Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

 

Signez mon livre d'or Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens. 

DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?



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Titre de la série :
Religieuse de toute son âme
Titre de la page:

La liberté des enfants de Dieu

Nom de l'auteur:
Mgr Joseph Gross Tarduit   par l' abbé-L. Brevet
XXVII
1. Ce qu'elle n'est pas
La liberté des enfants de Dieu

Ce n'est pas l'absence de fautes graves. Quiconque n'est pas encore délivré du péché mortel n'a pas encore atteint le premier échelon de la vie spirituelle.

La liberté des enfants de Dieu ne consiste pas non plus dans cette morne soumission qui nous fait tout accepter faute de pouvoir agir autrement. L'anesthésie n'est pas la perfection. Les saints ne subissaient pas seulement la souffrance dans une sorte de torpeur; ils furent toujours, au contraire, d'une exquise sensibilité.

2. La liberté des enfants de Dieu consiste dans l'absolue soumission à la sainte volonté divine.

« Que votre nom soit sanctifié! » répétons-nous tous les jours. En d'autres termes : « Seigneur, ce qui importe avant tout dans ma vie, c'est que vous soyez honoré; tout le reste n'est que secondaire. Que je sois estimée ou méconnue, aimée ou méprisée, peu importe pourvu que vous, vous soyez aimé et honoré ».

« Que votre règne arrive! » demandons-nous encore. Dieu doit établir en nous son royaume; il faut qu'il puisse régner en nous, mais sans empêchement, librement.

« Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel! » Prononcer cette formule et rechercher sa propre volonté au mépris de celle de Dieu est un manque de sincérité évident.

Sans la liberté des enfants de Dieu, nous n'obtiendrons jamais la paix du coeur. Interrogeons-nous donc : sommes-nous satisfaites de ce que nous avons, de nos facultés intellectuelles, de notre santé, de nos talents, de notre emploi, avec ses inconvénients, ses désagréments et les tentations mêmes qu'il entraîne ?

Que nous importe les qualités physiques ou morales d'autrui, nous n'avons pas à nous en préoccuper : la part qui nous a été attribuée est toujours la meilleure pour nous. Dieu n'a point d'égards différents pour chacun. S'il nous a moins accordé, ce n'est pas signe de négligence. Dans sa conduite, rien de superflu. Par conséquent, ce que nous possédons est ce qui nous est nécessaire ou tout au moins utile; s'il n'en était pas ainsi Dieu ne nous aurait pas traitées de cette façon. Que d'autres aient une existence plus aisée, plus facile, n'en soyons pas troublées.

Voilà la vraie liberté des enfants de Dieu. Quelle paix, quelle joie dans l'âme qui, avec la grâce de Dieu, est parvenue à l'acquérir. Plus d'envie, plus de jalousie. Plus de murmures, de soupirs et de plaintes. On ne cherche que l'accomplissement aussi parfait que possible de la volonté de Dieu. Mais qui peut prétendre avoir jamais fait tout son possible! Un saint, Peut-être; nous, certainement non.

3. Examen pratique.

Première question, pour rester dans le domaine du pratique : pouvons-nous demander à Dieu un peu plus de sagesse ?

« La grande question pour une femme, me disait un jour une personne du monde aussi remarquable par son esprit que par sa piété, la grande question pour une femme est toujours de savoir s'il y en a une autre plus belle, plus intelligente ou plus dévote ». Est-ce juste pour chacune de nous ?

Si nous sommes arrivées à la sagesse des enfants de Dieu, nous sommes aussi satisfaites de la part de charmes et d'intelligence qui nous a été donnée par Dieu.

Peut-être une autre a-t-elle plus de succès grâce à son extérieur plus agréable, tandis que moi, avec ma mine revêche, on me tient toujours à l'écart; on l'honore, et moi, on m'oublie. Bon! Qu'il en soit ainsi! Si je possède la liberté des enfants de Dieu, je ne m'en inquiète aucunement. Fiat! Puisque c'est la volonté de Dieu, c'est également la mienne.

Nous est-il permis d'entretenir certaines affections ?

Oui; nous en avons même le devoir quoique, évidemment, notre affection ne puisse être la même pour tous.

Après nos parents, y a-t-il des personnes que nous puissions aimer plus particulièrement ?

