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L' identification à Jésus - 19
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Deuxième Partie- Mon Christ Aimé
Je vous demande d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme.
En ce moment tout divin, où mon âme vit, non plus elle, mais Jésus en elle, que puis-je faire de plus saintement agréable au Dieu, Un et Trine, que d’unir les mouvements de mon âme à ceux de l'âme de mon Sauveur ?
Cela me paraît aussi simple que naturel. Sans doute, mon âme reste bine mon âme ; il n’y a pas confusion de substances, encore qu’ineffable fusion des esprits et des cœurs. Mais l’Apôtre vient d’affirmer que c’est bien Jésus, l’Homme-Dieu qui vit en moi. Il y vit ; il y adore, remercie supplie; il y demande miséricorde. Il y a aspire, surtout, vers Dieu dans un amour indicible, dont je ne puis exprimer la mesure, lui, qui vient sans mesure, de se donner à moi.
Identifier mon âme à tous les mouvements de son âme, c’est bien cela âme laisse remporter là, où son âme est emportée ; identifier ma pensée à sa pensé, mon cœur à son sœur, ma volonté à sa volonté ,mes désirs à ses désirs : en un mot, en m’oubliant moi-même, passer en lui et embraser, en plénitude, ses sentiments à lui.
Je ne suis rien, moi ; mes pensées, mon amour, mes désirs, c’est rien ou quasi rien. Mais lui, c’est tout, c’est le Tout, Lui seul importe, à raidire, ici-bas, comme au ciel. Et c’est en tout vérité que je fait bien de répéter le mot si profonde son humble. Précurseur : Il faut que je diminue, moi, mais lui, il dit croître (1). Qui suis-je, moi qui suis indigne de me prosterner à ses pieds pour délier le cordon de sa chaussure (2) ?
Seigneur Jésus, que j’adore au plus profond de mon âme ; en cette mémoire, qui ne veut plus que se souvenir de vous ; en cette intelligence, qui ne veut plus s’user qu’à pénétrer vos grandeurs ; en cette volonté qui se lire, autant qu’elle le peut, à la vôtre ; en ce cœur, qui ne sait plus l’aimer qu vous seul ; Seigneur Jésus, c’est à vous de vous emparer de mes puissances pour les identifier à chacun des mouvements des vôtres.
En ces instants, les plus précieux de ma journée, enfermé dans ce silence impressionnant du recueillement, où vous me jetez, livrez-moi, à votre prière secrète, et laissez-moi faire de votre âme l’oratoire où, me recueillant en vous, je puisse avec vous et par vous, passer sans l’oraison de Dieu (3), dans cette oraison à vous, dans l’oraison qui m’arrache à la mienne, si je ne la confonds pas dans la vôtre.
Qu’est-ce que passer dans l’oraison de Dieu ? comment donc s’y prennent vos saints, à l’heure de l’eucharistie, quand vous les nourrissez du pain de sainteté, du pain de la vie éternelle ; quand vous les désaltérez au calice du salut perpétuel (4) ? Ils passent en l’oraison de Dieu comme d’instinct ; ils ne font pas eux-mêmes leurs oraisons ; ils ne conçoivent pas leurs pensées ; ils ne font ni considérations, ni méditations, ni études ni examens profonds ; ils ne forment point de raisonnements pour se convaincre, pour animer leur cœur à aimer : c’est-à-dire qu’ils ne font point leur propre oraison, non, et même, dans leurs «nuits» et aridités douloureuses, ils se laisser n aimer ; ce qui est toute leur activité, bien profonde.
Au lieu de tirer de bonnes lumières de leur profonde fond, ils s’appliquent à prier plus en Dieu. Que font-ils ? Ils s’attachent uniquement à l’opération mystérieuse de la grâce de Dieu ; ils s’appliquent à ce que leur Dieu fait éternellement en lui-même, à la contemplation de ses ineffables perfections, à l’amour de sa bonté infinie ; c’est là son admirable Oraison.
