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CHAPITRE VI
maîtrise-progressive
Un obstacle à vaincre - Les débuts de la vie conjugale - Amour et fidélité
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La chasteté n'est pas une vertu statique, acquise une fois pour toutes ; elle est une vertu dynamique, soumise à une loi interne de croissance et constamment aux prises avec les effets du péché originel en nous. Il est normal que cette maîtrise de soi s'acquière non pas du jour au lendemain mais progressivement. C'est la loi de tout perfectionnement humain : il nous faut sans cesse devenir plus justes, plus équitables, plus sages, plus charitables. De même les époux ont à devenir de plus en plus chastes, c'est-à-dire que l'emprise de l'amour sur l'instinct doit aller crescendo. Dans cet effort vers la maîtrise il y a des temps forts et des temps faibles. Nous voudrions, sur cette courbe d'évolution, souligner quelques moments particulièrement importants, soit parce qu'ils engagent l'avenir, soit parce qu'ils posent de délicats problèmes de conscience. |
Un obstacle à vaincre
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Dans une très large mesure, l'effort vers la pleine maîtrise sexuelle de l'adulte sera conditionné par la manière dont il aura pu surmonter la crise sexuelle de l'adolescence, c'est-à-dire par la position qu'il aura prise à l'égard de la masturbation. L'impulsion qui l'invite à la libération solitaire d'une tension sexuelle, soit spontanée, soit provoquée, constitue dans cet ordre la tentation majeure de l'adolescent. Sa réaction engage non seulement son évolution ultérieure dans le domaine sexuel, mais elle met en cause sa vie intellectuelle, affective, et parfois sa vie religieuse tout entière. Il ne faut pas en minimiser l'importance ; il convient de voir avec lucidité l'ampleur du phénomène. Dans son livre : Die Zeit der geschlechtlichen Relie, le docteur von Gagern, qui est une des autorités catholiques en la matière, emprunte aux études statistiques de Rohleders le tableau suivant, résultat d'une série d'enquêtes, indépendantes l'une de l'autre, qui portaient sur la question de savoir « si la personne interrogée avait accepté la pratique masturbatoire à quelque moment de sa vie ». On ne déterminait ni la durée ni la période, simplement le fait à l'état brut. Voici, à titre documentaire, les statistiques selon les diverses sources, désignées par le nom de l'enquêteur. Le pourcentage indique la proportion des réponses affirmatives.
Meirowsky, enquête faite auprès d'étudiants : 71,o% Meirowsky, enquête faite auprès de médecins : 88,7%
Marro : 85,o%
Markuse : 93,0%
Dr Deutsch à Budapest : 96,7%
Professeur Dück : 90,8%
Dr Dukes, médecin scolaire anglais : 90-95,0%
Scarley-Springfield (enquête dans le monde des étudiants) : 95,3%
Hirschfeld : 96,o%
Dr Desider Hahn (enquête dans le monde ouvrier) : 96,o%
Brockmann 99,3% Joung, urologue américain : ro o,o %
Berger : roo,o%
Moraglia : roo,o%
A quoi on peut ajouter les deux études de Rohleders lui-même, dont la première arrive à 85%, la seconde à 96%, et la conclusion du Directeur catholique du Centre d'observation de Chevilly en France, qui déclare avoir trouvé « que 93% des hommes s'étaient livrés au plaisir solitaire, dont 87% au moment de l'adolescence ». « Chiffres, conclut-il, qui rejoignent à peu près les statistiques de Kinsey en Amérique. »
Notre intention n'est pas de discuter ces chiffres, ni les conditions de chaque enquête, mais simplement de con stater une impressionnante concordance globale quant à la fréquence du phénomène et d'inviter les éducateurs à se pencher sur ce problème vital et sur les drames de conscience qu'il pose.
