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XV SECRÈTE
-ORAISON SECRÈTE
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Le troisième temps de la Messe va s'achever : j'ai prié, j'ai écouté, j'ai offert. Ayant baisé l'autel, le prêtre demande instamment aux fidèles de s'unir à lui et de participer à son offrande. C'est là une sorte de congé qu'il prend d'eux, un plus pressant appel qu'il leur adresse avant la Consécration. Et cette prière médiévale qu'il prononce, l'Orate fratres, sorte d'Oremus développé, marque à merveille le sens de cette dernière invite à l'attention, à l'adhésion du coeur « Ce sacrifice qui est mien est aussi vôtre. » Ne l'oubliez pas ; je ne l'offre pas seul, mais avec vous!
Et comme une réponse à cet appel, voici la seconde des trois grandes prières d'imploration que contient la Messe (avec la Collecte et la Postcommunion ) : la Secrète. Extrêmement ancienne, du même âge et du même style que la Collecte , elle s'adresse comme elle à Dieu triple dans son unité et au nom du peuple chrétien tout entier. Que signifie son nom?
La prière de la plebs secreta, du peuple choisi des fidèles par opposition à l'ensemble, catéchumènes compris, de la plebs collecta?
ou prière sur les oblats séparés du reste des offrants?
Ou encore prière d'introduction aux secreta, aux mystères? Ordinairement on traduit : prière dite en secret. Car c'est à voix basse qu'elle est prononcée, comme si, déjà entré dans le Saint des Saints, le célébrant était isolé de ce peuple dont il est le porte-parole. Variables selon les fêtes, ces phrases simples et fortes sont en relation avec l'esprit du jour. Mais selon le mouvement ascensionnel qui emporte la liturgie depuis le début de l'Offertoire, elles marquent par rapport aux prières précédentes, notamment aux collectes, un progrès dans la ferveur et la certitude. Une grande idée s'en dégage : ces offrandes que je viens de faire à Dieu, je sais qu'elles vont se reverser sur moi avec une générosité inépuisable ; en échange de ces dons terrestres, Il me donnera les dons du Ciel et de l'Éternité
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C'EST à voix basse que je dirai cette prière, parce qu'elle vient du plus profond de moi, comme un chant de consolation et d'espérance dans la nuit opaque où je me débats. Seigneur, je sais que ce que je Vous offre est moins que rien — ce morceau de pain, ce vin versé dans votre coupe — et l'homme que je suis — je n'en dis pas davantage — rien de tout cela n'est digne d'être reçu par Vous.
Mais considérez-Vous le prix de ce qui Vous est donné? Auprès de vos Trésors tout est misère. Seulement l'élan d'amour qui tend vers Vous ces offrandes dérisoires et ce cri de foi qui Vous supplie de les accueillir.
Je sais que, pour un grain de blé, Vous donnez une moisson inépuisable ; pour un mot de pardon, l'infini de la Miséricorde ; pour un verre d'eau offert, l'eau vive qui calme la soif inextinguible, et pour une douleur acceptée, le baume qui guérit tout.
D'un coeur sans calcul, d'une âme généreuse, Seigneur, si je Vous offre tout — ce que j'ai, ce que je suis, ce que je vis, ce que je supporte — n'est-il pas vrai que tout me sera reversé au centuple, en paix, en bonheur, en espérance, par la générosité .sans limites de votre Amour?
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XVI PROLOGUE
-A L'EUCHARISTIE
Le moment capital approche : ici s'ouvre la grande prière qui va accompagner le sacrifice de la Messe , image authentique de celui de la Croix. Nous entrons dans le Canon, c'est-à-dire, selon le sens du mot grec, dans ce qui règle la cérémonie, lui donne sa norme et sa portée. Extrêmement ancienne, issue de la dernière Cène qu'elle reproduit, cette action, comme disaient les premiers chrétiens, frappe par la beauté de son ordonnance et la grandeur sobre de ses formules. Le Canon va comprendre sept temps, dont la Consécration occupe le centre exact.
