Prêtres du Monde

+ Sr Denise Christiaenssens

Ermite de la croix o.f.s.

Dans le diocèse de Rimouski.

ermite franciscaine consacrée par voeux
public  par Mgr. Bertrand BLanchet 2007

Maintenant sous obéissance de 
Mgr Pierre André Fournier  et ami de
ma famille depuis quelques années

-Ma consécration est pour ma famille
-mes prêtres vivants ou décèdés du monde
-toute personne qui fait une demande

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DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?

 

Je remercie Mme Dominique Talbot qui a fait cette bannière pour moi, je la remercie beaucoup, cette femme à un magnifique site qui nous comble de joie et de surprise, demandé sa mise à jour. Pour vous donnez une idée cliquée sur le logo en haut Merci Dominique

Titre de la série :
Probation Religieuse sur La Chasteté
Titre de la page:
2- Nature-et-degres-de-la-chasteté
3- Le conseil évangelique de la parfaite chasteté
4- De-la-vocation
Nom de l'auteur:
Chanoine-F-Maucourant

2- Nature-et-degres-de-la-chasteté

Nature de la Chasteté

Intro

Jésus maître et docteur des âmes, a dit, un jour : «Bienheureux les cœurs purs (1).» Toute parole de Dieu est efficace : elle crée ce qu'elle a dit (2) ; nous-mêmes, nous sommes «un mot de Dieu» (3) . Le jour où l'humanité entendit cette céleste parole, elle sembla s'éveiller à des idées nouvelles, prendre des goûts supérieures ; elle comprit la chasteté, la virginité, les délicatesses de l'appel divin. Nous voudrions approfondir et savourer ce particulier épanchement du Sauveur, pour le laisser pleinement réaliser sa pensées, et lui donner la joie d'accomplir, en nous, sa promesse. Commençons :

1- Natures de la Chasteté
2- Degrés de la chasteté
3-Résolutions
4- Références

1- Nature de la Chasteté

Un célèbre mystique donne de la chasteté cette belle définition : «Le mouvement par lequel la créature échappe à la créature, pour se fixer en Dieu. Les choses créées ne sont là que pour notre service, Dieu seul est le lieu de notre repos, le centre de nos jouissances. La chasteté maintenant le corps et l' âme dans la sobriété ; d'un bond elle dépasse tout ce que peut saisir l'intelligence, la volonté ou l'expérience ; elle plane au-dessus, de dons divins et vient se reposer en Dieu seul (4).»

«Dieu est en esprit (5)», et «il a créée l'homme à son image et ressemblance (6).» Baignée dans la lumière du Verbe, riche des dons du Saint-Esprit, l'Âme d'Adam était amoureusement livrée à Dieu. Tout en elle était droit, ordonné, paisible. Libre et maîtresse d'elle-même, elle mettais sa gloire et trouvait son bonheur à rester dépendante de la divinité. Quand à son corps docile instrument d'une volonté toujours raisonnable, il était soumis à l'âme, comme l'âme à Dieu. Par là, l'homme tout entier tait un hymne vivant au Créateur.Ici se place, sur la terre, la première tentation : en lutte, une faiblesse, une faute. Séduit et vaincu par Satan. L'homme sa sciemment violé sa loi, délaissé son Dieu, trahi son ministère. Il est blessé, il est déchu. Ses yeux sont obscurcis, sa volonté énervée, son amour égaré, sa liberté compromise. Il glisse sur les pentes obscures de la propre raison, de serviteur, le corps et devient tyran ; le concitoyen des anges est ravalé à l'état des bêtes (7). De sorte que ce fils de l'Esprit qui «devait être spirituel jusque dans sa chair, est devenue charnel jusque dans son esprit (8).» Par notre régénération dans le Christ, l'esprit reprend sa place en nous : mais il ne recouvre pas la rectitude et la paix originelles. Désormais, c'est la guerre à l'état permanent : « a chair convoite contre l'esprit, et l'esprit contre la chaire (9),» Cet être que nous appelons « le vieil homme (10)» est instinctivement orienté du côté de la terre, affamé de ses biens, avide de ses plaisirs, il trouve dans le monde un foyer de flatteries et de séductions ; enfin, même chassé, Satan laisse encore en lui ses vestiges et garde avec lui de secrètes affinités.

