Dilata os tuum, et implebo illud.
Agrandissez vos désirs, et je les remplirai. PSALM. LXXX, 11.
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L'amour de JÉSUS-CHRIST trouvant sa dernière perfection, et produisant les grâces les plus abondantes dans l'union ineffable qu'il contracte avec le communiant, nous devons tendre à la Communion, à la Communion fréquente et même quotidienne, par tout ce que la piété, les vertus et l'amour peuvent nous inspirer de bon, de saint et de parfait.
La sainte Communion étant la grâce, le modèle et l'exercice de toutes les vertus, qui trouvent toutes leur exercice en cette action divine, nous profiterons plus par la Communion que par tous les autres moyens de sanctification.
Mais pour cela, il faut que la sainte Communion devienne la pensée dominante de l'esprit et du coeur, la fin de toute étude, de la piété, des vertus : la réception de Jésus doit être la fin de la vie comme sa loi. Toutes les oeuvres doivent converger vers la Communion comme vers leur fin, en découler comme de leur principe.
Vivons de telle sorte, que nous puissions être admis fructueusement à la Communion fréquente et même quotidienne : en un mot, perfectionnons-nous pour bien communier, et vivons pour communier toujours.
Mais peut-être que la grandeur de Dieu écrase votre néant ? Non, elle n'existe pas dans la Communion, cette grandeur céleste et divine qui règne aux cieux ; ne voyez-vous pas que JÉSUS s'est voilé pour ne pas vous effrayer, et pour que vous osiez le regarder et vous approcher de lui ?
Votre indignité vous presse peut-être de rester loin de ce Dieu de toute sainteté ? Il est vrai que le plus grand saint, le plus pur des Chérubins n'est pas digne de recevoir le Dieu-Hostie... Mais ne voyez-vous pas que JÉSUS cache ses vertus, sa sainteté même, pour ne vous montrer que sa bonté ? N'entendez-vous pas cette douce voix qui vous dit : Venez vers moi ? Ne sentez-vous pas le voisinage de cet amour divin qui vous attire ? Ce ne sont donc pas vos mérites qui font vos droits, vos vertus qui vous ouvrent la porte du cénacle, c'est l'amour de JÉsus.
Mais j'ai si peu de piété, si peu d'amour ; comment recevoir Notre-Seigneur dans une âme si tiède, si repoussante à cause de cela, et si digne de son mépris ?
Vous êtes tiède ? C'est une raison de plus de vous replonger dans cette fournaise ardente...
Repoussante ? Oh ! jamais pour ce bon Pasteur, pour ce tendre Père, plus père que tous les pères, plus mère que toutes les mères : plus vous êtes malade et faible, plus vous avez besoin de son secours : le pain est la vie des faibles et des forts.
Mais j'ai peut-être des péchés sur la conscience ? ...Si, après examen, vous n'avez la certitude morale, si vous n'avez la conscience positive d'aucun péché mortel, vous pouvez aller à la sainte Communion ; si vous pardonnez à ceux qui vous ont offensé, vous avez déjà le pardon de vos fautes ; et pour vos négligences journalières, vos distractions dans la prière, vos premiers mouvements d'impatience, de vanité, d'amour-propre ; quant à votre paresse à secouer aussitôt le feu des tentations, liez tous ces petits arbrisseaux d'Adam, et jetez-les au feu de l'amour divin : ce que l'amour pardonne est bien pardonné.
Ah ! ne vous laissez pas détourner de la table sainte par de vains prétextes ; mais plutôt, communiez pour JÉSUS-CHRIST, Si vous ne voulez pas communier pour vous. Communier pour JÉSUS-CHRIST, c'est le consoler de l'abandon dans lequel l'oublient la plupart des hommes ; c'est lui dire qu'il ne s'est pas trompé en instituant ce sacrement de réfection spirituelle. C'est faire fructifier les trésors de grâce que JÉSUS-CHRIST n'a renfermés dans l'Eucharistie que pour les donner aux hommes ; c'est plus encore : c'est donner à son amour sacramentel une vie d'épanchement qu'il désire, à sa bonté le bonheur de faire du bien, à sa royauté la gloire de répandre ses largesses. En communiant donc, vous accomplissez la fin de gloire de l'Eucharistie : et sans les communiants, ce fleuve coulerait en vain ; cette fournaise d'amour n'embraserait pas les coeurs ; ce roi serait sur son trône sans sujets.