Oui, si ces affections sont par le Christ, c'est-à-dire si nous pouvons les lui avouer et s'il peut les approuver.

Et notre confesseur ? Est-il légitime aussi d'avoir de l'affection pour lui ?

Oui, certainement. Si nous sommes parvenues à la liberté des enfants de Dieu, nous saurons remercier la Providence de nous avoir donné en lui un guide plus instruit et plus avancé que nous, qualités sans lesquelles, en effet, son secours nous serait inutile. Voilà toute la liberté des enfants de Dieu.

Pouvons-nous désirer plus de savoir-faire ? Certainement. Principalement en vue de nos fonctions.

Plus d'instruction aussi peut-être, mais tout en étant satisfaites de ce que nous avons reçu.

Et pour ce qui concerne la piété ?

Le travail de la sanctification serait un art trop facile si on y avançait aussi vite qu'à raccommoder un bas. En réalité, c'est l'oeuvre de toute la vie. Seules, nous en sommes incapables. Il nous faut le secours de la grâce, et nous devons accepter de bon gré les difficultés de cette entreprise.

Encore une question : pouvons-nous demander à Dieu de nous épargner les maladies, les insuccès et les peines ?

Oui. Notre-Seigneur n'a-t-il pas fait ainsi lui-même ? Non, il est vrai, pour éviter la souffrance, mais par compassion pour nous.

Vous êtes, je suppose, au chevet d'une religieuse alitée depuis de longs mois. Vous admirez sa patience et sa résignation. Il lui reste pourtant une inquiétude : « Mon tourment, vous confie-t-elle, est l'inertie totale, l'incapacité absolue à laquelle je suis malgré moi réduite. Voir les soucis des autres, et leur être soi-même à charge !... »

Cette soeur n'a pas la liberté des enfants de Dieu, autrement il lui serait indifférent que Dieu lui rende la santé ou la retienne sur le lit, absolument inutile comme il lui semble. Si elle acceptait de bon coeur l'inaction à laquelle Dieu la condamne parce que telle est sa volonté, elle aurait la liberté des enfants de Dieu. Vous voyez la différence.

Autre exemple. Je suis sur le point de commencer mon bréviaire. Je me sens en d'excellentes dispositions pour le bien dire, mais à peine me suis-je agenouillé qu'on vient me chercher. Première impression : mécontentement. Mais je me ressaisis aussitôt : « Prier ou accomplir un acte de charité, cela revient au même. On m'appelle : c'est la volonté de Dieu, j'y vais ». Si je n'ai point la liberté des enfants de Dieu, je me lèverai sans doute aussi pour partir, mais l'air agacé et mécontent : « Vite, vite, je n'ai pas le temps !

4. Obstacles.

Deux choses à éviter. Tout d'abord l'inconstance.

Nos fonctions, prétendons-nous souvent, ne correspondent ni à mes forces ni à nos aptitudes. Nous nous imaginons que d'autres nous conviendraient mieux.

C'est une erreur. La tâche qui nous a été fixée par nos supérieurs est la meilleure. Nous avons évidemment le devoir, si nous nous en rendons compte, de leur signaler notre incapacité. S'ils font la sourde oreille, Dieu n'est point en peine de parer à notre insuffisance.

Second défaut. — Certaines religieuses s'attachent parfois trop servilement à leurs exercices de piété.

Elles ont coutume de faire tous les jours une heure de méditation et le chemin de la croix. Elles croiraient manquer à leur vocation s'il leur arrivait une seule fois d'omettre l'un ou l'autre de ces exercices.

Tenons évidemment à nos pratiques de dévotion; mais tout en sachant y renoncer lorsque la charité le demande.

Les saints nous en donnent l'exemple.

Vous savez combien saint Charles Borromée était austère. Évêque de Milan à vingt-trois ans, il le resta jusqu'à quarante-six. Pendant ses vingt-trois années d'épiscopat, il ne revint chez lui que deux fois : la première pour assister aux funérailles de sa mère, et la seconde pour mettre fin à une querelle domestique. La rigueur de ses mortifications était telle qu'on ne peut y songer sans épouvante. Que fit-il pourtant à l'époque de la Réforme ? Il se rendit en Suisse, et, mettant trêve à ses principes afin de gagner la sympathie des habitants et les maintenir dans l'orthodoxie, il consentit à boire du vin avec eux, ce qu'il ne faisait jamais.

