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Partie 1 A O mon Dieu- -1-
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Première Partie-Trintié que j'adore
Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui (1)
Ainsi disait Jésus. Or, Jésus qu’est-il, sinon celui qui s’affirme Dieu, quand, face aux Juifs qui, pour cela même, veulent le lapider, il répond ; Moi et mon Père, nous ne sommes qu’un (2)Celui qui, en ce moment, vit dans ma poitrine, c’est don lui, un Dieu ; c’est mon Dieu. Un Dieu est en moi, et moi, je suis en Dieu… Est-ce possible ? Est-ce vrai ? Oui, c’est possible; ma foi me le répète à satiété, et il n’y a rien de plus vrai que cette vérité-là (3) Ce Dieu qui est en moi, je puis et je dois, à tous les titres, l’appeler mon Dieu, un Dieu qui est mon Dieu à moi… Et c’est cette pensée-là, la pensée d’un Dieu, et de mon Dieu, en moi qui, en ce moment, m’arrache à moi-même et m’abîme en lui.O mon Dieu ! .. Qui puis-me vous dire, en ce moment, que puis-je vous exprimer avec plus de respect, de crainte et d’amour, à la fois, que ce cri de mon âme : Mon Dieu !..Je m’oublie totalement, à l’extrême où une créature peut perdre le sentiment d’elle-même, pour penser à mon Dieu, pour y croire, pour m’y a attacher exclusivement, en cet instant, le plus sacré de ma journée, lorsque conscient de votre présence en moi, je ne sais que vos dire : Mon Dieu !… Mon Dieu !Que s’éloignent donc de moi, à cette heure, toutes autres pensées, tous autres soucis, tracas, peines et joies elles-mêmes ; qui fuient, loin de mon cœur, souvenir agréables, délectations légitimes, satisfactions permises ; que le silence de toutes choses envahisse mon être ; que mes puissances intimes des taisent et se recueillent !
Je suis en Dieu, Dieu est en moi… Mon Dieu !.. Oui, je crois que vous Êtes là, dans ce fond très intime de mon être…Mon Dieu !Je possède Notre Seigneur Jésus-Christ en moi ; sa chair me nourrit, son sang m’abreuve, son âme s’unit si profondément à la mienne; sont humanité se fond en mon humanité, un peu comme une cire qui en s’échappait se même à une autre cire. Mais cette humaine sacrée, c’est celle du Verbe, du Verbe qui était au commencement (4) ; c’est celle de Dieu, du Dieu, que j’adore dévotement, Dieu caché.. Mon Dieu !…Mon Dieu !… Que puis-je dire de plus ? Je suis devant vous sans voix ; car je suis en vous, et vous êtes en moi ; votre silence s’impose irrésistiblement à mon âme.
Quand l’éclair illumine le monde, précédant d’un instant le tonnerre, la terre s’émeut et tremble (5) .Ici, c’est le calme absolu, c’est la douce paix, celle que vous êtes Seigneur (6) ; c’est le silence impressionnant, qui marque toute manifestation de vote amour. Lumière de Lumière, vous pénétrez les dernières fibres de mon être entier, sans eu mes ténèbres y fassent obstacles. Mon Dieu!..
J’adore en vous la splendeur de la lumière éternelle, le miroir dans tache de la majesté de Dieu et l’image de sa bonté (7). Et je ne suis pas ébloui, je ne devins pas aveugle ; au contraire. Je me sens dans le rayonnement de la vie éternelle, celle qui s’échappe à profusion, de l’éclat sans pareil de votre visage, brillant comme le soleil, quand il darde à midi (8) ; je suis enveloppé de la fulgurante neige de votre vêtement, et comme et dans la nuée divine de l’Esprit, où va parler votre Père (9)… Mon Dieu !…
Oui, c’est une grande vision dont je jouis en ce moment, quelques chose de celle qui reste la fin de ma rédemption, au jour où je vous contemplerai, enfin, face à face, dans votre gloire, qui sera la mienne. Ici , toute est dans la foi, dans l’espérance ; tous est amour secret (10) et brûlant aux entrailles de mon âme. Je ne puis en parler ; vous le voulez, jusqu’à ce que vous ressuscitiez en moi, au jour de votre dernière triomphe.(11)
Mon Dieu, mon Dieu !… Je me tais, j’impose silence même à mes facultés, à ma mémoire, à mon imagination, à mes raisonnements… Mon amour seul, en paroles inexprimables, vous parle au tréfonds de mon cœur : il ne sait que vous dire ; Mon Dieu ! ...
