La vie spirituelle à la lumière de l'évangile de Pâques |
XV |
Il est digne et juste, comme dit la Préface , que la sainte allégresse pascale remplisse nos coeurs, que nous soyons entièrement pénétrés de la joie du triomphe de notre Sauveur.
Vous avez médité sur cette joie; aussi n'en dirai-je que quelques mots. Je me bornerai dans cet entretien à vous signaler certaines idées auxquelles vous n'avez guère pensé peut-être.
Efforçons-nous de nous unir de coeur au Sauveur! Vendredi et samedi, vous avez constaté sa situation désespérée. Tout semblait perdu. Nous sommes ainsi; l'arrivée d'un prétendu malheur suffit à nous faire immédiatement oublier tout le reste. Le Seigneur, lui, a réellement tout perdu : sa réputation, son nom, tout ce qui lui appartenait, jusqu'à ses habits ! Jamais homme ne fut plus accablé de mépris et d'opprobre.
Tout semblait perdu! N'est-il pas étrange que les apôtres se soient dispersés, que personne ne lui soit demeuré fidèle à l'exception de deux femmes dont, surtout, sa mère ?
Mais voici l'aurore de Pâques. En un instant tout est changé ! Celui en qui nous ne voyions que «l'opprobre des hommes et le rebut du peuple », reparaît soudain « la force de Dieu ». Les apôtres reprennent courage, et les âmes restées fidèles sont fortifiées dans leur foi. Prenons part véritablement à leur joie!
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1. Alleluia! |
Oui, réjouissons-nous! Réjouissons-nous d'une joie intime et profonde. Que ce soit notre résolution pascale!
Et de quoi nous réjouir, sinon de ce que le Sauveur s'est montré, d'une manière irréfutable, triomphant de la mort et du péché ?
L'authenticité indéniable de sa Résurrection est ce qui confirme notre foi et tout ce qui en est l'objet, le dogme de l'Eucharistie particulièrement. Sans la Résurrection , l'Eucharistie n'existerait pas. Nous y croyons parce que nous croyons à la Résurrection.
Bientôt ce sera la fête de l'Ascension. Mais, le ciel nous le possédons déjà en partie ici-bas. Nous le trouvons sur la terre lorsque, avec une foi ardente, nous contemplons des yeux de l'esprit le Sauveur présent, comme nous le savons, au tabernacle.
Malgré toutes nos peines et difficultés, malgré nos tribulations, malgré les persécutions, nous pouvons encore songer à une vie de bonheur. La vie ne saurait nous paraître trop longue avec l'Eucharistie. C'est pourquoi l'Église est invincible au milieu des persé cutions les plus sanglantes. On parle de la ruine de l'Occident : n'y croyez pas. Tant que nous aurons le Saint-Sacrement, tant que Dieu ne nous privera pas de sa présence, nous ne périrons pas!
C'est pourquoi notre joie pascale est si profonde; notre intime et paisible allégresse est la conséquence de notre foi.
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2. Estimons comme il convient la croix et la souffrance. |
Vous connaissez la suite des événements du jour de Pâques.
Ce sont des femmes qui, les premières, voient le Christ ressuscité; aussi les apôtres restent-ils tout d'abord défiants. Madeleine retourne au Sépulcre ouvert, et Jésus se montre à elle. Accourent alors, en mission officielle, les deux disciples Pierre et Jean. Le tombeau est vide. Mais tandis qu'ils reviennent séparément, le Seigneur apparaît à Pierre. Pierre en annonce la nouvelle en arrivant, et les apôtres croient à partir de ce moment. L'après-midi, voyage des disciples d'Emmaüs. Ils reviennent le soir annoncer à leur tour ce qui leur est arrivé. « Le Seigneur est vraiment ressuscité, leur dit-on aussi, et il est apparu à Simon! » (Luc, xxiv, 34). Ces paroles nous montrent l'autorité absolue de Pierre parmi les autres apôtres. Tard, le soir, le Seigneur leur apparaît à tous. Seul Thomas est absent.
Pour le moment, retenons surtout la leçon significative donnée par le Sauveur aux pèlerins d'Emmaüs. « De quoi vous entretenez-vous en marchant, pour que vous soyez tout tristes ? » leur demande-t-il (Luc, xxiv, 1 7). Puis, après leur avoir prouvé par les Prophètes que tout s'était passé comme il convenait : « Ne fallait-il pas, conclut-il, que le Christ souffrît toutes ces choses pour entrer dans sa gloire ? » (Luc, xxiv, 26). Il fallait donc que vinssent d'abord les ténèbres, puis la lumière; la ruine, puis la résurrection; la lutte, puis la victoire; l'humiliation, puis l'exaltation; la tristesse, puis la joie; l'ignominie, puis le triomphe.
Pour nous, c'est également la même loi. Mais qu'il nous est donc difficile de nous en convaincre ! La nécessité de passer par la souffrance, la résignation, le sacrifice, les épreuves, c'est une chose que nous ne pouvons jamais nous mettre en tête!
