien plus que si vous vous jetiez par terre de désespoir.

Je vous entends peut-être dire : Mais quand je communie, je suis aride et sans dévotion, je ne produis rien. C'est que vous ne vous mettez pas dans la parole intime de Notre-Seigneur, vous ne vous mettez pas par terre à ses pieds avec l'aban­don de Madeleine, qui fondait en larmes de bon­heur, même quand Jésus ne lui disait rien. Entrez donc dans sa parole intime, qui n'est que la manifestation de sa douceur. On ne mange pas en travaillant ; le Pain céleste que vous allez recevoir n'est aussi que le Verbe, la parole de vie. Il faut l'écouter en paix et en repos.

III

L'action de grâces doit être encore plus recueillie que la préparation. Si vous vous mettez tout de suite à produire actes sur actes, vous agissez en enfant. Que dans la suite de l'action de grâces, si vous n'êtes pas recueilli, vous preniez une méthode, un moyen de vous entretenir dans la dévotion, rien de mieux. Mais attendez un peu. Vous avez en vous un ami : la simple convenance veut que vous l'écoutiez. Malheureusement c'est ce qu'on ne veut pas faire. C'est mal entrer dans la pensée de Notre-Seigneur. On se représente Notre- Seigneur venant à nous pour nous reprocher nos défauts. Non, il n'en est pas ainsi. Un ami ne vient pas pour nous faire des reproches, et surtout ne commence pas par là. Notre-Seigneur, rappelez-vous-le bien, ne fait jamais de reproches au premier moment de la Communion. C'est le démon qui nous trouble pour nous empêcher de représenter Jésus comme un maître impérieux, un juge sévère,et par là. il nouseffraye: on se sent presque poussé àquitter l'aciton de grâces pour fuir ce regard vengeur OH! ce n,est pas là le caractère de Notre Seigneur.

Les âmes paresseuses se jettent tout de suite dans ces pensées: Je susi pauvre, si pécheresse... Attendez donc que votre couer se dilate, puis un regard sur vous suffira è vous humilier bien plusd effficacement que tou s ces efforts. Est-ceque le riche bienfaisant, qui visite le misérable sur son grabat, étale en entrant ses titres de richesse et de noblesse, en les comparant au misérable état de son protégé ? — Non, certes ; il vaudrait mieux ne pas venir que de l'humilier ainsi. Il l'encourage au contraire, le console, se met aussi bas que possible pour établir avec lui la sympathie.

Or si vous ne goûtez pas les consolations de Jésus quand il vient vous visiter, c'est que vous n'en prenez pas le temps ; déliez-vous, ouvrez votre coeur : Jésus ne peut tout faire.

Le Seigneur, dans la sainte Écriture, appelle Samuel au milieu de la nuit pour lui faire une révélation. Samuel ne connaît pas sa voix : il ne l'a encore jamais entendue. Il se rendort deux fois, jusqu'à ce que le grand prêtre, lui ayant donné la clef des communications surnaturelles, qui consiste à prier Dieu de parler et à l'écouter, il dise au Seigneur, oui l'appelle de nouveau : Parlez, Seigneur, votre serviteur écoute. » Le Seigneur alors lui livre les secrets de l'avenir.

Voilà ce que nous devons faire. — Notre- Seigneur vient à nous ; mais il faut entrer en relation avec lui, et selon le caractère de la grâce du moment, qui est la familiarité de l'amitié. Oui, sans doute, toutes les pensées de vertu, toutes les pensées divines sont en Notre-Seigneur ; mais comme l'Eucharistie est le plus haut terme, l'épuisement de l'amour de Dieu, son caractère dans la Communion est douceur et bonté, bonté non pas semblable à celle du ciel, pas même pareille à celle qu'il montrait pendant sa vie, mais bonté propre à son état sacramentel, qui est l'intimité, la familiarité du tête-à-tête.