Références
1- Jean VI, 56
2- Libid., X,30
3- Adoro, te, Voir notre commentaire de ce Hymne de saint Thomas d’Aquin,
4- Joan., I.I
5- Introït de la Transfiguration
6- Éhes., 11,14
7- Alléluia de la Transfiguration
8- Apoc., I 16
9- Évangiles de la Transfiguration
10-Adoro te
11-Communinion de la Transfiguration.
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Adoration des Trois -2-
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Première Partie-Trintié que j'adore
Seigneur Jésus, je vous dis et je vous répète : Vous êtes mon Dieu … Je puis vous le dire, puisque votre Eucharistie, c’est votre humanité sainte, toute entière, qui ne subsiste qu’en Dieu, en le Verbe que vous êtes, Un avec le Père et le Saint–Esprit.
Je ne puis, en effet, vous crier : Mon Dieu !… sans appeler en même temps ce Père, ce Fils et cet Esprit Saint. Il est même impossible que je vous sépare vous trois, adorables personnes, quand, ô Jésus, je vous appelle : Mon Dieu! Car, il n’y a, il ne peut y avoir qu’un seul Dieu. Un en essence et trois en personnes.
Quand je vous reçois, dès lors, il est impossible que je vous reçoive, sans recevoir le Père et le Saint-Esprit. Je suis dans mon Père, nous dites-vous, et mon père est en moi… (1) Il ne me laisse pas seul (2). Or, là où vous êtes, vous deux, Père et Fils, il faut, de toute nécessité, que soit aussi le Saint-Esprit, puisque, sans le Trois ensemble, il n’y aurait plus de Dieu.
N’est-ce pas, en ce moment surtout, maintenant que je vous sais en moi, au plus intime de mon être, que se réalise la très douce promesse de votre cœur : Si quelqu’un m’aime, mon Père, l’aimera et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure (3)
Je suis la demeure du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; je suis leur temple et le sanctuaire le plus secret de ce temple. Puis-je en douter, sans douer de la vérité de l’Évangile ? Crois cela, mon âme ; crois-le en la plénitude, une foi, qui n’hésite pas. Alors, dans cette foi qui t’abstrait de tous chose, abîme-toi en ce mystère du Père qui engendre son Fils, en le mystère du Père et du Fils de qui procède le Saint–Esprit.
Étant en Jésus-Christ qui te nourrit et t’abreuve de tout ce qu’il est, homme et Dieu, écoule-toi en ce milieu divin des trois personnes, et adore le Dieu un en substance dans la trinité de ces personnes.
Écoule-toi dans ce mystère qui, en toi, énonce une Parole éternelle, son unique Parole, toute semblable, tout égale à lui-même, dans laquelle il se dit et lui, et tout ce qu’il est, et tout ce qu’il a, toutes ses perfections infinies ; Parle essentielle, vivante et qui s’appelle son Verbe, ou encore son Fils, le Fils de Dieu, le Fils unique du Père.
Communie, mon âme, par Jésus-Hostie, aux complaisances infinies de ce Père à l’égard de ce Fils, qu’Il contemple, à l’égard de son Verbe, de sa Pensée, toute sa Gloire ; en qui il admire sa propre image et la splendeur de se perfection adorable, miroir sa tache de son être qu’a produit son amour.
Tu es, en ce moment, le ciel de la dilection infinie du Père et du Fils. Sur lui, comme au Jourdain, comme au Thabor, et mieux que là puisque tu vis en Jésus, il redit : Aujourd’hui, je t’engendre (4), Tu es mon Fils très cher, en toi je me complais (5). Et, sans aucun doute, cette parole, il la répète sur toi-même, que Jésus fait participer à cette tendresse paternelle.
A cet amour sans bornes du Père pour son Fils, le Fils rend un amour tout semblable, éternel, infini comme celui de son Père. Quel amour que celui-là ! Quel embrassement, quelle étreinte, quel baiser ! C’est l’Esprit-Saint lui-même que cet amour mutuel de l’un à l’autre. Quelle consommation, dès lors, dans l’unité de ce Esprit !.