Or, c’est ce que fait Jésus-Hostie en mon cœur, quand je viens de le recevoir à la Table Sainte. Il s’élève à son Père très aimé ; il contemple la beauté du Verbe, sa personne elle-même ; il s’enivre au torrent de la volupté divine ( 5), dans l’Esprit du Père et du Fils.
Identifier mon âme aux mouvements de son âme, c’est faire cela, rien que cela, mais tout cela. Qui découvre ce trésor éprouve moins de distractions, d’ennuis, de langueurs dans la réception du sacrement d’amour.
L’âme du communiant voit bien que l’unique affaire, au moins la principale car ici, chacun suit le mouvement de l’Esprit c’est de s’attacher à cette oraison de l’Homme- Dieu ; c’est d’y passer, de s’y reposer, et ne rien faire que d’empêcher son esprit et son cœur de faire autre chose que ce qui est déjà fait ; oui, s’y attacher fermement, s’y abandonner, et s’y complaire.
L’eucharistie est vraiment un ciel où, tout-à-coup, Dieu nous transporte pour nous empêcher d’être encore sur la terre parmi les enfants des hommes qui l’ignorent et ne l’aiment pas.
N’est-ce pas, en effet, ce que font les Bienheureux, là-haut, passant le grand jour de leur éternité dans l’oraison de Dieu ? Qu’il nous soit donné, à nous, misérables enfants d’Éve, de passer la coutre nuit de notre exil en cette sorte d’oraison. (6) ! Nous le pouvons, identifiés dans l’âme-là l’âme de Jésus-Hostie.
Références
1- Joan., III,30
2-Mc., I,7
3-Luc., VI,12
4-Expression du Canon de la Messe
5-Px., XXX,7
6- Cf. D'Agenton, Conférences surls Grandeus dela Vierges, II,Nous vous en inspirons ici.
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L'envahissement de Dieu - 20
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Deuxième Partie- Mon Christ Aimé
Je vous demande de e submerge, de m’envahir.
Ne crois pas, ô mon âme, ces expressions apparemment extravagantes, cette idée d’une submersion en Dieu, d’un envahissement de Dieu en toi, ce qui est la même chose ; car, Dieu ne t’envahit jamais que pour te submerger, s’il se peut dire, en l’océan de lumière et d’amour qu’il est.L’eucharistie de Jésus te conduit directement à cette grâce, ne redoute pas quelque fosse prétention ou quelque irrévérencieuse présomption. Elle te donne, elle, des ailes assez fortes pour t’élever, si haut, oui, en le Très-Haut Seigneur Jésus.Retiens donc que, comme ce n’est plus toi qui vis, mais lui qui vit en toi, ainsi ce n’est pas tellement toi qui prie : c’est lui qui prie en toi.Je t’en supplie, laisse-là tes raisonnements ; ne fatigue pas ton esprit à cette philosophie. Bien au contraire : empêche-toi de te tourmenter ; tiens-toi, simplement et en toute paix, attentif à l’oraison que Jésus fait en toi. Peut-on imaginer une activité comparable à cela d’une âme qui s’élève à son Dieu par l’activité même par laquelle Jésus-Christ s’élève à son Père, dans l’amour du Père et du Fils ?
C’est alors que tu te trouves comme immergée en Dieu, envahie par Dieu. Et c’est L’Eucharistie, qui vit en toi, qui t’accorde e privilège ineffable !Ce que faisait Jésus, sur la montagne, lorsqu’il passait la nuit en l’oraison de Dieu. Il le répète en toi, qu’à cette heure il constitue comme une montagne de Dieu, une montagne grasse et fertile, une montagne sur laquelle il met ses complaisances à habiter (1).Et que faisait-il? Priait-il quelqu’un plus grand que lui ?
Oui, certes, en tant qu’homme. S’humiliait-il, sollicitait-il quelque grâce ? L’évangile n’en dit rien. Il semble plutôt insinuer quelque chose de sublime par ces mots : en l’oraison de Dieu.Qu’est-ce que cette oraison ? C’est la contemplation éternelle de Dieu, de sa beauté, de son amour infini. Peut-on se figurer une oraisons plus sublime que celle que Dieu fait éternellement en lui-même, lorsqu’il contemple et aime sa majesté souveraine ?
