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11- Des tentations leurs nécessité leur rôle
Intro
Nous connaissons nos devoirs et nos privilèges ; voici l’ennemi contre lequel nous avons à les défendre. «Satan, le monde et la chair, voyant une âme épousée au Fils de Dieu, lui envoient des tentations et suggestions ; mais la peine et la souffrance que nous en ressentions viennent de Dieu qui tire de la malice de cet ennemi la sainte tribulation, par la quelle il affine l’or qu’il veut mettre dans ses trésors (1).» Il est bien utile à la paix de âmes liées par le vœux de chasteté, de connaître l’histoire et le but des tentations.
1- Nécessité de la tentation ;
2- Rôle de la tentation ;
3- Affection ;
4- Examen ;
5- Résolution ;
6-Références.
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1- Mécessité de la tentation
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1- Il n’y a d’illusion à se faire, la tentation est une loi générale depuis les blessures portées à notre être par la faute originelle. Aucune condition n’y soustrait, aucun degré de vertu d’en dispense ; aucune victoire n’assure radicalement la paix. Rien n’en défend ni les actes héroïques, ni les abnégations absolues, ni les états supérieurs. Le voile est le cloître eux-mêmes ne mettent pas à l’abri des mirages odieux, des fascinations détestables, des ténèbres, des questions, de ces hésitations plus terribles que tout le reste. «Mon enfant, dit le Saint-Esprit, dès que tu entres au service de Dieu, prépare ton âme la tentation (2).» Puis, quand la force de renoncements et de générosité on entre résolument dans la voie des parfaits la même voix prévoyante et protectrice nous répète : «Parce que désormais, tu m’est plus agréable, c’est une nécessité que la tentation t’éprouve encore (3)» Ceux-là qui ont mission de guider et aider les autres, ne sont pas exempts de ces humiliations ; souvent, ils sont plus exposés. «Les corsaires ne s’arrêtent pas prendre une petite barque de pêcheurs, où il n’y a que des filets et quelques poissons ; c’est aux grands vaisseaux qu’ils en veulent, à ceux qui reviennent des Indes, chargées de riches marchandises. Ainsi le démon attaque ceux qui sont enrichis de grâce et de mérites et qui entraînent les autres, la leur suite, dans la voie du bien (4).»
«Peu d’âmes sont à l’abri de la tentation, pas même les vierges les plus chastes (5)» «Elle sort de nos adversités, elle monte dessous terre et germe sous nos pas ; elle est dans l’air que nous respirons, dans le rayon de soleil qui nous éclaire la route, dans la fleur épanouir sur la haie qui la borde ; elle est dans la couche où nous sommeillons, dans le livre où nous étudions, dans l’oratoire où nous prions ; elle est dans nos parents, dans nos amis, dans nos compagnons de voyage ; elle est dans ce qu’il y a de plus sacré, comme dans ce qu’il y a d e plus sacré, comme dans ce qu’il y a de plus profane ; enfin et surtout, elle est en nous intarissable, et il en sera ainsi jusqu’à notre dernier soupir. (6)
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2- Rôle des tentations
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Dieu refusa de détruire les Cananéens pour empêcher Israël de s’énerver dans la paix et le forcer à se ternir
toujours prêt à la guerre (7). De même, il trouve sa gloire et notre profit aux rudes combats que nos livres journellement la tentation.
«Le Seigneur vous tente, est-il écrit, pour savoir si vous l’aimez de tout cœur (8).»
De quelque part que nous vienne l’assaut, ou du démon qui fait la guerre à son Maître, ou du monde qui contredit Jésus-Christ, ou dans bas-fonds de notre être nous appelant à l’égoïsme et à la sensualité, nos victoires sont une réponse d’adoration et de soumission. La résistance est un acte de foi dans la souverain maîtrise de Dieu, un acte d’espérance dans sa bonté qui nous soutient et nous récompense, un acte d’amour effectif et laborieux pour celui qui reçoit nos sacrifices.
