DU COMITÉ DIOCÉSAIN DU MINISTÈRE PRESBYTÉRAL

AS-TU DÉJÀ PENSÉ À
DEVENIR PRÊTRE?


LE GRAND SÉMINAIRE, ÇA TE DIT QUELQUE CHOSE?

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Prêtres du Monde

auteur

+ Sr Denise Christiaenssens
Ermite de la croix o.f.s.

Rimouski Qc. Canada

Titre de la série :
À la Trinité par l'hostie
Titre de la page:

Seul avec lui - 47
Pour me perdre en Dieu - 48
Mon abandon à Dieu - 49
La-fournaise-de-charite- 50
Dans l'attente du face à face - 51

Offrande à Marie - 52

Nom de l'auteur:
Don Vanadeur .
 


Seul avec lui - 47


Sixième Partie- O Mes Trois

Solitude infinie

La Solitude infinie ! C’est une des définitions de Dieu. Il s’est définit lui-même, disant : Je suis celui qui suis (1), En d’autres termes : Je suis l’Être,. Il n’y a que lui qui soit, puisque tous les autres êtres, sans exception, ne sont qu’une participation très lointaine analogique de celui-là seul qui est appelé l’Existence même.

A ce titre, comme à celui qui le fait la lumière, la beauté, la bonté, l’amour, la puissance, la justice, la miséricorde chacune de perfections que nous lui attribuons et que nous adorons, l’on peut dire que Dieu, est la Solitude infinie ; parc qu’il est seul à posséder, en plénitude l’être et tous les attributs qui lui reviennent, comme étant le nécessaire, l’Éternel, l’Absolu.

Il habite, ainsi, que solitude infinie, inaccessible. Il est l’abîme où ne peut retenir et faire écho aucun des êtres qui participent à son être. C’est, pour chaque âme, comme le désir immense, reculé aux frontières incommensurables, situées à l’infinie de la divinité.

Qui pourrait jamais atteindre, à l’entrée me de cette solitude, que remplit seul l’essence divine et les personnes ineffables, riches de cette essence ?

Et pourtant, celui que le monde entier ne peut contenir, celui qui vit reculé en l’infinité de la solitude qui ne se mesure pas, vient de descendre dans mon cœur. Mon cœur le contient, puisque Jésus-Hostie, c’est Dieu ; c’est le Verbe du Père, principe de l’amour éternel. Mon cœur, en ce moment, habite la solitude dans limite du Dieu trois fois saint.

Ce sentiment me saisit. Il me ferait peur, si je ne savais que m’abîmer dans une telle solitude, c’est goûter à sa source la paix la plus sûre , le repos le plus bienfaisant.

O Solitude de mon Dieu, désert plein de délices, permettez que je me réfugie quelques instant en vous, et que j’échappe ainsi à la multitude des choses !

Qu’il fait bon se sentir loin, très loin, infiniment loin de toute créature , voire la plus chère, pour n’être qu’avec Dieu, avec mon Dieu à moi, avec ce grand Dieu qui, remplissant ciel et terre, daigne accueillir cette poussière d’être que je suis, pour l’immerger en cette mer de silence qu’il m’apparaît.

Solitude de Dieu ! Qu’il est salutaire à mon âme de s’arracher à ses propres puissances, à son imagination rarement tranquille, à son intelligence toujours lasse de ses raisonnements, à sa volonté jamais satisfaite, pour se plonger ainsi en se centre d’elle-même, espèce d’abîme répondant à l’abîme où elle se perd !

C’est dans cette solitude-là que, chaque matin, Dieu me convie pour me parler au cœur (2). A vrai dire, mon âme, tu n’est bien que là, où Jésus-Hostie t’entraîne, en la solitude de Dieu, Père, Fils , Esprit-Saint.

Reste ici, en silence ; réponds ainsi au silence de Dieu. Adore, abîme-toi devant tant de majesté et ne souhaite plus qu’y vivre aux siècles des siècles. Une seule minute, en ce recueillement, te sera plus profitable que des années dans l’agitation inutile de tes puissances.

La sainte communion à Dieu recueille tous les privilèges, elle unit à toutes les perfections de Dieu, à chacun de ses attributs. C’est qu’elle divinise l’âme à qui Dieu fait part très intimement de ce qu’il est et de ce qu’il a . Que lui importe l’oublie des créatures ? Pourquoi s’affligerait-elle encore de la solitude où elles la laissent parfois, si elle peut jouir, à ce point, de celle de son Dieu ? Elle ne sera vraiment jamais moins seule, que lorsqu’elle sera seul avec Dieu seul.