La sainte Communion ne donne pas seulement à Jésus sacramentel l'occasion de satisfaire son amour ; elle lui rend une vie nouvelle, qu'il consacrera à la gloire de son Père. Il ne peut plus, dans son état glorieux, l'honorer d'un amour libre et méritant : mais par la Communion , il viendra en l'homme, il fera société avec l'homme, s'unira à lui. Par cette union admirable, le chrétien rendra des membres, des facultés sensibles et vivantes à Jésus glorieux ; il lui donnera la liberté nécessaire au mérite des vertus : ainsi par la Communion le chrétien se transformera en JÉSUS lui- même, Jésus revivra en lui.
Il se passera alors dans le communiant quelque chose de divin : l'homme travaillera, et JÉsus donnera la grâce du travail ; l'homme gardera le mérite, à Jésus sera la gloire ; Jésus pourra dire à son Père : Je vous aime, je vous adore, je souffre encore, je vis de nouveau en mon membre.
Voilà ce qui donne à la Communion sa plus haute puissance : elle est une seconde et perpétuelle Incarnation de JÉSUS-CHRIST : elle fait entre JÉSUS-CHRIST et l'homme une société de vie et d'amour : en un mot, elle est pour JÉSUS-CHRIST une seconde vie
Directoire pour la préparation Opus namque grande est, neque enim homini pra'paratur habitatio, sed Deo.
C'est une oeuvre importante : car ce n'est pas à l'homme,
mais à Dieu, que vous préparez une demeure. I PAR. XXIX, 1.
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La sainte Communion, c'est Jésus reçu substantiellement en nous, en notre âme et en notre corps, sous forme de nourriture, afin de nous changer en lui-même, en nous communiquant sa sainteté d'abord, puis son bonheur et sa gloire.
C'est par la sainte Communion que Jésus- CHRIST naît, grandit et se perfectionne en nous. Tout son désir est que nous la recevions et la recevions souvent ; c'est aussi le conseil et le désir de la sainte Église, qui met à notre service tous ses moyens de sanctification, pour nous disposer à la bien recevoir, comme tout son culte consiste à nous la préparer et à nous la donner.
Si nous connaissions les dons et les vertus que nous apporte la Communion ,- nous soupirerions continuellement après elle. Une Communion peut faire un saint en un instant, puisque c'est Jésus-CHRIST lui-même, auteur de toute sainteté, qui vient en nous.
Mais il faut bien communier. Or il faut, pour une bonne Communion, une préparation .et une action de grâces convenables.
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1
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Il y a deux sortes de préparations : celle du corps et celle de l'âme.
Celle du corps exige un jeûne complet depuis minuit, et demande que l'on ait un extérieur convenable de propreté et de décence dans ses vêtements. La Communion , ce sont les noces royales du chrétien ; c'est la visite de son divin Roi, c'est la Fête-Dieu du communiant. Tous ces titres demandent que nous n'admettions aucune négligence dans notre tenue extérieure.
La préparation de l'âme veut d'abord la pureté de conscience de tout péché mortel, et, autant que possible, de tout péché véniel volontaire. La propreté est le premier ornement d'une maison où l'on reçoit quelqu'un. Si l'âme du communiant est ornée de peu de vertus, qu'elle ait au moins cette blancheur qui les prépare.
En outre, la convenance demande en notre âme de la dévotion, du recueillement, la ferveur de la prière. L'amour divin devrait nous rendre, toujours prêts à communier : l'amour désire, soupire, languit après le bien-aimé de son coeur ; le pauvre est toujours prêt à recevoir l'aumône.
Excitez du moins votre amour par les quatre fins du sacrifice.