Personnellement, nous trouvons nos avantages dans cet état d’épreuve. La tentation nous révèle notre misère et nous ramène à l’humilité (9) ; De là naît en nous le sentiment du besoin que nous avons de Dieu, pour éloigner «l’ange de Satan (10) » «Comme une mère avisée, Dieu met autour de nous, ses enfants, des épouvantails qui nous obligent à l’appeler, à nous serrer près de lui (11)» ; quand le soir vient et que les ombres tombent, on s’écrit instinctivement : « Demeurez avec nous, Seigneur (12).» Parfois, la tentation est «un coup de tonnerre qui fait sortir de la tiédeur (13).» D’autres fois, elle aide à trouver dur ce séjour dans l’Hôtellerie ou nous passions un jour, et accroît le désir de la paix éternelle dans la patrie (14).» Pour tous elle peut être une occasion de progrès : «dans l’infirmité, dit l’apôtre, se perfectionne la vertu (15).» En effet, les actes énergiques par lesquels on repousse la suggestion, développent l’habitude contraire, et méritent du ciel des grâces spécialisé. Saint Benoît obtient la chasteté au sortir d’une lutte sanglante et saint Thomas d’Aquin en reçut le don à la suite d’une victoire insigne. Le calme plat laisse pousser, « les vertus fluette (16)» ; les grands chocs et les longues luttes forment à l’héroïsme. Les arbres violemment secoués enfoncent profondément leurs racines. Pour la chaleur du creuset active la fusion, plus le métal en sort purifié ; l’or prend sa splendeur, seul la paille s’y consume. Le Saint évêque de Genève disait que «les lis viennent plus blancs parmi les épines.»
Enfin, les tentations donnent de l’Expérience pour l’apostolat. Il faut aller au feu pour connaître les ruses, les perfidies, les forces de l’ennemi ; avant d’avoir combattu l’on n’est «qu’apprenti» ; d’un sérieux engagement l’on revient « capitaine (17).» « De celui qui aura vaincue , dit le Roi des forts, je fera une colonne dans mon temple (18),» Après ses propres angoisses, saint Ignace reçut le pouvoir de guérir les âmes tentées ; à l’issue de ses terribles luttes saint François de Sales se trouve habile directeur. «Ainsi s’accomplit le dessein de la divine bonté qui change en fleuves de vie et de fécondité les sources où l’ennemi jetait du poison (19).» |
Affection
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| «Que votre nom soit béni à jamais, Seigneur, qui voulez m’éprouver par cette peine et cette tentation . Puisque je ne saurais l’éviter, qu’ai-je à faire que de me réfugier vers vous, pour que vous me secouriez et qu’elle me deviennent utile. Votre main toute puissante peut éloigner de moi cette tentation et en modérer la violence, afin que je ne succombe pas entièrement, ô mon Dieu, ma miséricorde.» ( Imitation , Liv. III, cap. XXIX.)
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Examen
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| Ne suis-je ni téméraire, ni présomptueuses, sous prétexte que je n’ai pas de grandes tentation ?
Est-ce que je me prépare à les recevoir, en fortifiant ma volonté par la fidélité et le sacrifice ?
Aux heures mauvaises, ne laissé-je pas troubler mon âme, sachant que c’est l’heure du mérite ?
Suis-je bonne et compatissante aux âmes plus éprouvées que la mienne? |
Résolution
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Bouquet spirituel :
«Heureux celui qui souffre la tentation, car lorsqu’il aura été éprouvé, il recevra la couronne de vie.» ( St Jacques I,2.)
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12- Des tentations moyens d'en triompher
Intro
2- Moyens de triompher
«Celui qui entre dans l’arène, n’est point couronné, s’il n’a pas observé les lois du combat (1).» Il y a des règles à suivre, « une armure divine à revêtir (2), » si l’on veut être victorieux de la tentation. Faute de prendre ces précautions, l’on s’expose à la défaite, tout au moins à recevoir des coups dont les conséquences peuvent être graves. «Or, il faut approprier ses flèches à chaque genre d’ennemis, et les varier pour chaque espèce de combat (3) » Nous étudierons bientôt le grand moyen de la prière.
