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ILS EURENT UN ENTRETIEN SPIRITUEL
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Lorsque j'allais encore en classe, un petit livre célèbre me tomba entre les mains: les Fioretti, ces récits tout simples sur la vie de saint François d'Assise. J'y trouvais parfois une expression que je ne comprenais pas, mais qui me paraissait désigner quelque chose de particulièrement beau. Il était dit çà et là au cours de ces récits: «Ils eurent un entretien . spirituel. » Quelles paroles pouvaient bien avoir échangées ces hommes de Dieu au coeur pur et joyeux, rempli pour Dieu d'un brûlant amour? Un peu plus tard, je retrouvai la même expression dans un livre sur saint Benoît. Ce Père des moines d'Occident rendait un jour visite à sasceur Scolastique. Quand le soir vint, il dut repartir alors que Scolastique aurait vivement désiré avoir un entretien spirituel avec son frère. Elle mit alors son visage dans ses mains et posa sa tête sur la table: elle demandait à Dieu de lui venir en aide. Bientôt, un violent orage éclata. Le tonnerre, les éclairs et des torrents de pluie firent tellement rage autour de la maison qu'il fut impossible à Benoît de repar tir vers son monastère. Et durant toute la nuit, ils eurent un entretien spirituel. Tel était ce récit.
Ce que ces deux personnages se dirent devait être merveilleux. En lisant ces mots j'avais l'impression de me trouver devant une porte mystérieuse du Paradis. Je me demandais : « Ont-ils parlé de Dieu comme le faisaient les questions et les réponses de notre vieux catéchisme que nous apprenions par coeur? Mais celles-là, il suffisait simplement de les répéter. Ou bien se sont-ils raconté les histoires de la Bible ? Mais l'un et l'autre les connaissaient certainement déjà. Que pouvaient-ils bien s'être dit? Plus tard, devenu prêtre, j'ai su ce un entretien spirituel. Il m'a été donné d'en avoir beaucoup, mais je me souviens encore nettement de l'un des premiers. Un après-midi, — j'étais aumônier — on sonna à la porte de chez moi. Lorsque j'ouvris, Alain était devant moi, un élève deuxième. Il avait un petit défaut de prononciation. Malgré, cela, il me dit presque sans hésiter qu'il voulait me voir, ayant quelque chose à me demander. Assis dans ma chambre, il me posa sa question très simple, celle que se posent tous les hommes: * Monsieur l'Aumônier, comment donc faut-il s'y prendre pour prier avec piété? » De questions en réponses ce fut un petit « entretien spirituel ». Je l'interrogeai sur ses expériences et lui parlai des miennes. Quand, pendant des années, on a essayé dans sa prière de se comporter avec Dieu comme convient de le faire, on a ques lumières là-dessus.
Il semble que ce qui précède ait expliqué à peu près ce qu'est un entretien spirituel. On échange quelques propos sur les expériences que l'on a faites dans ses relations avec Dieu. Tantôt ce sont les pensées que l'on a eues au sujet d'une parole de Dieu, tantôt on se demande ce que Dieuyent de nous en telle ou telle circonstance, tantôt on prend pour thème les difficultés que l'on rencontre dans le service de Dieu, tantôt ce sont des questions sur l'esprit de l'Evangile, sur la véritable imitation du Christ, sur les voies qui permettent de se rapprocher de Dieu, de progresser dans la prière, d'avancer dans la vie intérieure. Parfois, c'est un récit emprunté à la vie d'un saint qui donne l'impulsion; quelquefois aussi on traite de questions qui tourmentent: « Qu'est-ce donc que ... » Quand j'étais étudiant, je demandai un jour à un camarade plus âgé que moi à qui on pouvait poser bien des questions: « Qu'est-ce donc que la grâce sanctifiante? » Il me répondit: « A mon avis, c'est une nouvelle sorte de spiritualité que Dieu ajoute à notre esprit et qui est divine. » Moi: « Alors c'est à peu près comme si un chien recevait un peu d'intelligence humaine? » Lui: « A peu près, oui. » J'en fus très satisfait.