La psychologie moderne apprend que la masturbation peut résulter d'anomalies profondes très variées et qu'elle est souvent symptôme d'un état pathologique sous-jacent. Souvent un « noeud psychologique » crée une tension sexuelle dont la victime se libère par la masturbation. En défaisant ce noeud d'ordre affectif une frustration d'amour, un isolement on parviendra très souvent à dégager l'adolescent de lui-même et de l'infantilisme que révèle sa pratique lamentable. Une éducation positive, s'ouvrant largement sur autrui, animée par la charité et le sens social, par l'apprentissage du dévouement, aidera cette libération et disposera l'âme au maximum à bénéficier pleinement du secours de la prière et des sacrements, auquel chaque chrétien se doit de faire appel. Il n'est pas possible que l'on ne tente pas un effort de clarté et d'éducation en ce sens, et qu'on laisse l'adolescent se débattre dans l'angoisse et le mystère. « La simple vérité, a-t-on écrit, assainit une atmosphère trouble, car elle est sans connivence avec le mal ; tandis que la fausse pudeur trouble une atmosphère saine et nourrit le mal en voulant l'anathématiser. » Sans nier la gravité objective du mal, il faut que l'adolescent apprenne à voir clair et sache distinguer entre la gravité objective, qui suppose pleine connaissance et pleine liberté, et la gravité subjective, qui va dépendre d'une série de facteurs qu'il doit connaître pour se libérer. La victoire remportée sur ce terrain sera, demain, d'un précieux appoint pour développer en lui la pleine maîtrise conjugale, car on aurait tort de croire que le mariage résout par lui-même pareil problème. |
Les débuts de la vie conjugale
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La chasteté, disions-nous, est une vertu en croissance. Une plante qui grandit se cultive avec un soin particulier. D'où l'importance pour les époux de s'exercer à cette maîtrise à deux dès les débuts de la vie conjugale. Si les jeunes mariés, pendant les premiers mois et les premières années de mariage, n'ont jamais exercé volontairement cette maîtrise, ils se trouveront brusquement désemparés par une continence plus ou moins longue, qui tôt ou tard s'imposera. Si, au contraire, alors que nulle crainte ne vient les troubler et qu'ils sont prêts à accepter loyalement les conséquences de leurs actes, ils décident de limiter parfois leurs rapports, en fonction des périodes de fécondité ou d'infécondité, sachant en toute lucidité où ils vont, une meilleure maîtrise de soi résultera de cet entraînement progressif. Loin de nuire à l'amour, ce contrôle sera la marque d'un amour supérieur, plus maîtrisé, en vue d'un plus grand bien final. Dans ce climat psychologique détendu se situe tout naturellement une période d'éducation sexuelle à deux, un exercice de maîtrise, qui apprend tous les comportements qui seront utiles ou nécessaires un jour.
L'apprentissage de la continence est requis, non seulement pour la raison négative qu'elle sera nécessaire tôt ou tard, mais aussi pour la raison positive que l'ascèse est nécessaire à la vitalité même de l'amour. Le peuple juif observe une ascèse plus rigoureuse encore, en vue précisément de ce contrôle sur soi et aussi pour se disposer ainsi à une fécondité accrue. Voici comment à la Commission des Conseils matrimoniaux de l'U.I.O.F. (Union internationale des organismes familiaux), tenue à Zurich les 18-2o juin 1959, le Rabbin B. J. Gelles de Londres exposait la position judaïque, à propos du Birth Control :
« Chaque mois, à partir du début de la période menstruelle de la femme, il est enjoint au couple de n'avoir aucun rapport pendant un certain nombre de jours.
Cette première obligation de « séparation » offre de mul tiples avantages pour la santé, aussi bien que des avantages psychologiques et moraux : elle apporte aux époux le repos physique, ranime en eux le sentiment d'une attente renouvelée, agissant ainsi comme un puissant antidote au danger de satiété qui toujours guette le couple, avec toute la lassitude maritale qui en résulte, et enfin prouve la nécessité de savoir maîtriser les appels de la chair. »
Nous ne citons cette position que pour montrer, à l'échelle d'un peuple, qu'il ne s'agit nullement là d'une utopie irréalisable. Laissons de côté l'obligation proprement juive de séparation radicale provisoire, pour ne retenir que les avantages d'un usage raisonnable, à titre éducatif, de la continence périodique, allant de pair avec les intimités physiques normales en deçà du réflexe final.
Mieux vaut prévenir que guérir ; il est des problèmes de moralité conjugale qui ne prennent une forme tellement angoissante que parce que les conjoints n'y ont pas été préparés. Ce n'est pas le problème lui-même qui est insoluble, c'est le manque de préparation psychologique qui le rend provisoirement si difficile à résoudre. Ceux qui n'ont pas eu cette éducation progressive seront forcément handicapés, et le contrôle de soi, que la situation du foyer va peut-être brusquement imposer, exigera plus d'efforts et de courage.
La pleine chasteté, qui est effort vers l'équilibre entre l'âme et le corps, pourra n'être atteinte qu'après des oscillations préalables, dues pour une part à la nature même de l'effort poursuivi. Ces tâtonnements, ces essais, ces reprises se jugeront avant tout en fonction de la bonne volonté globale qui les anime. Ce qui ne veut pas dire que les chutes ne soient pas imputables et qu'il ne faille pas les déplorer ni les qualifier de coupables. Mais l'effort de montée, qui les traverse, les situe à leur vraie place dans une perspective d'ensemble. En attendant une maîtrise victorieuse, un apprentissage qui aguerrit répond le mieux aux conditions normales de la vie conjugale.
