Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

 

Signez mon livre d'or Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens. 

DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?



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Titre de la série :
Religieuse de toute son âme
Titre de la page:

La piété aimable

Nom de l'auteur:
Mgr Joseph Gross Tarduit par l' abbé-L. Brevet

XXIX

1. Soyons aimables envers tous, sans exceptions.

La vraie piété doit être aimable. La vraie. J'insiste sur le mot. Sans cette qualité, notre dévotion n'est qu'une piété de mauvais aloi.

Précisons.

Nous devons avoir des sentiments bienveillants pour tous, pour ceux-là mêmes qui nous sont indifférents sinon hostiles.

Tout d'abord pour les personnes qui nous entourent, pour nos sœurs.

Nous ne sommes pas obligées d'aimer également tout le monde, pour la bonne raison que c'est impossible.

Néanmoins notre affection doit s'étendre à tous. Plus ou moins, soit, mais ne nous contentons jamais d'être simplement correctes; non, aimons d'une affection véritable.

Même nos inférieurs. Nous avons le devoir d'admettre intégralement tout ce que la foi nous enseigne, y compris donc ce que nous prescrit implicitement le quatrième commandement au sujet des domestiques. Nos domestiques ne sont pas seulement des forces à notre service, des êtres envers lesquels on est entièrement quitte, leur salaire payé. C'est du point de vue chrétien qu'il faut les considérer.

Parmi tant d'autres souvenirs, laissez-moi vous rappeler cette anecdote authentique. La princesse Louise avait une femme de chambre qu'elle menait plutôt assez rudement d'ordinaire. Celle-ci s'y prenant un jour d'une main assez lourde pour la coiffer : « N'oubliez pas, s'écria-t-elle, que je suis la fille du roi ». « Très bien, riposta la servante, mais n'oubliez pas non plus que je suis l'enfant de votre Dieu ». « Vous avez raison, répondit la princesse, et je vous demande pardon ».

2. La piété aimable ignore la mauvaise humeur et les propos malveillants.

Je me permets de vous signaler un défaut auquel les femmes sont plus portées que les hommes. Ne soyez pas variables comme le temps, comme le ciel bleu et limpide un jour, froid et maussade le lendemain. Ne faites supporter à personne vos caprices de tempérament. De quel droit vous le permettriez-vous ? Vous vous sentez d'humeur sombre dès le matin; soit, mais c'est à vous de l'éclaircir. Quelque chose vous agace ? Pensez au Sauveur qui vous regarde, qui vous voit, qui vous entend.

La piété aimable dont je vous parle en ce moment, en quoi consiste-t-elle, comment se manifeste-t-elle ? Si vous êtes mal disposées, n'en laissez rien paraître. Mais, j'ai des ennemis, me direz-vous.

Est-ce bien certain ? En réalité, si même nous en avons, ils sont bien peu nombreux. Ceux qui nous déplaisent, qui nous malmènent, qui nous « noircissent », n'en sont pas nécessairement. Sachons oublier tout ce qui nous arrive, tous les propos malveillants dont nous sommes victimes. Pour nous servir d'une comparaison, procédons comme les chercheurs d'or du Mexique : passons au crible le sable pour en retenir le métal précieux; en d'autres termes, pensons au bien que les autres nous ont fait aussi.

A quoi bon d'ailleurs nous tracasser l'esprit pour si peu ? Nous ne pouvons juger que d'après l'extérieur. Reconnaissons en toute équité combien des opinions fondées sur de simples apparences sont insignifiantes. Pourquoi alors nous inquiéter des jugements portés à la légère sur nous ? Pourquoi nous en tourmenter ? Un jour, on vous traite d'imbécile, le lendemain, on vante votre intelligence. Qu'il est donc ridicule de se formaliser des paroles humaines ! Le Seigneur se détourne des coeurs aigris : « Bienheureux les pacifiques ! Bienheureux les miséricordieux! Bienheureux ceux qui sont doux ! » (Matth., y). Ne nous arrêtons pas à des niaiseries.

Je ne puis songer à vous tracer le tableau complet de l'aimable piété : ceci m'entraînerait beaucoup trop loin. « Ils vivaient tous deux en paix », est-il dit de Zacharie et d'Élisabeth dans la Sainte Écriture (Luc, r, 6). Sine querela, sans disputes. L'expression est magnifique. Comment parvient-on à entretenir cette paix, cette charité, cette harmonie ? Par un peu de condescendance mutuelle. N'oublions pas d'ailleurs que nos procédés à l'égard du prochain sont un indice certain de notre piété.