Dans l'entretien spirituel, il s'agit donc toujours d'un point qui concerne Dieu. Toujours l'entretien a lieu dans un esprit de prière, on peut même dire: dans le Saint-Esprit. C'est de là aussi que cet entretien reçoit son nom. Une question vous est posée et vous ne pouvez répondre qu'en faisant confiance à celui qui vous interroge, lui permettant de jeter un regard sur votre propre monde intérieur qui, d'ordinaire, ne s'ouvre que dans la prière pour Dieu seul. Tout au moins y a-t-il toujour s là une étincelle de la proximité divine et de l'amour de Dieu. Et quand un tel entretien vous a laissé le coeur plien de joie, il est problabe que Dieu était présent et touchait les interlocuteurs. Chaque Chrétien dit pouvoir s'entretenir spirituellement avec les autres. Il faut que tout père chrétien, que toute mère chrétienne le fasse avec son petit enfant, car celui-ci pose souvent des questions spirituelles : « Pourquoi le bon Dieu fait-il comme ça? Qu'est-ce que le bon Dieu veut de moi? »
Il semble souvent que les adultes ne soient plus capables d'avoir un tel entretien. Ils se ferment. C'est dommage! Ou alors ils ne prient pas bien, ils ne sont pas unis à Dieu de façon vivante. Voilà pourquoi ils n'ont rien à lui communiquer, ils n'ont pas d'expérience intérieure. De telles questions leur deviennent alors pénibles. Peut-être plus parmi vous souhaite-t-il trouver une personne à qui il puisse poser des questions d'ordre spirituel, une personne dont il ne reçoive pas des réponses toutes faites, mais davantage . Or il n'est pas donné à tout le monde de la trouver. Crois- tu que, grâce à ce livre, nous puissons avoir ensemble des entretiens spirituels? Je crois que ce ne sera possible que si nous sommes absolument entre nous, toi et moi, Et alors il ne faut pas que tu laisses tes pensées errer vers les récents incidents de ta vie, ni que tu te mettes aussitôt après à faire une autre lecture. Fais comme il est dit de Marie, Méie de Dieu: « Elle conservait toutes ces choses et les considérait dans son coeur. » (Luc, II, 19.) Ou bien alors tu poursuivras ton entretien avec Dieu lui-même. Si tu agis ainsi, je crois que tu découvriras un grand secret... |
DIEU EST LÀ
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Sommes-nous entre nous? Es-tu recueilli?' T' es-tu dégagé de toutes tes rumeurs intérieures, ainsi que nous en avions convenu dans le précédent chapitre? Bon, alors nous pouvons commencer.
Nous parlerons aujourd'hui d'une vérité toute simple. La voici: Dieu est là. Tu te dis que tu le sais déjà. Parfaitement. Tu l'as déjà entendu dire quand tu étais enfant, et tu as même appris avec plus de détails: Il est au ciel, sur la terre et en tous lieux. Mais je crois que tu ne le sais qu'à moitié même pas: au vingtième! Ou plus exactement encore: tu ne le sais qu'avec ta tête ou dans un petit recoin de ta mémoire. Car une question s'impose aussitôt à celui qui le sait réellement: Comment dois-je alors me comporter? Voilà ce que se demande celui qui a une idée vivant e de Dieu, i o même que l'on ne se comport e pas de la même façon quand on est seul dans sa chambre ou quand une autre personn e est présente. Il arrive même que l'on soit effrayé quand on se croyait seul et que soudain quelqu'un bouge dans un coin. Peut-être même se demande-t-on aussitôt ce que l'on a bien pu faire quand on se croyait seul: ne s'est-on pas compromis de quelque manière devant l'autre? De même, la vie est foncièrement différente quand on se dit de façon vivante: « Je ne suis pas seul. Dieu est là. »
Quel est le changement qui se produit? On ne peut pas répondre en quelques mots à cette question. On s'en rend compte déjà du fait que, dans la vie humaine, il existe une quantité de comportements divers quand survient une personne qui n'était pas là d'abord. Je fais l'expérience de quelques-uns de ces comportements quand j'entre dans notre jardin d'enfants. Certains petits n'y prêtent aucune attention. Quelques-uns regardent de mon côté comme s'ils demandaient: « Qui est-ce donc? » Quelques-uns continuent à jouer, mais quand je jette les yeux vers eux, le jeu devient plus intense. Ils me connaissent, ils ont le sentiment que mon regard attentif à leurs jeux est une prise en considération, une estime, un honneur, mais également une appréciation et un jugement. C'est pourquoi aussi quelques-uns m'appellent immédiatement afin que je suive leur jeu, tandis que d'autres ne répondent pas avec confiance et franchise; ils préféreraient dissimuler ce qu'ils font au regard de l'étranger. Mais certains abandonnent tout, courent à moi, s'attachent à mes pas et voudraient rester près de « Monsieur le Curé » qui sait raconter de si belles histoires.