Le rôle de la chasteté, c'est de rétablir l'ordre premier, «d'aimer assez Dieu pour triompher du monde, de la chair, et de Satan (11)» ; relever le corps de sa chute, le guérir de ses blessures, le rendre à ses premières destinées. Elle a un rang à part dans cette grande vertu cardinale qu'on nomme la tempérance. Vertu morale, elle sommet le corps à l'âme, le réduit à attendre ses ordres ou du moins à s'y soumettre lorsqu'il est a prévenue. Vertu chrétienne, elle demande des réserves plus délicates, elle fait des œuvres non seulement sages, mais saintes ; elle devient comme la main de Dieu gouvernant l'homme et portant la pureté dans les membres du corps et jusque dans les pensées de l'esprit et les désirs du cœur. (12)


11- Degrés de la Chasteté

La chasteté, comme toute ce qui est livré à l'activité humaine, a , dans la pratique, différents degrés. Le premier fait l'objet de deux des commandements du décalogue, et c'est le degré nécessaire, toute être raisonnable doit soumettre à la raison les appétits inférieurs, et l'Apôtre averti chacun des chrétiens qu'il est « le temple de Dieu ; que nos corps sont les membres du Christ ; que n'être pas chaste, c'est pécher contre son corps ; que Dieu perdra celui qui profane ce temple ( (13).» Ces profanateurs, disait saint Jean sont « bannis de ciel, au même titre que les chiens et les homicides (14).» En effet, que de victimes de cette humiliante plaie faite par le péché originel ; que de blessés dans la lutte ; que vraiment sont « heureux ceux dont la voie demeure immaculé (15) ! »

La chasteté, au degré nécessaire, exige qu'on aime assez Dieu et qu'on respecte suffisamment son domaine pour renoncer à toutes pensées, désir ou action gravement défendus par les deux préceptes qui protègent le droit de l'âme contre les assauts de la chair. Plutôt la mort que ce crime et ce déshonneur ! De plus, comme le foyer du mal s'allume plus facilement aux contacts étrangers, il faut être résolu à sacrifier tout plaisir honnête, toute affection naturelle, toute relation, qui deviendrait une occasion de péché mortel. « Quand la conscience est intéressée, pas d'amitié qui tienne, je dois plus à Dieu qu'à personne (16).» Aussi le s martyrs préféraient «un trépas glorieux à une existence misérable (17)», à cette époque surtout des persécutions, où «l'on cherchait à ravir aux chrétiens plutôt l'innocence que la vie (18).»

Lorsque l'on s'est strictement établie dans «cette sobriété de l'âme et du corps qui produite la chasteté (19)», on passe au degrés de la perfection. Dans la chasteté, comme dans toute vertu, l'obligation une fois rigoureusement accomplie, le champ est ouvert à toutes les ambitions, à tous les héroïsmes, à tous les délicatesses. La source des vertus, c‘est la divine bonté semant dans les âmes un reflet de ses perfections, et le proposant à imiter «l'idéal montré sur le sommet (20)» de la sainteté, comme l'humble et doux, comme l'obéissant et le pauvre volontaire, le chaste « suit Jésus-Christ», jusqu'où la grâce le pousse et son courage l'entraîne.

Ce sont d'abord ces âmes pieuses qui, «commençant à devenir heureusement esclaves de l'amour de Dieu (21)», mettent des réserves dans le don de soi aux créatures, et usent de modération dans leur réciprocité : des chastes, quelle que soit la vocation que la Providence leur ait assignée. Puis, celles qui, éprises d'admiration pour l'angélique vertu, renoncent aux alliances humaines, pour que «leurs sens et leur cœur demeurent purs et que rien, en elle, ne souffre une atteinte étrangère (22).» Au faîte, les vierges que Dieu appelle et que l'Église consacre, cherchant toutes, même sans le savoir, dans le sanctuaire, un abri contre les dangers et un asile plus sûr à leur chasteté ; plus heureuses de passer leur vie à l'ombre des tabernacles divins qu'un seul jour sous la tente des pécheurs. (23)


Affections

«Recevez, ô Seigneur, l'offrande de tout mon être, Acceptez ma mémoire, mon entendement, ma volonté. Tout ce qu j'ai, tout ce que je suis, c'est vous qui me lavez donné ; c'est à votre disposition à votre bon plaisir que je l'abandonne à jamais. Donnez-moi votre grâce et votre amour, cela seul me suffit.» (St Ignace)

Examen

Est-ce que je commence ces exercices avec le sincère désir de me perfectionner dans la connaissance et la pratique de la chasteté ? dans l'accomplissement de mon cœur ? Suis-je décidée à tous les sacrifices que Dieu peut me demander ? Ai-je imploré les lumières du Saint-Esprit ? Me suis-je spécialement sous la protection de Marie reine de s Vierge ? est-ce que j'aperçois déjà des défauts à corriger, des lacunes à combler ?


