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Première Partie-Trinité que j'adore
Pacifiez mon âme
N’est-ce pas la Grâce suprême que cette paix, paix de Dieu que je cherche, quand possédant Jésus, je possède le Père, le Fils et le Saint Esprit ?
Qu’est-ce que la paix, sinon ce que saint Augustin appelle «la tranquillité de l’ordre» ? Quel ordre tranquille que l’unité principale dans la bienheureuse Trinité des personnes !
C’est l’ordre éternel, nécessaire, imperturbable, splendide et harmonieux ; c’est la beauté même que le père soit le Père, que le Fils soit le Fils et que le Saint Esprit soit le Saint –Esprit.
C’est l’ordre, adorable comme nul autre : c’est l’ordre digne de louages infinies que le Père engendre le Fils ; que le Fils procède du Père comme en sa Pensée, sur Verbe, sa Parole; que le Saint Esprit procède de l’un et de l’autre, comme l’étreinte vivante de leur amour mutuel.
Et toute cela, dans l’ordre, c’est la tranquillité sans ombre possible de trouble ou de confusion, précisément parce que ces opérations de Dieu aude-dans de lui-même sont l’ordre essentiel de sa nature, de son être.
C’est la paix au sens le plus vrai, le plus entier du moi : c’est la paix, parce que c’est l’ordre stable, divinement réglé n’ayant pour mesurer cette stabilité que l’éternité du Dieu, Un et Trine.
Quand J’implore Jésus-Hostie, le Dieu qui règne, en ce moment, dans mon cœur, dans ce cœur si souvent troublé, parce que c’est si souvent, là , le désordre, l’attache à ce qui passe se brise et fatigue infailliblement ; quand je lui dis, à lui aussi : Pacifiez-mon âme, je lui demande cet ordre, cette tranquillité, qui crée, assure, et parfait ma paix.
C’est à Jésus de me l’obtenir, à lui de me l’accorder, à lui de me la garder. Lui-même, l’Apôtre m’en assure, est la Paix, notre Paix, celle qui fait l’unité (1) entre Dieu et moi, entre nous tous. L’eucharistie m’introduit par la saint humanité en la divinité du Verbe, et par ce Verbe me donne la communion avec le Père et le Saint-Esprit.
C’est à cette hauteur de la Trinité, en cette atmosphère où l’on ne respire plus que le Dieu paisible et pacifique, que je suis élevé encore milieu sacro-saint, il faut nécessairement que je trouve ou retrouve ma paix, la paix de mon âme, de ses puissances et de ses énergies ; la paix de mon corps lui-même, qui subit infailliblement l’influence pacifiante de cette rencontre de Dieu.
Père pacifiez mon âme, à cette heure, où je communie à celui par qui vous avez voulu et continuez à vouloir par la vertu du sang de sa croix dont il m’abreuve, pacifier toutes choses avec lui-même et celles qui son sur la terre et celles qui sont dans les cieux (2).
Donnez-moi cette paix de vos enfants, qui ne redoute plus rien de vous, parce qu’ils possèdent votre Esprit, qui est celui de votre Fils ; ils savent bien qu’il leur est permis de crier vers vous : Père, Père (3)…!
Or, cette attitude de l’âme chrétienne. C’est vraiment l’ordre, l’ordre tranquille, parce que c’est a réalisation du plan éternel établi pour vous, dans la réconciliation du monde avec vous–même. C’est donc la paix, la paix substantielle des chrétiens. Ils savent que l’amour, n’est plus dans la crainte, mais dans la confiance mutuelle, dans l’abandon plénier à celui qui les aime, parce qu’ils aime Jésus-Christ, votre Fils (4) cher entre tous, à qui nous communions pour communier à votre amour de Père.
Seigneur Jésus, pacifiez mon âme, aujourd’hui ; rassurez-la ; versez en elle l’Esprit–Saint, Esprit de votre dilection filiale, envers le Père, le vôtre et le nôtre (5) ;soumettez-moi, encore une fois, à l’ordre si tranquille de sa bonne Volonté, de celle qui donne la paix aux hommes (6).