En ce moment, Jésus t’entraîne dans ses tendresses de Fils à l’égard de son Père, ces tendresses, il te les communique ; il te fait aimer Dieu, comme il l’aime, lui. Son cœur devient ton cœur pour aspirer à cet embrassement, à cette étreinte.
Ne sens-tu pas, âme chrétienne, le feu de l’amour, livre-toi, dans le mouvement de son Sacré-Cœur, comme Jésus se livre ; et redis avec lui : Père, mon Père, Père saint, Père juste, me voici, je suis à vous, je me donne à vous tout entier,,, Je ne veux rien que vous, rien que cela, mais tout cela…
Et vous, ô Jésus, mon Dieu, achevez votre prière sublime, inouïe, celle qu vous seul pouviez avoir la divine audace de formuler ainsi :
Père, celle que vous m’avez données, cette âme que vous sanctifiez, de cet instant, dans la Vérité que je suis, je veux que là où je suis, dans votre sein, elle soit avec moi ; et qu’ainsi elle voie quelque chose de ma gloire, de cette gloire que vous me communiques sans cesse, lorsque vous m’engendrez.
«Cette gloire, je la lui communique comme la Vie éternelle que je suis en vous, afin qu’elle participe, avec tous ceux et celles qui sont à elle, à notre unité. Moi en elle, et vous en moi, afin qu’elle soit consommée en unité ; afin que l’Amour dont vous m’avez aimé, Esprit qui nous unit et nous consomme, soit en elle ; et afin que je sois moi-même en elle, ce que je suis en vous l’objet de vous complaisances (6). »
C’est trop déjà, pour ma compréhension. Mais, ces pensées m’abîment en les Trois, et j’adore en moi le Dieu vivant ce vrai, aux siècles des siècles.
Adore, ô mon âme, adore et fais silence. Quitte-toi et toutes choses. Qu’il est bon, ne serait-ce que quelques minutes, d’avoir échappé, chaque matin, à ce monde où l’on meurt sans cesse, pour s’abreuver à la vie qui ne fint pas !.
Adore, tais-toi ; ton silence n’est jamais plus fécond. Il imite le silence de Dieu le Père, quand il engendre son Fils, son Verbe consubstantiel à lui-même, dans l’Amour qui les étreint, Père et Fils ; lorsqu’en même temps, il t’embrase dans leur ineffable unité.
Références
1- Jean, XIV, 10
2- Ibid.., VIII,29
3- Ibid., XIV,23
4-Ps.,II,7
5-Mc.,IX, 6
6- Joan, XVII, paraphrasé.
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L'Oubli de soi- 3-
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Aidez-moi à m’oublier entièrement, pour m’établir en vous.
Seigneur Jésus, vous êtes en moi et je suis en vous. Je le crois ; je puis presque dire que je le sens, tant votre présence m’abîme en Dieu. Je crois tout ce que, Fils de Dieu, vous avez dit : il n’y a rien de plus vrai. Et vote Eucharistie est la synthèse de vos mystères et de vos merveilles ; j’y crois comme au mystère de foi par excellence.