C’est là que l’âme de mon Sauveur passait se jours et ses nuits ; c’était son oraison. Il eut t’apprendre à t’y adonner de toute ta propre âme.Sans doute, ici-bas, Jésus vivait de son âme à la fois comme au ciel ; il était toujours en possession de la claire vision du face à face, de la vision du Verbe et, par ce Verbe, de la Trinité toute entière; Jésus seul pouvait , dès cette terre, jouir en plénitude de oraison de Dieu.Seul, il était ainsi dans le plein midi de la gloire divine, dans le sein de ce Père, dont il faisait son oratoire sacré. Parce que Dieu, il était, lui-même, dans sa propre oraison ; il se contemplait, Verbe du Père et s’aimait éternellement, comme homme son âme passait en l’oraison de Dieu qu’il était. Il passait en Dieu, il s’y abîmait. Les grandeurs de Dieu, ses bontés infinies, il les contemplait, il les aimait dans la contemplation que Dieu en fait de ses propres grandeurs et dans l’amour infini que Dieu, nécessairement, leur porte. Qu’est-ce cela, sinon entrer dans l’oraison de Dieu ? Emportée dans le mouvement d’amour de l’Esprit-Saint, son âme bénie allait au Père, au Verbe qu’il était, au Saint–Esprit, en même temps qu’elle s’immergerait en l’abîme des perfections divines.Qui a jamais entendu parler d’une telle oraison ? Peut-elle devenir la nôtre ?
Et, si oui, que ne peut-elle nous obtenir ?L’Eucharistie, vivant en l’intime de notre âme, nous introduit en cette oraison-là. A ce moment, ne faisant plus qu’un avec Jésus-Christ, entrant en une mystérieuse participation de tout ce qu’il est, de tout ce qu’il a, nous sommes emportés par lui, dans les mouvements, de son âme. Immergés en elle, envahis par elle, nous participons à son oraison de Dieu ? Y pensons-nous ?Où nous conduit-elle ? Dans les trésors de la sagesse et de la science de Jésus, dans les richesses des lumières et des ardeurs divines. C’est son privilège à lui, sans doute; mais, dans la mesure de notre attention silencieuse, de notre recueillement et de la donation de notre âme, à cette heure si précieuse, cette oraison nous inonde des grâces du Sauveur.Quels moment célestes, oui, moments bienheureux où , ravis à nous-mêmes, nous jouissons, autant qu’il est permis de la désirer ici-bas, d’une communion, la plus intime, à Dieu, Père, Fils, Esprit d’amour ; c’est le prélude et le gage de la vision.
Référence
01-Ps.LXVII.16
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Le rayonnement de Jésus - 21
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Deuxième Partie- Mon Christ Aimé
Je vous demande de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement en votre vie.
Où va me conduire l’oraison de Dieu ? Ni plus ni moins qu’à cet admirable commerce entre Jésus et moi, entre Jésus, qui me communique toute ce qu’il est, tout ce qu’il a ; et moi, qui le revête de plus en plus au pointe de devenir comme une même chose avec lui.
C’est là, la grâce profonde qu’infuser en mon âme Jésus-Hostie Elle ne réalise pas cette merveille en un jour, au moins d’ordinaire; mais, peu `a peu, lentement, sûrement. Pour me servir de l’expression familière à l’Apôtre, je dirai qu’elle me situe et me stabilise dans le Christ : in Christo Jesu. Le baptême, déjà, est une initiation à cette substitution sublime l’eucharistie est chargée de l’accentuer sans cesse et de la parfaire.