Que le toucher de votre hostie, que j’adore, atteigne par sa vertu, toujours victorieuse, le fond de mon être, corps et âme. Que je soi pénétré et comme envahi de cette vertu au point, que la paix règle, enfin, dans ce domaine que je soumets à votre emprise ! Que mes ennemis intérieurs, et qui sont les vôtres, fuient désormais, vaincus, humilié, détruits.
Burinez en mon être, indestructiblement, ce mot de paix, mot vivant de votre propre vie, et qui, à jamais, abrite mes pensées, mes vouloirs sous l’égide tranquille de l’ordre qui est en Dieu même.
Références
1- Éphes., 11,14
2- Col., 1.20
3- Ga;., IV,6
4- Joan, XVI,27
5- Ibid., XX.17
6- Luc., II,14
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Le ciel de Dieu - 8-
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Première Partie-Trinité que j'adore
Faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos.
Ici, dans mon action de grâce, à cette heure solennelle où toute chose en moi sont réduites au silence ; où mon âme se sent comme immobilisée et pacifiée, comme si, déjà, elle était dans l’éternité ; où l’Hostie l’emporte au sein du Père, dans l’amour même du Père et du Fils ; à cette heure où la terre semble ne m’être plus rien, pour que je me sens si loin d’elle, si loin de toute créature, si lion de moi-même, je demande à Dieu, avec tant d’insistance : Mon Dieu, faites de mon âme votre ciel.
Qu’est-ce que le ciel, sinon vous-même, Père, Fils, Esprit-Saint ? Le ciel, c’est, le lieu du bonheur et vous êtes votre propre béatitude. Vous habitez dans les cieux ; le ciel du Père qui engendre, le ciel du Fils engendré ; le ciel de Esprit d’amour procédant de l’une et de l’autre ; et cela n’est qu’un ciel , celui de l’unité des trois personnes en Dieu.
Si vous daignez faire de mon âme votre ciel, vous seriez, à elle-même, son bonheur, sa béatitude infinie, sa demeure aimée et le lieu de son repos.
Mon âme ne devient pas Dieu, non ; mais, en vous suppliant de faire d’elle votre ciel, votre demeure et le lieu de votre repos, je ne veux qu’exprimer l’ineffable communion que vous daignez, en ce moment, réaliser avec elle.
Habitez donc en moi, Seigneur ! Vous le voulez puisque, par Jésus, et avec tout votre amour de Dieu, vous êtes en moi.
Vous êtes partout, puisque vous contenez toutes choses pour votre essence, votre présence et votre puissance. L’atome, le grain de sable fouetté par le vent sur les grèves, la terre entière, sont, ainsi s’exprime le Psalmiste, rempli de votre possession (1). Mais vous vous complaisez infiniment mieux dans une âme ; dans une âme à qui vous donnez non seulement de vous connaître et de vous aimer, mais de vous posséder substantiellement, d’une manière inconnue, certes, supérieure de toute manière.
Vous êtes le ciel lui-même; et dire que vous faites son ciel, c’est souligner, à sa plus profonde expression, le degré dépossession où vous l’établissez.
Seigneur, soyez heureux dans ce ciel de mon âme ! Peut-être vous déplaît-elle, hélas, encore ; car elle n’est pas sainte encore, quoi qu’elle aspire de toutes ses forces à la sainteté. Ne voyez pas son indignité n’appréciez que l’amour qui vous porte aujourd’hui à descendre jusqu’à elle.
Faites de mon âme vote demeure aimée, une demeure d’amour, où Père, Fils et Saint Esprit, vous puissiez vivre votre mystère d’un Dieu, Un et Trine, en profondeur sans fond.
Faites d’elle le lieu de votre repos, où vous puissiez vous dédommager des blasphèmes, insultes, sacrilèges, irrévérences et profanations, négations et crimes de l’impiété ; où vous puisiez rencontrer un cœur avide de vous rendre ce que l’on vous refuser ailleurs.
Qu’elle soit votre ciel, votre paradis, un paradis retrouvé et d’où vous ne serez jamais chassée pour mon ingratitude et ma lâcheté ?