Apprenons d’abord comment :
1- Résister aux tentations ;
2- Fuir les tentations ;
2- 3- Affections ;
3- 4- Examen ;
5- Résolution ;
4- 6- Références
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1- Résister aux tentations
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«Le démon rôde autour de vous, comme un lion rugissant, qui cherche une proie à dévorer ; résistez-lui courageusement (4) » La résistance est le premier devoir du soldat chrétien, quel que soit l’ennemi dont il subit l’attaque, où que les traits soient dirigés : autrement, il est complice, il trahit et succombe. Or, rien d’étonne ne contient et n’a affaiblit un adversaire comme le maintient décidé, la volonté résolue, l’attitude inébranlable de son antagoniste, un passage de l’Écriture insinue qu’il en est ainsi du démon ; il se donne des airs de lion puissant, tandis qu’au fond , il est faible comme une un fournie (5) ; «résistez-lui, vous le verrez s’enfuir (6) » «C’est un dogue qui a pouvoir d’aboyer ; mais ceux-là seul sont mordue qui le veulent bien (7).»
La bonne règle exige que Satan ou ses suppôts, sentent cette résistance, au début même de l’assaut. «Le triomphe est facile, si on lui résistes dès qu’il se présente ; on s’affaiblirait en mettant, à le reposer, du retard ou de la langueur (8).» «C’est un serpent ; laissez-lui passer la tête, le reste suivra (9).» Peut-être ne demande-t-il qu’un instant d’attention, n’a-t-il qu’un mot à vous dire, un regard à prendre ; hélas ! c’est l’étincelle qui mettra le feu aux poudres. Dites donc de suite : «arrière Satan» ; n’écoute rien, n’entendez rien , ne voyez rien, ne souffrez pas de discussion.
Parfois, un seul acte de mépris suffira. D’autres fois, c’est assez de passer outre, de se distraire, de s’occuper, de poursuivre surnaturellement le devoir actuel. Que de tentations n’acquièrent d’importance que parce qu’on y prend trop garde : il y a des âmes qui, à la moindre pensées, s’agitent, ferment les yeux, secouent la tête, se croient obligés de dire : Non, je ne veux pas, elles tombent dans le piège du démon, qui voulait seulement faire dans leur cœur le trouble et le chaos. Laissez japper ces petits chiens, soufflez simplement sur ce grain de poussière, écartez paisiblement cette mouche, ce sera fini ; mile pensées, miles images, mille sentiments irréfléchis, qui émeuvent nos cœurs et nos sens ne méritent pas plus d’attention, les âmes simple simplifient tout ; au contraire, les plus douloureusement plus dangereusement tentés, sont les sujets embrouillés perplexes, scrupuleux peu droits en eux-mêmes et avec Dieu.
Il vient cependant des heures plus critiques ; on a l’âme envahie, enténébrée, obsédée, comme si elle «s’enfonçait dans une abîme de boue (10) ; «tant l’esprit est bouleversé, le cœur ému, les sens révoltés. C’est le temps de se rappeler qu’il y a «différence entre sentir et consentir ; on peut sentir les tentations encore qu’elles déplaisent ; mais on ne peut consentir saint qu’elles plaisent (11).» Si enlacée, enveloppée, caressée que soit une âme, lorsqu’elle prie dans la tentation, qu’elle s’efforce généreusement d’échapper au charme, qu’elle proteste de sa fidélité à Dieu et de sa volonté de rester pure, il y a tout lieu de croire qu’elle est victorieuse. Comme sainte Catherine de Sienne, elle garde «Jésus dans son cœur » ; elle demeure chaste comme sainte Angèle; saint Antoine, saint François, et tant d’autres qui, en de pareilles angoisse, «ne perdirent rien de la grâce de Dieu, mais l’augmentèrent de beaucoup (12) »
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2- Fuir les tentatons
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«Dans cette guerre, disait saint Philippe de Néri, ceux-là sont vainqueurs qui semblent poltrons et prennent la fuite. » Il y a des circonstances où il est permis d’attendre, même d’affronter l’agression ; d’auteurs où il suffit d’être prêt à subir le choc. Mais quand il s’agit de la chasteté, les auteurs spirituels sont unanimes à déclarer que la prudence commande la fuite. « Quelque espérance que nos puissions avoir de triompher, nous en devons jamais provoque le combat. Le démon vient escorté de plaisirs et de jouissances ; notre chair et ses appétits ne demandent qu’à lui livrer la place. S’arrêter en face du danger, c’est s’exposer à la séduction ; le moyen de triompher, c’est de fuir sans retard (13),» D’ailleurs, « ici, la fuite même est une victoire (14). ; car c’est déjà une protestation contre le péché et la preuve que l’on y veut échapper.