Nous entendons encore tant elle nous, impressionne cette parole que nous adressait une âme pleine de Dieu : «Dites-vous souvent : je vous, comme toute âme chrétienne, répétez-vous : je suis Jésus…Pénétrez-vous de cette ineffable vérité, à tout instant, où que vous soyez, sur la place publique ou dans vote chambre, dans le métro de la ville immense ou dans le salon où vous recevez. Pensez cela, pénétrez-vous de cela, à la prière ou au travail, dans vos joies ou dans vos peines, quand vous parlez ou quand vous faites silence : Je suis Jésus»
Un baptisé, un chrétien oui, c’est un autre Christ ; mais un communiant ? qui dira jusqu’où va cette substitution de Jésus à lui ? Si nous avions nous prêter à cette opération de Dieu en nous ! Si nous avions foi en la sainte eucharistie ! Si nous croyons à sa vertu de transformation, de transfiguration en Jésus-Christ !
Sur le Thabor, Pierre, Jacques et Jean enveloppés dans la nuée, symbole de l’Esprit- Saint et qui recouvrait Jésus, Moise et Élie entendaient la voix du Père disant de son Christ : Celui-ci est mon Fils, le très cher, en qui je me complais (1)…
Puis, ils ne virent plus que Jésus (2).
Ils ne virent plus que Jésus. Tout le reste avait disparaître eux-mêmes semblaient disparaître en lui. La révélation du Seigneur, la fulgurance de sa face et la neige de ses vêtements les avaient transfigurées en lui. Toute communion, c’est cela : une transfiguration, mais une transfiguration bien autrement opérante que celle accomplie sur la sainte montagne.
Si saint Pierre, devant ce grand miracle, avertit ceux auxquels il le rappelle, d’y prêter attention, désormais, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, en attentant que vienne à poindre le jour de la parousie finale ; et qu’il se lève, lui Jésus, comme l’étoile du matin dans leurs cœurs ; que devons-nous penser, nous autres, de cette transfiguration quotidienne que procure la communion ? Elle ne nous laisse pas seulement son souvenir, ainsi que Jésus le demandait à la dernière Cène, mais elle le fait passer, tout entier, en notre être.
Il est en nous, il demeure en nous.(3) Et quand les saintes espèces auront disparu, l’essentiel qui demeurera, ce sera la vertu ou puissance de l’eucharistie. Elle continuera à pénétrer nos moëlles intimes, celles du corps, celles de l’âme surtout. Nous serons devenus le rayonnement actif de Jésus-Christ Notr–Seigneur.
Et nous nous lèverons, et nous irons à notre tâche, à notre labeur, à nos affaires. Porteurs du Christ, Christophores, comme disaient les Pères, nous le porterons partout où nous serons, où nous nous présenterons, où nous agirons. Alors, mais alors seulement, commencera notre véritable apostolat, celui qui dépasse toutes les autres, celui sans lequel tous les autres sont voués d’avance à un misérable échec ; alors commencera ce qu’on a appelé si profondément, si justement «l’apostolat de l’être».
Avant d’agir, il faut être» ; il vieil axiome qui, peut-être, ne réalise nulle part mieux qu’ici sa vérité. Avant de pouvoir prêcher Jésus, avant de pouvoir donner Jésus, il faut avoir commencé par l’être, être Jésus.
La puissance des saints est là, n’est que là : qu’on ne l’oublie jamais. C’est quand une âme est imprégnée du Christ, qu’elle déborde de sa sève divine, c’est alors que nécessairement, sans même le savoir, elle agit. Il est impossible qu’une âme replie de Dieu, et comme changée en lui, ne livre a dehors sa vertu de rayonnement.
Elle devient lumière dans le Seigneur (4), celle qui éclaire les ténèbres ; elle devient le charbon ardent qui enflamme et brûle de son propre feu quiconque l’approche.
Peut-on, timidement, avancer ceci : il y a trop d’œuvres, il n’a pas assez d’âmes intérieures pour les diriger ? Et c’est pourquoi, trop souvent, le succès répond si peu a l’effort.
