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Correspondances diverses -1
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Montréal, le 11 mai 1946
Monsieur l'abbé Chs.-Émile Gadbois
J'ai reçu votre volumineux envoi d'albums de disques, de chansons et autres documents qui sont un tribut à votre activité et à votre dévouement envers notre jeunesse canadienne-française. J'ai commencé à écouter les disques et je les trouve charmants. Les statistiques vous soumettez, de même que les arguments que vous avancez, sont vraiment fort convaincants et montrent combien votre travail est actif et sérieux.
Avec mes re merciements, je vous offre mes plus chaleureuses félicitations pour votre excellent travail. J'espère qu'il me sera possible de utile pour propager votre bonne oeuvre à travers la Province.
Sincèrement à vous
Le Directeur général
Société Radio-Canada
Augustin Frigos
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Correspondances diverses -2
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Le 10 février 1 948, une nouvelle association culturelle et artistique récemment fondée à Saint-Hyacinthe, envoie une carte de membre d'honneur à l'abbé Gadbois avec l'espoir qu'il acceptera d'ètre des leurs, ce que fait avec joie le directeur de La Bonne Chanson qui fit bénéficier cette oeuvre de ses précieux conseils par la suite.
En janvier 1949, le président de la Fédération des Chambres de Commerce des Jeunes de la province de Québec André Gagnon, demande à l'abbé Gadbois de leur composer une chanson-thème pour congrès. Voici cette lettre qui , place tout leur leur espoir en l'abbé.
Le 24 janvier 1949
Votre frère Raoul, un des meilleurs amis que la Fédération notre Fédération, possède, nous avait annoncé il a y quelques mois que vous aviez bien aimablement consenti à composer le chant-thème de notre Fédération.
Au congrès provincial de Saint-Jean, en juillet dernier, l'assemblée générale avait accepté à l'unanimité que notre mouvement possède en plus d'un bouton-insigne et d'autres manifestations de solidarité, une sorte de cri de ralliement ou chant-thème sur un air facile qui servirait à nos congrès régionaux et provinciaux mais aussi aux congrès américains et internationaux.
J'aimerais savoir si, à travers vos nombreuses occupations, vous avez eu le temps de penser à ce chant-thème et si vous entrevoyez la possibilité que nous l'ayons pour le début de ma i. Comme nos congrès régionaux se tiendront dans les treize régions de la Province du début de mai à la fin de juin, nous aurions là une belle occasion pour lancer notre chant-thème.
Si je puis vous être utile de quelque manière, je serai très heureux de pouvoir vous rencontrer à Saint-Hyacinthe au jour et à l'heure qui vous conviendraient.
Je compte vous lire bientôt à ce sujet et vous prie d'accepter l'expression de mes sentiments les plus cordiaux.
Fédération des Chambres de Commerce des Jeunes
André Gagnon
Président
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Correspondances diverses -3
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À la fin janvier 1949, c'est la populaire vedette de cinéma et de la chansonnette, Georges Guétary, qui, de passage à Montréal, envoie le petit mot suivant à l'abbé Gadbois :
Montréal, le 27 janvier 1949
Révérend Père :
J'ai bien reçu votre colis de chansons et je vous en remercie de tout coeur.
Ces chansons canadiennes me paraissent très intéressantes et dès qu'un moment de loisir me le permettra, je les verrai de plus près. Malheureusement, je suis occupé sans arrèt, ayant matinée et soirée tous les jours.
Quant à votre suggestion, croyez que j'y accorderai mon attention dès que je serai à Paris.
Veuillez croire, Révérend Père, à ma respectueuse sympathie.
Georges Guétary
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Correspondances diverses -4
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Le 17 juin 1949,
Mgr Albert Valois, directeur du comité, diocésain d'Action Catholique, adresse la lettre suivante à monsieur Eugène Doucet, imprimeur de son métier et président de la Commission des Écoles Catholiques de Montréal .