Sursuin corda! lance le prêtre aux fidèles : haut les coeurs! l'heure est venue de ne penser qu'à Dieu. Il lève la main, comme pour soulever au ciel l'immense attente du peuple. Et d'une acclamation, le peuple répond que tous les coeurs se haussent vers le Seigneur. Ainsi faisait- on en Afrique, au temps du grand évêque, saint Cyprien.
Avant de consacrer le vin de la Cène , le Christ, dit l'Évangile, rendit grâces à Dieu et cet acte était si essentiel que le mot qui le désigne, eucharistie, a fini par désigner le Sacrifice entier. C'est donc par une action de grâces que va commencer ce moment capital de la Messe. Le célébrant prononce d'abord — ou mieux déclame — la Préface. Le mot (en usage depuis le 111e siècle) définit bien cette prière. Héritière de l'immense improvisation qu'aux temps primitifs la foi et l'amour faisaient jaillir aux lèvres du prêtre, la Préface est une introduction au Sacrifice, un prologue eucharistique. Aujourd'hui, on tend à l'isoler du Canon : n'en fait-elle cependant point intimement partie, cette oraison d'un style si pur qui semble prendre élan dans le coeur humain et déboucher en plein ciel?
L'Église grecque et arménienne ne connaît qu'une Préface pour toute l'année ; à Rome il y en avait une pour chaque jour. Il nous en est resté, en principe, quinze mobiles, adaptées aux moments de l'année liturgique. Toutes sont faites sur le même schéma et procèdent de la même intention. C'est au Tout-Puissant que le Sacrifice est offert. Par qui, au nom de qui? le Christ, dont chacune des préfaces rappelle tour à tour ce qu'il a fait pour notre salut. Et, parce que ce mystère est ineffable, il convient que les Puissances du Ciel y participent : on les évoquera donc, afin qu'éclate la gloire de Dieu
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SAUTRAS-TU donc, mon cœur, te hausser au-dessus de toi- même et te placer sous le regard de Dieu? Combien de temps, chaque jour, donnes-tu a ce qui passe et combien à ce qui ne passe pas? Fais silence, voici l'heure. Essaie d'être tout entier élan et confiance, Recueille-toi, mon cœur, élève-toi !
Tu le sais : ce mystère qui vient n'est autre que ton mystère; c'est ta vie qui est en question. Tu le sais : jamais tu n'éprouves joie plus vraie ni plus juste que lorsque tu fais face à Dieu.
Tu le sais : si le Christ a pris chair dans le sein d'une Vierge, si Marie accepta d'être la Mère des sept douleurs, tu le sais , si l'Homme-Dieu a vécu comme tu vis, est allé comme tu feras dans la tombe, ce n'est pas pour un autre que toi.
Tu sais tout cela? Mais l'éprouves-tu dans l'exigence plénière de ton être, dans l'attente comblée qui sera celle du Ciel?
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XVII SANCTUS, SANCTUS,
- TRIPLE ACCLAMATION DU "SANCTUS"
Qu'elle éclate donc, la Gloire de Dieu! Et avec une violence si impétueuse que le chant qui la magnifie interrompt brusquement le déroulement de la prière euchuristique . par une triple acclamation. Le prêtre s'incline ; trois fois sonne la petite cloche ; la Sainteté de Dieu illumine notre nuit.
Toutes les anciennes liturgies ne possédaient pas ce chant, bien qu'on ait attribué son introduction dans la Messe au pape saint Sixte /er, au I Ie siècle. Toutes l'ont de nos jours : Sanctus des latins, Trisagion des Grecs.