Chacun de ces comportements est une image de l'attitude des hommes envers Dieu. Il en est qui ne se rendent absolument pas compte que Dieu est là. D'autres sont déjà dans le parvis de la connaissance religieuse et posent la question profonde de celui qui cherche: — qui est-ce donc? » Pour nous, à qui il est donné de vivre dans la foi, les trois modes de comportement suivants sont d'importance: les uns considèrent le regard du Dieu présent comme une prise en considération, une sympathie, un accueil, mais aussi comme une appréciation et un jugement. Sans doute, ils continuent à faire ce qu'ils faisaient, mais devant la face de Dieu. I ls lui montrent leurs actes, souhaitent qu'il les voie, non qu'ils les tiennent pour imports, où qu'il les pensent que ce qu'ils accomplissent est si bien qu'ils voudient le montrer à Dieu, mais parce qu'ils savent que c'est de Dieu que viennent la juste appréciation, l'ordre véritable, la correction nécessaire, le secours et l'impulsion à devenir l a meilleurs compréhension et l'accueil.
Te comportes-tu ainsi?
Ou bien préférerais-tu te dissimuler? As-tu au fond de ton coeur ce désir secret: « Laissez-moi tranquille »? Penses-tu peut-être : « Je vous donne ma prière du matin et du soir et ma messe du dimanche comme il faut le faire, et je veux aussi que ma vie reste dans l'ordre. Mais je vous en prie, ne regardez pas trop loin dans mes affaires personnelles »? Vois-tu, il se décide là quelque chose de fondamental pour toute ton attitude et pour ta vie entière. Cette ouverture constante au regard de Dieu, cette pensée: « Dieu me regarde », les maîtres de la vie spirituelle, la désigne par ces termes : Vivre en présence de Dieu, ou encore: Vivre devant la face de Dieu. Ces mots ne signifient pas qu'il faille penser à Dieu à tout instant, ce serait impossible. Il s'agit bien plutôt d'une sensation semblable à celle que tu éprouves quand ton père ou ta mère sont près de toi dans la chambre. Tu t'appliques à autre chose, par exemple à la lettre que tu écris, ou à ton travail manuel. Mais ce sentiment vibre en toi: « Je ne suis pas seul. Il y a ici quelqu'un qui m'aime, près de qui je me sens à l'abri. »
Celui qui a appris à vivre devant la face de Dieu éprouve un sentiment analogue. Il ne pense pas continuellement à Dieu mais au fond de lui-même, il le sait toujours: « Le grand amour divin me voit; il m'accueille, Celui qui est mon Seigneur et mon Père très bon. » Et quand parfois ce sentiment disparait, il se ravive facilement dans la prière. Avoir constamment conscience que Dieu est là est une des attitudes de base décisives. Ce n'est rien d'autre que le juste comportement à l'égard du fait que Dieu nous voit. Ce savoir a une possibilité d'accroissement presque infinie. Tu le pressens aussi: c'est un savoir auquel on ne parvient pas par l'étude, mais que l'on peut seulement acquérir dans la vie quand on le prend au sérieux.
Restent encore les derniers du jardin d'enfants et ce qu'ils reflètent de la relation avec Dieu. Ils correspondent à ces personnes et à ces circonstances de notre vie où toute autre chose pâlit devant la réalité divine. C'est ainsi que, dans l'Evangile, le disciple dit au Seigneur: « Je vous suivrai, où que vous alliez. » Tel était le sentiment de Pierre sur la montagne de la Transfiguration. Ainsi agissent ceux dont l'âme opte pour la vocation religieuse: ils abandonnent tout et courent vers Dieu. Tu agis ainsi, toi aussi, lorsque tu pries. En tout cas, il faut qu'il en soit ainsi: tout quitter et ne plus vouloir qu'une seule chose: chercher la face de Dieu. On dit aussi « se mettre présence de Dieu ». C'est se laisser vraiment pénétrer de cette pensée: «Diei es là, Dieu me voit, Dieu attend ma prière.» Il est bon de faire cet exercice prière et chaque office divin.
Telle serait la première notion que nous aurions à acquérir pour nos relations avec Dieu: nous comporter conformément au fait que Dieu est là. Nous en faisons l'apprentissage tout au long de notre vie. Déduis-en par toi-même quelques réflexions et d'éventuel s sujets de conversation: Quels autres comportements as-tu remarqués lorsque quelqu'un survient: dans ton groupe, à l'école, etc?... Que se bien passe-t-il en toi quand une personne que tu aimes apparaît au cours d'une réunion? Comment le comporteme n t en présence de Dieu s'en trouve-t-il éclairé? Quels personnage s de la Bible ont rencontré de façon toute spéciale le Dieu très saint? uelle a été leur attitude devant lui? Quelle en est la signification pour nous?