Seigneur Jésus, conduisez-moi toujours dans cette solitude où il fait si bon habiter. Que je vous y rencontrer bien seul, ô vous qui suffisez à qui vous aime ! Qu’ ai-je besoin encore des consolations toujours transitoires de la terre ? Aussi longtemps que je ne vivra pas avec vous, comme si vous m’étiez seul au monde je n’aurais pas encore compris le mystère ineffable de votre solitude infinie.

J’en ai une image lointaine, près de moi, au saint tabernacle. Seule, la veilleuse vous tient compagnie. Elle me rappelle sans cesse ce que je devrais être faire pour vous dans l’affreux désert de cette vie, en attendant que je sois reçu éternellement en la plénitude de votre solitude, ô mon Dieu qu’en ce moment j’adore, en qui je me repose et jouis.

Références

1- Exod., III.24
2-Qs.,II,14


Pour me perdre en Dieu - 48


Sixième Partie- O Mes Trois

Immensité où je me perds.

C’est l’Église qui chante : « Dieu est immense, le Père est immense, le Fils est immense, l’Esrit-Saint est immense ; il n’y a pas trois immense, mai Un seul immense (1)».

Mon Dieu, vous êtes l’immensité même vos remplissez le ciel et la terre ; vous êtes infiniment plus grand que les cieux. Vous n’êtes pas limité vous êtes ; l’Incommensurable. Ce que vous éternité est à l’égard du temps, votre immensité l’est à l’égard des lieux. De même que des millions et des milliards de siècles, n’ajouteraient rien à votre éternité ; ainsi, aucun espace, ni grand qu effort de mon imagination pût le concevoir, ne saurait même surer la grandeur de votre être. Il est sans fin ni terme,

Or, si infiniment grands que sous soyez au point qu’aucun espace que peu voust, vous êtes néanmoins, si simple as votre immensité qu’elle est indivisible. On eut dire que vous êtes partout et que vos n’estes nulle part : partout, puisque la atome lui-même vous contient tout entier : nulle part, puisque nul lieu ne peut vous contenir. Vous êtes près de moi, et, par ailleurs, infiniment loin de moi : loin demi, si je considère l’immensité de votre grandeur ; près de moi, si je considère l’immensité de votre présence. Vous me renfermez en vous, vous m’environnez, vous me pénétrez, vous me remplissez :vous m’êtes comme plus intime qu’à moi-même ; c’est en lui que nous vivons, que nous nous mouvons; en lui que nous sommes. (2)

E tout cela est vrai, naturellement vrai : il n’a pas un gain de sable qui ne subisse le poids de votre immensité. Mais qui doit dire un chrétien qui vient de recevoir Jésus-Christ ? L’immensité de Dieu vient de faire invasion en lui d’une manière qui en vient à son êtes surnaturalisé par la grâce.

Il est en moi, si grand soit-il ; en moi, si néant que je suis! Il est là avec ses perfections infinis ; avec sa toute-puissance qui fait tout et qui souvent tout ; avec sa sagesse qui gouverne tout ; avec sa bonté qui attire tout ; avec sa providence qui pourvoit à tout ; avec sa miséricorde qui remédie à tout ; toutes ces perfections, et toutes celles, infinies et ignorées, qui sont en lui, sont inséparable, de son immensité. En ce moment, tout cela est dans mon cœur. Bien plus, mon Jésus, Jésus-Hostie, vos me donnez le cœur du Verbe que vous êtes, pour aimer mon Père dans l’ Esprit-Saint. Je n’ai pas dans son propre cœur amour capable de vos aimer autant que vous êtes aimable. Vous me donnez votre propre cœur ; il est là moi

O Père, je vous offre ce cœur d’amour immense de votre Fils; je vous aime par cet amour éternel qui le dévore, amour tout- puissant immense dont vous vous aimez vous-même.

Père saint, je vous aime par Jésus, votre Hostie, votre Verbe incarné et fait eucharistie pour moi ; ne me méprisez pas ce petit néant que je suis et me e sens si profondément. Qui suis-je, moi et qu’êtes-vous ? Les anges et les hommes mettraient des éternités à vos comprendre : jamais, en jamais, ils ne verraient le terme de votre immensité ; et cependant, en votre Fils, le bien-aimé de vos complaisances, je vous saisis, s’il en peut dire; je vos comprends puisque lui, votre pensée égale à vous-même, vos comprend pour moi et en moi.