Deux parties le composent. La première évoque le mystérieux passage oit le prophète Isaïe raconte sa vision de Dieu (vi, 3) : « Je vis le Seigneur assis sur un sublime Trône ; le Temple était rempli des pans de son manteau. Des séraphins se tenaient près de lui, ayant chacun six ailes ; d'une paire ils se voilaient la face, d'une autre ils se couvraient les pieds et ils volaient de la troisième. Et leurs voix alternées disaient : Saint, Saint, Saint est le Seigneur des Puissances, toute la terre est pleine de sa gloire! » Et c'est aussi par fidélité au Peuple de la Promesse que notre liturgie emploie encore le mot hébreu de Sabaoth pour qualifier Dieu.
La seconde partie reprend la même idée, c'est-à-dire que les Puissances du Ciel doivent venir à notre aide pour glorifier l'Unique : l'Hosanna in excelsis ne rappelle-t-il pas le chant des anges dans la nuit de Bethléem? mais il en est fait application au Christ. Car cet hosanna (ce mot aussi est hébreu) suivi de la formule : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur », ce sont les mots qui accueillirent le Messie, le jour de son entrée solennelle dans la Ville Sainte (Marc xi, 9, 10).
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Le Dieu fait homme est donc entré parmi nous ; durant cette acclamation, il a pénétré au coeur même de l'action mystique ; comme à Jérusalem, jadis, il va gravir son trône, qui est la Croix.
LORSQUE je considère en esprit votre Gloire, Seigneur, et la puissance sans limites qui siège en votre Main ,lorsque j'évoque l'immensité des mondes, l'infini des espaces, et, toujours repoussé plus loin, le mystère de la création, lorsque je songe aux abîmes des temps sur lesquels aussi votre Esprit plane, à cet ordre supérieur, impénétrable, que Vous imposez aux destins, alors même que les choeurs innombrables des Anges me prêtent leurs accents pour louer moins mal votre Sainteté et votre Grandeur, courbé d'amour, mais devant tant de mystères confondu, je me demande comment il se peut faire, que la réalité de cette Perfection et de cette Gloire me considère, moi, ce néant capable de Vous, et que le grand secret aboutisse à répandre sur le front d'un pécheur une goutte de sang divin.
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XVIII MÉMENTO DES VIVANTS
L'ÉGLISE AU PIED DE LA CROIX
Te igitur... — « Toi donc, Père très-clément, par Jésus-Christ ton fils Notre-Seigneur, nous te supplions d'accueillir ces dons, ces présents, ces offrandes... » Ainsi, par_ dessus l'éclatante interruption du Sanctus, enchaînant au développement de la Préface (comme le prouve le mot igitur, donc) débute la suite des prières qui vont mener à la Consécration. Ici commence vraiment le Canon, et c'est pourquoi les miniaturistes (lu moyen âge ornaient-ils à merveille le Trinitial du premier mot, cette lettre qui évoque si bien la Croix : origine du Crucifix que la plupart des Missels font figurer ici. L'instant du Sacrifice approche ; les gestes du célébrant se chargent de solennité et de mystère : tour à tour, il joint les mains, levant les yeux au Ciel ; puis baise à nouveau l'autel, puis signe par trois fois les offrandes, enfin tient les paumes étendues au-dessus du calice et (le l'hostie comme dans un serment ou une prise à témoin.
Ces prières d'avant la Consécration — dites à voix basse — sont au nombre de cinq ; elles se suivent, non sans quelque peu de disparate et de répétition, car elles se sont développées, surajoutées au cours des siècles. Le début, par exemple, ainsi que la fin appartiennent certainement à la plus ancienne rédaction du Canon ; la liste des saints dont il est fait mémoire doit dater du 1 IP siècle ; le reste a pu se fixer vers le VIe, sauf le Hanc igitur, plus tardif. Alais, de cette suite, une seule idée se dégage, grandiose : celle de la Communion des chrétiens en Dieu.