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II
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Adorez, par le sentiment d'une foi vive, JÉsus présent au Très Saint-Sacrement, en la divine Hostie que vous allez recevoir : adorez-le extérieurement par un grand respect du corps, une profonde modestie des sens, et intérieurement par une profonde humilité, par l'hommage de toutes les facultés de votre âme, lui disant avec saint Thomas, dans l'élan de votre foi : Vous êtes mon Seigneur et mon Dieu !
Rendez grâces pour un si grand don de l'amour de Jésus, pour cette invitation à sa Table eucharistique, qu'il vous adresse, à vous, préférablement à tant d'autres, meilleurs et plus dignes que vous de le recevoir.
Louez sa sagesse d'avoir inventé et institué pour vous ce grand Sacrement ; d'avoir conduit jusqu'à vous ce fleuve de vie, qui serpente à travers toutes les générations pendant dix-huit siècles pour arriver jusqu'à vous, aussi pur qu'à sa source.
Bénissez sa toute-puissante bonté d'avoir su triompher de tant d'obstacles, de n'avoir reculé devant aucun sacrifice, devant aucune humiliation, pour se donner tout à vous.
Exaltez l'amour immense qui le réduit à être dans ce Sacrement la victime perpétuelle de votre salut, l'aliment divin de votre vie, et l'ami si tendre et si constant de votre exil : que les anges s'unissent à vous ; invitez-les à louer avec vous leur Dieu, leur Roi.
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Propitiation.
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Après avoir regardé le donateur, son don si excellent, jetez un instant les yeux sur vous ; voyez votre pauvreté, vos imperfections, vos dettes ; humiliez-vous à la vue de votre bassesse et des péchés que vous avez commis ; pleurez-les encore ; reconnaissez qu'ils vous rendent indigne, demandez-en grâce et miséricorde. Dites à Notre-Seigneur : Mais, Seigneur, oubliez-vous donc ce que j'ai été, un grand pécheur ; ce que je suis encore, la plus misérable de vos créatures ; ce que je serai, hélas ! peut-être encore, la plus ingrate et la plus infidèle ?... Non, non, je ne suis pas digne de vous recevoir : une parole de pardon, c'est assez pour moi... Éloignez-vous de moi, parce que je suis un pécheur indigne de votre amour... Détestez alors vos péchés, désirez, demandez la pureté des anges, la sainteté de la très sainte Vierge. Priez les Anges et les Saints de s'intéresser à vous ; donnez-vous à Marie, afin qu'elle vous prépare elle-même à la Communion.
Puis figurez-vous entendre cette douce parole du Sauveur : C'est parce que vous êtes pauvre que je viens à vous ; c'est parce que vous êtes malade que je viens vous guérir ; c'est pour vous donner ma vie, vous faire participer à ma sainteté, que je me suis fait Sacrement : venez avec confiance, donnez-moi votre coeur, c'est tout ce que je veux de vous.
Alors suppliez Notre-Seigneur de lever tous les obstacles et de venir en vous. Désirez, soupirez après ce moment de vie et de bonheur ; soyez disposé à tout sacrifier, à vous dévouer à tout, pour une Communion ! Puis volez, courez vers cette Table céleste : les Anges envient votre bonheur, le ciel vous contemple avec admiration. JÉSUS vous attend ; allez, allez au festin de l'Agneau.
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III
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Le moment de communier étant arrivé, ne vous occupez plus de vos péchés : ce serait une dangereuse tentation : cela vous jetterait dans la tristesse et dans le trouble, ennemis de la dévotion.
Ne vous occupez même plus à faire des prières vocales : mais vous tenant dans le calme de la conscience, dans le doux sentiment de la confiance en la bonté de JÉSUS qui vous appelle et vous attend, allez recevoir votre Dieu d'amour.
Allez à la sainte Table les mains jointes, les yeux baissés ; marchez gravement et modestement. Mettez-vous à genoux, sous l'impression de la joie et du bonheur du coeur.