Résolution

Bouquet spirituel.

«Aimons la chasteté plus que toutes les autres vertus ; c'est elle qui rend le cœur pur.» (Bossuet).

Voir les références au lien F.Maucourant-References-du-sites.html


Probation

3- Le conseil évangelique de la parfaite chasteté

intro

Il y a une chasteté assortie à chacune des vocations, et la sainteté peut s’acquérir dans tous les états. Mais, en face de plusieurs routes qui conduisent à même but, n’est-il pas intéressant pour nous, au premier chef, de savoir les préférences de Celui qui est venu nous « enseigner, en toute vérité, les voies divines (1).» Jésus, dans l’Évangile, et saint Paul à sa suite, conseillent la perfection de la chasteté qui est la virginité. Sans amoindrir la vocation commune que Dieu bénit et que tant de saints ont honorée, méditons :

1- L’état de parfaite chasteté
2- Les obligations de cet état
3- Les affections
4- L’examen
5- Résolution
6- Références

1- L'état de parfaite chasteté

«Le royaume de Dieu ne recevra rien de souillé (2)» ; car il est écrit que «dans son peuple tous sont des saints (3).» «Quel que soit donc l’état où notre vocation nous place, nous devons garder ave scrupule la chasteté qui y correspond (4).»

Mais l’Apôtre veut que nous soyons animés « d’une sainte émulation pour les dons les meilleures (5), appelé que nous sommes, les uns à admirer, les autres à recevoir les richesses célestes, tous à bénéficier des divines largesses. IL y a donc une chasteté plus excellente ! Comme Jésus donne, dans son évangile, le conseil de renoncer, pour lui, à tous les biens qu’on nomme richesse, il y conseille également (6) de répudier, pour son amour, «l’usage même de ces plaisirs sensuels, dont il suffit, dans des états moins saints, d’user avec sobriété (7).» C’est précisément ce qu’on appelle la chasteté parfaite, et quand on l’a toujours gardée, elle constitue cette sainte virginité qui est comme la perle précieuse de la nouvelle alliance.«Du Seigneur, dit saint Paul, je n’ai pas reçu de précepte concernant la virginité, mais c’est un conseil que je donne (8) » ; je le transmets de la part de l’Ami céleste à ceux qu’il veut réserve à son service et approcher plus près de sa personne.

Lorsque âme parcourant, le flambeau de la foi en main, le champ du Père de famille, a découvert ce trésor, rien d’étonnant qu’elle vende tout ce qu’elle possède et se vende elle-même pour l’acheter (9). Dès ce moment, si elle est bien avisée, elle éprouve le besoin de le placer sous bonne garde ; et qu’elle meilleure garde qu’un vœu, « ces chaînes volontaires que nous retiennent loin du mal et nous maintiennent dans le bien. (10),» Là s’arrêtent ces âmes qui ont le goût de la virginité, sans avoir la vocation religieuse, ou celles que des devoirs et des obstacles retiennent dans le siècle : Dieu les y garde souvent pour l’Édification qu’elles donnent et le dévouement qu’elles exercent.

Pour être dans l’état de parfaite chasteté, il faut que le vœu soit reçu par l’Église : les religieuses se donnent et sont officiellement acceptées le jour de leur profession. Comme elles ont mis entre elles-mêmes et les biens extérieures le mur infrangible du cœur de pauvreté, elles se défendent contre les sollicitations de la chair par le vœu de chasteté. On se donne pour toujours à celui qui est pour toujours ; on se soustrait à sa propre infirmité et l’on se place sous la douce influence de «ce Dieu de la paix chargé de nous sanctifier en tout, afin que notre esprit, notre âme et notre corps se conservent sans reproche pour l’avènement de Jésus-Christ Notre-Seigneur (11).» Et que la joie pour les consacrées, dans le présent, quelle solidité d’espérance de pouvoir se répéter sincèrement la parole qu’aimerait à redire un saint docteur : «Tel mon baptême m’a fait, tel je suis et serai à jamais (12).»


