Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de 
Mgr Pierre André Fournier  et ami de
ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

Signez mon livre d'or Un petit mot fait du bien et cela vous permet aussi de lire les commentaires des gens. 


DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU
MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?

 


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Titre de la série :
St-Benoit-Labre-ofm.
Titre de la page:

La mort du saint

Nom de l'auteur:
Jean-Mantenay
CHAPITRE VIII
La mort du saint.

Le moment approche où le saint va quitter la terre.... II est arrivé, en effet, au dernier degré de l'épuisement. Le 14 avril 1883, c'était le Lundi saint, le Bienheureux s'est traîné de grand matin à Notre-Dame, car il voudrait expirer sous ses yeux. Il passe la matinée en prière, mais vaincu par la faiblesse, il se voit obligé de sortir, laissant à sa place son bréviaire et son chapelet. Ce que voyant, un prêtre, l'abbé Mélis, lui rapporte ces objets et l'exhorte à se laisser conduire à l'hôpital, où il sera bien accueilli. Ce n'était pas la première fois que ce conseil lui était donné; mais Benoît avait toujours décliné cette offre charitable; car alors il n'eût plus eu la liberté d'exercer la pénitence à son gré, ni celle de faire aux églises ses visites accoutumées.

Cependant Benoît, reprenant courage, se lève et se rend à Saint-Ignace pour y faire la communion. On raconte que le prêtre Louis Balducci, qui devait monter à l'autel, fut frappé à la vue de ce pauvre mendiant priant à la balustrade avec une ferveur extraordinaire ; il ne pouvait en détourner son regard. On vient lui demander de consacrer une hostie. « Ah! se dit-il, si elle était réservée à ce saint pauvre » ! Il le communia, en effet, et avoua que jamais il n'avait célébré la messe avec plus de ferveur et de joie ; la piété du saint était communicative.

Mardi saint, malgré une faiblesse excessive provenant de troubles physiques signes d'une dissolution prochaine, Benoît Joseph se mit en route, selon son habitude. Comme Jésus sur la voie du calvaire, il tombe, pris d'une syncope, à l'entrée de l'église du Pascolo; on eût dit qu'il allait rendre l'aine. La grâce le soulève, et le courageux Benoît se dirige vers Sainte-Praxède, pour la clôture des Quarante-Heures. Toutefois, avant d'y entrer, il achète de nouveau une mesure de vinaigre qu'il boit avidement, faisant aux gens de la maison stupéfaits cette réponse : « IL y a quelqu'un qui en a bu avant moi, et qui, dans cette semaine, a souffert bien plus que moi pour l'amour et le salut des hommes. » Le soir, à quatre heures, Benoît revient à Notre-. Daine-des-Monts ; il attend, couché, car il ne se tient pas debout, que les portes se rouvrent. Passe un ami du pauvre, le boucher Zaccarelli, qui lui offre un cordial. Benoît, pouvant à peine parler, remercie par un signe de tête. Qui de nous se trouvant ainsi abattu, impuissant, anéanti, ne s'abandonnerait au premier venu que lui enverrait la Providence et n'en accepterait les secours empressés ? Benoît, lui, refuse et semble puiser dans ses affaissements une énergie nouvelle pour le service de Dieu.

En arrivant à l'hospice pâle, exténué, le vénérable demande pour la première fois au Custode la permission d'aller se reposer. On devine si elle lui fut accordée, car qui n'aurait eu pitié de lui? Mais impitoyable pour lui-même, il se contente de s'asseoir sur son lit, la tête appuyée sur le mur jusqu'à ce que les lampes soient éteintes. Le matin il était debout, lorsque le réveil fut annoncé par cette oraison jaculatoire. « Loué soit Jésus-Christ. » Le Mercredi saint, 15 avril, Benoît quitte la maison hospitalière de Saint-Martin. Ses jambes fléchissent, il ne peut descendre l'escalier qu'avec l'aide d'un compagnon auquel il demande la charité d'un verre d'eau. Il arrive enfin, plutôt avec l'apparence d'un squelette que celle d'un homme vivant, à l'église préférée de Notre-Dame-des-Monts. Il y entend la messe ; il suit avec tant d'émotion les émouvantes scènes de la Passion , il ressent si vivement les poignantes douleurs du Christ que l'on peut craindre de le voir expirer lui-même avant la fin du saint sacrifice.