En communiant, tenez la tête droite et fixe, les yeux baissés ; ouvrez modestement la bouche ; avancez la langue sur la lèvre inférieure, et tenez-la immobile jusqu'à ce que le prêtre y ait déposé la sainte Hostie. Puis laissez, si vous le voulez, un moment l'Hostie sur votre langue, afin que JÉSUS, sainteté et vérité, la sanctifie et la purifie ; puis introduisez-la dans votre poitrine, sur le trône de votre coeur. — Adorez-le en silence, et commencez l'action de grâces.
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L'État de grâce pour la communion
Auteur St Julien-Eymard.s.sL'état de grâce pour la Communion
Probet auteur se ipsum homo : et sic de pane illo edat et de calice bibat.
Que l'homme s'éprouve donc avant de manger ce Pain et de boire ce Vin. I COR., xi, 28.
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L'Eucharistie est un pain de délices : la première condition pour y participer, c'est d'être vivant, c'est-à-dire en état de grâce. C'est là la première condition et la seule essentielle : être exempt de tout péché mortel.
La convenance demande sans doute de plus que nous soyons purs de péchés véniels, elle nous demande de la piété et des vertus ; mais tout cela est relatif, et il est plus demandé à un religieux qu'à un laïque, plus à une personne qui vit seule et retirée qu'à celle qui est chargée des soins d'une famille. Donc, la loi générale, indispensable, et qui regarde tout le monde, c'est d'être pur de péché mortel.
N'ayons donc pas de craintes exagérées, ni de futiles frayeurs, à propos des conditions de la Communion. Êtes-vous en état de grâce ? Voulez-vous vous rapprocher de Jésus, vous unir à lui ? venez donc ! Si vous avez des vertus, vous glorifierez Dieu davantage, et vos dispositions en seront plus parfaites. Mais qui pourra jamais, même dans ce cas, se croire parfaitement digne ? La vraie vertu est celle qui croit ne rien avoir. Croyez-vous avoir le droit de peser vos vertus et vos qualités, pour voir si vous méritez la Communion ? Mettez-vous bien bas, et désirez ardemment, voilà la vraie disposition.
Mais j'appuie bien sur ce point : ayez la pureté de conscience. Sans cela, le pain de vie vous deviendrait un pain de mort. L'Eucharistie n'est cependant pas faite pour donner la mort : mais vous étiez déjà mort avant de la recevoir ; vous l'êtes doublement après l'avoir reçue.
C'est l'état de grâce que saint Paul demande en disant : « Que l'homme s'éprouve avant de manger ce Pain divin. » Et parce que quelques-uns communiaient avec une conscience coupable, il leur dit qu'ils ont mangé leur propre condamnation. Ils ont crucifié JÉsus dans leur coeur, JÉsus leur propre juge.
L'Eucharistie est le pain des vivants, Notre-Seigneur l'indique en annonçant ce mystère « Je suis le pain vivant : celui qui me mange vivra en moi et par moi. » Voilà bien deux vies : la vie divine de JÉsus en l'âme, et la vie de l'âme en JÉsus.
Mais si la Communion est l'union de l'âme avec Jésus, il faut qu'il y ait entre ces deux termes une unité, une parité qui sera le fondement de l'union : car les contraires ne s'unissent pas. La lumière ne saurait se mêler aux ténèbres, la mort à la vie. Puisque Jésus, qui vient à nous, est vivant, nous devons l'être aussi : sans cela, il n'y aura pas d'union. Tout au plus clouerez- vous le Seigneur dans votre coeur pour quelques instants ; mais il n'y restera pas, et vous n'aurez commis à son égard qu'une violence sacrilège.
Rappelons-nous donc toujours cette condition essentielle de la pureté de conscience. L'Êglise nous l'inculque fortement par la voix du concile de Trente, et nous défend expressément de communier, si notre conscience nous reproche une faute mortelle, sans nous être confessés auparavant, quel que puisse être d'ailleurs notre repentir. |
II
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Quand même cette pureté ne nous serait pas si expressément demandée, la simple honnêteté nous en ferait un devoir. La Communion est un banquet, le festin nuptial de l'Agneau. JÉSUS- CHRIST nous reçoit à sa table et nous nourrit de sa propre chair : il est le convive et le festin : Gibus et conviva. Pourrions-nous y porter une tenue déshonorante ? Qui oserait se présenter à une invitation avec des vêtements malpropres ? Personne.