Ici, à genoux, vous rendant grâces, je ne sais qu vous dire : Mon Dieu !… Car votre grâce m’emporte en votre divinité, ô verbe du Père ; et, par vous, je communie au Père et au Saint-Esprit. Mon Dieu, Trinité que j’adore.Aidez-moi à m’immerger en cet océan divin, en cet abîme ineffable de Dieu ; aidez-moi à m’y maintenir, à en jour, à y vivre, en un mot. Aidez-moi, et pour cela, à m’oublier si entièrement, que j’arrive à perdre presque conscience que j’existe, pour prendre enfin, conscience qui vous êtes.M’oublier… Quel programme, quel sacrifice ! M’oublier, entièrement ; quel anéantissement ! Mais aussi quelle récompense et quel profit : m’oublier entièrement pour m’établir en vous !M’oublier…Oublier, c’est détourner la pensée de ce que l’on quitte : c’est perdre le souvenir, c‘est ne plus savoir qu’il existe, s’oublier, c’est détourner la pensée de soi, de ce qu’on est, de ce qu’on a, de ce que l’on fait, de ce que l’on sait, de ce que l’on désire, de ce que l’on voudrait encore.C’est faire taire l’imagination de ses folles agitations c’est imposer silence aux raisonnements de l’intelligence; c’est mettre un frein aux désirs du cœurs, aux velléités de toutes espèces, aux vouloirs de tout genre. M’oublier… C’est comme perdre le souvenir de tout cela ; c’est n’en être pas plus occupé ou ému, que si cela n’avait jamais existé ; c’est ne plus avoir rien, c’est ignorer tout. C’est vivre le Nescivi du : Je n’a plus rien su (1).Seigneur Jésus, quand je vous reçois dans le Très Saint-Sacrement, à l’instant où vous pénétrez dans ma demeure, dans ce temple dont vous faites alors, le temps de votre gloire, le sanctuaire de la Sainte Trinité, aidez-moi à m’oublier entièrement.L’action que je pose est si sainte, que si je savais ce que je fais, j’en mourrais sur place. Qui peut comprendre cela, qui put saisir, en réalité, ce que c‘est que communier à un Dieu, entrer en communion si intime avec un Dieu, que des saints y expérimentent comme un fusion avec lui.Dieu est en moi ! Le Fils de Dieu est en moi ; par lui, indissolublement, le Père, le Verbe , le Saint-Esprit sont en moi ! La puissance, la sagesse, la bonté de leur être infini, sont en moi ! Mon corps, jusqu’à la plus intime fibre de ma chair, et mon âme jusqu’à la dernière énergie de ses facultés, sont saturés de Dieu, Un et Trine !
A qui, vraiment, pourrais-je encore penser e ce moment ? A qui pourrais-je attache mon souvenir ? Saurais-je même penser encore à moi-même ? Je suis infiniment plus en Dieu, et que je ne suis en moi-même.Aidez-moi, mon Dieu, à m’oublier entièrement, oui, mais pour m’établir ne vous. M’établir en vous, qu’est-ce, Seigneur Jésus, Verbe du Père, avec qui vous faites procéder l’amour ? Qu’est-ce, sinon quitter ma propre demeure, ce temple, et ce sanctuaire que je suis, si saint que le fasse votre divine présence, pour passer en votre demeure, en votre temple, en votre Saint des saints ? A vrai dire, je reste avec moi-même, et vous habitez toujours en moi; mais, à cette heure, il semble que je n’ai plus qu’à me perdre en vous, sans cesser d’être moi-même, sans cesser de n’être pas vous. Je comprend que je doive m’oublier totalement, pour m’établir en Dieu, Un et Trine, pour y fixer mon séjour, comme pour me situer sur la montagne de Dieu où il faut si bon habiter (2) Aidez-moi, mon Dieu ! Vous le savez c’est là le triomphe de l’Eucharistie vécue chaque matin c’est aussi tout profit pour mon âme, que vous n’oubliez jamais moins que lorsque, s’oubliant entièrement, elle s’établie en vous. M’oublier totalement, pour m’établir en Dieu, quel rêve ! Mais non, c’est une réalité, si mon âme y consent. Il suffit de croire que celui que je vie de recevoir, c’est mon Dieu
Références
1- Cant., VI,II
2-Ps., LXVII,17 |
La paix éternelle -4-
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Première Partie-Trinité que j'adore
Immobile et paisible, comme si déjà mon âme était dans l’éternité.
Il me semble que là soit la grâce suprême, que l’âme recueille du contact avec Dieu, en la sainte communion. Si elle consent à s’oublier, quelques instants et totalement, pour s’établir en Dieu, elle participe, à une espèce d’immobilité divine; j’entends par là cette fixité de l’esprit et du cœur en celui qui la saisit et l’emporte au sein du Père.
Dieu ne se meut pas, encore qu’Il soit l’universel Moteur, qui donne le branle à l’universelle activité des créatures invisibles et visibles. Il ne serait plus Dieu s’il devait passer, continuellement, de la puissance à l’acte. Il est, au contraire, l’Acte pur, sans aucun mélange de potentialité ; car, il contient, en la simplicité adorable de son être la raison même de sa propre activité, de sa propre actualité.
Mais, je le répète, cette activité sublime et toute-puissante, si sage et si amoureuse, ne le meut pas lui-même. Il se possède tout entier, lui, et toutes choses en lui. Il n’a pas à se mouvoir, pour aller, pour acquérir, pour atteindre. Il n’a d ‘autre principe de lui-même que lui-même, encore que sans commencement ni fin.