Q vous êtes donc bon ! Vous êtes heureux, quand e vos recherche ainsi, par en lui et en lui. Alors, vous semblez faire état de l’atome que je suis ; vous me recherchez, vous daignez descendre en moi pour m’aimer de toute votre tendresse de Père, pour m’aimer, me combler de vos dons et m’encourager à coopérer de tout mon vouloir à votre amour.

En Jésus, vous vous êtes fat si petit, vous ajoutant à ma taille de créature, que vous transformez au point de la combler de votre grandeur, en votre immensité.

Quelle admiration ! Un Dieu immense s’est donné à moi aujourd’hui, pour avoir mon âme, pour la rendre une pure « capacité de Dieu !

C’est jusque là que Jésus-Hostie fait son oeuvre en moi! Verbe fait chair, fait eucharistie, il donne à la grandeur de Dieu de s’abîmer dans la petitesse d’ue âme, sous fragment, une parcelle d’une sainte Hostie !
Qui comprendra jamais jusqu’à Dieu nous aime ! Et il y en a tant qui doutent encore de cet amour !

Références

1- Symbole de aint Athanse
2-Act.,XVII,28
 


Mon abandon à Dieu - 49


Sixième Partie- O Mes Trois

Je me livre à vous comme une proie.

Dieu se donne à moi : n’est-ce pas justice que je me donne à lui ? Il se donne toute entier, Père, Fils, Esprit-Saint ; il se livre en Jésus –Hostie, dans l’humanité sacrée du Verbe, sans réserve, gratuitement. N’est-il pas parfaitement équitable que je m’abandonne, en plénitude, à celui qui se donne cœur que je me donne, à mon tour ?

Seigneur Jésus, daignez donc, en cette heure bénie de ma journée, daignez vous faire le prêtre de mon oblation! Tout à l’heure, au moment solennel du sacrifice, vous m’avez emporté, avec vous-même, sur l’autel sublime du Verbe que vous êtes, vous m’avez introduit dans le sein du Père pour m’y cacher à jamais et me rendre participant des complaisances que la Trinité sainte prend en vous. Celle-ce n’attend plus en moi que la réciprocité d’un amour que, par l’Eucharistie, vous confondrez s volontairement dans le vôtre. Je désire devenir la proie de son amour, la proie qu’elle daignera saisir, pour se l’assimiler, condition suprême de mon bonheur sa fin.

On ne peut se donner à Dieu, un et trine, que par votre sacrifice éternel. Par vous, je me donnerai au Père : avec vous, je me lierais à son Verbe; en vous, je m’abandonnerai à l’Esprit de l’un et de l’autre, votre amour.

Père, mon Père à moi, je suis votre toute petite créature, celle à qui vous daignez demander son amour. Le don inénarrable (1), que vous lui faites en Jésus-Hosties, en reste la preuve la plus évidente autant que la plus touchante. Votre Cœur, si délicat, supposer bien que je l’aime compris et, qu’en retour, je ne puis vous dire plus sincèrement mon action de grâce qu’en me livrant à vous.

Je le sais trop, et l’expérience me l’a confirmé, vous aimez tant qu’o s’abandonne ! L’abandon, n’est-il pas la forma plus authentique de l’amour ? Il semble bien que s’abandonner, c’est donner tout, c’est se séparer de soi-même, c’est se laisser prendre et prendre sans retour.

N’est ai-je, dure reste, tout à gagner ? L’Enfant que sa mère prend dans ses bras, qu’elle presse sur son cœur où elle le garde jalousement pour le réchauffer de son amour, n’est-t-il pas le plus heureux de tous? Que peut-il craindre là? Plus rien. Son sort est lié, désormais, au sort de celle qui le porte : c’est son plus grand, c’est son unique trésor. Elle ne le lâchera jamais.

Père, je me livre, je m’abandonne ainsi à vous, comme si j’étais Jésus lui-même. Vous le savez bien ; je suis devenu tout sien, puisque par sa chair, son sang, son âme, sa divinité, il est devenue tout mien.
.
Saisissez votre pire arrachez-la à elle-même; rompez tous les fils qui la rattacheraient encore à quelque créature. Vous avez tous les droits ; car, vous êtes mon Père, en Jésus votre bien-aimé.