Les propos malveillants, autre défaut à éviter.

Que faut-il entendre par ce mot ?

Tout d'abord la critique hostile.

Ah! si nous pouvions radiographier ce défaut, qu'y découvririons-nous ? Extérieurement on est aimable, mais à peine s'est-on séparé : « Dieu merci! la voilà partie! » La critique est un réel défaut. Examinez-la à fond, il s'y cache toujours un peu de vanité.

« Rien de nouveau sous le soleil », dit la Sainte Écriture (Eccl., i , Io). Tout a eu lieu déjà. La simple connaissance d'un fait, directement ou indirectement appris, n'est pas un péché, mais le mal existe dès qu'on se mêle de critiquer et de blâmer les intentions. Il nous est permis de constater, mais pas de juger.

3. La piété aimable est indulgente, patiente et silencieuse.

Deux hauts fonctionnaires, assez loin d'ici, entrèrent un jour en conflit. Comme la querelle se prolongeait, que ni l'un ni l'autre n'entendait céder, un de leurs supérieurs se décida à intervenir carrément dans l'affaire.

Il arrive un jour à l'improviste chez l'un des deux adversaires évidemment très flatté de cette visite. « Mon cher monsieur, puisque vous êtes si heureux de me voir, voulez-vous me faire plaisir ?

— Comment donc !

— Alors, sortons, et venez serrer cordialement la main de monsieur X... » Cela fait, l'aventure fut terminée.

Lorsqu'une petite difficulté survient parmi vous, trouvez donc, le moyen, dans les dix minutes qui suivent, de vous dire un petit mot aimable et tout sera immédiatement oublié.

Parmi toutes les contrariétés et les misères de la vie, l'amabilité est une vertu difficile à pratiquer, mais nécessaire pourtant à qui veut vivre uni à Dieu. Nous avons tant à souffrir que cela explique nos multiples défauts. On nous excuse en raison de notre santé; mais Dieu fait-il de même, je l'ignore. La vraie piété exige que, malgré tout, nous demeurions toujours calmes, souriants et aimables.

Pouvez-vous vous pencher sur le lit de souffrances d'une sainte malade sans une profonde émotion ? Il me souvient d'une pauvre cancéreuse que j'avais souvent l'occasion d'aller visiter. Dissimulant ses souffrances, elle n'en parlait jamais. Bien plus, elle supportait tout de bonne humeur. Ses insomnies qui duraient depuis plusieurs semaines devaient se prolonger pendant quatre mois. Jamais une plainte cependant. « Comment vous portez-vous ? » lui demandaient parfois ses enfants. « Toujours mieux que je ne le mérite », répondait-elle. Puis, détournant adroitement la conversation, elle interrogeait sa fille sur ses soucis de maman. Ame d'une trempe admirable, son seul souci était de répandre le bonheur.

Cette magnanimité, cet héroïsme, oeuvre de la grâce de Dieu, la vie de Marie, notre Reine et notre Mère du ciel, nous en offre un sublime exemple. Parcourez-en les diverses phases. A-t-on jamais vu la Très Sainte Vierge l'esprit chagrin, s'abandonnant à la tristesse ? Quel était pourtant le dénuement de cette royale princesse issue d'une lignée appauvrie !

A-t-elle jamais manifesté quelque dédain pour autrui, du mépris pour un indigent, quelque fierté de son origine ou quelque mécontentement de son humble condition ?

L'a-t-on jamais entendue se plaindre des procédés des hommes envers elle et son divin Fils ?

S'est-elle jamais lassée de secourir les pauvres ? Pauvre elle-même, elle supplie le Sauveur d'avoir pitié de la détresse des autres. « Ils n'ont plus de vin » (Jean, II, 3).

Elle ne se refuse pas aux plus modestes travaux. Imaginez l'abandon de sa maison et de son petit coin de terre à son retour d'Égypte ! Que de travail pour tout remettre en état ! A quoi ne lui fallut-il pas mettre la main ? De quelle besogne a-t-elle pu rougir ?

A-t-elle jamais laissé soupçonner l'importunité d'une visite ?

