Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de  Mgr Pierre André Fournier  et ami de ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

 

Signez mon livre d'or Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens. 

DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?



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Titre de la série :
Religieuse de toute son âme
Titre de la page:

L'ESPRIT DU SAUVEUR PUISÉ DIRECTEMENT DANS L'ÉVANGILE

Nom de l'auteur:
Mgr Joseph Gross Tarduit   par l' abbé-L. Brevet

L'ESPRIT DU SAUVEUR PUISÉ DIRECTEMENT   DANS L'ÉVANGILE
VII

Nous ne saurions jamais assez prendre au sérieu nos devoirs envers Dieu.
Je voudrais, en ce moment vous montrer comment on trouve l'esprit du Sauveu le Christ entier, dans la lecture de l'Évangile.

1. La correction fraternelle et le pardon.

«Si ton frère a péché contre toi, reprends-le » (Matth. XVIII, 15).

Cette pensée suffirait à nous occuper pendant une heure. Si quelqu'un pèche contre vous, il faut l'en reprendre. Ne pas le faire est une faute.Procédé pénible sans doute, mais nécessaire. La question d'intérêt est d'ailleurs hors de cause. La pratique de la correction fraternelle est un devoir, et un devoir seulement parce que telle est la volonté du Sauveur. Devoir de conscience à l'égard de nos proches, devoir de charité à l'égard des autres : dans les deux cas, la chose ne peut pas nous être indifférente. S'il se repent, ajoute Notre-Seigneur, alors pardonne-lui » (Luc, xvii, 3).

Pardonnons-lui entièrement et sans restriction. Si l e coupable nous exprime son regret septante fois sept fois, pardonnons-lui septante fois sept fois. Que chacun admette ce principe, et l'univers sera changé.

Septante fois sept fois, c'est-à-dire toujours. Une seule condition : le repentir du coupable. Cette condition supposée, le pardon est obligatoire.

•  Je lui pardonne, disent certains, mais Dieu saura bien le retrouver. » Autrement dit, nous consentons à oublier, mais pourvu que Dieu se charge de nous venger. Est-ce là un vrai pardon ?

•  Je pardonne, répète-t-on encore, mais je ne puis oublier! » Reconnaissez-vous en cette pensée l'esprit du Sauveur ? Non, aucune réserve. Il faut savoir pardonner intégralement et absolument.

2. L 'esprit de foi.

•  Augmentez notre foi », suppliaient un jour les apôtres, et Jésus leur répondit : « Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à ce mûrier : Déracine-toi, et transplante-toi dans la mer; et il vous obéirait » (Luc, xvri, 5-7).

Comment les apôtres sont-ils amenés à formuler cette demande ? Le Maître vient de leur imposer le grand commandement de la correction fraternelle, du pardon et de l'oubli des injures. Ils se gardent de murmurer : « C'est au-dessus de nos forces ! » — « Seigneur, augmentez notre foi ! » concluent-ils. Pensons de même. Nous avons la foi; avons-nous l'esprit de foi ? L'esprit de foi, qu'est-ce à dire ? Le voici. De quoi qu'il s'agisse, avant tout deman­ dons-nous ce qu'en pense Jésus. C'est à cette disposition habituelle que se reconnaît l'esprit de foi. Vous êtes, par exemple, en présence d'un despote, d'un meneur grandiloquent devant qui tout le monde s'incline... Qu'en pense le Sauveur ? C'est une autre personne qui mène la grande vie... Qu'en pense le Sauveur ?

Du premier au dernier instant de la journée, que ce soit la foi qui nous dirige! Si nous n'avions pas du tout la foi, nous ne ferions rien pour l'éternité. Pouvons- nous croire et faire si peu pour elle, sans nous rendre gravement coupables d'indifférence ?

3. L 'esprit de confiance.

« Tout ce que vous demanderez dans la prière, croyez que vous l'obtiendrez, et vous le verrez s'accomplir »

(Marc, XI, 24).