17 juin 1949
Monsieur Eugène Doucet, président
Commission des Écoles catholiques de Montréal,
117 Ste-Catherine Ouest,
Montraél-18
Cher monsieur Doucet,
Notre comité diocésain d'Action catholique fait une campagne au sujet des chansonnettes françaises immorales qui se chantent à la radio. Il a été en communication assez régulière avec les postes chaque fois qu'une plainte lui était adressées à ce sujet. Ce qui frappe davantage tous ceux qui s'occupent de la chansonnette, cher monsieur le président, c'est de voir que nos enfants et nos jeunes gens connaissent toutes ces chansons grivoises ou immorales et les ont toujours à la bouche. Nous voudrions en même temps faire quelque chose de positif dans notre campagne de moralité et nous savons que la belle collection de «La Belle Chanson» de monsieur l'abbé Charles-Émile Gadbois mériterait d'être répandue chez notre jeunesse et mieux connue par elle. Je sais que des éditions ont été faites à l'usage des divers cours de nos écoles et qu'elles ont été acceptées par le Conseil de l'Instruction publique comme manuels de classes.
La Commission Scolaire de Montréal pourrait-elle, je vous soumets cette demande en toute simplicité, voir à répandre davantage chez nos élèves la connaissance et le goût de nos chansons de chez nous?
Je vous serais bien reconnaissant de vous occuper de ce problème et je vous prie de me croire,
Votre bien dévoué
Mgr Albert Valois, P.A., Va,
Directeur diocésain d'Action Catholique |
Correspondances diverses -5
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Voilà certes un appui non négligeable à l'oeuvre de La Bonne Chanson et dont se réjouit vivement l'abbé Gadbois qui participe toujours à divers festivals dont le dernier d'envergure fut celui de Worcester dans le Massachussetts, à l'occasion du centenaire Franco-Américain.
Abbé Charles-Émile Gadbois
Le succès de celui-ci comme de tous ceux qui le précédèrent contribua fortement le à répandre, non seulement chez la jeunesse, mais également, dans le grand public, en général, le go ût de la chanson à la grande satisfaction de l'abbé Gadbois.
À cette époque, fin 1949, début 1950, on calcule à La Bonne Chanson avoir déjà distribué plus de trente millions d'exemplaires de chansons sous les présentations les plus diverses et la montée en flèche se poursuit toujours.
C'est ainsi qu'en 1950, l'abbé Gadbois publie un recueil de quatre cents cantiques dont les dix mille premiers exemplaires mis sur le marché au coût de quarante-cinq mille dollars s'envolèrent en moins d'un mois et furent suivis aussitôt d'une seconde édition. Production massive s'il s'en fut mais bilan déficitaire malgré tout dans cette opération, puisque cet important recueil ne se vendait que quatre dollars l'unité.
La montée fulgurante et le succès sans cesse grandissant n'étaient pas sans soulever les critiques de certains puristes, tenants du folklore à l'état pur alors que l'abbé Gadbois avait quelque peu remanié la version originale de certaines chansons folkloriques pour les rendre plus faciles, plus agréables au grand public grâce à de légères retouches.
Ces pisse-vinaigre impénitents ne digéraient surtout pas que c'était précisément ces versions modifiées qui étaient aimées du grand public qui en a retenu la mémoire collective.
D'ardents défenseurs élevèrent alors leur voix en faveur de l'abbé Gadbois, de La Bonne Chanson et du recueil de quatre cents cantiques.
Dans une très longue réplique savante et étoffée à un lecteur publiée dans l'Action catholique de Québec, le jeune titulaire des grandes orgues de l'église Saint-Jean-Baptiste, le basilique réputé . organiste et compositeur Raymond Daveluy (Prix «Europe 1948) et aujourd'hui titulaire des grandes orgues de la Basilique Saint-Joseph du Mont-Royal, n'y alla pas de main-morte dans sa lettre ouverte dont les deux derniers paragraphes se lisaient ainsi :
En offrant ce recueil au grand public, M. l'abbé Gadbois et La Bonne Chanson ont certainement beaucoup mérité de l'Église canadienne, et il n'est pas surprenant que la première édition de 10 000 exemplaires ait été épuisée en moins d'un mois. Puisse ce recueil faire tout le bien pour lequel il a été publié...
...Oublions donc nos petits intérêts personnels et appliquons-nous, chacun dans notre domaine, à faire le mieux possible, de façon à toujours pouvoir écrire en terminant nos oeuvres, cette admirable dédicace que M. l'abbé Gadbois a inscrite au début de son volume : «À. la Vierge de l'assomption nous dédions cet ouvrage; qu'Elle daigne le présenter à son divin Fils en l'assurant que nous l'avons fait avec tout notre coeur et pour sa plus grande gloire! |
Correspondances diverses -6
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De son côté, l'auteur de la présente biographie, alors jeune immigrant (j'étais au pays depuis deux ans à peine) écrivit également une longue lettre ouverte au directeur du journal «Le Devoir», André Laurendeau, qui eut la délicatesse de la publier intégralement. Pour résumer ce long texte, je n'en citerai que les deux premiers et l'avant-dernier paragraphe.