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VIVRE AVEC LA PROVIDENCE DIVINE
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J'ai entendu ton objection. Tu dis: « Dieu est là — sans doute, je le crois. Mais quand est-ce que j'y pense? A vrai dire, seulement quand je suis tout seul à la maison et que je prie, ou encore à l'église. Autrement je ne suis capable de lever les yeux vers Dieu que pendant de très courts instants. Je vis dans un milieu si profane! Je pars le matin avec l'autobus, le métro ou le train et ma classe, mes études, mon travail à l'usine ou au bureau me prennent d'un bout de la journée, à l'autre. Ce que je fais là réclame toute mon attention. Je ne passe ni devant une prairie en fleurs, ni devant un crucifix. Si seulement il m'arrivait au cours de la journée quelque chose qui me fasse penser à Dieu! »
Je te ferai là-dessus deux réponses importantes.
Voici la première:
Tu parles de la prière à la maison, de la pensée de Dieu à l'église, de tes brefs regards vers lui au cours de la journée. Tu montres ainsi que tu as commencé. Les racines s'enfoncent déjà dans le sol obscur. Si elles continuent à pousser, elles pénétreront tout. Réjouis-toi.
Et la seconde réponse est un fait qui doit te rendre heureux: Tu peuxrencontrer Dieu dans la vie quotidienne. Tel sera aujourd'hui le sujet de notre entretien.
Comprenons-nous bien: il y a dans la vie humaine des rencontres au cours desquelles on ne dit pas un mot. Tu lis un livre: tu rencontres ainsi un poète. Tu admires une illustration: tu rencontres le peintre ou le photographe, ainsi que le pays reproduit par les images. La rencontre peut être encore plus vivant pendant le jeu. Deux personnes sont assises en silence» l'une devant l'autre pour une partie d'échecs. Des échanges ont lieu sans qu'elles se disent un mot. Chaque coup présente un problème à l'autre, chaque riposte est une réponse. A chaque coup, le joueur rencontre son partenaire, l'habileté et la tactique, la manière de jouer, l'opiniâtreté, la patience, la perspicacité, mais aussi la faiblesse de l'autre. Par les pièces que l'autre avance, la vision spirituelle du partenaire se présente au joueur. Il le rencontre.
De la même manière, nous rencontrons Dieu dans la vie quotidienne, lui qui gouverne toutes choses. Tu fais cette expérience quand tu es assis en auto, à la place de devant à côté du conducteur et que la route vient à toi, comme un flot qui arrive et passe constamment. C'est ainsi que la journée vient à toi avec ses événements. Tu connais la chaîne à la fabrique. Elle se dirige vers l'ouvrier. C'est là que se trouvent les objets qu'il doit travailler. Il les voit venir, il sait ce qu'ils signifient, il les prend, leur donne forme, puis les laisse. Il en est ainsi de notre vie: ce qui nous arrive, ce que nous voyons et entendons, toul. part des mains de Dieu pour arriver vers nous. Tout est un don ou une tâche envoyés par Dieu, auxquels il a pensé dans son amour vigilant, un don qu'il t'a fait, à toi, une tâche qu'il t'a proposée, à toi, personnellement. Telle est la merveille de la Providence. Ne va pas te casser la tête en te disant que d'autres font des expériences semblables, quoiqu'ils soient absolument différents de toi. Et non plus en pensant que bien des choses qui t'arrivent sont telles à cause des péchés des hommes Considère seulement le flux des dons et des tâches qui t'arrivent continuellement.
Le flux des dons depuis le petit matin: le lit où tu es à l'abri, le toit qui te protège, le réconfort du sommeil, l'air que tu respires toutes les quatre se condes, la lumière, l'eau avec laquelle tu te laves, le bonjour de ta mère, le déjeuner, la bicyclette, le lieu de travail. Tout est un don deDieu. Aucune des choses que je viens de nommer et nous pourrions en citer beaucoup d'autres encore n'est nécessairement là. Il n'en est aucune, à part l'air, dont, au même moment, beaucoup d'autres ne soient privés. Toi, tu les possèdes. C'est ainsi qu'en chacune d'elles te rencontre Celui dont tu penses qu'il est si éloigné de ton milieu profane. Et voici l'autre courant: celui des tâches. Comme tous les objets sur la chaîne de l'ouvrier, ce qui t'arrive représente, d'une manière quelconque, une tâche. Dieu te la propose. Quand une chose t'arrive, Dieu veut que tu te comportes comme il convient vis-à-vis d'elle. Toujours, d'une certaine manière, c'est la volonté de Dieu que tu rencontres et qui, par les événements de ta vie, te donne la tâche d'y répondre comme tu le dois. Il en est ainsi dès le matin: les souliers encore sales, la première rencontre avec ta mère, le petit frère qui continue à dormir et que le moindre bruit réveille, la nappe propre, la pluie dans laquelle il te faut tout de suite sortir, l'affiche de cinéma qui s'impose à ta vue, l'abattement que tu remarques chez ton camarade, l'appel du client, le travail que te donne ton chef: tout cela arrive à toi avec une signification intérieure, exige de toi que tu l'accueilles ou le refuses, que tu le considères ou t'en rendes maître, que tu y réfléchisses, lui donnes suite ou l'abandonnes.