C'est pourtant l'unique voie : « Là où je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jean, mi, 26).
Cette voie, nous refusons de la suivre ou nous ne le faisons qu'à contre-coeur et par contrainte.
C'est une loi à laquelle personne n'échappe ici-bas. Si nous subissons en ce moment une humiliation, nous serons réhabilités plus tard; mais où et quand aurons-nous la victoire, il ne nous est pas permis de le fixer à Dieu. Si nous sommes affligés aujourd'hui, peut-être retrouverons-nous la joie demain. Actuellement, chacun nous méprise et nous maltraite; le temps viendra bien, espérons-le, où notre innocence resplendira, et, s'il faut attendre l'éternité, ce sera avec d'autant plus d'éclat.
Voilà ce qu'il ne faut jamais oublier. Du simple point de vue extérieur votre vie, comme la mienne, est une vie de sacrifice, mais si nous pénétrons intimement le mystère que Dieu nous a révélé par la bouche du Sauveur, nous cessons de nous en étonner. Pensez-y souvent. Que chacune s'examine sur ce point en présence du Sauveur. Elles sont rares, sans doute, celles parmi vous qui n'ont point quelque manque de soumission à se reprocher. « Que votre volonté soit faite! » répétons-nous des lèvres tous les jours, mais, à la pre mière difficulté, ce n'est plus du tout notre avis. O u i, examinons-nous bien!
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3. Mesurons bien nos paroles. |
Notre-Seigneur, après sa résurrection, n'est plus soumis aux lois de la nature. Il se transporte immédiatement partout où il veut. Il apparaît aux apôtres pour leur parler du Royaume de Dieu; il leur communique ses instructions au sujet de l'établissement de son Église, puis il disparaît. Il les laisse souvent un certain temps avant de revenir parmi eux. Une fois même son absence se prolonge tellement qu'ils en sont tout troublés : « Je vais à la pêche », déclare saint Pierre comme si c'en était fait de sa vocation, et le Sauveur apparaît sur les bords du lac.
Notre-Seigneur nous apprend ainsi par son exemple à concilier le travail et la prière. Il ne reste avec ses apôtres que le temps nécessaire, et se retire invaria blement ensuite pour se retrouver en face de son Père dans la prière.
Nous sommes obligées de sortir et de parler aux personnes du monde. Combien de temps ? Autant qu'il le faut, et que l'exigent les circonstances. Nous avons des devoirs de justice et de charité à l'égard du prochain; sachons les lui rendre sans interrompre notre union à Dieu.
N'omettons jamais de nous interroger pendant notre amen de conscience sur nos relations extérieures. Nous nous sommes trouvées avec telle et telle personne Combien de temps leur avons-nous parlé ? N'aurions, nous pas pu abréger ces conversations afin de nous réserver plus de loisir pour la prière ? Telle affaire n'aurait-elle pas pu se traiter plus rapidement ?
Certaines religieuses se disent toujours trop occupée s pour pouvoir prier, et sans aucun scrupule. Quand on le veut sérieusement, on trouve du temps pour tout.
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4. Les inspirations. — Importance du recueillement. |
L'exemple des disciples d'Emmaüs nous montre toute l'importance des inspirations divines dans notre vie spirituelle. Question capitale, encore que souvent incomprise, sur laquelle je ne saurais trop attirer votre attention.
Chemin faisant, Jésus leur démontre de point en point que tout ce qui s'est passé a été l'accomplissement exact des prophéties depuis Moïse. Bientôt la lumière commence à poindre en leur esprit, une réplique en attire une autre, et graduellement le Seigneur les amène vers la conviction complète.
Quiconque tend à l'union à Dieu doit commencer par se mettre en relation intime avec le Sauveur et se montrer extrêmement docile à l'égard de ses inspirations. « Nul ne vient au Père que par moi » (Jean, xiv, 6). C'est donc bien par Jésus seulement que nous allons à Dieu.
Je ne cesse de le redire du haut de la chaire, sans Lui il n'est pas de vie intérieure possible. Après une longue expérience, après avoir étudié plus de vingt ouvrages sur la mystique et sur la vie surnaturelle, je rends grâce à Dieu de m'avoir fait connaître cette vérité malgré toute mon ignorance. Lorsque nous sommes unis d' esprit au Christ, nous appartenons au Père. Il est si vrai que nous sommes l'oeuvre de ses mains et le prix de son sang, qu'il ne nous regarde pas comme perdus m ê m e si nous sommes profondément enfoncés dans l e péché. Il ne peut y consentir; nous lui avons trop co ûté pour cela : il nous cherche par ses inspirations.
Lorsque vous vous intéressez à un enfant, lorsque vous croyez pouvoir vous adresser à lui avec tendresse, s'il néglige vos avis sans jamais consentir à vous écouter, vous en êtes naturellement peinées, indignées. Or, Jésus lui aussi daigne vous favoriser sans cesse de ses inspirations, il ne vous quitte pas du regard; n'est-il pas criminel alors de traiter ses paroles à la légère ?