Citons encore l'exemple de saint Ignace de Loyola.

Son esprit survit dans la règle de son Institut. Tout y est sévère; le jeûne y est rigoureusement prescrit pendant le carême. Saint Ignace étant tombé malade, son médecin lui ordonna de garder le lit et de manger de la viande. De la viande le jeudi et le vendredi saints ! Peut-être aurions-nous hésité. Tel n'est pas l'esprit de ceux qui ont la liberté des enfants de Dieu : saint Ignace obéit.

Le jour où vous serez parvenues à la liberté des enfants de Dieu, vous comprendrez quel trésor vous possédez en elle. Vous constaterez qu'il n'est aucun maître sur terre plus facile à servir que Notre-Seigneur Jésus-Christ. Servons-le donc avec joie et persévé­ rance, malgré toutes les réclamations quotidiennes de la nature. Dans l'aridité ou la consolation, peu importe, soyons toujours très attentives à ses inspirations. L'essentiel est que lui soit honoré; tout ce qui nous touche personnellement n'est que secondaire. Au moment de la Consécration, joignez au sacrifice du Sauveur l'oblation de tout votre être et de tous vos désirs. Jésus n'est pas seulement présent dans l'Eucharistie pour nous y appartenir en ami, mais encore pour y être devant son Père la victime à laquelle nous devons unir nos faibles sacrifices pour qu'ils soient appréciables et efficaces.

La bonté, définition, Apostolat de la bonté

XXVIII

1. Caractéristique essentielle de la bonté.

J'ai déjà eu l'occasion de vous parler du grand précepte de la charité fraternelle, de sa nature et de son importance. Je vous ai dit comment notre conformité au Sauveur en dépendait. Ce fut son dernier et suprême commandement : « Ceci est mon commandement ». (Jean, xv, 12).

Il me reste à vous parler de ce qui en est le signe essentiel, de la bonté, bien que, je l'avoue, ce soit une vertu que je ne puis me flatter de posséder encore. Si quelqu'un d'entre vous possède ce trésor, je l'en félicite : c'est une petite sainte. Ceux-là seuls qui s'y sont intérieurement exercés en connaissent le prix.

Je puis cirer mes chaussures pour épargner cette peine à mon domestique. Geste de condescendance qui n'est pas nécessairement de la bonté.

Je puis être capable de distribuer tous mes biens, de pardonner sans cesse, de passer la moitié de mes nuits à me demander comment tirer telle âme de sa détresse : tout cela sans bonté.

La bonté, qu'est-ce donc ?

La bonté consiste à accomplir le précepte divin

« Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le pareillement pour eux » (Luc, VI , 31).

Nous devons traiter les autres comme nous désirons être traités par eux. Essayez et constatez la difficulté. La bonté consiste à faire part à autrui de ces bonnes dispositions que chacun a naturellement pour soi. La bonté, c'est la cordialité pratique. C'est la généreuse préoccupation de répandre partout et toujours le bonheur, en un mot, d'accomplir et de promouvoir l'Oeuvre de Dieu dans le monde et de réduire le mal.

Chose terriblement difficile, absolument indispensable pourtant à toute âme désireuse d'imiter le Sauveur.

La bonté est la quintessence de toutes les vertus du Sauveur. Sagesse, miséricorde, patience, soumission, il possédait les vertus. Il ne nous dit pourtant pas : « Soyez obéissants comme je l'ai été ». Sa grande recommandation, la voici : « Apprenez de moi, car je suis doux et humble de coeur » (Matth., xI, 29). Le Sauveur fut bon. La douceur et la bonté sont inséparables. Il ne nous dit pas : « Apprenez de moi à régir les astres et l'univers », mais à être « doux et aimables ».

Lorsque les gens du monde nous reprochent notre dureté ou du moins notre manque de bonté, nous en sommes souvent responsables par notre conduite à leur égard. La condescendance hautaine et la brusquerie de manières avec lesquelles nous les traitons leur font trop sentir la supériorité dont nous nous prévalons. Prenons garde à cela.

2. La bonté encourageante.

La bonté est l'auxiliaire efficace de la Providence. Dieu n'agit pas seul dans le monde : il fait appel à notre coopération. Quel honneur !