Faisons donc pour Notre-Seigneur ce que nous ferions pour le premier venu. C'est un festin royal. Les Anges y entourent leur Roi. Malgré leur pureté, ils ne peuvent s'asseoir au banquet. Que si vous n'avez pas leur éclatante blancheur, ayez au moins la pureté de conscience que JÉSUS- CHRIST vous demande comme condition d'admission à sa table. |
III
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Du reste, tout nous invite à la pureté dans l'Eucharistie. N'avez-vous jamais vu les premières Communions ? Qu'ils sont beaux et purs ces enfants qui se suivent en longues files !...
Le pain de l'autel, quelle pureté ! C'est du pur froment. On l'a dépouillé de toutes ses écorces ; il a été converti en farine, et quoi de plus pur que la blanche farine ? Il est pétri sans le levain qui donne au pain un germe de corruption. Le Seigneur aurait pu choisir une autre matière, d'une couleur différente : nous n'y aurions pas trouvé toutes ces leçons de pureté...
La pureté est tellement naturelle quand il s'agit de la Communion , que si je vous disais de communier en état de péché mortel, vous reculeriez d'horreur, vous préféreriez mourir !
Lors même que vous vous trouvez un péché véniel volontaire sur la conscience, vous n'osez approcher. Vous le pourriez cependant : le péché véniel n'est pas un obstacle radical à la Communion. Et vous n'osez pas.; vous ne vous sentez pas assez honorables ; vos vêtements n'ont pas tout l'éclat que vous voudriez ; et vous venez demander pardon. C'est bien, cela témoigne de votre délicatesse ; mais cela vous montre combien la pureté est inséparable de la Communion.
Voyez Notre-Seigneur avant la Cène. Vous êtes purs, dit-il à ses Apôtres, mais la poussière vous souille encore les pieds ; je vais vous l'enlever et vous purifier parfaitement. » Et Notre-Seigneur leur lave les pieds. Grande leçon d'humilité, sans doute ; leçon bien plus éclatante de pureté !
Ayez donc l'âme vivante. On dit que le supplice le plus atroce pour les martyrs était de se voir liés tout vivants avec un cadavre. Ils eussent cent fois préféré la mort à cette torture. C'est, en effet, une peine épouvantable que cette alliance forcée de la mort avec la vie ! Pourquoi, alors, coller JÉSUS-CHRIST à un cadavre ? Quoi, vous voulez ensevelir Jésus ? Ah ! qu'au moins, de grâce, le sépulcre soit neuf et pur !... |
IV
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Mais pour des âmes vraiment chrétiennes, voici la raison qui sera la plus capable de les porter à être pures : c'est que JÉSUS entre dans l'âme plus ou moins intimement, selon le degré de sa pureté.
Si vous êtes pur de péché mortel seulement, Jésus viendra en vous ; vous vivrez par sa grâce : mais, semblable à Lazare, qui, tout vivant qu'il était, ne pouvait agir, à cause des bandelettes qui lui liaient les membres, vous ne ferez pas grand profit de votre Communion. Purifiez-vous encore, revenez souvent prendre des forces, et vous finirez par vous vaincre entièrement et par produire les fruits de grâce et de bonnes oeuvres que JÉsus attend de vous.
Quand le communiant est pur, même de péchés véniels volontaires, Jésus agit en lui fortement et sans obstacle : il enflamme le coeur, excite la volonté, illumine l'esprit et entre dans l'intimité de son coeur. Il entre dans la chambre de l'amitié ; il n'y est pas rebuté par les toiles d'araignée, il savoure le narfum de ses bons désirs, il y reste longtemps. Il se passe alors entre l'âme et Jésus des choses ineffables. L'âme acquiert une délicatesse inouïe ; elle ne se compte plus, ne fait plus qu'un avec JÉSUS, et lui dit : Prenez tout, régnez sur tout, et aimons-nous toujours : je serai votre servante pour l'éternité. »
Grande consolation, que JÉSUS vienne en nous suivant notre pureté ! S'il y entrait en raison de nos bonnes oeuvres et de nos vertus, ce serait effrayant ! Que sont nos petites vertus devant la sainteté du Dieu des vertus ? Mais vous êtes pur, vous travaillez à l'être de plus en plus ; cela suffit, JÉSUS viendra en vous avec bonheur !