Verbe de Dieu, je m’abandonne à vous aussi. Aigle divin, fondez sur votre proie, facile puisque vous la possédez déjà par votre Eucharistie. Elle le désire tant ! faits mourir en elle, ce qui est encore charnel, terrestre, humain. Vous êtes descendu jusqu’à moi pour me transformer, me changer en vous. Saisissez-moi, enlevez-moi à moi-même, pour que m’élevant de vous, cette chair que je suis se spiritualise de plus en plus en imitant votre nature; c’est-à-dire que mon être réalise, enfin l’idée que vous êtes de moi, dès l’Éternité ; idée que fut et qui reste éternellement en vous, quand le Père vous engendre. Que mon être réalise ce plan ineffablement beau de ma prédestination, conçue en votre pensée que contemple et aime votre Père dans les cieux, souhaiter cette grâce, n’est-ce pas aspirer à toute sainteté?

Esprit-Saint, Amour infini du Père et du Fils, je m’abandonne à vous aussi, comme une proie d’amour, je me laisse faire par vous, vous surtout ; car, vous êtes la Charité divine, sans laquelle je ne puis être l’enfant du bon Dieu. Je m’abandonne à l’amour. Qu’il accomplisse sa volonté en moi, sur la terre comme au ciel ! Qu’il m’introduise et me garde au sein de Père et du Fils ; que là, il me serre dans l’étreinte de la divinité pour me fondre en l’unité, dernier mot de toutes choses !

O mon Dieu, Trinité que j’adore, je m’abandonne à votre action par Jésus-Hostie, avec lui et en lui. Je sais que c’est là votre honneur et toute la gloire que je puisse vous rendre. Je la cherche, je la veux, maintenant et toujours, aux siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Références

1- II.Cor.IX.15


La fournaise de charité- 50


Sixième Partie- O Mes Trois

Ensevelissez-vous en moi, afin que je m’ensevelisse en vous.

C’est là le dernier mot de ma prière, comme un dernier désir, si toutefois, quand il s’ait du Dieu infini, Trinité qu’on adore, il pousse être mis une borne, un terme aux aspirations de l’âme chrétienne. On dirait qu’elle n’est jamais satisfaite et qu’elle peut, et qu’elle doit s’élever toujours plus haut à la recherche de celui qu’elle étreindra toujours mieux.

Seigneur Jésus, Jésus-Hostie qui vivez et régnez en moi, avec le Père tout-puisant, dans l’unité d’amour de l’Esprit-Saint, à cette heure où je communie à votre mystère de foi, c’est à vous que j’adresse ma dernière prière. Oui , ensevelissez- vous en moI! Que veux-je dire ? Quelle est la grâce ultime que je sollicite de votre ineffable condescendance ?

Je voudrais être, aujourd’hui, votre ciboire vivant, le tabernacle du Dieu Très-Haut, le temple du Dieu saint, la maison de Dieu, la fournaise ardente de charité, tous ces titres vous appartiens. Puisque vous avez daigné descendre jusqu’a aux profondeurs les plus intimes de mon être, n’est-ce pas pour un établir un séjour définitif ; n’est-ce pas pour y sceller une union que rien, ni personne ne pourra rompre ou détruite ?

Vous ensevelir et moi, n’est-ce pas y cacher, dans l’essence secrète de mon âme, tout ce que vous voulez-êtes et rester pour celle-ci? En un mot n’est-ce pas pour réaliser notre unité de vie, non seulement en ces moments si riches de grâces de la communion, mais en tous ceux qui s’écoulent jusqu'à notre prochaine et nouvelle rencontre, celle de demain?

Vous désirez tant cet ensevelissement en moi ! Vous voulez tellement que mon cœur à moi devienne comme le tombeau de votre amour l’inlassablement agissant ! Je dis tombeau, non qu’il doive y garer, comme ailleurs, ce quia cessé de vire au contraire. Vous êtes le Glorieux, vous en mourrez plus ; en moi, vous vous faites l’Esprit vivifiant qui régit ma vie (1).

Vous ensevelir en moi, c‘est y faire mourir tout ce qui n’est pas vous ; c’est en arracher les fibres les plus minimes qui me rattachent encore à la créature, ce que je vous demande plutôt , ce que je puisse m’ensevelir en vous afin que je devienne mûr pour une transformante qui déifie mon être en le votre, ô Verbe du Père, ô véritable époux d’une âme qui se perd elle-même, pour se retrouver en vous seul.