La création a particulièrement pour but de procurer du plaisir à l'homme dans la mesure où cette misérable vallée de larmes le permet. L'homme, il est vrai, déjoue toujours les meilleurs desseins de la Providence et se fait un sort que Dieu n'a pas voulu. Je dirai même que nous sommes seuls responsables des trois quarts de nos maux, par suite principalement de l'hostilité et de l'antipathie qui nous divisent. Une communauté serait une oasis, un asile de paix, un temple de l'Esprit- Saint, si on y vivait toujours en bon accord.

La vie, nul ne saurait le nier, est déjà par elle-même un fardeau. De plus, l'appréhension d'une chute possible à toute heure, n'est-ce pas un poids terrible pour nos épaules ? Partout autour de nous, nous constatons des défauts. Même chez nos supérieurs, malgré le respect qui leur est dû. Quelle accablante constatation, à laquelle s'ajoute par surcroît la con­ science de nos propres misères !

Or, voyez encore : il se trouve toujours dans une grande communauté des âmes qui pleurent amèrement de n'avoir personne au monde, malgré la générosité et le zèle de toutes celles qui les entourent. Oui, malgré cela, c'est l'isolement, et par suite, naturellement, un affreux dépit. Pourquoi ?

— Nous ne sommes pas suffisamment aimables. Ardemment, généreusement, vous vous êtes mises à la tâche; personne pourtant ne vous adresse jamais un regard de bienveillance, une parole aimable, un mot d'encouragement. Au contraire, on vous malmène, on vous critique, on vous jalouse, on mésinterprète tous vos actes. Conséquence : vous perdez courage, vous vous isolez, vous vous aigrissez. Que n'aurait-on pu obtenir de vous cependant avec une simple parole, un simple coup d'oeil d'encouragement et de sympathie !

Au sortir du noviciat, la jeune religieuse est tout ardeur. Trouvez pour elle au bon moment le mot qui convient, quelle joie, quel bonheur indicibles ! D'enthousiasme vous la feriez passer par le feu, et ceci est également vrai plus tard. Supposez le contraire, elle laisse bientôt tout aller. Elle s'isole, ce qui la conduit directement au chagrin et à l'amertume. Elle a tort, sans doute, mais c'est humain. Finalement elle tombe dans le découragement, et rendue là, il y a tout à craindre pour elle. C'est la fin de tout espoir. La guérir est bien difficile; toute l'éloquence et la sollicitude de son confesseur ne peuvent la tirer de l'abîme. Tout coule sur cette âme, et c'est en vain que Dieu l'inonde de ses grâces.

Pour la sortir de cet état, Dieu doit en entreprendre le siège en règle pendant des jours, des mois et des années, diriger vers elle d'autres âmes charitables à qui elle puisse se livrer et entre les mains desquelles elle se redressera péniblement. Qu'elle se relève entièrement, c'est à peu près impossible.

Voilà à quoi aboutit un manque de bonté au moment opportun. Que les supérieures se montrent donc fort prudentes sur ce point.

Je le sais par expérience : il ne faut jamais juger des autres, de leurs aptitudes et de leurs actes d'après soi-même. Lorsque quelqu'un vient s'ouvrir à nous de ses difficultés, nous sommes naturellement portés à nous écrier en songeant à ce que nous avons fait ou aurions dû faire': « Voilà bien cette jeunesse indolente! On ne veut plus rien endurer... » Non, sachons écouter. Écouter, c'est-à-dire savoir se retenir et rester aimable, ce qui est particulièrement difficile lorsqu'une chose nous semble inexacte et fausse, et qu'un mot d'encouragement est néanmoins nécessaire.

3. La bonté réconfortante.

Le tragique de la vie, c'est encore d'avoir conscience de posséder des qualités et des talents toujours méconnus et inutilisés. Écueil contre lequel se sont brisées bien des jeunes âmes.

Imaginez, par exemple, une religieuse qui végète parmi de jeunes rustauds dans un petit village alors qu'elle pourrait beaucoup mieux réussir ailleurs. Et les cas de ce genre ne sont pas rares. Que ce soit pour l'enseignement, le soin des malades ou quelque autre forme de charité, certaines religieuses possèdent des aptitudes dont on ne tient jamais compte. « A droite, à gauche, finit-on par conclure, que ça marche comme ça pourra : je m'en moque ! »

Disposition dangereuse. Tant mieux si on rencontre alors le réconfort d'une âme compatissante et bonne, sinon le péril est grave. Mais pourquoi Dieu vous a-t-il accordé ces qualités si vous ne pouvez vous en servir ?