Voilà le vrai moyen d'entrer en relation avec Notre-Seigneur. Comment osez-vous venir communier, sinon parce que vous avez entendu une douce voix qui vous a dit au singulier, avec une bonté qui vous absorbait et vous empêchait de penser à toute autre chose qu'à elle : Viens » ? Aussi, à peine Notre-Seigneur est-il en vous, que vous vous écriez ravi d'admiration : Seigneur, que vous êtes bon ! O quant suavis es Spiritus tuus, Domine ! » Et c'est le sentiment unanime chez tous ceux qui communient ; c'est instinctif : c'est la preuve que la bonté, la douceur de l'Eu­charistie sont les deux moyens divins par lesquels Dieu se rattache l'homme déchu, et se l'unit d'un lien d'amitié et de confiance intimes.

La Communion , remède à notre tristesse

Qui jucundus eram et dilectus in potestate mea... ecce pereo tristitia magna in terra aliena I...

Moi, si heureux dans mon royaume, je meurs de tristesse dans une terre étrangère. I MACH., VI, 11 et 13

I

Nous sommes travaillés par une grande tristesse, qui demeure attachée au fond de notre coeur sans que nous puissions la chasser. Il n'y a pas de joie pour nous sur la terre, de joie qui dure un peu et qui ne finisse pas par les larmes : il n'y en a pas et il ne peut y en avoir. Nous sommes chassés de chez nous, et de la maison de notre Père. Cette tristesse fait partie intégrante du patrimoine laissé par Adam pécheur à sa postérité malheureuse.

Nous sentons surtout cette tristesse quand nous sommes seuls avec nous-mêmes. Elle est quelquefois effrayante, cette tristesse ! Elle est en nous ; on ne sait d'où elle vient. Les gens sans foi se découragent, se désespèrent et préfèrent la mort à une pareille vie. C'est un crime horrible et le gage de la réprobation.

Pour nous, chrétiens quel remède trouverons. nous à cette tristesse native ? La pratique de la vertu, de la perfection chrétienne ? Cela ne suffit pas. Les épreuves, les tentations tristesse feront encore souvent triompher la tristesse. Quand cette cruelle tristesse domine un coeur, o ne peu plus ni rien dire ni rien faire : on en est accablé, dépassé. Notre-Seigneur, au jardin des Olives, pensa en mourir. Et pendant les trente-trois ans de de la sa vie, Notre-Seigneu fut était doux toujours sous le coup tristesse. Il est doux et bon, mais triste, parce qu'il avait pris nos infirmités. Voyez comme il pleurait, Notre-Seigneur ! l'Évgile le noté et ne dit pas qu'il ait jamais ri.

Les saints, comme leur Maître, passaient leur vie dans la tristesse : elle venait de leur condition d'exilés, tri qu'ils voyaient autour d'eux, de l'impuissance où ils étaient de glorifier Dieu autant ralisaient leur tristesse. Il faut donc un remède à ce mal général ; il consiste à ne pas rester en soi ni avec soi: il faut épancher sa tristesse, sous peine d soi de se voir emporter par elle comme ar un torrent. Seulement plusieurs recherchent les consolations humaines, et s'épanchent dans le cour d'un ami ou d'un directeur : cela ne suffira gme pas ; surtout si Dieu vous a envoyé une augmentation de tristesse comme épreuve, oh ! alors rien n'y fait. Au contraire,voyant que les bonnes paroles, les avis paternels n'ont pas ramené la joie et dissipé les nuages de tristesse, on retombe plus profondément : le démon en profite alors pour nous porter à la défiance de Dieu ; et l'on voit des âmes, les plus pures et les plus saintes, fuir Dieu, avoir peur de sa conversation, comme Adam au paradis. La prière elle-même peut bien apaiser un peu la tris­tesse ; elle ne suffit pas à donner une joie sans mélange de quelque durée. Notre-Seigneur pria trois heures à Gethsémani, et sa tristesse ne passa point : il ne reçut que la force de la supporter.

Une bonne confession nous rend un peu de calme : mais la pensée d'avoir offensé un Dieu si bon ramène bien vite la tristesse.

Où est donc le vrai remède ?