Seigneur Jésus, réalisez en moi ce « mariage spirituel », vers le quel les saints ont tendu, et tendent toujours de tous les désirs de leur âme. Vous êtes au centre de la vôtre. Votre centre, Seigneur, c’est le sein de Dieu ; c’est la fournaise ardente de la charité éternelle, où se consument le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Centre de ma propre vie, ensevelissez-vous en moi pour que je m’ensevelisse en vous. Enfin , je recueillerai le fruit véritable de cette communion ineffable qui explique à merveille la parole que vous nous disiez , ô Vigne du Père : celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure et moi, et moi en lui (2).

Je ne suis qu’un tout petit rameau de cette vigne. Plus qu’aucun autre, j’ai besoin pour vire rester attaché au cep qui le nourrit, d’aspirer du trône divin la sève qui le conserve et le fait croître. Si je ne restais là, en vous, je sècherais et finirais par mourir, Seigneur Jésus, ne permettez jamais que je me sépare de vous; ne permettez pas que ma communion d’aujourd’hui, de demain, de chacun des jours de ma vie, ne serve qu’à mon jugement, qu’à ma condamnation (3), J’aspire à vivre; non mille fois non, je ne veux pas mourir éternellement.

Je veux bien brûler, me consumer ; mais que ce soit jeté et enseveli dans votre fournaise ardente de charité. Que l’amour me jette, moi aussi, dans cette fournaise, dans cette fournaise d’Amour ! Que ma flamme se fonde dans la vôtre, o Braisier de l’éternelle Trinité, et qu’en une unité indestructible, dans le temps et dans les siècles des siècles, je sois, avec vous, en vous et par vous, une hostie de louange à la gloire du Dieu rois fois saint ! Cet ensevelissement, qu’il soit enfin et à jamais, une vie cachée avec le Christ, en Dieu (4) !

Références

1- I.Cor.,XV., 45
2-Joan,m VI,59
3-Prière du missel avant la communion
4- Col.III, 3


 Dans l'attente du face à face - 51


Sixième Partie- O Mes Trois

En attend d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs..

C’est ; le Docteur Angélique, saint Thomas d’Aquin qui, à genoux devant Jésus-Hostie, lui chante cette strophe immortelle :

Jésus, que je regarde maintenant voilé sous les espèces, je t’en conduire ; q’arrive afin ce dont j’ai soif ; Que ta Face se découvrant un jour à mes yeux. Je puisse, dans la béatitude, contempler. Ta gloire.

En terminant cette Oraison incomparable que la saint carmélite de Dijon murmurait dans le silence du sanctuaire, l’âme chrétienne se repose en une vison très secrète, qu’en l’intime d’elle-même l’Esprit-Saint fait naître et qu’il soutient ; son regard plonge dans la profondeur du ciel qu’elle st devenue ; et, dans ce ciel qu n’est autre que Dieu, il semble qu’elle entrevoie la face du Bien-aimé, qu’elle épousait dans l’Hostie.

Elle se souvent que Jésus disait : Qui me voit, voit mon Père… Comment Philipe, peux-tu dire : Montrez-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi (1) ? Elle croit Jésus sur sa parole, une parole qu est esprit et vie (2)

Elle ouvre les yeux à cette lumière de vie. C’est toujours le voile de la foi, sans doute ; et pourtant, en dirait qu’il y a plus. Des âmes saines, nombreuses, pour qui l’Eucharistie reste le sacrement de toute union mystique avec Dieu et son Christ, répètent qu’elles se sentent à la sainte Communion et comme au seuil la vision béatifique. Si elle les ne contemplent pas encore tout à faite celui qui vit aux siècles des siècles, elles le présentement , enveloppés qu’elles sont déjà des rayons lumineux et chauds de son visage auguste. N’est ce pas comme le prélude la béatitude promise ?