Qui mange ma chair et boit mon sang, avez-vous dit, demeure en moi, en moi en lui (2), Réalisez en plénitude cette promesse. D’autant plus que vous me suppliez et répétez :.Demeure dans mon amour (3). C’est réciproque et, pour cela même, identifiant.
Quelle communion que celle d’un Dieu faisant d’une créature sa demeure ; que celle d’une créature faisant sa demeure de son Créateur ! Quel repos que celui-là et quel rafraîchissement ! Quelle anticipation de l’éternel repos, dans l’indéfectible lumière que vous me permettez d’attendre, si je l’espère de vous !
Ne me quittez pas : restez avec moi, tout ce jour, toute cette nuit qui viendra… J’attendra, par votre vertu, la rencontre renouvelée de demain, pour me cacher, toujours davantage, dans votre ciel ; pour vous contenir toujours plus dans le mien. Le vôtre est le mien, on, c’est plus simple que cela : c’est un même ciel, une même demeure, un même lieu de repos, puisque cette hostie vous faire demeure en moi, et moi en vous.
Références
1- Ps., CIII, 24
2- Jean VI, 57
3- Ibid., XV, 9
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La livraison totale- 9-
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Première Partie-Trinité que j'adore
Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière..
N’est-ce pas la véritable et sincère «action de grâces» à la sainte communion que cette donation absolue ?
Dieu, Père, Fils, Esprit-Saint sont en moi ; ils font de mon âme leur ciel, leur demeure, le lieu de leur repos ; ils sont eux-mêmes sont ciel, sa demeure, le lieu de son repos. C’est une si grande grâce que de le savoir, que de le comprendre !
Nous ne le savons, nous ne le comprenons jamais assez. Si la faveur de l’expérimenter nous était accordée de plénitude, nous subirions les plus enivrantes extase ; il nous serait impossible de nous arracher à Dieu ; impossible de nous occuper d’autre chose que de lui ; impossible de retourner encore à la créature, que nous sentirions infiniment au-dessous de tout ce qu’est notre Dieu.
Cette grâce, faveur toute gratuite, oui, Dieu nous l’offre cependant chaque matin, à chaque communion eu nous renouvelons avec lui, par et en Jésus-Hostie. Pourquoi, plongés en lui, comme il nous est donné de l’être alors, faut-il que trop souvent, notre imagination s’égare, notre intelligence s’émousse et se distraie, que notre cœur reste si froid ?
Mystère de l’indifférence ! Être en Dieu, être déifié en Dieu, être en Jésus et Jésus en nous, devenus son ciel, sa demeure, son repos ; et le laisser seul, tant de fois ! Que fait-il là, alors, en nos âmes, mais apparemment sans elles ?
Sans aucun doute, et malgré notre déficience, il opère en nous ; il communique sa vie de Père engendrant, de Fils engendré, d’Esprit -Saint procédant du Père et du Fils. Ils se connaissent, Père et Fils ; ils s’aiment dans l’Esprit d’amour, là, dans ce réduit obscur d’une âme qu’ils sont venus illuminer de leur présence. Et notre âme, encore une fois, est sous l’opération de cette présence divine, qui la transfigure. Cependant, n’arrive-t-il pas que parfois, livrée à ses faiblesses, elle semble n’y point faire attention et comme s’en désintéresser ?
C’est vrai, mon Dieu ; je vous laisse parfois seul, dans ce ciel où il vous a plus d’établir votre demeure et le lieu de votre repos. Je ne suis pas vigilant, je ne communie pas au vrai sens de moi ; je ne me sens pas, activement et pratiquement, en union avec vous.
Il faudrait que ma mémoire ne sût plus, alors, que se rappeler qui et ce que vos êtes, ô Dieu qui êtes celui qui est (1) ; ce que vous êtes surtout pour moi, à cette heure où vous daignez me marquer, si miséricordieusement, ce que je suis pour vous.
Mon intelligence devrait communier à cette ineffable génération, qui est votre vie, lorsque de votre sein paternel vous engendrez ce concept adorable de vous-même, votre Verbe, l’Unique qui habite ce sein (2) en l’éternel amour.