Bientôt, en effet, il est comme suffoqué, la respiration lui manque et il se traîne dans la rue pour éviter un complet évanouissement. Un groupe de fidèles se forme autour de lui; chacun s'offre à le soulager, à le recevoir dans sa maison; quelqu'un propose de le conduire à l'hôpital. Benoît écoutait en silence, se recommandant à Dieu. Le boucher Zaccarelli, qui venait de faire ses Pâques à l'église paroissiale de Saint-Sauveur, s'arrête, reconnaît son pauvre ami à la face cadavérique, et hasarde une demande. « Benoît, lui dit-il, vous êtes bien mal, il faut vous soigner; voulez-vous venir chez moi? » Le moribond, entendant cette voix amie, lève péniblement les yeux et dit : « Chez vous? — Oui chez moi. — Dans votre maison ? je veux bien! » Le charitable boucher se hâta de soulever Benoît couché sur un banc, pour le remettre sur pied ; mais c'est en vain, le saint ne peut plus faire un pas. Alors, Zaccarelli apercevant l'un de ses fils, le plus jeune, Pierre-Paul, l'appelle, et celui-ci, aidé d'un autre compagnon, conduit Benoît dans sa demeure toute voisine. Mais en y arrivant, un autre obstacle se présente, l'escalier est trop étroit pour laisser passage à trois hommes de front; Pierre-Paul prend sur ses épaules le pauvre malade qui n'a plus que le poids d'un enfant. Il dépose son fardeau sur un siège, dans la première chambre occupée alors par la femme Zaccarelli, alitée depuis un mois.

« Mon pauvre Benoît, s'écrie-t-elle, comme vous êtes malade ? » Arrivé dans la seconde pièce, on voulut naturellement le faire mettre au lit. Après une certaine résistance il consentit, mais à condition qu'il n'y serait pas déshabillé. Il fallut respecter ce désir. Le bon Zaccarelli dut s'occuper de procurer à son hôte agonisant les soins spirituels et corporels dont il avait besoin. En l'absence du confesseur Marconi que Benoît précédemment avait refusé de faire venir, pour ne pas le déranger de son ministère, le P. Piccilli fut appelé. Ce religieux, admirateur du saint pauvre ne craignait pas de faire, en chaire, l'éloge du « nouvel Alexis » qui bientôt, disait-il, irait faire ses Pâques en paradis. D'autre part, l'abbesse de Monte-Lupone communiquait à l'abbé Mancini une vision dont elle avait été favorisée : Le Sauveur du monde se promenait dans un jardin orné des plus belles fleurs. S'étant arrêté devant l'une des plus cachées et des plus odorantes, il avait décidé que le temps était venu de la cueillir : puis, elle entendit une voix lui dire : « C'est une des âmes que tu as enrôlées dans la sainte Ligue et des plus agréables à Dieu, quoique des plus méprisées des hommes. »

C'était lui désigner le pauvre dont la visite, il y a quelques années, lui avait été si édifiante. Le P. Piccilli, en entrant dans la demeure de Zacca­relli, pour y assister le malade, le reconnut à ces signes et à ce souvenir, puis il lui dit : « Mon cher Benoît, voulez-vous quelque chose? — Rien, rien, répondit le malade, sans ouvrir les yeux. — Y a-t-il longtemps que vous n'avez communié ? — Peu, peu. » Ce fut la dernière parole du moribond. Cet homme va mourir, ajouta le religieux; il n'a plus besoin que de l'Extrême-Onction et de l'assis. tance due aux mourants. Déjà Zaccarelli était allé prévenir le curé de Saint-Sauveur l'abbé Rovira Bonnet occupe ce poste depuis vingt-sept ans après avoir été chapelain à Saint-Louis-des-Français. Français lui-même, tout heureux d'exercer son ministère en faveur d'un pauvre qu'il connaît à peine, mais dont il est le compatriote, il mande les Pères déchaussés de la Pénitence et leur confie la mission d'assister le malade jusqu'à son dernier soupir. C'est la coutume à Rome d'en agir ainsi selon le désir de l'Église. Tant que l'âme, remarque l'abbé Rosière dans son beau livre déjà cité, n'a pas quitté le corps, elle est susceptible de recevoir une grâce de sanctification et parfois même de salut éternel. Le prêtre qui assiste l'agonisant a le devoir de lui parler de Dieu et de ses miséricordes ; il chasse par ses prières l'ennemi des âmes, le démon du désespoir. C'est une lutte, et dans ce duel décisif le ministre sacré, venant au secours de l'âme en détresse, peut décider de la victoire en sa faveur, aidé lui-même par la grâce qu'il obtient en répétant à haute voix penché sur le moribond ces paroles pénétrantes de la liturgie :