2- L'obligation de l'état de parfaite chasteté

«Dieu veut qu’un religieux soit tellement ; à lui qu’il ait dit adieu à toutes choses et que toutes choses lui aient dit adieu (13).» Aussi les religieux qui se sont dégagées, par des vœux, de la superbe de la vie et de la concupiscence des yeux, complètent leur dégagement par le vœu de chasteté, dont le but est de les affranchir de la concupiscence de¸la chair. Ils ne sont religieux qu’à la condition de faire ce vœu, et c’est leur sûreté, leur bonheur : «on a d’autant plus Dieu qu’on n’a que lui (14).»

Ce vœu a pour premier objet da matière même de la vertu de chasteté. «La chasteté religieuse est une vertu par laquelle on renonce volontairement et par vœu à tous les plaisir charnel, même permis (15).» La religieuse qui fait ce vœu s’oblige premièrement, à vivre dans la continence. Elle épouse Jésus-Christ et renonce à toute autre union. Si elle reprend sa parole, après son vœu simple, elle ne manque pas, du moins par ce seul fait, à la vertu de chasteté : mais le pèche contre la chasteté religieuse, ce qui est toujours un grand malheur. De quelles raisons peut-elle appuyer son retour à la créature et que dira-t-elle, un jour, à cet époux librement choisi, puis délaissé, lorsqu’il sera devenu son juge ? Le vœu de chasteté oblige deuxièmement à éviter tout acte extérieur et intérieur défendu par le sixième et le neuvième commandements. Ici l’objet de la vertu et du vœu est le même ; le vœu ne fait qu’ajouter une plus étroite obligation : en violant la vertu, on viole également le vœu.Qu’une novice a besoin de réfléchir et qu’il est nécessaire à une professe d’exercer sur elle-même une vigilance incessante ! Car le vœu de chasteté, en même temps qu’il donne un mérite supérieur aux actions de celui qui l’a voué, fait aussi encourir de terribles responsabilités : « Celle qui a épousé le Christ devient, si elle se reprend, servante de la mort (16).» «Une religieuse qui ne garde point la chasteté qu’elle a promise à Dieu, comment deux péchés, quelque fois trois et même quatre :

1- Un péché contre la vertu de chasteté
2- Un péché contre la vertu de religion, c’est-à-dire un sacrilège
3- Parfois aussi un péché contre la vertu de la charité
4- Parfois aussi un péché contre la vertu de justices (17).»

Il d’autant plus désirable pour celles qui sollicitent l’honneur d’être épouses du Christ, de bien connaître l’étendue de leurs obligations, qu’elles sont très stricte et très délicates : il n’y a pas de matière légère dans les péchés qui blessent directement la chasteté ; pensées et désir, aussi bien que les actions, sont graves lorsqu’il y a plein délibération et complet consentement. Les fautes qui blessent indirectement la chasteté, regards trop libres, lectures dangereuses, familiarités, autres actes semblables, intérieures ou extérieurs, sont plus ou moins graves selon qu’ils exposent au danger plus ou moins prochain de consentir aux plaisir charnels. Concluons par cette pensée du Saint-Esprit : «Ne faites pas de vœux qui dépassent vos forces ; si vous en avez fait, pensez à les biens remplir (18).» ensuite, trouvons notre consolation dans ces paroles de saint Augustin : «Celui qui vous a invitées à faire des vœux, vous aidera à les bien tenir.»

Affections

«Quand sera-ce, mon Dieu, qu’aidée de votre grâce, je marcherai en ma voie, selon toute l’étendue de mes obligations ; que les paroles de mes vœux, seront toujours devant mes yeux, afin qu’évitant l’évagation, l’immortification de sens, les inutiles occupations d’esprit, je n’aspire et ne respire qu’à vous ; que les choses de ce monde me tournent en amertume et que vous seul soyez doux à mon âme.» (Ste Jeanne de Chantal)

Examen
Est-ce que je suis bien instruire de mes obligations ?
Est-ce que je connais exactement l’étendue de mon vœu ?
Suis-je bien résolue à le pratiquer dans ses dernières délicatesses ?
Mon esprit de foi et mon amour de Dieu sont-ils assez forts pour me pousser à une vraie perfection , relativement à la chasteté?
Tout est-il détaché, mortifié, purifié, consacré dans mon esprit et dans mon cœur ?