D'où vient cette inattention ? De ce que nous sommes trop superficielles et frivoles. Tout absorbées dans notre travail, nous ne remarquons que très peu ou pas du tout les inspirations que Dieu nous envoie. Peut-être commettons-nous faute sur faute. Comment est-il possible après tant d'années de vie religieuse de n'avoir pas encore appris à contrôler notre langue ? Et cette irascibilité ! Rien au monde ne devrait nous troubler. Rien ne nous émeut, en effet, si nous sommes des âmes recueillies; autrement, tout au contraire nous ravit la paix.
Non seulement les âmes superficielles ne parviennent pas à l'intimité avec le Sauveur, mais elles ne reçoivent encore aucune grâce particulière, extraordinaire. Je connais des personnes parfaitement correctes en leur ponctuelles extraordinaire. Je connais des personnes parfaitement correct en leurs conduites. Très ponctuelles et régulièresoccupations, il leur manque néanmoins de s'y donner de coeur pour l'amour du Sauveur, faute de quoi elles n'acquièrent aucune intimité avec lui. Leur conduit e à son égard est simplement officielle peut-on dire.
Sachez-le, à toutes les fois que le Sauveur nous prive de cette intimité, c'est nous-mêmes qu'il faut accuser, c'est notre inconstance qui en est en parti e responsable. « Cherchez et vous trouverez! » Sans le recueillement, inutile de vouloir se rapprocher de Jésus. Vivrait-on aussi longtemps que Mathusalem, impossible d'y parvenir!
La méditation est également chose fort importante.
Je n'ai pourtant pas l'intention de vous prescrire quelque méthode particulière. Son but ne consiste pas à nous faire découvrir ou approfondir des vérités nouvelles, mais à nous rapprocher du Sauveur et à nous apprendre à lui demeurer unis. Sans cela considérons comme perdu le temps que nous y consacrons. L'essentiel est que notre coeur s'y échauffe, que nous y gagnions à toutes les fois une parcelle d'abandon à Dieu. Aussi saint François de Sales nous prévient-il que « le meilleur genre de méditation est celui par lequel on apprend à traiter intimement avec le Seigneur ».
Les âmes ne se laissent pas toutes façonner de la même manière; Dieu se sert de différents moyens. Comment nous rapprocher de Jésus ? C'est l'unique question qui doit nous orienter. Efforçons-nous de resserrer toujours plus étroitement les liens de notre union à lui! Si nous nous abandonnons à lui un peu plus tous les jours de façon à devenir des victimes à son entière disposition et à pouvoir prononcer toujours notre « fiat » sous le poids des sacrifices sans nombre dont il nous accable, nous sommes dans la bonne vole .,
Inutile de vous en tenir trop rigoureusement au sujet de votre méditation. Qu'il n'y ait rien d'artificiel dans votre façon de parler à Dieu; adressez-vous à lui ave c toute la simplicité d'un enfant.
Tous les jours, unissez-vous à lui un peu plus par le s acrifice, et tout laisser-aller disparaîtra bientôt de votre conduite. Mais ce serait une erreur de croire que vous y parviendrez par la seule force de votre esprit. L'objet et la forme de votre oraison, ce n'est pas votre intelligence qui vous l'enseignera; c'est bien plutôt rceuvre du Saint-Esprit. De là, la nécessité de vous y préparer en implorant ses lumières. Prier ne signifie pas autre chose que dire à Jésus ce que nous avons pour lui dans le coeur. Nous ne pouvons donc le faire que par le Saint-Esprit. |
5. Détachons-nous entièrement du monde. |
Notre méditation faite, tout n'est pas terminé : il nous reste à pratiquer le complet détachement à l'égard du monde.
Faut-il donc ne plus avoir de rapport avec personne ? Faut-il donc rompre tous nos liens d'amitié ?
« La perfection, nous répond saint François de Sales, ne consiste pas à n'avoir point d'amitié, mais à n'en avoir que de bonne, de sainte et sacrée ». Ce qui revient a dire : « Gardons-nous de nous attacher! »
Ne nous laissons pas abattre par les séparations que Dieu nous impose. Quelques minutes doivent nous suffire Pour nous ressaisir et dire : « Seigneur, ma douleur est profonde; cependant, que votre volonté soit faite! » , Sachons renoncer à toutes nos affections lorsque Dieu le demande, et sans en rechercher ensuite de nouvelles pour ne point contrecarrer ses desseins sur nous.
Petites rivalités, jalousies mesquines qu'est-ce que tout cela signifie dans une communauté ? Les religieuses qui se laissent aller à de pareilles faiblesses, Dieu ne s'en met pas en peine; que pourrait-il attendre d'esprits aussi futiles ? Il n'opère pas de miracles en leur faveur, et il en faudrait pourtant pour les guérir.
Renonçons à beaucoup, et Dieu nous donnera beaucoup.
Ne rien lui refuser! Gravons cette devise dans notre coeur !