Ma volonté devrait être toute tendue vers vous en un acte ardent de charité mue par l’Esprit- Saint, qui crée les enfants de Dieu, pour les faire crier : Père, Père (3) !
Mon cœur devrait ainsi se fondre d’amour vrai et sincère, c’est-là -dire sans mélange d’aucun autre ; sans retour sur n’importe quelle créature, fût-elle la plus aimée ; sans retour sur lui-même, afin d’aimer purement comme Jésus, comme Marie, comme les anges de Dieu qui célèbrent, dans un concert ininterrompu, leur dilection pour vous.
Je ne sera tout entier à cette union que lorsque se sera accomplie de détachement qui donne des ailes à une âme ; qui lui suggère et maintient en elle des élans vigoureux qui l’aident à se séparer de tout ce qui la retient et l’empêche d’être la chose totale de Dieu.
Seigneur Jésus, que là encore, dans mon cœur, en ce moment béni, je ne constate plus que je vous laisse seul, sans cette commun de mon âme aux mouvements sacrés de votre propre âme.
Tenez-moi bien, alors sur votre cœur, que la force des ses battements rendre impossible les retards ou l’arête des miens. Serrez-moi étroitement sur cette poitrine, où reposera la tête de l’apôtre. Que l’élan de mon amour soit rythmé au gré du votre ; et qu’ainsi Dieu seul soit glorifié , loué, aimé dans le ciel de mon âme, comme en une demeure où vous ne puissiez trouver que repos.
Références
1- exode., III,14
2- Joan., I, 18
3- Gal., IV,6 |
La foi en sa présence - 10
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Première Partie-Trinité que j'adore
Tout éveillé en ma foi.La raison intime pour laquelle, parfois, je laisse Dieu à sa solitude en moi, après mes communions; la raison pour laquelle, je ne suis pas à lui tout entier, dans mes actions de grâces : C’est à n’en pas douter mon manque de foi.L’eucharistie est essentiellement un mystère, un mystère apparemment plus insondable que celui de la Trinité Sainte. De celui-ci, quoique de très loin, je puis, la révélation aidant ma raison, saisir quelque chose : je puis convenir qu’il doit en être ainsi, par analogie avec ce qui se fait dans mon âme, image de Dieu, par ses opérations.Mais, dans l’eucharistie, quoique ma raison n’y voie pas de contradiction, c’est le mystère en plénitude, un mystère immense, il faut bien l’avouer. On l’appelle, en pleine consécration à la messe, le mystère de foi ; autant dire, le mystère des mystères. Je ne vois, je ne touche, je ne goûte que du pain ; et je dois affirmer, confesser, et cela au pris de ma vie, qu’après cette consécration, ce n’est plus du pain, ce n’est est que l’apparence. Toute la substance du pain a été changée, radicalement, en la substance du corps du Seigneur Jésus. Je l’ai reçu, tel un jour béni, à jamais mémorable de ma Première Communion. Depuis, je l’ai reçu cent fois, milles fois, des milliers de fois ; et peut-être n’ai-je jamais rien éprouvé. Mes sens divers n’ont peut-être jamais fait d’autre expérience que celle du pain.