Toujours la volonté de Dieu se manifeste à toi par ces circonstances. Toujours c'est Dieu qui les envoie ou qui leur permet d'arriver; il sait ce qu'elles peuvent signifier pour toi, il te les fait parvenir comme une possibilité de lui répondre, de répondre à son intention, de le rencontrer. Il faut que tu fasses entrer cette pensée dans ton esprit et que tu l'appliques à ta vie, non pas de manière lourde et mécanique, mais de telle sorte que tu distingues ce qui est important et ce qui ne l'est pas, raisonnablement, par conséquent. Comporte-toi ainsi. On apprend le mieux cette rencontre quotidienne quand on demande souvent à Dieu: « Que voulez- vous de moi? Quelle est votre intention? » C'est toujours l'intention d'une sagesse magnanime, d'un amour pur et vigilant, même là où tu as affaire à la méchanceté et au péché. « Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu. » (Epître aux Romains, VIII, 28.) Et tu réponds alors: « Oui, Père, volon tieTu vas ainsi directement à lui. Tu lèves ainsi les yeux vers sa Face sacrée.
Ce dont nous avons parlé là, c'est la vie avec la divine Providence. C'est la réponse au fait que le Dieu vivant gouverne tout. Il dirige chaque chose pour le bien de tous et toutes choses pour le bien de chacun. Tel est son génie, sa supériorité inconcevable qui reste pour nous un mystère. Mais celui qui s'y livre et vit ainsi avec Dieu en fera l'expérience. Pour lui, la vie quotidienne n'est pas grise, les nuages se dissipent comme au soir d'un jour pluvieux et l'or étincelant du soleil divin qui apparaît transforme le monde.
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L'ADORATION DE DIEU
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Il ne faut pas que tu trébuches au cours de ce chapitre. Réserve-le, je te prie, pour une heure tranquille, pour ce soir peut-être. Et ce ne sera pas plus mal si tu le lis à genoux; le sujet traité en vaut la peine. Si tu le comprends et agis en conséquence, tu feras l'expérience d'un renouvellement intérieur. Nous allons parler de l'adoration de Dieu. Beaucoup de chrétiens n'adorent pas réellement Dieu. De toi non plus, je ne sais si tu as jamais fait l'expérience de ce qui se passe quand on adore Dieu. Les hommes lui adressent des demandes, le remercient, se plaignent à lui de leur sort ou l'in terrogent; ils expriment leur espoir et leur con fiance et lui disent aussi leur amour. Tout cela est bon et juste. Mais réfléchis un peu: demander et remercier, se plaindre et interroger, espérer, faire confiance et aimer... on se comporte de la même façon vis-à-vis des hommes Or il est une attitude qui ne convient que pour Dieu: l'adoration si importante qu'elle est la seule qui suffise pour lui. Elle seule est juste par rapport à la réalité divine. Plus encore: son importance est telle qu'elle doit pénétrer et soutenir toute autre attitude devant Dieu, sans quoi celle-ci n'a pas de valeur et ren ferme déjà secrètement ce qui sépare de Dieu.
Qu'est-cg que l'adoration? Elle commence par l'étonnement, par une stupéfaction sans bornes qu'il existe un être tel que Dieu. C'est une merveille inimaginable que Celui qui possède la toute-puis sance soit aussi la bonté absolue, l'intention la plus pure et l'amour ardent. N'est-ce pas inconcevable pour l'homme? Il existe entre les êtres humains un sentiment semblable à cet étonnement sans bornes de l'adoration. Il peut arriver que l'on découvre quelqu'un c'est généralement dans l'amour dont on soit absolument ravi. «Quelle personne aimable! qu'elle est charmante! » dit-on, et l'on peut à peine com prendre que tant de beauté se rencontre en elle, unie à tant d'agrément. Etonné, on pense: « C'est un être merveilleux. » Les autres, qui observent, disent quelquefois en abusant des mots: « Il l'adore. » Mais ce mauvais usage du terme contient un grain de vérité: cet amour qui s'étonne, se dépasse lui-même, ne se cherche pas et regarde seulement l'autre, offre un reflet de ce qu'est l'adoration.
Celui qui a commencé à comprendre ce qu'est le Dieu saint se comporte de même: il est saisi d'une admiration sans bornes. Celle-ci peut s'emparer de nous quand,auriintemps, nous voyons le mouvement immense de la floraison et de la croissance s'étendre à perte de vue, quand nous pensons à Celui qui la provoque et la maintient. Elle peut nous saisir quand nous entendons parler des dimensions inimaginables de l'univers. Elle nous touche de la façon la plus valable quand nous réfléchissons et considérons que tout le bien concevable se trouve réuni en Dieu.