Avant la tentation, il faut éviter tout ce qui peut incliner au mal, soit par égarement de l’esprit, soit par allèchement du cœur, soit par appétit sensuel. La défiance est mère de la sûreté ; et il est écrit que «celui qui aime le péril y périra (15).» Nous savons combien étaient sincères les protestations de saint Pierre, et d’autre part, combien complet fut son reniement. Dans la chasteté, plus encore qu’en aucune autre matière, la présomption aboutirait à de lamentables chutes : la vie des saints et l’histoire des ordres religieux en rapportent de tristes exemples. Que de défaillances sont préparées par de légères imprudences, par des pensées qu’on n’a pas crue si dangereuses, par des sentiments trop naturels, qu’on a laissé croître en se jouant, par une ligne lue à la dérobée, un mot qu’on s’est laissé dire, un regard d’abord discret, puis trop fixe, un doute, une hésitation mal combattus, peu à peu on glisse sur la pente, et l’on arrive aux abîmes pour n’avoir pas fui, «toute apparence du mal (16) La fuite, au contraire, a été le salut du chaste Joseph ; saint Eusébie et ses compagnes fuient héroïquement l’occasion en flétrissant leur beauté ; après tout, qu’est notre vœu de chasteté, sinon une fuite perpétuelle de l’occasion ?
Il existe deux sortes de tentation ; les unes volontaires, les autres involontaires ; les unes où nous nous engageons de nous-mêmes contre l’ordre de Dieu, et les autres où nous nous trouvons engageons par une espèce de nécessité attaché à notre tempérament, notre santé, notre condition, notre vocation, notre ministère. Dans les premières, nous ne devons point espérer être secourus de Dieu, si nous sortons de l’occasion ; et pour cela nous ne devons point alors nous promette une grâce de combat, mais une grâce fuite (17). S’exposer, c’est tenter Dieu et se rendre indigne de son secours; «la grâce est fournie non pour protéger les téméraires, mais pour nous rendre circonspect (18).» Une religieuse est en sûreté quand l’obéissance lui confie un poste périlleux et qu’elle remplit sa mission humblement, simplement, fidèlement ,donnant «sa chasteté en garde à sa charité.» En dehors de là, il faut tout craindre, tout éloigner, tout briser ; l’ordre, le devoir, c’est de donner « la charité en garde la chasteté (19).»
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Affection
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«O Jésus, notre Sauveur, desséchez en nous la source du péché et ouvrez dans le champ de notre âme la fontaine d’eau vive qui porte partout la fécondité. Donnez-nous de découvrir les ruses et de notre adversaire, de résister à ses caresses, de fuir ses pièges. Ainsi ,ô Seigneur, qui avez commencé notre conversion, vous achèverez de nous arracher à l’ennemi, et vous complèterez l’œuvre de notre rédemption.» ( Alvarez de Paz. )
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Examen
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Quelle est mon attitude en face des tentations ?
Est-ce que je résiste dès le début ?
Ne suis-je pas parfois légère, curieuse, imprudent ?
N’ai-je pas une conduite téméraire, présomptueuse, en face des occasions ?