Comment expliquer alors, l'insuccès de nos prières pendant des années ? Quand un enfant de quatre ans vous demande une chose, il le fait sans la moindre incertitude. Et nous ? Nous prions, mais toujours avec un demi-doute sur les lèvres et une complète incertitude dans le coeur. Quelqu'un vient vous exprimer un désir. Vous remarquez qu'il doute de votre bonté; naturellement vous ne lui donnez rien. « Nous avons beau prier, nous ne sommes pas exaucés ! » C'est peut-être parce que notre demande est ridicule, ou que nous nous y prenons mal. Saint Marc raconte qu'un homme vint trouver le Sauveur en lui amenant son fils tourmenté par un esprit. « Maître, lui dit-il, voici mon fils qui est possédé par un esprit. Si vous y pouvez quelque chose, secourez-no us et ayez pitié de nous » (ix, 18). Jésus répondit : « Pouvez-vous croire ? » Ce qui signifiait : « J'userai de ma puissance selon la mesure de votre foi. Votre foi est-elle inébranlable ? Je le guérirai ». « Maître, je crois ! » s'écria l'homme en tombant à genoux, et, à l'instant même, Jésus guérit son fils.

Dieu se doit d'agir ainsi en raison de sa puissance et de son amour, et c'est la foi qui nous donne droit à son aide. La réponse du Sauveur équivalait en quelque sorte à ces paroles : « Avec la foi, demandez-moi même une faveur extraordinaire, et vous l'obtiendrez si elle vous est utile ». Une mère n'accorde pas n'importe quoi non plus à son bébé de trois ans. S'il réclame un couteau, malgré tous ses cris elle ne le lui donne pas.

4. L 'esprit d'humilité et de reconnaissance.

« Quand vous aurez fait ce qui vous est commandé, dites : nous sommes des serviteurs inutiles; nous avons fait ce que nous devions faire » (Luc, xvii, Io).

A quel défaut le Seigneur fait-il ici allusion ? Je suppose qu'il nous arrive de prolonger notre prière un peu plus que nous nous croyons obligées de le faire. La pensée nous vient facilement à l'esprit que Dieu doit nous en être reconnaissant. Nous nous imaginons lui avoir fait plaisir en entrant au couvent, par exemple. C'est du moins naturellement notre impression. Ou bien nous sommes heureuses de nous croire sans reproche, et de pouvoir nous présenter à lui en disant : « N'avez-vous point lieu d'être satisfait ? » Si nous ne nous exprimons pas absolument ainsi, c'est tout comme. Ce qui est exactement contraire à la recommandation de l'Évangile : « Et quand vous aurez tout fait, dites : nous sommes des serviteurs inutiles » (Luc, xvir, ro). Si vous adressez la parole à quelqu'un d'ordinaire, vous l'entendez se plaindre de son travail. A-t-il donc fait tout ce qu'il pouvait ? Il vous est toujours permis d'en douter. Personne n'a jamais réalisé tout son devoir. Nul n'est jamais entièrement quitte envers Dieu, et le temps pourrait toujours être mieux employé. Malgré tous les hauts témoignages d'estime qui nous viennent de ceux et celles qui nous entourent, soyons-en toujours convaincus : nous sommes des serviteurs et des servantes inutiles. Si un bel accès de ferveur nous fait rester deux heures agenouillées devant le tabernacle, pouvons-nous nous en arroger le mérite ? II y a autant et plus de personnes dans le monde qui s'efforcent de bien servir Dieu et qui vont au ciel sans vivre au cloître. Pourquoi ? Parce que Dieu ne leur en a pas donné la grâce. L'habit religieux, l'avons-nous pris de nous-mêmes ? Gardons-nous de le croire; c'est Dieu qui nous l'a imposé. Sans cela, nous ne nous serions pas rapprochées de lui. Ce n'est donc pas à lui de nous remercier; c'est à nous de lui exprimer notre reconnaissance maintenant et pendant toute l'éternité. Si nous sommes catholiques, c'est à lui que nous le devons. Toutes les grâces nous viennent de lui; tout notre fait est de n'en avoir pas suffisamment profité, et de ne pas avoir, par notre faute, beaucoup plus progres sé dans la perfection. L'abus et la méconnaissance de ses grâces, voilà nos beaux exploits ! Qui a pris soin d'éloigner de nous les obstacles qui nous auraient empêchés de devenir ce que nous sommes ? Dieu toujours. Les bonnes pensées qui nous traversent l'esprit, en sommes-nous les auteurs ? Notre tâche achevée, il nous reste toujours à en faire l'aveu : nous sommes des serviteurs et des servantes inutiles.