La politique du tout ou rien n'est pas la solution souhaitable : elle peut convenir à des âmes d'élite mais n'est pas la voie normale et ordinaire. La traduction physique de l'amour est nécessaire aux époux, même s'ils sont obligés de s'abstenir de l'acte final. Elle est un élément d'union, de paix, de joie. Elle aide à réaliser les fins secondes du mariage, ces fins qui restent impératives même quand la fin primaire est hors cause. Ces intimités physiques se jugent, non dans leur matérialité, qui peut être variable et multiple, mais dans leur inspiration profonde. Un symbole n'est rien, s'il n'est chargé de sens. Un geste physique vaut par l'amour qu'il exprime et qui en fait la noblesse, la portée et la limite. Il arrivera que cette traduction physique de l'amour en deçà, répé tons-le, de l'acte inséminateur et de ce qui le provoque directement et délibérément puisse donner lieu temporairement, transitoirement, jusqu'à la réussite de l'éducation des réflexes, à un manque de contrôle de soi. Il y a lieu de distinguer soigneusement ce qui est voulu et ce qui est effet de surprise, accident proprement dit. Il y a lieu de déterminer aussi si la connexion se produit chaque fois ou si elle est rare. La conscience de chacun dira loyalement sur quoi porte vraiment l'acte de volonté. Pour les fidèles, la règle d'or est d'exposer la situation au confesseur qui les aidera à clarifier leur conscience, et qui leur montrera à la fois où se trouve la faute grave et comment poursuivre avec confiance cette lutte contre eux-mêmes. Sans sacrifier quoi que ce soit aux principes intangibles de la morale, il est important de soutenir les bonnes volontés chancelantes et de les stimuler à se reprendre afin d'acquérir l'indispensable maîtrise et d'éliminer tout acte dont la malice intrinsèque grave ne peut être niée. Il s'agit donc de ne pas se laisser décourager : avec la grâce de Dieu, la victoire est au bout de l'effort persévérant.
Faut-il le redire? Cet apprentissage avec ses aléas ne va pas sans le recours simultané à la prière et au soutien de la grâce à travers une vie sacramentelle fidèle et nourrie. Les plus beaux exercices physiques sont voués à l'échec si le corps humain ne se nourrit pas : la santé est un tout, une résultante. La santé morale est pour le chrétien aussi un tout, dont on ne peut jamais dissocier l'apport sur naturel qui la nourrit. Le jeu de la grâce n'est pas plaqué sur la nature, il s'intègre à elle et l'anime du dedans. Un corps anémié rend inutiles les exercices de gymnastique ; une âme chrétienne coupée de ses sources surnaturelles ne pourra s'épanouir pleinement. Mais, ceci acquis et vécu, cet apprentissage sera précieux. |
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L'amour n'est pas une réalité toute faite, il se construit par la fidélité. Cette fidélité, elle aussi, ne peut se maintenir et s'approfondir que si l'amour reste maître de l'instinct, s'il l'anime comme l'âme anime le corps et s'il refuse toute disjonction. Normalement l'instinct s'use, et l'usure va vite. Mais le remède à ce mal n'est pas dans l'acceptation de l'usure et dans la répétition mécanique des actes ; elle est dans un renouveau, dans un surcroît d'âme, dans l'emprise toujours croissante de l'amour sur l'instinct, quelles que soient les modalités d'expression qui vont varier au fil des années. La fidélité est le fruit de cette croissance, qui est elle-même le fruit de la charité théologale de plus en plus victorieuse dans un coeur humain.
Il peut arriver une heure critique, où l'un des conjoints, menaçant de rompre, est sur le point de succomber à la tentation. Alors, plus que jamais, un devoir de fidélité chrétienne s'impose. Nous disons de « fidélité chrétienne », car il arrive trop facilement que l'on tente de sauvegarder une unité conjugale compromise en se prêtant « pour éviter le pire » aux exigences onanistes du conjoint. Ce problème a été touché déjà du point de vue de la responsabilité partagée. Ajoutons à présent que le but que l'on croit atteindre par la passivité, ne peut être obtenu par cette voie. La fidélité est fruit de la grâce et ne dérive pas de la passion. Ce n'est pas en consentant, fût-ce matériellement, à la multiplication des péchés dans l'âme du coupable qu'on dispose celui-ci à rester fidèle à l'amour auquel il a juré fidélité devant Dieu et devant les hommes. Le péché engendre le péché ; seule la coopération à la grâce fait oeuvre de grâce et de salut. L'Écriture nous dit que « si le Seigneur ne garde la cité, nul ne pourra la protéger ». Il en va de même de la petite cité qu'est le foyer chrétien, assailli par tant de périls. Le mal n'engendre pas le bien ; l'oeuvre de Dieu passe par les voies de Dieu et non par d'autres. Croit-on du reste que, du seul point de vue psychologique, la fidélité puisse être le fruit de ces concessions morales? Ce n'est pas en versant à volonté du whisky à domicile à un alcoolique, qu'on l'amènera à ne pas aller boire ailleurs. Il faut combattre le mal à la fois par un redoublement de fidélité person nelle à Dieu, de prière, de recours aux sacrements, et par un redoublement d'amour véritable à l'égard du coupable. La vraie fidélité conjugale, qui est une insertion continue de l'amour au sein des relations conjugales, se maintient non par des excitations mais par l'amour. C'est l'amour qui donne le contrôle, la maîtrise de soi, la fidélité. Par elle-même l'excitation physique, divorcée de l'amour, appelle l'excitation sans plus.
