Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

 

Signez mon livre d'or Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens. 

DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?



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Titre de la série :
Religieuse de toute son âme
Titre de la page:

L'exemple des saints. Leur rôle envers nous;

Nom de l'auteur:
Mgr Joseph Gross Tarduit   par l' abbé-L. Brevet

XXI

Qu'est-ce qu'un saint ?

Évidemment, vous vous êtes bien souvent posé cette question. Un saint est une image vivante de la perfection chrétienne.

Quand serons-nous des saints ? Ceci dépend de notre ressemblance avec le Christ, de la mesure de grâce qui nous a été accordée en partage, et de notre coopération.

Les saints sont un apanage de l'Église catholique. On trouve assurément dans les autres religions des âmes nobles, généreuses et désintéressées, mais pas de saints. Les saints sont un apanage de notre sainte Église, une preuve de sa divinité.

1. Regard vers le ciel des élus.

L'apocalypse nous décrit la sublime vision de saint Jean à Patmos « je vis une immense foule que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute langue. Ils étaient debout devant le trône et devant l'Agneau, vêtus de robes blanches et tenant des palmes à la main » (viii, 9).

Donnons libre cours à notre imagination. Représentons-nous l'innombrable foule devant le trône de Dieu.

Quelle diversité la nature ne nous révèle-t-elle pas déjà sur la terre ! Que dire alors de celle du monde des esprits !

Troupes innombrables des vierges victorieuses de toutes les épreuves, des confesseurs, des prêtres, des évêques et des papes ! Vainqueurs de tout, « ils accompagnent l'Agneau partout où il va ». Les martyrs ont donné leur sang. Ils tenaient leur vie pour rien, et ils l'ont sacrifiée au Christ par amour. Mille fois, ils la lui auraient donnée s'ils l'avaient pu.

Sur le trône nous voyons Jésus, le Roi du ciel et de la terre.

Tout près, son auguste Mère, celle que nous pouvons aussi appeler la nôtre. Pourquoi est-elle si haut placée ? Parce qu'elle a reçu plus de grâces.

Qu'est-ce qui constitue le bonheur des élus ? Ils contemplent la face de Dieu; ils le voient directement comme je vous vois; ils le contemplent spirituellement.

Comment l'âme peut-elle voir sans le corps ? Nous sommes incapables de l'imaginer.

Nous connaîtrons tout directement, nous connaîtrons Dieu directement. Il inondera notre âme de sa lumière, et notre esprit en sera rempli.

S'il lui plaît, nous connaîtrons également tous les êtres qui nous sont chers sur la terre.

Quelle joie, quelle satisfaction, lorsque après de longs efforts, on arrive' enfin au terme d'une entreprise!

Quelle allégresse indescriptible donc lorsque nous aurons trouvé Dieu, lorsqu'il attirera notre âme à lui !

Tous ceux qui ont eu ici-bas le bonheur de contempler Dieu dans une vision ont été incapables d'en décrire la splendeur. Saint Paul fut « ravi au troisième ciel ». Voici tout ce qu'il a pu en dire : « Aucun oeil n'a vu, aucune oreille n'a entendu, et il n'est monté au coeur d'aucun homme, ce que Dieu a préparé à ceux qu'il aime » (I Cor., ii , 9).

Remplie de l'indicible beauté de Dieu, l'âme jouit de la paisible possession du bonheur céleste. Bonheur inaltérable ! Au ciel, aucune déception, aucun trouble. Les égarements mêmes d'un être aimé ne sauraient nous affliger. Plus de larmes !

Dans la joie de contempler Dieu, nous le remer­ cierons de tout notre coeur, nous le louerons, nous le glorifierons ! Et combien de temps ? Éternellement.

Éternellement... qu'est-ce à dire ?

Les accumulations les plus fantastiques de chiffres ne peuvent nous donner idée de ce qu'est l'éternité.

La cathédrale Saint-Pierre de Rome est un édifice immense, vous le savez. Imaginez les millions, les billions et les trillions d'années qu'il faudrait à un oiseau pour le remplir en y apportant tous les jours un petit grain de sable ! Les damnés de l'enfer exulteraient de joie dans leurs flammes si leur effrayante captivité pouvait cesser après un pareil nombre de siècles, mais elle ne finira jamais.