La réponse, la voici. C'est afin que vous puissiez lui en faire le sacrifice. Heureuses êtes-vous si, répondant à son désir, vous lui dites avec un complet abandon : « Seigneur, il n'importe pas que je possède ces dons, mais bien que je les immole à vos pieds ». Le danger est écarté.

Mais imaginez un pauvre coeur abattu, sans volonté suffisante pour se relever, c'est alors surtout que Dieu a recours à la bonté humaine. La bonté, c'est ce dont cette enfant a besoin, et Dieu veut trouver l'âme qui sera près d'elle l'instrument de sa Providence. Quelle terrible responsabilité pour ceux ou celles à qui revient tette tâche !

Pouvez-vous dire : « Mais cette soeur est bien assez âgée et assez intelligente pour se tirer d'affaire toute seule ! » Si précisément Dieu compte sur vous ? Vous ne sauriez faire une réflexion plus ingrate. Nul ne peut sortir de sa misère sans le secours de Dieu.

Quand vous rencontrerez désormais une âme dans la peine, une soeur qui semble souffrir, soit-elle la plus jeune, souvenez-vous donc qu'une bonne parole fait toujours son chemin. Accordez-lui un mot aimable, un regard de bienveillance. « Allons, on a l'air triste ? Qu'y a-t-il donc ? » Cette simple petite réflexion n'est-ce pas à peu près celle qu'adressa le Sauveur aux pèlerins d'Emmaiis en les abordant ? cette simple réflexion suffira à révéler votre sympathie.

Ne croyez pas que ce sont vos discours et vos arguments qui ramèneront à Dieu les âmes égarées. On peut compter sur les doigts celles qui se sont ainsi laissé gagner, mais elles sont innombrables celles qui se sont laissé convaincre par la bonté. C'est par son inaltérable bonté que saint François de Sales réussit à convertir tant d'âmes. De tous les moyens humains, c'est celui auquel il faut toujours revenir. N'en employez pas d'autres. Insulter les gens, les traiter de dépravés, de menteurs, d'hypocrites n'aboutit à rien. De la bonté, et pas autre chose !

4. La bonté, remède à l'amour-propre.

Autre avantage de la bonté. L'amour-propre est notre grand mal il faut absolument nous en débarrasser, sinon quel purgatoire nous aurons à faire ! L'amour- propre empêche tout progrès. Le meilleur moyen de le tuer est la bonté.

Apparemment, la bonté ne coûte rien. En réalité, il en coûte énormément de toujours se dominer, de se montrer toujours affectueux et aimable. Aussi apprend- on l'humilité par la bonté. La bonté engendre l'humilité, et l'humilité la bonté.

En ses débuts, la piété est facilement ardente, amère et hargneuse. Avez-vous jamais véritablement trouvé la bonté chez un jeune homme ou une jeune fille ? Non; c'est une vertu qui s'acquiert avec l'âge, et qui suppose une bonne somme d'expérience et de désillusions. Ce n'est qu'après avoir appris à connaître les hommes, après avoir inutilement cherché la consolation qu'on en vient à l'indulgence.

Certaines personnes sont naturellement bonnes et aimables. Naturellement..., qualité par conséquent qui ne compte guère en elle-même et au regard de Dieu. Il faut surnaturaliser la nature.

Vous en voyez d'autres aussi, aux cheveux blauchissants, qui s'efforcent toujours d'acquérir plus de douceur.

Ce que Dieu nous demande, sachez-le bien, c'est de contribuer à l'amélioration d'autrui en même temps qu'à son bonheur. Soyez toutes fidèles à ce programme et votre communauté sera un paradis. Plus de sombres visages, plus de tristesse, d'isolement et de découragement. Tel est l'apostolat que Dieu nous demande à tous de pratiquer, le plus efficace d'ailleurs. Et c'est pourquoi l'Église nous fait si souvent redire cette prière : « Jésus, doux et humble de coeur, rendez mon coeur semblable au vôtre ».

Le Resto de mon fils
François Christiaenssens

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