Y-a-t-il quelque chose dans mon esprit, dans mon cœur, dans mes relations qui serait capable de me conduire à une indélicatesses, peu-être à un danger ?
Resté- je calme et simple après mes tentations ? |
Résolution |
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13- De la mortification en général
Intro
«J’ai été arraché à la croix avec Jésus-Christ (1)», dit l’apôtre saint Paul ; et « notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit détruit (2).» Les saints, les chastes sont « des crucifiées qui attachent leur chair à la croix du Christ, par les clous de la continence, et par la mortification de l’esprit et du cœur (3).» Leur vie tout entière est une éloquente leçon sur l’énergie et la rigueur avec lesquelles nous devons défendre notre vertu, sommes-nous plus forts ou moins exposés ?
Apprenons donc à leur écoles ces deux vérités :
1- L’ennemi, c’est le vieil homme ;
2- Il faut le mortifier le vieil homme ;
2- 3- affectons ;
4- examen ;
3- 5- Résolution ;
-6 Références,
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1- Notre ennemi, c'est le vieil homme
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La première habilité du chef d’armée, c’est de reconnaître l’ennemi (4), de savoir par quelle route il arrive, sur quel point il va commencer l’attaque, les forces qu’il tient à sa disposition. Ces connaissances acquises, il déplie ses troupes, distribue les rôles, prépare l’assaut ou se réserve pour la défensive, attendant du renfort. Dans la guerre sans trêve de la vie spirituelle et autour de la chasteté, il est bien utile de se renseigner sur l’existence, les mœurs, les ruses, les puissances, les complicités de l’ennemi : les vierges sont pour lui cette proie d’autant plus recherchée qu’elles sont les plus riches en mérites, plus élevés en honneur (5).
L’adversaire de Dieu, le semeur d’ivraie parmi les champs de pur froment, c’est le démon. Mais son complice est assis à notre foyer ; il trouve en tous l’instrument par lequel il nous atteint. L’Écriture dit qu’il y a dans chacun de nous « le vieil homme, c’est cette partie de nous-mêmes qui, visée par la faute originelle, corrompue par les influences du démon, se révolte contre Jésus-Christ, est portée au péché, aux jouissances terrestres, à la vie animale (6)» ; c’est l’œuvre du démon opposée à l’œuvre de Dieu (7).» «l’Homme nouveau, c’est le chrétien, l’homme renouvelé par la grâce de Jésus-Christ, qui adhère aux lumières de la foi, qui sacrifie et immole courageusement tout ce qu’il juge contraire à la volonté de Dieu. Le vieil homme, c’est l’homMe tout entier, en tant qu’iL a été vicié en Adam ; l’homme nouveau, c’est encore l’homme tout entier, en tant qu’il a été régénéré, réparé dans le Christ (8).»Le vieil homme est aussi appelé «la chair (9)» , «l’homme charnel», «l’homme animal», : toutes expressions qui nous font soupçonner que la chasteté trouve en lui un ennemi dangereux et le démon un allié naturel, il est le foyer des concupiscences, dont la plus grossière et la plus humiliante est la concupiscence de la chair opposée à la chasteté. «Le vieil homme est l’arbre ; la concupiscence est la sève ; la chair est la substance du tronc, des branches, de l’arbre entier ; le péché est le fruit ; Satan est le jardinier de tout cela (10).»
L’apôtre saint Paul signale souvent le présence de ces deux éléments qui nous tiraillent en sens divers, et l’existence de cet loi de péché dan les membres, comme une conspiration contre la justice et la pureté. Ce sont les «deux nous-mêmes» donc parle saint François de Sales. «Il y a deux cris dans l’homme : le cris de l’ange et le cri de la bête (11)» Chacun sent en soit cette discordance, ces oppositions, ces révoltes. Quelle est l’âme chaste qui n’a pas senti, un jour, la nécessité de crier à Dieu : «Seigneur, à moi ; sans cela, je sens que vais vous trahir (12).»