Montréal, le 27 décembre 1951 Monsieur le Directeur,
Je suis avec attention depuis quelques jours, dans notre journal pour lequel j'ai par ailleurs la plus sincère estime, la polémique engagée au sujet du «Recueil de Cantiques» édité par M. l'abbé Charles-Émile Gadbois, directeur de La Bonne Chanson. Puisque les sons de cloches que nous entendons s'accordent dans une même tonalité pour critiquer, «l'art est difficile, la critique est aisée», dit le proverbe, n'en déplaise aux auteurs des lettres publiées, permettez-moi, à mon tour d'apporter un autre son de cloche et pour rétablir un juste équilibre, d'une autre tonalité cette fois en faveur de l'abbé Gadbois, dont je connais, pour avoir eu en main toutes ses éditions, le splendide travail d'apostolat patriotique qu'il fait en faveur d'une langue française bien chantée et mieux chantée.
Je vais être aussi court que possible. Permettez-moi tout d'abord de constater avec regret que la critique s'adresse à un Canadien français qui a fait et continue de faire une oeuvre utile pour ne pas dire magnifique dans ce pays en vulgarisant «les bonnes chansons françaises» et les bons cantiques. Cette critique est de plus ni objective, encore bien moins constructive, ne s'appuyant sur aucun fait technique précis, démontrant ainsi, pour le moins, l'incompétence notoire des auteurs des dites lettres. Je trouve d'autre part que les Canadiens français ont déjà assez à faire pour préserver leurs droits et pour lutter pour la conservation de leur langue et par la même de leur foi, sans que des notes discordantes, modulées en divers accords dissonants, viennent ajouter des difficultés à une lutte âpre et constante et risquer ainsi de créer, par surcroit, de douloureuses divisions...
...C'est vous, Messieurs, qui nous faites pitié et je dois vous dire que M. l'abbé Gadbois et son oeuvre de la «Bonne Chanson» sont très appréciés en France d'où je suis venu il y a bientôt deux ans pour me fixer au Canada que j'aime comme ma mère-patrie — qui fut la vôtre aussi. Je crois que dans mon pays et en Europe en général, on s'y connaît cependant un peu en fait d'éditions musicales et que sans vous froisser, toutes ou à peu près toutes les grandes éditions de musique classique et moderne que vous achetez à Montréal viennent de France, à l'exception, bien entendu, des musiques de jazz, ahurissantes, curieuses, démoniaques, en provenance des États-Unis et d'ailleurs, et certainement pas faites pour cultiver le goût de l'art chez les jeunes.
Il y avait aussi d'autre part de la jalousie jusque chez certains clercs qui ne roulaient pas carosse, à telle enseigne que le nouvel évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr Douville, intima un jour l'ordre formel à l'abbé Gadbois de se départir de sa grosse et puissante voiture.
Ce dernier eut beau expliquer à l'évêque que ce véhicule lui était nécessaire dans l'exercice de ses fonctions pour parcourir le Québec, l'Ontario et les états américains de la Nouvelle-Angleterre. Le prélat, supérieur hiérarchique du prêtre séculier qu'était Charles-Émile Gadbois, refusa d'entendre raison et ce dernier vendit donc son automobile.
Qu'à cela ne tienne, l'un de ces deux frères cadets, Rosario, qui habitait Ottawa, lui offrit la sienne qui était naturellement immatriculée en Ontario et cela suffit à faire taire les âmes timorées et à mettre un terme au diktat de Mgr Douville.
Heureusement que tout le monde ne réagissait pas et ne pensait pas comme ces gens-là. Des hommes d'affaires du Québec ont déclaré à cette époque que l'oeuvre de La Bonne Chanson fut celle qui a eu plus de succès dans la Province de Québec. |
Correspondances diverses -7
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L'abbé Gadbois allait cependant toujours de l'avant, ne se laissant pas intimider par des critiques insidieuses ou par de vaines récriminations. Il continuait également d'être la générosité même. Il avait tant à coeur le succès de La Bonne Chanson et la propagation de son oeuvre qu'il n'est pas rare, encore aujourd'hui, de rencontrer des personnes qui ont reçu de lui la série complète de ses dix albums et nous sommes heureux de souligner que nous sommes personnellement de ce nombre.