Voici la dernière phase de la vie de son divin Fils. Durant le cours de ses pérégrinations apostoliques quelle solitude pour elle à la maison! Elle n'assiste pas à ses triomphes, mais nous la voyons toujours près de lui aux heures d'humiliations. Le Vendredi Saint, qu'a-t-elle vu, qu'a-t-elle entendu, qu'a-t-elle souffert! Elle lui reste fidèlement unie jusqu'à son dernier soupir.

Notre Mère du ciel est pour nous le modèle de l'aimable piété. C'est seulement en son jardin que fleurit cette vertu, inaltérable, inépuisable.

On pratique l'amabilité jusqu'à un certain point, puis on se fatigue. Il importe pourtant de ne jamais se lasser. Comment ? Nous l'apprenons à l'école du Sauveur.

Pour aller à Jésus, allons par Marie. Volontiers nous nous adressons à elle, car son humanité ne nous effraie pas par sa rigueur et sa justice.

Notre situation à l'égard du Sauveur est telle que tout ce que nous possédons nous l'obtenons par sa grâce. L'amabilité s'acquiert par l'effort et la prière. Armez-vous en donc, et personne ne pourra vous nuire.

La paix du coeur

XXX

1. La paix du coeur par la pratique des petites vertus.

Une vertu fort nécessaire dans la vie religieuse, c'est la magnanimité envers Dieu, envers nous-mêmes, envers notre prochain, et plus particulièrement envers nos soeurs. D'où vient, au contraire, cette étroitesse d'esprit qu'on y observe si souvent ? Énigme manifeste dont j'ai voulu chercher la solution.

Les gens du monde, de même que nous autres prêtres, la vie se charge de nous former. Elle nous contraint à la pratique de certaines vertus; il faut bien que nous arrivions à nous montrer aimables, bien souvent il faut que nous sachions rire quand nous aurions plutôt envie de pleurer. Il faut que nous sachions accueillir avec patience et affabilité les personnes qui nous déplaisent et nous ennuient, que nous endurions bien des défauts qui nous portent sur les nerfs. A ce point de vue, il est incontestable que la pratique de la vie exige de nous bien des vertus.

Chez vous, dans le cercle restreint de la vie de communauté, Dieu ne tolère que des petits défauts pour vous faire pratiquer la magnanimité. En fait, on y trébuche souvent pour des bagatelles. On s'y querelle pour des riens, et voilà déjà la mésentente. C'est alors qu'il faut avoir du ressort.

Oui, mes enfants, ce sont ces vétilles qui montrent ce que l'on vaut. Tout va à souhait, aucune épreuve sur votre chemin, alors c'est parfait. Mais il faut pourtant bien que vous ayez quelque chose à offrir à Dieu. L'occasion vous en est fournie par la pratique des petites vertus. Il faut vous en contenter.

Vous n'êtes point appelées à accomplir de grands exploits. Pour vous la grande affaire, l'héroïcité consiste à être capables tous les jours et à toute heure de pratiquer sans cesse de petits actes de vertu sans jamais vous lasser.

Magnifique résultat si on en fait le total ! Et c'est précisément par la pratique de ces petites vertus envers Dieu, envers vous-mêmes et envers votre prochain qu'il vous est possible d'atteindre ce bien inestimable de la vie religieuse, la paix du coeur, cette paix qui fut annoncée par les anges dès que le Sauveur parut sur la terre : « Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté! » (Luc, II, 14).

2. La paix du coeur dans l'abandon à la Providence.

Qu'est-ce que la paix du cœur ?

Pas autre chose que l'abandon absolu, continuel et inlassable à Dieu.

Avant tout, ayez une foi très vive en la divine Providence.

Si vous êtes nées de tels parents, par exemple, c'est, dites-le vous bien, parce que Dieu l'a voulu. Vos années de jeunesse, les tentations que vous avez subies, les péchés que vous avez commis, le lieu où vous vous trouvez; les personnes qui vous y entourent, les défauts dont vous souffrez, les croix qui vous arrivent, la présence ou l'absence en vous de telles ou telles qualités,voyez en tout cela la volonté divine qui a tout décidé pour le mieux.

Cette ferme conviction fera immédiatement disparaître de votre coeur tout mécontentement et tout dépit. Sachant que Dieu le veut ainsi, il n'est plus de sentiment de jalousie et d'injustice possible en votre âme.