Que de fois, au contraire, je me suis senti sec, froid, accablé démuni dans la réception de ce mystère auguste ! Il m’est arrivé même de constater plus de ferveur dans ma préparation que dans mon action de grâces. C’est incompréhensible; on dirait d’un effort qui a coûté, et puis, après, comme une lassitude et le besoin d’en finir…Pauvre nature humaine ! Ne lui en veuillons pas trop ; tant de causes coopèrent, et si souvent, à nos longueurs, même au service du bon Dieu. Mais sans vouloir trop accabler ce limon dont nous sommes faits, que de fois aussi ne devons-nous pas nous accuser avec justice et reconnaître nos volontaires déficiences ! » Reconnaissons-le ; c’est presque toujours un manque de foi. Croyons-nous, vraiment ? Croyons-nous à la présence de Dieu en nous ? Croyons-nous, de cette foi totale, pleine de soumission et de soumission aveugle, en Jésus-Hostie, lorsque nous visitant, il remplit tout notre être ? Croyons-nous sincèrement que Dieu vit dans nos poitrines, celui que la foi nous oblige à confesser, dans cette hostie, vrai dieu et vrai homme ?I me semble ,qu’aussitôt reçue en moi la sainte Eucharistie, je devais, en esprit, me ternir prosterné au tréfonds de moi-même; et là, comme tout ravi devant une telle vérité, répéter à Jésus à satiété et de toute la puissance de ma foi :Mon Dieu ! … Mon Dieu ! …Mon Seigneur et mon Dieu (1) ! Mon Dieu et Mon Tout (2) ! …
Je n’emploierais le temps de mon action de grâces qu’à lui dire et redire ces mots, ne serait-ce pas suffisant ? Et quel profit pour mon âme ! Ne serait-ce pas toujours mieux, à chaque minute, m’abîmer plus profondément dans ce mystère, le mystère de foi ?Peu à peu, je prendrais conscience de ce que je dis, de ce que je suis, de ce que je fais. Je m’épancheras en elle Dieu qui est là, non seulement tout proche de moi, mais en moi. Et Dieu s’épancherait en mon être ; je le sentirais, pour ainsi dire ; il y a des saints que le sentent. À supposer même que mes sens n’en perçoivent pas la réalité, je me rendrais compte, tout de même, que la grâce de Dieu opère en moi, puis qu’elle arrive à transformer tant d’âmes de grande foi.C’est la foi qui est la mesure de notre dévotion au Très Saint Sacrement. Dix degrés de foi, dix degrés de dévotion cent degrés de foi, cent degré de dévotion, mille degré de foi, mille degré de dévotion ; si, toutefois, ces choses pouvaient se mesurer. Croire en Dieu, c’est si grand déjà, puisque c’est mette à ses pieds ce qui reste notre plus grande et noble richesse, notre intelligence, mais croire en un Dieu qui est là, en moi ; qui en possède, au point que je demeure en lui, en le possédant ; n’est–ce pas réaliser une des fins principales de cette foi, qui tend, en définitive, à munir directement à Dieu, fortifié de mon espérance en lui, de mon amour pour Lui ?Une telle foi est une adoration, celle qui ne se conçoit bien que dans la prostration de l’être éperdument tendue vers Dieu.
Références
1- Joan., XX,28
2 Sant François d'Assise
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L'adoration de Dieu - 11-
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Première Partie-Trinité que j'adore
Tout odorante…
Il est en moi… Je crois qu’il est en moi ; j’adhère, de tout mon âme, à ce dogme de ma foi, qui me livre le mystère qui contient tous les autres ;qui est la synthèse de toutes ces merveilles, Jésus-Hostie est en moi. Son action m’unit, par lui, au Verbe qui est sa personne, et par ce Verbe, au Père qui l’engendre, à l’Esprit–Saint qui procède du Père et du Fils.
Je dis: Mon Dieu, Trinité que j’adore ! … Peut-être vaut-il mieux que je ne dise rien, que je me taise, que je fasse silence, que j’entre dans les silences imperturbable où Dieu habite, qu’est Dieu lui-même. Mais ce silence qui retient mes lèvres closes, où mon imagination ne s’égare plus, où mon esprit ne cherche plus ses phrases, où mon cœur se repose, ce silence c’est la louange qui lui convient (1), la plus solennelle louange, que je puisse lui rendre. On a dit : parler, c’est difficile ; mais se taire, c’est le suprême hommage ; et c’est là ce qu’on appel adorer.
L’adoration, si l’on consulte l’étymologie du mot, c’est le geste de la main qui, en touchant les lèvres envoie un baiser: ad os, adorare. On dirait, ici, que la mais cueille, affleurant à ces lèvres le souffle intime d’une âme, s’échappant entière comme à elle-même, pour adhérer à Dieu.