Au moment où le Christ va gravir la Croix, le prêtre précise les intentions profondes du Sacrifice, offert pour le salut de l'Église de la terre et la gloire de celle du Ciel. Autour de l'autel donc, il appelle et rassemble tous les baptisés, leurs chefs en tête, tous ceux qui souffrent et combattent ici-bas afin que la Croix ne soit pas vaine, et tous ceux aussi qui déjà participent à la Gloire qui nous attend et, en tête d'eux tous, la Glorieuse Vierge Marie Mère de Dieu, consolatrice des hommes. C'est vraiment toute la famille chrétienne (le mot est dit) qui doit être présente au moment où la prière sacrificielle va annoncer déjà l'imminente transsubstantiation des offrandes en la Chair et le Sang du Christ Nous voici tous présents, unis dans la fraternité de la foi et de l'espérance, sur la terre mortelle, constitués vos témoins, Seigneur, nous qui sommes par votre Volonté et votre Grâce les fils de cette Église que Vous aimez d'un grand amour
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Voici Celui qui, parmi nous, visiblement Vous représente, et qui, plus que quiconque, porte votre fardeau, voici tout le troupeau, le bon et le mauvais, le courageux, le lâche, tous assemblés dans l'anxieuse attente du pardon.
Voici, parallèlement, ceux qui déjà ont contemplé votre Face, vos apôtres, vos martyrs, vos amis, vos élus.
Mystérieusement unis à nous, par delà nos trahisons et nos faiblesses, en votre oblation et selon la Communion des Saints.
Nous sommes tous ici, Jésus agonisant, l'âme flagellée d'angoisse, dans la pleine conscience de ne mériter rien, et dans la certitude pourtant que le pain et le vin de notre offrande, changés, vont être le gage qui rachètera tout.
Et Vous, Seigneur, comme Vous avez voulu encore, à l'instant suprême, regarder tendrement votre Mère Marie et votre disciple Jean, considérez, présente ici, toute votre Église, le coeur débordant d'amour et l'âme suppliante, au pied de cette Croix où votre Sacrifice s'accomplit.
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XIX CECI EST MON CORPS ÉLÉVATION DE L'HOSTIE
Toute explication sur l'historique et la signification de ce haut moment liturgique — sommet absolu de la Messe — paraît vaine. S'effaçant devant le Christ, l'Église ne prononce nulle parole, n'accomplit nul geste qui ne soient siens. La Consécration est la Cène, reproduite et prolongée, la mémoire sacramentelle de ce repas suprême oit Jésus, devançant toute trahison et tout supplice, ôffre librement sa Chair et son Sang pour le Salut des hommes. Dès les premiers temps chrétiens, l'essentiel de la Messe était là : les Actes des Apôtres, les Epîtres, donnent maintes preuves de cette célébration. Ce rite, originellement, était confondu avec le repas fraternel, l'agape communautaire : on l'en isole, dès la fin du premier siècle, par respect.
C'est donc la Cène qui dicte le plan, les actes, les mots de la Consécration. Le prêtre, en ce moment, est, à la lettre, le Christ lui-même ; sa personne disparaît, s'absorbe en celle du Prêtre éternel, à la fois victime offerte et souverain sacrificateur. C'est pourquoi ses gestes reproduisent çeux que l'Évangile rapporte : il lève les yeux au Ciel comme le Maître les leva ; il bénit l'hostie comme Jésus bénit le pain ; la génuflexion qu'il ajoute n'est qu'un geste personnel d'adoration envers le Dieu présent. Les mots que le célébrant prononce sont aussi ceux que Jésus prononça : « Grandes et prodigieuses paroles », dit saint Athanase, dont la simplicité absolue contraste avec les formules des prières voisines : pour agir, Dieu n'a pas besoin de beaucoup de mots.