Merci donc, ô mon Dieu, de m'avoir permis de devenir prêtre. Merci, mon Dieu, de m'avoir permis de devenir religieuse, de m'avoir accordé la grâce d'être catholique, de me laisser vous approcher, de m'admettre à vous prier, de ne point vous détourner de moi ! D'autres ont moins péché; grâce à vous, j'ai pu me convertir et me relever. Grâce à vous, je vous prie, je reçois les sacrements. De tout cela, soyez mille fois remercié !

5. Conclusion pratique ; que ferait Jésus ?

Les précédents exemples vous ont montré comment on trouve l'esprit du Christ dans la Sainte Écriture. En face des sacrifices que sa loi nous impose, demandons-nous donc comment il aurait pensé, parlé, agi à notre place. Par ce moyen, même la feuille de contributions en main, la mère supérieure et la soeur économe sauront conserver leur calme. Il n'est rienqui, doive nous ravir la paix du coeur.

Plaçons tout sous la protection du Seigneur. En promenade, en classe, en récréation, peu importe, d emandons-nous ce que pense le Sauveur. S'il nous interdit une chose, s'il la condamne, obéissons-lui sans nous soucier du jugement des autres. Jésus veut qu e je ne fasse pas ainsi; non, j'y renonce ! « Pas cela! me dit-il, ce serait pour ton mal ! Méprise-le ! Abstiens-toi ! » Fût-ce au prix d'une immense satisfaction, m'en offrirait-on des châteaux, puisque tel est le bon plaisir de Dieu, entendu! L'affaire est réglée !

Malgré sa grande simplicité apparente, cette conformité à la volonté du Sauveur pour lui devenir semblable suppose un incessant combat, une permanente contrainte qui doit durer, souvenons-nous en, jusqu'à l'heure de la mort. Nous devons nous imprégner de l'esprit du Christ, nous efforcer d'avancer au moins d'un point tous les jours.

Comptons pour cela sur la grâce de Dieu. Abandonnée à moi-même, le découragement devrait me gagner; mais certaine que je suis du secours de la grâce, je reste sans inquiétude. Le déficit que je constate le soir, je l'annule dans le sang du Christ par ma confession hebdomadaire, et puis je recommence. La pensée de la mort ne m'effraie pas. Elle avance. Tous les jours je la vois plus proche de vingt-quatre heures. Mais c'est sans terreur que je l'accueillerai si je me suis efforcée de me pénétrer de l'esprit du Sauveur. Rassemblant tous mes péchés, je les confesserai; avec la grâce de Dieu, je m'en repentirai. Seigneur, lui dirai-je, malgré mes fautes, je ne suis point découragée, car vous m'avez interdit le désespoir. J'espère en votre miséricorde, car vous m'avez ordonné l'espérance. Je sais que vous savez tout. Vous savez donc quelles étaient mes intentions; mais, chez moi, le « pouvoir » n'a pas été à la hauteur du « vouloir ». Vous ne me jugerez pas d'après ce que j'ai accompli, mais d'après ce que j'ai voulu.