Cette vérité donne naissance à un second élément de l'adoration. Si Dieu est tellement sage qu'il sache tout ordonner pour le mieux, si, effectivement, il peut tout, en sorte que sa puissance ne connaît aucune limite, si enfin il est l'amour absolu, il faut que je reconnaisse le Dieu saint tel qu'il est. Je dois lui dire: « Vous ête bon, je ne le suis pas; vous êtes sage, je ne le suis pas; vous êtes l'amour pur et désintéressé, je ne le suis pas. Non seulement vous êtes véritablement fort, en sorte que je ne puis vous résister ou vous fuir et que je vous suis totalement livré c'est vrai aussi, sans doute mais vous êtes digne aussi, et vous seul, de posséder la toute-puissance et de régner sur toutes choses, parce que vous seul ne faites pas mauvais usage de votre puissance, parce que vous êtes absolument saint. »
En Dieu, la totalité de la puissance n'est pas un danger. Il n'est pas nécessaire qu'il ait un Parlement composé d'hommes qui le surveillent et l'empêchent d'abuser de cette puissance. Non, la puissance ne peut être nulle part mieux gardée qu'en lui. Nous devons souhaiter sincèrement que la toute-puissance lui appartienne, également sur nous. Chez lui, la puissance ne fait qu'un avec sa toute sainte volonté. Ainsi pense l'adoration et elle devient une soumission sans réserve. Lorsque l'enfant de David tomba malade celui qu'il avait eu de Bethsabée, la veuve d'Urie, avant la naissance de Salomon il supplia Dieu de laisser l'enfant en vie. Il s'imposa jour après jour des veilles et un jeûne rigoureux et dormit sur la terre nue. Au bout de sept jours l'enfant mourut. Que fit David? Il se releva, fit ses ablutions, oignit sa tête et changea de vêtements. Puis il se rendit au temple du Seleelir, se prosterna et adora Dieu. Voilà! accorde à Dieu le droit de disposer pleinement de lui, il ne discutepe,ilne se retire pas plein de colère. Il dit de tout son coeur: « Votre décision est juste. J'accepte. » David malt qui est Dieu. II était donc capable de l'adorer.
Celui qui adore Dieu ne se soumet pas à lui avec mauvaise humeur. Il sait que Dieu ne contraint pas à l'adoration par sa puissance extérieure: l'adoration s'accomplit dans la liberté. Il sait aussi que Dieu ne fait pas mauvais usage de la soumission, mais considère seulement qu'elle permet d'accéder à son action pleine d'amour. C'est pourquoi, lorsque l'homme accorde à Dieu toute souveraineté, la joie s'empare de lui. Il se dit: « Ce que je fais là est équitable, vrai, bon. » Il sent la vie s'éveiller jusqu'au tréfonds de son être. Il met alors Dieu à sa juste place et il s'y met lui-même. Tout mouvement convulsif d'affirmation de soi prend fin. L'homme souhaite toujours davantage que le Dieu infiniment bon ait souveraineté sur lui. Il comprend de mieux en mieux que toute action accomplie par Dieu à son égard ne peut être que juste et bonne, ne peut produire que salut et bénédiction. Il souhaite donc que Dieu agisse toujours davantage envers lui et avec lui, ce que Dieu fait étant toujours préférable à ce qu'il fait lui-même. Il se réjouit toujours davantage de ce que le Dieu très bon soit en même temps le Tout-Puissant. De son âme jaillit alors cette ado ration exultante, enthousiaste: « O mon Dieu, vous seul êtes digne d'être Dieu. » La simmission se trans formeainsi en un abandon plein d'allégresse.
Les anges contemplés par Isaïe chantaient: « Saint, saint, saint. » Telle est l'adoration. Leur admiration, leur joie, leur abandon sont si grands qu'ils ne peuvent plus prononcer d'autre parole. Un poème sur les anges exprime la même réalité avec des paroles différentes: Pareils à des brandons chassés par la tempête Vers le foyer d'où sourd l'éternelle lumière, Impétueux, légers, ignorant nos fardeaux Ils volent, s'épanchant dans le terme sans fin. Cette expression « s'épanchant » exprime le don total, insatiable, que peut connaître celui qui a fait l'expérience de l'adoration. Dans l'Apocalypse, elle se traduit par un acte tout simple: les vingt-quatre Anciens agenouillés devant Dieu déposent leur couronne et donc leur grandeur, leur honneur, leur dignité, leurs mérites, leur récompense devant le trône de Dieu. Par là, ils expriment en silence l'adoration contenue dans le psaume 115: « Non pas à nous, ô Seigneur, à votre nom seulement donnez la gloire. » Avec ce psaume, nous sommes revenus chez nous, sur la terre. C'est là le lieu, c'est maintenant le temps où nous devons adorer. L'adoration est l'acte le plus haut que l'homme puisse accomplir. Voilà pourquoi nous devons nous y appliquer quotidien. nement. L'adoration pénétrera progressivement toute notre prière, et même, de plus en plus, tous nos actes. L'adoration est la suprême prière. Alors l'homme n i e pense plus à lui-même, seulement en core à Celui qui seul peut pleinement satisfaire la pensée de l'homme parce qu'il est la vie supérieure à toute vie, l'amour au-dessus de tout amour.