II

Le remède absolu, c'est la Communion ; c'est un remède toujours nouveau, toujours énergique, devant lequel la tristesse ne résiste pas. Notre-Seigneur s'est mis dans l'Eucharistie et vient en nous pour combattre directement notre tristesse. Et je pose en principe que pas une âme ne communie avec un vrai désir, une vraie faim de Jésus, et demeure triste dans sa Communion. Après, la tristesse pourra revenir, parce qu'elle est de notre condition d'exilés : elle reviendra même d'autant plus vite, que nous nous replierons plus tôt sur nous-mêmes et ne demeurerons pas assez dans la pensée de la bonté de Notre-Seigneur : mais au moment où Jésus entre en nous, jamais ! C'est un festin que la Communion ; Jésus y fait ses noces avec l'âme fidèle : voulez-vous qu'on y pleure ? Et j'en appelle à votre expérience personnelle : toutes les fois qu'avant la Communion , et malgré une bonne confession, vous étiez triste, n'avez-vous pas senti la joie renaître quand Notre- Seigneur descendait dans votre coeur ?

Zachée le publicain ne fut-il pas comblé de joie de la réception de Jésus, bien qu'il eût grand sujet d'être triste de ses déprédations, qu'on lui reprochait publiquement ?

Les deux disciples d'Emmaüs, si tristes le long du chemin, même dans la compagnie de Notre-Seigneur, qui leur parlait et les instruisait, sont pénétrés de bonheur après la Fraction du pain : la joie déborde de leur coeur, et malgré la nuit, la longueur du chemin et la fatigue, ils courent à Jérusalem annoncer leur joie et la faire partager aux Apôtres.

Mais voici un pécheur qui a commis tous les crimes. Il se confesse, on ferme ses blessures. Il entre en convalescence ; il est toujours triste : sa conversion le rend plus sensible, et il pleure maintenant ce qu'auparavant il ne sentait même pas, la peine qu'il a faite à Dieu ; et plus sa conversion est sincère et éclairée, plus son chagrin est profond : J'ai tant offensé Dieu, qui est si bon ! se dit-il. Si vous le laissez en lui-même, la tristesse l'accablera, et le démon le jettera dans le découragement. Faites-le communier ; qu'il sente en lui la bonté de Dieu : la joie et la paix s'épanouissent dans son âme. Quoi ! dit-il, j'ai reçu le Pain des Anges ! Je suis donc devenu l'ami de Dieu ? Ses péchés passés ne l'attristent plus à ce moment : Notre-Seigneur lui dit, de sa propre bouche, qu'il est pardonné ; comment ne pas le croire ?

Oh ! la joie apportée par la Communion est la plus belle démonstration de la présence de Dieu dans l'Eucharistie. Notre-Seigneur se démontre en se faisant sentir. « Celui qui m'aime, je viendrai en lui et je me manifesterai à lui : » Notre-Sei­gneur se manifeste par la joie qui l'accompagne toujours.

III

Notez pour votre conduite, qu'il y a deux sortes de joie. Celle qui résulte du succès, du bien que l'on a fait : joie qu'apporte la pratique de la vertu. C'est la joie du triomphe et de la moisson. Elle est bonne, mais ne la recherchez pas. Reposant sur vous, elle n'est pas très solide, et vous pourriez y trouver toute votre récompense.

Mais celle qui vient de la Communion ; cette joie que nous sommes obligés de reconnaître ne pas venir de nous, mais de Jésus seul ; qui n'a nul rapport avec nos oeuvres, celle-là, acceptons-la sans crainte : reposons-nous-y quand Notre-Seigneur nous l'apporte. Elle est toute de lui. L'enfant n'a aucune vertu, aucun mérite : il se réjouit néanmoins, il goûte le bonheur d'être à côté de sa mère. Ainsi, que la cause de notre joie soit la seule présence de Notre-Seigneur. Ne re­cherchez pas si vous avez plus ou moins mérité par vos oeuvres la joie que vous ressentez : réjouissez-vous d'avoir Notre-Seigneur, et demeurez à ses pieds, savourant votre bonheur et goûtant sa bonté.