Éternité du ciel ! Le ciel non plus ne finira jamais, nous le savons.

Et nous pouvons mériter cela ?

Oui.

Ceux qui s'aiment ne voudraient jamais se quitter. Si l'affection terrestre réclame cette union, combien plus l'affection spirituelle !

Au ciel, il n'y aura plus de séparation. Si les élus savaient que le bonheur de posséder Dieu devait finir un jour, il n'y aurait plus de ciel : le ciel cesserait d'être à l'instant.

Méditons attentivement sur tout cela. Si nous y pensions sérieusement nous ne pourrions plus pécher. Le mal vient toujours de notre incorrigible légèreté d'esprit.

2. Quand et comment on se sanctifie.

Pour nous parler ainsi, pensez-vous sans doute, vous devriez être un saint vous-même.

Non, je ne le suis pas, mais j'ai appris comment on le devient. Un médecin est capable de prescrire des remèdes à ses clients sans avoir eu leur maladie : il a étudié. J'ai fait de même : j'ai étudié de quelle manière on se sanctifie.

Imitez le Sauveur.

Quand et où ?

Dans le lieu qui vous a été désigné par la volonté de vos supérieurs.

Avant de quitter ses apôtres, le Sauveur s'adressant à Pierre lui dit : « En vérité, en vérité, je te le dis, lorsque tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même , et tu allais où tu voulais; mais lorsque tu seras vieux, tu étendras les mains et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas... Suis-moi ». Pierre, apercevant Jean, demanda alors au Sauveur : « Et celui-ci que deviendra-t-il ? » Et Jésus répondit : « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ? » (Jean, xxi, 18).

Gardons-nous de gaspiller ce qui nous a été confié. Travaillons selon nos moyens. Nos talents nous suffisent; si nous en avions davantage, nous ferions fausse route en tombant dans un insupportable orgueil.

Toutes les circonstances de notre vie nous sont bonnes : elles viennent de Dieu et Dieu ne fait que le nécessaire.

Tout ce qui nous arrive, maladies, épreuves, souffrances, tout cela nous est nécessaire.

Avec cette conviction nous ne pouvons pas n'être pas satisfaits. Les blessures qui atteignent profondément notre âme n'en altèrent pas la paix. C'est ainsi que nous devrions toujours penser et vivre.

Où nous sanctifierons-nous ?

Là où nous sommes, pourvu que nous tendions constamment vers Jésus-Christ en pratiquant les vertus de notre état et en faisant tout pour l'amour de Dieu.

La vie des saints nous révèle autre chose qu'une suite d'actions d'éclat; ils eurent bien des épreuves à subir. Rappelez-vous l'exemple de saint Paul !

Sainte Catherine de Sienne avait l'imagination tourmentée de mauvaises pensées. « Seigneur, demandait-elle un jour après une violente tentation, où étiez-vous tandis que je luttais si péniblement ? » — « Avec toi, mon enfant, répondit Dieu, au milieu de ton coeur; autrement, la chose aurait mal tourné ».

3. Qu'ont fait les saints?

L'amour de Dieu facilite infiniment l'oeuvre de notre sanctification. Qu'y a-t-il qu'on ne puisse faire quand on aime Dieu! Rien.

Qu'est-ce qu'ont fait les saints ?

Tout simplement leurs besognes ordinaires, mais bien. Ils étaient hommes comme nous; ils eurent des difficultés, des combats et des luttes comme nous, mais ils étaient plus résolus, plus généreux que nous avec un idéal de vie beaucoup plus profond.

Nous devons nous sanctifier ici-bas ou au Purgatoire en dépit de toutes les difficultés. « Il faut que je devienne une sainte ! répétez-vous cela lorsque vous sentez votre courage défaillir. Il faut que je sois une sainte ! Ce que ceux-ci ou celles-ci ont fait, pourquoi ne le ferais-je pas ? »

La mesure de la grâce est la mesure de la sainteté que nous devons atteindre. Si, pour ne citer qu'un exemple, si saint Vincent de Paul est parvenu à un degré de gloire si élevé, c'est qu'il eut de plus grandes grâces, plus de responsabilité, plus de sacrifices à accomplir.