En ce moment, où je reçois Jésus, mon Seigneur et mon Dieu, je suis comme entraîné en cette immobilité divine ; en ce sens que, me reposant en l’adorable immobilité si active du Dieu, qu’il est, je communie à une perfection insondable, qui m’établit comme en l’être de Dieu même.
Quelle grâce, oui, et quel repos! Quel paisible séjour, quelle tranquille possession de Dieu et de tout en lui ! Je ne deviens pas Dieu, ce que je ne pourrais même pas concevoir sans blasphème ; mais si l’eucharistie me déifie, me divinise ; elle m’inocule quelque chose de «mœurs divines».
Mon Dieu, ô Trinité, au sein de laquelle m’introduit, en ce moment, l’heure la plus solennel, la plus précieuse de ma journée ; Unité adorable en la quel me plonge l’union à Jésus–Hostie, que je me sens heureux !
Que je me sens paisible ! Si cela pouvait durer toujours comme si déjà mon âme était dans l’éternité ! Comme si, en jouissance, déjà de sa fin dernière, en possession de cette vision du face à face, où, dans la lumière, je verrai la lumière (1) où dans l’amour, je serai enivré, saturé d’amour, mon âme possédait cette gloire, dont l’eucharistie et le gage assurée !
Comme déjà ans l’éternité !… C’est si vrai. Que me manque-t-il, en cet instant, pour que mon âme, que Dieu comble de sa lumière et de son amour, pousse jouir déjà, mobile et paisible, de son éternité, de l’éternité qui est Dieu même, puisque cette perfection est inséparable de son être ?, ce que je verrai, un jour, ce qui me rendra , quand je le contemplerai, tout semblable à lui parce que je le verrai tel qu’Il est (2) ; je le possède, je suis ineffablement uni à lui, dès cet exil, quand Jésus me nourrit de sa chair et quand son sang me désaltère.
Qui m’empêche de jouir tout le jour, toute la nuit, de cette vision anticipée, de cette participation à l’immobilité et à la paix divine ? Tout à l’heure, lorsque les saintes espèces auront disparu, quand la présence de l’humanité sacrée aura cessé au-dedans de moi-même, il restera encore le principal effet de l’eucharistie ; il me restera sa vertu, sa puissance, son énergie, sa vitalité ; ce je ne sais quoi qui s’échappait de Jésus, voire même de la frange de son vêtement et qui guérissait, qui apaisait , qui fortifiait, qui consolait.
Pour une âme qui communie souvent, qui communie sur tous les jours, c’est cette puissance, ces énergies, qu’elle accumule au-dans d’elle-même. Peu à peu, si elle ait dignement profiter du don de Dieu, elle se confirme à l’immobilité de Dieu : toujours plus, elle échappe à la fiévreuse mobilité de ses facultés; toujours mieux elle renonce aux soucis exagérés et aux inquiétudes si nuisible à la vie intérieur, peut à peu, cette âme s’abandonne à Dieu ; elle lui permet de l’assumer comme à lui-même, à l’associer à son activité immobile, à son immobilité si active.
O même, laisse-toi emporter ainsi en celui qui est ta paix souveraine ; en celui qui seul peut t’arracher au monde qui t’agite, à tes mouvements inquiets, à tes sollicitudes inutiles.
Mon Dieu, vous, l’immobile et le pacifique, ordonnez bien mon âme, soumettez-la, pliez-la à l’ordre de vos perfections insondables que j’adore.
Seigneur Jésus, agissez en moi, sans moi si je vous résistais ; mon âme a tant besoin de jouir d’un tel don, d’une telle grâce, st si gratuite !
Références
1- Ps., XXXV,10
2- J, Joan, III.2
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La permanence en Dieu -5-
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Première Partie-Trinité que j'adore
Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable !
Quand c’est Jésus- Hostie, actuellement présent dans mon cœur, qui entraîne en la stabilité divine, pour m’y tenir, immobile et paisible, comme si déjà mon âme était dans l’éternité : c’est–ce donc qui pourrait me troubler ?