C’est Dieu qui fait nous oeuvres. Nous ne sommes que des instruments. Encore faut-il que ceux-ci soient adapté à l’usage qu’on doit en faire. Ils ne le sont que lorsque ceux qui travaillent, dussent-ils se fatiguer beaucoup, ne recherchent que la pure gloire de Dieu. Ce n’est qu’en lui et pour lui, en son fils Jésus que travaille bien, pour le salut, celui que s’applique à ses œuvres : c’est qu’alors elles sont faites en Dieu (5).
Références
1- Mc., I,II
2- Mt., XVII,8
3- II .PETER., i,19
4- Epes., V,8
5- Joan, III,21 |
La vraie adoration - 22
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Deuxième Partie- Mon Christ Aimé
Venez en moi comme adorateur.
Jésus est en moi, en mon corps, en mon âme… Il est si bien en moi, qu’il me submerge en Dieu, s’il m’est permis de dire ainsi ; tant il vient de m’envahir afin que ma vie ne soit plus qu’un rayonnement de la sienne, Jésus, l’Homme -Dieu, m’emporte et m’enlève en Dieu son Père, en le Fils, en l’Esprit de l’un et de l’autre.
Et c’est ainsi, qu’uni à lui, je puis présenter, en lui, je m’unis à se adorations ineffables ; je m’y perds, ne pouvant plus dire à Dieu que ce mot : Adoro te.. Mon Dieu, je vous adore…
Les adorations de Jésus !… qui pourra jamais exprimer ce qu’elles peuvent être, la religion qu’elles constituent, la gloire qui en revient à mon Dieu ? Qui mieux que lui, Homme-Dieu, peut sonder l’abîme sans fond du néant de la créature devant le tout de Dieu ? Qui, plus parfaitement que lui, peut scruter le rein de tout ce qui est, devant la réalité, digne de toutes les adorations, de Celui qui est. (1)
Adorations profondes du Sacré-Cœur de Jésus, je m’unis à vous ! Prostrations de l’Homme qui est Dieu lui-même, je communie à vos louanges. Avec vous, ô Jésus, je ne redirai que cette belle prière que répétait jadis, à saiété, un saint évêque (2);
«Mon Dieu, je vous adore… Tout en moi vous adore… Je vous adore en toutes choses… Et je n’ai plus de joie, de paix et de repos que dans cette adoration.»
Père, notre Père des cieux, Père de Jésus, mon Père et mon Dieu, je vous adore par votre Fils, dans l’amour du Saint-Esprit… Je ne sais plus dire, ne faire que cela… Il n’y a de vrai adorateur que lui, votre bien-aimé. Lui seul sait qui vous êtes, Père ; lui seul peut vous révéler, et à qui il lui plaît. Mais si je sais vous dire, en lui : «je vous adore,» je crois que je vous rends un culte, le vrai culte en esprit et en vérité, le seul qui vous agrée , parce qu’il est, seul, le culte plénier qui vous revient.
Tout en moi, par Jésus, vous adore. Oui, toute mon être. Mon corps tel que vous l’aviez fait, et cela jusqu’à la dernière fibre, jusqu’aux moelles les plus secrètes. Je vous adore avec mon âme et ses puissances, les naturelles et les surnaturelles ; avec ma mémoire qui ne veut plus se souvenir que de vous ; avec mon intelligence assoiffée de vous connaître ; avec mon cœur et toute l’amour dont il peut- être capable ; avec ma volonté, rivée à vote saint service, je vous adore, avec tout être de grâce que votre don daigna créer en moi.
Par Jésus, je vous adore en toutes choses… Je reconnais, par cette adoration, tout ce que vous êtes, vous , mon Dieu, mon premier principe, ma fin dernière ; vous, la puissance, la sagesse ; vous, la bonté ; vous, la justice; vous, la miséricorde ; vous, mon imperturbable espérance, dans votre vérité et dans votre amour.
Je vous adore, par Jésus , dans vos volontés, celles que je comprends et , plus encore, celles que je ne comprends pas, mais que je sais justes, équitables et conformes, toutes, aux dessins de votre gloire infinie.
Je vous adore même en toutes vos permissions, aussi adorable que vos volontés, ô vous, qui ne permettez le mal, sous quelque forme qu’il se présente à moi, que pour être la cause d’un plus grand bien.