Charles-Émile Gadbois disait souvent : «Le but de La Bonne Chanson n'est pas un but lucratif. Si je vends cinq albums d'une main, je ne regarde pas l'autre main qui en donne cinq autres à quelqu'un à qui ces chansons seront utiles.» Et d'ajouter : «Je veux compléter mon oeuvre et faire chanter les miens dans du beau et du bien, après quoi, je laisserai à d'autres générations après moi le devoir impérieux de sauvegarder notre langue et, partant, notre Foi.» Quel magnifique credo que celui-là!
Et pendant ce temps, de hautes personnalités ne tarissent pas d'éloges à l'égard de l'homme et de son oeuvre. Son Excel lence Mgr Maurice Roy, archevêque de Québec et Primat du Canada qui sera fait cardinal plus tard, écrit le 31 décembre 1949 à l'abbé Gadbois :
Québec, le 31 décembre 1949 Monsieur l'abbé,
J'ai bien reçu le recueil de «La Bonne Chanson à l'école» que vous avez bien voulu offrir en hommage, et je vous en remercie sincèrement.
Avec mes remerciements, je vous prie d'agréer mes meilleurs voeux pour la nouvelle année et l'expression de mes sentiments dévoués en Jésus et Marie.
Maurice Roy Archevêque de Québec
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Correspondances diverses -8
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Quelques mois après, c'est au tour de Me René Chaloult, avocat et député nationaliste, que l'on a surnommé à juste titre «le père du drapeau québécois». Il écrit à Charles-Emile Gadbois le 19 mai 1950 :
Le 19 mai 1950
Monsieur l'abbé Charles-Émile Gadbois Saint-Hyacinthe
Cher monsieur l'abbé,
De retour d'Europe je reçois avec joie de nombreux disques de vos belles et bonnes chansons.
Je vous en remercie vivement au nom de ma femme, de mes enfants, et en mon nom personnel.
Je vous prie d'agréer, cher monsieur l'abbé, l'assurance de mes sentiments bien reconnaissants et dévoués.
René Chaloult, Avocat
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Correspondances diverses -9
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Québec
Le 4 juin 1952, ce sera au tour de l'Honorable Gaspard Fauteux, Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec d'adresser la lettre suivante à l'abbé Gadbois :
Cabinet du Lieutenant-Gouverneur Québec
4 juin 1952 Monsieur l'Abbé,
Vous m'avez fait un bien grand plaisir en m'offrant les disques et le répertoire de chansons qui viennent de me parve nir. Je vous remercie de tout coeur pour votre délicate pensée.
Vous avez accompli un travail admirable en collectionnant nos plus belles chansons pour les conserver et les populariser non seulement parmi les nôtres mais jusque chez nos compa triotes de langue anglaise qui apprécient nos traditions et savent reconnaître les mérites de votre dévouement.
Bien à vous, Gaspard Fauteux
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Correspondances diverses -10
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Le futur Premier Ministre du Québec,
Me Daniel Johnson Sr, C.R., écrit à l'abbé Gadbois le 21 octobre 1952,
de son bureau de Montréal et alors qu'il n'est encore que simple député
Assemblée Législative Province de Québec
25, Est, rue St-Jacques Montréal, le 21 octobre 1952
Monsieur l'abbé Charles-Émile Gadbois
Musique et Musiciens
Saint-Hyacinthe, P.Q.
Mon cher Gadbois,
Vous trouverez ci-inclus mon chèque au montant de $5.00 pour abonnements à Musique et Musiciens, une revue qui promet. Elle semble combler un vide et je ne suis pas surpris que ce soit Gadbois qui y ait pensé et réalisé ce projet.
Voudriez-vous s'il vous plaît adresser les abonnements comme suit :
Me Daniel Johnson, C.R. M.A.L.
4439, rue Oxford
Montréal, P.Q.
Mademoiselle Yvette Marcoux
3670, rue Saint-Hubert
Montréal, P.Q.
Bien à vous
Daniel Johnson, C.R. |
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