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S'ENTRETENIR AVEC DIEU
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« Cela n'existe pas, dira plus d'un. On peut bien prier, on peut aussi parler à Dieu. Mais pour « s'entretenir », il faut toujours être deux à échanger des propos. Et Dieu ne nous parle pas! » Ces mots paraissent parfaitement raisonnables, et pourtant ils ne sont pas exacts. Qui a essayé sait qu'un tel dialogue existe: on peut s'entretenir avec Dieu. Prenons un exemple. Tu te promènes pendant l'été. Depuis un moment déjà, le chemin de la forêt a permis de voir la clairière où il aboutit, où la pleine campagne se montre aux regards. Tu y arrives enfin. Une paisible prairie s'étend devant toi, avec l'ondulation des herbes et des fleurs. Un vieux hêtre se dresse au milieu L'arbre a pu se déployer de tous côtés dans sa vigueur et sa liberté, sans être gêné par d'autres arbres qui lui eussent dérobé la lumière et l'espace. Tu contemples cette merveille, les milliers de feuilles qui jouent dans le vent léger, les branches qui les portent et le tronc puissant. Tout vit. Chaque feuille est nourrie par d'innombrables canaux très fins qui font monter la sève de la terre jusqu'à elle: une merveille vivante. Alors, plein d'admiration, tu dis dans ton coeur: « Vous avez réalisé là quelque chose de magnifique, Seigneur! Se peut-il donc qu'une telle oeuvre existe, que toutes les parties qui la composent aient un rapport entre elles, qu'elle vive. Comment pouvez- vous bien vous y prendre? Chaque feuille a une forme nette, déterminée, les branches sont si fermes, si élastiques en même temps, le tronc puissant et solide permet cependant aux sèves vitales qui montent dans ce bois de le pénétrer. Et tout cela, vous l'avez non seulement très bien adapté, mais vous l'avez fait beau, très beau. Vous êtes vraiment un artiste merveilleux. Mais ce qui me touche le plus, Seigneur, c'est que vous avez placé là cet arbre à mon intention. Vous saviez que je sortirais un jour de cette forêt, alors vous l'avez fait grandir ici pour que moi-même, comme beaucoup d'autres, puissent admirer en lui votre sagesse créatrice et votre puissance merveilleuse. Comment ne vous serais-je pas reconnaissant pour tout l'amour dont vous m'entourez? »
Autre exemple. Hier soir, lorsque tu es rentré après la réunion de ton groupe, ta mère t'a sérieusement grondé. Elle a dit qu'on ne te voyait plus du tout à la maison et que cela ne pouvait pas continuer ainsi pendant la prière du soir, il faut s'entretenir avec Dieu d'un tel incident. Peut-être de cette façon:
« ...Oui, et puis maman. Vous savez, Seigneur, combien je l'aime et comme je vous suis reconnaissant de m'avoir donné une aussi bonne mère. Mais j'ai tant de difficultés avec elle maintenant. Elle gronde tout le temps. Qu'est-ce qu'il faut que je fasse? Je ne peux pourtant pas renoncer à mon groupe. J'ai la responsabilité de ces garçons. En fin de compte, c'est bien vous qui me les avez confiés. Et il faut aussi que je continue mon cours du soir... Maman devrait pourtant comprendre! Il est vrai aussi que je ne le lui ai jamais exactement expliqué; jamais je ne lui en ai vraiment parlé gentiment et avec confiance. Toujours je me rebiffe un peu quand elle commence à en parler. D'ailleurs, je le remarque maintenant, je me ferme devant maman. Bien sûr, je suis poli avec elle, mais presque jamais je ne fais de moi-même quelque chose qui la satisfasse; en tout cas, il y a longtemps que cela ne m'est arrivé. Alors, naturellement, il ne faut pas que je m'étonne si elle est mécontente de moi. Tel n'était pas votre désir, mon Dieu, j'ai encore une fois agi contre votre volonté. Voyez-vous, voilà comment je suis. Et malgré cela, vous recommencez sans cesse à vous occuper de moi.