Dieu nous prend à son école pour nous former. Les esprits frivoles ignorent nécessairement ce qu'il leur demande; pour le savoir, la première condition est d'écouter. Si nous sommes de ceux-là, nous ne pouvons avoir un ennui sans en parler à tout le monde; si, par hasard, nous avons mal dormi, il faut qu'on le sache. Les âmes unies à Dieu ne manifestent rien de leurs souffrances et de leurs difficultés secrètes, à moins qu'elles ne soient interrogées par leurs supérieures. C'est la bonne façon de souffrir avec Jésus seulement. Ne point chercher de la compassion partout! Beaucoup s'imaginent que c'est là une ascèse hors de leur portée. Non, ne dites pas cela. Cet idéal n'est pas trop ardu pour une âme qui a été touchée par la grâce. Quiconque veut monter ne peut rien refuser à Jésus! |
6. Prions en enfants de Dieu. |
Dans quelles dispositions d'esprit faut-il être pour prier ?
Le Sauveur devait bien parler à ses apôtres un peu comme je m'efforce de vous parler ici. Il leur avait certainement parlé lui aussi de la prière pour qu'ils fussent si désireux d'en apprendre davantage sur ce su jet. « Seigneur, apprenez-nous à prier », demande e xpressément saint Pierre (Luc, xi, i). Et Jésus lui répond : « Lorsque vous priez, dites : Notre Père... ». Autrement dit : « Pour prier, adoptez tout d'abord une attitude d'enfant ».
La prière consiste à parler à Dieu comme un enfant parle à son Père. Nous ne pouvons donc pas lui dire sans plus de façon : « Voici ce qu'il me faut! » Quels sont nos droits et quel langage nous est-il permis de tenir comme enfants de Dieu ? Des enfants de Dieu, c'est, en effet, ce que nous sommes réellement et véritablement. « Dieu a envoyé son Fils afin de nous conférer l'adoption », écrit saint Paul (Gal., Iv , 5). Par le baptême nous avonsété enfantés pour Dieu. N'oublions pas pourtant que nous sommes des créatures. Mais si pauvres que nous soyons, en nous appuyant sur le Christ, en lui nous devenons riches. Nous sommes si secs et si arides, mais en son coeur brûle le feu de la charité. Nous sommes pécheurs, mais son sang efface toutes nos fautes. C'est pourqoui, lorsque nos prions, nous allons au Père par lui. Ayons donc cette attitude d'enfants en vous rendant à la chapelle; votre prière en sera entièrement transformée, et vous n'éprouverez plus le besoin ensuite de vous en excuser. Quelques pensées étrangères viendront bien encore vous surprendre; chassez-les bien vite,
Tout avec Jésus et par lui ! Avancez à travers la vie en enfants de Dieu que vous êtes devenues par lui, et rien ne pourra vous ébranler. Parmi les soucis et les peines, nul ne pourra vous le ravir. Il est notre Dieu; qu'avons-nous besoin de plus ? En lui nous avons tout ! Jésus-Christ nous a été donné comme médiateur indispensable. Quiconque n'en fait pas le point central de son existence ne peut parvenir à une profonde vi e spirituelle. C'est pourquoi la méditation et le silence n'ont pas d'autre objet que de nous rapprocher de lui et d'accroître notre ressemblance avec lui. Plus le Père et le Saint-Esprit reconnaissent en nous l'image du Fils, plus ils nous aiment et plus nous recevons de grâces. Devenir des images de Jésus! C'est notre plus belle ambition! |
L'union intime avec Jésus
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XV I
1. Notre unique bonheur et notre secret. |
Connaître et aimer Jésus, c'est tout le bonheur de la vie.
Il est impossible aux âmes qui se livrent sérieusement au labeur de la vie spirituelle de s'en tenir aux rigoureuses obligations communes aux simples fidèles restés dans le monde; elles doivent parvenir à une union beaucoup plus intime avec le Sauveur. Obligation qui varie selon la mesure de grâce départie à chacune. Si, comme religieuses, vous avez plus reçu, il vous sera également demandé davantage. Demeurer uni à Jésus, voilà le secret!
Beaucoup de personnes sincèrement désireuses de bien servir Dieu ignorent malheureusement comment Y parvenir. De là, toute la journée, des fautes innombrables, jusque pendant la prière ! Que de fois, par exemple, il leur manque la véritable rectitude d'intention! Comprenant leur faiblesse et leur incapacité, elles se désespèrent, le soir, en récapitulant toutes leurs dé faillances. « Impossible d'aboutir! » songent-elles, et elles continuent de ramper dans la poussière. Pareil malheur ne peut arriver à quiconque comprend ce qu'est la vie d'union à Dieu. Quelle en est, en effet, la cause ?
On se lève, on fait sa prière, on se livre au travail, entièrement, sans une pensée pour Jésus. Dans l'ardeur qu'on y met, déjà les fautes se multiplient. Vient l'heure du déjeuner, et toujours rien pour Dieu. L'après-midi est de nouveau occupé par le travail. Arrive le soir. Une rapide prière, avec ou sans examen de conscience, et on se couche.