Ce serait une illusion de croire que les saints n'ont jamais succombé, jamais lutté. Beaucoup vécurent longtemps dans le péché, comme saint Augustin. Mais ce serait une autre illusion de nous exagérer l'importance de nos mérites, et de nous attribuer ce qui est l'oeuvre de la grâce, donc de Dieu et de Dieu seul.

N'aimons que Dieu, aimons-le par-dessus tout, et ainsi nous nous sanctifierons. Nous en sommes capables. Suivons l'exemple de Marie-Madeleine.

Saint Paul encore se rendait témoignage d'avoir travaillé plus que tous les autres apôtres; tant de labeurs auraient pourtant été vains s'ils n'avaient été inspirés par l'amour de Dieu.

4. Objections.

« Je voudrais bien, me dites-vous, mais c'est inutile : je perds ma peine ! »

Vous avez tort. Est-ce rien d'éviter, avec la grâce de Dieu, de grosses fautes ? Notre sanctification ne dépend pas de nous seuls, de notre volonté, mais et avant tout de la grâce. Avec la grâce nous pouvons atteindre un degré très précis de perfection; le degré de notre sanctification ne dépendra donc pas seulement de notre volonté mais de la grâce. Ajoutons que notre sanctification n'est pas l'oeuvre de quelques années; c'est la tâche de toute notre vie et cette tâche ne finira qu'avec elle.

« J'ai beau vieillir, me dites-vous encore, je ne suis jamais plus avancée ».

Dieu, dans son infinie bonté, ne vous jugera pas d'après vos résultats, mais d'après vos efforts. « Mon doux Sauveur, pourrez-vous lui dire tranquillement à l'heure de la mort, on m'a appris autrefois que vous me jugeriez d'après ce que j'aurais essayé de faire; je me suis fiée à cela. Tous les jours j'ai lutté ! » Et Dieu vous dira : « Oui, c'est de ta bonne volonté et non de tes succès que je te demande compte ».

Dites-lui souvent : « Je suis capable de tous les péchés à l'occasion. Mais je ne dois faire et je ne veux qu'une chose : vous aimer et vous servir! »

Si vous êtes dans ces dispositions, que votre âme soit en paix ! Dieu, sans qu'elle le sache, la transforme. Mieux que personne il a la méthode. Il vous cache tout parce que, si vous connaissiez le secret de la grâce en vous, vous en tireriez vanité. Quand donc en aurez-vous conscience ? A votre dernière heure ou jamais ici-bas ? Ah ! si vous aviez assez d'humilité pour le savoir sans tomber!

« Quand on n'a pas été éprouvé, que sait-on ? » dit la Sainte Écriture (Eccl., xxxiv, 9). Personnellement j'ai l'impression que toute ma vie n'est qu'un unique péché.

J'ai reçu les aveux tremblants de centaines et de centaines de grands pécheurs. Souvent je leur disais «Si je vous avais prédit qu'un jour vous feriez tel péché, que m'auriez-vous répondu ? Non, jamais je ne voudrais! Voyez, notre grand mal, c'est l'orgueil, c'est lui qui vous a conduit là! »

« Dieu résiste aux orgueilleux », dit saint Pierre (I,v,5), et non aux impudiques. L'orgueilleux est un candidat de l'enfer. Les infortunes, les maladies, les deuils les plus cruels ne peuvent parvenir à le convertir.

Quel est le remède à l'orgueil ?

La connaissance de notre fragilité, la constatation quotidienne de nos misères. Mais c'est ce que redoute précisément l'orgueilleux. Ah! cet amour-propre! Nous succombons. Si Dieu ne nous retient pas, nous tombons dans des fautes sans nombre, et si ces fautes ne sont pas graves le mérite n'en est pas à nous. Tous les jours donc, un bon et sérieux examen de conscience! Les orgueilleux, eux, n'en veulent pas; il ne leur plaît guère de mesurer l'abîme de leur misère.