Plusieurs craignent de se trop mettre dans la pensée la bonté de Dieu, parce qu'elle demande que l'on se donne en retour tout entier et sans compter ; ils aiment mieux la loi : accomplie, on est quitte. Calcul mesquin, que ne doivent pas faire les âmes à qui Notre-Seigneur se donne avec tant de profusion ! Goûtons sans crainte la bonté de Dieu ; recevons avidement la joie qui nous est offerte, prêts à donner généreusement à Notre- Seigneur tout ce qu'il lui plaira de nous demander en retour.

La Communion, éducation divine

Et erunt ornes docibiles Dei.
Dieu lui-même sera notre maître. JOAN., VI, 45.


On choisit, pour présider à l'éducation d'un prince, l'homme le plus instruit, le plus noble, le plus distingué. La majesté souveraine se doit cet honneur. Lorsque le jeune prince aura grandi, le roi lui-même lui apprendra l'art de gouverner les hommes : seul il peut lui apprendre cet art, parce que seul il l'exerce.

Nous sommes les princes de JÉSUS-CHRIST, nous tous, chrétiens : nous sommes de sang royal. — Dans nos premières années, pour nous ébaucher, Notre-Seigneur nous confie à ses ministres ; ils nous parlent de Dieu, nous expliquent sa nature et ses attributs ; nous le montrent, nous le promettent ; ils ne peuvent nous le faire sentir, ni comprendre dans sa bonté : Jésus-Christ vient alors lui-même, au jour de la première Communion, nous faire goûter le sens caché et intime de toutes les instructions que nous avons reçues : Jésus vient alors se révéler lui-même à l'âme ;c'est une oeuvre que les paroles et les livres étaient impuissants à faire. C'est vraiment le triomphe de l'Eucharistie, de former l'homme spirituel, de former JÉSUS-CHRIST en nous : une éducation intérieure sera toujours incomplète, si elle ne se fait pas par Notre-Seigneur lui-même en nous.

I

Or Jésus vient en nous pour nous enseigner toutes les vérités. Celui qui ne communie pas n'a qu'une science spéculative. Il ne sait guère que des termes ; il ignore les choses qu'ils signifient. Jésus ne s'est pas montré à lui. Il peut savoir la définition, la règle, les progrès que doit suivre une vertu pour se développer ; il ne sait pas Notre-Seigneur lui-même. Il est semblable à l'aveugle guéri dans l'Evangile, qui parlait de Notre-Sei­gneur, mais ne le connaissait pas encore lui-même. Il en parlait comme d'un grand prophète, d'un ami de Dieu. Quand JÉSUS-CHRIST se fut déclaré à lui, il voit Dieu, il tombe à ses pieds, il l'adore.

Or l'âme qui avait, avant la Communion , une idée de Notre-Seigneur, qui le connaissait par les livres, le voit, le reconnaît avec ravissement à la Table sainte ; Notre-Seigneur ne se fait bien connaître que par lui-même. C'est alors l'apprentissage de la vérité par la Vérité vivante et substantielle : on s'écrie tout hors de soi : Domitius meus, et Deus meus ! Comme le soleil, JÉSUS CHRIST se démontre par sa propre lumière et non par les raisonnements. Cette révélation intime pousse l'esprit à rechercher les raisons cachées des mystères, à sonder l'amour, la bonté de Dieu dans ses oeuvres : cette connaissance n'est pas stérile et desséchante comme la science ordinaire ; elle est affectueuse et douce : on connaît et l'on sent en même temps ; elle pousse à aimer, elle enflamme, elle fait agir. Elle fait entrer dans l'intérieur des mystères : l'adoration faite après la Communion et sous l'influence de la grâce de la Communion ne se contente pas de soulever l'écorce, elle voit, raisonne, contemple le fond du plan divin : Scrutatur intima Dei. On va alors de clarté en clarté, comme au ciel. Le Sauveur nous apparaît sous un jour toujours nouveau : bien que le sujet de notre méditation soit toujours JÉsus vivant en nous, notre méditation n'est jamais la même. En JÉSUS il y a des abîmes d'amour qu'il faut sonder avec une foi aimante, active. Ah ! si l'on osait. son­der Notre-Seigneur, comme on l'aimerait ! Mais l'apathie, la paresse se contente des données reçues, des points de vue extérieurs. La paresse a peur d'aimer : or plus on connaît, de cette connais- sance du coeur, plus on se sent forcé d'aimer !