Appel du Pasteur

1. Les trois houlettes du Bon Pasteur.

Mes chères sœurs, vous connaissez toutes l'évangile du Bon Pasteur. De paraboles, je n'en connais point de plus touchante et qui nous révèle mieux la bonté compatissante du Sauveur pour nous. Quelle simplicité, et, en même temps, quelle noblesse et quelle grandeur!

Sans sacrifice l'amour n'est rien. Le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. Il n'hésite pas à parcourir le désert, à se déchirer les mains et les pieds parmi les ronces, pour retrouver la brebis fugitive. Il n'a pas de repos qu'il ne la ramène au bercail sur ses épaules. Pareil dévouement serait un témoignage d'amour suffisant de la part du Sauveur, mais, pour lui, c'est trop peu. Il demeure au tabernacle; il ne cesse de nous observer avec amour, même si nous ne nous en rendons pas compte, et de veiller sur nous. D'autre part, voici le mercenaire. Pourquoi reprochons-nous aux gens du monde leur manque absolu de sympathie pour nous ? Examinons-nous. Le mercenaire n'a guère souci de son bercail; il fait sa besogne vaille que vaille, mais son coeur n'y est pas. Tel est aussi le mercenaire sous l'habit religieux, et nous lui ressemblons souvent. Le Bon Pasteur veille sur chacun de nous en particulier. « Seigneur, n'êtes-vous pas fatigué de me poursuivre! » pourrions-nous lui dire en songeant à nos façons d'agir. Il essaie tous les moyens, la douceur, l'indulgence, l'affection, la miséricorde, la violence enfin quand tout le reste échoue, la violence inspirée par l'amour. Le Bon Pasteur, a-t-on dit, se sert de trois houlettes : celle de l'amendement, celle de l'épreuve et celle du châtiment, c'est-à-dire les peines, les tentations et les croix. De toute manière, Dieu nous amène à prendre conscience de notre néant, de notre impuissance, et à nous humilier. En même temps, il nous fait pour ainsi dire toucher du doigt la misère de nos péchés tant elle nous paraît tangible et profonde. Pour nous consoler, rappelons-nous le mot de la Sainte Écriture : « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom., VIII , z8). « Même nos péchés ! » ajoutesaint Augustin.

Il est vrai que de prime abord, dans la ferveur et l'exaltation des débuts de la vie spirituelle, alors que nous croyons avoir le don des larmes, nous nous imaginons qu'il n'est pas si difficile, somme toute, de devenir une bonne religieuse, et que nous aurons vite fait de gravir le sentier de la perfection. Il faudrait pour cela un miracle. Ce miracle, Dieu l'a accordé à saint Paul, à Marie l'Égyptienne, à Marie-Madeleine. Souvenons-nous que ce sont là des exceptions sur lesquelles nul n'a le droit de compter.

2. L 'oeuvre de notre sanctification exige nécessairement le sacrifice.

Le début est ardu, le progrès insensible, le résultat consolant.

Il en coûte de répandre la semence; la germination est lente, imperceptible, mais la tige finit par sortir. Le vieil homme est lent à disparaître. En changeant de costume vous n'avez pas changé de nature tant ses racines sont profondes et tenaces. Après avoir généreusement débuté et persévéré un bon nombre d'années, alors que vous n'avez plus, vous semble-t-il, qu'à remercier Dieu avec une tranquille assurance, voici soudain une passion qui s'éveille, et, du premier coup, tout votre beau château de cartes qui s'effondre! « Seigneur, comment se peut-il! » vous écriez-vous alors consternées. Oui, vous ne connaissiez pas votre misère; vous présumiez de vos forces. Notre sanctification exige du temps, de la patience, de la peine durant toute la vie. Un mot d'encouragement nous est souvent très utile pour nous préserver de la lassitude ou de l'illusion. Comme le remarque saint François de Sales, certaines personnes se plaignent des nombreuses défaillances qui se glissent dans leur vie, bien qu'elles conservent le désir de la perfection et du pur amour de Dieu. Il est nécessaire, conclut-il, de savoir se supporter soi-même. « Nous nous amusons quelquefois tant à être bons anges que nous en laissons d'être bons hommes et bonnes femmes... Notre imperfection nous doit accompagner jusqu'au cercueil... Nous mourons petit à petit; il faut aussi faire mourir nos imperfections avec nous de jour en jour ».