Pourtant les formules liturgiques ne reproduisent pas textuellement les phrases évangéliques ; les siècles y ont fait quelques additions. Des adjectifs, par exemple ceux qui qualifient de « saintes et vénérables » les mains du Christ, ou celui qui dit « glorieux » le Calice (d'après le Psaume XXII, 5). Cependant un de ces ajouts a une grande importance ; au milieu de la Consécration du vin, apparaissent — depuis le moyen âge — ces mots : Mystère de foi. Là, en effet, éclate le mystère de la foi chrétienne: véritablement, réellement, substantiellement, selon les termes du Concile de Trente, le pain et le vin se changent au Corps et au Sang |

C'est parce que ce mystère est immense qu'on l'entoure de solennité : surtout depuis le XIIe siècle, où des hérésies avaient mis en doute la présence réelle. La cloche qui trois fois sonne, l'encens qui fume, le cierge supplémentaire allumé magnifient cette Présence, et surtout l'Élévation l'affirme d'un geste admirable, qui tend au Ciel et présente au peuple ce pain changé en chair divine. Regarder cette petite hostie où se cache le plus profond mystère, mettre dans ce regard toute sa foi, toute son espérance, que peut faire de mieux en cet instant un fidèle, avant de s'abîmer dans l'adoration?
Vous êtes ici présent, mon Dieu, et je Vous adore : je ne veux connaître d'autre pensée que celle-là;
Ce pain que je regarde, tendu vers Vous dans la lumière, c'est Vous-même, votre chair, je le sais , je le crois.
En cet instant où tout pour moi se suspend dans le silence faites que j'adhère pleinement au mystère de ma foi, par ma volonté, mon cœur, ma raison, et par votre Grâce, selon ce même amour que Vous m'avez donné.
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XX - CECI EST MON SANG ÉLÉVATION DU CALICE
Adorer Dieu fait homme et présent dans l'hostie, en cet instant, ne suffit pas. Adhérer totalement au mystère de la transsubstantiation n'est pas encore assez. Il faut maintenant se placer en face de l'acte même qui s'accomplit à l'autel et qui n'est rien de moins qu'un acte sacrificiel. Plus encore que le pain, le vin n'évoque-t-il pas d'une façon frappante le sang volontairement répandu au Calvaire par la victime divine? Nous sommes donc témoins d'une immolation, et plus que témoins, participants en personne, car l'Agneau qui va être mystiquement sacrifié au Père, c'est nous-mêmes qui l'offrons.
Nous sommes ici au coeur de la plus antique tradition religieuse, du rite immémorial. Le sang répandu, offert à la Puissance surnaturelle, a pour privilège de l'apaiser. En Israël, toute faute, toute souillure ou morale ou physique, se rachetait par le sang. « Sine sanguine non fit reinissio »; sans le sang, pas de rachat.
Mais ce geste sacrificiel n'a évidemment de portée que s'il s'accompagne d'une intention, d'une supplication, d'une participation. « Le calice que nous bénissons, dit saint Paul, n'est-il pas une communion au sang du Christ? » (I Cor x, 16.) Les paroles mêmes de la Consécration du Vin, bien plus explicites que celles de la Consécration du Pain, ne marquent-elles pas fortement qu'il s'agit d'un lien entre Dieu et l'homme, d'une « Nouvelle Alliance »? Qu'en participant à l'offrande de la Victime, l'homme puisse obtenir le pardon de ses péchés, cela aussi est mystère de foi.
Comme il avait fait de l'hostie, le prêtre, après avoir béni le calice, l'élève et le présente au peuple. Cette coutume, plus récente que l'élévation du pain (sans doute parce qu'au moyen âge, les calices, plus évasés que les nôtres, rendaient cette élévation assez délicate), a évidemment le même sens : elle affirme la Présence du Sang. |

Mais c'est l'instant aussi d'unir à cette vie immolée au Calvaire, dans une participation et dans une oblation totales, cette vie que nous croyons être nôtre, et qui n'a de sens que si elle est donnée.
Ce sang que Vous tendez au Père dans le Calice je crois que c'est vraiment le Vôtre, vraiment celui qui perla sous le fouet, qui jaillit sous la lance et qui, de vos cinq plaies, coule éternellement.
Mais faites aussi, Jésus en Croix, qu'il s'y mêle un peu du mien, tout impur soit-il, tout souillé, que j'offre à Dieu ma vie, pour que mou sacrifice soit un avec le Vôtre, et moi un avec Vous.
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