Il l’a dit : Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour (3). La vie éternelle, c’est cette vision, la vison de Dieu , du Père, du Fils et du Saint-Esprit. C’est dans la face du Verbe, dans la lumière de gloire, qui descend de la lumière du Verbe, qu’un jour nous verrons la lumière. En elle nous verrons le Père, qui engendre ineffablement le Fils de ses complaisances ; nous verrons le Fils engendré, l’image de Dieu invisible (4) ; nous verrons l’amour, procédant comme une flamme de feu du Père et du Fils. Et torrent de la volupté divine nous immergera aux siècles infinis, nous aimerons, nous louerons, nous jouirons. Ce sera, en plénitude, le ciel de Dieu, Dieu lui-même devenu notre ciel, pour toujours.

Mais, dès maintenant, l’attente amoureuse de cette vie éternelle goûtée en cette plénitude, nous assure quelques chose de cette vison bienheureuse. Jésus-Hostie nos donne, dès maintenant, la vie éternelle ; le communiait la possède, dans un degré proportionné à la messe de sa charité ; Habet vitam aeternam..

Mon attente doit consister en une préparation toujours plus fervente à la réception du sacrement de la vie, en une action de grâces toujours plus recueillie à ma sainte Communion, il y a une résurrection, aussi profonde de secrète, qui s’inaugure en ce dedans de l’être chrétien. On dirait une semence de Dieu qui demeure en lui et c’est à cela qu’on reconnaît les enfants de Dieu (5). Plus il ressuscite, plus il s’adapte aussi à la lumière qui lui fera contempler l’abîme des grandeurs divines.

Chaque communion fortifie le germe de vie éternelle qui n’est autre que le Verbe de Dieu vivant ; elle neutralise toujours mieux celui de notre être corruptible, pour le transformer en l’incorruptibilité du germe de lumière (6). Le miracle se poursuit sans relâche et l’on peut dire que, déjà, s’élabore le fruit dernier du sacrement, avec l’Apôtre, l’on conclut que : Semé dans la corruption, il ressuscite incorruptible ; semé dans l’ignominie, il ressuscite glorieux, semé dans la faiblesse il ressuscite plein de force ; semé animal il ressuscite corps spirituel (7) L’Esprit prit vivifiant du second Adam fait sa victoire, lente mais sûre ; le corps mortel revêt insensiblement l’immortalité (8) , et la mort est engloutie dans cette victoire de l’Esprit.

Oui, grâces soient rendues à Dieu qui nous donne la victoire par Notre-Seigneur Jésus-Christ (9), Jésus-Hostie nous conduit à la vison qui doit achever toute sainteté. L’Âme, par sa grâce, espère de plus en plus en Dieu entrevu. L’Esprit-Saint et l’Épouse de Jésus lui crient : Venez ! Venez, Seigneur Jésus. Et Jésus répond à qui l’entend : Venez ! Qui a soif, qu’il vienne. (10) Qui le désire qu’il prenne de l’eau de la vie, gratuitement ! Oui, je viens bientôt !

Venez, venez, Seigneur Jésus ! Après les ombres de cette vallée où rien ne demeure, venez m’arracher à la vanité de tout ce qui passe ; emportez-moi, ravisses-moi ! Et puis, découvrez-moi l’abîme éternel des grandeurs de votre Père, dans la lumière indéfectible du Verbe que vous êtes, ans l’amour indestructible de l’Esprit Saint.

Et c’est ainsi que, faisant la conquête, enfin, de ce que l’eucharistie nous offrait comme un gage, je veux dire la gloire future promise à ma foi, je me perdrai par vous, avec vous et en vous, dans l’unité du Dieu, Trinité que j’adore. Ainsi soit-il.

Références

1-Joan,m IX.,10
2-Ibeid., VI,63
3-Ibid.54
4-Col.,I.15
5-Joan.,III.9-10
6-I.Pert.,1,23
7-ICor.;, XV.42
8-Ibid.,54-
9-Ibid.,57
10-Apoc.,XXII,17-20


A celle qui donna sa chair et son sang à Jésus-Hostie, afin que, devenue notre nourriture et nous transformant
par celle-ci en lui, il nous fit part de la vie éternelle du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Offrande à Marie - 52


Sixième Partie- O Mes Trois

Marie, sainte Mère de Dieu et Vierge des vierges, il n’est pas une seul des Pensées méditées en ces pages, que je n’aie puisée en vous, source inépuisable de lumière et d’amour. Rappelez-vous que je n’ai pas écrit une seule de ces oraisons, sans m’être agenouillé à vos pieds, sans vous avoir rappelé que vous étiez la mère de Jésus celle qui me le donna au jour de l’Incarnation qui me le redonne tous les amours. Hostie à l’autel, pour servir de nourriture à mon âme.