«Je vous remercie d'y voir clair maintenant. Montrez-moi aussi comment remettre les choses en ordre.
« Ah! je sais! Demain soir, mon père va à sa réunion et ma soeur doit sortir avec des amis. Je passerai avec maman une soirée bien tranquille. Après mon travail, j'irai chercher les photos de notre dernière excursion. Quand nous aurons dîné, je l'aiderai d'abord à faire la vaisselle, puis nous vous assoirons ensemble, nous regarderons les photos et nous bavarderons. Et vous, Seigneur, il faut que vous soyez là, je vous le demande de tout coeur, pour que la conversation tourne bien. Aidez-moi à être gentil avec elle et ouvrez aussi son coeur afin qu'elle comprenne bien mon point de vue. Ne pouvez-vous pas tout, Dieu de vérité et d'amour, mon Père? » Par ces exemples, tu vois que l'on peut s'entretenir avec Dieu. Ce n'est pas tellement difficile, tu n'as qu'à le faire avec loyauté et simplicité devant sa Face. Il écoute.
Mais l'objection dont nous parlions au début est- elle réfutée? Qu'en est-il de notre question: Est-ce que Dieu parle quand on s'entretient avec lui? Oui, il parle d'une manière secrète el silencieuse, il est vrai. Peut-on la décrire? Essayons.
L'une des façons dont il s'exprime, c'est par les faits, littéralement: par les choses qu'il a faites, l'arbre, par exemple, ou bien l'ondulation multicolore de la prairie en fleurs, les nuages blancs qui passent, le reflet du soleil sur l'eau, et tout ce que nous rencontrons dans la nature. Dieu nous parle par ce moyen. Regarde et prête l'oreille! Mais les rencontres avec d'autres personnes et tout ce qu'il nous est donné de vivre est aussi de quelque façon sa parole, un don et une tâche qu'il nous envoie. Nous avons déjà abordé cette question. Tu le vois donc: avant que tu parles, il a déjà parlé, et quand tu prêtes attention à ce qui t'advient, il s'exprime de nouveau. De cette manière déjà tu t'entretiens avec Dieu.
Il en existe encore une autre. Tandis que tu es attentif et que tu réfléchis en présence de Dieu, tandis que tu l'interroges et que tu lui ouvres ton coeur, il commence à diriger tes pensées. La lumière se fait en toi, ce qui ne se produit pas sans lui. Quelque chose se met en mouvement dans ta mémoire. Une parole te vient à l'esprit, une parole de la Sain te Ecriture, peut-être, ou celle d'une personne de bien: de nouveau il t'a parlé à sa manière. Quand nous interrogeons Dieu, ce que nous savons par la foi commence à s'animer en nous. Il peut déjà en être ainsi de façon purement naturelle. Mais, en même temps, le Seigneur est là. Il ne t'est pas permis d'oublier que le Saint-Esprit qui t'est donné est une réalité, et non pas morte, mais vivante. L'Esprit vivant de Dieu vit et agit en toi. Il t'attire, te pousse, t'éclaire et t'illumine, il te donne la compréhension, le sens du juste, la joie et la force, la nostalgie et l'accomplissement. Il te faut compter avec lui et ne pas penser que, lorsqu'on s'entretient avec Dieu, on doit toujours prendre personnellement la parole. Donne-la lui aussi. C'est même lui qui, évidemment, à la préminence. Sois réceptif et prête l'oreille.
Tu penseras aisément que c'est là un merveilleux domaine de croissance et de progrès. L'union devient toujours plus intime et plus vivante. C'est vrai non seulement pour les saints, mais pour nous aussi, simples chrétiens. Seulement, il faut s'y mettre. Seule l'action nous est ici un secours. Mais non, il y faut encore autre chose: la patience et la foi. On n'y réussit pas du premier coup. Dieu laisse à toute croissance le temps qui lui est nécessaire, également à la croissance spirituelle. Cependant, ne va pas t'attendre à des expériences intimes, voire à des miracles, sans quoi tu fais fausse route. N'aie que le désir de t'entretenir vraiment avec Dieu et de comprendre ce qu'il veut de toi. Cela suffit. Sache bien qu'il est bon de prendre l'Ecriture Sainte et d'accueillir en soi ce q ueDieu a dit et fait pour que des oreilles et des yeux humains puissent le percevoir. Si l'on accueille la parole de Dieu, il arrive que l'on soit éclairé quand, en une heure recueillie, on va vers lui, on l'interroge, on lui parle. Sache, de certitude, que le Verbe lui-même te parle à toi dans l'évangile. Une réponse faite pour toi attend ta question.
Essaye donc un peu, immédiatement, ce soir- même, de t'entretenir avec Dieu. De quoi donc? Peut-être de ce que tu viens de lire. |
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