C'est confondre amour et instinct que de croire que le libre jeu des instincts est une sauvegarde pour l'amour ; c'est au contraire l'amour qui est la sauvegarde de l'union physique et qui en assure la continuité. Séparé de l'amour, l'instinct est livré à tous les déterminismes ; il est le jouet du plus offrant. En croyant condescendre à la faiblesse humaine et ménager l'avenir, il arrive qu'on hâte une rupture parce que le remède admis ou proposé en l'occurrence l'onanisme ne peut qu'aggraver le mal. La reconquête de la fidélité est le fruit non du péché mais de la grâce : la mort engendre la mort. En facilitant le péché dans l'âme du conjoint coupable, on ne prépare pas, on empêche plutôt le sursaut de conscience qui le sauverait.
L'amour, qui doit s'intensifier dans l'âme du conjoint fidèle, est non seulement un amour humain mais avant tout un amour chrétien, c'est-à-dire un amour survolté, enrichi de l'amour même de Dieu.
Ce qui est demandé en pareil cas au conjoint vraiment chrétien c'est d'aimer l'autre infiniment plus et mieux, de l'aimer non seulement de son pauvre amour humain meurtri mais de l'amour même de Dieu. Notre courte sagesse humaine a peine à entrer dans les perspectives de cet amour magnanime, dans cette suprême exigence du christianisme. C'est avec le Coeur même de Dieu que le conjoint fidèle devra aimer, et cela veut dire avec les propriétés mêmes d'un amour qui n'est pas de ce monde. Dieu aime les hommes le premier. Saint Jean l'a dit d'une manière inoubliable. Son amour est gratuit ; il ne dépend pas de notre réponse ; il n'est pas vacillant, si nous le trahissons. Dieu aime implacablement, dans l'oubli de lui-même. Il nous aime malgré nos souillures et nos trahisons. Il ne connaît ni froissement qui replie sur soi, ni susceptibilité qui aigrit et oppose. Il faut que le conjoint fidèle entre dans ce grand amour persévérant et inlassable, s'il veut répondre à tout ce que Dieu attend de lui en pareilles heures, s'il veut autant qu'il dépend de lui sauver son foyer.
Qui ne connaît ces cas poignants, où la trahison, visible ou cachée, est à l'oeuvre ? Que faire devant pareille détresse ? Humainement, rien. Chrétiennement, il faut relire dans l'évangile les pages où Jésus parle de pardonner jusqu'à septante fois sept fois, et cela au risque d'être méconnu et bafoué encore, au risque de rencontrer l'in gratitude sournoise et le mépris. Lorsque tous les efforts de sauvetage s'avèrent vains, il faut avoir le courage d'aimer encore et d'attendre, de ne pas se réfugier dans les récriminations et les reproches, mais d'aimer comme le Père de l'enfant prodigue, qui attend le retour du pécheur pénitent et dont l'amour est plus fort et plus grand que le péché. Cet homme ou cette femme, qui trahit, reste l'enfant confié par Dieu aux soins du conjoint fidèle, même si, ici-bas, l'union ne peut être retrouvée. Il est interdit au chrétien de chercher refuge dans un divorce qui serait une trahison de plus. Une mère aime son enfant à travers tout; une mère ne divorce pas d'avec son enfant. Le mari infidèle reste pour l'épouse, devant Dieu, son premier enfant. Elle doit l'aimer encore, comme on aime un malade et, dans le secret du coeur, « garder le dépôt » que Dieu lui a confié irrévocablement. Ces mots sont lourds d'héroïsme ; c'est un abîme de souffrances dans lequel le Seigneur invite à entrer celle ou celui qui connaît l'épreuve de l'infidélité. Mais c'est la voie de l'évangile, il n'en est pas d'autre qui puisse à travers les larmes donner la paix et la joie profondes. C'est la paix, « que nul homme ne peut ravir », que le Sauveur a promise à qui le servirait jusqu'au bout. A l'heure de la mort, il sera donné de comprendre la valeur de pareille douleur pour la rédemption de celui-là même qui trahit l'amour. « La vie, a-t-on dit, est une phrase dont on ne comprend le sens que lorsque le dernier mot est dit. » Lorsque la mort et elle seule mettra le point final à un amour juré devant Dieu au pied de l'autel, on comprendra le prix de pareil amour sacrifié crucifié, mais vainqueur de la mort, et source de vie.
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