Résolution

«J’offre à Jésus-Christ mon corps et mon âme; je veux être toute à lui, pour le temps et pour l’éternité.» (Ste Fare de Champign ).

Voir les références au lien F.Maucourant-References-du-sites.html

4- De-la-vocation

Intro

«Il faut, dit saint François de Sales, qu’une fille soit bien appelée de Dieu, pour être reçue en religion.» Notre-Seigneur, en effet, parlant des deux états où se garde la chasteté, proclame la nécessité de la vocation. A ses prêtres il disait : «Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; c’est moi qui vous ai choisis (1).» Ailleurs, il a déclaré que « tous ne comprennent pas le mot,» qui crée les vierges, «mais, ceux auxquels le don en est fait (2).» Demandons la grâce de méditer :

1- La nécessité de la vocation
2- La correspondance à la vocation
3- Affections
4- Examen
5- Résolution
6- Références

1- Nécessité de la vocation

«La Providence divine a ses desseins éternels sur toues les créatures. C’est à elle de les appeler et donner la vocation à laquelle elle les a destinées de toute éternité (3).» Le mot vocation signifie appel, invitation, destination. La vocation à tel ou tel état de vie consiste donc à être appelé et destin à cet état par le souverain Maître. Il façonne à chacun son corps, il orne son âme, il doit son cœur, il ouvre son esprit selon le goût qu’il lui doit assigner. Les voies sont préparées, les secours assurées, les événements ordonnées dans la mesure utile au succès de ses intentions. Il a le droit de disposer de vous en maître, «comme l’artisan fait de son œuvre (4)» ; et il suit la pente de son cœur à nous assister d’en haut, comme le meilleur des pères. De sa part, «la vocation qui nous provient et la persévérante qui nous couronne est une effet de sa bonté gratuite et toute pure ( 5).» «C’est vous, ô mon véritable amant, s’écrire saint Thérèse, qui commencez cette guerre toute d’amour.»

Il y a d’abord une vocation commune à tous les hommes : «Dieu veut le salut de tous (6).» Nous avons tous «la vocation d’être des saints ( 6)», au moins de cette sainteté sans laquelle «personne ne peut voir Dieu ( 7).» Après ce premier acte qui plante les chrétiens dans Jésus-Christ, il en est un second qui les y fait fleurir et fructifier, chacun dans sa mesure (8) : toute âme a son degré particulier de sainteté à atteindre (9). Enfin, il reste la vocation à un état spécial, au rang que chacun doit occuper dans l’Église militante, en vue de la place qui lui est réservée dans l’Église triomphante ; car Dieu a toujours en vue, dans le gouvernement du monde et des âmes, «la perfection des saints et l’édification du corps du Christ (10).»

Pour les religieux et pour les vierges, c’est bien de Dieu que vient «ce sentiment d’amour qui les sollicité à vivre en pauvreté parfaite, en humble obéissance et en près pure pureté (11)» ; il «a aimé le premier, et son amour est la source de celui qui nous lui rendons (12). Tantôt il ravi des âmes qui ont à peine entrevu les choses du monde, et qui les dépassent par les intuitions de la foi et de l’amour, comme la douce Agnès, «que le Christ a choisie pour épouse avant que l’âge lui permit à elle-même de choisir un fiancé (13).» Tantôt il se rend vainqueur après des désenchantements et des meurtrissures, en ménageant «des coups de surprise aux cœur enchantés de l’amour du monde (14), et «nous arrache à nous-même pour nous consommer dans l’amour (15).» Une âme religieuse en peut approfondir ces graves pensées sans aimer se rappeler l’heure où le céleste Époux lui est apparue et lui a parlé ; comment elle l’a reconnue et s’est laissée charmer par ses «divines incantations (16)» ; enfin par quelques voies miséricordieuses, il a brisé les liens du chasseur et préparer son affranchissement (17).