Et c'est ce qu'on appelle une vie chrétienne ! Formellement, si on en considère les éléments, oui le mot est juste, mais il n'empêche qu'en vivant ainsi on persévère en ses défauts. Sachons assurer à notre travail une Valeur égale à la prière. La plupart des gens qui restent unis à Dieu dans la prière ne le sont plus du tout parmi leurs occupations.
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2. Comment unir intérieurement nos actions à celles du Sauveur. |
La grande question est de savoir comment associer intimement le Sauveur à toutes nos entreprises. Un peu de théologie pour commencer.
Le Fils de Dieu ayant décidé de se faire homme aurait pu adopter une nature humaine semblable à celle d'Adam avant le péché. En fait, il prit exactement la nôtre avec toutes ses misères. Il connut la faim et la soif, la lassitude et la fatigue. Il a tout enduré en son corps et en son âme. Tout cela il pouvait l'éviter, mais il ne l'a pas voulu. Il aurait pu prendre une nature humaine parfaitement pure et libre de toute faiblesse; une seule goutte de son sang n'aurait-elle pas suffi à racheter des millions de mondes tant il était précieux en raison de sa divinité ? Mais alors, puisqu'il n'y était pas obligé, pourquoi le Sauveur a-t-il voulu agir ainsi ? Pourquoi a-t-il voulu, sans contrainte aucune, endurer la faim, la fatigue, la souffrance ? Tout simplement parce qu'il nous a aimés d'un incommensurable amour et afin de nous assurer un trésor inépuisable de mérites. N'en saurions-nous pas davantage que ce serait déjà assez pour mériter tout notre amour. Comment prendre part à ces immenses trésors ? Le tragique de la vie, ce qu'on ne saurait assez regretter, c'est de ne le découvrir que sur le tard. Debout au premier signal, souvenons-nous que le Sauveur devait aussi se lever durant sa vie mortelle. S'il lui arriva de consacrer des nuits entières à la prière sur une montagne ou à l'abri de quelque maison, il n'est pas douteux qu'il en passait, comme nous, à dormir. Avant toute autre préoccupation, voici donc quelle sera notre première pensée : « Jésus, cette journée vous appartient ! » Puis nous continuerons à peu près en ces termes : « Soyez loué, Jésus, en votre Sacrement : je vous adore. Je vous remercie de m'accorder cette nouvelle journée. Mais, mon Sauveur, Je vous l'affirme en toute sincérité, ce qui fait le prix à mes yeux, c'est la pensée de pouvoir vous contempler en la sainte Eucharistie et vous recevoir. Sans l'Eucharistie, cette journée serait pour moi absolument sans valeur. Et si vous constatez, ô Jésus ! que ce sentiment n'est pas assez vif en mon coeur, que ce n'est de ma part qu'une pieuse formule, transformez-le en une ardente conviction. Que cette journée vous appartienne avec toutes mes pensées, mes paroles, mes actions et mes peines. Dès cet instant, je m'unis à vous. Donnez-m o i part à vos mérites ! » En supportant toutes les misères de notre nature, le Christ a acquis dos mérites inépuisables mis à notre disposition. Unissons nos actes aux siens. Ainsi nous ne nous laisserons pas si facilement envahir par des pensées étrangères, et le simple fait de nous lever nous a déjà assuré un mérite pour l'éternité. Nous commençons notre toilette. Le Seigneur devait évidemment faire de même. Adressons-lui quelque prière de ce genre : « Asperges me, Domine, hyssopo et mundabor... Aspergez-moi, Seigneur, avec l'hysope, et je serai pure; lavez-moi, et je deviendrai plus blanche que la neige. Mon Sauveur, faites que mon âme soit pure à vos yeux, comme mon corps l'est aux miens ». Nouveau profit, et, au fond, aucune pensée profane ne nous a encore troublé la tête. Le Sauveur s'est vêtu. Nous y songeons en mettant nos habits : « De même que je revêts mon corps, donnez à mon âme le vêtement de la grâce sanctifiante.