Oui, mes enfants, méditez souvent sur cette vérité, vous y trouverez le moyen de parvenir à la paix. Mais il faut que tout, absolument tout dans votre vie repose sur le fondement inébranlable de la Providence. Soyez fermement résolues d'éviter tout péché, jusqu'au moindre péché véniel délibéré, d'être constamment dociles et fidèles à Dieu, de ne rien lui refuser de ce qu'il vous inspire intérieurement, et votre âme goûtera un calme et une paix jusque-là insoupçonnés.

Mais pour cela il vous est également nécessaire de recourir aux lumières d'un sage directeur.

D'un directeur, dis-je, et non d'un confesseur, ce qui n'est pas la même chose. A son directeur, en effet, on ne se contente pas d'avouer ses fautes, on lui découvre tout son intérieur, on lui révèle toutes ses tendances et inclinations. Notre directeur doit nous connaître mieux que ses poches

3. La, paix du coeur possible malgré nos indispositions et nos faiblesses

La paix du coeur est nettement distincte de l'impression de paix. Celle-ci, vous ne l'avez pas toujours; souvent elle n'est qu'une affaire de dispositions mentales, psychiques ou corporelles. Il en est exactement comme dans la nature : souvent un nuage y traverse le ciel le plus limpide.

Cette paix est néanmoins manifeste à l'âme recueillie; l'âme est satisfaite de tout, elle n'a jamais un mot de mécontentement. Oui, quiconque l'a acquise, cette paix, n'éprouve aucun dégoût, aucune lassitude malgré l'uniformité de la vie, et la vie de communauté est certainement monotone. Voilà le grand bien de la paix de l'âme : ne jamais ressentir le dégoût habituel. Cette paix, rien ne nous la ravit. Ce qui est derrière nous appartient à Dieu. Nous n'avons pas à nous inquiéter de l'avenir, à nous demander combien de temps durera notre genre d'existence actuel. Resterons-nous vingt ans, trente ans, toute notre vie, à faire la classe ou à soigner les malades ? Pareille question ne nous vient même pas à l'esprit. Nos fautes elles-mêmes ne nous troublent pas. Aucunement. « Mais j'ai toujours les mêmes défauts, me direz-vous. Cette paix, non, je n'y puis songer ».

Qu'en savez-vous ?

Êtes-vous dans les secrets de la Providence ? Ne cherchez pas à savoir si vous êtes agréables à Dieu. Ce qu'il accomplit en votre âme et en votre coeur, il ne veut point vous le faire connaître. Peut-être vous le permettra-t-il lorsque vous aurez assez d'humilité. Quoi qu'il en soit, soyez magnanimes : luttez, luttez ! Nous ne serons pas jugés à l'heure de la mort sur les résultats obtenus, mais sur la façon dont nous aurons combattu.

Malgré le grand nombre de leurs fautes, bien des âmes, parce qu'elles auront sérieusement travaillé à vaincre la violence de leur tempérament, bien des âmes seront jugées avec plus d'indulgence que certaines autres qui auront moins eu à lutter. Si Dieu vous a donné un tempérament de feu, soyez courageuses contre vous-mêmes, résistez, et abandonnez le reste à la Providence. On ne se corrige pas comme on veut. Dieu seul peut améliorer une âme, et lui seul le fait.

Reconnaissons-le pourtant : nous arrivons à quelque chose, nous ne commettons pas toujours des péchés.

Considérez l'abîme d'iniquité qu'est le coeur humain. Si nous parvenons à lui apprendre à ce coeur si fortement attaché à la terre et au mal, si nous parvenons à lui apprendre à dédaigner les richesses, les honneurs, la considération, la jouissance et le plaisir, c'est bien un résultat appréciable !

Examinez votre coeur en présence du Saint-Sacrement, et vous aurez la consolation de constater que tant de prières et de communions lui ont été profitables. Le simple fait, si vous en êtes maintenant capables, de vous arracher au charme d'une captivante conversation pour vous rendre à la chapelle, quel changement !

Et enfin, s'il vous arrive un jour de tomber dans une faute grave, faites alors un bon acte d'humilité. « Que serais-je donc, ô mon Dieu, si je ne portais pas le voile, que serais-je sans toutes mes prières et toutes mes communions ! Quel monceau de péchés ! »

Le Resto de mon fils
François Christiaenssens

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