II
L'éducation faite par la Communion , par Jésus en nous, forme à l'amour, fait produire de nombreux actes d'amour, et c'est en cela que sont toutes les vertus. Jésus nous forme à l'aimer par la démonstration éclatante et intime qu'il nous fait de son amour pour nous. Il nous convainc qu'il nous donne tout ce qu'il a, tout ce qu'il est : il nous force à l'aimer par l'excès de sa charité envers nous. Voyez comment la mère forme le coeur de son enfant à l'aimer : c'est en l'aimant. Ainsi fait Notre-Seigneur.

Personne ne peut vous donner l'amour de Notre-Seigneur : personne ne l'infuse en votre coeur : on peut vous exhorter à aimer ; mais vous apprendre comment on aime, c'est au-dessus des moyens de l'homme, on l'apprend en le sentant. A Notre-Seigneur seul cette éducation du coeur, parce que lui seul veut en être la fin. Il commence par donner au communiant le sentiment de l'amour, puis la raison de l'amour : il pousse enfin à l'héroïsme de l'amour. Mais cela ne s'apprend qu'à la Communion. Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. » Quelle vie, sinon la vie de l'amour, la vie agissante qui ne se puise qu'à sa source, en Jésus lui-même ?

Quel jour, dans quel acte de la vie chrétienne se sent-on le plus aimé de Jésus, si ce n'est dans la Communion ? On pleure de joie après avoir été pardonné, c'est vrai : mais le souvenir du péché empêche le bonheur d'être complet. A la Communion, c'est le bonheur dans sa plénitude : là seulement on voit, on pèse tous les sacrifices de Jésus-Christ, et sous le poids de tant d'amour, on finit par éclater et par s'écrier : Mon Dieu ! mon Dieu ! comment pouvez-vous tant m'aimer ! Et on se lève de la table sainte respirant le feu de l'amour : Tanquam ignem spirantes (saint Chrysostome). On sent quelle immense ingratitude ce serait de ne rien faire en retour de tant de bonté. On se plonge d'abord dans son néant et on va ensuite, incapable de tout par soi, mais fort de celui qui est en nous, à toutes les vertus. L'amour ainsi senti produit toujours le dévouement de correspondance.

Ce qu'il y a à faire, l'amour l'indique. Il fait sortir de soi, nous élève jusqu'aux vertus de Notre-Seigneur, nous retire en lui, et l'éducation ainsi conduite va loin et vite. Si tant de chrétiens restent sur le seuil de la vertu, c'est qu'ils ne veulent pas briser les chaînes qui les retiennent et se mettre avec confiance sous la conduite de Notre-Seigneur. Ils sentent que s'ils communient, ils ne pourront résister à l'amour de Jésus et qu'il faudra se donner en retour. Ils se contentent alors des livres, des paroles, et n'osent pas s'adresser au Maître

Oh ! mes frères, prenez donc Jésus-Christ lui-même pour Maître ! Prenez-le en vous, et qu'il dirige toutes vos actions. N'allez pas vous conten­ter de l'Évangile, des traditions chrétiennes: ne vous contentez pas de méditer les mystères passés. Jésus est là vivant ; il renferme en lui tous les mystères ; tous vivent en lui et y ont leur grâce : donnez-vous donc à JÉSUS-CHRIST ; qu'il demeure en vous; vous porterez alors beaucoup de fruit, selon a parole qu'il vous en donne lui-même : Quimanet in me, et ego in eo, hic fert fructum