Et si je reste sous l’action de cette eucharistie, sous la bienfaisante vertu du sacrement que je viens de recevoir ; si j’exerce, sans me laisser, à garder contact avec une vertu qui a dessein de me régir et d’orienter toutes mes forces vers Jésus ; qu’est-ce donc, encore une fois, qui pourrait troubler ma paix et me faire sortir de vous, mon Dieu, Trinité que j’adore, vous, mon immuable, mon éternelle sécurité ?
Rien ne peut plus me troubler que moi-même. Je ne me trouble, je ne m’agite jamais, je ne perds jamais contact avec cette vertu divine, que parce que je me regarde. Je suis, alors, occupé de moi-même choses qui encombrent l’esprit et le cœur de ceux pour qui Dieu n’est pas l’immuable, le Dieu qui ne s’émeut pas, qui se trouble pas.
Pourquoi es-tu triste, ô mon âme, et pourquoi me troubles-tu (1) Jésus que tu possèdes, mais qui te possède bien davantage, t’emporte, ce matin, en ton Dieu, Père, Fils, Esprit d’amour. Il t’emporte en le lieu de la Trinité bienheureuse, en une retraite profonde, en une forteresse imprenable.
C’est si bon de se fier à Dieu ! Est-il toujours prudent de se fier à l’Homme ? L’Esprit- Saint ne déclare-t-il pas que tout homme est menteur (2) ; qui donc peut, toujours compter sur de dernier ? Mais Dieu, mon Dieu ?…
Seigneur Jésus, agissez librement en moi ; emparez-vous de tous mes puissances et triomphez de mes sens ; établissez-moi dans le sein des Trois, où, vous–même, vous habitez toujours.
Donnez-moi, je vous en supplie, cette grâce inappréciable, de ne me troubler jamais, pour n’importe quoi et n’importe où.. C’est une grande imperfection que de se troubler, de s’agiter lorsqu’on a Dieu en soi ; lorsqu’on vit sou l’action puissante invincible d’un Dieu qui remplit l’âme vraiment confiante.
Que rien ne me trouble, que rien ne me fasse sortir de vous, du Père, du Fils et du Saint–Esprit ! Comment en une telle compagnie, divine essentiellement, ne pas me complaire uniquement ? Comment penser seulement à sortir de vous, mon Dieu, vous qui m’habitez à ce point ?
L’eucharistie est comme un envahissement en moi de l’Être suprême, quand il s’empare ainsi de toutes mes puissances cognitives et volitives, de mes sens inférieurs, de mes sens extérieures ; je deviens comme l’éponge de la mer que pénètre jusqu’à la dernière fibre, l’immensité de Dieu venue à moi, en moi.
Comment peut-il se faire que je sorte encorde de ce Dieu, de cette immensité, qui ne m’abandonne pas, du reste, mais dont je perds le souvenir, lorsque je sors de celui qui est l’immuable ?
Perdre le souvenir de Dieu, se distraire de Dieu, cesser de luire devant sa Face, comme la veilleuse qui brille face au tabernacle, c’est cela sortir de Dieu, s’échapper de lui, et retomber dans la vanité de soi et de toutes choses.
Sortir de Dieu, c’est s’attarder aux niaiseries de la vie ; c’est s’amuser des frivolités de l’existence ; c’est attacher de l’importance du ridicule des choses d’ici-bas.
Au contraire, rester en Dieu, c’est participer à son immutabilité ; c’est s’affranchir du changement perpétuel, par ailleurs si naturel à l’âme humaine ; c’est communier au clame, à la possession de soi-même, à la stabilité de celui qui sait que ma perfection c’est d’imiter la sienne.
Seigneur Jésus, que rien ne puisse troubler ma paix ; immergez-moi en la vôtre, si pleine, à l’infinie ! Que je sorte pas de vous, humanité sacrée pour que je ne sorte pas votre divinité, ô Verbe ; pour que je ne sorte du milieu et du sein de Père et du Fils et du Saint-Esprit !
Références
1- Ps. XII,6
2- Ps., LXXXII,19 |
Dans la profondeur Don- -6-
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Première Partie-Trinité que j'adore
Mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre mystère.
Elles sont extrêmement précieuses les minutes, si rapides durant lesquelles se poursuit en moi, par Jésus-Hostie, l’envahissement de Dieu ! Chaque minute, en effet, ne marque-t-elle pas comme une plus profonde invasion de Dieu en moi?