Madeleine fut une grande pécheresse, mais elle eut aussi un grand amour du Sauveur. Si je vous entends affirmer : « Mon Dieu, je vous aime ! », permettez-moi d'en douter un peu.

Vous pleurez et vous gémissez sur vos fautes : « Ah! que ne vous donnerais-je, ô mon Dieu! pour en effacer le souvenir ! » Mais je vous le répète : pas d'illusions ! Peut-être n'est-ce que l'amour-propre qui vous fait ainsi parler.

Lorsque vous tombez, relevez-vous avec beaucoup de repentir immédiatement et à toutes les fois. Dieu ne vous garde pas rancune. Ceux qui l'aiment, ce sont ceux qui lui sont redevables de quelque chose, et ce sont ceux-là aussi qui sont prêts à tous les sacrifices. Vous seriez moins affectueuse envers le Sauveur si vous n'aviez pas à implorer sa miséricorde.

D'où vient notre dépit, le soir, à la vue de nos fautes ? D'un pieux amour-propre.

Cet amour-propre s'immisce en tout; il nous survivra un quart d'heure après la mort. C'est l'intrigant qui cherche sans répit son bien partout; quand il ne peut y réussir, il envoie tout promener !... Il ne peut supporter que nous parlions à Dieu de notre misère, et implorions sa pitié. Nous constaterons, si nous nous examinons bien, que notre contrition est souvent en grande partie affaire de sensibilité.

Le dévot amour-propre, c'est le loup sous la peau de l'agneau.

5. L 'intercession des saints.

Quelle bonté de la part de Dieu de nous avoir procuré tant d'auxiliaires au ciel!

Quel est en effet le rôle des saints ? Dieu nous a confiés à la garde d'un ange qui accueille dans une coupe d'or nos supplications; les saints les portent devant le trône de l'Éternel, ils les transforment et prient Dieu de nous accorder tout ce qui nous est utile. Participant à la connaissance de Dieu, ils voient en lui ce qui nous est bon ou nuisible, et implorent pour nous ce qui nous convient et nous est nécessaire. Ainsi, sous une forme ou sous une autre, nous sommes toujours exaucés.

Dieu est bon. Quel bonheur d'avoir un si noble but à atteindre, et de nous savoir protégés par l'affection de tant de saints !

Le renoncement à toutes les choses d'ici-bas

XXII

1. Ne nous inquiétons pas trop de notre santé.

Comment arriverons-nous à accomplir de grands sacrifices pour le royaume de Dieu ? En nous détachant totalement des biens d'ici-bas pour ne plus agir que pour Dieu. Programme facile à rappeler, mais bien ardu à exécuter. Beaucoup arrivent encore à quitter leur père et leur mère, mais combien peu à se quitter eux-mêmes !

Nous faisons notre méditation tous les jours, une retraite tous les ans; nos confessions ne se comptent plus; nous allons à la communion chaque matin, et pourtant, pouvons-nous dire que nous appartenons entièrement à Dieu ?

Pourquoi hésitons-nous à nous quitter ? La pensée d'un simple inconvénient ou d'un risque léger pour notre santé nous fait reculer d'épouvante. Pourquoi cette appréhension si nous sommes totalement à Dieu ?

Les gens les plus pondérés sont toujours tentés de veiller exagérément sur eux-mêmes. Nous nous préoccupons trop de notre santé, et ce défaut se retrouve jusque chez les personnes les plus dévotes. Soyons plus raisonnables. Sous risquons plus de pécher pa r excès de précaution que par imprudence. « Oui, mes soeurs, disait un jour sainte Thérèse, nous nous soignons par persuasion; mais Dieu, hélas ! se charge bien de nous contraindre à le faire par toutes sortes de maladies ».