Et cette adhésion, toute d’amour, comme l’exprime ce baiser, incline l’âme à l’adoration qui se traduit par un autre geste, la prostration. La créature, reconnaissant ce qu’elle est, de qui elle est faire, sent le besoin, devant son Dieu si grand, de coller se lèvres au limon dont elle est pétrire. L’âme incline son corps jusque à terre; elle rejoint, par lui, son néant devant le tout de Dieu. Mais cette face de l’homme ne s’identifie, pour ainsi dire, à ce limon terrestre, que pour affirmer que son adoration, vrai baiser des lèvres, et une adoration d’amour.
C’est cette adoration-là qui , en ce moment, sied au suprême degré, à celui qui vient de communier à Dieu même, Un et Trine, par la réception du corps et du sang de Jésus-Christ Notre Seigneur.
Car, pour que cette adoration du Père, du Fils et du Saint-Esprit ne soit pas trop indigne de celui à qui elle s’adresse, le communiant la lui offre par un Homme-Dieu. C’est Jésus-Christ qui adore, en moi. Dès lors, cette adoration de l’Unité dans la Trinité Sainte est une adoration infinie, adéquate comme gloire et comme hommage à la divinité à qui elle s’adresse.
Passé e Jésus-Christ, en son corps, en son sang, en son âme bienheureuse, en sa divinité même, moi pauvre petit néant sorti de la boue du chemin, je puis donner à Dieu, tout l‘honneur que mon Sauveur lui rend aux siècles des siècles.
Communiant à l’état glorieux de Jésus, en l’eucharistie, on dirait que m’échappant à tout le terrestre je suis transporté en gloire; et que, là-haut, où règne mon Seigneur, mais où, aussi, son humanité sacrée adore ineffaçablement, je reste enveloppé dans l’adoration éternelle que, ressuscité, il offre à la sainteté de Dieu.
Et c’est pourquoi, en ce moment ou Jésus est en moi, où il me fait participer à tous ses états, de vie, l’eucharistie état la synthèse de ses mystères, c’est pourquoi je me tais, je fais silence, je pénètre en le silence imposant du Dieu trois fois saint ; et j’adore…
C’est pourquoi, m’unissant aux adorations infinies du Fils de Dieu, Verbe Incarné, je m’oublie pour adhérer à ses sentiments; pour me référer à Dieu, par lui, avec tout ce qui je suis, tout ce que j’ai ; pour déclarer que je ne suis eu sa créature, le néant à qui l’a donné être pour qui dire que cet être le reconnaît, lui, le Tout; pour confesser, enfin, qu’à ce titre, il est digne de louanges aux siècles infinis.
Quelle «actions de grâces» que celle-là ! l’home disparaît à lui-même, pour ainsi dire, il se donne, il se livre, il se lie, il s’enchaîne, à celui qu’il aime, dans une oblation qui lui cri : vous êtes mon Dieu, Trinité que j’adore !
Seigneur Jésus, je vous adore vous-même, vous, on Seigneur et mon Dieu (2) , pour être mon médiateur auprès du Père, dans l’esprit d’amour, vous n’en êtes pas moins adorable, adorable comme l’un et l’autre des Trois.
Je suis à vos pieds, que mes lèvres ne cessent de baiser, les embrasants de toute l’ardeur de l’amour que vous répandez en mon cœur, lorsque communiant à vous, je communie au Père, au Fils et au Saint-Esprit.
Références
1- Ps., LXIV,I, d'après l'hébreu
2- Jean, XX,28 |
L'action créatrice - 12-
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Première Partie-Trinité que j'adore
Tout livrée à votre action créatrice.
Je ne pus concevoir, à coup sûr, ce qui se passe, ce qui se fait, à cette heure, en moi, en mon corps, en mon âme, en mon être entier, en toutes ses puissances.
Une postcommunion nous fait prier, ainsi, et si profondément ;
«Nous vous en supplions, Seigneur, faites qu’en participant à votre sacrement, nous ressentions dans notre âme et dans notre corps les effets de votre grâce; de sorte que parvenant au salut dans notre coule substance, nous nous glorifions de l’effet plénier de ce céleste remède (1).»
