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Les étudiants
- Étudiants en médecine
Le corps professoral
- Le rôle des chercheurs
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L'Université est un centre d'enseignement supérieur et de recherches scientifiques. A ce double titre, la collaboration de nos universitaires catholiques et de nos savants est indispensable à l'ceuvre d'assainissement sexuel et de formation positive qui est requise.
Esquissons, en quelques traits, ce qui serait à faire, du côté des étudiants d'abord, du côté professoral ensuite.
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Le monde estudiantin, comme tel, devrait pouvoir bénéficier d'une formation positive, de valeur universitaire et en même temps pratique, répondant à un besoin intellectuel et moral autant que religieux. L'étudiant n'est pas seulement, du moins par définition, quelqu'un qui étudie, il est aussi quelqu'un qui a un coeur et une affectivité en éveil. Très souvent il est fiancé au cours de ses études : les besoins affectifs et sexuels créent en lui des problèmes immédiats, et demain il aura besoin de connaître ce que l'Église demande de lui en matière d'amour conjugal et de maîtrise de soi. Ne voir en lui qu'un intellectuel serait une étrange myopie. Il s'éveille à la vie d'adulte, il réclame une réponse adulte à ses problèmes secrets ou avoués, qui se lient très souvent au problème religieux lui-même. Il lui arrive d'exiger de nouvelles raisons de croire, adaptées à sa conscience d'adulte. Problèmes de morale et problèmes de foi auront à se résoudre ensemble.
Il y aurait place à l'université pour une série de cours sur ces matières, insérés au programme des facultés, cours qui auraient d'ailleurs leur optique propre, selon qu'ils s'adressent aux différentes catégories d'étudiants. Le juriste de demain a besoin de savoir et d'être formé comme le pédagogue ou l'ingénieur : l'éclairage variera mais le contenu sera indispensable à tous.
Jetant un regard rétrospectif sur ses années universitaires, un médecin, qui se dévoue à l'apostolat familial, écrivait à ce propos :
« J'ai pu constater que la préparation à la vie ne se fait pas d'une façon normale. Beaucoup de problèmes sont passés sous silence. On oublie trop souvent que les jeunes sont appelés à prendre, plus tard, de graves responsabilités. Les problèmes de psychologie humaine, d'éducation sexuelle, les problèmes de la vie ne sont pas évoqués à l'université où l'on dénombre seulement des initiatives privées en dehors des cours officiels et qui ne touchent qu'un nombre limité d'étudiants. La plupart de ceux-ci sont lancés sans aucune préparation ni initiation dans la vie universitaire, cependant pleine d'embûches. Aucune connaissance de la psychologie en général, de la psychologie sexuelle et de la psychologie de la femme. Or, Dieu sait si ces connaissances sont indispensables, non seulement pour ceux qui sont appelés à entrer en contact avec la personne humaine (avocats, magistrats, assistantes sociales, infirmières, ingénieurs, officiers d'éducation, éducateurs, etc.), mais aussi pour tous ceux qui comptent fonder un foyer. »
Cette formation, faut-il le redire, n'est pas seulement d'ordre intellectuel ; elle comporte tout un aspect éducatif, naturel et surnaturel. Ce qui suppose une individualisation de l'enseignement et des possibilités de contacts personnels avec ceux qui peuvent former en ce vaste domaine les caractères et les consciences. Nous n'ignorons pas la difficulté due au nombre ni le poids d'une masse. Comment fractionner cette masse, comment atteindre l'homme de demain au coeur de cette masse ? Vaste problème qui mérite qu'on y consacre le meilleur de son esprit et de son coeur. L'avenir de notre jeunesse universitaire et des foyers futurs de la classe dirigeante en dépend pour une large part.
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Étudiants en médecine
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Étant donné le rôle à jouer en l'occurrence par le médecin, il est bien évident que la formation des futurs médecins mérite une attention spéciale. Où en sommes-nous ? Il faut répondre honnêtement : nulle part. A notre connaissance, il n'existe aucun cours de sexologie chrétienne dans les universités catholiques du monde. En attendant qu'il soit pourvu à cette lacune, il faudrait examiner ces questions dans le cours de déontologie médicale, et aussi dans d'autres cours qui s'y prêtent indirectement comme la gynécologie et la neurophysiologie. Il est important d'attirer l'attention sur ces problèmes vitaux et de les aborder, fût-ce par la tangente.
Dans le domaine plus précis des questions médicales connexes avec la continence périodique, il est de première importance que les futurs docteurs en médecine soient instruits à la perfection, non seulement pour eux-mêmes mais aussi afin de pouvoir éclairer les autres. Il faut qu'ils puissent les guider dans ce double domaine de la maîtrise de soi et de la maîtrise des alternances naturelles du cycle féminin.
Pour la maîtrise personnelle, il est indispensable qu'ils connaissent tout l'apport de la science la plus récente, et surtout qu'ils aient foi, pour eux-mêmes et pour les autres, en son efficacité. Le défaitisme n'a jamais gagné une bataille et, par surcroît, ici il serait antiscientifique.