Je dépose ce volume, après tant d’autres qui glorifient votre nom et vos privilèges, dans les mains de votre miséricorde et de votre tendresse, si ces considérations peuvent être utiles et salutaire à une seul âme, il me semble que je serait bien récompensé de ce travail. Il est à vous, ô Mère très chérie : disposez-en pour qui vous voudrez, et dans la mesure que vous voudrez, Mère de Jésus-Hostie, daignez agrée cette hommage. Ne vous était-il pas dû, et à tant de titres ?

Chaque matin, avant de me disposer à monter à ce saint autel, où m’est permis de présenter au Père des cieux l’oblation vivante du Fils de se complaisances, j’entends l’Angelus tinter à la tour du monastère. A genoux, je réfléchis profondément au privilège, inouï, unique qui fut le vôtre, celui de recevoir dans vos chastes entrailles ce Verbe éternel qui prenait chair de vote sang très pur. Et je me mets à prier, ainsi :

L’Ange du Seigneur a annoncé à Marie, et elle a conçu du Saint-Esprit…

Esprit du Père et du Fils, qui avez daigné féconder de votre amour le sein de la plus Immaculé des Vierges, pour lui faire concevoir et engendrer le Fils de Dieu, celui-là même qui, dans un instant, deviendra l’Hostie que j’offrirai a être et qui deviendra ma nourriture; daignez survenir en moi, et tous ceux et celles que je porte dans mon cœur ; fécondez-nous tous de ce même amour, pour que chacun de nous devienne l’habitation très sainte du bien-aimée Jésus.

Voici la Servante du Seigneur du Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole!

O Père céleste, Père de mon Hostie, redites sur moi aussi tout le contenu de cette Parole que vous engendrez à tout instant, votre Verbe ineffable, dites- la sur moi, cette Parole, parole créatrice, capable de créer les saintes dispositions qui au sein de ma Mère furent celles de l’humanité sacré de Jésus, devenue le réceptacle vivant de ce Verbe que j’adore. Cette Parole, que je l’accueille que j’y acquiesce, que je m’y abandonne, avec la foi, l’espérance et la charité qu’y mit Marie dans son Ecce et dans son Fiat ; afin que la recevant en son eucharisties, elle me transforme en la sainteté du Verbe incarné

Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous.

Verbe de Dieu, venez à moi encore; venez à moi, vous qui, devenue mon Hostie, cherchez une autre hostie, pour y renouveler tout votre mystère d’amour ; une hostie que vos réduirez à l’unité de la vôtre. Et c’et pourquoi, envahissez-moi, emparez-vous de mes énergies physiques et morale; pénétrez-moi, comme vous avez envahi et pénétré Maire, pleine de grâce. Que je vous devienne, oui, comme une humanité de surcroît qui vous achève, s’il se peut dire, et vous glorifie toujours plus. Priez à vous, Sainte Mère de Dieu, afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

C’est à vous, ô Marie, de parfaire ce grand ouvrage que ma prière esquisse. Ma confiance n’a d’égale que votre puissance. Réalisez en moi ce prodige ; qu’il soit dit aujourd’hui que, moi aussi, j‘ai produit une bonne parole dans mon cœur (1), la parole qu’est Jésus-Hostie. Qu’elle me re-crée, qu’elle me renouvelle et qu’elle me rende, enfin, par elle, avec celle et en elle, au Père, au Fils et à leur Esprit d’amour !

Amen. Oui, qu’il en soit ainsi ! Je ne désire plus rie après Jésus-Christ, après l’Hostie de mon sacrifice quotient, après celui qui seul peut combler tous mes désirs, étant l’Unique qui suffit à tous, qui suffit en tout ; que je puis-je, au ciel et sur la terre, désire encore (2)…?

Mère de l’Hostie, faites de moi l’esclave d’amour de cette eucharistie qu’après l’avoir survie, prêchée, glorifié ici-bas, elle me conduise jusqu’à la montagne sainte de Dieu, en les tabernacles adorable du Père, du Fils et du Saint-Esprit ! Que sa vertu, m’ayant ressuscité, selon sa promesse infaillible, m’immerge en la vie même de Dieu, m’inondant de sa lumière, me rassasiant de son amour dans un face à face qui ne doit pas finir.

Référence

1-Ps., XLIV
2-Ibid.,LXXII,25