Soyez loué et aimé mille fois ! » La prière nous met ensuite en contact direct avec le Christ. Disons-lui en allant à la chapelle le saluer dans l'Eucharistie : « Tu Rex gloriae Christe! Tu Patris sempiternus es Filius! Vous êtes le Roi de gloire! Vous êtes le Fils éternel du Père ! » L'heure de la méditation arrivée, implorons le secours de sa sainte Mère : « Faites, ô Marie, que le souvenir de votre Fils Jésus anéantisse tout autre souvenir en ma mémoire. Éloignez de mon esprit et de ma volonté toute pensée et toute inclination qui ne tendent pas vers lui. Je suis la servante du Seigneur. Parlez, mon pieu, je veux être attentive à votre voix, comme Marie dans sa petite maison de Nazareth ». Immédiatement avant la récitation de l'office, employez quelques minutes à vous recueillir et à exciter en votre âme un ardent désir d'expiation : « Mon Sauveur, sur le point de commencer cette prière dont l'auteur est le Saint-Esprit, je l'unis à vos supplications, ici, au tabernacle. Je vous l'offre en réparation de toutes mes mauvaises prières et pour tous ceux qui omettent de vous prier ou ne le font qu'avec négligence. Daignez m'aider en m'accordant votre bénédiction ! » Après l'office, demandez au Sauveur de réparer les fautes que vous y avez commises : « O Jésus ! suppléez ce qui y a manqué par l'ardeur de vos prières au saint tabernacle ! » Faisons ensuite très respectueusement la génuflexion devant l'autel en soupirant intérieurement : « Seigneur, je voudrais, s'il m'était possible, faire passer en ce geste toute la foi, la vénération et l'adoration de tout l'univers pour toutes les négligences dont je me suis rendue coupable et pour les nombreuses fautes qu'il m'arrive encore de commettre. Index crederis, esse venturus. Nous croyons que vous reviendrez comme Juge ». La messe va commencer.
Pour nous y préparer, unissons-nous en esprit au Sauveur sur le Calvaire. Demandons à la Sainte Vierge de l'y accompagner : « Bonne Mère, conduisez-moi au Calvaire. Apprenez- moi à me sacrifier comme vous avec Jésus, par Jésus, en Jésus et selon son exemple, pour lui présenter avec les vôtres mes hommages d'adoration, de satisfaction, de remerciement et de ferventes supplications. Daignez agréer que j'unisse mon sacrifice au vôtre! » Entendons ensuite très pieusement la messe. Le signal donné, nous nous dirigeons vers le réfectoire. L'acte pour lequel nous y allons le Seigneur aussi voulut l'accomplir bien qu'il n'y fût pas obligé. Rendons-nous donc à table, mais non pas machinalement seulement ou sans penser à autre chose « Seigneur, devons-nous dire, je vais manger parce que c'est un acte que vous avez voulu nécessaire. J'unis ce repas aux vôtres ! » Par ce moyen et sans peine, notre esprit demeure encore en contact intime avec le Sauveur. Nous nous préservons d'une faute, celle de céder à la gourmandise; nous nous modérons, nous ne prenons que le suffisant; nous pratiquons la sobriété, et c'est ainsi en même temps qu'une nécessité naturelle devient méritoire par l'union à Dieu. Maintenant voici l'heure de nous rendre au travail. Nouvelle occasion de nous unir à notre Sauveur. Nos petites besognes furent aussi les siennes pendant son enfance. Il accomplit les mêmes gestes que nous, et je ne crois point lui faire injure en le proposant pour modèle à la soeur cuisinière, par exemple. Il n'a pas trouvé indigne de bénir et d'ennoblir tous les petits travaux du ménage en y mettant la main pour aider sa Mère. Pendant une des apparitions qui suivirent la Résurrection , ne le voyons-nous pas préparer lui-même à manger à ses apôtres ? En les attendant sur les bords du lac, il leur fait lui-même griller un poisson. Vous pouvez donc, à la cuisine, unir d'intention votre travail au sien. Vous le sacrifierez ainsi et acquerrez de grands mérites pour le ciel. Est-ce difficile ? Non, c'est simple comme un jeu. Vous pouvez parler, commander, sans interrompre votre union au Sauveur. Survient une visite. Perte de temps précieuse pour votre sanctification si vous le voulez. Imaginez les visites que Notre-Seigneur recevait sur la terre ! N'accueille-t-il pas le craintif Nicodème dans le secret des ténèbres ? C'est donc même la nuit qu'on venait à lui ! La visite qu'on vous annonce, offrez-la au Sauveur en union avec la manière dont il recevait les hommes et leur parlait. Par suite, point d'artifices diplomatiques dans votre conversation; que de la franchise et de la loyauté.