2. Surmontons nos inclinations naturelles.

Nous avons naturellement tendance à nous exalter. L'ambition nous y pousse. Lorsque nous nous prétendons de misérables pécheresses, sommes-nous bien sincères ? Si oui, comment expliquer nos mésententes, nos intransigeances à l'égard d'autrui ? Comment pouvons-nous nous prévaloir de notre ancienneté dans la maison, de tout ce que nous avons fait pour elle ? Pareils sentiments ne suffisent-ils pas à prouver l'insuffisance de notre détachement ? Une supérieure doit toujours se montrer très sévère sur ce point : sa tolérance devrait être considérée comme un châtiment divin pour la communauté.

Nous ne pouvons donc rien accorder à la nature ? Non, rien. Jésus nous le demande. Si nous agissons à l'encontre de nos inclinations, Dieu est assez puissant pour nous accorder en retour une paix et un bonheur tels que nous n'en avons jamais connu de semblables. Sans cet esprit d'immolation, impossible de nous rapprocher de Dieu. Dieu nous supporte, mais il ne nous accorde point son intimité.

Renonçons à toute complaisance désordonnée envers la nature.

Après son départ de Nazareth, le Sauveur ne revient pas une seule fois en sa patrie. L'heure venue, il quitte définitivement sa Mère : la volonté de son Père l'emporte sur les revendications de la tendresse filiale. Plus tard, quand on lui annonce la visite de sa Mère : « Qui est ma mère, demande-t-il. Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma soeur, et ma mère » (Marc, IH, 36). Le Sauveur était certainement le meilleur des fils, mais pour lui la volonté de Dieu passait avant tout le reste.

3. Sachons vaincre notre orgueil et notre amour-propre.

Le Sauveur fut aussi l'ami le plus fidèle; néanmoins, il se dérobait toujours à ceux qui lui étaient chers dès que la volonté du Père le lui commandait. Remarquez comme il blâme l'empressement excessif de Marthe. Lorsque Marthe et Marie lui font connaître la mort de leur frère Lazare, il attend trois jours avant de répondre à leur appel.

Quel était son détachement! Jamais on ne le vit rechercher les honneurs et la gloire.

Notre amour-propre, au contraire, est toujours en quête de quelque satisfaction. L'amour-propre est comme un boulet qui entrave notre marche. Il se retrouve partout; nous avons toujours la préoccupation de nous faire valoir, d'attirer sur nous l'estime et l'attention. L'amour-propre est le grand obstacle à l'intimité avec Dieu.

La première condition pour combattre nos mauvaises inclinations et les surveiller attentivement est de les découvrir. Malgré toute sa puissance Dieu ne peut rien faire d'une âme infatuée d'elle-même. Il ne peut briser notre libre volonté. Il ne peut non plus nous transformer en instruments utiles, si nous ne commençons par détruire notre amour-propre et nos mauvais penchants. Il ne connaît qu'un ennemi : l'orgueil et l'amour-propre. Toutes les autres passions, il les brise, mais pas celles-ci. Faute de les combattre, nous demeurons à cent lieues de lui.

« Apprenez de moi, dit-il...

•  Quoi donc ? A faire des miracles ?

•  Apprenez à devenir doux et humbles » (Matth., XI, 29).

Doux et humbles ! Tant que nous ne le serons pas, Dieu ne nous emploiera pas au salut des âmes. Si vous cherchez à vous attirer les enfants au lieu de les mener à lui, c'est peine perdue.

L'orgueil et la fierté n'ont jamais abouti à rien. On croit dominer le monde par ce moyen. Simple apparence de succès : seule l'humilité peut gagner et convertir le coeur de l'homme. « Dieu résiste aux orgueilleux » (I Pierre, v, 5).

Sachant cette vérité, veillons bien sur nous et concluons chaque matin un pacte avec le Seigneur. L'humilité nous rapproche de Dieu. Celui qui possède cette vertu se réjouit toujours de l'honneur qui revient à Dieu. Peu lui importe qu'on apprécie ses propres travaux, qu'on le blâme ou qu'on le félicite.

Cherchons uniquement la gloire de Dieu sans nous inquiéter des jugements d'autrui, des approbations ou des critiques. L'humilité est la vertu foncière indispensable à toute âme sincèrement désireuse de s'unir à Dieu.

Le Resto de mon fils
François Christiaenssens

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