Ma joie est pleine, désormais. Cette adoration me rassasie et m’établit en toute paix ; elle me stabilise en tout repos. Je voudrais ne plus me départir en cette attitude de corps et d’âme. Je voudrais, par Jésus-Hostie, ne plus relever le front de cette dalle où je me prosterne, pour vous dire mon néant et votre tout…
Je suis là, à ma vraie place. Je ne puis être mieux… Il me semble que toue expression de ma piété se confond bien en celle-ci.
Seigneur Jésus, venez donc en moi, comme adorateur, adorateur du Père, du Fils que vous êtes, dans l’Amour qui me remplit de Dieu. Cette vie me semble si débordante, si féconde, si glorieuse !.
O mon Dieu, Trinité, que j’adore !…
Références
1- Exod., IV,14
2- Mgr. Groy, évêque de Tournai
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La réparation des crimes - 23
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Deuxième Partie- Mon Christ Aimé
Venez en moi comme réparateur.
La sainte communion, Jésus-Hostie en moi, ne m’est accordée qu’en fonction du sacrifice auguste qui vient d’être célébré. Elle le complète, chez le prêtre qui offre la victime de nos autels mais encore chez le fidèle qui, pour sa part, est aussi l’un des offrandes.
Trop de chrétiens n’envisagent leur communion que comme une dévotion séparable de la sainte Messe,. Sans doute, dans l’eucharistie , le sacrifice et le sacrement sont choses bien distinctes. Cependant ce mystère est un. L’on communie au corps et au sang de Jésus, pour s’unir, avant tout, à l’immolation renouvelé du calvaire.
Il n’y a pas, dans nos tabernacles, une seul hostie qui ne soit à qu’en vertu d’un sacrifice qui l’a produite ; pas une seule qui ne demeure là, qu’en fonction de cette même oblation.
Or, parmi les fins sublimes de la sainte Messe, la réparation pour les crimes de l’humanité n’est pas la moins importante. Elle y revêt même un caractère solennel. La doctrine des conciles de l’Église insiste très particulièrement sur ce rôle du sacrifice ; elle y voit une satisfaction, une expiation qui apaisent la colère divine ; et, en nous pardonnant et en nous remettant nos fautes, il remet aussi les peines, tant des vivants que des mots, dues pour ces mêmes fautes.
Seigneur Jésus, vous êtes en moi, avec tout la vertu de votre saint sacrifice : vous m’appliquez, en ce moment précis où je vous reçois et vous possède, les mérites infinis de votre bienheureuse passion. Vous qui êtes notre victime, à tous, et vous m’associez à ce rôle admirable.
Réparateur des péchés du monde et présentement à votre Père des cieux un sang qui offre à sa justice une compensation qui dépasse à l’excès les exigences de celle-ci, je devine réparateur avec vous, en communiant à ce sang très précieux.
Il y a une réparation que j’aime à vous présenter aujourd’hui, ô Père de Jésus-Hostie, car je devine qu’elle vous est la plus agréable. Je voudrais tellement réparer pour le don profané de l’Eucharistie, votre don inénarrable (1) en Jésus, votre Bien-Aimé.
Une religieuse carmélite donna et consacra sa vie entière, en actions de grâces pour ce don, synthèse des merveilles du Seigneur. Et quoi de plus grand, il est vrai, qu’en telle offrande ! Eucharisite signifie action de grâces : la saint Messe, est, essentiellement et avant tout, une magnifique actions de grâces rendues à Dieu, pour tout ce qu’il est : elle le loue pour ses perfections infinies, pour tout ce qu’il a été. Pour ce qu’il est et restera, à jamais, pour nous, rien de plus jésuite, de plus équitable et de plus salutaire que de faire eucharistie, comme on disait jadis, c’est-à-dire de lui rendre grâce par une hostie qui est Jésus, le Fils de ses éternelles complaisances.