Pour la maîtrise de « la nature », il faut qu'ils connaissent les méthodes légitimes d'espacement, afin de pouvoir les expliquer et les mettre demain à la portée des autres. On dénonce à trop bon compte les erreurs de calcul de la méthode Ogino-Knaus ou de celle des courbes thermiques. Une enquête discrète révélerait que, plus d'une fois, ceux qui devraient expliquer ces méthodes ne l'ont fait que d'une manière approximative et superficielle, si pas erronée. Avant d'accuser la monture de ruer dans les rangs, il faut voir si le cavalier sait monter à cheval. Il est trop facile d'afficher dédain et mépris envers des méthodes dont malgré leurs limites l'usage moralement licite peut résoudre bien des problèmes de conscience. Nous reviendrons d'ailleurs sur ces méthodes plus loin.
Il ne faut pas que le candidat médecin néglige de s'instruire sur ces données scientifiques, sous prétexte qu'il se destine à la chirurgie du coeur ou souhaite devenir ophtalmologue. Tout médecin catholique, comme tel, s'il a compris l'ampleur de son rôle apostolique et social, doit être en mesure d'apporter sa part dans le redressement nécessaire. L'état de grâce à maintenir ou à sceller dans l'âme des baptisés mérite amplement un surcroît d'efforts et de peines de la part de l'universitaire catholique chargé, avec le prêtre, du salut de son prochain. Le travail de rédemption de ses frères l'associe intensément au mystère de mort et de vie qui est au coeur du christianisme.
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Eu égard à cette mission, il apparaît urgent et nécessaire que nos Universités catholiques fondent une chaire de sexologie où, à la lumière de la doctrine catholique, tous ces problèmes soient examinés. Ce n'est pas l'objet de cette science qui est suspect ou douteux, mais la manière dont elle est traitée par certains sexologues, particulièrement par les matérialistes. Par elle-même, la science du comportement sexuel de l'homme mérite une étude scientifique attentive en raison de ses répercussions vitales. Il s'agit d'étudier ces problèmes à la lumière de la doctrine du Christ, dans leur objectivité. Il en est de ce domaine comme de celui du cinéma jadis. L'absence des catholiques a laissé trop longtemps en friche le monde de l'écran ; elle a laissé libre cours aux exploiteurs des passions humaines. Il y avait là pourtant, à l'infini, des possibilités d'influences à conquérir. On le comprend de mieux en mieux aujourd'hui : ce n'est pas à coup d'anathèmes ni de boycottage qu'on assainit un secteur de cette importance, mais par une politique de présence active. Il en va de même ici : la sexologie est une science qui se présente souvent enrobée dans une philosophie qui dénature l'homme. Mais cette philosophie-là n'en est pas l'accompagnement obligé : les savants catholiques sont qualifiés, mieux que personne, pour situer la sexologie dans une vision d'en semble, chrétienne et humaine, et pour en étudier les lois avec une sereine objectivité. Ainsi comprise, elle sera un adjuvant précieux pour obtenir la maîtrise de soi indispensable.
La sexologie chrétienne comme telle doit avoir droit de cité au programme de nos Facultés de médecine. Elle est une science ayant un objet spécifique propre : le couple humain en tant que tel. Elle doit cesser d'être une sorte de « terra ignota » des anciennes cartes de géographie ou un lieu indéterminé, vers lequel confluent vaguement quelques disciplines médicales connexes. La sexologie n'est ni de l'endocrinologie, ni de la gynécologie, ni de la psychopathologie, bien que ces matières lui soient connexes. Il faut que cette science cesse d'être la chasse réservée des matérialistes ou des incroyants, et que la vision chrétienne vienne imprégner à son tour cette terre de mission, cette Patagonie mal située sur la carte. Les Universités d'État commencent de plus en plus à ouvrir des chaires de sexologie, voire des Instituts de sexologie, à l'instar de ce qui se fait pour les autres branches du savoir humain.
En attendant ce droit de cité, nos professeurs de médecine feraient oeuvre très utile en orientant quelques-uns de leurs meilleurs étudiants vers cette spécialisation.
Sans doute, toutes les spécialisations sont utiles, mais il en est où le médecin chrétien peut déployer, à un degré incomparable, ses richesses propres. Il faudrait du reste que nos stagiaires en médecine sachent, au moment de s'orienter, qu'il y a des secteurs médicaux auxquels l'Église s'intéresse plus spécialement, en raison de leurs résonances morales, et où elle souhaite les voir nom breux au travail. Cette considération apostolique, inhérente à leur choix même, peut donner à leur vie chrétienne une rare plénitude. Lorsqu'ils se trouvent devant des travaux à choisir, une thèse à élaborer, une recherche de laboratoire à poursuivre, on aimerait que nos Facultés catholiques de médecine les invitent, par priorité, à s'adonner à des recherches de cet ordre. Qui ne voit le rendement chrétien de cette option en même temps que son utilité scientifique ?
Ceci nous conduit, tout naturellement, à examiner quelle contribution les hommes de science eux-mêmes peuvent apporter, à leur tour, à la solution du problème crucial qui est à la base de ces pages. Ayant en mains l'avenir de la médecine, leur rôle, pour être caché et indirect, n'en est pas moins essentiel.
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