« Jésus! Jésus! Jésus I Cependant, auprès du malade qui a perdu connaissance arrivent successivement le médecin et le pharmacien. « Quel est ce malade ? avait demandé celui-ci au messager Pierre-Paul. — C'est un saint, fit-il. — Et quel saint ? — Le pauvre des Quarante-Heures. » Mais tout remède devenait inutile, car tous les symptômes de la mort se trouvaient réunis sur la personne de Benoît Labre : le pouls était irrégulier, à peine sensible, la bouche fermée et les dents serrées, les yeux clos et immobiles ; la sueur transpirait au visage, tandis que les parties inférieures se refroidissaient peu à peu. Tout espoir de lui donner le saint Viatique étant perdu, le vicaire de Saint-Sauveur, Pierre Giordani, ne put que lui administrer l'Extrême-Onction. On lui présente le crucifix à baiser, et chaque fois l'on voit s'entr'ouvrir ses paupières et regarder avec ferveur Jésus crucifié. Il était deux heures de l'après-midi. Depuis ce temps, Benoit ne donna plus signe d'intelligence des choses sensibles. Son âme goûtait-elle déjà les joies éternelles ? Ce que nous pouvons dire, c'est que la maison des Zaccarelli s'emplissait de monde et que les visiteurs venaient contempler ce pauvre de Jésus-Christ, calme toujours, les mains croisées sur sa poitrine et le visage serein comme en un paisible sommeil. Un religieux silence régnait dans l'assemblée, interrompu seulement par la récitation des Litanies des Saints et des autres prières des agonisants. Enfin à huit heures du soir, au moment où l'assitance prononçait l'invocation : Sainte Marie, priez pour lui, le visage du Vénérable prit la blancheur du lait et il rendit paisiblement son âme à Dieu sans la moindre agonie.

Le P. Ange, après s'en être assuré, lui ferma la bouche et les yeux, comme si son prénom l'eût fait choisir par la Providence , selon la remarque de l'abbé Rosière, pour rendre ce dernier service à celui qui était vraiment digne d'être assisté par les anges. « Bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur. Car c'est à eux que l'Eglise adresse avec complaisance ces paroles liturgiques : « Partez, âme chrétienne, partez, comme la colombe — dont vous avez reflété l'innocence — à tire d'ailes dans les régions sereines du Paradis! »  Le saint n'est plus... Sur la couche que la charité d'un ami lui a offerte, il repose en paix. Comme Lazare, « il sommeille ». Oh! ne dites pas qu'il est mort, dirait le Sauveur Jésus. Dites plutôt que la violence de l'amour divin, après avoir usé son coeur en a opéré la rupture; elle a brisé les liens fragiles qui retenaient son âme captive. Cette âme ne pouvait plus vivre au milieu des brouillards de ce monde : elle a pris et dirigé son vol vers la pleine lumière des Élus. Les signes révélateurs de la béatitude se manifestent sur-le-champ. Labre venait d'expirer, — âgé de trente-cinq ans et vingt et un jours, — toutes les cloches de la ville mises en branle rappelaient aux fidèles l'invitation, que leur avait faite le pape Pie VI, de réciter trois fois le Salve Regina, afin d'obtenir la puissante protection de Marie en faveur du Saint-Siège. Coïncidence providentielle : il semble que Dieu eût voulu sans délai préparer ici-bas la glorification de son prédestinné.

On raconte. à ce sujet qu'un certain Rinaldi, plein d'admiration pour Benoît Labre, avait dit plusieurs fois :«Celui-ci, quand il mourra, fera sonner toutes les cloches,,» Et lorsqu'il les entendit, bien qu'il n'en connût pas la cause, il s'écria. « Il n'y a pas autre chose, Benoît est mort. » D'autre part, au même instant encore, à la voixrelentissante des cloches vinrent s'unir celles d'une troupe d'enfant qui parcoururent les rues de Rome , disant : « Le saint est mort! Le saint est mort! Ces voix enfantines éveillant la curiosité publique, on veut savoir quel est ce défunt ainsi acclamé, et, en apprenant qu'il s'agit du pauvre des Quarante.. Heures, chacun fait son éloge et se promet dés le lendemain d'aller voir le « nouveau saint ».

L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.

Le Resto de mon fils
François Christiaenssens

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