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2- Il faut mortifier le vieil homme
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Un saint évêque emploie un belle comparaison pour nous faire comprend ce qu’est le vieil homme, et la nécessité de le mortifier. «L’homme, dit-il, sanctuaire du Christ, est semblable à un temple magnifique dans les murailles duquel un figuier sauvage a jeté ses racines. Par une ramification incessante, ces racines délétères s’insinuent peu à peu dans les jointures des pierres, qui, détachées, tombent à terre et entraînent dans leur chute le figuier et ses racines. L’architecte relève les pierres et les remet en place ; le figuier destructeur dessèche et meurt. Ainsi le péché s’insinue, se ramifie en notre chair dégradée ; la mort arrive, la muraille s’écroule, le figuier se dessèche et le Christ, divin architecte de son temple, le rétablira par la résurrection dans un état immuable solidité, ici-bas, ajoute le saint docteur, nous ne pouvons déraciner le figuier maudit, mais ce que nous pouvons faire, il faut le faire, à savoir, retrancher, couper le plus possible les branches de l’arbre et, par la mortification chrétienne, l’empêcher de porter ses fruits empoisonnées (13).»
La chasteté est une vertu nécessairement austère et mortifie ; en effet, rétablir et maintenir l’ordre dans cet être divisé que le péché nous fait, c’est positivement de dompter. Elle ne aurait vivre, ni ne pourrait grandir sans le secours de la mortification chrétienne, qui contient nos sens corporels, et nos puissances intérieurs, imaginations et affections, afin de laisser livre essor à notre âme, «La mortification, en nous coupant le deux pieds, nous oblige à ne plus nous servir que de nos ailes (14).» Le démon voit les chastes et les consacrés, s’élever directement vers Dieu, par la simplicité et la pureté. Son travail maudit, c’est d’empêcher cette rectitude du cœur, des braisés les âmes vers la terre, de leur imprimer une tendance vers les recherches, la sensualité, les aises, il sait bien que le lis amollir, pende, incline sa tige, touche la terre et, au lieu de donner sa blanche et sauve corolle, meurt et pourrit. L’âme chaste s’élève et demeure la sœur des anges à la condition de quitter la terre « de ceux qui vivent mollement (15), et de faire`a la nature mauvaise une guerre sans merci, de vivre sa une continuelle austérité.
«Qui que nous soyons : doués des plus heureuses dispositions, ou enclins à de mauvais penchants ; conscrits ou vétérans de la piété ; en possession intacte de notre robe d’innocence, ou n’en ayant plus que des lambeaux maculés, tous nous avons un besoin indispensable de la mortification ; c’est un moyen nécessaire à tos ou pour acquérir ou pour conserve la vertu, au cheval le mieux dressé, il est toujours bon de tenir la bride un peu courte et de faire sentir l’éperon (16),» «C’est la croix de chaque jour â porter, dit saint Bernard ; mais l’onction de la divine grâce la rend si douce ! »
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Affections
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«O Dieu tout-puisant, nous vous livrons nos sens pour la mortification ; donnez-nous de ressentir une sainte joie ; et que, l’ardeur de nos appétits terrestres étant mitigée, nous goûtions plus aisément les choses du ciel. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il » (Missel Romain.) |
Examen
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Suis-je convaincue de la nécessité de me mortifier pour rester chaste?
Est-c que je ne me rassure pas imprudemment, sous prétexte que je n’ai pas, actuellement de grandes tentations ?
Suis-je, habile à profiter de tout pour contristes, contrarier, gêner, ruiner la mauvaise nature ?
Qu’est-ce que je fais, exactement, dans ce but ?
Si je ne suis pas courageuse et constante dans la mortifications, qu’est-ce qui peut me donner de la sécurité. |
Résolution
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Bouquet spirituel
«Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; si vous mortifiez par l’esprit les oeuvres de la chair, vous vivrez .» (Rom, VIII, 13)
Voir les références au lien F.Maucourant-References-du-sites.html |
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