L’action créatrice de mon Dieu, Trinité que j’adore, la voilà ; par l’eucharistie, par Jésus Hostie, ce que, avant tous les siècles, et avant même notre création, ce Dieu avait résolu de faire de nous, de vous et de moi, c’était une opération magnifique, vrai et digne de lui, et qui allât jusqu’à une déification de nous-mêmes.
L’Apôtre nous en assure. Il a voulu, éternellement, faire de nous des saints, des êtes irrépréhensibles devant lui ; nous ayant prédestinés, dans son amour, à être ses fils adoptifs par Jésus-Christ et en lui, et cela à la louange de la magnificence de sa grâce, par laquelle, il nous rendrait agréables à ses yeux en son Fils bien-aimés (2).
Quand vous m’avez crée, mon Dieu, Père, Fils, Esprit-Saint, vous n’avez voulu que cela, rien que cela, mais tout cela ; que je devienne votre enfant, ô Père, en votre Fils unique, par votre Esprit d’amour. Oh! Vraiment, quelle magnificence de conception de bonté, de libéralité !
Toute votre action, sur moi votre action créatrice, cette action que me recrée en le Christ Jésus que me fait nouvelle créature (3) en lui, c’est là le divin travail de Dieu en moi, inauguré à l’instant même de mon baptême, sacrement qui me greffait sur Jésus et me faisait l’enfant de son Père, en lui, par son Esprit.
Mais ce n’était là qu’en simple naissance ; il fallait la soutenir, la nourrir ; il fallait l’amener à son développement, à sa perfection. C’est le travail de l‘eucharistie. Pour me faire votre création renouvelée, vous voulez me nourrir de Jésus lui-même, votre Fils. En mangeant sa chair adorable, en buvant son sang très précieux , en communiant à mon âme bienheureuse, en me faisant pénétrer de sa divinité, je devinerai vraiment votre fils ; je serai par grâce de qu’il vous est, lui, par nature. Quelle merveille !
Il n’est pas un atome de mon être qui ne subisse cette transformation. Mon corps lui-même est tout pénétré de votre action créatrice, re créatrice. Ce corps mortel et qui doit connaître, la corruption du tombeau, vous le préparez, par Jésus-Hostie, à une résurrection qui transformera sa vileté, en le rendant semblable au corps glorieux de Jésus, par le pouvoir qu’il a de s’assujettir toutes choses (4) cette corruption, fruit de la mort. Dès maintenant, vous déposez dans ses moelles, si l’on peut dire, serment de vie immortelle dont il doit jouir un jour.
Quant à mon âme, votre action créatrice la subjugue par l’Hostie. Fille de Dieu, vous la disposez, peu à peu et sûrement, à sa fin suprême que vous êtes, on Dieu, Trinité de gloire, en la pénétrant en toutes ses puissances, en ses énergies les plus secrètes, des mystérieuses influences de votre grâce, de cette grâce que l’eucharistie fait affluer en elle, vous achevez insensiblement sa sanctification.
Vous la rendez sainte, sainte de la sainteté de votre Fils bien-aimée, en l’illuminant de votre vérité qu’il est, en l’embrasant de la flamme vive de votre Esprit d’amour. Vous l’adaptez, tous les jours un peu mieux, à sa fin glorieuse. Vous êtes cette fin, mon Dieu, dans la vison bienheureuse que j’attend, lorsque vous contemplant enfin et dans cette Vérité, vous aimant de cet Amour, je vous redeviendrai semblable.
Seigneur Jésus, Hostie du Père, Eucharistie vivifiante, poursuivez et achevez votre ouvrage en moi. Je me livre, tout entier, corps et âme à votre action créatrice. Poussez-la aussi profondément que possible, en cet être que vous avez élu, pour prolonger, selon le degré de sa prédestination, vote filiation, rendez-moi toujours plus sensible, toujours plus soumis à cette action, que rien ne lui fasse opposition ou obstacle en moi. Au contraire, que ma bonne volonté en secondant la votre, mon Dieu, Trinité que j’adore, puisse concourir en ne résistant pas à votre action créatrice sur moi!
Références
1- XIe. Dim. après la pentecôte.
2- Éphes., 1,4 suivant
3-Ibid., II,10
4-Gal, VI,14
5-phil., III,21 |
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