Point de formules conventionnelles, mais une sincère bienveillance en toutes vos paroles, et plus de circonspection pour garder l'humilité, ne rien exagérer, ne point faire valoir vos qualités et vous comporter très aimablement et très naturellement. « Seigneur, durant cette visite, donnez-moi part à vos mérites ! » Par suite, aucune faute ne vous échappe, votre visiteur s'éloigne sur la meilleure impression, et vous avez acquis un nouveau mérite. Votre adresse sera de ne pas trop vous attarder, de savoir quand il est temps de cesser. « Très bien, je vous remercie ! » C'est fini. Le visiteur s'en va content, et, encore une fois, vous avez su acquérir un mérite. Vous êtes en récréation. Un exercice que vous pouvez également sanctifier. Pensez à ce qu'était l'amabilité et la bonté du Sauveur envers les apôtres. Connaissant tous les besoins de la nature humaine, il les entretenait de questions sérieuses, mais il savait aussi les réconforter gaiement aux heures de tristesses. La Sainte Écriture nous rapporte qu'il chantait des psaumes et des cantiques. La veille de son départ pour le ciel, il réunit amicalement ses disciples à table. Pendant les heures de détente qu'il passait avec eux, il les laissait parler eu toute liberté; il ne leur interdisait que le mal. Pensez à cela en entrant dans la salle de récréation : « Seigneur, faites-moi participer aux saintes dispositions qui étaient les vôtres lorsque vous daigniez réconforter vos apôtres, en vous récréant avec eux. En cette circonstance encore, donnez-moi part à vos mérites ! » Grâce à cette pensée, vous vous divertirez non seulement par devoir, mais aussi par amour pour le Sauveur, et acquerrez un nouveau mérite. Il n'est rien, il n'est pas d'infimes détails que nous ne puissions ainsi sanctifier. Le soir venu, en fermant les yeux vous vous unirez une dernière fois au Sauveur : « Seigneur, je vous adore présent dans l'Eucharistie. Je préférerais pouvoir veiller avec vous cette nuit, mais le sommeil m'est nécessaire pour réparer mes forces. Demain, si vous me permettez de rouvrir encore les yeux, que ce soit uniquement pour croître en votre amour, pour vous contempler et vous recevoir de nouveau! » C'est ainsi que nous pouvons faire toutes nos actions en union avec Jésus. Avant de nous endormir, constatons bien en nous examinant en quoi cette intimité a pu être insuffisante et regrettons-le. Mais je n'ai pas fini. Tous les détails que je viens de vous signaler ne représentent qu'une faible portion de la vie.
Quel trésor, si nous agissions ainsi depuis vingt ou trente ans ! Où en serions-nous à l'heure actuelle ? Que de mérites perdus par notre faute! Tout faire donc, absolument tout, jusqu'à nos plus minimes actions, en union avec Jésus, pour l a pratique de la vie intérieure quelle recette facile à la portée des plus simples intelligences! Que la maîtresse d'école se représente avant d'entrer en classe le Sauveur au milieu des enfants ! « Donnez- moi des sentiments semblables aux vôtres envers eux! J'unis ma tâche à la vôtre ! » Quel changement alors en toutes ses façons de penser! Plus de prédilection pour les plus riches ou les plus intelligents : ce sont les pauvres qui l'intéressent surtout désormais. En tous elle reconnaît les amis du Sauveur, le Sauveur lui-même. Aussi le temps consacré à les instruire est-il bien réglé et minutieusement employé : « Jésus me voit, songe- t-elle, et je veux lui faire plaisir! » Vous êtes sur le point de vous emporter : « Seigneur, accordez-moi de la patience! Il vous en a tant fallu déjà envers moi ! Si vous vouliez me traiter selon mes fautes, vous auriez tout lieu de me châtier sévèrement. Seigneur, donnez-moi un peu de douceur ! » Voici maintenant une impression d'antipathie : « En voilà assez ! » On ne parle jamais ainsi quand on est uni à Dieu. Et tout ceci vaut aussi bien pour la soeur infirmière et pour la buandière. Jésus n'a-t-il pas travaillé ? N'a-t-il pas peiné au métier de charpentier ? Unissons-nous encore à lui par le sacrifice et la souffrance. Il n'y a pas de douleur physique ou morale qu'il n'ait endurée. On vous juge mal, on vous malmène... Et lui, n'a-t-il pas subi le mépris ? On vous délaisse... N'a-t-il pas connu l'abandon ?On vous calomnie... N'a-t-il pas été calomnié aussi? On vous accuse à tort, vous êtes affligées... Pareille chose ne lui est-elle pas arrivée également ? — Non, il n'est point chose une souffrance morale dont il n'a fait l 'expérience. Si, le soir les inquiétudes et les soucis vous empêchent de dormir, allez-vous vous égarer dans des rêves impossibles ? Non; unissez-vous immédiatement en esprit au Sauveur; pensez aux nuits qu'il passait autrefois à prier. « Mon Sauveur, j'unis mes insomnies forcées à vos veilles volontaires. Je vous le demande, laissez-moi prier avec vous! » Il ne vous en coûte pas alors de rester deux ou trois heures sans dormir; vous récitez votre chapelet et vous ne vous ennuyez plus. La pratique vaut toujours mieux que la théorie : essayez donc! Peut-être est-ce la souffrance qui vous prive de sommeil. Rappelez-vous la nuit terrible du Sauveur en prison, du Jeudi au Vendredi Saints; unissez vos douleurs aux siennes. Voilà le moyen d'enrichir notre vie. Quel regret de n'y songer que trop tard! Que serions-nous, encore une fois, si nous faisions ainsi depuis vingt ou trente ans ? ù
C'est la constance de nos relations avec le Sauveur qui lui permet de se faire comprendre de nous. Le zèle excessif du travail lui ferme l'accès de votre coeur; mais si vous lui demeurez unies, sans cesse vous l'entendez vous parler : « Ceci, tu aurais dû le mieux faire. Tu devrais être plus appliquée, plus réservée... En telle circonstance, le silence aurait mieux valu; avais-tu besoin de parler ? Fallait-il aussi montrer ta mauvaise humeur ? N'aurais-tu pas pu retenir ta langue ? » Même hors du couvent, il nous est encore possible de pratiquer l'union à Dieu. Quelqu'un vous insulte. Au lieu de lui rendre la monnaie de sa pièce, tout au plus lui direz-vous : « Vous auriez pu trouver un mot plus aimable! » Si nous ne vivons pas unies à Dieu, les heurts se multiplient fatalement et les fautes aussi. Soyez-le au contraire, et vous n'agirez plus du tout de la même façon avec ceux qui vous entourent. Essayez seulement quinze jours, et vous serez totalement changées. C'est notre recueillement intérieur qui permet à Dieu de nous parler et à nous de l'entendre. Faute de quoi, on ne peut progresser, comme il arrive à tant d'âmes. Notre grand mal, c'est l'éternelle dissipation de l'esprit. Vivez donc dans le recueillement, sinon que pourra faire Dieu ? Il ne nous fait pas violence. Pour que sa grâce opère en nous, sachons la recevoir avec reconnaissance. Êtes-vous recueillies ? Posez-vous donc bien cette question avant d'aller à confesse. Si vous constatez que non, inutile de m'en dire plus : je me fais fort de vous énumérer toutes vos fautes; il me suffit de savoir mon catéchisme pour toutes les connaître. Le recueillement est à la base de tout progrès spirituel.