2- Corrrespondance à la vocation

Grande question que celle de la vocation ! Le tout pour une créature c’est d’être à sa place dans la création et d’y tenir son rang, «La vocation est une affaire capitale ; elle est le principe d’une vie heureuse ou malheureuse (18).» Sur la route, nous rencontrons des devoirs, des dangers et des peines : à chaque détour du chemin, le Providence nous prépare la lumière, la force et la consolation ; mais si nous passons par des sentiers où elle nous attendra pas, nous restons livrées à notre faiblesse, à nos obscurités, à la solitude. Qu’y a-t-il de plus triste et en plus débilitant que de douter si l’on est dans la situation et dans les oeuvres où la «providence le voulait.» Avant donc de courir, dit saint Ambroise, choisis bien ta route » et le prophète déclare que «c’est un malheur d’ourdir sa toile autrement que par le mouvement du Saint-Esprit (19).»

«Dès que l’étoile est venue vous monter la voie, hâtez-vous ; il est à craindre que la lumière s’éteigne (20).» Là où vous êtes appelé, jetez, ancre et fixez les cordages ; la haute mer menace de vous reprendre (21),» tels sont les avis que donnent les saints aux appelés, les avertissant qu’on court un vrai péril, si on néglige «ces conseils qui pourtant n’obligent pas comme les préceptes (23).»

Il ne faut rien exagérer. On peut éviter le mal et faire son salut dans toute occasion, circonstance et profession que n’est pas d’elle-même criminelle, même quand on s’y est engagé contre la volonté de Dieu clairement connue, pourtant quiconque manque sa vocation, se trouve dans une positon fausse vis-à-vis de Dieu et du prochain. Il a des talents sans emploi, des devoirs auxquels il n’est pas divinement préparé, des tentations contre lesquelles il n’est pas spécialement armé ; il offre et il fait souffrir. Le regard de Jésus doit être pour lui un souvenir inexorable que ne lui permet pas d‘être heureux. Pour l’acquisition des vertus, il ressemble à ces plantes des chauds climats, dont les feuilles semblent grelotter, même dans nos serres, elles n’atteignent jamais leur taille naturelle, ne donnent que des fleurs diminuées et rarement conduisent à maturité leur fruit. L’on comprend que souvent «la grâce du salut, est attachée à la vocation ( 24),» ainsi l’entendait notre sainte Jeanne d’Arc et, en face de ses voix, elle s’écriait : «Dieu le commandait ! Quand j’aurais eu cent pères et cent mères et que j’eusse été fille de roi, je serais partie».

Toutes, nos «avons défendue nos droits à l’amour (25) et «sans nous laisser alourdir par les plaisir terriens, nos avons quitté notre pays et notre parentage (26).» Mais il peut venir, il arrive sûrement à quelques-unes des doutes sur leur vocation, ou sur les motifs qui l’ont déterminée. Que la réponse est simple ! Deux saints nous la fournissent. «La Providence fait de beaux chefs-d’œuvre avec ces intentions tortures ; il en est qui n’étaient pas bien appelées et dont la vocation a été ratifiée et bonifiée par Dieu ; ils deviennent de bons serviteurs de la divine Majesté (27).» D’ailleurs si vous ne vous croyez « pas appelée, viviez de telle sort que vous vous fassiez donner la vocation (28).»


Affection

«O Jésus, mon Rédempteur et mon Dieu, comment ai-je mérité d’être appelée, moi pauvre pécheresse, à vivre ici-bas dans votre demeure, tandis que vous laissez en proie aux orages du monde tant d’autres jeunes personnes plus innocents que moi ? Seigneur, faites que je connaisse tout le prix de cette haute faveur, que je vous en sois reconnaissante et que je réponde par mon amour à celui que vous m’avez montré. Oui, Jésus, je vous aime par dessus tout et je ne veux aimer que vous seul.» (St Alphonse de Ligouri)

Examen
Suis-je reconnaissante à Dieu de ma vocation ?
Est-ce que je pense parfois à ce qu’elle a coûté à Jésus ?
Resté-je dans l’humilité, la crainte, le sentiment de mes responsabilité ?
Ma vie est-elle d’une élue, épouse de Jésus ?
Si j’ai des doutes et des tentations, est-ce que je les combats en m’efforçant de vivre plus saintement ?
Ai-je l’habitude de prier pour que Dieu multiplie le vocations ?

Résolution

Bouquet spirituel:

«Heureuse l’âme qui entend la voix de Dieu et la suit ; elle fera un heureux voyage au port du salut.» (Ste Jeanne de Chantal).

Voir les références au lien F.Maucourant-References-du-sites.html