De la fragilité humaine, on ne peut attendre que des fautes. Ne nous laissons donc pas décourager par la multitude de nos chutes. Auriez-vous à accuser les fautes les plus honteuses, ne vous en effrayez pas; dé­ clarez-les simplement, avec humilité et repentir, à votre confesseur qui aura certainement pitié de vous. L'aveu du découragement, voilà le pire, le mal le plus redoutable pour une âme, en raison du désespoir auquel il aboutit. C'est un succès du diable qui en exulte. Si, en effet, le démon parvient à éloigner l'âme de Dieu par le péché, par le découragement il empêche de s'en rapprocher. Pourquoi Dieu a-t-il permis que vous tombiez dans ces péchés ? Pour vous donner de l'humilité; c'est la seule réponse. La Sainte Écriture parle très souvent de l'orgueil. Nous ignorons trop combien ce vice est profondément enraciné en nous. « Je ne puis comprendre comment on peut faire quelque chose comme cela! » pensons-nous. Autrement dit, nous nous complaisons en notre propre vertu. Et ceci à propos de n'importe quoi. Au moment même où nous nous accusons minutieusement à confesse, n'est-ce pas l'orgueil qui s'éveille au fond de notre coeur, et nous fait accroire que nous sommes sincèrement humbles ? Un saint, parlant de la chute de saint Pierre, en donne trois raisons : 1°-- Pierre eut trop confiance en lui-même; 2° - Par suite de cette présomption, il se risqua dans une dangereuse compagnie; 3° - Dieu enfin permit sa faute pour lui apprendre à compatir aux faiblesses d'autrui. Cette expérience lui fut utile pour servir d'exemple à tous les pécheurs. La vie se charge de nous éprouver. Les mauvais n'y ma nquent pas non plus. Tous nos malheurs cependant n'aboutissent pas à courber notre orgueil; bien souvent, ils le fortifient plutôt. Ce sont nos péchés qui, en nous révélant notre impuissance, nous apprennent à venir chercher refuge en Dieu. A toutes les fois qu'il tombe, l'enfant court à sa mère. Nos relations avec Dieu seraient sans doute moins intimes si nous n'étions contraints de revenir à lui, le coeur contrit et humilié.

Sainte Françoise de Chantal parlait à saint François de Sales d'une religieuse qui se lamentait exagérément de ses défauts. « Ses larmes proviennent de son amour- propre », expliqua-t-il. Si nos défauts nous étonnent tant, c'est que nous oublions nos chutes quotidiennes dans le péché. Donc, humilité et amour de Dieu!

3. Avis pratique.

Que faut-il faire pour pratiquer la vie spirituelle ?

1° Rompre avec le péché, avec celui-là même auquel on se sent toujours attaché. Quand nous ne commettrons plus aucune faute de propos délibéré, si minime soit-elle, nous aurons avancé d'un grand pas. 2° Accepter tous les événements de la vie comme voulus ou permis par la Providence ; faire des actes de douceur et de patience; supporter notre faiblesse. 3° Pour ce qui concerne le programme habituel de nos journées, commençons dès le matin par placer notre coeur dans le Cœur de Jésus. Quelques minutes Plus tard, nous nous rendons à la prière et à la méditation.