La «Messe réparatrice» existe, aussi légitimement que la «Messe de reconnaissance (2)» . Chaque fois que nous communions, nous pouvons accroître la vertu de la réparation par la mesure de notre ferveur et de notre zèle.
Ne nous est-il pas permis de nos faire, avec Jésus et par lui, les réparateur pour la profanation du don de Dieu, réparateurs pour tant de communions sacrilèges, pour tant d’outrages infligés à la sainte eucharistie ; pour les irrévérence qui rabaissent et diminuent son culte.
Seigneur Jésus, je vous le demande, venez en moi aujourd’hui, comme réparateur des injures fais a vous-même dans votre propre sacrement. Offrez donc à votre Père la satisfaction magnifique qui l’apaise et le force à ne pas nous traiter dans ses justes vengeances, en enfants de colère.
Que je sois, en vous, réparation vivantes, tout ce jour. Que je sois à votre amour une compensation généreuse, qui adepte tous les sacrifices de l’heure, en union à notre grand Sacrifice, inlassablement remémoré sur les autels de la terre. Que je puisse réparer pour moi-même ; que je répare pour tant d’autre qui n’y penseront pas aujourd’hui.
Et qu’ainsi, toujours plus pénétré de cette vérité, qu’il fat que j’imite celui que je reçois, ma vie devine une oblation réparatrice, source de pardon. de miséricorde et de paix !
Références
1- II.Cor., IX,15
2- On connaît l' Oeuvre de la « Reconnaissance» qui, tous les deuxièmes vendredis du mois, fait célébrer près de 50,000 Messes, en actions de grâces à Dieu, pour tous esti beinfaits, que la qu'ils soient, mais cleui de L'Eucharitsite surtout. Dieu seul pour inspirer une telle foi. |
Le zéle du Salut - 24
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Deuxième Partie- Mon Christ Aimé
Venez en moi comme Sauveur.
« Que le Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ garde ton âme en vue de la vie éternelle(1) ! »
Telle est la parole que le prêtre de Dieu m’adresse, au moment où il dépose sur la langue le sacrement adorable de Jésus-Hostie.
Parole profonde, riche de sens, Ni plus ni moins, ce souhait, fait à chacun de nous, est une prière qui implore note salut. Le ministre de Dieu, qui vient de communier, est saturé de grâce. Ses lèvres sort humides encore du sang très précieux de l’Agneau qui efface les péchés du monde. Et c’est alors qu’il exprime cette parole, cœur ardent, qui résume toutes les fins du sacrifie offert : la gloire de Dieu dans le salut de l Homme.
Est-ce que la personne entière de Jésus ne nous sauve pas ? Assurément, son corps , son sang, son âme, sa divinité opèrent infailliblement notre salut. Pourquoi insister sur ce mot, le corps, sinon parce que Jésus, l’a dit.
L’Église, en priant ainsi n’a pas l’intention précisément d’isoler l’élément salutaire des autres partie constitutives de la personne de Jésus, l’Homme- Dieu. L’âme du Christ est unie à son corps`et les deux sont unis, en unité de personne, à sa divinité .C’est à lui tout entier qu’elle s’adresse toujours.
Mais, en disant le corps, elle nomme une chose que nos connaissons mieux, que nos sens saisissent mieux, semble-t-il, au travers des espèces sacrées qui de dérobent à nos yeux. On dirait que, dans l’eucharistie , le corps,,est ce que nous trouvons, d’abord. Et l’Église nous fait chanter : Avec verum corpus natum : Salut, ô corps, né de la Vierge Marie et qui a vraiment souffert pour l’homme, qui fut immolé pour lui (2 !…
Et puis, et surtout, en nous répétant : Que le corps de Notre Seigneur Jésus-Christ garde ton âme pour la vie éternelle, le prêtre veut nous rappeler que c’est ce corps qui connut notre mortalité et toues les épreuves souffrances, tourments de la vie; ce corps qui a répandu le sang précieux, ce grand prix de notre rédemption et de notre salut (3) ; ce corps qui resta suspendu à la sainte croix ce qui fut mis au tombeau ; ce corps qui, ensuite, ressuscita glorieux et monta au ciel… où il siège à la droite du Père ; ce corps, ne fut-il pas et ne reste-il pas l’instrument et adorable de notre salut éternel?