Nous conserver purs, nous débarrasser de tout ce qui pourrait être un germe de corruption, nous rendre transparents et brillants, voilà le travail que nous avons à faire sur notre âme ; mais voilà aussi le fruit de la Communion , voilà comment l'union de notre âme avec Jésus devient continuelle ici-bas, et commence l'union éternelle qui nous attend dans la gloire. |
Le désir de la communion
Esarienies implevif bonis.
Il a comblé de biens ceux qui avaient faim. Luc. t, 53.
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L'État de grâce est la condition nécessaire et essentielle de la Communion. Les vertus et la piété ne sont que de convenance. La bonne volonté et le désir ardent en tiennent lieu. Malheureusement on communie assez souvent avec une demi-volonté et une intelligence très faible de ce que l'on reçoit. Examinons donc, pour nous préserver de ce défaut, les conditions de convenance de la Communion.
La première et la plus importante pour retirer du fruit de la Communion , c'est le désir. |
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Pour être conduits à manger, il faut que nous ayons faim, que nous sentions la nécessité de nous nourrir, si nous ne voulons pas tomber d'inanition : car manger est pénible et grossier, et digérer est souvent fatigant et douloureux. Le bon Dieu nous a donc donné l'appétit, qui nous fait désirer la nourriture, et il a donné aux aliments leur saveur qui nous les rend agréables. Ainsi il y a une faim de la Communion , une faim de JÉSUS-CHRIST, elle a ses degrés divers ; mais plus elle est grande, plus profitable est la Communion. Un estomac sain a faim et digère la nourriture, tandis que l'estomac malade ne peut rien supporter.
Il est nécessaire que Dieu mette en nous cette faim de la Communion , sans cela nous ne demanderions jamais à communier. Il y a une si grande distance entre Dieu et nous, que nous n'oserions jamais de nous-mêmes nous ingérer à la table sainte, si la grâce n'excitait en nous une faim qu'il faut satisfaire, une faim qui nous fait oublier la dignité infinie de JÉSUS-CHRIST et ne nous laisse penser qu'à notre besoin. Dieu absorbe notre esprit par sa grâce, afin que nous ne voyions pas notre misère, mais sa bonté ; que nous oubliions qui nous sommes, et qui il est.
L'homme vit de désirs, et ne cherche rien, n'entreprend rien de grand qu'il ne l'ait désiré longtemps. Eh bien ! un désir divin nous pousse à la Communion , au point de nous donner le courage d'aborder le Juge du ciel et de la terre sans mourir de frayeur. La faim de Dieu excuse notre témérité. Certes, le malheureux qui prend du pain pour échapper à la mort, n'est pas un voleur son besoin l'excuse.
Mais, dites-vous peut-être, je ne ressens pas ce désir. Si vous ne communiez pas, c'est possible ; mais si vous communiez, je réponds que Dieu a allumé en vous ce désir. Si vous ne le possédiez pas à un degré quelconque vous n'oseriez pas communier.
Dites-moi, quel pauvre, même sur le point de mourir de faim, oserait aller s'inviter à la table d'un roi pour dîner avec lui ? Jamais cela ne se verra. Mais dans la Communion la distance qui nous sépare de Dieu est bien plus grande : comment osons-nous en approcher ? Oui, il faut que JÉSUS-CHRIST, dans son infinie bonté, nous mette un voile sur les yeux. Alors nous faisons à son égard ce que nous ne ferions pas à l'égard d'un grand de la terre : nous nous invitons à son banquet divin !