La méditation est un exercice indispensable : qui ne reçoit rien ne peut rien donner. Laissons notre cœur s'épancher librement, ce qui est d'ailleurs plus facile aux femmes qu'aux hommes. Représentons-nous notre Sauveur comme le maître le meilleur, le plus admirable et le plus aimable, et excitons nos sentiments d'amour envers lui; c'est ainsi que la méditation devient véritablement profitable. Nous avons beau prier pendant des années et méditer tous les jours, nous n'avançons pas ! Mystère de la malice humaine ! Est-il concevable qu'on puisse persévérer à la fois dans la prière et dans le péché ? La méditation est l'alpha et l'oméga de la vie spirituelle. Elle doit toujours avoir pour objectif la destruction ou l'atténuation d'un défaut déterminé. Ne nous en tenons pas à ce que nous lisons ou entendons lire; suivons les inspirations de la grâce. Liberté d'esprit et bonne volonté ! C'est l'accomplissement de la volonté de Dieu que nous devons vouloir; il est inadmissible que la méditation aboutisse au résultat contraire. Après la méditation vient la sainte Messe, centre de toute la religion, soleil de tous nos exercices de piété. Représentons-nous, en ce moment, l'Église triomphante et l'Église militante unies dans un même concert de louanges. A mon avis, mieux vaut mettre tout livre de côté à partir de la Consécration. Durant les instants qui précèdent la communion, préparez-vous à recevoir le Sauveur par de vifs sentiments d'affection. Parlez-lui de votre mieux. Affirmez-lui votre foi, votre amour, et votre fervent désir d'accomplir tout ce que réclame son amour.

Le moment de la sainte communion arrivé, aimer et croire, s'abstraire de tout, demeurer seul avec le Sauveur, et se livrer à lui avec toutes ses facultés, intelligence, mémoire, volonté et imagination.

Passons à nos occupations quotidiennes. Nous y ferons preuve de vraie générosité, en surmontant nos inclinations, notre humeur, nos caprices et nos négligences. Mortifions-nous sans cesse. Faisons toujours quelque chose, et commençons, si possible, par ce qui coûte. En entendant sonner les heures, adressons à Dieu une courte prière pour lui offrir nos actions et les lui rendre agréables. Hors de l'éternité, tout n'est que vanité. Qu'importe que notre passage terrestre soit tel ou tel, rapide ou long, pénible ou facile! Si les tribulations de la vie accroissent nos mérites, pourquoi nous inspirent-elles tant de répugnance ? Gardons notre coeur dégagé de toute dépendance, lieux, personnes, fêtes ou dévotions. Cherchons notre repos, notre paix et notre consolation dans la Croix et les souffrances de notre Sauveur. Déposons tout dans sa Croix. Il faut beaucoup souffrir pour Dieu avant de pouvoir jouir de lui. Pour cela, il n'est point besoin de détruire la nature, mais de l'ennoblir et de la transfigurer. Il nous est permis d'aimer, mais sans lier notre coeur à tel point qu'il nous soit difficile de consentir aux séparations nécessaires.

Aimons enfin à nous reposer dans la pensée de la miséricorde divine. Un acte de bonté procure toujours un plaisir à celui qui l'accomplit. S'il en est ainsi pour nous, quelle doit être la joie, l'allégresse du Sauveur, de ce Coeur tout amour, à exercer la miséricorde ! Lorsque nous lisons l'Évangile, quand nous apparaît-il plus divin que lorsqu'il pardonne à Madeleine, sans un mot de reproche ? Ou à la femme adultère ? « Personne ne vous a condamnée ? lui demande-t-il. « Personne ». « Je ne vous condamne pas non plus. Allez et ne péchez plus » (Jean, vin, Ici, 1). Où le Seign eur est-il plus grand que lorsqu'il dit au bon larron sur la Croix : « Aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis ? » (Luc, xxiii, 43). Aussi comprenons-nous son appel : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous la fatigue, et je vous soulagerai » (Matth.,26). Son grand bonheur est de toujours pardonner à notre misère. Courons donc, après chacune de nos chutes, nous réfugier dans les bras de la divine Miséricorde!

Le Resto de mon fils
François Christiaenssens

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