Dieu entre, il pénètre en mes puissances, illuminant et embrasant chacune d’elle. Il veut atteindre d’une fin à l’autre (1), du seuil de mon être jusqu’à la plus profonde et dernière limite, que marque le dernier atome qui le compose.
Et comme mon âme, immortel, éternelle, possède en elle comme quelque chose d’infini ;comme mon âme a une adaptation obédientielle, dit la théologie, à l’action infinie de Dieu en elle ; cet envahissement suggère à ma pensée quelque chose d’ineffablement saisissant ; à mon cœur, quelque chose d’incomparablement enivrant.
Laisse-toi faire, ô mon âme ; laisse-toi vaincre jusqu’à tes dernières frontières par ce Dieu si grand, parce que si puissant et dès lors, si capable, lui, en l’eucharistie, de rejoindre ce que tu es, un infirment petite, plus petite que jamais, semble-t-il, quand ce Dieu t’envahit par son mystère immense Jésus-Hostie, en son humanité sainte, reste toujours la porte ouverte à la Très Sainte Trinité du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint d’Amour quand, par lui, avec lui et en lui, cette Unité principale vient a toi, pour te vider de toi, te remplir de lui, pour guérit la dispersion et division de tes puissances.
C’est alors que toi aussi, sublimement, en le Verbe que le Père engendre, tu es engendrée à ton tour, pour à la connaissance qu celui-ci prend en lui de toi et de toutes choses.
Alors, le Père te reconnaît dans son Fils, l’Unique, le Bien-Aimé de se complaisances éternelles. Il ne te séparer pas de ce Verbe, Image du Dieu invisible (2) . Déjà crée à cette image, tu le reproduis toujours mieux ; tu atteins toujours mieux à sa ressemblance. Plus il t’abîme en son mystère, plus Dieu peu répéter sur toi, et avec le même amour, ce qu’il dit, éternellement à son Fils : tu est mon fils très cher, en toi je me suis plus (3)
Alors, en t’unissant dans son Fils à l’Esprit d’amour, de Père t’associe aux effusions infinies de leur tendresse réciproque. De la sorte, en t’établissant en ce milieu du Père et du Fils, en l’Esprit-Saint qui procède de l’un et de l’autre, la Trinité t’étreint dans l’embrassement éternel, qui est sa jouissance et son repos.
Le cœur de Christ, qui bat en le tien, qui en saisit toutes les énergies d’amour et les fonds dans les siennes, c’est lui qui t’associe à cet admirable commence par la vertu de son Eucharistie.
Chaque communion dit, signifie et opère une pénétration nouvelle de Dieu en toi, chaque instant de chaque communion réalise une immersion toujours plus profonde de ce mystère de l‘unité principale de la bienheureuse Trinité.
C’est là le fruit que cherche l’âme chrétienne dans sa dévotion à l’Hostie. Celle-ci la rend véritablement le tabernacle où Dieu habit, où il fait éclater sa vérité et sa gloire. Par l’Hostie, Dieu triomphe d’elle, en la rendant à sa première et dernière fin, celle d‘être pour Dieu une ressemblance vivante et animée de Celui qui la crée pour lui-même.
Seigneur Jésus qui vivez dans mon âme, emportez-la dans la vôtre si belle. La vôtre s’immerger elle-même et plus que toute autre dans le mystère du Dieu trois fois Saint. Emportez-la de la minute en minute, plus profondément toujours, en l’abîme divine. Que j’arrive si loin en Dieu, s’il se peut dire, que la créature ne puisse plus intime suivre, ni me rejoindre ; que, plus que jamais, je sois hors d’atteindre de tout ce qui lui est propre, le doute, le souci, le trouble; que je trouve ne Dieu mon refuge, ma citadelle, où je puisse, dans la paix , vaquer à lui seul.
Cette profondeur du mystère du Dieu, un et trine, est un premier abîme, insondable ; le mystère de foi, l’eucharistie, en est un autre. Ils se répondent, ils s’appellent et même ils peuvent se confondre, puisque ici comme là, c’est un Dieu en qui l’âme est emportée. L’un et l’autre, ou plutôt disons cette unique profondeur, est un abîme de paix, celui que j’implore.
Références
1- Spa., VIII,I
2- Col, 1,15
3- Marc ., I,II |
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