Quiconque ne part pas de ce principe reste nécessairement sur place, à moins qu'il ne recule! Vous tombez dans l'indolence, dans le découragement, et les âmes à la foi faible qui vous entourent se figurent que Dieu est en faute, que la grâce ne sert à rien... Avec ou sans l'aide de votre confesseur, examinez-vous bien! |
3. Facilité de cet exercice. Courage! |
Mais, me diront certaines, c'est bien difficile! — Non. Évidemment comme toujours la maîtrise ne s 'acquiert qu'au prix de longs efforts; mais il s'agit dans la circonstance d'un travail véritablement méritoire et rétribué.
Comprenons l'état lamentable de ces personnes à la vue mal exercée qui, le soir, ne découvrent jamais rien durant leur examen de conscience. C'est à peine si elles s'accusent à confesse sans repentir d'ailleurs de quelques petites distractions dans leurs prières.
Ceci ne peut arriver aux âmes intérieures. Le samedi, jour de confession, un quart d'heure ne peut leur suffire pour l'examen de leur conscience tant elles y découvrent de choses. Plus vous vous examinerez à fond, et plus vous découvrirez de mal en vous, plus vous vous reconnaîtrez coupables, et plus enfin vous acquerrez d'humilité.
Autrefois bien des choses m'échappaient dont je me rends compte actuellement. Pourquoi ? Parce que Jésus me les fait remarquer. Et pourquoi me les fait-il remarquer ? Parce que je lui suis toujours unie.
Autrefois je lui étais à demi étrangère. Il était le Seigneur et le Juge devant qui je tremblais. En mettant les choses au mieux, il était pour moi le Fils de Dieu assis à la droite du Père, mais rien de plus, au lieu d'être mon ami, mon guide, mon conseiller, mon consolateur. De là, l'insuffisance de mon amour pour lui, de là, mon attitude timide et tremblante devant lui. Dans ces conditions, on le craint plus qu'on ne l'aime; si on évite le péché grave, c'est par peur de l'enfer; mais accomplir quelque chose par amour pour Jésus ? Non.
Il est si beau cet idéal dont je vous parle que votre coeur doit en exulter de bonheur. Chacune de vous peut donc être amie, disciple, apôtre du Christ! Quelle révélation pour toute âme droite, profonde, limpide et loyale !
Rendez-en grâces à Dieu, et allez-y de tout cœur ! Désormais changez totalement d'attitude envers Dieu! Quoi qu'il arrive, que ce ne soit plus la crainte, mais l'amour qui l'emporte en votre âme ! « Je suis fermement résolue à ne point retomber dans les infidélités passées, ô mon Sauveur ! Non, vous ne les retrouverez plus en moi ! » Parlez ainsi désormais. « Si seulement, pensiez- vous autrefois, si seulement vous n'étiez pas si sévère, je commettrais le péché... » Vous agissiez en esclaves, vous ne « serviez » pas.
Vivez désormais de cette vérité et enseignez-la. Des centaines et des milliers d'autres en sont avides. Témoignez votre reconnaissance à Dieu en faisant profiter les autres du secret qu'il vous a révélé, en en instruisant même les enfants. C'est une grande chose d'amener une âme à Dieu. Peut-il vous être indifférent que des hommes, que des fidèles de bonne volonté, se roulent dans la poussière ou qu'ils se redressent allègrement au service du Christ ? Du moindre pas qui les rapproche de Dieu vous serez récompensées par un degré plus élevé de gloire, éternellement.
En tout et toujours, la gloire de Dieu! « Mon Dieu! pour l'amour de vous ! C'est mon unique devise ici-bas ! » |
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