À la dernière Cène, Jésus nous le donnait, disant : Ceci est mon corps, livré pour vous (4) , pour votre rachat , pour votre salut.
Pour désigner, d’un mot l’œuvre grandiose de l’incarnation qui nous sauve, l’apôtre sait Jean ne fut jamais mieux inspiré qu’en écrivant : Le Verbe s’est fait chair (5). Ce qu’il y a , de plus sublime, la splendeur de gloire du Père ; par ailleurs, ce qui semble le plus méprisable, le plus lourd, le plus matériel, la chair : le Verbe de Dieu et notre chair.
Il nous faillait ce remède pour le corps comme pour l’âme, ainsi que l’enseignent tant de postcommunions de la sainte Messe : il nous le faillait pour guérir, pour relever et pour sauver notre corps de péché, cause de nos déchéances les lus lamentables ; il fallait cette chair d’un Dieu, chair si virginale, chair maintenant glorieuse car, elle vient à nous, ainsi, à la communion pour inoculer à la nôtre ce ferment de résurrection dont, désormais elle détient le gage assuré.
Et c’est pourquoi, Seigneur, je vous crie : Venez en moi, comme Sauveur, en moi et en tous ceux et celles que vous avez unis à moi et qui vous aiment ; venez aussi en cœur qui ne vous aiment pas, mais que vous appelez tous à cet amour,
« Corps du Christ, sauvez-moi (4)!…» ainsi prie l’auteur de l’Anima Christi, cette belle prière, si profonde, si pleine de doctrine dans sa brièveté !
Corps de Jésus, né de la Vierge Marie ; corps immolé pour mon corps ressuscité pour moi ; corps de Jésus remonté au ciel et qui m’attirez ineffablement, sauvez-moi !
Sauvez-moi, en me garant pour la vie éternelle, en vue de cette vie-là . La vie éternelle ! N’est-ce pas la seul raison d’être de ma vie ici-bas? Si je manquerai ce but, je perdrais tout, parce que je perdrais Dieu, mon Dieu, la Trinité qu’aujourd’hui j’adore en mon cœur, en le ciel de mon Âme.
La vie éternelle, c’est la vision du face à face ; c’est voir Dieu, c’est le connaître, l’aimer, comme il se connaît et comme il s’aime. « Nous le verrons, nous l’aimerons, nous le louerons » s’écrie saint Augustin. Nous seront plongés au sein de la joie infinie ; nos seront étreints, éternel et dans l’embrassement du Père, du Fils et de l’Esprit d’amour. Quelle étreinte !… Sa seule pensée détache de toutes choses et ravit en Dieu.
Seigneur Jésus, ne permettez donc jamais que je sois séparé de vous (6), ni dans le temps, ni dans l’Éternité ! Je vous le demande, chaque matin, au moment où je vais vous dire : Que le corps de Notre Seigneur Jésus garde mon âme pour la vie éternelle ! Vous êtes cette vie, parce que vrai Dieu (7) ; et c’est vous qui nous la révélez, ô Venez donc à oit, à tous, comme Sauveur ; et que se réalise la parole que vous disiez en instituant votre sacrement, source d’immortalité : Père, j’ai gardé ceux qui vous m’avez donnés, et aucun d’entre eux n’a péri (8).
Références
1- Liturgie dela Messe
2-Au moyen âge, cet hymne se chantait comme aussi «l'O Salutaris Hostia,» à la sainte Messe, à l'élèvation de l'Hostie, que désiraient voir yeux aux fidèles. Cf. Dumoutet, Le désir de voir l'Hostie .
2- I Cor., Vi,20
3- Ibid., XI,24
4- Joan,I,14
5-Invocation de l'Anima Christi.
6-Prière du Missel avant de laCommunion
7- I Jean ., V,20
8- Joan., XVII,12
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