Le grand motif de faire la Communion , c'est donc la faim que l'on en ressent. Si elle est plus aiguë, plus pressante, communiez plus souvent. Grandissez-vous spirituellement ? vous fortifiez- vous ? Non. Vous ne mangez pas assez, ou bien vous mangez sans appétit. Excitez-vous, sentez au moins votre besoin, si vous ne pouvez avoir la faim de l'amour. |
II
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Car il y a une faim de la Communion que nous pouvons toujours ressentir, un désir que nous pouvons toujours avoir.
C'est le désir du malade qui attend son médecin, parce qu'il souffre ; qui demande à boire, parce que la fièvre le dévore. Eh bien ! pauvres enfants d'Adam, si profondément blessés, nous. nous présentons à Notre-Seigneur, et lui disons : « Seigneur, nous n'avons que la misère et la souffrance en partage, venez à notre secours ; que la pauvreté de notre grabat ne vous rebute pas. Je veux vous recevoir, parce que j'ai besoin d'un peu de forces. Ayez pitié de ma misère ! » C'est le langage de presque tous les communiants. Voyez ce pénitent, cet impie converti : il vient à peine de se confesser, il se traîne difficilement ; on l'envoie à la table sainte, et on a raison : « Donnez-moi du pain, dit-il à Notre-Seigneur, je meurs de faim ! Comment pourrai-je entrer dans le rude et étroit sentier de la vie chrétienne, moi qui sors de la voie si large et si fleurie du mal ? » Voilà une bonne faim, qui plaît à Notre-Seigneur, qui l'exalte et nous fait descendre à notre place. Je vous souhaite de l'avoir souvent, cette faim du pauvre, de pouvoir toujours faire valoir ce droit à la Communion : le besoin que vous en avez.
Ce besoin, avec la pureté de conscience, suffit pour faire une bonne et fructueuse Communion. Nous en avons une preuve touchante dans l'Évangile.
Un roi avait préparé un festin splendide ; les invités, avertis de s'y rendre, ne voulurent pas venir. Les interprètes disent que c'était à cause des présents à faire aux époux. A cette nouvelle, le roi envoie chercher les pauvres sur les places et les carrefours : on y ramasse les mendiants et les estropiés. JÉSUS les préfère aux riches orgueilleux.. Mais remarquez que chacun, en entrant, se revêtai de la robe nuptiale offerte par les serviteurs, à la rode de la salle. Le roi entre et se réjouit du bonheur peint sur tous ces visages, si tristes d'ordinaire. Cependant il aperçoit un des convives oui a gardé ses vêtements communs. Le roi y voit une marque de mépris pour lui : il le fait jeter dehors. Cet homme le méritait bien : on ne lui demandait pas d'apporter des présents aux époux, mais d'être convenable seulement. Les autres, portant leur manteau blanc, restèrent, quoique pauvres et estropiés : leur misère était même leur droit d'entrée au banquet.
Eh bien ! nous sommes pauvres ; nous souffrons : que nos désirs en soient plus violents. Le Seigneur est si heureux de guérir celui qui lui montre ses plaies ! Durant sa vie, nous ne le voyons guère hanter les maisons des riches et des puissants. A peine accepta-t-il l'invitation de deux ou trois pharisiens : encore espérait-il guérir leur esprit de son orgueil et de ses erreurs. C'étaient encore des malades, bien que d'un autre genre. Mais chez les pauvres, JÉsus y allait avec plaisir ; rien ne le rebutait.
Venez donc, venez demander des forces, un peu de courage ! « Seigneur, je n'en peux plus ; le me jette à vos pieds ! » Encore une fois, venez ! non pas parce que vous croyez le mériter, mais parce que vous en avez besoin.
Dites avec confiance : « Seigneur, donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien. Notis sommes de pauvres mendiants qui ne nous appuyons pas sur un droit, mais sur votre invitation. » Et le Seigneur vous recevra bien. Puisqu'il Vous a invités, il ne veut pas vous repousser, mais, au contraire, vous accueillir sur son sein et vous enrichir des trésors de sa grâce et de sa bonté. |
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